Palmier et fleur de Lys
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Palmier et fleur de Lys

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Description

De cultures et pays différents, Caroline et William, après avoir vécu leur relation à distance pendant quelques années, sont enfin réunis dans un même pays pour pouvoir s’aimer en toute liberté. Malgré l’adaptation et les difficultés, ils suivent le chemin de leur cœur pour lequel ils étaient destinés. Ils en sont convaincus.
Grâce à son coach de l’hiver, William, qui vient curieusement du Sud, Caroline apprendra, entre autres, à vivre en quatre saisons en utilisant l’éveil de ses 5 sens. William, quant à lui, apprivoisera ces mêmes saisons pour la première fois, ainsi que le pays de ceux qui le visitent depuis plus de 25 ans dans le cadre de son travail comme guide touristique.
Au cours de votre lecture, vous découvrirez leurs moments A-H & AH! Ces lettres représentent leurs instants Amour-Humour, dont ceux de l’adaptation, mais aussi une façon d’admirer et d’apprécier leurs escapades ainsi que leurs moments de tendresse. Même si plusieurs de leurs pensées à l’état brut vous sont exprimées, c’est à vous, cher lecteur, d’user de votre imagination et de vous éveiller à la conscience qui vous entoure au quotidien seul, en couple ou en communauté au travers de leur cheminement.
Ce livre est un petit bijou humoristique, romantique et sensuel pour toute personne désirant intégrer des moments AH & A-H au sein de leur vie et plus encore…

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 16 mai 2020
Nombre de lectures 1
EAN13 9782925028185
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page €. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Catalogage avant publication de Bibliothèque et Archives nationales du Québec et Bibliothèque et Archives Canada.
William, Caroline 1972-
Palmier et fleur de Lys : Une histoire d’amour et de moments A-H & AH !
Roman québécois et histoire d’amour véridique.
ISBN : 978-2-925028-05-5 (version papier)
ISBN : 978-2-925028-06-2 (version pdf)
© Copyright 2019, Caroline William. Tous droits réservés pour tous les pays. Aucune partie de ce livre ne peut être reproduite sous quelque forme que ce soit sans la permission écrite de l’auteure. Tous droits de traduction, de reproduction et d’adaptations réservées.
Écrit par : Caroline William
Révision et rédaction préliminaires : Suzie Champagne, Édito Extra
Révision officielle et remaniement du texte : Éliane Cayer, Cahiers Marins
Accompagnement à l’écriture : Suzie Champagne
Conception graphique de la couverture :Art Info Graphik
Infographie et mise en pages : Lynda Geoffroy, Art Info Graphik
Crédit photo de la 4 e couverture : William de la Cruz
Dépôt légal — Bibliothèque et Archives Canada, 4 e trimestre 2019
Dépôt légal — Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 4 e trimestre 2019
Éditeur : Escapade Répit Bonheur
164, rue Nicole
Saint-Jérôme (Québec) J 7Y 3T9 Canada
Téléphone : 514 771-6483
Site web : www.escapaderepitbonheur.com

De la même auteure
OSER rêver voyager aimer
Biographie et développement personnel.
Saint-Jérôme. Escapade Répit Bonheur, décembre 2018.
À tous ceux et celles qui ont trouvé l’amour à l’étranger et qui doivent passer à travers plusieurs étapes pour pouvoir s’aimer en toute liberté.
À mon père, mon mentor, celui qui m’a appris à aimer, écrire et lire.
La vie m’aura donné quarante-six belles années avec toi. Merci beaucoup papa !
« Faites de votre vie des moments A-H & AH ! »
(Caroline & William.)
Avant-propos !
Dans ce livre, nous vous racontons notre histoire en parlant avec notre cœur. Certaines de nos pensées les plus profondes, comme l’est la mer, vous seront indiquées par un symbole de palmier et de fleur de Lys. La partie méconnue, soit le choix de suivre notre cœur, est représentée par celui de notre couverture émergeant de la mer comme notre amour. Celle dans laquelle on a nagé pour y arriver, et ce, en surfant ensemble sur les vagues que sont les épreuves de la vie au lieu de se faire frapper par elles, comme le dit si bien John P. Strelecky, l’auteur de la série de livres Le Why café 1 .


