Conscience historique et devenir des Etats africains
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Comment et en quoi la réflexion sur la théorie de l'Histoire et de l'Etat de Hegel peut-elle éclairer les peuples africains et leurs Etats, aujourd'hui plongés dans une crise profonde ? Cet ouvrage aborde de manière systématique et critique la pensée hégélienne de l'histoire et de l'Etat en y faisant ressortir les enseignements qui peuvent aider les peuples africains et leurs Etats à la réinvention de leur conscience historique et à la construction d'une destinée libératrice.

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Date de parution 15 novembre 2016
Nombre de lectures 20
EAN13 9782140023132
Langue Français
Poids de l'ouvrage 2 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0005€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Comment et en quoi la réflexion sur la théorie de l’Histoire et de l’État de Hegel peut-elle éclairer les peuples africains et leurs États, aujourd’hui plongés dans une crise profonde ?
Cet ouvrage aborde de manière systématique et critique la pensée hégélienne de l’histoire et de l’État en y faisant ressortir les enseignements qui peuvent aider les peuples africains et leurs États à la réinvention de leur conscience historique et à la construction d’une destinée libératrice.
Il intéressera non seulement les professeurs, les étudiants en philosophie de l’Histoire, philosophie du droit et philosophie politique, mais également, de manière plus large, tous ceux — politologues, juristes, historiens, etc. — qui peuvent être intéressés par la pensée de Hegel et soucieux d’un changement démocratique dans les États africains.
Etudes africaines
Série Histoire
Justelle M K
Consciencehistoriqueet devenir des Étatsafricains
Unelecturecritiqueetprospectivede la conception hégélienne de l’Étatetdel’histoireappliquéeàlasituationpolitiqueafricaine
PréfacedeGilbertGérard
Collection « Études africaines » dirigée par Denis Pryen et son équipe
Forte de plus de mille titres publiés à ce jour, la collection « Études africaines » fait peau neuve. Elle présentera toujours les essais généraux qui ont fait son succès, mais se déclinera désormais également par séries thématiques : droit, économie, politique, sociologie, etc.
Dernières parutions
Alhousseini MOULOUL,Les Touaregs du Niger.Chroniques des années de braises,2016.Emmanuel KAMDEN,Innovation entrepreneuriale et développement durable en Afrique : défis et opportunités,2016. Albert B. KALONGA LUSE-LUA-NZAMBI,Désarmement, démobilisation et réintégration des enfants-soldats. Échec au Sud-Kivu ?, 2016. Zakaria FADOUL KHIDIR,Anthropologie des populations tchadiennes. Les Béri du Tchad, 2016. Célestin HITIMANA,Rwanda : deux siècles de crimes contre l’humanité, 2016. Maximin Lucien DA,La noix de cajou, levier de développement local au nord-est de la Côte d’Ivoire, Contribution au développement socialement durable, Cas du district du Zanzan : Gontougo et Bounkani, 2016. Ousmane KOUANGBE HOUZIBE,L’impasse démocratique en Afrique francophone : le cas du Tchad. Les dimensions juridiques, politiques et institutionnelles de la démocratisation en Afrique subsaharienne, 2016. Titi PALE,Les femmes victimes de la guerre civile ivoirienne. Récits d’atrocités et (auto) reconstruction, 2016. Blaise SARY NGOY,La problématique de l’émergence des économies africaines, 2016. Maurice M’BRA KOUADIO,Les religions ancestrales des Akan de Côte d’Ivoire. Ethnographie des pratiques contemporaines, 2016. Benoît KOUAKOU OI KOUAKOU,La réussite paradoxale à l’école. Quand réussissent des élèves africains qui avaient peu de chance de réussir, 2016. Patrick DEVLIEGER, Jori DE COSTER, Lambert Nieme, Léon MBADU-KHONDE,Handicap et technologie en contextes africains, 2016. Djilali BENAMRANE,Sankara, leader africain, 2016. Ladji BAMBA,La contrebande en Côte d’Ivoire. Le cas du district d’Abidjan, 2016. Ibou SANE, Jeau-Claude ANGOULA,Famille et politique en Afrique. Entre le meilleur et le pire, 2016.
