Ma leçon de méditation
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Ma leçon de méditation , livre ebook

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Description


Loin d'être réservée à une élite, la méditation est à la portée de chacun et ses bienfaits sont aujourd'hui reconnus. Cet ouvrage accessible et richement illustré vous propose plusieurs méthodes afin de trouver la technique qui s'adaptera à votre quotidien. Vous pourrez ainsi ouvrir votre corps et votre esprit à cette pratique ancestrale et en profiter pleinement à travers un programme de relaxation sur mesure :




  • Préparez-vous mentalement et physiquement à votre séance.


  • Maîtrisez les techniques de respiration et les mudrâs.


  • Expérimentez les différentes méditations à travers le souffle et le mouvement.


  • Abandonnez-vous en musique aux mantras et aux ambiances propices à la détente.


  • Approfondissez la connaissance de votre corps et de votre esprit.



16 pistes originales à télécharger.




  • La méditation ou le concept de l'introspection


  • La méditation, ou le processus du corps-esprit


  • Mes préparations à la méditation


  • La mise en pratique de mes préparations


  • Mon programme de méditation en 8 semaines


  • Les notions d'importance


Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 20 novembre 2014
Nombre de lectures 375
EAN13 9782212281316
Langue Français
Poids de l'ouvrage 3 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0097€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

R sum
Loin d’être réservée à une élite, la méditation est à la portée de chacun et ses bienfaits sont aujourd’hui reconnus. Cet ouvrage accessible et richennent illustré vous propose plusieurs méthodes afin de trouver la technique qui s’adaptera à votre quotidien. Vous pourrez ainsi ouvrir votre corps et votre esprit à cette pratique ancestrale et en profiter pleinement à travers un programme de relaxation sur mesure :
• Préparez-vous mentalement et physiquement à votre séance.
• Maîtrisez les techniques de respiration et les mudrâs.
• Expérimentez les différentes méditations à travers le souffle et le mouvement.
• Abandonnez-vous en musique aux mantras et aux ambiances propices à la détente.
• Approfondissez la connaissance de votre corps et de votre esprit.

Biographie auteur

SAMUEL GANES est coach bien-être, diplômé et certifié en yoga, en massage thaï et en médecine ayurvédique. Ses techniques d’enseignement se nourrissent de diverses influences : des formes les plus douces, alliant méditation, sophrologie, pranayamas (exercices de souffle) et rites tibétains, à des styles de yoga très dynamiques.
www.editions-eyrolles.com
Samuel Ganes
Groupe Eyrolles 61, bd Saint-Germain 75240 Paris Cedex 05 www.editions-eyrolles.com
Dans la même collection :
Ma leçon de massage , Hélène Campan, 2014
Ma leçon d’antigym , Marie et Thérèse Bertherat, 2013
Ma leçon de yoga , Laurence Luyé-Tanet, 2013
Les ambiances sonores des pistes audios qui accompagnent cet ouvrage ont été réalisées par Lucien Pesnot. Les photographies qui illustrent les postures ont été réalisées par Bruno Perroud. Photos © Shutterstock pages 11, 15, 17, 20-21, 25, 28, 31, 33-37, 42, 47, 49, 52-55, 57, 59, 62, 65, 69, 71, 73-74, 77, 101, 121, 124, 127
Création de maquette : Marine Gérard Mise en pages : Marie Housseau

