Architecture :
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Description

Cet essai relate l'affaire accablante du quartier des Poètes à Pierrefitte où, après avoir frôlé le succés, la lutte des habitants et des architectes n'a pu empêcher le pire obscurantisme : la démolition par la classe politique tout entière d'un quartier de 440 HLM récents et exemplaires sur les plans écologique, social et esthétique dont le seul défaut était d'abriter 90% de gens du Sud.

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Publié par
Date de parution 01 mai 2011
Nombre de lectures 176
EAN13 9782296812956
Langue Français
Poids de l'ouvrage 4 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0005€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Architecture: Joli mois de mai quand reviendras-tu ?
Questions Contemporaines Collection dirigée parJ.P.Chagnollaud, B.Péquignot etD.Rolland
Chômage, exclusion, globalisation… Jamais les « questions contemporaines » n’ont été aussi nombreuses et aussi complexes à appréhender. Le pari de la collection «QuestionsContemporaines » est d’offrir un espace de réflexion et de débat à tous ceux, chercheurs, militants ou praticiens, qui osent penser autrement, exprimer des idées neuves et ouvrir de nouvelles pistes à la réflexion collective.
Derniers ouvrages parus
AndréCHAGNON,Malades et médecins : pour mieux se comprendre,Eux et nous, 2011. PhilippeDELOIRE,Et si la France disait oui à l’Europe, 2011. Jean MONTANIER etAlainAQUILINA,Violences, loi du silence, loi du plus fort, 2011. Dominique ROTH,Economie et psychanalyse.Le progrès en question, 2011. Claude OBADIA,Les lumières en berne ?Réflexion sur un présent en peine d’avenir., 2011 Levent ÜNSALDI,Le développement vu deTurquie, 2011. Maurice T. MASCHINO,CetteFrance qu’on ne peut plusaimer, 2011. Véronique WASYKULA,RMI: vous devez savoir, 2011. AntoineBRUNET,Jean-PaulGUICHARD,LImpérialisme économique. Lavisée hégémonique de la Chine, 2011. Louis R. OMERT,LeSursaut.Essai critique, social et philosophique, 2011. Jean-PierreDARRÉ,De l’ère des révolutions à l’émancipation des intelligences, 2011. Jean-PierreLEFEBVRE,Pour une sortie de crise positive,Articuler la constructionautogestionnaireavec le dépérissement de l’État,2011. Jean-RenéFONTAINEetJeanLEVAIN,Logementaidé enFrance, Comprendre pour décider, 2011. Marc WIEL,LeGrandParis, 2010. TheurietDireny,Idéologie de construction du territoire, 2010.
Jean-Pierre Lefebvre
Architecture: Joli mois de mai quand reviendras-tu ?
L’Harmattan
© L’HARMATTAN, 2011 5-7, rue de l’École-Polytechnique ; 75005 Paris http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-296-55318-7 EAN : 9782296553187
Nostalgie romantique ou constat de déshérence ?
Avant de rassembler ces quelque trois années de commentaires architecturaux et urbains, j’ai été pris d’un doute. N’ai-je pas consacré trop de place à la démolition du quartier des Poètes à Pierrefitte pour la simple raison que j’en avais été le constructeur ?Comme auGrand Paris qui me ramène à la première moitié de ma vie sur l’aval des bords de Seine ? J’ai donc résolu de feuilleter à la librairie du Moniteur livres récents et revues : peut-être s’était-il passé cette année de par le vaste monde quelque résurrection qui m’ait échappé ? Découvrir un rien d’architecture est un des plaisirs les plus rafraîchissants qui soit et on ne peut avoir raison seul contre tous quand bien même le statut d’imprécateur peut ne pas manquer de charme.Des milliers d’étudiants apprennent chaque année auprès de centaines de professeurs émérites l’architecture dans une vingtaine
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d’écoles, autant l’urbanisme dans une autre vingtaine d’instituts auprès d’autres centaines de professeurs émérites. Il est impossible que cet immense effort de l’intelligence nationale n’aboutisse à quelque impalpable floraison dans nos villes et nos campagnes. Un coup d’œil fugace depuis l’inextricable lacis des autoroutes, ne révèle-t-il pas dans le Tsumani de pavillons et de plots affligeants de médiocrité, un bâtiment industriel joliment troussé dans son bardage métallique pimpant voire une gentille audace formelle (façade décalée et bien percée, cylindre, escalier extérieur, chapeau à visière, etc.), un collège ne va-t-il témoigner par ci par là d’un attendrissant effort de faire moderne (ou post) au moyen du copié collé des revues in ? N’a-t-on pas avancé un peu, n’arrive-t-il pas que le paysage perde un peu de son insupportable vulgarité ? La culture diffuserait ainsi lentement par le biais patient de façades mieux fonctionnalistes, de dessins orthogonaux aux deux dimensions un peu plus soignées, héritées duCorbusier ou de Mallet-Stevens… Un effeuillage