Écrire est une magnifique planche de surf pour moi !
Si vous êtes de ceux pour qui on a été un numéro de dossier ou un sujet de discussion, sachez que notre pays, parfois en pénurie de bonheur, est en pénurie de main-d’œuvre dans plusieurs domaines. Dites-vous que l’amour n’a pas de nationalité ou de religion, encore moins de statut social, et que c’est dans le cœur que l’on trouve le véritable bonheur.



L’amour est universel !
Si vous êtes de ceux qui se réjouissent du bonheur des autres, s’en inspirent et OSENT féliciter les gens pour leur accomplissement personnel et professionnel tout en les encourageant positivement dans leur évolution, ce livre vous fera du bien, nous en sommes convaincus. Si davantage de gens étaient dans cette catégorie, le monde se porterait mieux et davantage d’humains réaliseraient leurs rêves… Mais la peur, notamment celle de l’opinion des autres, devient trop souvent le cimetière de nos rêves.



Si vous partagez vos rêves avec ceux qui sont capables de rêver, ils se réaliseront. C’est la raison pour laquelle notre histoire et nos livres ont vu le jour !
Bonne lecture,
Caroline et William


1 STRELECKY, John P., Le Why Café, Édition Dauphin Blanc, mars 2014.
« Nous sommes comme des îles séparées en surface, mais reliées par le fond. »
(W. James - Michèle Chevreux)
Introduction
C’était le 26 mai 2018. J’étais à l’aéroport de Montréal. Mon cœur battait la chamade. J’avais les mains moites. Je retenais mes larmes. Mon pouls augmentait au même rythme que les tensions de la dernière année diminuaient, une à une. Le jour J était enfin arrivé ! On avait tant rêvé de ce moment, se demandant parfois s’il n’arriverait jamais. Mais là, c’était vrai, l’écran indiquait ARRIVÉE !
Oui, il était arrivé, lui qui, avec ses qualités et sa culture, avait changé ma vie et ma vision de celle-ci. Contrairement à bien d’autres qui allaient ouvrir leur cellulaire à l’atterrissage, nous, on ne s’était pas parlé depuis hier, un peu comme on le fait la veille d’un mariage traditionnel. On avait appris par la force des choses à faire durer le plaisir et l’on savait très bien que ce l’on s’apprêtait à vivre allait être digne d’une des meilleures scènes de film d’amour, celle pour laquelle on voudrait faire rewind bien souvent. Ce que nous étions sur le point de vivre, c’était un moment clé du scénario de la vie que nous nous étions créé.
J’étais excitée, fébrile, mais à la fois effrayée, car ce mot ARRIVÉE signifiait également un nouveau DÉPART, celui d’une vie à deux au quotidien et non plus à distance comme on le vivait depuis trois ans maintenant. Une nouvelle vie à deux êtres avec deux cultures et un mode de vie opposé.
Pour moi, s’agirait-il vraiment d’une adaptation culturelle ou tout simplement d’un retour vers la simplicité dans laquelle on vivait il y a à peine quelques décennies ? Celle dans laquelle j’étais née, soit riche de valeurs humaines et non de biens… Serait-il dépassé, choqué par notre façon de vivre ?
Comme un volcan en éruption (je suis et je m’assume en tant que femme passionnée), je savais maintenant que c’était au travers de ce qui pourrait éclater que prendraient forme nos moments A-H & AH !, inspiré du livre Mes Moments ah-ah 2 , de John P. Strelecky. Ce livre, je l’avais reçu en cadeau avant de prendre l’avion pour le voyage où j’allais justement commencer ma relation avec William, au mois de janvier 2015.
Ces moments nous ont permis de passer à travers ceux plus difficiles avec de l’amour et de l’humour, les transformant en moments de bonheur justement. Une des belles synchronicités est que c’est dans les pages prévues à cet effet à la fin de ce livre que j’ai écrit ma première lettre d’amour à William. Quatre ans plus tard, nous vous partageons, au travers de notre livre, la suite de cette lettre qu’il a toujours d’ailleurs dans son portefeuille.
L’homme pour vivre ma vie était sur le point de traverser, enfin, la ligne d’arrivée. C’était tout ce qui compte ! Pour comprendre ce que ça signifiait pour moi, permettez-moi de commencer au tout début, soit là où je m’étais arrêtée lors de l’écriture de mon premier livre…


