Les Latins en Orient (XIe-XVe siècle)
382 pages
Français

Vous pourrez modifier la taille du texte de cet ouvrage

Obtenez un accès à la bibliothèque pour le consulter en ligne
En savoir plus

Les Latins en Orient (XIe-XVe siècle)

-

Obtenez un accès à la bibliothèque pour le consulter en ligne
En savoir plus
382 pages
Français

Vous pourrez modifier la taille du texte de cet ouvrage

Description

Croisades, échanges commerciaux, pèlerinages et voyages de découverte, autant de formes différentes de l'expansion occidentale en Orient du XIe au XVe siècle. Les croisades n'ont affecté qu'une frange du monde arabo-musulman, mais elles ont conforté son identité face aux premières expériences occidentales de colonisation. Les comptoirs, créés par les Latins à Byzance et au-delà, ont suscité un essor étonnant du commerce du Levant. En dépit des flux et reflux de l'expansion occidentale, ces échanges ont permis une découverte de l'Autre et enrichi la connaissance du monde.

Sujets

Informations

Publié par
Nombre de lectures 2
EAN13 9782130737476
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0262€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

2006
Michel Balard
Les Latins en Orient
e e XI -XV siècle
Copyright
© Presses Universitaires de France, Paris, 2015 ISBN numérique : 9782130737476 ISBN papier : 9782130518112 Cette œuvre est protégée par le droit d’auteur et strictement réservée à l’usage privé du client. Toute reproduction ou diffusion au profit de tiers, à titre gratuit ou onéreux, de tout ou partie de cette œuvre est strictement interdite et constitue une contrefaçon prévue par les articles L 335-2 et suivants du Code de la propriété intellectuelle. L’éditeur se réserve le droit de poursuivre toute atteinte à ses droits de propriété intellectuelle devant les juridictions civiles ou pénales.
Présentation
Croisades, échanges commerciaux, pèlerinages et voyages de découverte, autant de e e formes différentes de l’expansion occidentale en Orient du XI au XV siècle. Les croisades n’ont affecté qu’une frange du monde arabo-musulman, mais elles ont conforté son identité face aux premières expériences occidentales de colonisation. Les comptoirs, créés par les Latins à Byzance et au-delà, ont suscité un essor étonnant du commerce du Levant. En dépit des flux et reflux de l’expansion occidentale, ces échanges ont permis une découverte de l’Autre et enrichi la connaissance du monde. L'auteur Michel Balard Professeur d'histoire du Moyen Âge à l'université de Paris I - Panthéon-Sorbonne
Introduction
Table des matières
Première partie. Orientation bibliographique et documentaire
Orientation bibliographique et documentaire Deuxième partie. État des connaissances Aux origines de l’expansion « Mahomet et Charlemagne » e Rome au Constantinople au XI siècle e e Les latins à Constantinople et dans l'empire Byzantin (IX -XI siècles) Les latins en Égypte et en Syrie-Palestine avant 1095 Les pèlerinages vers Jérusalem avant 1095 e Le choc des croisades (XII siècle) e Idée et pratiques de la croisade au XII siècle Le film des croisades e Les pèlerinages vers Jérusalem au XII siècle e e L'expansion normande (XI -XII siècles) e Les États latins d’Orient au XII siècle Le comté d'Édesse (1098-1150) e La principauté d'Antioche au XII siècle e Le comité de Tripoli au XII siècle e Le royaume latin de Jérusalem au XII siècle e Le peuplement de la terre sainte au XII siècle La défense de la terre sainte Église latine et église orientales Les ordres militaires e L'essor économique (XII siècle) L’agriculture en terre sainte e Les latins à Byzance au XII siècle e L’expansion commerciale au XII siècle Des cultures partagées ? e Brassages culturels au XII siècle