CONSCIENCE HISTORIQUEET DEVENIR DES ÉTATS AFRICAINS
© L’HARMATTAN, 2016 5-7, rue de l’École-Polytechnique ; 75005 Pariswww.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-10131-6 EAN : 97823430101316
Justelle MATSITSAKIANGATAConscience historique et devenir des États africains Une lecture critique et prospective de la conception hégélienne de l’État et de l’histoire appliquée à la situation politique africaineL’HARMATTAN
Du même auteur
« Penser la différence des sexes : une question de justice » inUSAWA, nouvelle série, n°1, 2012, p. 85-93. « Valeurs à promouvoir pour une femme congolaise émancipée », inPensée Agissante, Revue semestrielles de l’Université Saint Augustin de Kinshasa, vol, 22, n° 41-42, jan.-déc.2014, p. 47-63. « Préservation et développement du patrimoine culturel congolais face au monde grec », inUSAWA, n°13, 2015. « Le peuple Burkinabè et la prise de conscience du respect inconditionné de la Constitution », inUSAWA, n°13, 2015. « Métaphysique yaka, pluralisme dans le mythe de l’origine du monde et de la mort chez le peuple yaka de la RDC », in USAWA, n°14, 2015.
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PRÉFACE
Qu’est-ce que Hegel peut apporter aux Etats africains de ce début de vingt et unième siècle ? Telle est la question qu’on ne manquera pas de se poser au seuil de cet imposant ouvrage. Et on sera, de prime abord, tenté de répondre : pas grand-chose. Tout d’abord, parce que, objectera-t-on, le monde de Hegel – celui de la fin dix-huitième début dix-neuvième siècle auquel sa pensée se réfère – n’est plus le nôtre et que les problèmes que celui-ci soulève, liés à la mondialisation et à la globalisation économique, sont de nature entièrement nouvelle et différente. Ensuite, parce que, pour ce qui est plus spécifiquement de l’Afrique, Hegel n’en dit pas grand-chose et que le peu qu’il en dit dans sesLeçons sur la philosophie de l’histoire est tout sauf flatteur et encourageant. Justelle Matsitsa n’ignore rien de ces difficultés en quelque sorte préjudicielles pour son entreprise et ne manque pas de les affronter. Elle sait tout d’abord qu’il y a un « contentieux » entre les Africains et Hegel qui risque de faire d’entrée de jeu obstacle à ce qu’ils pourraient par ailleurs tirer de sa pensée. Ne situe-t-il pas en effet les peuples africains dans les limbes de l’esprit conscient et de la civilisation en leur refusant toute entrée dans l’histoire proprement dite ? Assurément, et c’est à juste titre qu’il convient sur ce point de dénoncer, avec nombre d’intellectuels et de philosophes (pas seulement africains), une faiblesse de la pensée hégélienne de l’histoire. Mais ne faut-il pas, avec Justelle Matsitsa, aller plus loin ? Ne faut-il pas, en se référant aux principes mêmes de cette pensée, soutenir fermement que tout homme – en ce compris le philosophe, fût-il le plus génial – est « fils de son temps », tributaire de ce que celui-ci met à sa disposition en fait de perspectives et d’informations. Or, en ce qui concerne l’Afrique et plus précisément le cœur du continent africain que constitue l’Afrique noire, Hegel reconnaît lui-même explicitement qu’elle demeure à son époque largement, pour ne pas dire totalement inconnue. N’est-ce pas là avouer à mots couverts que la description qu’il en donne est sujette à révision et réévaluation et qu’on ne saurait en aucun cas figer son image sur la foi d’une documentation lacunaire et fragile ? Ceci étant acté, il faut alors en venir à la question principale soulevée par l’ouvrage de Justelle Matsitsa : quelle peut être la contribution de la pensée hégélienne de l’Etat et de l’histoire à une réflexion sur la situation actuelle des Etats africains ? Sa réponse tient en un mot : en ceci que Hegel, penseur par excellence de l’histoire, esten tant que telun penseur de lacrise. C’est en effet durant les périodes de crise, c’est-à-dire de déchirement et d’instabilité où le réel ne correspond plus à la demande de l’esprit, que l’histoire se manifeste et avance ; appel est alors fait à la créativité de l’esprit, à sa capacité de produire à partir de la situation présente qui pose