Avertissement
Malgré tout le soin apporté aux exercices dans cet ouvrage, ni l’auteur ni l’éditeur n’assument la moindre responsabilité pour les dommages présumés ou réels qui pourraient intervenir par l’utilisation ou l’application directe ou indirecte des techniques présentées dans ce livre. Il est vivement recommandé de suivre l’avis d’un professeur et de consulter un médecin en cas de problème.
© Groupe Eyrolles, 2014 ISBN : 978-2-212-55862-3
REMERCIEMENTS
Merci à mes « êtres de lumière » qui, comme des guides sur le chemin de la vie, m’ont transmis cette flamme sacrée : Josépha Jeunet, Bruno Perroud, Linda Munro et Gérald Disse, Blandine Boucherot, Camille Peyrot, Hendrik Backerra, Madeleine Gaudiche, et surtout ma mère, Michelle Infantes.
Merci à ma famille et à mes enseignants pour ces savoirs qui m’ont forgé et donné à mon tour l’envie de transmettre.
Merci à mes élèves et à mes lecteurs, sans qui cette transmission ne trouverait aucun écho et donc aucun sens.
Merci à mes éditeurs, surtout à Sandrine Navarro et Gwénaëlle Painvin, pour leur confiance et leur sens de l’humain si délicat.
Merci à Lucien Pesnot pour son talent incroyable.
Merci à Shanti et à Joris, qui ont toujours été présents et patients tout au long de l’écriture de ce livre pendant quatre mois.
AVANT-PROPOS
Après plusieurs siècles d’humanité sur Terre, dont les trois derniers ont apporté de réels progrès dans les domaines médical, sanitaire, social, économique, culturel ou encore de la communication, l’être humain a profondément évolué. Mais à l’aube du troisième millénaire, nous nous trouvons confrontés à un paradoxe lié à notre condition humaine. Nous n’avons jamais été si nombreux et reliés, pourtant nous n’avons jamais autant ressenti la solitude de l’être, le vide. Nous n’avons jamais été si loin dans la connaissance de ce monde et pourtant il nous semble de plus en plus incompréhensible et complexe. Dans cet après « Onze-Septembre », notre concurrence identitaire n’a jamais été aussi grande et les guerres d’ego aussi exacerbées : nous ressentons un besoin de retour aux valeurs, à nos racines, aux traditions, de nous affirmer pour exister. Un besoin de retour à la masse – idéologique, raciale, sexuelle ou religieuse – pour faire exister l’individu. Ainsi l’être humain, au fil du temps, a-t-il trouvé des idéologies pour se rassurer, pour mieux appréhender cette grande inconnue qu’est la vie, mais aussi les réponses quant à ses origines.
Dans ce tumulte, cette confusion des sens et des esprits, un appel se fait entendre au plus profond de nous. Ce n’est pas le simple sommeil, ni le plaisir des sens, ni même les solutions exutoires de « partir ailleurs », même si cela relâche un instant le corps ( soma ). Il y a quelque chose de plus profond qui réclame sa part de repos à travers l’esprit ( psycho ) : la quiétude. Un besoin de retour à l’apaisement, cet état où tout ce marasme nous apparaîtrait comme futile. Un retour à l’état originel dénué de toute signification, au bien-être… juste « être bien ». Cet appel se nomme : la méditation.
Elle revient au goût du jour aujourd’hui. Là encore, on pourrait s’en étonner. Cependant, après des millénaires au cours desquels la religion s’est imposée, avec ce besoin de célébrer une force supérieure qui contrôlait l’ordre du monde, ces derniers siècles en ont vu le déclin et nous avons peu à peu délaissé ces coutumes et nos rites. La plupart de nos rites sacrés sont devenus des fêtes profanes car commerciales, comme Noël, Pâques ou Halloween. Le matériel financier a eu raison du spirituel religieux.
Il y a alors dans nos sociétés modernes comme un vide spirituel.
La méditation est un rite sans conteste. Elle repose sur un acte nous reliant à notre esprit, un moment sacré et silencieux coupé de ce monde moderne profane et bruyant. Ce besoin aujourd’hui de revenir à l’acte méditatif est un besoin spirituel et rituel. Les rites sont nombreux et ils donnent beaucoup d’importance à la qualité de la vie.
Pourquoi dire tout ça ? Pour résumer en quelques mots les raisons qui vous ont poussé à ouvrir ce livre. Personne ne vient à la méditation par hasard, jamais. Cependant, beaucoup s’en détournent faute d’avoir trouvé la bonne technique de méditation, car ils sont restés assis en tentant de ne penser à rien, en attendant de trouver la paix et en ne récoltant qu’un bon mal de dos.
La méditation est multiple, diverse, et les techniques sont nombreuses. Cependant, attention, la méditation reste un chemin de croix parfois. Elle nous met face à nous-mêmes : face à notre psyché, face à notre soma (le corps), face à nos douleurs, à nos contradictions, à nos failles, à notre volonté d’aller plus loin ou d’abandonner parfois, à notre besoin de lâcher-prise, à celui de prendre un moment de conscience pour soi… face à notre ego pour mieux le détruire.
La méditation est donc une introspection, mais aussi et surtout une porte ouverte sur soi et donc vers les autres. Elle est l’une des pratiques majeures du développement personnel, prenant en compte le psycho et le soma . Cet ouvrage a pour but de vous donner toutes les clefs afin de réaliser ce développement, voire cet épanouissement personnel.
Pour commencer, tentez de vous déconditionner, sans oublier, ni même renier. N’hésitez pas à remettre en question ce que vous savez, ou même ce que vous êtes. C’est le point de départ favorable à tout développement personnel réussi.
J’ai écrit ce livre dans l’espoir qu’il réponde à chacun d’entre vous. Je vous propose un programme sur huit semaines, où chaque semaine permet d’aborder une méditation différente. Ainsi, vous pourrez explorer un éventail de méthodes : méditation par le souffle, le corps, la voix, la pensée, l’environnement sonore… Grâce à votre pratique, vous ressentirez peu à peu les styles de méditation qui vous correspondent le mieux. À l’issue de ce programme, vous aurez l’expérience suffisante qui vous permettra de personnaliser votre pratique et de devenir autonome. J’ai aussi voulu un ouvrage riche qui détaille les origines et l’histoire de la méditation, les phénomènes biochimiques qui se passent au sein du corps, mais également le sommeil ou encore les concepts de bonheur des penseurs actuels. Ainsi, vous élargirez le spectre de pensée et deviendrez un véritable méditant, fort des axes possibles de réflexion pour vos méditations futures.
Gardez toujours à l’esprit que vous êtes relié aux autres et à cet univers, chacun étant une goutte d’eau de cet océan infini, chacun étant une part du reste de ce monde, ou comme disait Krishnamurti « Vous êtes le monde ». Aussi pratiquez toujours dans le but de vous ouvrir aux autres, jamais de vous refermer sur vous-même. La méditation n’est pas un refuge hermétique, il est une porte ouverte sur les autres à travers soi. « L’observateur est l’observé. »
Ouvrez-vous : ouvrez les yeux, votre cœur et votre esprit, ouvrez les bras et tout le champ des possibles… et méditez !

