La Crète du Roi Minos
210 pages
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Description

Nichée au coeur de la mer Egée, la Crète fut le siège de la brillante civilisation des Minoens. De nombreux mythes grecs y ont leur racine : le Minotaure, Dédale, Ariane et, bien sûr, le roi Minos, confident de Zeus. Ce livre invite à un voyage dans le temps de quinze siècles, explorant les arcanes de la civilisation minoenne depuis les rites et cultes jusqu'aux fêtes, en passant par la vie quotidienne, sans oublier les relations des Minoens avec le monde extérieur. Il aborde également l'énigme de la fin des Minoens.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 01 juillet 2008
Nombre de lectures 227
EAN13 9782336251875
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0005€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

© L’Harmattan, 2008
5-7, rue de l’Ecole polytechnique ; 75005 Paris
http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr
9782296059795
EAN : 9782296059795
La Crète du Roi Minos

Nicole Fernandez
Sommaire
Page de Copyright Page de titre Table des Figures Epigraphe 1 - A la suite d’ Icare… 2 - Une île pleine de promesses 3 - Evans découvre les Minoens 4 - Quinze siècles vous contemplent 5 - Une île chargée d’Histoire 6 - Minos en son labyrinthe 7 - Une île bénie des dieux 8 - Symboles et objets cultuels 9 - Offrandes et sacrifices 10 - La vie quotidienne des Minoens 11 - Une société festive 12 - Les Minoens et le monde extérieur 13 - Une fin mouvementée et mystérieuse 14 - A la rencontre de quelques sites minoens 15 - Glossaire 16 - Bibliographie Index
Table des Figures
FIG. 1 FIG. 2 FIG. 3 FIG. 4 FIG. 5 FIG. 6 FIG. 7 FIG. 8 FIG. 9 FIG. 10 FIG. 11 FIG. 12 FIG. 13 FIG. 14 FIG. 15 FIG. 16 FIG. 17 FIG. 18 FIG. 19 FIG. 20 FIG. 21 FIG. 22 FIG. 23 FIG. 24 FIG. 25 FIG. 26 FIG. 27 FIG. 28 FIG. 29 FIG. 30 FIG. 31 FIG. 32 FIG. 33 FIG. 34 FIG. 35 FIG. 36 FIG. 37 FIG. 38 FIG. 39 FIG. 40 FIG. 41 FIG. 42 FIG. 43 FIG. 44 FIG. 45 FIG. 46 FIG. 47 FIG. 48 FIG. 49 Fig. 50 FIG. 51 FIG. 52 FIG. 53 FIG. 54 FIG. 55 FIG. 56 FIG. 57 FIG. 58 FIG. 59 FIG. 60 FIG. 61 FIG. 62 FIG. 63 FIG. 64 FIG. 65 FIG. 66 FIG. 67 FIG. 68 FIG. 69 FIG. 70 FIG. 71 FIG. 72 FIG. 73
Dans ce pays Le ciel ne diminue jamais un seul instant la flamme de nos yeux Dans ce pays Le soleil soulève avec nous les pierres que nous portons
Yannis Ritsos
On oublie que c’est en Crète, en un vallon boisé, que la princesse Europe mit au monde un certain Minos, ancêtre des Européens … Nos vrais ancêtres ne sont pas les Gaulois mais ces premiers Crétois jaillis de la semence d’un dieu.
Jacques Lacarrière
1
A la suite d’ Icare…
La Crète est une nymphe mythique. Telle est en effet, selon la tradition, la source du nom de cette île. La séduction qu’elle exerce aujourd’hui est à la hauteur de son origine légendaire. Parée de très beaux paysages, elle est la gardienne d’une brillante civilisation ancienne. Celle-ci naquit vers 2800 av. J.-C. et s’est éteinte brutalement autour de 1350 av. J.-C. pour laisser la place aux Grecs venus du continent, les Mycéniens.
Pendant longtemps, c’est la Grèce classique qui a été la cible de tous les regards et il a fallu attendre la fin du XIX ème siècle pour que d’importantes découvertes permettent de ramener à notre connaissance cette civilisation crétoise oubliée. Elle a pourtant sans nul doute joué un rôle non négligeable pour la civilisation grecque qui l’a suivie et, tout particulièrement, dans le domaine religieux.
Pour la Grèce classique, la Crète était très importante. Le souvenir d’un « âge d’or » crétois était même très vivace. D’ailleurs, de nombreuses généalogies grecques renvoient à la Crète et leurs racines remontent à des dieux, des héros ou des héroïnes d’origine crétoise, comme Europe et Pasiphaé. Comme le grand historien grec Thucydide, les Grecs de l’époque classique ne doutaient pas de l’existence du roi Minos qu’Homère représenta même comme l’ami intime de Zeus.
C’est en effet Homère qui le premier nous révèle quelques-uns des mystères liés à cette île, la Crète « aux cent villes », avec son roi Minos et son palais dédaléen à Cnossos : Dans la sombre mer est une terre belle et fertile, au milieu des flots : c’est l’île de Crète où habitent d’innombrables hommes, avec quatre-vingt-dix villes. On y trouve différents langages et hommes, Achéens, Kydoniens, braves Etéocrètes, trois tribus de Doriens et de divins Pélasges. Ils sont dominés par Cnossos, la grande ville du roi Minos, celui qui s’entretenait tous les neuf ans avec le grand Zeus… ( Odyssée , XIX)
De fait, la Crète est l’île de nombreux mythes : lieu de naissance de Zeus, le Dieu des dieux pour les Grecs ; un palais à l’architecture complexe conçue par l’ingénieux Dédale ; la terreur exercée par le Minotaure, monstre mi-homme mi-taureau, fruits des amours de Pasiphaé, l’épouse du roi Minos et du dieu Zeus transformé en taureau ; Thésée, le fils du roi d’Athènes qui réussit à tuer ce monstre grâce à la pelote de fil de la belle Ariane, la fille de Minos. C’est aussi l’île au « prince aux fleurs de Lys » ou encore à « la Parisienne », comme nous allons le découvrir.
Prenons donc notre envol, à la suite d’Icare, le fils de Dédale, pour partir à la découverte d’une Crète qui garde aujourd’hui encore une vitalité et une personnalité léguées par ses anciens occupants et qui exerce sur tous ses voyageurs un attrait irrésistible.
2
Une île pleine de promesses
Après Chypre, la Crète est l’île la plus étendue de la Méditerranée orientale.
Sa situation constitue un sérieux avantage, comme le soulignèrent d’ailleurs Homère ou encore Aristote. En effet, la Crète se trouve au sud des îles appelées cycladiques, avec lesquelles les relations ont été importantes. Elle est également à peu de distance du continent grec et des autres îles situées plus à l’est comme Rhodes. De même, les côtes africaines, grâce aux vents étésiens, ne sont qu’à quelques jours de mer de la Crète.
Ainsi, il n’est pas étonnant de retrouver les Crétois un peu partout en Méditerranée.