À mes yeux, il y a une différence entre rencontrer l’homme de sa vie et rencontrer l’homme pour vivre sa vie. Parfois, on vit un grand amour sans pouvoir vivre au quotidien ensemble ou même faire évoluer cet amour, car on le vit de façon différente sans y trouver un équilibre.


2 STRELECKY, John P., Mes Moments ah-ah, Édition Dauphin Blanc, décembre 2014.
Les saisons qui précèdent son arrivée...

Je constatai que mon dernier séjour auprès de William datait de juillet dernier. En raison des nombreuses démarches et aux coûts reliés à chacune des étapes, nous avons décidé d’attendre le visa que nous espérions avoir pour célébrer la période des fêtes au Canada ensemble. Même si ce délai relevait du miracle, nous aimions y croire, l’espoir étant l’essence de ce processus de plus d’un an.
Ce processus débuta en 2016. N’étant séparés de nos conjoints respectifs qu’au sens de la loi, nous devions divorcer afin d’avoir tous les papiers requis pour se marier. Cela comprenait ceux pour faire la demande auprès des deux paliers gouvernementaux, pour passer l’examen médical, pour émettre son casier judiciaire et mes preuves de voyages. Même nos preuves d’amour allaient avoir un pouvoir décisionnel à ce niveau, vu qu’une entrevue pouvait être demandée au besoin.
Mais étant sans nouvelles depuis l’envoi de notre dossier, mis à part la réception de notre numéro, car c’était ce que notre amour était devenu, je partis le rejoindre pour accueillir la nouvelle année. Celle dans laquelle nous allions être réunis pour vivre notre amour dans un seul pays, sans savoir quand exactement.
Peu avant mon départ, nous avons eu la belle surprise de recevoir l’acceptation d’une étape importante, soit celle du parrainage. C’était un peu comme un cadeau de Noël ! Chaque étape, petite ou grande, nous remplissait de joie et ce fut en attente des autres étapes que je pris l’avion après plus de cinq mois sans se voir autre qu’au travers d’un écran. Maintenant, il ne manquait que les nombreuses démarches fédérales pour avoir la liberté de nous aimer au quotidien.
Mon cœur battait la chamade lorsque j’atterris pour la douzième fois dans son pays pour recharger les batteries de notre amour et ce fut encore une belle surprise qui m’attendait de l’autre côté des douanes de l’aéroport…