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problème des formes nouvelles du vivre ensemble au sein de l’Etat. Or la crise, voilà bien, constate Justelle Matsitsa, ce qui caractérise l’Etat africain postcolonial. Quelle attitude, se demande-t-elle alors, adopter face à celle-ci, une attitude qui soit à la fois rationnelle et réaliste dans le chef des peuples concernés ? Sa réponse fuse : tout sauf une attitude fataliste de renoncement et de résignation, source de mésestime de soi et de ressentiment à l’égard d’autrui. Se faisant attentive à l’enseignement de Hegel, elle entend au contraire soutenir que pareille crise, si elle est authentiquement éprouvée et réfléchie, renferme unechance pour l’Afrique, celle d’ouvrir de nouvelles possibilités et, ainsi, de s’affirmer comme véritable peuple spirituel, faisant sur ce point mentir Hegel lui-même. Mais, en lectrice perspicace du maître allemand qui ne se laisse pas prendre aux schémas simplificateurs qu’on applique trop souvent à sa pensée, elle sait également qu’il n’y a là rien d’automatiquement nécessaire : le message de Hegel n’est nullement qu’il suffit de se laisser porter par l’histoire comme par une providence qui en régirait inexorablement le cours – telle n’est pas la rationalité que Hegel reconnaît à l’histoire -, mais que, rien n’étant au contraire en elle écrit d’avance, il s’agit de lafaireétant avant tout l’affaire desagir » , cet « peuples eux-mêmes. Certes, il y a bien une nécessité du processus historique selon Hegel, mais il s’agit d’une nécessité qui est fondée sur laliberté, but et moteur de l’histoire dans son ensemble. Pareille liberté en appelle à la vigilance et à la responsabilité des peuples, c’est une liberté qui, consciente de la situation présente et du passé dont elle résulte, y découvre le ressort de possibilités nouvelles à même d’ouvrir un avenir inédit. Tel est ce que Justelle Matsitsa appelle « conscience historique » dans laquelle elle voit à juste titre une condition fondamentale d’un devenir meilleur pour les Etats africains. Ainsi, la description sans concession qu’on trouvera dans cet ouvrage de la situation de l’Etat africain actuel n’est en aucune façon le produit d’un esprit cynique et destructeur qui prendrait plaisir à noircir unilatéralement les choses; elle est au contraire soutenue par une volonté foncièrement positive et courageuse de contribuer à sa place et dans la mesure de ses moyens à une prise de conscience salvatrice. Car écoutons une fois de plus la leçon de Hegel : il n’est rien de véritablement positif qui ne soit passé par l’épreuve du négatif pour y puiser la ressource de son avènement. Cette leçon, nous pensons que Justelle Matsitsa l’a méditée avec profondeur pour l’appliquer au cas de l’Afrique.
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Gilbert Gérard Professeur émérite de philosophie Université catholique de Louvain
ÉPIGRAPHE
« L’Etat, ses lois, ses institutions sont les droits des individus de l’Etat ; sa nature, son sol, ses montagnes, l’air, les eaux constituent leur pays, leur patrie, leur propriété extérieure ; l’histoire de cet Etat, leurs actions et ce que leurs ancêtres ont produit, c’est leur propriété et vit dans leur souvenir. Mais si c’est leur propriété, ils en sont aussi possédés, car cela constitue leur substance, leur être. Leur représentation en est remplie et leur volonté est le vouloir de ces lois et de cette patrie. C’est cette totalité temporelle qui constitue un être, l’esprit d’un seul peuple. Les individus lui appartiennent ; chaque individu est le fils de son peuple et en tant que son Etat est en train de se développer, le fils de son époque ; nul n’est en retard sur son temps, encore moins le dépasse-t-il ; cette mentalité est sienne, il en est le représentant ; c’est là ce dont il sort et où il se trouve ».
G. W. F. HEGEL « L’unification des individus en un sujet collectif - le passage de « Je » au « Nous » -ne se limite pas à l’intervention de personnalités charismatiques. Les identités collectives peuvent être construites diversement, par les associations, les syndicats, les partis politiques, les institutions qui forment un « esprit objectif » au sens de Hegel, c’est-à-dire un « Je qui est un Nous », susceptible de fédérer une pluralité de personnes autour des valeurs, des traditions et de buts communs. L’action collective des individus est unifiée, coordonnée également par la vision qu’ils ont d’eux-mêmes, les termes par lesquelles ils choisissent de se désigner (« ouvriers », « femmes », « jeunes », « noirs », « peuples », etc.), et les figures qu’ils prennent pour modèle »
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C. BOUTON
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