Indo-chine
348 pages
Français

Indo-chine

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348 pages
Français

Description

Après les tomes I et II de Indo-Chine. Une histoire coloniale oubliée, l'auteur raconte le Viêt Nam divisé lors des accords de Genève de juin 1954, jusqu'après réunification d'avril 1975 et l'élimination des nationalistes du FNL. Il raconte de pair la guerre civile, l'épuration et, librement, l'histoire bouleversante contée pour lui par son amie franco-vietnamienne, une fille du Mékong, viêt công de fait, une indépendantiste éprise de liberté et de justice.

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Date de parution 31 mai 2018
Nombre de lectures 0
EAN13 9782140091919
Langue Français
Poids de l'ouvrage 10 Mo

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Exrait

Gérard Gilles EPAIN
Indo-chine Viêt Công
La guerre civile du Viêt Nam (1956-1975)
Une histoire coloniale oubliée
Indo-chine Viêt Công
Recherches Asiatiques Collection dirigée par Philippe Delalande Dernières parutions Joël GIRAUD,Vietnam, les ethnies minoritaires des hauts plateaux du centre. Histoire, mode de vie, avenir, 2017 Alain RIQUIER,L’Indonésie. De la préhistoire à la présidence de Jokowi, 2016. Gregor MULLER,Les « mauvais français » du Cambodge colonial, Les débuts du protectorat français et la vie de Thomas Camaran, 1840-87, 2015 Avòunado Ngwâma,La cour d’amour. La galanterie dans les contreforts orientaux de l’Himalaya, 2014. Jean-José SEGERIC,La Chine et le traité de Versailles (1919), une trahison occidentale, 2014. Nguyên Ba Thiên,La Cochinchine. Histoire d’une colonie française en Asie extrême, 2014. Claude HELPER,La politique des USA en Corée du Nord : un fiasco, 2014. Olivier LOUIS,Histoire du Pakistan jusqu’à nos jours, 2014.Jacques MAÎTRE,Li aprèscentral : renaissance de la vallée d’A Vit Nam les bombes américaines et l’agent orange (1961-2011), 2013. Jean-José SÉGÉRIC,Le Japon militaire, 2013. Barbara VAILLANT,Boat people vietnamiens, Entre mémoire et diaspora, 2013. Jean-Claude PIVIN,Les semailles des Kurus. Extraits choisis du Mahbhrata, 2012. LI Hong,La renaissance des campagnes en Corée du Sud 1960-2012, 2012. Marion FROMENTIN-LIBOUTHET,L’image du Laos au temps de la colonisation française (1861-1914),2012. Philippe GENDREAU,Pierre-Marie Gendreau, un missionnaire vendéen au Tonkin, 2012. Gérard Gilles EPAIN,;Indo-Chine, Découverte, évangelisation, colonisation Une histoire coloniale oubliée,Tome I, 2012. Gérard Gilles EPAIN,Indo-Chine, La guerre ; Une histoire coloniale oubliée, Tome II, 2012. Thach TOAN,Les Khmers à l’ère de l’hindouisme (20-1336 apr. J.-C.), 2012. Linda AÏNOUCHE,Le don chez les Jaïns en Inde, 2012. Quang DANG VU,Histoire de la Chine antique, tomes 1 et 2,2011. TAKEHARA YAMADA Yumiko,: histoire d’un conflit deJapon et Russie frontière aux îles Kouriles, 2011. Guy BOIRON,La Grande Muraille de Chine. Histoire et évolution d’un symbole, 2011.
Gérard Gilles EPAIN
Indo-chine Viêt Công La guerre civile du Viêt Nam (1956-1975)
Une histoire coloniale oubliée
Du même auteur chez L’Harmattan INDO-CHINE une histoire coloniale oubliée. Tome 1. Indo-chine.Découverte, évangélisation, colonisation Tome 2. Indo-chine.La Guerre Collection « Recherches Asiatiques », 2008, réédition 2012 .
© L’Harmattan, 2018 5-7, rue de l’École-Polytechnique, 75005 Paris http://www.editions-harmattan.fr ISBN : 978-2-343-14010-0 EAN : 9782343140100
Note pour le Lecteur  Ce manuscrit fait suite aux Tomes I et II de «Indo-Chine. Une histoire coloniale oubliée»,publiés chez l’Harmattan. Le lecteur pourra se reporter à ces ouvrages pour mieux saisir la genèse de la e guerre civile qui a ensanglanté le Vietnam au 20 siècle. Après la scission du pays à la fin 1954, l’auteur relate l’histoire, de la guerre fratricide entre les deux entités vietnamiennes, jusqu’à la réunification du pays en 1975. Au déroulement de la guerre, l’auteur a 1 juxtaposé les moments cruciaux de la vie de son héroïne Quynh Anh . Ce sont des extraits touchants des pages de vie évoquées, pour lui, par son amie To Nga, une femme vietnamienne remarquable qui fut engagée dès son plus jeune âge dans la décolonisation, puis dans la résistance au pouvoir sudiste. Elle vivra douze années de bonheur dans une famille unie, puis vingt années de séparation, de drames et de tourments.
Il lui dédie ce tome III
1 C’est un pseudonyme. D’autres noms utilisés par l’auteur ont été aussi volontai rement changés.
AVANT PROPOS
 
