L héritage des damnés de l histoire
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Description

La civilisation de surabondance matérielle, ne parvenant plus à "payer ses factures", est sur le point de faire basculer le monde dans des périls indescriptibles. A ce "tournant" de l'histoire, l'ancien Empire précolonial du Dahomey, peuple d'Afrique avec ses structures de solidarité et son mode de vie très respectueux de l'environnement terrestre, peut-il avoir un message à adresser à cette société industrielle ? C'est à cette interrogation que tente de répondre l'auteur.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 01 février 2011
Nombre de lectures 45
EAN13 9782296802636
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0005€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

L'Héritage des damnés de l'histoire
 
Points de vue
Collection dirigée par Denis Pryen
et François Manga-Akoa
 
Déjà parus
Marcel PINEY, Coopération sportive français en Afrique, 2010.
Cyriaque Magloire MONGO DZON, Pour une modernité politique en Afrique , 2010.
Thierry AMOUGOU, Le Christ était-il chrétien ? Lettre d'un Africain à l'Eglise catholique et aux chrétiens , 2010.
Thimoté DONGOTOU, Repenser le développement durable au XXIe siècle , 2010.
Martin KUENGIENDA, République, Religion et Laïcité , 2010.
Maurice NGONIKA, Congo-Brazzaville: 50 ans, quel bilan ? , 2010.
Dieudonné IYELI KATAMU, La musique au cœur de la société congolaise , 2010.
Mahamat MASSOUD, La Banque des États de l'Afrique Centrale , 2010.
SHANDA TONME, Analyses circonstanciées des relations internationales 2009 , 2010.
Alassane KHODIA, Le Sénégal sous Wade , 2010.
Gérard BOSSOLASCO, Éthiopie à la une. Journaux et publicités. 1865-1935 , 2010.
Jean-Célestin EDJANGUE, Les colères de la faim , 2010.
Jean-Célestin EDJANGUE, Cameroun : un volcan en sommeil , 2010.
Gilbert TOPPE,. Communication politique et développement en Côte d’Ivoire , 2010.
Alexandre WATTIN, Les détachements Hawk Épervier au Tchad 1986-1989 , 2010.
Essé AMOUZOU, Gilchrist Olympio et la lutte pour la libération du Togo , 2010.
Alexandre GERBI, Décolonisation de l’Afrique ex-française , 2010.
 
Joseph NLEBE-ETOO
 
 
 
 
L'Héritage des damnés de l'histoire
 
 
 
 
 
 
Fabrication numérique : Socprest, 2012
Ouvrage numérisé avec le soutien du Centre National du Livre
 
© L’Harmattan, 2011
5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique,75005 Paris
 
http://www.librairieharmattan.com
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr
 
ISBN : 978-2-296-54320-1
EAN : 9782296543201
 
Mesdames, Messieurs,
 
Depuis le mois de septembre 2008, la société industrielle, aux fondamentaux technocratiques et financiers, a révélé par un « crash » économique, son ahurissante fragilité, cachée sous une toute-puissance soutenue par des structures incroyablement injustes et prédatrices.
Il n'est pas nécessaire de réfléchir longtemps pour conclure que l'humanité, ployant sous les servitudes d'un tel système, doit s'en détourner radicalement.
Dans ce contexte historique d'une incomparable importance, le dialogue des cultures, tant de fois souhaité, mais établi unilatéralement sous la domination de la toute-puissance de la mentalité industrielle à productivisme illimité, devrait accorder leur juste place aux peuples jugés « en retard », bâillonnés et écrasés.
Ce sont les « damnés de l'histoire », présents surtout dans l'hémisphère sud, mais déportés dans des circonstances dramatiques en Europe et en Amérique du Nord.
L'auteur de ce projet est diplômé de l'université de Paris III ; chargé pendant quelques années, de dispenser une formation portant sur « LA SOCIÉTÉ TRADITIONNELLE D'AFRIQUE NOIRE » dans un Institut Catholique d'enseignement supérieur. L'ouvrage qu'il publie est la présentation de l'ancien empire précolonial du DAHOMEY, où la terre, propriété de la divinité, est l'objet d'un culte parce qu'elle est source de vie. Gérée sous l'autorité divine et la lumière de la sagesse ancestrale, la terre perçue par l'ancienne société dahoméenne n'aurait jamais pu être condamnée à mort comme elle l'est par la civilisation industrielle obligée de fermer des autoroutes si elle veut laisser à notre planète la chance d'être pour quelques années encore, un lieu où nous aurons la possibilité d'être « logés et nourris ». Cette culture africaine à la subsistance raisonnable excluant toute obsession d'abondance illimitée est une possible alternative.
 
