Frère Marie-Victorin : Un botaniste plus grand que nature
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Description

Joseph-Cyrille-Conrad deviendra l’illustre frère
Marie-Victorin à l’été 1901. Professeur animé par la passion des plantes et des livres qu’il cultive depuis son enfance, Marie-Victorin encouragera ses élèves à observer la nature et à développer leur sens critique tout au long de sa carrière. Création de cercles littéraires,
publications, nomination au titre de professeur agrégé de botanique à l’Université de Montréal, frère Marie-Victorin est sans cesse en mouvement malgré sa santé fragile. C’est au retour d’un long voyage en Europe en 1929 que germera en lui l’idée de fonder le jardin
botanique de Montréal. Il publiera ensuite son colossal projet La Flore laurentienne. À sa mort, tragique, en 1944, le pays déplore la perte immense que vit le monde scientifique. Ses luttes, son amour du pays, ses engagements et ses idées ont fait de lui un être au parcours hors du commun.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 10 mars 2016
Nombre de lectures 1
EAN13 9782924309834
Langue Français
Poids de l'ouvrage 2 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0019€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

F RÈRE MARIE-VICTORIN
U n botaniste plus grand que nature
F RÈRE MARIE-VICTORIN
U n botaniste plus grand que nature
Direction éditoriale : Angèle Delaunois
Édition électronique : Hélène Meunier
Révision : Aline Noguès
Éditrice adjointe : Lucile de Peslouan

Photographie de la couverture : Division de la gestion de documents et des archives, Université de Montréal. Fonds de l’Institut botanique (E0118)1FP09831. Frère Marie-Victorin et le Chardon de Mingan.
Illustrations intérieures : Adeline Lamarre

Adaptation numérique : Studio C1C4

© 2016 : Jacques Pasquet et les Éditions de l’Isatis

Collection Bonjour l’histoire n o 20 Dépôt légal : 3 e trimestre 2016 Bibliothèque et Archives nationales du Québec Bibliothèque et Archives Canada

C atalogage avant publication de Bibliothèque et Archives Canada

Pasquet, Jacques
Frère Marie-Victorin, un botaniste plus grand que nature
(Bonjour l’histoire ; 20) Comprend un index. Pour les jeunes de 10 à 12 ans.
ISBN 978-2-924309-82-7 (imprimé) ISBN 978-2-924309-83-4
1. Marie-Victorin, frère, F.É.C., 1885-1944 - Ouvrages pour la jeunesse. 2. Jardins botaniques - Ouvrages pour la jeunesse. 3. Botanistes - Québec (Province) - Biographies - Ouvrages pour la jeunesse. I. Titre. II. Collection : Bonjour l’histoire ; 20.
QK31.M3P37 2016 j580.92 C2016-941644-5
Aucune édition, impression, adaptation ou reproduction de ce livre par quelque procédé que ce soit, ne peut être faite sans l’autorisation écrite des Éditions de l’Isatis inc.
Nous remercions le Conseil des arts du Canada de l’aide accordée à notre programme de publication et la SODEC pour son appui financier en vertu du Programme d’aide aux entreprises du livre et de l’édition spécialisée et du programme de crédit d’impôt pour l’édition de livres.
Jacques Pasquet

F RÈRE MARIE-VICTORIN
U n botaniste plus grand que nature
4829, avenue Victoria Montréal (Québec) H3W 2M9 www.editionsdelisatis.com
*
L es mots d’époque suivis d’un astérisque sont expliqués dans le glossaire du dossier Pierre-Esprit Radisson.

F iche d’activités pédagogiques téléchargeable gratuitement depuis le site www.editionsdelisatis.com
« Il faut que les petits fréquentent non seulement l’école de planches au bord de la route poussiéreuse mais qu’ils soient admis à cette autre école dont les murs sont les quatre points cardinaux et le toit, la voûte céleste du ciel. » Frère Marie-Victorin
ÉDUQUER, COMMUNIQUER, TRANSMETTRE