FIG. 1 . Situation de la Crète en Méditerranée.

FIG. 2 . Sites minoens importants.

Des montagnes pour les dieux et des plaines pour les humains
La variété du milieu naturel crétois est une chance pour les Minoens. De larges plaines fertiles s’étendent à l’intérieur de ce territoire, comme la plaine de la Messara située au centre de la Crète, et elles ont permis à l’agriculture de se développer rapidement.
En outre, quatre grands ensembles montagneux, orientés est-ouest, occupent une large place et se prolongent souvent, au nord et au sud, par de riches plaines côtières. D’ouest en est, ces montagnes sont les Montagnes Blanches, l’Ida (Psiloritis), le Dikté central (monts du Lassithi) et le Dikté oriental (les monts de Sitia). Ce sont les plus élevées de tout l’archipel égéen avec, par exemple, le Mont Ida frôlant les 2500 mètres d’altitude. Leurs hauteurs remarquables ont aussi contribué à en faire les lieux de naissance de divinités majeures.
Des plateaux propices à l’installation humaine, comme celui du Lassithi, complètent le tableau.

FIG. 3 . Plaine du centre de la Crète.
Les côtes crétoises sont assez variées. Celle du nord est assez découpée et dessine des caps et des golfes favorables aux mouillages des bateaux. En revanche, au sud, les côtes n’abritent presque pas de ports car leur relief est rendu abrupt par les montagnes qui tombent le plus souvent à pic dans la mer.
Malgré ce relief fragmenté, les communications et les contacts entre les différentes régions demeurent relativement aisés, comme l’attestent en particulier les nombreux tronçons de routes minoennes retrouvés sur l’ensemble du territoire.
La géologie de la Crète est aussi une chance pour les Crétois car les ressources minérales y sont également variées : gypse, albâtre, schistes, calcaires, grès, argile à potier, même si de nombreux matériaux utilisés par les Crétois proviennent de l’extérieur, comme par exemple l’obsidienne de l’île de Mélos et l’argent du continent.
Facteur essentiel de l’installation humaine : l’eau, en Crète, est fournie à profusion par de nombreuses sources de montagne. L’écran forestier, sans doute assez abondant à l’époque de Minos, pondérait plus qu’aujourd’hui le cycle hydrologique. Au cours de l’été et aussi pendant les années les plus sèches, les forêts permettaient à l’eau de rester dans les sols, d’où la progression des cultures et de l’élevage.
Pour toutes ces raisons, la Crète fut un des premiers lieux d’implantation humaine à l’époque néolithique en Égée. Il existe cependant un problème géographique car la Crète fait partie d’une zone où les tremblements de terre sont fréquents. En effet, dans l’ensemble du bassin égéen, l’écorce terrestre est très fragile. Ceci explique en partie les nombreuses destructions qui affectèrent la Crète minoenne.