J’étais là à attendre ma princesse en rose, que je n’avais pas tenue dans mes bras depuis 5 mois déjà, en sachant que bientôt, nous ne formerions qu’UN!
Ma vie en rose à Cuba
En effet, il m’attendait de l’autre côté avec son sourire habituel et ses yeux au regard amoureux, mais aussi avec un chauffeur de taxi ayant une auto rose, sachant mon amour pour cette couleur. Dans ce carrosse, il m’amena dans ce qui était pour moi un rêve que je désirais réaliser depuis ma lecture du livre Mange prie aime 3 , soit de me retrouver dans son appartement des derniers mois.
Avec son magnifique sourire qui illuminait son beau visage au teint basané, tout comme son corps d’athlète grâce à son seul moyen de transport, le vélo, il ouvrit avec galanterie la portière de mon carrosse rose, prit ma valise et ma main et me dit :
— Bienvenue dans notre maison de l’amour pour dos semanas, mi amor.
— Ça augure bien déjà de l’extérieur. Je suis en amour avec cet endroit magnifique !
— Attends de voir l’intérieur, tu vas adorer.
— Est-ce que tu vas m’en laisser le temps chéri ? J’en doute ! dis-je amoureusement, impatiente que ses splendides bras athlétiques m’entourent et m’amènent au septième ciel.
Après avoir vécu nos moments tendres avec un mélange de passion, où nous tentions à chaque fois de rattraper le temps que nos corps avaient perdu, je pus admirer cet appartement. C’était une réplique plus petite que celui dans lequel Elizabeth Gilbert avait séjourné en Italie dans le film. Un secret bien gardé du centre-ville de Santiago, situé à quelques pas de la cathédrale. Au bout d’une cinquantaine d’escaliers, de deux paliers et d’un corridor étroit et sombre, nous étions arrivés dans un magnifique loft situé sur le toit d’un immeuble. Ici, il n’y avait pas d’eau chaude. C’était donc au chaudron qu’on la réchauffait et on se lavait à la chaudière. Cet appartement n’avait rien d’un 3 étoiles, ni même d’un 2, mais j’étais si heureuse de me retrouver avec mon partenaire de rêve que je m’en fichais. Je savourais simplement le plaisir de pouvoir à nouveau le serrer dans mes bras.
La cuisine, à aire ouverte, procurait une vue incroyable sur la ville et le monde. On y voyait même la chaîne de montagnes Sierra Maestra au loin. Nous entendions les voisins, dont la célébration du pasteur d’en bas qui avait lieu deux fois par semaine. Durant son discours, une vingtaine de personnes répondaient alléluia à chaque fin de sermon, mais c’était parfois si intense que je ne pouvais pas retenir mon fou rire ou m’empêcher d’embarquer dans leur chant similaire au Gospel.
De cet appartement, qui était aussi un observatoire sur la ville, on y entendait les enfants et les adultes rire, les chiens japper. Comme tous les samedis, il y avait plus d’ambiance. Cuba, c’était tout cela et bien plus à la fois ! Voilà ce que j’aimais de ce pays, celui où je me sentais chez moi, mais aussi moi-même dans les bras de mon amoureux. Peu importe où l’on s’était rejoint au cours des trois dernières années, Varadero, La Havane, l’hôtel où il travaillait, en casa particular ou dans la familia, ici c’était différent. C’était ici que je vivrais une expérience pour la première fois depuis que nous étions ensemble et celle-ci se déroulerait le matin du 31 décembre…


Elle est là, ma femme. Je l’observe. Elle admire le paysage. Je me demande bien à quoi elle peut penser… Bientôt, ce sera moi qui découvrirai de nouveaux paysages magnifiques…

En observant les paysages qui m’entourent lors de mes séjours auprès de William, je suis souvent silencieuse. Il a vite compris que dans ces moments-là, je ressens un immense bonheur intérieur.
Mon premier jour de l’an dans sa ville
Après que nous nous soyons fiancés lors d’une escapade à La Havane le premier janvier 2017 dans un immeuble de plusieurs étages du quartier Chinois sans fenêtre, seulement éclairée par la lumière provenant de la cour intérieure, pour la première fois ce matin-là, je me réveillai en ce 31 décembre avec une vue sur la ville et les montagnes au loin en entendant des centaines de porcs du quartier être égorgés. Pour ces derniers, la veille fut leur dernier jour de vie. Cette partie du processus de leur tradition ne m’enchantait guère, au point de demander à William de mettre de la musica pour camoufler leurs cris. Par contre, en cette journée du jour de l’an très fêté ici, il était bien agréable de commencer à sentir leur cuisson dans les différentes maisons du quartier, de même que l’odeur des feux servant à les faire cuire.
Donc, pendant que le porc cuisait d’un côté de la cour de mon beau-père, il en était de même pour les biscuits de l’autre. De belles odeurs, combinées à celles des nombreux arbres fruitiers et des fleurs, firent le bonheur de mon sens de l’odorat. C’était si bon de se retrouver ici ! Je passai un Jour de l’An auprès d’eux, comme si j’étais leur propre fille. Le lendemain matin, mon beau-père fut tout fier de me dire :
— Good morning, Caroline.
Pour le souper, nous nous étions rendus chez sa mère, ses parents étant séparés depuis fort longtemps, pour célébrer avec le reste de la familia , dont ses deux garçons de 17 ans et 23 ans. Tout ce bonheur commençait bien l’année, mais une ombre surviendrait dans les jours à venir.
Le courriel du Canada à Cuba
Comme cadeau du Nouvel An, le trois janvier au matin, nous avons reçu tardivement par courriel une convocation à l’examen médical, l’une des dernières étapes du processus (du moins, dans la façon qu’il s’était déroulé pour nous). Nous n’avions qu’un mois pour procéder et il devait se rendre à La Havane, située à l’autre bout de l’île. Tout heureux de constater que notre dossier progressait enfin, William se rendit compte d’une erreur de frappe et ce fut avec une grande déception que nous avons appris devoir attendre après la correction de celle-ci. Selon eux, c’était une question de semaines. Découragée, ce fut en pleurant de rage que je lui dis :
— Je n’en peux juste plus de ce processus et de ces papiers !
— Je comprends, amor , mais on n’a pas le choix.
— Je sais, mais c’est si frustrant. La personne qui a fait cette erreur de frappe derrière son clavier n’a même pas idée de l’impact que cela peut avoir sur nos vies !
— Oui, mais il va falloir passer au travers des conséquences…
— Oui et des dépenses aussi !


