De l Ombre à la Lumière
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Description

Au cœur de ce roman-essai, essai de roman, il deviendra possible de confesser (en un seul mot) une réalité. Réalité absolument, vérité peut-être.
Mots malins, cantilènes clandestines, motets d’une contrée égarée qui refusent de mourir dans les cœurs.
L’auteur raconte tout, ou presque tout (faut pas déconner !), ce qu’il peut révéler (provisoirement) !
Il accomplit un parcours dangereux et téméraire dans le labyrinthe des souvenirs.
Il ose même l’impossible, héritage privé des élites (oui, mais elles se délitent), s’immiscer dans les domaines abstrus du social, du politique ! Si ! Peut-être Satan l’a expédié pour une mission sensible et secrète ? Passionné, enthousiaste, engagé !
L’écriture ébrèche le beau miroir des apparences trompeuses et expose une paradoxale réalité, celle de l’invisible. Elle est peut-être excessive parfois. Alors le risque de retourner contre lui tous les flingues et les griefs des bonnes âmes percutent son corps concassé et son cœur conscient.
Mais corps et cœur sont immunisés grâce aux philtres magiques de la Pythie attentionnée. Ha ! Ha ! Aussi, l’ironie acidulée mute en une tendresse douce et bienveillante.
Nous sourions et vous sourions !
A bientôt autour du Verre de l’Amitié !

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 30 novembre 2017
Nombre de lectures 4
EAN13 9782312056593
Langue Français

Exrait

De l’Ombre à la Lumière
Dan de la Loire
De l’Ombre à la Lumière
LES ÉDITIONS DU NET
126, rue du Landy 93400 St Ouen
© Les Éditions du Net, 2017
ISBN : 978-2-312-05659-3
Préface
Cette histoire formidable est agrégée à un temps amphigourique d’une vie, début des années nonante ( Quatre -vingt-dix), là o ù le terme et le renouveau se carambolent, s’accordent dans un tourbillonnement de mésaventures turbulentes et d’aventures prodigieuses.
En un temps où quelque chose s’est volatilisé. Où du rêve survinrent de la nuit, au hasard de leurs vagabondages mystérieux les épreuves sévères, les cascatelles de baffes et de claques avec leurs conséquences corruptrices. Encore aujourd’hui les poinçons brûlants des fers rougis par les flammes des galeries souterraines nous transmettent à mes copines, à mes potes et à bibi, leurs séquelles avec une violence offensante sur des êtres qui ni ne vacillent ni n’en redoutent plus les atteintes.
Nous avons côtoyé souvent l’enchanteur des pleurs, des larmes et de la désolation.
Claquemurés encore vivants par de colossales clôtures rouillées sur lesquelles de monumentaux gonds grinçants résonnaient et nous ensevelissaient.
Êtres boursouflés et dégingandés, nous en avons vu défiler des dégaines hallucinantes et des silhouettes géantes et horrifiantes.
En ce temps-là, l’évasion tant espérée de ces catacombes empestées n’était ni envisageable, ni réalisable, non plus acceptable.
Des mois, des années seront nécessaires pour que ces êtres singuliers se reconstruisent.
Du fond des entrailles de la terre, nous nous sommes, avec grande régularité, agenouillés sur les ténébreuses terres fangeuses qui jamais ne concèdent un minuscule répit à tous leurs hôtes éphémères.
Dans ce monde de silences et de douleurs jamais interrompus, nous rampions souvent dans ces boyaux étroits et sombres, où même la lumière était toujours très faible, comme s’il fallait l’empêcher d’investir ces lieux d’effrois et d’épouvantes.
Nous sommes pressés de voir arriver la mort avec ses cartons d’arrêtés déjà distribués.
Sillonner de telles contrées, résignés face aux cauchemars qui obsèdent longtemps après le séjour devrait être décrété obligatoire à la foultitude des beaux parleurs (et des moches aussi !) indispensables commentateurs et autres conseilleurs, conviés au bastringue heureux de la vie. Cette bastide des bas-fonds, taciturne, sombre et dégradante, agglomérée à la ville au-dessus de nos têtes, de nos dégaines saturées d’ecchymoses, nous a pourtant cachés, mais surtout claustrés très longtemps, une éternité sur ses sols poisseux.
Nous avions continuellement des gueules de galibots gobés par les tranchées souterraines. Mais pas de bonnes mines, des gueules pitoyablement minées.
Á cette époque nous sommes comme des ruminants qui s’obstinent à absorber le présent qui décampe sans pause. Conscients cependant qu’en d’autres lieux, endurant d’autres situations, ensevelis dans d’autres galeries sans issues, des femmes, des enfants, des hommes souffrent, subissent, supportent, espèrent.
Dans les flancs croupissants de cette terre qui nous accueille, qui nous espère peut-être, haletant comme des bêtes de somme, les gueules pâles, les pieds ankylosés, les mains froides entamées de longues et profondes balafres, les dos voûtés, les voix caverneuses et brisées, nous nous sourions, et nous efforçons de vous sourire !
Convaincus (en un seul mot, merci !) dans un silence syncopé que nous parvenons au terminus de notre odyssée, nous savons, avec certitude, que nos efforts demeureront pendus sur ces abruptes parois ruisselantes et froides, déportés par des intrigantes griffes acérées. Mais nous sommes vivants !
Alors ? Écrire , diversion ? Valve salvatrice ? Oser publier et diffuser, prouesse courtisane et présomptueuse ? Vendetta certaine et capitale ? Nécessité d’exprimer, de dialoguer ! Témoignage affirmativement ! L’auteur mollit, il flanche !
« Il est des temps où l’on ne doit dépenser le mépris qu’avec économie, à cause du grand nombre de nécessiteux ! »
CHATEAUBRIAND
Penseur – Songeur
Délesté des hésitations démesurées et des émois qui d’ordinaire possèdent ma main, je ne suis plus otage de ce fruste panachage de lassitude têtue et de désespérance tenace qui m’enferme parfois dans une pesante indolence où je subis, le geste révoqué, le regard prospectant l’invisible, impuissant à me fixer à la corde suspendue au - dessus du magma bouillonnant de mes pensées.
Tout ce que je conçois et réalise brille d’une clarté ensoleillée. Sont-ce des scènes à composer par la pensée ? Que nenni ! Je pénètre au cœur d’un décorum jovial où lettres et mots s’harmonisent très naturellement en un bel ordonnancement étonnant ! La représentation accomplie courtise l’imagination jubilatoire qui bichonne une conscience réconfortée.