Un environnement plutôt bénéfique
Le climat en Crète est plus tempéré que dans le reste de l’Égée. Les plaines sont épargnées aussi bien par les sévères périodes de sécheresse en été que par les rudes gelées en hiver. Ceci favorise la fertilité des terres et la relative homogénéité de leur peuplement. A l’inverse des autres îles de l’Égée, la population ne s’est donc pas contentée de s’installer sur les pourtours mais aussi à l’intérieur de l’île.
La végétation, de type méditerranéen, comportait sans doute en Crète de grandes zones forestières au début de l’implantation humaine mais le déboisement a dû y commencer très tôt, notamment pour la construction et le chauffage, et être encore accentué par l’extension de l’élevage des chèvres et des moutons. Comme aujourd’hui, de nombreuses plantes aux vertus médicinales parsemaient les terres crétoises.
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Evans découvre les Minoens

Les premières découvertes

Une ruée vers l’or grec
Au dix-neuvième siècle, les Minoens ne sont pas encore connus mais la Grèce classique est à la mode ! Philologues, topographes, géographes, botanistes et numismates s’élancent à la recherche des lieux et paysages décrits par Homère. Parmi ces amateurs d’antiquités, il en est un qui a déjà quelques titres de gloire en la matière.

Schliemann l’infatigable
Il s’agit d’Heinrich Schliemann. Entre 1870 et 1890, en suivant à la lettre le texte d’Homère, cet Allemand découvre Troie, la « ville aux larges rues » et Mycènes, la « riche en or ». A Troie, dans l’actuelle Turquie, il met au jour le « Trésor de Priam ». Le sol de Mycènes, sur le continent grec, lui livre en outre le fameux « Trésor d’Atrée », dont fait partie le célèbre « masque d’or d’Agamemnon ».
Ces premières découvertes fabuleuses entraînent de multiples questions sur l’origine de la civilisation grecque. Grand lecteur d’Homère, Schliemann se demande s’il ne faut pas la rechercher dans l’île de Crète, à laquelle l’auteur antique accorde une grande importance. Il n’est d’ailleurs pas le premier à s’intéresser à la Crète. Par exemple, l’Américain W. J. Stillman et Minos Kalokairinos, un homme d’affaire crétois originaire d’Héraklion, ont déjà commencé à fouiller le sol crétois. Non sans quelques succès puisque, dès 1878, Kalokairinos dégage de grandes jarres ( pithoi ) et des fondations de bâtiments.
Suivant son idée, Schliemann vient faire lui aussi quelques recherches sur les mêmes lieux. Entre juin 1878 et février 1879, il se livre ainsi à des investigations sur la colline de Kephala, dans la plaine du Kairatos, non loin de la côte nord de l’île. Son intuition est bonne. En effet, cette colline est en réalité le résultat de l’amoncellement de restes d’occupations qui se sont accumulés à cet endroit depuis l’époque du néolithique. Peu de temps après, en 1881, on y signale d’ailleurs des murs et de grands blocs de pierre portant des inscriptions. Seulement voilà, Schliemann rencontre un sérieux obstacle !

Heinrich Schliemann
La carrière d’Heinrich Schliemann est atypique. Né en 1822, autodidacte et fils d’un pasteur ruiné, il est d’abord négociant et parcourt le monde entier. Il s’enrichit rapidement, notamment dans le commerce de l’indigo. A 45 ans, il délaisse ce métier et s’intéresse désormais à la civilisation grecque.
Il commence par des fouilles à Ithaque, île au nord-ouest du Péloponnèse, où il recherche les traces du palais d’Ulysse décrit par Homère. Outre Troie, Mycènes et Cnossos, il explore aussi d’autres sites comme Orchomène et Tirynthe.
Sa réputation n’est pas des meilleures chez les spécialistes, qui critiquent ironiquement ses méthodes de travail et les conclusions souvent hâtives qu’il tire de ses découvertes. Malgré tout, il est quand même l’un des premiers vrais archéologues et non un simple chercheur d’or. Il souhaite en effet avant tout confronter les écrits homériques à la réalité historique. D’ailleurs, il lui arrive de refuser une invitation à fouiller en Italie, prétextant qu’il n’y avait aucun problème à résoudre et que ces fouilles étaient donc inutiles. Cette façon de voir est très en avance sur son temps. De plus, autre rupture avec les fouilleurs de son époque, Schliemann est soucieux de tenir à jour un journal de fouilles comprenant de nombreux croquis. Enfin, et c’est encore un phénomène nouveau, il publie beaucoup et dans plusieurs langues. Tout ceci explique sans doute pourquoi M. Ventris et J. Chadwick ont choisi de lui dédier leur livre sur le déchiffrement du Linéaire B.
A cette époque, la Crète est occupée par les Turcs. Convaincu de l’intérêt de sa colline, Schliemann souhaite l’acheter mais les Turcs lui en demandent un prix élevé car le terrain compte un grand nombre d’oliviers, plus de 2000 selon eux. Schliemann estime qu’il n’y en a en fait qu’autour de 900 et trouve le prix exorbitant. Il renonce donc à l’objet de sa convoitise… et la découverte de Cnossos doit encore attendre un peu.