Le pictogramme accompagné d’un numéro renvoie aux pistes audios qui accompagnent cet ouvrage. Vous pourrez télécharger ces pistes via un lien que vous trouverez à la fin de cet eBook.. Vous pourrez ainsi méditer à tout moment et en tout lieu !
SOMMAIRE
Remerciements
Avant-propos
1 LA MÉDITATION ou le concept de l’introspection
1. Étymologie
Modus
Medius
Dhyâna/Contemplation
2. Pas une, mais des méditations
Un rite
Une vision
Une salvation
3. Une science de la nuit des temps
Les premiers siècles de l’humanité : la transmission orale
Les grandes civilisations : civilité et recueillement
À travers le yoga
Les conquêtes et la route de la soie : le concept du gréco-bouddhisme
Le Moyen Âge et la Renaissance : émergence de la méditation théiste
Les temps modernes : « tuer le spirituel pour se libérer »
4. Les méditations d’aujourd’hui
La méditation : science de bien-être
Les différentes pratiques méditatives
5. Les méditations
La méditation Vipassana
La méditation dite de « pleine conscience »
La méditation transcendantale
La méditation zen
Les méditations à travers le corps
Les méditations écrites
Les méditations dites « des sentiments »
Le MBSR de Jon Kabat-Zinn
La connaissance de soi selon Jiddu Krishnamurti
2 LA MÉDITATION ou le processus du corps-esprit
1. Le processus méditatif : le corps-esprit
Le cerveau
Le système nerveux
Le système cardiovasculaire et respiratoire
Le système immunitaire
Le système endocrinien/hormonal
Tout n’est que chimie !
2. Les corps subtils
Les énergies
Les enveloppes
3. Les mantras
Pourquoi le mantra ?
Om
Quelques exemples de mantras
4. Les mudrâs
Anjali ou Namasté Mudrâ
Jnana et Chin Mudrâ
Dhyâna Mudrâ
Shunyâ Mudrâ
Suryâ Mudrâ
Ksepanâ Mudrâ
Padma Mudrâ
Hakini Mudrâ
3 Mes préparations à LA MÉDITATION
1. (Re)connectez-vous à vos sens
Le toucher
L’odorat
L’ouïe
La vue
La respiration
2. Considérez les obstacles
Abandonnez-vous
Vivez l’instant présent
Regardez de l’intérieur
Prenez patience
Le lâcher-prise
L’humilité
La confiance
3. Assouplissez votre corps pour assouplir votre esprit
L’approfondissement du concept Dhyâna
Le calme après la tempête
4. Les effets néfastes possibles
Les mauvaises raisons
Évitez les paradis artificiels
5. Considérez votre méditation
Pourquoi voulez-vous méditer ?
Vous êtes unique
Vous face aux obstacles
Votre sage révolte
Aimez-vous !
4 La mise en pratique de MES PRÉPARATIONS
1. Les nettoyages internes : Kriyas
Le nettoyage du corps en surface : Bauchâra
Le nettoyage des dents et des gencives : Danta Dhauti
Le nettoyage de la langue : Hrid Dhauti
Le nettoyage des oreilles : Karna Dhauti
Le nettoyage du nez : Neti
Le nettoyage des yeux : Tratak
Le pranayama et exercice de purification des poumons : Kapalabhati
Le nettoyage du ventre : Nauli
Le nettoyage du côlon : Basti
Le nettoyage du système digestif : Jeûn
Le nettoyage en profondeur de la peau : Inipi (Sweat Lodge)
2. Les pranayamas : exercices de souffle
La respiration progressive
La respiration alternée : Nadi Shodana
La respiration du diaphragme ou du feu : Kapalabhati
La respiration du lion : Simha Mudrâ
La respiration de l’abeille : Brahmari
La respiration du victorieux : Ujjayi purifiant
3. La mise en mouvement du corps : Asanas
Les salutations au soleil
Les rites tibétains
5 Mon programme de méditation EN HUIT SEMAINES
1. Préambule
2. Pour les huit semaines à venir
Les méditations de la respiration
Les méditations par le mouvement
Les méditations avec support de réflexion
