Notre fille s appelle Delphine
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Notre fille s'appelle Delphine , livre ebook

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Description

Après 40 ans de silence, elle a choisi de témoigner en son âme et conscience. Maintenant. Pas avant. Car elle ne souhaitait pas lever totalement le voile sur son histoire d’amour passée, tant que le roi Albert II était toujours sur le trône. Aujourd’hui, Sybille de Sélys Longchamps a rejoint publiquement le combat mené par sa fille, Delphine, aujourd’hui en pleine procédure judiciaire, pour que soit reconnue sa filiation.

Pendant plus d’un an, Eric Goens, journaliste sur VT-4, a interviewé la femme pour laquelle le Prince Albert aurait souhaité quitter Paola, gagnant petit à petit sa confiance. Le portrait de famille qui en résulte, diffusé sur RTL-TVi les 4 et 11 septembre prochains et publié dans cet ouvrage, nous offre un tout autre éclairage sur cette histoire. Dans l’intimité de sa maison en Provence ou lors de ses séjours à Uccle, la baronne s’est confiée face caméra sur cette relation interdite, dont la fin aurait provoqué la dépression d’Albert, qui avait déjà demandé le divorce. Car si, à l’époque, Albert n’a finalement pas quitté Paola pour elle, selon Sybille, c’est en raison de conditions alors imposées au Prince par le pouvoir en place, qui restreignaient fortement son droit de visite sur ses propres enfants.

Eric Goens, qui ressort de l'aventure « convaincu que Sybille connaît Albert mieux que quiconque », se défend de proposer un ouvrage voyeuriste. "Ce n'est pas la petite histoire du boucher du coin, il s'agit quand même de notre Roi! »



"Le 22 février 1968, Sybille accouche à l'hôpital Edith Cavell d'une fille, Delphine. Albert assiste d'une certaine façon à cette naissance, non à l'hôpital, mais dans dans sa voiture, tournant nerveusement dans le bois de la Cambre."

"Ce ne fut pas une simple aventure, mais bien une relation qui a duré vingt ans. Après la naissance de Delphine, Albert et Sybille sont partis habiter à Knokke. Le cercle intime savait qu'il formait un couple : ils jouaient au papa et à la maman. Quand Sybille a déménagé à Londres, une ligne téléphonique a spécialement été installée entre sa maison et le palais. Le téléphone était dans sa chambre, et comme lui et Paola faisait chambre à part depuis 10 ans, il était ainsi sûr qu'elle ne le découvrirait jamais."

Sujets

Informations

Publié par
Nombre de lectures 5
EAN13 9782507051952
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0060€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