Evans le chanceux

Un riche érudit
Quelques années plus tard, un autre érudit, Sir Arthur Evans, directeur de l’ Ashmolean Museum d’Oxford, s’intéresse à la Crète. En 1894, il vient visiter la collection de vestiges mis au jour par Kalokairinos. Il cherche aussi des indices pour déchiffrer des inscriptions énigmatiques trouvées sur des sceaux, qui l’intéressent particulièrement car il est collectionneur. Il explore donc la Crète à la recherche d’objets qui pourraient alimenter sa collection d’inscriptions. Il s’intéresse ainsi aux « galopètres », les « pierres de lait » portant des signes, que les jeunes Crétoises s’attachent au cou pour favoriser l’allaitement.
En 1895, il diffuse les résultats de ses recherches dans une publication intitulée « Cretan pictographs and pre-Phoenician Script ». Il y présente des hiéroglyphes, qu’on sait maintenant être minoens, ainsi que deux autres écritures syllabiques ou pré-alphabétiques, appelées aujourd’hui linéaire A et linéaire B.

FIG. 4 . Buste de Sir Arthur Evans, dressé à l’entrée du site de Cnossos.

Sir Arthur Evans
Evans naît en Angleterre dans le Hertfordshire en 1851. Il acquiert une formation en philologie classique (il n’y a pas à l’époque de formation en archéologie) d’abord à l’Université d’Oxford, puis à celle de Göttingen. Il s’intéresse alors particulièrement aux sceaux présentant des inscriptions et provenant des anciennes civilisations de la Méditerranée. Evans hérite en cela de son père, Sir John Evans, directeur d’une manufacture de papier et grand amateur d’antiquité. C’est de plus grâce à la fortune héritée de son père qu’Evans peut assouvir sa passion. Il est directeur de l’ Ashmolean Museum d’Oxford de 1884 à 1908. Jusqu’en 1932, il se consacre ensuite exclusivement à ses fouilles de Cnossos, qui ne seront interrompues que lorsque la guerre éclate. En 1935, il inaugure sa statue, dressée à l’entrée du site de Cnossos. Evans meurt à Oxford en 1941.
Sir Evans est aussi attiré par la colline de Kephala mais, à la différence de Schliemann, il va être servi par l’Histoire. En effet, à la fin du siècle, la Crète reprend de haute lutte son indépendance vis-à-vis des Turcs. Du coup, les négociations sont plus faciles et Sir Evans peut utiliser sa notable fortune personnelle pour acheter la fameuse colline.
Il y donne son premier coup de pioche le 2 mars 1900 avec l’idée d’y trouver un site important de l’Age du Bronze. Au début, la fouille ne comprend qu’une trentaine d’ouvriers mais, très vite, elle en rassemblera plus de cent. En peu de temps, aidé par ses collaborateurs, Hogarth, Mackenzie, Fyfe, Doll, Pendlebury, Pie de Jong et Wace, entre autres, il met au jour ce qui sera considéré comme le plus important palais de la civilisation minoenne, par ses dimensions mais aussi par son influence.
Deux années de travail permettent de dégager presque entièrement le palais mais Evans y travaille encore un bon tiers de siècle ! Il publie les résultats de ses fouilles de 1901 à 1935 dans quatre importants rapports intitulés « le Palais de Minos ».
Cette étude devient vite un des plus grands classiques de l’archéologie.

Et la « vaste Cnossos » renaît…
Les fouilles d’Evans dégagent assez rapidement le rez-de-chaussée de l’ensemble du palais et les soubassements de murs indiquant que des étages supérieurs ont existé. Ceci est également conforté par la découverte des « Mosaïques de la ville », expression qui désigne une série de deux douzaines de plaques en faïence qui représentent des façades de bâtiments.

FIG. 5 . Une plaque en faïence des mosaïques de la ville.
Par ailleurs, le palais est bâti en gypse – appelé aussi « pierre à plâtre » – et, dès le début des travaux de fouille, il apparaît que ce matériau est trop friable pour laisser les découvertes exposées à l’air libre en l’état. Evans estime donc nécessaire de consolider les ruines dégagées. En s’appuyant sur les indices retrouvés, il engage la reconstitution des parties supérieures manquantes. Les plaques de faïence lui sont donc très utiles pour la restitution des étages et des ouvertures pratiquées dans les façades.
Le plus souvent, ces reconstitutions sont faites en ciment par les ouvriers d’Evans. Certaines fresques retrouvées dans le palais sont également restaurées, complétées… voire plus !
C’est ainsi que l’on peut aujourd’hui visiter à Cnossos plusieurs niveaux du palais.
Certes, d’un point de vue strictement scientifique, cette reconstitution peut susciter des réserves, bien que des maquettes de bâtiments, retrouvées depuis, semblent accréditer la vision d’Evans.
Toutefois, le principal mérite de ses travaux est d’avoir matérialisé la complexité de la structure de ce vaste palais et d’avoir ainsi rendu bien vivantes les dénominations de « labyrinthe » et de « dédale » attribuées au palais de Cnossos.
De là à dire que le Minotaure dans son labyrinthe est une représentation légendaire du puissant roi Minos dans son palais, il n’y a qu’un pas que certains n’ont pas hésité à franchir.
4
Quinze siècles vous contemplent