L’ouvrage s’est arrangé à mon insu, dans des miscellanées d’antique et de moderne.
Ma main agile, fugitive, incontrôlable, qui griffonne fiévreusement, se borne à veiller en une représentation fidèle.
Totalement aventuré et propulsé au cœur de l’impénétrabilité de mon antre, le temps dévolu à une existence calculée, minutée, abolit implacablement toutes les habitudes intruses.
Transporté d’emblée au cœur de ma cour des miracles, la cohésion d’une très haute tâche quasi obsessionnelle réordonne tout le registre dans une rigueur florissante. Et cet émerveillement ressuscite l’essor de mes pensées authentifiées.
Alors commence une période contingente. Elle persiste, résiste, quelques mois pour le présent ouvrage. J’écrivaillonne et je suis ravi !
Le temps de ma jeunesse rapplique par souffles qui m’absorbent avec une étrange exaltation. Évaluations de ce temps dont pourtant je confesse la carence. Sans amertume pourtant je réveille les moments égarés et le vain emploi fait par moi de ces années esquivées.
Je songe aux rencontres essentielles toutes ratées et parfois même offensées, par égarement ou par fatigue.
Mais, j’en suis absolument convaincu, qu’à cette époque, je n’étais pas adapté pour m’engager dans une exhortation de satisfactions promptes. La vraie vérité m’offre d’incomparables originaux pour mes personnages réels. Je me suis obstiné à soutenir sur cette odyssée une attention lucide, avec une équitable sévérité qui doit quelque chose à un ressentiment tout de même assez contenu et avec une authenticité pour une critique que d’ores et déjà, les copines, les copains, les amies, les amis et bibi acceptons et encourageons.
Ma sensibilité qui me relie à une introspection dans les travers des autres, pourrait apparaître lâche, si ceux - là même que l’aventure égratigne quelque peu ne pouvaient pas autoriser et s’autoriser à une élucubration ressemblante.
Les chamailleries, les dissensions, les cris, les emportements, les colères, les coups de gueules me semblent bruire de toutes les divisions de nos puériles controverses résistantes !
Je reconnais, allez ! Je supporte la mémoire de mes multiples exigences parfois extravagantes, aussi de mes déclamatoires exaspérations !
J’agrège une telle disposition aux exhalaisons et aux cliquetis de la coulisse, avant le lever de rideau, quand la banale impertinente qui va devenir Reine chavire dans un personnage, défaillante face aux fabuleuses supplications qui n’obtiennent plus d’elle que l’effet vague d’un banal automatisme somnambulique !
Voilà ! Le rideau est levé ! J’ondoie avec une grâce désordonnée de mouvements, étourdissante entre les goulets suintants et gigantesques qui me conduisent nulle part.
Cette zone ténébreuse, mais quel âge peut - elle bien avoir ? Dilemme ! Seules les foucades indémontrables d’une léthargie peuvent en composer autant d’éléments fantastiques.
L’inexploré, créature endiablée, séduisante et invisible m’houspille. Ses détours dissimulent dans ses entrailles secrètes une absolue panique, telle une lourdaude propagation de la peur, à l’instant où un rude couloir nous projette sur le diable ébouriffé.
Il me semble soudainement, clandestinement, discerner un bruit éthéré, un soupir. Est - il concevable que quelque chose puisse encore se déplacer dans cette ambiance bouleversée, dans ces parages hors du temps ?
D’indiscrètes gouttelettes d’une sueur tiède s’abandonnent de mon front. Mes paupières cillent dans un mouvement immodéré. Seuls les martèlements spasmodiques de mon cœur sont discernables.
Un encellulé se redresse dans une imposante encoignure décrépie, ténébreuse et abandonnée. Des saillies ogresses le protègent, alignées à perte de vue. Rencontre irrationnelle. Présence passionnelle. Folle apparition. Au pied de marches granitiques et polies par les eaux glacées, je demeure statufié, consacré à dissiper mes hésitations et mes peurs.
L’existence semble immobilisée. Les siècles ont contourné ce coin, paralysé en son éternité. Tout semble échafaudé d’os et de sang.
Cent , mille raisonnements abracadabrants emboutissent et ridiculisent ma raison. Il faut traverser ce goulot énorme et ténébreux. Une crainte terrorisante bouleverse tous les mouvements de mes membres sclérosés. Cet endroit doit être l’œuvre d’un concepteur fou !
Ai-je tort de cogiter et de songer ainsi ? Suis-je encore un peu conscient ? Trop de maléfiques supplices ont composé une insensibilité pour moi - même, pour une élevée attention à mes congénères et tout ce qui m’environne. C’est trop tard ? Rien ne va changer ? Rien ne se peut modifier ?
Vous n’avez peut - être pas tort, chers amis Lectrices et Lecteurs. La vie continue. Superflue la prétention de se hasarder, de braver l’ordre en marche ?
Enfin, permettez - moi, au moins, de douter, mais alors très vigoureusement, de ce mot « ordre » .
À Celles et Ceux qui se sont égarés
Chavirés , radicalement embrouillés dans les périphéries d’une désolation. Animaux disparus sans colliers. Puis ont coudoyé des êtres blêmes, déformés, ont expérimenté la barbare altération des esprits et des corps. Nous sommes celles et ceux – là ! Et puis, visages trop pâles, ont étreint un cercle enchanté de femmes et d’hommes classifiés perdus, irrécupérables.
Et pourtant n’ont pas renoncé, n’ont jamais abandonné l’effort et l’espoir. Un peu innocents et énormément besogneux, par la sueur abondante et le sang répandu de leurs carcasses toutes désarticulées, ont réussi à consigner d’une pierre d’or une date sur la traversée de leurs existences.
Que de privations pour effleurer une destinée un peu moins désolante !
Isolement absolu, souffrances sans rémission, solitude partagée, acharnement pour une survie aléatoire, pour sœurs et frères de galère. Oh l’idée de renoncer nous a bien souvent parcouru la tête. Qu’il fut aiguillonnant de se laisser enlever par les complaintes fallacieuses des sirènes d’outre-tombe !
Á nous Monsieur de Chateaubriand !
Alors la tentation cruciale s’engage, nerfs et viscères cramponnés, ligaturés.
Tel le géant herculéen, nous avons dépité le monstre ! Maîtrisé le quadrige ! Se substituent alors à toutes les frustrations épuisantes, à l’humiliation consommée, aux frayeurs curarisantes, les choses simples avec leur flanc consolateur, réactivant une alliance magistrale de pudeur, de circonspection, de fierté !