Les méditations transcendantales
Les méditations des chakras
La méditation par la visualisation et Vipassana
Les méditations zen et la pleine conscience
La semaine de méditations intensives
6 Les notions D’IMPORTANCE
1. La force du sommeil
Généralités
Sommeil lent, léger, profond et paradoxal
Quand l’ésotérisme rattrape la science
2. Quelques notions de bonheur à méditer
Les sept lois de la sagesse selon Deepak Chopra
Les dix règles des philosophes de la Grèce antique
Les cinq blessures selon Lise Bourbeau
Les accords toltèques selon Miguel Ruiz
3. Mon cahier de méditations
1 LA MÉDITATION,
ou le concept de l’introspection
Nul ne peut aborder une technique sans en connaître les fondements. Tout méditant averti se doit d’avoir une connaissance des origines, de l’histoire et de la considération contemporaine et actuelle de la méditation.
1
ÉTYMOLOGIE
L’origine d’un mot en explique le sens profond. « Méditation » et « méditer » ont deux étymologies distinctes : une véritable et une fausse (considérée par de nombreux maîtres à penser).
Modus
L’étymologie véritable du mot « méditation » a une double racine convenue :
• la racine latine meditari qui signifie « s’exercer à », et qui implique donc un développement de soi par des actes répétés et fréquents ;
• la racine grecque medomai qui signifie « concevoir » (de concipio « prendre en soi »), et donc « comprendre » aussi.
Le latin meditari est un dérivé de medeor qui signifie « soigner » (d’où les mots : méd ecins, méd icaments, ou encore re mèd e). Tous ces mots latins ont pour préfixe commun méd– issu du radical modus , qui signifie « prendre des mesures », « manière ou façon de »…
Medius
Une autre lecture acceptée, donc à considérer, consiste à dire que la méditation est la « médiostation », médio– de medius, « le milieu » et statio, « se tenir » : le fait de se tenir au milieu.
Cette étymologie, même si elle est fausse, épouse un concept très répandu de la méditation, à savoir le concept méditatif centripète. Méditer est alors un focus : on recentre l’esprit, la pensée, sur un point précis, en tentant d’oublier tout le reste.
Le méditant (de modus ) deviendrait alors, à travers médius, un médium, à savoir une personne qui a la capacité d’entrer en contact avec une dimension spirituelle, étant aussi sensible à des phénomènes non perceptibles à travers les cinq sens humains. Cet aspect ésotérique, même s’il peut paraître fantasque, est important car l’origine convenue de cette pratique de la méditation reste bien spirituelle.
Dhyâna/Contemplation
Mis à part les racines grecques et latines qui donnent naissance au terme « méditation » dans la plupart des langues européennes, un autre mot plus répandu encore dans le monde vient du sanskrit : Dhyâna, qui provient de la racine verbale dhyai –qui se traduit par « voir au-dessous » , ou encore « contempler » .
« Contemplation », de con-templor , reste l’un des plus fréquents synonymes du mot « méditation ». Il apporte un dernier axe de compréhension avec templum , qui à travers sa racine grecque temenos signifie « lieu à part », « endroit retranché » (ou encore donnant le verbe temno qui signifie « couper »). Templum est ici « un lieu coupé du monde », « un endroit sacré qui s’exclut du monde profane ». Le radical temp– signifiant « espace », « lieu étendu », con-templor signifiera alors « être avec un espace étendu », qu’on traduit couramment par « être en lien » ou « regarder vers le ciel, l’espace ».