Une chronologie un peu complexe
La civilisation crétoise minoenne se développe sur plusieurs siècles, d’environ 2800 à 1300 av. J.-C. Cas extrême, le site de Cnossos présente une durée de vie exceptionnelle puisque, occupé depuis l’époque néolithique, il restera habité jusqu’au moment de la conquête de la Crète par les Arabes, au neuvième siècle après J.-C. !
La difficulté à établir une chronologie, c’est-à-dire à identifier de façon « sûre » les différentes périodes du monde minoen, est donc facilement compréhensible. En effet, la complication vient du fait que la connaissance de ces périodes s’est construite au fur et à mesure des découvertes archéologiques.
La première chronologie de la civilisation minoenne est dite « relative » car elle fut fixée par Evans en comparant des poteries de différentes origines (minoenne, égyptienne…), découvertes sur des sites crétois ou autres. La clef de la chronologie repose alors sur la connaissance des périodes de fabrication de certaines poteries non crétoises, comme les céramiques égyptiennes. Au moyen de cette méthode, Evans isola trois grandes périodes appelées Minoen Ancien, Minoen Moyen et Minoen Récent.
Evans ne s’est d’ailleurs pas arrêté là. Il a encore divisé chacune de ces trois grandes périodes en trois phases (Minoen Ancien I, II, III, etc.), elles-mêmes formées de trois subdivisions A, B et C.
Sa chronologie reste en vigueur, même si plusieurs chercheurs ont tenté de la remettre en cause. C’est le cas de Nicolas Platon qui préférait une chronologie basée sur les évolutions architecturales détectées sur les fouilles. Celle-ci n’est pas suivie par la totalité des scientifiques mais elle reste cependant souvent utilisée pour décrire les différentes étapes du monde minoen. Il s’agit des quatre phases suivantes : prépalatiale , c’est-à-dire la période antérieure à la formation des Premiers Palais crétois ; paléopalatiale , aussi appelée protopalatiale , celle correspondant aux Premiers Palais ; néopalatiale , la période de la construction de Nouveaux Palais ; et postpalatiale , la période où la civilisation mycénienne a remplacé celle des Minoens.
Comme ces deux chronologies sont souvent employées, il est bon de les connaître et la figure suivante aide à s’y retrouver.

FIG. 6 . Chronologie simplifiée de la Crète à l’Âge du Bronze.
Actuellement, les recherches sur la chronologie continuent. Elles exploitent, d’une part, les nouvelles découvertes réalisées sur des sites fouillés depuis longtemps comme Cnossos ou Malia ou bien sur d’autres sites nouvellement mis au jour et, d’autre part, de nouvelles applications de méthodes scientifiques, comme la datation par le carbone 14 (voir glossaire) ou encore l’étude des arbres fossilisés (dendrochronologie). Cela a conduit à certaines remises en cause, comme par exemple la datation de la dernière phase du Minoen ancien ou encore celle du Minoen Moyen.
De nos jours, l’intérêt se porte également sur ce qui a précédé la civilisation minoenne et, en particulier, sur la date de l’installation des premiers hommes en Crète. Jusqu’à ces dernières années, une installation humaine vers le VII ème millénaire semblait plausible, d’après des zones fouillées à Cnossos. Aujourd’hui, certains éléments font penser à une installation plus ancienne et, pour certains chercheurs, celle-ci pourrait coïncider avec l’extinction de certaines races animales en Crète, comme des éléphants et hippopotames nains ainsi que des daims. Ces groupes humains provenaient sans doute d’Asie mineure et se sont installés en Crète, pour profiter des nombreux avantages de l’île.

