Laura Secord : Une loyaliste d’exception
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Description

Laura Secord est considérée comme une héroïne de la guerre anglo-américaine de 1812. Née en 1775 dans le Massachusetts, elle déménage avec sa famille quelques années plus tard pour s’installer dans ce qui s’appelait alors le Haut-Canada. Elle y fondera sa propre famille. Obligée d’héberger des officiers de l’armée américaine, elle apprendra par hasard qu’une attaque imminente s’apprête à être menée contre les Anglais. Elle décide alors de
prévenir ces derniers, marchant pour cela près de vingt heures sans s’arrêter.
Son intervention portera fruit puisque les Anglais, prévenus, remporteront ainsi la victoire. Son rôle ne sera reconnu que bien des années plus tard, en 1860.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 03 novembre 2015
Nombre de lectures 1
EAN13 9782924309575
Langue Français
Poids de l'ouvrage 2 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0019€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

LAURA SECORD
Une loyaliste d’exception
LAURA SECORD
Une loyaliste d’exception
Direction éditoriale : Angèle Delaunois Édition électronique : Hélène Meunier Adjointe à l’édition : Aline Noguès

Illustration de la couverture : Sybiline Illustrations intérieures : Adeline Lamarre

Conversion au format ePub : Studio C1C4

© 2015 : Sonia K. Laflamme et les Éditions de l’Isatis

Collection Bonjour l’histoire n o 16 Dépôt légal : 4 e trimestre 2015 Bibliothèque nationale du Québec Bibliothèque nationale du Canada Catalogage avant publication de Bibliothèque et Archives Canada

Laflamme, Sonia K.
Laura Secord, une loyaliste d’exception
(Bonjour l’histoire ; 16) Pour les jeunes de 10 à 12 ans.
ISBN 978-2-924309-56-8 (imprimé) ISBN 978-2-924309-57-5 (EPUB)
1. Secord, Laura, 1775-1868 - Ouvrages pour la jeunesse. 2. Canada - Histoire - 1812, Guerre de - Ouvrages pour la jeunesse. 3. Héroïnes - Canada - Biographies - Ouvrages pour la jeunesse. 4. Pionnières - Canada - Biographies - Ouvrages pour la jeunesse. I. Sybiline, 1976- . II. Lamarre, Adeline, 1977- . III. Titre. IV. Collection : Bonjour l’histoire ; 16.
FC443.S4L33 2015 j971.03’4092 C2015-941442-3
Aucune édition, impression, adaptation ou reproduction de ce livre par quelque procédé que ce soit, ne peut être faite sans l’autorisation écrite des Éditions de l’Isatis inc.
Nous remercions le Conseil des arts du Canada de l’aide accordée à notre programme de publication et la SODEC pour son appui financier en vertu du Programme d’aide aux entreprises du livre et de l’édition spécialisée et du programme de crédit d’impôt pour l’édition de livres.
Sonia K. Laflamme

LAURA SECORD
Une loyaliste d’exception
4829, avenue Victoria Montréal (Québec) H3W 2M9 www.editionsdelisatis.com
*
Les mots d’époque suivis d’un astérisque sont expliqués dans le glossaire du dossier Laura Secord.
Fiche d’activités pédagogiques téléchargeable gratuitement depuis le site www.editionsdelisatis.com
INTRODUCTION