Ébauches d’acculturation e Les croisades du XIII siècle La quatrième croisade et ses conséquences e Guerres et croisades (XIII siècle) Les guerres « coloniales » e Les États latins d'Orient au XIII siècle Les états francs de Syrie-Palestine Les états issus de la quatrième croisade e Le commerce du Levant au XIII siècle Les occidentaux en Romanie La pénétration occidentale en mer Noire Les occidentaux en Méditerranée orientale e Pèlerinages et missions au XIII siècle Les pèlerinages à Jérusalem Missions et églises catholiques d’Orient e e Latins, Grecs, Mamlûks et Ottomans (XIV -XV siècles) Guerres, ligues et croisades Territoires de colonisation e e Les Latins et le commerce du Levant (XIV -XV siècles) L’organisation des transports Les fluctuations de la conjoncture Voies et produits du commerce e e Pèlerinages et missions (XIV -XV siècles) e e Les pèlerinages vers Jérusalem aux XIV -XV siècles e e Missions et églises latines en Orient (XIV -XV siècles) Troisiéme partie. Recherches et débats Recherches et débats L’émigration occidentale La balance des paiements Un échange inégal ? Conclusion Index des noms de personnes, de peuples et de dynasties Index des noms de lieux
Index rerum
Introduction
Le titre de cet ouvrage est trompeur. Sous un libellé d’une apparente simplicité, il cache une diversité et une complexité de thématiques considérables. Qu’y a-t-il de e commun entre un pèlerin qui se rend à Jérusalem au XI siècle, en empruntant les routes incertaines de la péninsule balkanique et de l’Anatolie, et un membre de l’aristocratie vénitienne, à la tête d’une grande exploitation crétoise qui fournit vin et céréales à la Sérénissime ? entre un Benedetto Zaccaria, maître de Chio et de Phocée e au début du XIV siècle et un pauvre mercenaire venu vendre ses services pour la défense d’un comptoir occidental en Orient ? entre un chef de la croisade, avide de possessions aussi bien que de son propre salut, et un frère mendiant envoyé porter l’annonce de l’Évangile auprès des peuples asiatiques ? peu de chose, en vérité, sinon un séjour temporaire ou une résidence dans ce vaste ensemble que les Italiens et les Catalans du Moyen Âge avaient l’habitude de nommer l’Ultramare. Un mot qui désigne les régions situées au-delà du canal d’Otrante fermant « le Golfe » des Vénitiens : à la fois la Méditerranée orientale, la mer Égée et la péninsule balkanique, Constantinople et la mer Noire et, parfois même, jusqu’à l’Asie centrale. Dans ce vaste ensemble, la présence des Latins se m anifeste sous trois formes différentes, d’intensité variable selon la période considérée : le commerce, la guerre, les pèlerinages auxquels on peut joindre les voyages de découverte. Les premières communautés établies en Orient sont formées d’hommes d’affaires. Vénitiens ou e Amalfitains dans l’Empire byzantin dès le X siècle au moins, Génois et Amalfitains en e Égypte fatimide dès la fin du X siècle ne sont d’abord que des marchands de passage, avant de former de petits groupes stables qui obtiennent des privilèges commerciaux et juridictionnels et se dotent de tout ce qui est nécessaire à la vie quotidienne d’une communauté expatriée, bains, four, église, moulin, maison commune, où l’un des leurs rend la justice et administre ses concitoyens. L’activité commerciale débouche alors sur une entreprise de colonisation, confortée par un traité entre l’État d’accueil et la lointaine métropole à laquelle se rattachent les expatriés. Commerce et colonisation vont de pair dans les comptoirs d’Orient et dans les États nés de la croisade. L’installation des Occidentaux en Orient doit en effet beaucoup aux conquêtes e réalisées lors des croisades. Initiées dans les dernières années du XI siècle, elles aboutissent à la création de quatre États en Syrie-Palestine, dont les liens avec l’Occident ont une importance capitale pour leur essor et leur survie : immigration d’Occidentaux recrutés parmi la noblesse chevaleresque aussi bien que chez les popolani, lancement de nouvelles croisades pour reprendre des territoires perdus ou repousser un ennemi menaçant, construction de forteresses puissantes, à la fois bases de défense et centres de commandement, utilisation des flottes des républiques maritimes italiennes pour réduire les villes assiégées ou apporter renforts, armes, chevaux et approvisionnements nécessaires, tels sont quelques-uns des aspects des
