L histoire vraie d Esther Naschelski
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L'histoire vraie d'Esther Naschelski , livre ebook

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Description

Après avoir publié Ni victime ni coupable, enfin libérés en 2013, suite à sa rencontre avec Koenraad Tinel, fils de collaborateur flamand, Simon Gronowski relate ici l’histoire d’Esther Naschelski, petite femme de 75 ans au regard malicieux rencontrée par hasard lors d’une visite à la prison de Gand.

Esther a trois ans lorsque ses parents sont déportés à Auschwitz, camp d’où ils ne reviendront pas. Avec son frère et sa demi-sœur, elle est confiée aux Sœurs franciscaines de Malines par le commandant SS de la caserne Dossin et survit aux atrocités de la guerre. Son calvaire est toutefois loin d’être fini : aucun parent proche ne la réclamant après la Libération, l’Aide aux israélites victimes de la guerre ne cherche pas à connaître sa situation alors qu’elle a été confiée à une certaine Fernande Henrard, personnage aux motivations des plus troubles.

Baptisée puis ballottée d’une institution catholique à une autre, Esther sera séparée de son frère et de sa sœur. Fernande Henrard, dont le but est clairement de transformer les orphelins de la Shoah en bons petits catholiques, lui cachera ses origines et ne daignera même pas répondre aux questions de la jeune fille lorsque celle-ci aura atteint l’âge de la majorité.

Pour Esther, qui envisagera d’entrer dans la vie religieuse vers l’âge de trente ans, la vie continue péniblement jusqu’à l’âge de 65 ans. Nous sommes alors en 2005 et une personne venue l’interviewer lui annonce qu’elle connaît quelqu’un qui pourra l’aider à retrouver le nom et le sort de ses parents... Débute alors l’histoire vraie d’Esther Naschelski.

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Informations

Publié par
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EAN13 9782507053055
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0060€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