Nous sommes pour un instant libérés du pénitencier souterrain qui expectorait son venin abêtissant, tranchant, acéré, que rien ne pouvait stopper. Instantanément nous séjournons sur le mode muet.
Délivrés des pénombres ténébreuses, ne communiquons que par des regards ébahis qui, seuls, soutiennent des sons mystérieux.
Haletants, ivres de sommeil et d’anxiété, grisés par une paix qui dresse sur un trône ses bouquets lumineux, nous entrouvrons de pesants rideaux de pierre, dans le silence abasourdissant de ces lieux sinistres. Sans ligne de démarcation les tréfonds sombres de la terre funeste rallient le ciel éblouissant. Respirations oppressées. Cœurs sous tension maximale. Membres paralysés.
Que ce premier rapport avec le monde des vivants a bien du mal à s’établir !
Embrouillés enchaînements, comme le présent qui vous est exposé !
Nous nous infiltrons résolument au cœur de l’espérance ! L’espérance, c’est nous !
« La sincérité implore une lumière ! Mille excuses pour les pincés de là où vous voulez »
Cette vérité ! La vérité ! Peut -être offusquera-t-elle les pratiquantes raffinées, attentionnés et précieux personnages qui, apaisés entre deux imprécations rhétoriques, rituelles et ressassées, conçoivent des jugements sur les autres ! Mais , elles devraient, c’est ce que nous suggérons très modestement et humblement, méditer sur ces paroles retransmises dans Le Livre : « Qui es - tu pour juger ? ». Devraient , de temps en temps, penser à elles, aux autres, à l’amour, à la sexualité, se découvrir tôt ensorcelées, et pratiquer peut-être, ou véritablement, un utile et nécessaire embrasement !
La vérité ! Elle lustrera les crânes dégarnis des intermédiaires, experts en toutes variétés, bardes à l’occasion du chichon, également des dopes dopantes et séduisantes, friands de bourses (Là nous causons finances, tout de même ! Quoi que !), décideurs de tout et de rien, publicitaires et communicants, formats étalés in - 8°. Stop là, Messieurs, nous ne consommons pas le même fourrage ! Ceci est dit, voilà c’est fait !
À part ça, et bien je cogite. Combien êtes - vous téméraires à avoir atteint cette ligne ? Quelques dizaines ? Cent ? Mille ? Non, je suis trop ambitieux.
Bon, j’en suis conscient, la folie des grandeurs m’habite, même celle des insignifiances ! Et pourtant j’insiste. Pour vous, les résistants, je persiste, sans simagrées, entre alliés. Cramponnez-vous !
Enflammé souvent, fou à lier des fois, fou allié aussi, enthousiaste, rustique un peu, émancipateur. Lorgnant une dilatation cérébrale présentable, je me rassérène, contemple le panorama. Les cloches bourdonnent.
Apparitions explosives ! Comme déjà dit, j’écris pour exposer un témoignage. Aussi pour cicatriser une disgrâce profonde et tuante. Pour endiguer quelque chose !
Alors , dilemme ! Convient - il d’en finir, projeter que tout est déjà consommé et se retirer de cette scène ? Ou continuer et persister dans le chemin très étroit de la rédemption ? Sauts d’outre - tombe. Regards mélancoliques et paniqués sur ma dégringolade d’un piédestal instable, sur une mort substituée à une vie déchaînée et chagrine.
Apartés avec mon spectre ! Je fouille entre les embrasures maintenues libres par les barreaux, inventant la route si, dès l’origine, j’étais arrivé autre part, autre, autrement. Entretiens noctambules qui alimentent l’imagination des jours.
Ce monde apparaît comme un aérolithe épais, bourbeux, aveugle et sourd.
Mais, sincèrement, je demeure convaincu que si j’outrepasse cette affliction, mon aventure peut et doit subsister ! Retournements endiablés, imparables et interminables !
Cauchemars effroyables et prémonitoires !
Libelle pour une géhenne ? Ou éloge pour un olympe abordable et salutaire ? Au passage, on peut prévoir et même aussi souhaiter que je terminasse en asile psychiatrique ! Bof, cette hypothèse n’est pas dramatique, j’en ai été pensionnaire. Beaucoup de personnes sympas dans ces institutions, soignants et patients. D’ailleurs les deux catégories sont patientes. Chacune et chacun avec ses misères, plus ou moins handicapantes. En ces lieux, au moins, sommes-nous plus ou moins conscients de notre état de santé ! Peut-être pas le cas de tout le monde de l’extérieur ?
Tenez, le caïman sympa qui cavale dans ma tête me glisse à l’oreille (Vachement balaise !), qu’il convient de continuer mon vol, impuissant pour l’instant à convaincre, au cœur d’un silence qui se faufile, taquin, entre les criards fracas d’une étrange cascade !
« La force est la reine du monde, et non pas l’opinion ! Mais l’opinion est celle qui use la force »
PASCAL
Société ! Vers une troisième guerre mondiale ?
L’histoire, notre histoire, est rebelle et tenace ! Après chaque effondrement de régimes politiques correspondent des périodes de désordres à violences croissantes, ainsi que des querelles et des conflits tyranniques et ravageurs.
Collatéralement, les difficultés, les conflits et les crises économiques aboutissent toujours à des confrontations guerrières, lesquelles permettent à certains états puissants de solder leurs comptes négatifs et nauséabonds, parvenant à s’engager dans de nouvelles périodes de progrès.
Progrès mon cul ! Oh, pas bien çà ! C’est parti tout seul, comme un prout ! Bah, nous nous en remettrons ! On alors, faut éteindre nos télés !
Souvenons-nous ! Après la guerre de 39-45, les États-Unis, nos sauveurs avec nos Camarades Russes, se sont sortis d’une période économique et sociale très délicate.
Le Système Monétaire International leur a permis de combler leurs nombreux déficits. Ils vont vaincre, convaincre, imposer tout à tout le monde, diriger le monde, contrôlant partout, arbitrant tout, à leur convenance.
L’OTAN devenait alors quasi inutile dans cette nouvelle configuration géopolitique. Son action demeurera justifiée par les conflits en Europe de l’Est. Le FMI (Fonds Monétaire International) participera grandement et conclura amplement aux divers désordres économiques et sociaux de la Yougoslavie, par réduction stricte de toutes les aides financières. Ces difficultés parviendront enfin à la sécession du pays, d’où naîtront alors la Bosnie et la Croatie.
L’URSS ayant cessé d’exister, au début des années nonante (Quatre-vingt-dix), nous avons pensé et cru par agitation désordonnée et endormissement allégué que l’ère d’une nouvelle guerre s’estompait. Cette crainte n’a pas disparu pour autant. Les risques de conflits sont multiples, certains, imminents !