relations suivies entre l’Orient et l’Occident. Mais la colonisation est aussi source de conflits : entre Occidentaux et indigènes qui supportent mal la sujétion qui leur est imposée, entre puissances colonisatrices elles-mêmes qui cherchent à éliminer les concurrents et à développer leur réseau d’affaires. Les luttes entre Gênes et Pise, entre Gênes, Venise et les Catalans, les méfaits de la piraterie rythment l’histoire de l’expansion occidentale en Orient. La croisade unit deux pratiques essentielles, la guerre sainte dont l’idéologie s’est développée dans la chrétienté occidentale à partir de la pensée de saint Augustin, et le pèlerinage vers les Lieux saints où le fidèle en revivant les épisodes de l’Ancien et du Nouveau Testament s’assure d’une profusion de grâces et de la certitude du salut. Le pèlerinage vers Jérusalem, bien antérieur aux croisades, a connu avec elles un essor sans précédent et s’est quasi institutionnalisé dans les derniers siècles du Moyen Âge. Il représente aussi pour les participants une expérience de découverte d’autres mondes, bien que leur attention se porte davantage vers les reliques et les sanctuaires que vers les réalités quotidiennes. Les récits de pèlerinage sont une des e formes des récits de voyages qui se multiplient à partir du XIII siècle et qui nous donnent l’image que leurs auteurs se faisaient des paysages nouveaux et des autres peuples qu’ils rencontraient sur leur chemin. Ces nations jusque-là inconnues de l’Occident le christianisme imposait d’essayer de les convertir. L’envoi de missionnaires, choisis surtout parmi les membres des ordres mendiants, et la création d’Églises nouvelles sont aussi une des formes de l’expansion des Latins en Orient, dans les territoires de colonisation occidentale, mais aussi jusqu’en Inde et en Chine. C’est dire l’extension du champ géographique ici retenu. Si l’on écarte le Maghreb, plutôt rattaché aux courants commerciaux de la Méditerranée occidentale, c’est l’ensemble de la présence latine dans le reste du m onde arabo-musulman qu’il faut prendre en considération. En Égypte, l’on suivra les vicissitudes des rapports commerciaux avec les Fatimides, les Ayyûbides et les Mamlûks, intermédiaires obligés du grand commerce intercontinental qui mène les produits précieux de l’Extrême-Orient, de l’Inde et de la Corne de l’Afrique jusqu’aux rivages de la Méditerranée. Les croisades, les efforts des Occidentaux pour conquérir la vallée du Nil, mais aussi les besoins des sultans en matériaux stratégiques (bois et fer) influencent le cours de ces rapports. Avec la Syrie-Palestine, l’on aborde l’histoire des pèlerinages occidentaux vers le Saint-Sépulcre, puis celle des États latins, issus de la Première croisade et qui se sont maintenus pendant deux siècles de 1098 à 1291. Plus au nord, la Cilicie arménienne — terme que l’on préférera à celui de Petite Arménie e — voit se développer un État original qui cherche au XIII siècle à susciter une alliance de la chrétienté avec les Mongols pour s’opposer à la pression croissante des Mamlûks. Le pays est aussi pendant près d’un siècle le point d’aboutissement d’une des grandes voies menant vers l’Asie centrale et l’Extrême-Orient : c’est dire l’intérêt qu’il suscite auprès des républiques marchandes italiennes, qui s’abstiennent e néanmoins de le soutenir lors de la conquête mamlûke du XIV siècle. Avec l’Asie centrale, la Chine et l’Inde, voyageurs et missionnaires passent au premier plan, bien qu’il ne faille pas négliger les échanges commerciaux directs entre