E n 1773, les États-Unis ne comptent que treize États, qu’on appelle les Treize colonies. Toutes placées sous le contrôle britannique, elles supportent de moins en moins l’emprise exercée par l’Angleterre, entre autres dans le domaine commercial. Depuis plus de dix ans, la métropole* taxe les échanges commerciaux des Treize colonies sans leur donner le droit d’être représentées au Parlement de Londres.
Lorsque le gouvernement britannique accepte que la Compagnie anglaise des Indes orientales* vende son thé à rabais qui plus est sans payer de taxe, un mouvement coordonné de protestation s’enclenche dans les colonies américaines. Les habitants de New York, Philadelphie et Charleston empêchent le déchargement des navires britanniques transportant du thé en Amérique et les obligent à s’en retourner avec leur cargaison. Déterminés à faire comprendre au Parlement que les colonies ont leur mot à dire dans leur administration, une soixantaine de colons, surnommés les Fils de la Liberté, profitent de la nuit du 16 décembre 1773 pour monter à bord des trois bateaux ancrés dans le port de Boston et jettent toutes les caisses de thé à la mer. Connue sous le nom de Boston Tea Party, cette rébellion est considérée comme l’un des événements déclencheurs de la guerre d’indépendance des États-Unis.
Les allégeances politiques divisent alors les colons américains en deux camps bien établis : les patriotes* s’opposent aux loyalistes* (ou Tories*). Lorsque la guerre éclate en 1775, chaque Américain doit choisir son parti et défendre ses convictions en prenant les armes.
Ce conflit, qui s’échelonne jusqu’en 1783, marque la naissance des États-Unis d’Amérique en tant que république*, puisque les patriotes en sortent vainqueurs. Que deviennent les loyalistes ? D’un nombre estimé à près de 500 000, seuls environ 60 000 d’entre eux quittent les États-Unis. Les trois quarts décident de rejoindre le Canada, tandis que les autres s’en retournent en Angleterre ou partent s’installer dans les Antilles britanniques.
À cette époque, le Canada est une colonie britannique. Il est peu développé et se compose principalement de deux immenses territoires : le Haut-Canada et le Bas-Canada. Le premier correspond à peu près à l’actuelle province de l’Ontario et le deuxième, à celle du Québec.
Afin de peupler le Haut-Canada placé sous sa responsabilité, le premier lieutenant-gouverneur du Haut-Canada, John Graves Simcoe, favorise l’établissement des Anglais, mais aussi celui des loyalistes américains. Environ 10 000 de ceux-ci traversent ainsi la frontière pour développer l’Ontario.
Bien que l’indépendance des États-Unis soit reconnue lors de la signature du traité de Paris*, le 3 septembre 1783, l’Angleterre continue de s’ingérer dans les affaires de son ancienne colonie en adoptant différentes stratégies.
Dans un premier temps, la métropole opère un blocus dans les ports d’Europe. Elle intercepte les navires américains et les force à demeurer en haute mer. Cette tactique empêche ses deux ennemis, les États-Unis et la France, de communiquer entre eux et d’entretenir leurs échanges commerciaux, ce qui les prive de revenus considérables.
Dans un deuxième temps, les Britanniques profitent de ce blocus pour faire prisonniers les marins américains qu’ils considèrent comme des déserteurs de la Marine royale. Dans l’esprit des Anglais, les Américains sont toujours des sujets de la Couronne !
Enfin, au grand dam de la nouvelle république américaine, la Grande-Bretagne pousse l’affront jusqu’à prendre le parti des Amérindiens dans les revendications territoriales de ces derniers.
Si les États-Unis formulent de nombreux griefs* à l’endroit de l’Angleterre, celle-ci ne change en rien ses stratégies et s’entête à mener la vie dure à son ancienne colonie. Pour se faire entendre et respecter, les Américains n’ont d’autre choix que d’intervenir. À leurs yeux, l’invasion du Canada présente l’avantage singulier d’affaiblir la Grande-Bretagne sans avoir à guerroyer de l’autre côté de l’Atlantique. De plus, les États-Unis estiment que la prise du Canada est non seulement une conquête logique, puisqu’ils souhaitent prendre le contrôle de tout le nord du continent, mais surtout facile puisque la majorité des troupes britanniques participent au même moment en Europe aux guerres napoléoniennes*. Le Canada compte donc sur très peu de soldats de métier pour protéger une longue frontière et défendre un vaste territoire.
Pour ces raisons, le 18 juin 1812, les États-Unis déclarent la guerre à l’Angleterre avec la ferme intention de mettre la main sur sa plus grande colonie en Amérique, le Canada.
Chapitre 1
UNE ENFANCE SOUS LE SIGNE DE LA GUERRE


— Je vais rejoindre les rangs de la milice* ! annonça Thomas Ingersoll en rentrant un soir chez lui. L’indépendance réclame l’aide de tous les patriotes.
La déclaration ne surprit pas Elizabeth, sa femme. Comme bon nombre d’habitants des Treize colonies, il nourrissait de mauvais sentiments envers l’Angleterre, la mère patrie. Le désir de vivre au sein d’une nation libre occupait son esprit depuis fort longtemps.
— Fais attention à toi, lui répondit-elle en déposant la main de Thomas sur son ventre qui tendait de plus en plus le tissu de ses robes. Tu as maintenant une famille…
Il le lui promit, la gratifiant d’un tendre baiser sur son front.
Nommé capitaine, Thomas Ingersoll s’absentait souvent afin de combattre les loyalistes, ennemis de la république. Les troupes patriotes défendaient la cause de l’indépendance de manière impitoyable. Elles capturaient des loyalistes, les emprisonnaient ou les tuaient. Elles saccageaient et brûlaient les maisons et autres bâtiments leur appartenant.
C’est dans ce climat d’incertitude que Laura Ingersoll vit le jour en septembre 1775, à Great Barrington, au Massachusetts, quelques mois seulement après le début de la guerre d’indépendance des États-Unis. Son enfance fut marquée par les nombreuses allées et venues de son père Thomas.
Quand elle le voyait sur le point de partir, la fillette accourait toujours pour l’embrasser.

— Pourquoi tu ne portes pas le bel uniforme bleu, papa ?
— Je te l’ai souvent expliqué, Laura…
À cette époque, le gouvernement siégeant à Washington n’offrait un uniforme qu’aux soldats de métier qui composaient l’armée américaine. La milice, elle, était constituée de fermiers, de commerçants et autres hommes qui s’en allaient combattre avec leurs propres vêtements. Comme plusieurs miliciens et minutemen*, Thomas Ingersoll enfilait une redingote de chasse avec épaulettes par-dessus une chemise et un long gilet garni de boutons d’étain. De longues chaussettes blanches se rattachaient, au genou, à un haut-de-chausse*.
Laura se mit à rire en plaçant sur la tête de son père un tricorne. Le chapeau de feutre noir complétait ses habits de capitaine. L’homme se redressait et effectuait alors un salut militaire auquel elle répondait par une révérence. Il ajustait son matériel de camp sur son dos puis, d’un geste ample et circulaire, faisait tournoyer son long mousquet* qui venait se poser sur son épaule droite.
— Prends bien soin de ta maman.
— Promis ! lançait-elle avec entrain.

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