Les preux chevaliers noirs
78 pages
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Description

Aux environs de Lyon, 183 valeureux combattants africains morts pour la France au cours des combats de la Deuxième Guerre mondiale, reposent au Tata de Chasselay, cimetière-mémorial. Les "Preux Chevaliers Noirs de l'Afrique française", comme les désigna Jean Marchiani, furent nombreux à participer aux combats... Et, dès août 1940, ils constituèrent les premières colonnes de la France combattante, avant-garde de l'épopée victorieuse de la légendaire Deuxième Division Blindée du général Leclerc.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 01 mars 2009
Nombre de lectures 394
EAN13 9782336260945
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0005€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Du même auteur
Pasteur Armand Joachim Mengome Un apôtre, une légende, éditions Le Luy de France
Sous le pseudonyme Auguste Ténor
Tango au cap Estérias, éditions Le Manuscrit
Les amants olympiques de Grenoble, éditions Le Manuscrit
Les preux chevaliers noirs
Ces héros méconnus de la France - (1939 - 1945)

Barthélémy Ntoma Mengome
Sommaire
Du même auteur Page de titre Page de Copyright Dedicace Avant-propos Introduction Chapitre I - LE CAPITAINE NTCHORERE ET LES COMBATS DE LA SOMME Chapitre II - LE TATA DE CHASSELAY Chapitre III - L’« AFRIQUE FRANCAISE » ET LES COMBATS DE LA LIBERATION Chapitre IV - LES DRAMES DE LA RELEVE Chapitre V - LA « DECRISTALLISATION » DES PENSIONS Chapitre VI - LE DEVOIR DE MEMOIRE
© L’Harmattan, 2009
5-7, rue de l’Ecole polytechnique ; 75005 Paris
http://www.librairieharmattan.com harmattan1@wanadoo.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr
9782296076938
EAN : 9782296076938
A ma petite Jojo, mon épouse, l’amour de ma vie .
Avant-propos
Ils sont venus d’Afrique : Gabon, Sénégal, Tchad, Mali, Congo, Centrafrique, Burkina Faso, Guinée, Niger, Côte d’Ivoire, Bénin, Mauritanie. Et — aux côtés de leurs frères d’armes Français et Alliés sur les champs de bataille de la Deuxième Guerre Mondiale — ils ont écrit, avec leur sang, des pages glorieuses de l’Histoire de France et de l’Humanité toute entière...,
LES PREUX CHEVALIERS NOIRS !
Introduction
Le film « INDIGENES » est venu probablement mettre un terme au vrai faux débat sur les pensions des vétérans des anciennes colonies françaises, ceux-là qu’on appelait les « Tirailleurs Sénégalais ». En effet, après avoir visionné le film aux côtés du réalisateur et des acteurs principaux, le Président de la République Française, Jacques Chirac, avait pris l’engagement d’aligner le montant des retraites des anciens combattants africains au niveau de celui de leurs frères d’armes français.

Les combattants africains des anciennes colonies françaises ont payé au prix fort, aux côtés de leurs frères d’armes métropolitains, la liberté de la France et celle de tous ses habitants. Toutefois, l’hommage le plus émouvant leur sera rendu en 1942, pendant l’Occupation, par Jean Marchiani , Secrétaire général de l’Office départementale des Mutilés, Combattants, Victimes de Guerre et Pupilles de la Nation du Rhône. Il acheta sur ses fonds propres un terrain aux environs de Chasselay, dans le département du Rhône. Il y fit inhumer des dizaines de corps de soldats africains tués pendant la Campagne de France.

Ce cimetière s’appelle le Tata de Chasselay. Tata, en langue bambara, veut dire « enceinte de terre sacrée » où l’on inhume les guerriers morts au combat. Lors de l’inauguration de ce cimetière, le 8 novembre 1942, Jean Marchiani rendit un vibrant hommage à ces vaillants soldats venu d’Afrique qu’il désigna par les termes élogieux de « Preux Chevaliers Noirs de l’Afrique française ».

Une vingtaine d’années plus tôt, le missionnaire Félix Faure paraphait un livre sur les missions. Il avait été envoyé au Gabon par la Société des Missions Evangéliques de Paris, et créa entre Lambaréné et Ndjolé la mission protestante de Sam-Kita. Félix Faure évoqua dans les termes qui vont suivre le rôle majeur des « Indigènes » - les aînés des Tirailleurs Sénégalais - au cours des combats à côté de leurs frères d’armes métropolitains, pendant la Première Guerre mondiale :

« ...Enfin, souvenons-nous que de nos colonies sont venus des centaines de milliers d’indigènes à l’appel de la métropole pour prendre part à la Grande Guerre et nous aider à sauver la France. Ils se sont faits tuer pour nous. Chaque mère française qui a vu son fils revenir de la fournaise peut se dire qu’un Noir est mort à la place de son enfant. En effet, 65%, les 2/3 de ces indigènes, sont restés sur la terre de France, tués au front ou atteints de maladies contractés à l’arrière. Pensons à ceux qui pleurent leurs morts de la guerre, là-bas, par- delà les mers, et soyons reconnaissants envers ces peuples qui nous ont donné leurs fils pour assurer notre victoire, et mourir... » .