À quoi bon paniquer ? Dans les mauvais moments, il en ressort toujours du bon dans ma vision des choses.

William est d’une résilience qui m’impressionne. Il voit toujours le bon côté des choses, même si le bon vient toujours plus tard dans ma vision des choses.
Donc, de nouveau, on faisait un pas en arrière dans ce jeu de serpents et échelles dont la case finale s’appelait VISA. Je comparais cette situation à un lancer de dés puisqu’en fréquentant et en échangeant avec d’autres personnes confrontées au même processus, je pris conscience que ce dernier variait fortement d’un dossier à l’autre. Tout comme le jeu de serpents et échelles, à chacune des étapes, on pouvait avancer vite, dégringoler tout aussi rapidement ou faire du surplace. Ceci nous faisait gagner, bien malgré nous, des semaines de plus sans être réunis et nous perdions espoir d’arriver à la case finale. Ce jeu jouait surtout sur notre moral et ébranlait notre couple. Pour certains, cela devenait trop lourd et ils abandonnaient la partie, faisant malheureusement triompher la bureaucratie. Suite à cette nouvelle, nous étions allés faire une thérapie à la mer !
Malgré mes nombreux séjours, pour différentes raisons, jamais l’occasion ne s’était présentée de refaire un tour de catamaran. Ce matin, je dus insister, car les vents n’étaient pas favorables, trop peu en fait. Donc l’aller se fit avec une belle brise, mais le retour fut plus mouvementé. À quelques reprises, nous avons dû pousser notre catamaran pendant qu’au même moment, au Canada, les gens poussaient leurs autos dans la neige. Je préférais être ici à pousser un catamaran dans des eaux cristallines et à recevoir des gouttes d’eau salée sur mon visage au lieu de flocons de neige fondante. Plus tard, William préférerait l’inverse aussi, mais pour le moment, il était impatient de connaître les joies de l’hiver. Il n’avait aucune idée de ce qui l’attendait et ce fut sur cette pensée que l’on retourna dans notre petit nid après quelques jours sur son lieu de travail.


Ça doit être magnifique de contempler toute la végétation du Canada recouverte de blanc l’hiver…
Nos cinq sens
Pour vous mettre en contexte, pendant que j’écrivais notre premier livre, il cuisinait. Donc, j’écrivais en me délectant de la vue des montagnes, de la ville et de lui en train de cuisiner. J’en profitais également pour humer tout ce qu’il préparait, puis je lui dis avec beaucoup d’intérêt :
— Chéri, je pense que j’ai la réponse à ta question.
Il se retourna, tout en gardant un œil et une main sur sa cuisson.
— Quelle question ?
— Celle à propos du pourquoi on aime la culture latine et les hommes latinos !