Et si l’apocalypse économique était programmée ? On entend les clameurs des (z)’hommes politiques (Des femmes politiques aussi) et des dirigeants. Ils et elles affirment que la crise c’est fini, que la reprise est là !
Tout d’abord, il ne s’agit pas de LA crise, mais probablement d’un enchevêtrement croissant de crises répétitives dont l’aboutissement c’est le bordel enfin admis et révélé. Je pense qu’il s’agit bien d’une fin, mais pas de la crise économique. Il s’agit d’un système universel scandaleusement entretenu depuis des décennies.
Seule une institution internationale avait justement analysé la conjoncture et prévu la fin catastrophique vécue il n’y a pas si longtemps, la BRI, Banque des Règlements Internationaux, cette banque centrale des banques centrales du monde.
Mais tout le monde affairé des affaires s’en fout, ne pensant qu’à son petit moi. À ses bonnes relations également !
La soif de spéculation financière redouble ! Écoutons attentivement les propos scandaleusement rassurants, fusant de toutes parts. Mais voilà, la vérité qui tue toutes espérances est présente. Je vous bien entends ricaner. Ce spectacle vainement souriant me fascine. Ces excès de plaisirs vont très probablement tout emporter. Toutes les connaissances paraissent déconnectées de nos cerveaux. Une main invisible charrie tout dans le néant, malgré les hurlements d’extases feints. Vous êtes séduits par ces succubes ?
Je provoque, je perturbe, je sais ! Je suis chiant ! Je suis con ! Aussi, mais j’en suis conscient et j’assume totalement ! Une petite démonstration des effets dévastateurs pressentis et programmés ?
Enfin, démonstration, mettons-nous d’accord simplement sur le terme prévisions, comme tout le monde. Z’avez-vu ce qui s’est passé en Grèce il y a quelques années ? En d’autres lieux également ? Il s’agit, plus exactement de la fin d’un lent processus de destruction massive, connu de certains experts !
D’aucuns et d’aucunes ont magouillé grave, et depuis des années. Pas important, pas de punitions, pas de condamnations. Non mais ! Le peuple Grec et les peuples européens paieront les factures. Merci, grand merci à tous les spéculateurs qui se foutent de ce qui se dit, même de ce qui ne se dit pas. Et même de ce qu’ils disent ou pas ! Et si l’économie européenne était construite sur du sable ?
L’Euro s’est noyé. Totalement . L’Euro est immergé dans les profondeurs troubles des eaux tumultueuses. Précipité tout seul ? L’Euro , mort, convalescent, affaibli, ressuscité, va - t - il tenir le coup ? On ne parle que de rigueur. Mais pu…, que celles et ceux qui hurlent, comme s’ils venaient de découvrir la situation, commencent par s’appliquer ( Avec rigueur justement) les solutions qui nous sont assénées.
Messieurs les censeurs, assumez ! Et je ne vous souhaite pas le bonsoir ! Ouaip, je sais, c’est con çà, tout le monde s’en fout !
Pourtant, une radiographie de cette situation (la vraie) est nécessaire. Une radio ? Je déconne là ! Scanner, IRM plutôt ! Explorations salvatrices qui permettraient d’éliminer tous les fous raisonnements idéologiques, vils délires pathologiques solidement enracinés dans des consciences trop bien savonnées !
La crise qu’ils disent ! Qui peut, vraiment très sincèrement, aujourd’hui, prédire une fin de crise et les séquelles sur les économies ?
Et si la situation exacte, mais encore enrouée, devait provoquer des bourdonnements sismiques irréversibles ?
La plupart des pays industrialisés connaissent et vont connaître des échanges perturbés, en grande partie à cause des coûts d’ingurgitation de leurs pertes titanesques cumulées.
L’avenir est très, très incertain.
Qui peut encore en douter ? Les fous, les ignorants, les dignitaires de la finance et autres souverains (rains… rains) hautement tranquillisés et rassérénés par notre indolent apitoiement ?
Un agiotage boursier corrodant et extrême entrave outrageusement les mesures de sauvetages initiées en Europe par les gouvernements timorés, faussement sourcilleux, vils et suffoqués.
Même un cerveau un peu fatigué, fêlé, peut comprendre et admettre qu’à force de vouloir toujours consommer plus, produire plus, assurer la contrainte d’une croissance obligée, c’est grand danger. Tout va exploser ! Et cela ne va pas tarder !
Ç a va péter ! Partout ! Le système est foutu ! Foutu, foutu !
Oui , ni doute, ni répit ! La situation réelle est troublée ! Troublante aussi ! Cette sombre perspective n’épargne pas celles et ceux qui endurent depuis longtemps, depuis toujours. Toujours les mêmes dans le viseur pressé des autorités dépassées, chômeurs, travailleurs avec de faibles ressources, employés dits de la classe moyenne, paysans et agriculteurs, tous les déplacés, baladés, expulsés, délaissés.
Surinvestissements et surendettements se sont multipliés rapidement et ont atténué un progrès, une amélioration, un confort et une sécurité imaginaires que les gouvernements, à cause d’une obligation de rassurer toujours notre bonheur virtuel n’ont pas osé affronter.
On peut penser, raisonnablement et sans être expert ou autoproclamé tel que toutes les pertes financières pharamineuses ont détérioré un espoir de prospérité affirmé par certains et contaminé les relations entre tous les acteurs, professionnels et usagers.
Une transformation des conditions de vie des populations industrialisées est en marche et même en course, sans relais, sans délai. Course agitée et spontanée d’un sprint final !
Et pourtant, les dynamismes qui ont assuré réussites économiques et marchandes auparavant sont ardents ! Les connaissances, les expériences, les pratiques, ne se sont pas évaporées.
Pourquoi tant de désordres, de doutes et de dévergondages cachés ou blackboulés ?
Comment ? Les éminents savants des nations qui causent haut et fort n’ont pas reconnu les maux des pays et des peuples ? Règles et réglettes en papier froissé.
Indépendance, organisation rigoureuse des pouvoirs, hardiesse, courage, volonté : mais tout ceci fait plantureusement défaut. Et oui ma pauv ‘ Dame !
Myopes et muets définitivement ? Ces aveuglements ne sont pourtant pas sans précédents. Nous avons capitulé face aux troupes trop denses de la tentation de disconvenir et de nous incliner en masse. Financiers, possesseurs de commodités sociales, politiques et décisionnelles n’ont pas su diagnostiquer et anticiper les catastrophes. Haro sur les défenseurs et les défenseuses de la tartuferie et communicants de bonne aventure, associés qui assuraient que tout allait bien dans le meilleur des mondes !
