L octobre hongrois de 1956
204 pages
Français

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L'octobre hongrois de 1956 , livre ebook

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Description

Marika a 24 ans quand, en octobre 1956, la révolution éclate à Budapest. Elle nous fait revivre jour après jours ces évènements auxquels elle participe avec des dizaines de milliers d'ouvriers, de jeunes, d'étudiants, qui voulaient la démocratie, l'indépendance, la souveraineté de leur nation, le socialisme. Etudiante à l'Institut Lénine, militante communiste, Marika n'a pas pu accepter que son Parti ait trahi et organisé l'écrasement de la révolution...

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 01 octobre 2009
Nombre de lectures 57
EAN13 9782336264141
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0005€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Extrait

L'octobre hongrois de 1956
La révolution des Conseils

Liliane Fraysse
Marika Kovacs
Sommaire
Page de titre Page de Copyright Dedicace Pourquoi ce récit ? CHAPITRE I LES REPÈRES DE L’HISTOIRE HONGROISE CHAPITRE II ENFANCE AU VILLAGE CHAPITRE III MON ENGAGEMENT (1948-53) CHAPITRE IV LA RÉVOLUTION POLITIQUE EN MARCHE CHAPITRE V L’OCTOBRE HONGROIS CHAPITRE VI LE DOUBLE POUVOIR CHAPITRE VII ÉPILOGUE
© L’Harmattan, 2009
5-7, rue de l’Ecole polytechnique ; 75005 Paris
http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr
9782296099043
EAN : 9782296099043
Je dédie ce livre à mes enfants, à mes petits-enfants et à tous mes camarades.
Pourquoi ce récit ?
à l’occasion du 50 e anniversaire de la révolution des Conseils ouvriers en Hongrie, j’ai voulu en retracer les événements à travers mon expérience de jeune étudiante, membre du Conseil révolutionnaire des étudiants. Expérience la plus forte, la plus bouleversante et la plus douloureuse de mon existence, et qui a déterminé pour beaucoup ce que je suis devenue par la suite.
J’insiste sur le fait que ma participation à ces événements révolutionnaires a été celle d’une simple militante. J’étais une parmi les milliers qui voulaient construire une autre société, un vrai socialisme. J’avais des responsabilités politiques mais rien de plus.
J’ai pourtant le sentiment d’avoir vécu l’un des moments les plus importants du vingtième siècle européen.
En ces quelques jours, ouvriers, étudiants, jeunes, tous, nous avons voulu nous débarrasser du cancer du stalinisme, reconquérir la souveraineté nationale, restaurer la démocratie, prendre toutes les choses de la société entre nos mains. Et nous avons commencé à le faire.
Les leçons que l’on peut tirer de cette expérience ont valeur pour le combat que nous menons aujourd’hui contre la destruction de la civilisation et pour un autre monde.
C’est pourquoi j’ai tenu à écrire ce livre. Mon plus grand espoir est que la jeunesse saura s’en servir.
Mais la révolution des Conseils a aussi ses sources dans l’histoire de la Hongrie qu’en France on connaît souvent très mal, bien qu’elle ait été par bien des aspects au cœur de la plupart des grands événements qui ont marqué le continent européen depuis un millénaire.
J’ai donc voulu en retracer quelques grands traits : son origine, sa lutte séculaire pour son émancipation. Je me suis associée à ma camarade et amie Liliane, historienne et c’est ensemble que nous avons écrit cet ouvrage que nous signons de nos deux noms.
J’avais huit ans au début de la Seconde Guerre mondiale que j’ai vécue dans l’insouciance de l’enfance. Mais les difficultés d’un pays en guerre, la pauvreté, l’injustice m’ont conduite à la révolte puis à l’engagement politique, dès le début des nationalisations des grandes entreprises dans les années 1948-1949.
Cette volonté de transformer la société s’est traduite par mon adhésion aux Jeunesses communistes puis au Parti. Mon engagement a été total, j’étais sûre de la volonté de justice et du caractère révolutionnaire du Parti communiste.
J’ai participé à la révolution d’octobre-novembre 56 et comme je l’ai dit plus haut, cela a constitué le moment le plus extraordinaire et le plus bouleversant de ma vie. Le plus douloureux aussi parce que j’ai dû me rendre à l’évidence de ce qu’avait fait le Parti communiste, de ce qu’il était… Et la question « Pourquoi le Parti nous avait-il trahis ? » me torturait littéralement.
J’étais désorientée, profondément déçue, pleine de questions auxquelles je ne trouvais pas de réponse. C’est dans cet état d’esprit que j’étais poussée finalement à prendre le chemin de l’exil. Mais pour moi, pour tant d’autres, cet exil ne pouvait être que provisoire. C’était pour reprendre des forces, nous réorganiser, nous lier aux ouvriers français, surtout à la CGT. Nous allions revenir. « Au mois de mars, nous recommencerons .» On en était sûr !
L’exil, ça a été des années de souffrances. La séparation d’avec ma famille, d’avec mon pays me pesait terriblement d’autant plus que le gouvernement hongrois avait décrété une loi martiale de sept ans nous interdisant de rentrer. Incertitude sur l’avenir et toujours cette question : « Pourquoi le Parti nous a t-il trahis ? ».
Il nous avait trahis à Budapest, et à Paris les communistes nous traitaient de fascistes…
Un jour de 1971, un professeur de l’Université de Toulouse a insisté pour que je lise La Révolution trahie . Cette lecture a tout changé pour moi.
C’était la première fois, une étude militante, convaincante, une analyse scientifique qui répondait à mes questions, à la question : « Pourquoi le Parti nous a-t-il trahis ? » C’est La Révolution trahie de Trotsky qui m’a permis de rester ce que j’étais à 16 ans, une communiste…
Ce livre est écrit sur la base de mes souvenirs personnels, mais il est aussi une œuvre collective. Je remercie tous ceux qui s’y sont associés. Et il y a eu de nombreux encouragements…
Cet octobre 2006, j’étais à Budapest. L’institut d’Histoire politique m’avait gracieusement ouvert ses archives concernant la Révolution de 1956. Je voulais consulter en particulier les textes des Conseils Ouvriers… Il y avait là des milliers d’appels, de résolutions, de déclarations de toutes les usines, de toutes les villes du pays.
Il y avait quelque chose de véritablement émouvant à lire ces documents, dont beaucoup avaient encore sur les coins les papiers collants qui avaient servi à les afficher.
C’était unanime : « Nous ne rendrons ni nos usines ni nos terres … »
Ou encore cette affichette anonyme, écrite d’une main rapide « Vive la révolution des Conseils ! Tout le pouvoir aux Conseils ouvriers ! »
CHAPITRE I LES REPÈRES DE L’HISTOIRE HONGROISE