Les grandes étapes de la civilisation minoenne

Au Minoen Ancien : une population qui grandit et une économie en développement
Au début de cette période, des populations originaires des côtes nord-ouest de l’Anatolie auraient envahi l’île de Crète et créé la civilisation minoenne, en se mélangeant à la population indigène qui y était déjà installée depuis longtemps. Ceci peut expliquer l’observation de l’accroissement des sites habités et donc de leur population, dès la première période du Minoen Ancien, en particulier à Cnossos, Vasiliki, Myrtos, Tripiti… Dans la Messara, il y a même eu un doublement des sites.
Ce phénomène n’est pas forcément dû à la seule venue de populations étrangères mais peut-être aussi à l’évolution de l’ensemble de la société crétoise.
Avec les données archéologiques disponibles aujourd’hui, il est difficile de trancher !
Ce qui est sûr, en tout cas, c’est que cet accroissement de la population est révélé par la construction de nombreuses tombes collectives dans le sud de la Crète (environ vingt cinq, rien que pour la plaine de la Messara) et par de nouveaux habitats, comme Cnossos et Myrtos.
Qui dit croissance démographique dit aussi accroissement des besoins et des moyens de les satisfaire. Effectivement, il apparaît que l’accroissement de la population va de pair avec le développement de la plupart des techniques inventées durant la période néolithique.
Par exemple, l’araire tend à remplacer la houe pour la préparation des champs, des fours de potier sont créés, les activités de tissage se développent comme le montrent les « pesons » retrouvés, la culture de la vigne s’étend et celle de l’olivier apparaît. La transformation de certaines formes de poterie laisse aussi envisager des changements dans l’alimentation.
L’accroissement de la population est de plus accompagné par le développement d’échanges commerciaux entre la Crète et les îles de la mer Égée. De tels échanges ont sans doute commencé avant cette période, suscités par le savoir-faire crétois en matière de travail des métaux. Des fouilles effectuées dans l’île de Cythère, au sud-est du Péloponnèse, apportent la preuve du développement du commerce crétois. Il semble même qu’une véritable colonie minoenne se soit progressivement installée à Cythère.
Alors que la croissance est évidente, l’organisation de la société minoenne débutante l’est beaucoup moins. La recherche actuelle dans ce domaine tente de déterminer si une hiérarchisation sociale a existé. En effet, si c’est le cas, elle pourrait être à l’origine de la future organisation palatiale. Pour l’heure, nous ne possédons aucune preuve permettant d’accréditer une telle hypothèse. Certains chercheurs envisagent cependant l’existence de chefferies, c’est-à-dire d’une société organisée à partir de liens familiaux.
A la fin de cette période, de nombreux sites sont abandonnés et des destructions par le feu sont constatées. Pourquoi ? Le mystère reste entier…

Au Minoen Moyen : les Premiers Palais crétois, des innovations et du commerce
Le Minoen Moyen est la période où les Premiers Palais sont construits.
La population de la Crète connaît à cette époque une nouvelle phase de croissance. C’est tout particulièrement sensible à Cnossos, à Malia ou encore à Palaikastro. Désormais, la mise en place progressive d’une hiérarchisation de la société minoenne devient manifeste.
Dans les trois domaines politique, économique et religieux, de nouvelles techniques voient le jour. Leur mise en œuvre ne se généralisera qu’à la période suivante mais il est quand même déjà possible de vraiment parler de civilisation minoenne.
En effet, les Premiers Palais minoens apparaissent au Minoen Moyen I.
A cette époque, la Crète est sans doute divisée en plusieurs provinces. Il semble que son économie continue à se développer de manière centralisée autour des palais « commandant » chaque région. Stimulées sans doute par ces conditions économiques favorables, de véritables villes se constituent et abritent un artisanat spécialisé.
Dans le domaine de la religion, des « sanctuaires de sommet » apparaissent, matérialisés par des traces de feu et de nombreux dépôts de statuettes et d’ex-voto. Certaines grottes ont également pu héberger un culte, comme par exemple la grotte de Camarès, située non loin de Cnossos. En revanche, les lieux de culte en milieu urbain sont rares. Un cas est quand même connu à Malia, pour le Minoen Moyen II.
Un autre événement important de la période est l’invention des écritures en hiéroglyphes et en Linéaire A.
Comme au cours de la période précédente, les échanges commerciaux avec les îles de la mer Égée restent importants mais ils se déroulent en plus, désormais, avec la Syrie et l’Égypte. De nombreux fragments de céramique minoenne ont été retrouvés dans ces pays, tout particulièrement des vases au style très reconnaissable provenant de la grotte de Camarès, près de Cnossos. Certains ont été exhumés dans des endroits comme Ugarit ou Byblos, sur la côte moyen-orientale de la Méditerranée. Des sceaux datant de cette époque représentent des bateaux minoens pourvus de voiles. Ceci montre l’existence d’une flotte, vraisemblablement créée pour le commerce. Les acteurs de ce commerce intense restent cependant mal connus.
Par ailleurs, au sein même de la société minoenne, la production d’objets de prestige liés à la hiérarchisation sociale progresse. Les palais et les tombes de cette époque en livrent de multiples exemples.
Il ne faut toutefois pas imaginer que la vie palatiale au Minoen Moyen est un long fleuve tranquille. Les palais subissent à certains moments des phases de dégradation plus ou moins importantes. En particulier, les fouilles mettent en lumière une phase de destruction sévère à la fin du Minoen Moyen, vers 1700. Les raisons en demeurent incertaines : invasion, troubles internes… ? Toutefois, ce n’est pas la mort de la civilisation minoenne, puisque les palais vont être très vite redressés.