Le fonctionnement de nos institutions est singulier en France. Empilements des mandats, désagrégation des responsabilités, confusions des fonctions, agencements fâcheux des relations privilégiées, déraison du nombre indubitablement impressionnant d’acteurs et d’actrices encouragent assujettissements et allégeances ! Imbroglio glouton.
Obligeances ! Suffrages affermis ! La rage du monstre va-t-elle tout charrier ?
Substituons à ces expressions exaspération, affliction, mais prioritairement les vocables raison, optimisme, mobilisation ! La lutte est achevée ? Non ! Le combat pas révolu ! Debout Camarades !
« Ce n’est pas autour des inventeurs de fracas nouveaux, mais autour des inventeurs de valeurs nouvelles que gravite le monde ; il gravite imperceptiblement »
F. NIETSCHE
Société sans pitié, sans philosophie, sans raison, conceptrice de désolations et de souffrances des êtres asservis, blessés, qui occupe et agite le monde des professionnels et des associations du social, prompts à observer, palabrer, marchander, atermoyer, stagner.
La prise en charge des douleurs, des souffrances et des plaies multiples est un modèle de traitement de masse, photocopie à l’identique de piètres mesures accessoires pour l’individu, afin de l’entraîner au milieu d’un troupeau à destination d’apologues stériles.
Que de pénibilité ! Ce troupeau mutilé est sommé d’agir et de se remuer pour accéder aux vents porteurs d’informations et d’actions humiliantes, dégradantes, stériles. Vers quoi ? Pourquoi ? Pour quoi faire ? Pour qui ?
L’absence d’une perception collective d’un scandaleux désastre et du discernement des douleurs et des suppliques fait obstacle à un mouvement efficace de leur traitement réaliste !
Toujours et indéfiniment, le décalage entre les redondants discours élimés et la réalité cachée. Cette réalité enfouie sous des tonnes de tonitruantes annonces saugrenues, manipulées, décalées de la réalité.
Depuis vingt ans le baratin des baragouineurs et baragouineuses, vers luisants de programmes inutiles et de plus en plus coûteux, inonde, assomme et ensevelit lamentablement des esprits tourmentés.
Dans ce pays, on souffre, on résiste, on endure terriblement, on crève mieux qu’avant les années soixante ?
Quand 2012 était en ligne de mire ! Et pendant ce temps, me revient la prophétie concernant cette planète terre. Il paraît que le soleil et tout le système existant grâce à lui, serait à la moitié de sa durée d’existence. Bon , il reste aussi l’autre moitié. Mais avec ou sans nous ?
Notre Terre a tendance à basculer sur un axe Nord - Sud. Le phénomène ne serait pas nouveau. C’est la vie de l’univers qui se fout de nos petites combines. Enfin, il faut imaginer un peu pour suivre.
Le peuple Maya connaissait et utilisait les mathématiques et l’astronomie. Experts , ils ont légué un procédé rigoureux d’écriture très complexe, au déchiffrement embrouillé, même pour les éminences à la préséance octroyée. Ce peuple a développé, grâce à ses observations d’une précision fantastique, un principe maintenant approuvé de calendriers en lien étroit avec le cosmos. S’égrènent ainsi des cycles !
Et nous serions en fin d’un cycle ! Un nouveau depuis 2012 ? Retournement du champ magnétique, inclinaison de l’axe terrestre, inversion des pôles. Bon va y avoir du mouvement, de la transformation.
Va falloir convertir, se convertir, et rapido !
Exemple édifiant de mes réflexions grèges, bizarres (Bizarres, j’ai dit bizarre ?) torrentueuses !
Corrélation spécifique de la contrée où je suis, avec l’environnement végétal et animal qui me parle, constamment ! Avec aussi une écriture profusément plus mystérieuse ! Alors, dans ces conditions, bien complexe la révélation ! Défi et générosité agrégés !
Considérations
Discussion avec les Copines et les Copains ! Travail Temps Libre ! Vie !
– De très nombreux espaces centralisent des hommes, des femmes qui ne se sont pas sélectionnés. Table rase de leurs inclinations, de leurs aspirations, de leurs adhésions. Ignorance des individualités !
– Le lieu de travail s’est transformé en zone de vie obligatoire, inévitable. On y travaille, on y mange souvent, on y rêve quelquefois, on persévère toujours avec courage et douleurs, on s’y obstine pour quelques prébendes aléatoires !
– Il y a souvent beaucoup de choses sur place. Aménagements de repos et de détente, matériels et ustensiles ménagers, machines à café et distributeurs de boissons, etc. En sorte que lieu de travail et lieu de vie se confondent !
– Le travail occupe une part considérable de l’existence, prenant en compte les transports, les attentes. Pendant l’autre temps dit « libre », l’ennui, les emmerdements comblent un vide exponentiel.
– L’engagement enragé à vouloir toujours et encore dominer les autres, à exister à l’identique d’un bel édifice branlant, somme toute ! Le parfum suave d’une liberté escomptée est uniquement une insipide effluence de l’inutile !
– Dans cet univers impitoyable les visages et les attitudes transmettent ordinairement la tristesse. Les humeurs témoignent de fractures émotionnelles lancinantes !
– Reconnaissons que le travail peut devenir une contrainte à la limite du supportable !
– Le travail pose la question de nos vies, de la vie ! Avoir du travail, c’est aussi avoir un statut certainement, une reconnaissance probablement !
– Mais, c’est aussi par trop de boulot que l’on passe à côté des choses importantes, la famille, les amis, les loisirs ! La vie en fait !
– Le travail nous interpelle sur nos vies ! J’ai du travail, j’ai un statut, je suis protagoniste ! Dans le cas contraire, je me voûte, me rapetisse, tout petit, frôlant nuitamment les murs gris !
– Et puis l’appréhension du chômage appuie lourdement sur tes épaules et trouble tes aspirations à exister autre part qu’au travail !
– Quand on réfléchit un tout petit peu, dans notre société dite libre, la plus grande, la meilleure du monde, tu débarques, dès ton plus jeune âge, avec la contrainte de devoir travailler, consommer. Pieds et mains liés. Aliénés en quelque sorte !
Dans la lumière gris-pâle d’un soir commun dans une grande ville, longeant une rue marquée de murs scrofuleux, pareils à tous ces objets de consommation usés dont on se débarrasse vite et nuitamment sur le trottoir, choses piquetées de glaires divers, déformées par les déplacements nombreux, les pressions enivrées de corps fiévreux ou enfiévrés, immobiles ou remuants, par des cadavres abandonnés ou longuement veillés, je traîne mon ombre amaigrie par la maladie.