Préambule
 
 
Il est facile d'imaginer que les excellents ingénieurs affectés à la recherche pour les armements (fabrication des sous-marins nucléaires, des avions de guerre toujours plus perfectionnés) soient reconvertis à la reconstitution de la banquise, des glaces polaires en rapide dégradation pour la sauvegarde de la terre réellement menacée de destruction.
Mais cela n'est qu'un rêve.
Pourtant, l'adversité que l'espèce humaine doit affronter à partir du 21e siècle sera le fait de devoir perdre ce merveilleux lieu de vie qu'est la Terre.
Pour diverses raisons, des personnes parfois respectables, y compris des savants « dissidents » (environ 3 % des effectifs d'hommes de science), refusent de croire à l'idée que la civilisation industrielle puisse être remise en question, ou soit à l'origine de la dégradation du climat.
Il est temps de considérer comme certain le fait qu'aucune civilisation n'est supérieure aux autres.
Le « progrès » initié en Occident au début du 19e siècle, et imposé au monde entier comme modèle d'existence a certes montré d'intéressantes valeurs qui ont transformé la vie des hommes notamment dans le domaine de la santé et du confort de la vie quotidienne.
Mais le prix à payer pour le maintien de ce confort est devenu de plus en plus envahissant et difficile, sinon impossible à assumer pour les milliards d'habitants de la planète terre.
La très orgueilleuse attitude de l'Occident qui souvent n'accepte d'observer les autres civilisations que pour en mesurer le degré de conformité à la sienne est de plus en plus surprenante dans plusieurs domaines.
− Des guerres ont été engagées contre des dictatures en Afghanistan, en Irak et dans certains pays choisis selon des critères surtout liés aux intérêts des agresseurs. Il est difficile de comprendre en quoi l'Irak est moins démocratique que le Tchad ou le Gabon, pays africains avec lesquels les Occidentaux, Américains en tête, entretiennent de pacifiques relations commerciales. Pourquoi condamner à mort SADDAM Hussein et recevoir partout avec des honneurs MOBUTU ?
− Après la prise de pouvoir par le fils du président EYADEMA au Togo, à la suite d'une « élection » pour le moins discutable, la France et les autres membres du Conseil de sécurité des Nations Unies ont adressé leurs félicitations au fils d'un dictateur ayant régné de 1967 à 2005 !
 
Les peuples se prétendant « riches » et « démocratiques », réunis dans le cadre du fameux « G8 », vivent sous la terrible dictature de l'argent.
En effet, ce système asservit les hommes plus malicieusement que les « dictatures » caractérisées selon les seuls critères des modèles anglo-saxons ou d'Europe continentale. L'extrême détresse visible dans le regard de l'ouvrier qui perd son emploi chez MICHELIN, GOOD-YEAR-GENERAL MOTORS ou CONTINENTAL ; la peur de l'avenir pour les jeunes universitaires troublés par le dérèglement du marché du travail, dans une société en vérité plongée dans une grande fragilité liée aux aléas de la bourse et de la concurrence, ne nous semble pas moins grave que celle des jeunes des pays dits « sous-développés ».
− Qui entreprendra la guerre destinée à libérer l'Occident du dictateur « ARGENT » ? Le citoyen le plus libre de la terre qui n'en a pas est condamné à mort ! Des millions de personnes dans cet Occident sont bien conscients que la civilisation du « progrès » ne sait plus très bien vers quoi elle continue de « progresser. » Mais pourquoi accepte-t-on d'imposer à d'autres peuples un mode de vie confronté à ses propres impasses ? Le mois de septembre 2008, au cours duquel le monde occidental et ses « satellites » sont entrés dans une crise aussi grave que révélatrice des terribles tares du système capitaliste spéculatif, marque une irréversible rupture historique que certains préfèrent refuser d'admettre. En vérité, il s'agit d'un système condamné à de très nombreux égards ; il est urgent d'ouvrir la réserve immense des biens accumulés par un petit nombre, pour les partager avec tous ceux qui semblent écartés des profits générés par le « progrès » industriel.
 