Hum ! Enfin, ma femme semble avoir trouvé la réponse à la question que je me pose parfois.

Ah ! Il vient s’assoir face à moi, intrigué par ce que je m’apprête à lui dire.
— Parce que vous savez mieux que quiconque vivre au quotidien en utilisant vos cinq sens et en stimulant ceux des autres. Vous savez comment toucher, parler, écouter, regarder et même sentir dans tout ce que vous faites, et ce, en utilisant un ou plusieurs sens à la fois.
— Oui, c’est ce que nous faisons de façon naturelle, mais tout le monde a ce potentiel amor, non ?
— Oui, mais dans le tourbillon de la vie, beaucoup de gens oublient qu’ils l’ont ce potentiel justement. On doit se procurer des livres, des tableaux et des collants de phrases inspirantes pour nous rappeler de le faire.
— Caroline, c’est ma façon de vivre et ça ne changera pas, même quand je vivrai avec toi !


C’est quoi cette idée de devoir avoir des écrits sur ses murs pour se rappeler ce qui est si simple ?

Il va comprendre après quelques mois dans notre rythme de vie qu’on a besoin de ces petits rappels.
— Tes intentions sont bonnes de ne pas vouloir changer, mais tu devras t’adapter à beaucoup de choses au quotidien.
— On verra. Je devrai m’adapter dans un contexte différent du mien tout en conservant mes valeurs, au même titre que deux personnes qui vivent nouvellement ensemble doivent s’adapter.
— Toi, tu me fais déjà évoluer en tant qu’être humain avec ta façon de voir les choses. Je t’aime…
Au moment de terminer cette discussion, il me donna une tape dans la main en signe de complicité et vint compléter le tout avec le sens du toucher, soit un tendre baiser tout en me flattant le dos et en me disant à l’oreille : « Te amo » . Puis, il rajouta : « Je suis fière de ma femme » et il retourna à ses chaudrons, moi à mon clavier.
Juste à le regarder, mes sens étaient stimulés. Après cette grande conversation importante, il fut difficile de reprendre là où j’en étais rendue. Lors de nos séjours précédents, tant de fois j’avais interrompu sa cuisson et tassé ses chaudrons pour faire place à la passion, qui allumait chaque fois plusieurs de mes sens ! Un jour, il faudrait bien que je rassemble tous ces souvenirs remplis de sensualité et d’érotisme, ces instants où je mettais mon sixième sens à l’œuvre…
Le sixième sens
Notre sixième sens, une qualité ou une aptitude bien développée chez plusieurs personnes, est celui de la créativité. En fait, c’était ainsi que, d’une certaine façon, j’avais gagné son cœur dans nos premiers temps. Autant à distance qu’en personne, j’avais établi des scénarios et envoyé des images telles qu’un rallye photo pour son anniversaire de 48 ans dont il se souviendrait longtemps même si nous étions séparés de corps.


Mon sixième sens nous aura permis d’être plus proches que bien des couples qui vivent ensemble au quotidien.
Parfois, sans se rendre au bout de l’idée, je m’exprimais et, croyez-moi, avec la complicité que nous avions créée, je ne censurais plus aucune de mes idées. Mais au début de notre relation, je me disais « Il va me trouver folle ! »


C’est justement cette créativité et cette folie naturelle qui m’ont attiré chez elle.
En fait, nos moments les plus sensuels, qui pourraient se retrouver dans une romance érotique, survenaient en nature. Par exemple, pour ceux ayant vu le film Mange Prie Aime , contrairement à Liz, je n’étais pas repartie dans mon Habitation après avoir vu mon ange aller nu dans la mer en m’y invitant. Ceci étant dit, au risque d’en décevoir, mon mari n’avait pas la danse dans le sang. Donc, ce n’était pas en dansant qu’il m’avait charmée…
Et parlant de charme, pendant ces vingt-cinq ans, je n’aurai pas été la seule qu’il aura charmée de diverses façons en termes d’amitié, lui qui était tellement apprécié par sa clientèle. Je ressentais parfois un sentiment de culpabilité passager, car plusieurs de ces personnes que je croisais, dont certaines étaient devenues de très bonnes amies, étaient heureuses de le retrouver chaque année ici. Certaines venaient même passer l’hiver ici tandis que d’autres revenaient deux fois par hiver. C’étaient ces mêmes personnes qui lui avaient appris sa base de français et d’italien, parlant l’anglais avec elles la plupart du temps. Indirectement, en lui parlant de problèmes de stress, financiers ou de santé, elles l’avaient préparé, sans le savoir au cours des 25 dernières années, à la vie qui l’attendait ici.