À retenir
La méditation est un acte spirituel qui nous relie – au ciel, au spirite, aux dieux – en nous plaçant dans un endroit, un moment sacré qui s’exclut du monde qui l’entoure, voire du temps. Le mot « yoga », signifiant « lien », et le mot « religion », dont la racine latine religere signifie « relier », ont la même signification.
2
PAS UNE, MAIS DES MÉDITATIONS
Il n’y a pas une méditation, mais des méditations, qui semblent s’orienter en fonction :
• de la nature théiste/spirituelle ou au contraire non théiste/intellectuelle ;
• de la façon dont elle est pratiquée – que ce soit physique (assis, couché, en mouvement), sensitive (par l’ouïe, le toucher, l’odorat) et/ou psychique (focalisation sur un point précis par sa pensée intérieure, contemplation sans point précis où on laisse entrer des pensées extérieures) ;
• du pratiquant lui-même, car chaque pensée, souvenir, image mentale lui est propre et intime.
Cependant, la méditation, quelle qu’elle soit, répond aux trois principes suivants.
Un rite
Par une régularité d’exécution, une dimension sacrée possible avec préparation, la méditation n’est pas un acte isolé mais répété jusqu’à s’inscrire comme une vraie manière de vivre. C’est un exercice de vie qui requiert une forme de respect, un moment sacré qui nous coupe du monde profane.
Une vision
Par cette considération mentale ou spirituelle, que ce soit une simple attention ou une profonde concentration qui focalise, la méditation reste une vision de l’esprit, avec ce qu’elle implique d’intime et de considération subjective. C’est un regard en soi, une orientation vers soi pour se tourner vers les autres, face à ce monde.
Une salvation
Par ce qui pousse à méditer, la cause étant différente pour chacun, la méditation reste une pratique qui appelle à une forme de délivrance, de libération. C’est un salut de l’âme, un acte qui soigne permettant d’installer le soma et le psycho dans un moment d’arrêt dans le temps, comme suspendu, pouvant être relié au spirituel.
Vous méditez, que vous soyez un « être qui pense » ou un « médium qui voit ». Dans les deux cas, vous êtes dans une forme de vision pénétrante, profonde, une perception de l’être et de l’esprit. Cette vision a pour but de mieux comprendre le monde, d’essayer de le voir au mieux avec des yeux « justes », sans jugement. Il y a alors une vision, qui tente de contempler le soi et les autres, dépouillée de la fierté de l’ego et habillée juste de l’amour-propre, qui n’est pas dans la complaisance, mais dans la compassion, dans une vraie contemplation du monde.
Au vu de cette définition, si on la considère au sens large, il semblerait que la méditation fasse déjà partie de votre vie. Regarder un film ou lire un livre dans une position agréable – qui sont en soi des pratiques où l’on focalise son attention sur une histoire sans penser à rien d’autre, en se laissant aller à nos émotions –, ou même prier, dans une veine plus religieuse, relèvent déjà d’une forme de méditation.
Si nous considérons qu’un état contemplatif, en suspens, où la pensée se relâche, est aussi une forme de méditation, alors se faire masser, prendre un bain, s’abandonner, courir ou marcher en écoutant de la musique… et même faire l’amour, sont aussi des actes méditatifs, où nous nous adonnons au plaisir, à une forme d’abandon, en déconnectant notre esprit.
La méditation est donc déjà sûrement présente dans votre vie. Maintenant, il faut juste que vous la reconsidériez, l’acceptiez comme telle, et peut-être que vous alliez plus loin.
3
UNE SCIENCE DE LA NUIT DES TEMPS
La méditation semble être un art de vivre depuis la nuit des temps, et dès lors que l’homme a eu un cerveau, il a donc pu méditer. Cependant, il semble qu’il y ait dans l’histoire de cette pratique des époques bien distinctes, que nous pouvons considérer selon la nature même de la méditation.
Les premiers siècles de l’humanité : la transmission orale
Cette pratique, comme beaucoup d’autres, s’est d’abord transmise à l’oral. Jusqu’à récemment dans l’histoire de l’Homme, peu de gens savaient lire et écrire, ce savoir n’étant réservé qu’à une élite. Cependant, ce sont les traces écrites qui nous permettent de dater dans le temps. Sans trace écrite des débuts de la méditation, il nous est donc impossible de dater la naissance de cette pratique avec authenticité.
À la préhistoire, les civilisations primaires faisaient des offrandes, des danses et des chants rythmés pour apaiser les dieux. Ces chants sont à l’origine des mantras et des prières, cette communion verbale vers le divin qui reste encore pratiquée aujourd’hui. Il faut y voir les premières formes de méditation, tout comme la pratique de dessins sur les parois des grottes qui se rapproche de la méditation par la calligraphie. Nous ne savons pas quelle fut l’origine ou le point de départ de nos religions, mis à part qu’elles prirent sûrement forme sur la base d’une spiritualité païenne en lien avec la nature – la première religion, scientifiquement démontrée, étant l’hindouisme.
Les grandes civilisations : civilité et recueillement
En quelques siècles, des civilisations apparaissent sur la Terre :
• la civilisation maya (– 7000 avant J.-C. à 900 après J.-C.) dans l’actuel sud du Mexique jusqu’aux Salvador et Honduras en passant par le Guatemala et le Belize ;
• la Mésopotamie (– 7000 avant J.-C. à 224 après J.-C.), située dans l’actuel Irak et qui fut complètement anéantie, telle la tour de Babel et Babylone ;
• la vallée de l’Indus (– 5000 à – 1900 avant J.-C.), dans l’actuel Pakistan, autour du fleuve Indus ;
• l’Égypte ancienne (– 3150 à – 30 avant J.-C.) dans l’actuelle Égypte ;
• la civilisation minoenne (– 2700 à – 1600/1200 avant J.-C.) dans les îles actuelles de Crète et Santorin, la civilisation de Minos, sûrement disparue à la suite de l’explosion du volcan de Santorin, d’où viendrait la légende de l’Atlantide.