La statistique des ressources disponibles sur toute la terre montre que 94 % du revenu mondial reviennent à moins de 40 % de la population totale.
400 familles bien connues des milieux financiers disposent d'un revenu équivalent à celui de 3 milliards d'habitants !
Les trois premières fortunes du monde totalisent des avoirs supérieurs au « produit intérieur brut » des 58 pays les plus pauvres.
Il s'agit bel et bien d'une « violence », d'une « guerre », puisque l'injustice souvent entraîne des violences ! Nous avons évoqué à ce propos les 30 pays dans lesquels les « émeutes de la vie chère » ont éclaté en mars 2008. Ces « émeutes » sont en partie liées au fait que de nombreux produits consommés comme aliments de base dans divers pays ont été reconvertis par l'industrie automobile pour devenir de nouveaux carburants destinés à remplacer le pétrole !
Une grande partie du riz produit dans le monde a suivi ce circuit !
Le résultat prévisible a été au printemps 2008, l'apparition de nouvelles famines qui ont provoqué des troubles graves avec un nombre considérable de morts dans 30 pays. C'est une forme de guerre que de confisquer dans l'hémisphère Nord des médicaments déjà fabriqués et stockés, qui pourraient sauver des dizaines de milliers de malades dans l'hémisphère Sud.
Le nombre de victimes de ces situations rappelle les statistiques des champs de bataille !
Si ces situations existent toujours, c'est bien la preuve que le fameux « G 20 » (sommet des 20 pays les plus riches) ne se réunit pas pour ce genre de cause...
Beaucoup d'économistes et d'autres savants suggèrent que le fameux « G 20 » devienne le « G tous les pays », pour que toutes les cartes soient redistribuées en vue d'éviter l'installation dangereuse de la loi du plus fort.
Nous avons constaté que la substitution de pétrole par d'autres matières comme le riz et d'autres plantes peut entraîner des difficultés plus grandes encore...
Partant de ce constat, des chercheurs reconnus sérieux en économie osent souvent parler d'une « désaccélération » qui consisterait simplement à amorcer un retour à une existence plus « primitive », plus proche de l'état sauvage. Mais la capacité du monde industriel à effectuer des « bonds » technologiques aussi coûteux que rapides, n'a d'équivalent que son incapacité à se fixer des limites ; cette dernière attitude étant, dans ce contexte, un sursaut de sagesse devenu d'autant plus vital que d'innombrables biens produits dans cet élan sont pour certains peuples superflus.
Vouloir continuer à organiser la vie selon les critères « productivistes » conformes à la société de grande consommation, relève du suicide collectif !
C'est un gigantesque traquenard qui crée chaque jour de nouveaux besoins et entraîne la communauté humaine dans une forme de croissance que le penseur écologiste Jean-Marie PELT appelle « un cycle maudit ».
Pendant ce temps, l'éducation humaine s'est fortement concentrée sur deux objectifs assez « rampants » : d'une part, gagner de l'argent, et de l'autre le dépenser ! De l'école maternelle à la retraite, l'être humain, façonné par la société industrielle, ne vit que pour ces deux objectifs. Mais la pauvreté humaine qu'entraîne un tel mode de vie écrase des centaines de millions de laissés-pour-compte, dont la seule faiblesse est bien souvent d'être arrivés dans le système au mauvais moment.
Il est très urgent que la « civilisation » se détourne de la course folle à des besoins illimités, et fasse le choix intelligent de la capacité à « renoncer », « partager », « recycler ».
L'énorme quantité de « biens » produits par des décennies de croissance a été concentrée dans quelques pays de l'hémisphère Nord, avec des matières souvent arrachées de force aux peuples du Sud.
Une réaction égoïste bien calculée a consisté pour les désormais « riches », à développer des armes, et à élever des murs pour empêcher la masse innombrable ainsi dépouillée de participer aux profits ou de se soulever en cas de colère légitime.
En vérité, ces soulèvements éventuels s'ajoutant aux misérables tentatives de rejoindre les zones d'abondance sont inaptes à changer les équilibres injustes constatés depuis longtemps déjà. La crise, surprenante par son ampleur de septembre 2008, ne relève pas du tout des flux migratoires ayant perturbé le monde riche.
Pour une grande part, cette crise procède de l'auto-étranglement du secteur « riche » qui n'a en réalité aucun intérêt dans l'accélération d'appauvrissement du secteur « indigent » et « sous développé ».
Il est urgent d'activer une réaction de « partage », une redistribution de ressources vers les pays en voie de développement, qui pourrait aboutir à un équilibre salutaire pour tous.
L'ancienne « gouvernance » injuste et prédatrice du monde est victime de son propre fonctionnement.
En effet, un industriel produisant des machines en Europe en payant 10.000 euros par mois de salaire à ses cadres et ingénieurs européens, résistera peu à la tentation de « délocaliser » son industrie dans un pays où les mêmes machines peuvent être fabriquées avec des ingénieurs à moins de 1000 euros mensuels de salaires.
Une compagnie pétrolière effectuant ses « raffinages » dans les mêmes conditions n'hésitera pas à « délocaliser » quelles que soient les « pressions » politiques exercées sur elle. C'est un comportement économique conforme aux lois de la concurrence et du libre marché qui explique en grande partie l'effondrement annoncé du système industriel d'un pays comme la France, où le salaire d'un « smicard » (travailleur payé au minimum salarial) est deux à trois fois supérieur à celui d'un « cadre » industriel des pays du Sud, défavorisés par une organisation qui ne semble pas avoir pris conscience de ce « retournement » possible de l'histoire.
Ce « basculement » de l'ordre du monde explique en grande partie la banqueroute de pays européens comme la Grèce et le Portugal, qui risquent d'entraîner dans leur chute bien d'autres États de la zone « euro ».
Ces peuples, considérés comme des démocraties « modèles », seront gravement victimes d'un vrai dictateur identifié comme le marché économique international. Leur possible effondrement rend relative la notion même de « démocratie ».
Les solutions « financières » aux risques d'écroulement ne peuvent que « reporter » cet écroulement.
La vraie « médication » est la solution « vertueuse » qui est la remise en question de la « surabondance » quotidienne par laquelle les peuples prétendument « riches » vivent en vérité au-dessus de leurs vraies potentialités économiques dans la nouvelle gouvernance du monde.
 