NOTRE FILLE S’APPELLE DELPHINE
Eric Goens Notre fille s’appelle Delphine © WPG Uitgevers België, édition originale parue sous le titreOnze dochter heet Delphine, 2013. © Renaissance du livre pour la version française, 2013. traduction française: anne-laure vignaux mise en pages: cw design édition : géraldine henry imprimerie: laballery (france) isbn: 978-2-507-05171-6 dépôt légal: D/2013/12.763/48 Droits de traduction et de reproduction réservés pour tous pays. Toute reproduction, même partielle, de cet ouvrage est strictement interdite.
ERIC GOENS
Notre fille s’appelle Delphine
Table des matières
Introduction
Panne de bateau Le miracle de la forêt de Soignes Le divorce Dolce Paola Cardinal autruche Grand-père n’est plus roi Les rois de la peur Bobonne dans les orties Docteur Jivago Cahier photos
Introduction Je lui ai demandé si elle accepterait de collaborer à un documentaire sur la vie du roi et la sienne. Ce ne serait pas un énième reportage superficiel, mais sa version des faits à elle, qui est peut-être l’une des rares personnes qu’Albert ait réellement connues, si pas la principale. Sans détour, ni souci du colloque singulier, en toute franchise. Cette question remonte à il y a un an et demi. Elle a hésité, douté, tergiversé. Longtemps, très longtemps même. Elle m’a demandé à plusieurs reprises de lui accorder le temps de la réflexion, repoussant sans cesse la décision finale, parfois de plusieurs semaines. Elle n’était ni orgueilleuse, ni rancunière, m’a-t-elle expliqué. Cela n’avait donc pas de sens de briser le grand silence après quarante ans. Elle n’avait aucune envie de se venger, et moins encore d’apparaître comme l’ex-maîtresse qui veut se venger. Bien sûr, il lui arrive de critiquer durement l’homme qui a bousculé sa vie et qui, par moments, a même joué avec celle de leur fille, mais quelqu’un qui s’est tu pendant quarante ans ne peut être subitement pris par un accès de rancœur. Fâchée, elle l’avait toujours été et le resterait, avec des hauts et des bas, mais elle ne l’était ni plus ni moins aujourd’hui qu’il y a dix ou vingt ans. Finalement, elle a donné son accord, définitif. « Je le fais », a-t-elle répondu d’un ton décidé, presque à l’improviste, un an avant l’abdication soudaine du roi. Elle avait rédigé elle-même un document, à signer sur place, comprenant deux conditions liées au timing : rien ne serait diffusé ou publié avant qu’Albert ne se retire ou ne décède. De plus, personne ne pouvait être mis au courant de sa démarche. Même sa propre fille n’en serait informée que le moment venu. La première disposition peut paraître un peu macabre, mais elle ne fait que nous renforcer dans la conviction que Sybille n’avait aucune envie de prendre enfin sa revanche, que ce qu’elle voulait avant tout, c’était raconter son histoire. C’est sa petite histoire, dira-t-elle à plusieurs reprises, mais même une petite histoire a droit à une grande vérité. Pendant quarante ans, les autres avaient parlé d’elle, souvent pour dire les pires énormités. À présent, il était temps de donner sa version des faits, sa réponse en quelque sorte. Lemercredi3juillet,jairejointavecmoncaméramanlevillagedeVillecroze,dansleMidide la France, à une heure de Nice, où la baronne habite une splendide propriété. Ce serait le tout dernier jour de tournage, ainsi que nous l’avions expressément décidé trois semaines plus tôt. Comme elle l’avait déjà dit à plusieurs reprises, elle trouvait ça éreintant, ces longues heures d’interview, le fait de fouiller dans un passé toujours pas digéré, d’être continuellement filmée. Pour nous guider, elle nous attendait à l’entrée de son village, à l’angle du premier et sans doute de l’unique carrefour, vêtue de blanc immaculé. C’était une apparition d’une rare élégance. Elle attendait depuis longtemps déjà, près d’une heure et demie. Ce jour-là précisément, le Tour de France avait traversé Villecroze, provoquant les encombrements que l’on devine. Il faisait 35 degrés et elle était légèrement essoufflée quand elle est venue à notre rencontre, encore dans l’ignorance de la nouvelle qui était tombée une demi-heure plus tôt en Belgique. D’emblée, je lui ai dit, caméra au poing, qu’Albert devait annoncer sa décision d’abdiquer deux heures plus tard. Incrédule, elle a secoué plusieurs fois la tête, trouvant même, à la longue, cette « plaisanterie » légèrement déplacée. Ce n’était pas vrai ! Mais finalement, l’incrédulité a fait place à la consternation.