Au Minoen Récent I et II : Nouveaux Palais, nouvelles merveilles
Le Minoen Récent I et II est la période de l’apogée des palais crétois reconstruits, qu’Evans a appelé « une ère nouvelle ». A la même époque, en Grèce continentale, une nouvelle puissance se construit également : celle des Mycéniens. Malgré le grand nombre de trouvailles archéologiques datant de cette période, l’étude en reste délicate, tout particulièrement au niveau du découpage chronologique.
De grandes caractéristiques se dégagent quand même. Selon toute vraisemblance, le palais de Cnossos devient un centre dominant l’ensemble de l’économie crétoise. Ceci explique sans doute le développement urbain dans l’environnement immédiat des palais et la création de certaines villes en bordure des côtes, comme Gournia, à l’est de la Crète. En outre, de grandes habitations, le plus souvent connues sous le nom de « villas », jouent sûrement un rôle économique complémentaire à celui des palais. Ceci semble conforter une organisation maintenant fortement hiérarchisée de la société minoenne.
C’est au cours de cette période que l’influence minoenne s’étend de plus en plus aux îles voisines et au Péloponnèse, d’où l’hypothèse d’une thalassocratie minoenne, c’est-à-dire d’un pouvoir maritime exercé sur l’ensemble de l’Égée, voire même plus loin.
Une nouvelle écriture voit également le jour en Crète : le linéaire B. Cette écriture est maintenant reconnue comme d’origine mycénienne. Cela indique bien que les Mycéniens sont entrés en relation avec la Crète dès l’époque des Nouveaux Palais, avant de s’y installer et d’y prendre finalement le pouvoir à la fin du Minoen Récent.
A cette époque, une architecture inégalée dans les palais voit le jour. Des pièces spécifiques sont ainsi aménagées: salles du trône, bains lustraux, pièces à piliers, magasins remplis de grandes jarres… C’est au cours de cette période que se multiplient des symboles tels que « doubles haches », « cornes de consécration », «ancres votives »… Ce développement architectural, sans précédent pour les palais, conforte l’idée d’un pouvoir royal dominant l’ensemble du territoire crétois. Un texte égyptien datant de l’époque de Thoutmosis III mentionne d’ailleurs le « roi du pays de Keftiou ».
Les « sanctuaires de sommet » possèdent désormais des bâtiments bien élaborés, comme celui du mont Iouktas. D’après une hypothèse actuelle, ces constructions ont été voulues par le pouvoir royal.

Les grandes destructions du Minoen Récent III
A la fin du Minoen récent, les palais sont détruits, sauf celui de Cnossos qui le sera définitivement vers 1370 et la civilisation minoenne cède la place aux Mycéniens. Sur les raisons de cette fin, de nombreuses hypothèses ont circulé, comme nous le verrons plus loin.
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Une île chargée d’Histoire

Le Poète et l’île aux cent villes
L’œuvre d’Homère – l’Iliade et l’Odyssée – est un point d’appui essentiel de notre connaissance de la Crète et de son roi Minos. Certes, les événements qu’il raconte ne se situent pas à son époque et ses écrits ne constituent donc pas une source d’information historique fiable.
Homère, le « Poète » pour les Anciens, a semble-t-il vécu au VIII ème siècle avant J.-C. Il était vraisemblablement originaire de Chios, île située à l’est de la mer Égée, mais d’autres cités se disputent son lieu de naissance comme Colophon, Cumes, Smyrne, Pylos, Argos et même Athènes. Cependant, c’est surtout à Chios qu’un véritable culte fut voué à Homère, celui-ci y étant souvent présenté comme un demi-dieu, le fils d’Apollon et de la muse Calliope.
Homère est un aède, c’est-à-dire un poète qui chantait des poèmes épiques en s’accompagnant d’une lyre, tel l’aède aveugle Démodicus de l’Odyssée : le héraut revint, conduisant le courageux aède. La muse qui l’aimait lui avait permis de connaître le bien et le mal. Elle lui avait donné le chant admirable, à lui qui était privé de ses yeux. ( Odyssée , VIII)
Les événements racontés par Homère dans l’Iliade et l’Odyssée sont liés à la guerre de Troie, contemporaine de la civilisation mycénienne (environ 1200 av. J.-C.), alors qu’il aurait vécu quatre siècles plus tard.
Homère était considéré comme un conteur très important par les Grecs et les Romains de l’antiquité classique. Pour eux, il ne faisait aucun doute qu’il avait bien existé et leurs enfants devaient d’ailleurs apprendre par cœur des passages entiers de ses deux poèmes épiques, qui constituaient la base de leur éducation. L’Iliade et l’Odyssée sont en effet des épopées, c’est-à-dire des récits ayant sans doute une base partiellement historique. Avant d’être retranscrits, ils ont été créés oralement, comme les histoires colportées par nos troubadours au Moyen Age. Ces deux œuvres sont composées en hexamètre dactylique ; cette versification, surtout utilisée en grec et en latin, est la forme par excellence de longs poèmes narratifs décrivant de façon plus ou moins mythique des hauts faits de héros du passé.