Quand les troupes ennemies déferlèrent de nouveau sur la France, au printemps 1940, les Tirailleurs Sénégalais répondirent encore présents aux côtés des métropolitains, à l’appel du gouvernement français pour défendre la patrie. L’expression les Preux Chevaliers Noirs de l’Afrique Française est bienvenue pour évoquer la participation des soldats originaires des anciennes colonies françaises d’Afrique dans différents champs de bataille de la Deuxième Guerre mondiale. Parmi tant d’autres hauts faits d’armes, nous évoquerons essentiellement les épisodes où les soldats africains ont fait leur devoir jusqu’au bout et même au-delà, face à un ennemi dont la dignité humaine était le dernier des soucis.

Les troupes nazies manifestaient envers les soldats noirs une crainte évidente et un racisme stupide. Ces sentiments caractéristiques de la philosophie nationale-socialiste étaient le plus souvent suivis d’actes barbares, si par malheur les Tirailleurs étaient faits prisonniers. On en cite de nombreux exemples lors des rudes combats sur la Somme en juin 1940. Quand, quelquefois, après de furieux engagements, le commandant de l’unité était contraint d’ordonner la reddition, des soldats sénégalais préféraient se faire sauter la tête avec leur arme plutôt que de tomber vivants aux mains des Allemands. Ce fut le cas de deux caporaux et de cinq fantassins du 7 ème Régiment des Tirailleurs Sénégalais (RTS), après une journée d’affrontement à la mitrailleuse, à la baïonnette et au coupe-coupe sur le champ de bataille du Pas-de-Calais.

Effectivement, les Tirailleurs Sénégalais utilisaient souvent le coupe-coupe, arme blanche redoutable, lors des combats au corps à corps. C’est une sorte de sabre qui, dans certains pays en Afrique, sert à tailler les herbes et arbustes dans les forêts tropicales et équatoriales. Le coupe-coupe était craint par les nazis qui le jugeaient comme ce qu’ils appelaient « une arme inadmissible et indigne de la France ».

Dans les pages qui vont suivre, nous allons faire connaissance des actes de bravoure et d’abnégation de ces soldats venus des ex-colonies françaises d’Afrique, dans différents champs de bataille de la Deuxième Guerre mondiale. Nous verrons par la suite que, si leur tenue au combat et leurs sacrifices pour sauver la patrie furent à la hauteur de ceux de leurs frères d’armes métropolitains, certains événements comme le blanchiment des troupes et la cristallisation des pensions - mis en place, respectivement, vers la fin des combats de la Libération et au lendemain des Indépendances des colonies - constituent des phases peu glorieuses de l’Histoire de France. Ceci mériterait d’être mieux expliqué aux jeunes générations, et les victimes de ces bavures de l’ère coloniale devraient, à juste titre, obtenir réparation.

On découvrira de Preux Chevaliers Noirs dans toutes les batailles et dans toutes les phases du conflit : la Campagne de France, la France Combattante, la Libération. Et c’est en Afrique Française que la France va prouver, dès août 1940 - deux mois après la signature de l’armistice - qu’elle continue à se battre. La France Combattante remportera ses premières victoires au cœur de l’Afrique subsaharienne en éloignant ou en éliminant les partisans de la Collaboration. Et en 1944, Brazzaville, la capitale du Congo, deviendra la première capitale de la France Libre.

Dans les pages qui suivent, nous allons vivre les différentes étapes de cette période trouble. Nous analyserons successivement les circonstances qui ont conduit à tous ces événements tels que nous les connaissons aujourd’hui, aussi bien pendant les phases les plus chaudes des hostilités qu’à l’heure des bilans, au moment où chaque combattant démobilisé était censé regagner son foyer. Nous parcourrons successivement les épisodes suivants : Le Capitaine Ntchoréré et les combats de la Somme - Le Tata de Chasselay - L’Afrique Française et les combats de la Libération — Les drames de la Relève — La Décristallisation d es pensions — Le Devoir de Mémoire.
Chapitre I
LE CAPITAINE NTCHORERE ET LES COMBATS DE LA SOMME
Pendant la Campagne de France (1939 - 1940), 121000 ressortissants des colonies françaises d’Afrique participèrent aux combats dans les rangs de l’armée française. C’est ainsi que, sur la Somme, entre Airaines et Hangest, du 5 au 7 juin 1940, le 1 er bataillon du 53 ème Régiment d’Infanterie Coloniale Mixte Sénégalais (RICMS), aux ordres du commandant Seymour, s’opposa à la 7 ème Panzerdivision de l’armée allemande du général Rommel qui déferlait sur la France. Les combats furent acharnés.

Le 53 ème RICMS est constitué de 3000 hommes, soient 1800 Africains et 1200 Européens. Son poste de commandement est établi au château de Quesnoy. Les Allemands leur font face avec 5000 hommes et 218 chars. L’aviation ennemie est maîtresse du ciel. Elle pilonne les agglomérations et sème la destruction. Les Allemands interceptent et brouillent toutes les communications françaises.

Au nord du village d’Airaines, le commandant Seymour a confié à la 5 ème Cie la défense du point d’appui du dispositif qu’il a mis en place pour freiner la progression des troupes ennemies.

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