L’ambiance a été bizarre, ce jour-là. Une ère prenait fin de façon abrupte. Elle ne le verrait jamais plus, elle en était à présent sûre. Malgré tout, l’idée n’était pas pour la réjouir. Ce livre n’a pas de prétentions historiques, il est bien trop personnel pour cela. C’est le récit d’une femme qui a, pendant dix-huit ans, partagé amour et souffrance, petits et grands secrets avec le sixième roi des Belges. Ainsi qu’une fille. À l’abri des regards, derrière un mur de silence et d’hypocrisie. Ce n’est pas une banale histoire d’amour, mais l’histoire de la femme qui a durant deux décennies pesé sur les faits et gestes du prince et futur roi. Celle pour qui Albert était prêt à quitter non seulement son épouse, mais aussi son pays. Sybille de Sélys Longchamps a aujourd’hui 72 ans. Mariée, divorcée, mère célibataire, remariée, veuve. Plus ou moins dans cet ordre. En permanence aux côtés d’un homme riche et puissant. Mariée d’abord avec la Belgique de papa, dans laquelle l’élite francophone avait encore toutà dire, puis avec la haute société anglaise. Pourtant, c’est aussi une femme libre, amusante et enthousiasmante. Et surtout, une femme du monde, tout sauf ordinaire. À titre personnel, elle ne souhaite plus publier de livre. Elle en a écrit un, pourtant, sur l’avis même de son thérapeute, dans l’espoir de se distancier quelque peu d’un passé bien trop agité. Le pire conseil qu’on lui ait jamais donné, dit-elle. C’est pour cela que ce livre, elle l’a enterré. Littéralement enterré. Comme je l’ai dit, une femme tout, mais alors tout sauf ordinaire. Ceci n’est donc pas son livre, mais un livre à son sujet. Parce que son histoire et sa vérité, petites ou grandes, ont également le droit de parole. Eric Goens
Panne de bateau C’était l’été 1966. Au début juillet, précise-t-elle. Elle a beau avoir 72 ans aujourd’hui, le film de sa vie défile avec une surprenante netteté dans sa mémoire. Dates, noms, dialogues, vêtements portés ce jour-là, tout ressurgit. Comme si cela s’était passé la veille, ou au pire, dans quelques cas, l’avant-veille. L’été 1966, donc, quelques mois avant qu’elle ne considère son mariage avec le richissime Jacques Boël, magnat wallon de l’acier, comme appartenant définitivement au passé. Son père, le comte Michel François de Sélys Longchamps, vient de l’appeler. Il occupe le poste d’ambassadeur à Athènes. Veuf depuis plus de vingt ans, il vit dans une grande solitude. Il s’est cassé la jambe, a-t-il dit au téléphone. Sa fille – la deuxième de ses six enfants, trois garçons et trois filles – ne voudrait-elle pas venir séjourner quelque temps à Athènes, pour s’occuper de lui ? Quelques heures plus tard, Sybille se met en route. Le plus loin possible de Jacques Boël, avec la jambe cassée comme alibi parfait pour une sortie temporaire, qu’elle espère même définitive. Il y a longtemps que ce n’était plus un mariage mais «a living hell», racontera-t-elle plus tard. Elle n’est pas à l’ambassade depuis une heure que son père lui annonce une autre nouvelle. « Le prince Albert vient loger ici ce soir avec son cousin. » Les deux hommes ont échoué dans le port du Pirée suite à une avarie au moteur de leur bateau. Paola est restée dans un petit hôtel sur la côte, ou ailleurs. Dolce Paola ne prend pas ses engagements de mariage au pied de la lettre, il y a longtemps que la jet-set européenne le sait. Sybille ne peut s’empêcher de sourire en racontant leur première rencontre. Une histoire digne du meilleur roman de gare, qui va bouleverser complètement sa vie. Elle a 24 ans, bientôt 25, lui vient d’en avoir 32, et tous deux ont déjà à leur actif un passé amoureux particulièrement agité. Contrairement à Albert, elle souhaitait digérer sa déception dans le calme, dit-elle. Mais il ya l’annonce de son père : le prince Albert vient loger. Sa vie aurait été tout autre sans cette nouvelle, qui ne lui fait en rien plaisir sur le coup : « J’ai pensé : au nom du ciel, faites que cela n’arrive pas. Je venais de quitter Jacques Boël, je ne voulais voir personne, surtout pas des hommes. » Et surtout pas des hommes avec la réputation d’Albert. Un coureur de jupon invétéré, tout ce dont elle n’avait pas envie. Elle raconte l’épisode avec verve et force détails : « Je m’entends encore dire littéralement à mon père : “Papa, ce cousin, je veux encore bien aller le chercher, mais Albert, ça non.” » Effectivement, Sybille se rend au port et revient avec le neveu italien. Albert arrive quelques minutes plus tard… en taxi. C’est dire son enthousiasme initial. Pourtant, dès qu’Albert entre dans l’ambassade, elle est déroutée, avoue-t-elle. « Dès qu’il m’a saluée, j’ai senti qu’il ne me laissait pas indifférente. Pire, il me troublait. Et inversement. Ce sentiment était réciproque, cela a tout de suite été clair. Et j’ai aussi senti qu’il n’était pas bien dans sa peau. » Le lendemain, elle accompagne Albert sur les quais pour évaluer l’état du bateau. La réparation prendra deux, maximum trois jours, leur annonce-t-on. Albert semble ravi. « Immédiatement, il me dit : “J’ai envie de sortir ce soir. Vous m’accompagnez ?” »
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