Occidentaux et Tatars. L’avancée fulgurante des armées mongoles dans la première e moitié du XIII siècle impose à la chrétienté la découverte de l’Autre, de ces adversaires qui, peu s’en est fallu, auraient pu soumettre toute l’Europe centrale jusqu’aux rives de l’Adriatique. Les khanats mongols stabilisés, la papauté leur envoie des frères mendiants dont les récits sont les premiers témoignages sur les États gengiskhanides et leurs populations. Les marchands emboîtent le pas aux missionnaires : à la fois homme d’affaires, diplomate et fonctionnaire au service des Mongols, Marco Polo a laissé le récit le plus célèbre de ces voyages vers l’Extrême-Orient, auxquels participent après lui de nombreux marchands génois et vénitiens, en quête de soie et d’épices. Moins aventureuses sont les relations avec Constantinople : une communauté de foi, certes ébranlée par les violences des croisés plus que par les divergences dogmatiques ou disciplinaires, une longue dépendance de Venise et des villes d’Italie du Sud envers l’Empire byzantin expliquent que ce soit vers Constantinople que se soient tournés les premiers marchands occidentaux ayant franchi le canal d’Otrante. e Dès le X siècle, et sans doute plus tôt encore, de petites communautés vénitiennes et amalfitaines ont été accueillies sur les rives de la Corne d’Or, prémices de ces comptoirs occidentaux qui, privilèges après privilèges, se sont imposés jusqu’à e devenir au XIV siècle de véritables États à l’intérieur de l’Empire et à dicter leur politique à desbasileisaffaiblis. Constantinople se trouve au cœur des rivalités entre Gênes et Venise, et sous la menace des Ottomans envers lesquels les Occidentaux adoptent une politique ondoyante, au gré de leurs intérêts immédiats. La capitale de l’Empire est aussi la clef de la mer Noire. Une mer qui reste inaccessible aux Latins jusqu’à la Quatrième croisade. Mais il serait erroné de croire que la création de l’Empire latin de Constantinople ouvre aux marchands occidentaux les vastes espaces pontiques. Les quelques actes commerciaux conservés par des notaires vénitiens et l’existence d’un petit comptoir fréquenté par les Polo à Soldaïa, sur la riviera criméenne, sont peu de chose en comparaison de la vaste expansion qui s’ébauche après 1261 et s’amplifie dans les années 1280. Désormais c’est aussi dans ces régions que se développe l’ample rivalité vénéto-génoise qui se concrétise par trois guerres « coloniales » en un siècle. En effet, les comptoirs que les Occidentaux e fondent sur les rives du Pont-Euxin deviennent dans la première moitié du XIV siècle le débouché de la route mongole de la soie et des épices, en même temps que des lieux d’exportation des produits agricoles et ichtyologiques de la région. Caffa, La Tana et Trébizonde sont les têtes de lignes des navigations occidentales et forment de grandes agglomérations poly-ethniques où les Latins voisinent avec Grecs, Tatars et Coumans. L’expansion occidentale a mis plusieurs siècles pour se consolider dans ces différentes régions. Elle s’ébauche avec les anciens sujets de Byzance, Vénitiens, e Amalfitains, gens des Pouilles et de Calabre, rejoints dès la fin du X siècle par les hommes des cités tyrrhéniennes qui s’éveillent à la vie maritime en chassant les Sarrasins de leur mer. Le commerce du Levant n’est pas né avec les croisades ; il leur est antérieur de plus d’un siècle. Mais les croisades lui ont donné une ampleur sans
  • Accueil Accueil
  • Univers Univers
  • Ebooks Ebooks
  • Livres audio Livres audio
  • Presse Presse
  • BD BD
  • Documents Documents