L’histoire vraie d’Esther Naschelski
L’histoire vraie d’Esther Naschelski Simon Gronowski Renaissance du Livre Avenue du Château Jaco, 1 – 1410 Waterloo www.renaissancedulivre.be couverture: emmanuel bonaffini illustration de couverture : koenraad tinel
isbn:978-2-507-05305-5
Droits de traduction et de reproduction réservés pour tous pays. Toute reproduction, même partielle, de cet ouvrage est strictement interdite.
SIMON GRONOWSKI
L’histoire vraie d’Esther Naschelski
Préface
Le récit que Simon Gronowski nous livre de la vie d’Esther Naschelski est poignant. Les blessures de l’enfance peuvent se rouvrir toute une vie et la souffrance de l’enfant abandonné (volontairement ou involontairement) se transforme souvent en animosité envers les adultes qui en ont, ou en ont eu, la charge. Mais l’historien(ne) n’est pas là pour juger. Il (Elle) a pour tâche de comprendre une époque qui, bien que séparée de nous par « seulement » 70 ans, avait des valeurs très différentes de celles d’aujourd’hui. Il se doit d’éviter le péché mortel de l’histoire qu’est l’anachronisme et donc ne pas projeter vers le passé ce qui nous semble actuellement juste et bon ou, au contraire, pervers et fanatique. Ainsi, sans vouloir me faire l’avocate de celle qu’Esther Naschelski présente comme sa tortionnaire, je voudrais rappeler quelques traits de la réalité matérielle et de la mentalité de l’immédiat après-guerre. À ce moment-là, la vie était dure dans les pensionnats, et pas seulement pour les enfants juifs. La nourriture y était insuffisante pour tous et peu variée. Des témoins m’ont évoqué certaines soupes ultralégères où ne flottaient que des cosses de pois… Le seau hygiénique, les coups de martinet et un seul bain hebdomadaire étaient la norme générale. J’ai aussi recueilli le témoignage de celle qui était à l’époque une petite fille âgée de 7 ans, encore incontinente, que les religieuses punissaient quand elle avait mouillé son lit, lui accrochant autour du cou, pour toute la journée, ses draps souillés ! Ce qui nous apparaît aujourd’hui comme une humiliation sadique était alors perçu comme une fermeté éducative bénéfique à l’enfant et en parfaite cohésion avec les conseils de nombreux ouvrages de l’époque destinés aux éducateurs. Je n’ai pas connu la personne qui s’est chargée d’Esther et je suis donc incapable de dire pourquoielle lui a caché ses origines juives, ce qui peut apparaître aujourd’hui comme un trait d’antijudaïsme catholique ou comme une volonté de la déraciner. Mais j’ai constaté qu’après la guerre, de nombreux juifs ont changé leur nom, l’ont « aryanisé » pour que leurs enfants évitent la stigmatisation qui avait entraîné le malheur de leur famille. « Juif » était pour eux, à ce moment-là, synonyme de « problème ». Ils désiraient effacer le passé pour protéger leurs enfants. L’antijudaïsme catholique a évidemment été une réalité dans l’Église catholique, du moins jii. La stratégie de l’Église était que les enfants juifs qui luusqu’au concile de Vatican i avaient été confiés pendant la guerre ne devaient pas être rendus à leur famille (cf. l’affaire Finaly évoquée par Simon Gronowski p. 63, 93 et 119), mais bien d’autres mobiles, aujourd’hui difficiles à comprendre, ont aussi pu pousser celle qui s’est chargée d’Esther Naschelski à ne rien lui dire sur sa famille. Un autre risque d’anachronisme réside dans le jugement que nous pouvons porter sur les adoptants de l’époque. Les toutes puissantes œuvres d’adoption catholiques nées dans le sillage de la guerre – et face auxquelles les créations laïques ne faisaient pas le poids – avaient pour but de sauver des enfants bien sûr, mais aussi – surtout ? – leurs âmes. Maîtriser les corps avait pour corollaire le sauvetage des âmes. J’ai connu de près l’une de ces œuvres où, adolescente de bonne famille, j’ai accompli mon « devoir de charité » en allant m’y occuper de bébés et petits enfants attendant d’être adoptés. Alors que certains étaient vraiment mignons, il nous était interdit de leur manifester la moindre tendresse, la moindre affection. Un bisou sur le front au moment de les mettre au lit le soir était sèchement réprimandé. Je me suis alors rebellée contre cette interdiction, mais elle était justifiée, avec une certaine logique, par le fait qu’ils ne devaient pas
s’habituer à la tendresse qu’ils n’auraient plus à mon départ. Ils ne devaient souffrir d’aucun manque matériel, c’est tout. Cette œuvre recueillait alors non plus des enfants juifs orphelins, mais des « enfants du péché ». Des jeunes filles y cachaient leur grossesse honteuse et y abandonnaient ensuite l’enfant. Avec le recul du temps, ces abandons nous apparaissent comme contraints, mais à l’époque, c’était l’unique possibilité pour ces jeunes filles de pouvoir poursuivre leur vie, leurs études. L’enfant du péché était une parenthèse secrète qui ne les empêcherait ni de se marier ni d’avoir d’autres enfants. Le parallèle me semble évident. Les vieilles filles qui se consacraient à cette œuvre lle lle lle (M Jans, M Marlier et surtout M Wante) se sentaient investies d’une mission : sauver l’honneur des jeunes filles et de leur famille, sauver l’âme de l’enfant qui ne serait confié – après enquête approfondie – qu’à des catholiques pratiquants qui en feraient un bon catholique. Ce qui nous apparaît aujourd’hui comme un endoctrinement sectaire était à l’époque perçu comme le sauvetage d’une âme, autrement destinée à être pervertie par l’exemple d’une mère connue publiquement comme débauchée. Les adoptants et leurs intermédiaires étaient de bonne foi et animés d’une immense volonté de bien faire. Mais aujourd’hui, les temps ont changé, les normes de la morale aussi et les jeunes femmes ayant abandonné leur bébé disent avoir été forcées de le faire et se présentent en victimes. Une association les représente et accuse les couvents et les œuvres « complices ». Mademoiselle Henrard me semble correspondre à ces portraits-robots de célibataires sèches et bigotes, qui pensaient soustraire l’âme des enfants à l’influence pernicieuse d’une « mauvaise » religion ou de l’athéisme. Esther n’a pas eu la chance de pouvoir surmonter les épreuves de son enfance et de sa jeunesse par une « résilience » qui, heureusement, a sauvé beaucoup de personnes ayant eu une enfance aussi dramatique. Le récit qu’en fait Simon Gronowski nous rappelle surtout qu’aucun enfant ne naît juif, catholique ou athée. C’est son milieu qui lui imprime une étiquette, parfois terriblement encombrante. Anne Morelli
À mes filles Katia et Isabelle À mes petits-fils Romain, Sébastien, Maxence et Émile Et à tous les enfants du monde
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