rapide m’a comme chaque année consterné. Sans doute peut-on contester une méthode de sondage si peu rigoureuse mais il est bien ingrat d’affliger son regard en restant en apnée dans l’horreur industrielle et mercantile : attitude aussi masochiste que de scruter la file de reno-pijo uniformément laides en sortie de chaîne comme au long des trottoirs…Dans les revues, en dehors de quelques parallélépipèdes de luxe qui contrastent avec des natures agrestes, la série épouvantablement rigide et pauvre des boîtes prolifère sur les cinq continents dans une morne répétition qui s’aggrave fatalement avec la densité des bâtiments.Force est de me replonger dans les eaux délétères de la vitupération en dépit de la lassitude qu’elle finit par engendrer. Je veux me convaincre pourtant que l’architecture est une discipline autonome qui suit une histoire artistique
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propre sans être mécaniquement inféodée à l’économie et à la lutte des classes comme l’affirmait un peu simplement Engels au siècle avant dernier dans sondroitau logement. L’Europe capitaliste, démocratique et libérale sur tout son territoire, exhibe cependant de fortes différences sur la place et la valeur des architectures nationales, entre la Scandinavie, l’Autriche d’une part et l’Allemagne, la France ou l’Italie, de l’autre, au détriment de ces dernières. Comment expliquer la belle anomalie deGraz, où l’architecture tient une place considérable sinon comme une bizarrerie culturelle sur fond de patriotisme provincial (contre la prédominance viennoise) ? Idem Pour les Basques ou lesCatalans, quand bien même ils s’appuient moins sur la richesse de concepteurs compatriotes comme enAutricheDomenig, Siskowycz, Kowalski, etc.A chacune de ces percées s’est déroulée une histoire autonome de la spécificité artistique, une tradition s’est forgée qui a mieux résisté à la pression réductrice du bulldozer économique.
EnFrance même, le secouement de la tutelle archaïque et réactionnaire des prix de Rome qui épousait si bien la férocité profiteuse desBouygues naissants, a suscité entre 1960 et1981, une floraison féconde d’architectures inventives et vivantes : Parent, Renaudie, Schein, Lay, Friedmann,Gailhoustet, Kalouguine, Simounet, puis Buczkowska, Porro,Gaudin,Borel,Brunel et tant d’autres épousaient peu ou prou la vague de progrès social et culturel qui balayait laFrance... Rien à voir avec l’amas de fausses gloires et de rois tous nus du hit parade contemporain de l’insignifiance, illustré par les scandaleux derniers grands prix formatés à l’IFA, lesEquerres du Moniteur, les sommaires d’AMC, les rubriques d’Edelmann et les cours d’architecture, depuis trente ans imperturbablement obséquieux au tout venant !
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C:omme j’ai tenté de le dire dans Faut-ilbrûler les HLM?(L’Harmattan, 2008), la création architecturale est affrontée en première ligne aux deux hydres qui dévastent le pays et que les cohortes de mai 68 avaient si bien identifiées : le mercantilisme capitaliste et la bureaucratie étatiste, instrument du premier qui lui ajoute ses propres tares parasitaires.
La Sodédat 93, cette expérience d’écologie urbaine (Le Linteau,1999) que j’ai pu mener vingt ans en Seine Saint-Denis pour les collectivités communistes, en soutenant la pointe de l’architecture créative du moment, notamment nombre de jeunes et valeureuses équipes, a dû combattre violemment ces deux fléaux. Nous n’avons pas toujours gagné, quand bien même le bilan (voir ci après) témoigne de la possibilité de renverser absolument les tendances principales à l’étouffement, à la médiocrité del’antiville dont parle Henri Lefebvre où la valeur d’échange efface toute valeur d’usage.Avec le soutien d’élus portés alors par une vague idéologique positive, elle a pu ouvrir à une urbanisationproxémiqueplutôt queprothétiquequi décalque le système de stockage des humains sur la forme des réseaux de desserte de l’urbanisation,comme le dit jolimentFrançoiseChoay. J’ai tenté de définir l’édification de la ville comme une triade dialectique entre le maçon, l’habitant et l’architecte, selon le poème d’Hundertwasser, qui sont devenus aujourd’hui, les trois secteurs, de l’économie, de la politique et de la création. La théorie du chaos énonce qu’une contradiction ternaire n’a pas de solution linéaire. L’économie de marché toute puissante a en effet digéré les deux autres facteurs, résolvant ainsi la contradiction aporétique.En dehors de quelques objets de haut luxe, appuyés sur laCAO, le modèle imposé, qu’on ne discute plus nulle part, est la boîte, laquelle permet le confort des dirigeants des très
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