Pourtant séparées par des terres et des mers, ces grandes civilisations vont parfois développer des architectures identiques (les temples hindous, minoens ou babyloniens, les pyramides égyptiennes et les temples mayas qui montent vers le ciel ou encore l’apparition du labyrinthe chez les Minoens ou les Égyptiens) et surtout une culture ésotérique très proche où des divinités comme Shiva (hindoue), Dionysos (grecque) et Osiris (égyptienne) représentaient le même culte. Au fil des siècles, elles vont permettre les développements suivants :
• la transmission orale à l’écrit : par exemple les textes sacrés nommés védas ( véda signifie « connaissance » ) le seront vers – 1500 à – 500 avant J.-C., donc après la fin de la vallée de l’Indus ;
• les notions de prière : en Mésopotamie par exemple, des théologiens et poètes écrivaient des louanges aux dieux, qu’ils déclamaient telles des méditations à voix haute. La prière est alors la première méditation avec support de la voix. Qu’elle soit un message de gratitude, de confession ou d’intercession, elle reste le terreau fertile de la méditation : un moment choisi d’intimité en lien avec le divin, ou « l’Autre », et donc avec soi-même ;
• les rites funéraires vont prendre une place importante et imposer une nouvelle pratique qui est une forme de méditation en soi : le recueillement – dans l’Égypte ancienne, des marches silencieuses funèbres vers la nécropole apparaissent, tout comme chez les Minoens le cérémonial au cours duquel le mort mis sur barque est poussé au large, ou encore les crémations ;
• la notion de lieu sacré – toutes ces civilisations investissent les grottes et les cavernes, les sommets des montagnes pour en faire des lieux coupés du monde profane, fréquentés par des groupes mais aussi parfois par un individu seul. Chez les Égyptiens et les Minoens, certains labyrinthes possédaient des salles minuscules, originellement faites pour qu’un individu puisse s’isoler et s’adonner à des rites spirituels. Doit-on y voir ici une forme de méditation ? Sûrement.
La méditation émerge à travers ces rites. Pour preuve, ces deux découvertes archéologiques édifiantes :
• à Mohenjo-Daro, dans l’Indus, un sceau qui représente un homme assis, jambes repliées, les mains pointées vers le bas, dans une posture de yoga, entouré d’animaux (la méditation a trouvé ici sa première représentation) ;
• sur le site de Lepenski Vir, dans la petite civilisation vinca (– 7000 à – 3000 avant J.-C.), dans l’actuelle Serbie, des corps enterrés en position de yoga, plus exactement en position du lotus, allongés et les jambes repliées, plantes des pieds collées.
À travers le yoga
Le yoga fut lui aussi longtemps transmis par voie orale. Il s’est « authentifié » depuis, grâce à deux textes sacrés qui permettent de le dater :
• la Bhagavad-Gita écrite aux environs de – 5000 à – 2000 avant J.-C. Cette partie du Mahabharata nous relate la discussion entre le dieu Krishna et un prince guerrier Arjuna, en proie au doute avant de livrer la bataille qui l’attend (la guerre étant ici une métaphore de la vie). Dans une série de questions/réponses, ce texte dresse, à travers des fondements moraux du yoga (tuer le désir, tuer l’ego, le sens de la discipline), le constat que le but de la vie, la réalisation de soi, demeure dans la réalisation des quatre formes du yoga, à savoir : le Bhakti Yoga ou la dévotion à sa notion du sacré, le Jnana Yoga ou la connaissance et cette faculté à se cultiver, le Karma Yoga ou l’action juste et cette propension à être tourné vers les autres et à aider, et enfin le Raja Yoga ou la voie de la méditation ;
• les Yoga-Sutras de Pantajali, la « bible des yogis », restent un texte plus mystérieux, car on ne sait pas qui est Pantajali, ni s’il a réellement existé. De plus, le texte est daté entre – 400 avant J.-C. et 200 après J.-C. (soit une fourchette de six siècles pendant laquelle la transmission orale aurait été retranscrite). Il nous délivre les préceptes du yoga à travers huit disciplines.
À travers le yoga, la méditation, pratique du mental, s’inscrit comme une discipline importante et à part entière. Dhyâna est donc réellement identifiée. Il faut croire qu’elle l’était déjà avant. Ici la méditation décrite comme telle est authentifiée par l’écrit et pratiquée d’abord en Inde et bientôt dans le reste du monde.