P our bien des gens, le nom du frère Marie-Victorin est associé le plus souvent à deux de ses réalisations majeures : le jardin botanique de Montréal et la Flore laurentienne , son encyclopédie des richesses végétales de la vallée du Saint-Laurent. Une grande partie de sa vie a en effet été consacrée à l’accomplissement de ces deux projets. Mais l’homme a donné bien plus encore en marquant profondément la société dans laquelle il a vécu.
Le frère Marie-Victorin ne fut pas uniquement un botaniste*. À son époque, au Québec, la religion jouait un rôle important autant dans la vie publique que dans les familles. C’était un honneur, presque un devoir, que l’un des enfants devienne prêtre* ou missionnaire*. Rien d’étonnant donc à ce que le jeune Conrad Kirouac devienne un jour le frère Marie-Victorin. Il suivait ainsi la devise de ses ancêtres émigrés en Nouvelle-France en 1730 : Tout en l’honneur de Dieu .
Toute sa vie, Marie-Victorin a défendu vigoureusement ce qui le passionnait le plus : l’enseignement et la culture scientifique. Il a d’ailleurs joué un rôle important dans le domaine scientifique. Homme de conviction* au franc-parler légendaire, il n’hésitait jamais, que ce soit dans ses écrits ou ses prises de parole, à affirmer sa vision d’un Québec moderne. Pour lui, les institutions culturelles et scientifiques étaient des outils nécessaires au développement des Canadiens français. À travers chacun de ses engagements, il est toujours resté fidèle à trois principes : éduquer, transmettre et communiquer. Autant de raisons qui font de Marie-Victorin un des penseurs importants du Québec.
C’est en mettant en œuvre des projets concrets qu’il a fait avancer ses idées au-delà du discours. Son charisme*, son talent d’organisateur et sa détermination furent les clés de ses réussites. Son engagement dépassa largement celui de sa vocation* de frère des Écoles chrétiennes voué à l’enseignement aux plus démunis. À de nombreuses occasions, il a douté de ce fragile équilibre entre sa foi et ses actions publiques. Ses initiatives, considérées comme des extravagances par certains, ne furent pas appréciées de tous. Il en était parfaitement conscient : « J’ai des hardiesses que tout le monde n’approuve pas. » Il n’en reste pas moins que ses luttes, son amour du pays, ses engagements et ses idées ont fait de lui un être au parcours hors du commun.
Chapitre 1
UNE ENFANCE CHOYÉE



C e matin du 3 avril 1885, le petit village de Kingsey Falls, à mi-chemin entre Montréal et Québec, s’anime tranquillement. Dans son commerce, Cyrille Kirouac s’affaire à ses occupations habituelles. Il semble distrait et n’a pas vraiment la tête à l’ouvrage. Chaque fois qu’un client entre, il sursaute. Soudain, c’est une femme qui s’arrête sur le pas de la porte. Elle est essoufflée.
— Puis-je vous aider ? demande-t-il par habitude.
— Oui, à condition que vous veniez rapidement chez vous. C’est pour bientôt.
Cyrille Kirouac enfile son manteau à la hâte, ferme la boutique et se précipite chez lui. « C’est un garçon ! » lui annonce une des femmes venues aider son épouse pour l’accouchement. Fatiguée mais heureuse, Philomène sourit à son mari. Deux jours plus tard, l’abbé Caron baptise le nouveau-né, Joseph-Cyrille-Conrad.
Peu de temps après la naissance du petit Conrad, la famille déménage à Québec. Cyrille Kirouac reprend le commerce de grains et farine de son père. Ses affaires vont bien. Ils s’installent au 829, rue Saint-Vallier, dans le quartier Saint-Sauveur de la Basse-Ville. La maison en briques rouges avec ses baies vitrées et son balcon surmonté d’une tourelle est confortable. Conrad y coule des jours heureux, entouré de ses parents et de ses sœurs. Sa mère est une femme travaillante et pieuse. Elle est dévouée et patiente avec ses enfants. Son père se distingue par sa belle humeur et sa joie de vivre. Il n’hésite jamais à s’installer au piano ou à jouer du violon pour distraire la maisonnée.
Conrad a maintenant cinq ans. Chaque matin, sa sœur aînée le conduit à l’école des frères de Saint-Sauveur. Il manifeste très vite son intérêt pour l’étude et apprend à lire bien avant les autres élèves. Tant et si bien que son enseignante fait appel à lui pour aider ses camarades moins rapides que lui. Ce n’est pas un enfant très résistant. Sa santé fragile le rend vulnérable. Il aime jouer avec ses amis, mais il n’apprécie pas les bousculades et les jeux violents.
Les vacances d’été, il les passe chez ses grands-parents maternels à Saint-Norbert d’Arthabaska. C’est un véritable plaisir pour lui de se retrouver en pleine nature et de courir à travers champs sans contraintes. Tout ce qu’il voit l’étonne et pique sa curiosité.


— Conrad ! Quand tu auras fini d’observer les fourmis, veux-tu venir avec nous ?
— Où ?
— Au grand ru’sseau . C’est une bonne journée pour la pêche à la truite.
Conrad n’hésite pas une seconde à suivre ses deux amis, Fred et Willie. C’est durant cette période qu’il se lance dans ses premières cultures. Il plante de l’avoine, du blé et de l’orge dans un petit jardin qu’il a aménagé lui-même. Hélas, la jument menée par son oncle, le grand Baptiste, ne fait qu’une bouchée des jeunes pousses. Conrad enrage :
— Grand-père, ce Baptiste avec sa tête de citrouille et ses oreilles de chauve-souris n’est même pas capable de mener sa jument.
Lorsque vient le temps de quitter l’école de Saint-Sauveur, Conrad entre à l’Académie commerciale de Québec tenue par les frères des Écoles chrétiennes. Il se lie d’amitié avec un camarade de sa classe, Ferdinand Légaré. Constatant que certains étudiants ont plus de difficultés que d’autres, Conrad propose une idée à son ami :
— Crois-tu que ton père accepterait que l’on puisse inviter quelques élèves dans sa boutique ?
— Ça dépend. Pourquoi veux-tu faire venir des élèves chez moi ?
— Parce qu’on pourrait les aider à faire leurs devoirs.

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