Chapitre 1
 
La place des guerres dans la société en déclin 
du XXI e siècle
 
 
Le 8 mai 1945, prenait fin en Europe où elle avait commencé, la plus grande affliction communautaire connue jusqu'à ce jour de toute l'humanité.
Les médias de notre temps reviennent incessamment sur les images de cette époque où près de soixante millions de personnes furent tuées sur tous les continents, en une demie décennie. Jusqu'à la chute du mur de Berlin en 1989, plus de 200 conflits armés éclatèrent pour diverses raisons, allant de luttes de libération coloniale à des affrontements de longue durée telles qu'elles se déroulent dans tout le Moyen-Orient. Le 21e siècle commence dans une atmosphère de confrontation dont l'image du 11 septembre 2001, montrant la ville de New York attaquée par des avions kamikazes, constitue une bien lugubre inauguration.
L'Amérique du président George W. Bush réagira en déclenchant deux guerres : l'une en AFGHANISTAN et la seconde en IRAK.
Ces situations visibles sont le reflet d'une organisation du monde planifiée pour générer l'injustice, la haine et toutes leurs conséquences.
Le scandale des « émeutes de la misère » au mois de mars 2008, rend compte des troubles profonds contre la paix.
Car la guerre a aussi le visage des structures de prédation économique, par lesquelles l'hémisphère Nord s'est enrichi grâce en grande partie à l'exploitation des habitants du Sud de la planète. Ces structures, intelligemment mises en place pendant la période coloniale dans de nombreux pays d'Asie, d'Amérique du Sud et de l'Afrique, sont d'abord un ensemble d'échanges commerciaux étranges dans lesquels l'ancienne puissance coloniale s'octroie le droit de fixer les prix de ce qu'elle vend, mais aussi de ce qu'elle achète ! Cinquante ans après les « indépendances » africaines, les anciennes colonies françaises utilisent toujours le franc CFA, « communauté francophone africaine », monnaie gérée par le Trésor français, bien des années après l'entrée de la France dans le système financier « Euro » ! En d'autres termes, non seulement l'une des parties contractantes fixe seule les prix, mais aussi elle gère tous les porte-monnaie. Les tourmentes européennes de la crise commencée en 2008 devraient permettre une « libération financière » des anciennes colonies... C'est une forme de guerre qui entraîne des centaines de milliers de morts chaque année, parce que ces peuples aux économies démantelées développent des sous-nutritions dues au fait que la priorité de leur agriculture est restée essentiellement tournée vers les dominants, au profit desquels la culture des produits d'exportation (café, cacao, coton, hévéa...) occupe les 2/3 de l'année, et seul le dernier tiers est consacré à la culture des produits destinés à l'alimentation locale.
Le ras-le-bol de mars 2008, manifesté dans une trentaine de pays, démontre la longévité du système et prouve surtout que les « condamnés » du système de prédation économique qui dirige l'économie planétaire peuvent le secouer et provoquer des confrontations.
C'est pourquoi les forces dominantes de ce système augmentent sans cesse leur matériel de guerre à elles, et veillent à empêcher certains pays révoltés par ces relations profondément injustes d'accéder aux armes nucléaires, qui sont le signe d'une puissance militaire pouvant constituer une menace pour cet ordre partisan mis en place depuis des décennies. De nouvelles guerres d'indépendance pourraient éclater en Afrique francophone pour la libération de dictatures imposées de l'extérieur.
L'Occident dit « développé » menace ainsi ouvertement des pays souverains (Iran, Corée du Nord) de mettre un terme par tous les moyens, à leurs recherches destinées à acquérir l'arme nucléaire.