Certains d’entre vous se posent la question : a-t-il charmé d’autres femmes que moi ? À ces gens, je leur réponds que je suis tombée amoureuse de son présent, non pas de son passé. On devrait tous penser ainsi au début d’une nouvelle relation, car j’ai moi-même un passé. Si je suis ici avec lui, c’est que je sais plus que jamais ce que je veux et ce que je ne veux plus, de même pour lui. On a évolué à travers les expériences précédant notre rencontre.
Les différences des commodités, de la notion du temps et de la météo
J’aurais pu appeler ce passage la qualité de la vie , mais ce terme me paraissait discutable. Par exemple, j’adorais notre appartement ici. C’était toute une logistique pour l’approvisionnement en eau, partant de l’aqueduc de la ville à un réservoir sur notre toit, puis dans un bac de plastique où nous y puisions l’eau au chaudron selon nos besoins. Tout était une question de perception. Je le regardais faire en lui disant : « C’est compliqué » même si j’appréciais les côtés rudimentaires de notre appartement.
— Qu’est-ce qui est compliqué, chérie ? Ça prend que 15 minutes par jour !
— Le temps, voilà ce qui est compliqué. On a de la misère à en avoir au Canada.
— C’est juste parce que vous ne le prenez pas ! Si c’était vraiment important vous prendriez le temps ! Mais tout est à votre disposition et vous connaissez très peu le manque.


Difficile d’accepter sa façon de penser. J’y résiste, car le chapeau me fait !

Le temps. Toujours le temps ! C’est quoi, les journées ont 18 heures au lieu de 24 au Canada ? Vous en auriez 30 que vous feriez pareil !
Dans la 2 e semaine de ce 12 ième séjours, il y eut une vague de froid qui se poursuivit ici, faisant chuter la température à 20 ° Celsius sans le facteur vent. Eh oui, sans le facteur vent, car la cuisine de notre appartement était ouverte sur la ville, donc c’était impossible de se couper du vent. Frileuse, je portai un chandail en laine polaire et des bas dans mes sandales, alors qu’il se promenait en culottes courtes et appréciait cette température !
— Décidément, nous ne sommes pas nés dans le bon pays, toi et moi. Je suis fait pour vivre au Canada et toi ici.
— Dis-toi que c’est une pratique pour le Canada !
Vu de même, grâce à la connexion Internet, j’en profitai pour lui montrer de nombreuses photos sur Facebook de tempêtes de neige et des écrans météo. Rien à faire. Il n’était pas découragé. Je lui dis qu’au Canada, le sujet numéro un des gens, surtout quand on ne sait pas de quoi parler, est la température.
— Je sais, même quand vous êtes ici, c’est comme ça. Vous parlez toujours de la température au Canada !


Il fait frette au Canada ! Je l’ai entendue souvent celle-là, avec quelques jurons en plus.
Il me dit que quand il sera au Canada, il essaiera tous les sports d’hiver : le ski, la raquette, la marche, etc.
— Je ne fais pas de sports d’hiver.
— Maintenant, ça va changer. Tu vas voir…
— Bien ! Si tu arrives à me faire apprécier l’hiver, je pense que tu pourrais devenir mon coach hivernal, dis-je en riant.