Le 9 mars 1954, après de longs débats à l’Assemblée Nationale, le gouvernement Français se décide à négocier une paix en Indochine. Deux mois plus tard, sitôt la désillusion de Diên Biên Phu, ne plus en tendre parler de la guerre est d’évidence le souhait de la majorité des Français de l’hexagone. Ils sont partisans d’un cessezlefeu dans la pé ninsule et ne voient guère plus loin que le bout de leurs nez. Le leitmotiv parisien à la mode est de se désengager rapidement après la bataille per due, marre de l’Indochine, marre desnhà quê, partir et laisser régler l’addition aux « Ricains », et peu importe le devenir de ces trois pays, qui sur l’heure, rejetaient la France. Envisager un futur en commun avec les peuples d’Indochine devenus indépendants, bien des natifs, indigènes et européens, le désiraient ardemment, sans compter des militaires restés amoureux fous de l’Indochine. Le Parti communiste qui applaudissait au départ de la France pensait avoir, par son sinistre engagement, réussi un coup de maître. Pour lui, le Viet Nam du camarade Hô Chi Minh, le nou veau grand timonier, faisait son entrée officielle dans la sphère socialo communiste des damnés de la terre ! Les closes du retrait français du Cambodge, du Laos et du Viet Nam seront entérinées lors des accords de Paris du 30 décembre 1954.La France du nouveaugouvernement Mendes,gavée de ressentiments,pouvaitpartir,s’enfuir à toutesjambes, grandeur perdue, dans l’indifférence générale de son opinion publique. Exception faite d’une brève période d’accalmie de quinze ans dans le royaume du Cambodge et dans le pays Lao, dans les deux ViêtNam, la Paix ne sera qu’éphémère. Une guerre civile larvée ne tardera pas à écla ter dans l’Etat sudiste entre nationaux au pouvoir et de farouches oppo sants, des natifs tombés sous le contrôle communiste de Ha Nôi. La Ré publique démocratique du Nord déçue des accords de Genève ne rêvait que de réunification pour imposer, dans la feue Indochine, l’hégémonie marxisteléniniste dont elle s’était faite l’égérie. M. MendèsFrance, syndic obligé d’une lourde faillite, avait tiré les conséquences de huit années d’erreurs et d’aveuglements. A Genève, il voudra agir vite. Les plénipotentiaires français et ceux du Viêtminh céde ront aux Russes, meneurs du clan communiste, le partage du Viet Nam au
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e niveau du 17 parallèle et le retrait du corps expéditionnaire français du Tonkin, l’abandon des populations, la fuite honteuse vers le Sud après cent quatre ans d’attachements réciproques, souvent généreux, parfois discutables. Son gouvernement, puis celui d’Edgar Faure, en refusant de s'accrocher à minima au Viet Nam, enlevaient à la France l’occasion d’y jouer encore un petit rôle humain et politique, d'y sauvegarder des inté rêts communs matériels et financiers en y maintenant les bases d’une coopération qui était souhaitable pour les deux communautés.
Le siècle de présence coloniale française en Indochine s’achevait de 2 la manière la plus médiocre que l’on puisse imaginer . Le « Ras le bol de l'Indochine » ressassé par les politiques, valait sans doute aussi pour l’Etatmajor général sclérosé. Cependant les souffrances endurées par les soldats et officiers du corps expéditionnaire furent telles qu’ils n’oublieront jamais ce mauvais conflit colonial dans lequel ils furent plongés et abandonnés par les politiques. Ils n’oublieront jamais les po pulations amies de ces trois pays d’Indochine, qui resteront viscéralement accrochées à leurs tripes blessées et à leurs mémoires longtemps consi gnées sur ordre de la grande muette. Sitôt l'enterrement vietnamien nos élus, des experts, réitéreront les mêmes bévues pour préparer allégrement les vêpres algériennes. « En pagaïe … couvrez ! »
L’indépendance préparée en 1945, sitôt notre retour en Indochine, par Jean Roger alias Sainteny et proposée en mars 1946, par le général Le clerc à un Hô Chi Minh décidé, sera critiquée et dévoyée. Puis la guerre dans laquelle les faucons politiques des deux camps s’engouffreront coû tera, en huit années d’affrontements sanguinaires, plus d’un million de vies détruites et le saccage du magnifique territoire Vietnamien.