Ces menaces ne peuvent nullement être considérées comme une solution. La seule manière de sauver la paix dans ce contexte est d'engager dans tous les domaines un dialogue entre les peuples y compris ceux considérés comme « faibles » pour poser les bases d'échanges plus justes et respectueux des intérêts de tous. Mais les privilégiés du système en place semblent en majorité opposés à cette forme de dialogue.
La guerre revêt également le visage de la planète progressivement dépouillée de ses ressources, asséchée par des gaz dont le dioxyde de carbone reste le plus connu et le plus répandu.
Certes, l'économie « pétrolière », à productivité illimitée n'avait pour intention que de parfaire toujours plus le confort de la vie quotidienne des habitants des pays dits « développés ».
Mais l'énergie calorifique nécessaire au maintien de cette forme d'existence ne peut continuer à s'étendre sur une planète (la terre), relativement petite par rapport à d'autres, et déjà irréversiblement blessée dans sa nature aux équilibres merveilleux.
En continuant à vivre avec le système économique générateur excessif de dioxyde de carbone, les hommes et les femmes entraînés dans ce progrès où les produits pétroliers tiennent une place centrale, auraient besoin de cinq planètes comme la terre pour se satisfaire d'ici un siècle.
C'est une guerre ! Elle tue 300 000 personnes chaque année ; des morts issus surtout de l'hémisphère Sud, resté très défavorisé.
Mais cette guerre-là n'oppose pas des camps clairement distincts. Parce qu'elle doit d'abord être déclarée contre ceux qui l'ont provoquée. La pire des guerres que l'être humain peut engager c'est celle contre lui-même ! Car ici, il s'agit d'enrayer la croissance folle, c'est-à-dire réduire le productivisme outrancier, et s'enrichir moins ! Ce genre d'idée affole certains habitants des pays dits « développés » qui, au lieu de s'en prendre à eux-mêmes multiplient des attaques contre des groupes dont le tort est de représenter une menace virtuelle par leur regard critique et silencieusement accusateur contre leur fausse opulence, un « progrès » qui, en vérité, apparaît progressivement comme un dieu mortel, dangereux, et pathétiquement vain !
La conscience de ceux qui ont divinisé le « progrès » destructeur de la terre est semblable dans ce contexte à celle d'un croyant désabusé, mais qui s'épouvante de l'ampleur des dégâts causés par ses propres efforts.
Il était difficile jusque-là d'envisager ce genre de guerre où l'agresseur est aussi, en fin de compte, l'agressé. Il est pourtant très urgent de l'engager. Sur le plan purement historique, la Seconde Guerre mondiale a joué un rôle essentiel dans les « indépendances » africaines. En effet, les soldats africains engagés pour la libération de la France de l'occupation nazie en 1944 ont eu l'occasion de constater simplement que les armées françaises n'étaient pas aussi invincibles qu'elles le paraissaient sur place en Afrique dans leurs colonies. Dès la fin de la guerre, encouragés par les récits de soldats revenant de France où ils avaient été témoins de l'humiliation des Français ployant sous le joug de l'occupation, les mouvements politiques de libération accentuent l'élan d'émancipation de leurs peuples.
À la conférence de Brazzaville de 1944, le général de Gaulle exclut l'idée d'indépendance, mais propose de favoriser la multiplication des « naturalisations » des Africains à la nationalité française. Il était trop tard ! Avec la création du fameux R.D.A. (Rassemblement Démocratique Africain), l'histoire s'ébranlait pour aboutir aux indépendances de nombreux pays africains entre 1958 et 1964.
 
Chapitre 2

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