Je glisse mon frêle squelette fêlé, déformé, le long de murs sinistres, aveugles, muets, sombres de consternation !
Déplacement hésitant au centre de silhouettes embellies de couleurs gaies qu’aucun pastelliste ne s’enhardira jamais à apposer sur sa palette !
Colorations inquiétantes de ce temps, de l’espace, de l’infini, ainsi que des parages qui refusent d’agoniser dans l’ombre imperturbable du néant !
Progression chancelante, clandestine, audacieuse. Ouf ! Halte ! Pause ! Repos ! Je me tiens debout dans ma chambre aux murs suintants, comptant les fendillements comblés par des bandeaux de papier journal jauni. J’hume l’odeur de bois moisi et d’huile rance. J’écoute les sons tapageurs de la rue, des passants qui musardent, entrecoupés de temps à autre de cris pénétrants et de grattements de rats.
Cette chambre, initialement conçue pour protéger du froid, de la pluie, du vent, n’est en définitive, que miroir prédestiné à une séquestration inhumaine.
Projeté sans retenue dans cette société sans réverbération, agrippé tant mal que bien à cette terre qui la nourrit. Infime pelote effilochée, aveuglante. Molécule vagabonde au cœur de mondes planétaires, qu’aucune lumière n’abreuve. Contrainte de trouver en elle - même sa plus infinitésimale particule de clarté. Bourlingué dans un état physique et mental évanouissant, il faut quand même essayer de durer, persévérer, de ne pas abandonner, survivre au milieu de personnes condamnées au même sort et qu’on ne connaît pas.
Monde indéterminé, titubant, vacillant !
Il est où le temps où les anciens donnaient de temps et sens à passer un témoin aux nouveaux ? Où l’on se parlait, même vivement, rudement ?
Ce temps où la communication n’était pas ourdie uniquement dans un but de profitabilité chafouine !
Chicanes plates, errantes dans une platitude universalisée ! Arrogante ruse même pas feinte !
Regardons , observons ! Mais comment on vit maintenant ? On ne parle de soi que pour affirmer sa loi ! Même pas souvent ! Tout le temps ! Et si ! C’est ainsi ! Une promiscuité persistante entraîne, irréversiblement une répulsion aux intentions de se connaître un peu mieux ! Essais quand même, occasionnellement, rituellement, des incursions osées dans le domaine réservé des autres, par les belles apparences indispensables, les expressions ritualisées, les effleurements pas toujours réservés !
Attention, intentions équivoques ! Pensons que des décennies séparent ces dégaines dégradantes de la vraie personnalité de chacune et de chacun que nous finissons par connaître et reconnaître.
Pessimisme, optimisme, composition mêlée ! Pourtant, nous parvenons sans peine à outrepasser l’imprécation, à céder à nos êtres suffisants un appesantissement quasi sensuel. Ce macrocosme arbitraire déborde de fureurs, d’effrois et de craquelures. Chacun spécule sur la moindre faiblesse des autres, poissé dans un cannibale circuit braillard d’une concurrence impitoyable !
Le désir du lendemain me lâche quelques fois ! Pendant plus d’une heure, je marche le long du chemin de pierre, m’arrêtant de temps à autre pour regarder le lac en contrebas. Bientôt, le bruit du ressac s’estompe, progressivement, pianissimo. Seul, le marmonnement du torrent vient s’immiscer dans la quiétude de cette journée. Je n’y prête qu’une attention mesurée, soumise. Mes pensées sont étonnamment paisibles et s’accordent au rythme de ma marche.
Vers midi, alors que je suis parvenu largement au - delà de la moitié supérieure de la montagne, le temps change brusquement. Un brouillard épais choit du sommet enneigé que le vent ne parvient pas à disperser. L’atmosphère devient plus chagrine.
Du surplomb où je suis parvenu je perçois distinctement le boucan des eaux agitées qui propagent des bombes fuligineuses vers le lac. Le bruit des explosions est nettement perceptible. De temps à autre, je vois des nuages de fumée dévaler la pente. Ce n’est qu’à ce moment-là que je suis pris d’une réapparition fantastique.
Le sentier a abondamment perdu des pierres qui roulent sous mes pas et rendent mon ascension incertaine.
L’intention de redescendre qui a investi toute ma visée et toute mon attention prend le pouvoir sur ma raison. Monter ou décamper en dégringolant ? Croisement des destinées ! Bataille étrange contre l’angoisse qui m’oppresse de plus en plus.
Maintenant, j’ai totalement conscience à la fois du danger de ma situation et de la nécessité absolue d’aller jusqu’au bout de ma promesse. Quelle promesse ? Voilà !
Entrer dans l’éternité ? Présentement, suis troublé par une oppressante ardeur qui me propulse dans une quête pour la célébrité. Folie prétentieuse ? Pensées hallucinatoires ?
En tous cas, investi dans une hypothétique recherche persévérante de continuité, doublure d’une fin prématurée. Crainte captivante et envoûtante, jusqu’à en perdre l’âme, ou l’esprit, comme vous voulez. Mais je suis et reste intimement convaincu que de cette éternité nous n’en traversons qu’une infime division.
D’ailleurs nous voyageons gaiement, ou misérablement, éclaboussant souvent tout ce qui nous entoure, ce qui vit ou qui demande et implore vie.
Tellement elle a le temps l’éternité qu’elle impose un vaste mouvement fou dans son immobile équilibre ! À quoi sert-il de courir éperdument dans ce labyrinthe aux contours déterminés hors le temps et l’espace ? Nous cohabitons gaiement dans un monde immensément mystérieux, avec nos vies limitées, nos savoirs piètres !
Nous, organisées et fières créatures, honorées, ordonnancées, autorisées par nous - mêmes !
Eurytmie ! Avant la fin de notre parcours dans cette cour aux miracles incertains, nous saisissons, en définitive, que tout ce qui paraît obligatoirement important est sans importance.
Le plus poilant, enfin si nous pouvons ainsi bléser, c’est que nous le soupçonnions un soupçon. Sommes constamment en recherche obstinée de bonheurs, de joies, de réjouissances, de satisfactions multiples et variées. Nous croyons quand ça nous arrange, au hasard, à la chance, à une destinée ou à la bonne étoile. Ouaip, mais des étoiles, il y en a des milliards dans des milliards de galaxies ! Alors le bol on peut toujours y croire.