Une identité nationale précoce.
Ma famille est originaire de la région occidentale de la Hongrie que l’on appelle la Transdanubie.
Les Hongrois ont occupé à partir du IX e siècle la grande plaine du Danube et l’arc des Carpates qui l’entoure. Ils ont habité ces régions pendant 1000 ans. Ce pays offrait un ensemble très varié de conditions de vie et par sa situation géographique et au cours de l’histoire, elle est devenue le lieu de rencontre et le creuset de civilisations de pasteurs montagnards et d’éleveurs nomades.
Le début du XX e siècle a bouleversé cette géographie.
Aujourd’hui, la Hongrie a été réduite en effet en majeure partie à la plaine du Danube. Il s’agit du bassin du moyen Danube et de collines environnantes. A l’est du Danube, la grande Puszta (Nagy Alföld), au nord, la petite plaine (Kis Alföld) et à l’ouest, la Transdanubie (Dunántúl).
Que ce soit sur le plan géographique ou humain, ce territoire n’a jamais constitué un tout homogène. Au cours de son histoire, de très nombreux peuples y trouvèrent une patrie, d’autres y firent halte avant de poursuivre vers l’Ouest. Les Huns au V e siècle et les Avars au VI e tentèrent d’y former un empire. Seuls les Hongrois réussirent à y forger à la fin du IX e siècle un état politique cohérent et durable.
Pour moi, trois questions essentielles marquent l’histoire de mon pays : -la constitution très précoce d’un état et une question nationale permanente, - une domination féodale et nobiliaire sur la société jusqu’au milieu du XX e et une question agraire très importante, -la présence de la Hongrie dans tous les mouvements révolutionnaires qui ont traversé l’Europe avec en particulier l’organisation du peuple en Conseils en 1919, 1945 et surtout en 1956.

La Hongrie est l’un des plus anciens états de l’Europe :
Alors que l’Europe occidentale se déchire dans la dislocation de l’Empire de Charlemagne, un état magyar se constitue en 896. L’origine des tribus hongroises ou magyares ne fait plus mystère aujourd’hui : les Magyars, comme on me l’a appris à l’école, sont un peuple nomade d’éleveurs, cavaliers-guerriers de l’Oural septentrional. Ils se sont donné le nom eux-mêmes de « magyar », ce qui signifie 

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