L’ère du coaching est devenue si populaire chez nous !
— Que veux-tu dire par coach ?
— Depuis quelques décennies, mais surtout au cours des dernières années, plusieurs types de services de coaching ont vu le jour. De vie, de santé, de nutrition, d’affaires et j’en passe.
— Vous n’êtes pas capable de faire ça vous-même ! Ça vous prend de l’aide ?
— C’est comme cela, amour, mais tu es et tu seras mon coach de vie. Tu m’aides à prendre des décisions importantes, à vivre le moment présent et à prendre plus soin de moi.
— Oui et je le serai encore plus une fois auprès de toi.


Je vais être son coach, c’est certain. Pourquoi avoir besoin de tous ces gens pour se motiver ? La motivation commence par soi-même, non ?
Oui, il serait bientôt auprès de moi. Ce n’était qu’une question de mois et non d’années maintenant, du moins nous l’espérions. Ce fut avec cette pensée en tête que je le quittai sans savoir quand nous allions nous revoir. Je rédigeai ce texte dans l’avion pour me libérer, car pour la douzième fois en trois ans, je regardais dehors par le hublot avec le cœur gros, avec l’envie de sauter en parachute rose. Le moment le plus pénible était toujours celui où les roues décollaient du sol en laissant une partie de mon âme sur la piste. Un bref instant, je me demandai pourquoi je l’avais laissé ouvrir mon cœur, ce même cœur qui souffrait en ce moment. Plus on avançait dans les nuages, plus mes émotions gagnaient en intensité ! Dans ces moments-là, j’avais besoin d’écrire, car le faire me donnait le courage de traverser la suite du chemin qui nous attendait. À chaque séjour, je me rapprochais de notre destination : la liberté de pouvoir nous aimer au quotidien. Auprès de mon clavier ou de mon papier, je trouvais le réconfort et j’écrivais les mots qui hantaient mon esprit.
LA LIBERTÉ D’AIMER N’EST PAS SIMPLE LORSQU’ON TROUVE L’AMOUR À L’ÉTRANGER…
Une succession de bureaucrates détient le pouvoir de faire en sorte que, par leur action (ou carrément leur inaction), on ne voit jamais le jour où il sera possible de vivre un amour en un lieu commun, et non à distance.
EN D’AUTRES MOTS, DES HUMAINS ont le pouvoir d’être inhumains, de juger, de prolonger les délais et de prioriser des dossiers autres que celui de l’amour par l’intermédiaire d’une entrevue, comme pour un emploi, où il faut fournir un « curriculum vitæ amoureux », des preuves de notre passé, de notre présent, de notre futur, des dates, des faits, des photos, etc.
COMBIEN DE COUPLES VIVANT DANS LE MÊME PAYS ne se formeraient pas si tout cela leur était demandé, alors que des couples trouvent chaque jour le courage et les ressources de réaliser toutes ces démarches pour vivre leur amour au quotidien ?
LE FAIT DE VIVRE DANS L’INCERTITUDE ET L’ATTENTE, sans aucune marche à suivre claire, alors que tout change sans cesse, au point qu’il faille parfois recommencer entièrement, où les journées, interminables semaines et parfois mois de silence injustifiés deviennent une souffrance mentale et physique N’A PAS LIEU D’ÊTRE!
CE QUI A LIEU D’ÊTRE, CEPENDANT, c’est d’avoir la liberté d’aimer, d’avancer et de grandir à travers cet amour plutôt que d’en souffrir, et ce, peu importe la nationalité, la culture, l’âge ou le statut social, de chacun.
Dernière étape du processus
Le 14 février, quelques jours après avoir finalement passé l’examen médical à la Havane, nous avions reçu comme cadeau de St-Valentin un courriel d’instructions pour son arrivée au Canada. Bien heureux de cette bonne nouvelle, on se dit que nous serions bientôt réunis ! Oui, cette lettre nous exemptait de toute entrevue parce qu’on croyait en notre amour ! Mais les résultats médicaux allaient prendre de trois à quatre mois pour être reçus au Canada. Eh oui ! Comble de malchance, il y eut un problème d’envoi par voie électronique et ce sera par valise diplomatique que les résultats prendraient l’avion.

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