Indépendamment des pouvoirs quelquefois autoritaires, des puissances partisanes, des faiblesses et des ignorances, englués dans des circonvolutions incertaines et souvent ordonnées, c’est plutôt le ras le bol qui domine.
Nous consacrons un temps infini à la recherche de divertissements, plaisirs jubilatoires, quêtes de fêtes, pourchasse de gains incertains dans une myriade de jeux, pour éviter le croisement du chariot d’une fin pourtant certaine.
Dans ce foutoir, tout de même organisé, ordonnancé et souvent imposé par des connaisseurs avisés, nous parions beaucoup, sommes quasi continuellement bernés, nerveux et venimeux face à l’acharnement de la malchance, gais et promus derechef le plus beau, le plus grand, le plus… ! Le plus con ? Peut - être bien !
Enseveli vivant dans le tombeau de la folie ! Des forces ennemies se sont incarnées dans ma vie étrange, sans méchanceté mais avec fureur. Pas immunisé. Usé par les attaques incessantes d’une vie assassine, suis souvent incapable de reconnaître mes forces asphyxiées sous d’innombrables pressions constantes, vaquant du génie lointain à la sinistre amertume présente.
« On peut se prosterner dans la poussière quand on a commis une faute, mais il n’est pas nécessaire d’y rester »
CHATEAUBRIAND
Les erreurs, je les ai commises, les conneries aussi. Mais, bien avant, et depuis longtemps, le mal, on me l’a fait subir avec une intensité tellement plus puissante et dévastatrice. On m’a assassiné alors que je ne voulais pas encore mourir et surtout et avant tout qu’aucun motif ne pouvait conduire à la guillotine.
Cette obstination à vouloir persévérer dans la résistance fût peut-être une erreur ! Revenant d’un au-delà insituable, je ne sais si je pense encore, si je raisonne un peu, si je peux raisonner. Amnésie sans retour ! Supplice sans récréation !
Comment fuir pour espérer échapper à cette atmosphère cadavéreuse ? Faut - il fuir ? La honte assaille mes pensées ! Ne suis même plus capable de camoufler de caverneuses blessures sous un humour qui me rassurait, autrefois ! Il y tant de temps maintenant !
Ma raison fut interceptée par des auxiliaires revanchards, dissimulés et médisants. Hourras pour la Sainte Inquisition Sociale !
Terminus provisoire d’une classique et insistante hallucination querelleuse et importune ! Comme mes effrois benoits se révèlent naïvement dantesques à la lumière du jour ! Pourtant le monde n’a pas changé radicalement ? Des temps de crises, de guerres, de conflits ont toujours côtoyé des périodes de calme, de paix, de répit !
Cependant, on rabâche que la crise est là, la méchante. Les crises sont éléments complémentaires à la vie, au temps qui passe. Elles sont également diversions pour les parleurs rabâcheurs, préoccupés par leurs petites crises soumises à leurs caprices de compassion faussement effarouchée.
Les guerres ont toujours escorté les hommes dans leurs quêtes de paix. Des discordes, des peurs, des querelles qu’on ne veut point baptiser de guerres résistent depuis des décennies. Crises, conflits de toutes natures, tel le terrorisme islamiste, pourraient bien constituer des pans entiers d’études futures, et, ainsi devenir histoire dans l’Histoire du temps.
Tentaculaires, déterminées, destructrices, les atteintes haineuses, agressions, invasions et guerres ne manqueront pas de faire renaître ou créer des famines, des misères, des fléaux, de la désolation. L’entreprise est déjà bien entamée !
Nous nous étourdissons, nous obstinons dans nos multiples quêtes de jouissances personnelles et immédiates.
Les situations des femmes, des enfants et des hommes, dans une grande majorité de pays d’Europe notamment, s’accroissent et empirent !
Les corruptions sont insolentes ! Les misères abondent ! Les mécontentements grondent !
Les populations désorientées, maltraitées, fatiguées, harcelées, s’enflamment. Les calamités se multiplient et se répandent à une vitesse exponentielle ? ne pouvant que rarement demeurer dissimulées aux touristes éblouis par les artifices commerciaux, pour ne pas voir.
Au milieu du désordre, de la vulgarité et de la déliquescence ambiante, il est bien difficile de garder une conscience claire !
Démodé, ringard, ridicule et attardé je suis ? Ouaip, faudrait voir, particulariser ! Enfin, espérons que nous serons encore en état de constater ? Et de réagir !
Promenade ! Observations ! Ce soir, après le repas, balade avec les Copines et les Potes. Nous n’en finissons pas de rêver sous ce ciel étoilé, de causer, de rigoler, de plaisanter. Confiance dans cet univers où ne règnent que méfiance et délation ?
Au bout de la grande et splendide allée, notre maison apparaît, embellie par un soleil prévenant de fin d’été qui enveloppe progressivement ses hautes murailles de pierres immortelles.
Avec frénésie, nous chahutons, nous dansons, nous nous trémoussons, vadrouillant, nous bidonnant jusqu’à l’étourdissement. Lotus, Oscar, nos toutous, Mister Caxton, notre âne, les minous aussi sont de la ballade familiale.
Ma main délicatement avancée au - dessus des épaules de Véro, je ferme un court instant les paupières derrière lesquelles, avec folie, dansent des angelots séducteurs.
Arrêt sur image ! Véro a remarqué mon manège enchanté. Très naturellement elle se rapproche languissamment et je sens le souffle de ses lèvres, éclaireur attentionné.
Les lèvres se frôlent, s’unissent, électriques, kinesthésiques. Terminus du suspens. Nous ouvrons les yeux, dans un mouvement concerté, devant les copines et les copains, disposés dans la douce lumière filtrée des colossales branches des grands chênes.
Flashs, photos, moments enregistrés bientôt en lettres capitales dans le livre des souvenirs ! Bonheur simple et extraordinaire, fabuleux moment de félicité !
Au cours de notre cheminement pas pressé, d’excitées pensées squattent nos neurones toujours en ébullition !
La diversité est un art qui ressemble à celui de la « Bonne conversation » telle que la décrivent les Moralistes . Or, il n’est point d’art sans règles de l’art. Cette altérité postmoderne dont on nous rabat les oreilles à une assemblée de gougnafiers, où l’on ne parle que pour couvrir la parole d’autrui, dans une surenchère hasardée, illimitée, bruyante !
Emportement constant à vouloir dire, redire, répéter ! Temporisation d’une écoute aux écoutilles closes ! L’expression nuancée ne s’arrange qu’avec un droit : celui de n’être jamais entendu, jamais perçu !