Les huit disciplines du yoga ou Ashtanga
• Yama ou les règles morales.
• Niyama ou la discipline.
• Asana ou la présence en soi, par les postures.
• Pranayama ou le contrôle de l’énergie, par les exercices de souffle.
• Pratyahara ou le recul des sens.
• Dharana ou la concentration, par la maîtrise des émotions.
• Dhyâna ou la méditation, le travail via le mental.
• Samadhi ou l’état de contemplation totale.
Les conquêtes et la route de la soie : le concept du gréco-bouddhisme
Les grandes civilisations appellent les grandes conquêtes, mais aussi les échanges commerciaux… et culturels. Ainsi, le courant méditatif va se répandre de deux façons.
• Les civilisations de la Méditerranée, par le biais d’Alexandre le Grand (– 334 avant J.-C.), vont ouvrir une brèche à travers le Moyen-Orient et jusqu’en Inde. De la Grèce hellénistique à l’Inde hindouiste, et nouvellement bouddhiste, vont alors découler des échanges culturels forts que nous appellerons le « concept gréco-bouddhiste ». Les cités d’Alexandre le Grand, dans le nord de l’Inde, vont perdurer jusqu’au VI e siècle après J.-C. Ainsi, des philosophes indiens et des yogis sont présents en Grèce et des philosophes grecs vivent en Inde. En près de 700 ans, ce métissage culturel va influencer les pratiques et les fondements religieux. Alors qu’en Asie, l’hindouisme, religion polythéiste, donne naissance au bouddhisme, religion monothéiste ; en Méditerranée, sur le pays de Canaan, le polythéisme ougaritique des anciens Israélites instaure le judaïsme. Ces nouvelles religions séduisent par leur nouveauté et changent les mentalités : à différentes divinités, on préfère adorer un seul dieu. Les rites tribaux en groupe deviennent des rites sacrés tournés vers l’individualisme.
• La route de la soie, créée vers – 500 avant J.-C., s’étendant de l’Europe à l’Asie, d’Antakya en Méditerranée jusqu’à Xi’an en Chine, va, par ses échanges, révolutionner les peuples : le commerce imposant, les d&#x00

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