Les pertes du corps expéditionnaire seront officialisées à 32 811 sol dats français, légionnaires, africains et nordafricains tués ou disparus et 45 246 blessés, dont 1 900 officiers. S’ajouteront à ces chiffres morbides, 46 000 vietnamiens, laotiens et cambodgiens tués, 40 000 blessés, soldats des armées associées, sans compter les milliers de partisans, supplétifs et maquisards indochinois. Ils furent plus de 172 000 soldats des forces françaises qui furent sacrifiés, morts et blessés, dans ce conflit. Chez le Vietminh…peutêtre deux fois, cinq fois, dix fois plus ? Le mutisme reste
2 Dans ses livres précédents: Tomes I et II de «Indo-Chine, une histoire coloniale oubliée» aux éditions l’Harmattan, l’auteur dit l’aventure coloniale française en Indochine. Il rapporte le passé vécu, étudié et vérifié, des récits reçus d’auteurs an ciens et d’acteurs encore vivants, en s’efforçant de ne pas juger d’une manière trop péremptoire, voire trop partisane…
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de rigueur chez les communistes où selon Giap, l’homme compte peu car la victoire n’a pas de prix! Le retrait des troupes, française et vietna mienne, par Haïphong vers le Sud, sera accompagné par des centaines de milliers de nationaux qui fuyaient le communisme, parmi eux six cent mille catholiques des évêchés du delta du Fleuve Rouge. Le 10 octobre 1954, un régiment vietminh reconstitué par de très jeunes recrues, d’enfants, baptisé régiment de Ha Nôi, entre dans la ville pour assurer la relève des troupes françaises.
En 1955, dans la nouvelle République Démocratique du Nord, une modeste représentation française de type consulaire sera confiée à Jean Sainteny, négociateur avisé, qui jusqu’en avril 1957, tentera de coopérer avec les dirigeants du Nord. Délégué général du gouvernement français, il fera de son mieux pour satisfaire le Nord tout en ne contrariant pas le Sud où le général Ely, dernier Commissaire Général, lui fera sans cesse des crocs en jambe. Rappelons que le général Ely avait ouvertement et 3 délibérément opté pour confier le Viet Nam aux EtatsUnis et il refusait de reconnaître l’existence d’une République Démocratique au Nord Viet Nam.A Paris l’Etatmajorgénéral, étaitparfaitement informé de l’ambiance délétèrequi régnait à Saïgonpar le seul fait du C.G Ely. Une note du S.R datée du mois dejuin 1955, relative au comportement du général Ely, disait: «Qu’il était affligeant depenserque le destin de la France ait été remis entre des mains aussi débiles, à un moment aussi crucial. Tous ceuxqui entendaient lesplaidoyersprononcés, ouplutôt balbutiéspar legénéral Ély, avant son départ, ressentaient une impres-sion pénible. L’air, le ton, le geste étaient ceux d’un grand malade.»
Sainteny était missionné, pour tenter de récupérer, au Nord, des inté rêts français négligés dans les accords de Genève. En soutenant la survie de quelques entreprises, avec leurs ingénieurs et techniciens, il disait vou loir établir une coopération entre les deux pays. Son idée était de créer des sociétés mixtes bénéfiques aux deux parties, qui éviteraient la faillite prévisible du Nord. Il ne pourra qu’assister à la liquidation des avoirs français tant l’aigreur à l’égard des possédants était grande. Tous les fac teurs politiques additionnés, en particulier notre adhésion à l’O.T.A.S.E, l’appui affiché de Ely au gouvernement MyDiem, (des américains et de Diem), de Saïgon et le refus d’accorder une représentation diplomatique nordvietnamienne à Paris, condamneront un envisageable rapproche
3  Des officiers ultras du corps expéditionnaire, tels Salan ou Ferrandi le patron du S.R français, de même que les coloniaux seront outrés du positionnement du général commissaire Ely.
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