Tout court et cavale vers le chaos, c’est-à-dire vers l’insupportable immobilisme, avec ses leurres d’active précipitation.
Sur - place de statues sclérosées, sur-place le plus primaire, le moins contesté.
Au - dessus de ce panachage incandescent règnent et persévèrent les malotrus dominants, orateurs communicants patronnés de publicité, jacassant leurs mots inécoutables pour les masses étourdies et enivrées ! Horreur, déshonneur !
Les politiques elles - mêmes, pour autant que de réelles mesures politiques soient mises en œuvre et opérationnelles, ne se confrontent plus que sur des méthodes. Personne ne se hasarde à une exposition non apprivoisée. On se montre dans des spectacles capons, accommodés, arrangeants. La parure pâle est devenue l’horizon invincible !
Tel est, convenons-en, le dogme moderne, extrême actualisation à un milieu amphigourique, autrement dit le néant. Au catastrophisme défaitiste succède le pacifisme alarmiste.
Gaudriole, fêtes, conquêtes, défaites. La fête ! Gaffe, ça va être notre fête ! C’est déjà notre fête Camarades !
La pleine lune phosphore au-dessus des ruines révélées par le doux éclat du crépuscule dont les dernières étincelles rutilent en bas de l’horizon ! Nos pas craquent sur le parquet du grand couloir lambrissé de chêne sombre. La musique du génialissime Franz Lizt, allégorique et si pénétrante, nous envahit délicatement et merveilleusement !
C’est élégant de prétendre sauver la nature, les animaux, les petits zoziaux. Mais doit - on sacrifier l’industrie des produits de beauté ? Fermer les laboratoires pharmaceutiques pour quelques errements thérapeutiques ? Le business du porno pour quelques animaux otages et cobayes ?
Si, il y en a qui pensent comme çà, qui agissent ainsi ! Les zoziaux, la nature, s’en foutent ! Réfléchissons !
Ainsi, assoupi par des myriades de souvenirs, recroquevillé dans mes pensées égarées, je m’interroge sur nos grigris des temps modernes ! Par exemple, les téléphones portables, le GPS qui tuent les contacts.
La disparition d’un habitant de notre quartier, même de notre domaine privé et réservé de colossales villas, découvert incidemment dans la presse locale. On en parle ! On affole ! Et après on passe à d’autre clichés !
Ces téléphones portables, indispensables, fleurons exhalés d’une société angoissée ? Mais faut pas le dire, paraît que le paraître c’est la tendance obligée ! Ouaip, mais souvent non - conscience et désespoirs invisibles se côtoient dans le grand sablier du temps qui lui, jamais ne varie ni ne cesse.
On peut camper dans le pavillon des fous et ne point être un parfait sot attardé ! Pas davantage, admettons, qu’un sublime génie !
Je voudrais bien accorder confiance à un homme ou à une femme, ou aux deux, à charge pour eux de trouver un éditeur capable de donner sa pleine mesure à un talent dont je ne doute point. Sinon, je ne perdrais pas mon temps à écrire !
Pensez ce que vous voulez, amies Lectrices , amis Lecteurs , autres qui vous en foutez ! J’ai cette faiblesse et cette prétention immonde de me savoir talentueux, aussi d’être persuadé que mes manuscrits méritent honneurs et d’être communiqués à un large public !
Il est fort probable que tout cela déplaise à quelques sceptiques ! Soyons honnêtes : je m’en contrefous ! Par ailleurs, je suis antiseptique ! Bon, ce serait plus simple si je passais à la télé. Ouais, mais avec ma vue basse et mon air con (Et y’a pas que l’air !), ce n’est pas gagné ! Pas de poitrine E150 à exposer, des jambes à l’air, une tronche maquillée comme c’est pas possible ! Pas même une petite connaissance pour appuyer mon énorme talent ! Cela équilibre la nature des choses, il y a tant de nases niais et naïfs, qui jamais ne doutent, occupent la scène médiatique, présentés par d’autres nases fortunés et qui font un tabac avec leurs regards de génies intéressés. Même pas qu’ils doutent un peu ? Ils et elles représentent la fièvre suprême, un sectarisme même pas tamisé. Bon, c’est vrai aussi que d’autres bouchés (Pas à la Reine, quoi que !) regardent et encouragent !
« En ce temps-là, la vieillesse était une dignité ! Aujourd’hui, elle est une charge ! »
CHATEAUBRIAND
Je suis un ancien ! Suis identique à un ancêtre livre à la reliure brisée, aux pages poissées, détériorées et endommagées.
J’écris souvent avec une encre mordorée, aux apparences lie-de-vin, espérant très sincèrement que de toutes ces prospères bacchanales encyclopédiques naîtra une France aux couleurs d’une campagne en période automnale.
Ce soir, dans le noir atténué par une présence lunaire sassée, je remonte le cours enchanteur de la rivière. C’est une pyorrhée où effleurent, charmeurs, des rochers sculptés de souvenirs.
La rivière s’écoule, je suis son reflux. Je saute gaiement de pierre en pierre, au - dessus de l’eau. À chaque station, à chaque pause, je me sens ivre ! Ivre d’une agonie vivifiante ! Pensées oppressantes qui me renferment et me libèrent, tout à la fois. Bouche bée et proférant, je me dirige vers la source ! Mon regard chavire dans le lointain ! Mon corps s’irise, puis s’ouvre en de petites lèvres qui chuchotent du baume de crépuscule ! J’aperçois les abîmes, cyclones aromatisés par des voies lactées, ou des jours cramoisis sculptés dans de l’au - delà à vif !
J’aime et chéris l’intensité du vide, de l’espace contingent, de l’absence de plein ! Aussi, souvent, ce vide je le recherche avec passion, suis en quête de son énigmatique envoûtement ! Je l’évite parfois, lévite aussi, le retrouve, l’accapare !
Mon intérieur, extérieur à ce monde fou, à la folie envahissante, garde quelque chose d’une crypte dont les voûtes répercutent encore les orémus !
Douce émotion que cette atmosphère rare qui irradie les sens !
Ce silence avenant me fait profiter, avec bonté et majesté, des clémentes vénérations des ancêtres de ces lieux ! Sérénité implorée ! Émotion ! Respect !
Péripéties fulgurantes
Cette nuit, très peu de passagers dans l’avion Paris - Beyrouth . Places libres, à destination d’une place meurtrie par les guerres. Les souffrances endurées par le peuple des démunis, affaiblis, anéantis par les pressions constantes sont à porter au déshonneur des belligérants.

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