Quelques mentions de la Crète chez Homère
Les Crétois suivent le glorieux Idoménée, tous les habitants de Cnossos, de la forte Gortyne […] et des belles cités de Phaistos et Rhytie, ainsi que d’autres venant de la Crète aux cent villes. ( Iliade , II)
Idoménée rassemble autour de lui les Crétois et leurs chefs. ( Iliade , III)
Idoménée s’adresse à Déïphobe : Viens lutter contre moi et tu trouveras en moi ce que vaut la race de Zeus. Celui-ci engendra Minos, le gardien de la Crète. Il eut un fils irréprochable : Deucalion et Deucalion m ’engendra pour être le chef de nombreux guer-
riers dans la grande terre de Crète. ( Iliade , XIII). Eumée à Pénélope : Ulysse […] était en Crète, le pays du roi Minos : c’est de cette terre qu’il est arrivé vers nous, balancé de vagues en vagues à travers les obstacles. ( Odyssée , XVII)
Le monde d’Ulysse et de la guerre de Troie, l’âge des héros pour les Grecs, fait donc partie du monde mycénien (encore appelé achéen). Toutefois, la description qu’en donne Homère utilise en majorité des éléments du monde géométrique (IX ème - VIII ème siècles av. J.-C.), période appelée ainsi en raison de la forme des décors réalisés sur les vases. Cela semble logique puisque c’est ce qu’il avait sous les yeux dans le monde où il vivait. Ses écrits sont également intéressants pour les spécialistes de la période minoenne car on y trouve de nombreuses mentions du monde minoen. Lorsque le poète décrit la Crète et ses guerriers, on a vraiment l’impression d’être encore à l’époque de l’apogée des palais crétois.

L’Iliade
Le nom de ce récit provient du grec Ilion, qui désignait la ville de Troie située sur le continent d’Asie Mineure, au nord-ouest de l’actuelle Turquie, non loin du Bosphore. Il est composé de 24 chants (chapitres), totalisant plus de 15 000 vers, et sans doute rédigé entre 850 et 750 av. J.-C. L’Iliade raconte un des épisodes de la guerre de Troie. La cause de cette dernière, qui n’est pas relatée dans l’Iliade, est l’enlèvement d’Hélène, la femme du roi de Sparte Ménélas, par Pâris, le fils de Priam, roi de Troie. Homère commence l’Iliade en relatant la colère du guerrier mycénien Achille contre le roi de Mycènes Agamemnon qui lui a pris Briséis, sa jeune captive. Achille ne veut donc pas participer au rassemblement des troupes effectué par Agamemnon pour aller combattre les Troyens. Toutefois, il change d’avis lorsque son ami Patrocle est tué par Hector, l’autre fils du roi Priam. L’Iliade se termine par les funérailles d’Hector, tué par Achille, et la prise de Troie ne sera contée que dans l’Odyssée.
Les grandes découvertes archéologiques de Schliemann et Evans montrent bien que le monde d’Homère n’est pas qu’une légende. Cependant, les historiens restent partagés sur la véracité des récits d’Homère à propos de la guerre de Troie. Homère a en effet jeté le doute en mélangeant les différentes caractéristiques de sa société à celles ayant existé antérieurement. Il mentionne par exemple l’usage du fer, alors que ce métal n’est pas encore utilisé à l’époque mycénienne. Néanmoins, les descriptions concernant les grandes demeures des héros homériques, comme le palais d’Ithaque, les belles vaisselles et les armes, correspondent bien au monde mycénien.
De nos jours, Homère reste très important. Après avoir été quelques temps oubliées, l’Iliade et l’Odyssée ont été remises au goût du jour au XIV ème siècle. Plus tard, au XIX ème siècle, il y a eu un véritable engouement pour Homère et, dans son sillage, pour la topographie homérique, c’est-à-dire la recherche des endroits décrits dans ses deux poèmes. Certains spécialistes ont aussi commencé à douter d’Homère, en exploitant les différences de styles entre l’Iliade et l’Odyssée, pour en déduire l’existence de deux auteurs au lieu d’un seul.

L’Odyssée
Ce récit tire son titre du nom grec d’Ulysse, Odysseus . Il compte environ 12 000 vers organisés en 24 chants, comme ceux de l’Iliade. L’Odyssée raconte le retour des guerriers mycéniens vainqueurs de Troie, après la prise de la ville grâce au fameux stratagème du cheval de Troie. C’est alors que la « Belle Hélène » est rendue au roi de Sparte Ménélas. Certains guerriers mycéniens vont rentrer chez eux assez rapidement mais pas Ulysse. Ce dernier, roi de l’île d’Ithaque située en Grèce occidentale, va mettre vingt ans pour rentrer chez lui ! Le récit du retour d’Ulysse se déroule en trois parties : d’abord, Télémaque, le fils d’Ulysse, part à la recherche de son père ; ensuite, Homère décrit les différentes aventures d’Ulysse ; enfin, il conte l’arrivée d’Ulysse dans son île d’Ithaque et le meurtre des prétendants qui voulaient s’approprier son épouse Pénélope.
Malgré ces doutes, on a cependant continué de rattacher le nom d’Homère à l’ensemble des poèmes de l’Iliade et de l’Odyssée. En tous cas, de nombreux érudits (topographes, géographes, botanistes, numismates, philologues…) vont sillonner la Grèce à la recherche des paysages et des sites mentionnés par Homère. Schliemann et Evans s’inscrivent donc bien dans une recherche devenue très à la mode.

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