Les Rues d Orléans
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Les Rues d'Orléans

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Description

L’historique des Rues d’Orléans n’a point la prétention d’être une œuvre d’érudition, dans le sens absolu du mot : c’est plutôt une œuvre de vulgarisation. Dans ce travail, nous avons cherché à intéresser le lecteur en mettant en relief, non seulement les événements qui se rattachent à l’histoire de notre Vieille Cité, mais surtout les faits anecdotiques ou autres qui s’y sont déroulés, ayant une certaine importance au point de vue local. Pour arriver à ce but, il nous a fallu compulser les anciens historiens orléanais, puis compiler les œuvres si diverses de ceux qui, plus près de nous, se sont occupés de notre ville... Nos contemporains, également, n’ont point échappé à nos investigations, ainsi que le prouvent les notes et renvois indiquant la source de nos emprunts. Les archives départementales et communales nous ont aussi fourni leur contingent de renseignements; les feuilles locales, elles-mêmes — journaux et publications — ont été mises à contribution, surtout en ce qui concerne les faits orléanais proprement dits. Malgré ces recherches patientes — qui nous ont demandé près de sept années — notre œuvre n’est sans doute point parfaite... » (extrait de la Préface, édition originale de 1901).


Eugène-Napoléon Lepage n’a pas laissé d’autres oeuvres à la postérité que Les Rues d’Orléans ; mais son livre demeure un classique, indispensable guide pour mieux connaître et apprécier Orléans et son histoire ; un ouvrage constamment réédité depuis plus de cent ans !


Nouvelle édition entièrement recomposée et illustrée de cet ouvrage indispensable à une bonne connaissance de la capitale de l’Orléanais.

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Informations

Publié par
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EAN13 9782824053936
Langue Français
Poids de l'ouvrage 5 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0105€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

isbn

Tous droits de traduction de reproduction et d’adaptation réservés pour tous les pays.
Conception, mise en page et maquette : © Eric Chaplain
Pour la présente édition : © edr/ EDITION S des régionalismes ™ — 2020
Editions des Régionalismes : 48B, rue de Gâte-Grenier — 17160 cressé
ISBN 978.2.8240.1023.6 (papier)
ISBN 978.2.8240.5393.6 (numérique : pdf/epub)
Malgré le soin apporté à la correction de nos ouvrages, il peut arriver que nous laissions passer coquilles ou fautes — l’informatique, outil merveilleux, a parfois des ruses diaboliques... N’hésitez pas à nous en faire part : cela nous permettra d’améliorer les textes publiés lors de prochaines rééditions.

Vue ancienne d’Orléans.






AUTEUR

eugèn e LEPAGE




TITRE

Les Rues d’Orléans Recherches historiques sur les rues, places et monuments publics depuis leur origine jusqu’à 1900











Maison de Diane de Poitiers.
PRÉFACE
L ’historique des Rues d’Orléans n’a point la prétention d’être une œuvre d’érudition, dans le sens absolu du mot : c’est plutôt une œuvre de vulgarisation.
Dans ce travail, nous avons cherché à intéresser le lecteur en mettant en relief, non seulement les événements qui se rattachent à l’histoire de notre Vieille Cité, mais surtout les faits anecdotiques ou autres qui s’y sont déroulés, ayant une certaine importance au point de vue local.
Pour arriver à ce but, il nous a fallu compulser les anciens historiens orléanais : François Lemaire, Symphorien Guyon, Polluche, Beauvais de Préau, les manuscrits de l’Abbé Dubois, de l’Abbé Pataud, etc., etc. ; puis, compiler les œuvres si diverses de ceux qui, plus près de nous, se sont occupés de notre ville, principalement Vergnaud-Romagnesi, Lottin, de Buzonnière, René Biémont, etc.
Nos contemporains, également, n’ont point échappé à nos investigations, ainsi que le prouvent les notes et renvois indiquant la source de nos emprunts.
Les archives départementales et communales nous ont aussi fourni leur contingent de renseignements ; les feuilles locales, elles-mêmes — journaux et publications — ont été mises à contribution, surtout en ce qui concerne les faits orléanais proprement dits.
Malgré ces recherches patientes — qui nous ont demandé près de sept années — notre œuvre n’est sans doute point parfaite.
On y relèvera bien c ertainement encore quelques oublis, quelques erreurs. Nous en avons nous-même reconnu un certain nombre dont on trouvera le relevé « paginal » à la fin du volume, sous le titre d’A ppendice .
Quoi qu’il en soit, nous le soumettons tel quel au jugement du lecteur.
Nous ne voulons point terminer ce court exposé sans remercier l’érudit bibliothécaire de notre ville, M. Cuissard, de l’aide précieuse qu’il nous a prêtée au cours de nos recherches, ainsi que M. Durand, le distingué directeur des travaux municipaux de la ville d’Orléans, qui a bien voulu mettre gracieusement à notre disposition son talent de dessinateur, pour illustrer les Rues d’Orléans.
Nous adressons aussi nos remerciements les plus cordiaux aux souscripteurs qui, dès la première heure — s’intéressant à l’œuvre que nous avions entreprise — nous ont permis, par leur bienveillant concours, de la mener à bonne fin.
Nous exprimons également toute notre gratitude à MM. les Membres du Conseil général du Loiret, lesquels, dans leur session d’août 1899, ont attribué à notre publication un des prix du Major Robichon.



ORLÉANS
C oquettement assise sur la rive droite de la Loire, ORLÉANS peut, à bon droit, passer pour une des villes les plus françaises de notre « beau pays de France ».
Qu’elle se soit appelée Genabum, lorsque Jules César la prit aux Gaulois, ou plutôt aux Carnutes — 53 ans avant l’ère chrétienne ; — que le nom d’Aurelianum lui ait été donné quand Aurélien, au iii e siècle de notre ère, la releva de ses ruines, il n’en reste pas moins acquis que la Monarchie française ne date réellement que du jour où Clovis I er s’empara de cette ville, devant laquelle étaient venues se briser, près d’un demi-siècle auparavant, les hordes jusqu’alors invaincues d’Attila.
** *
À la mort de Clovis I er , son fils Clodomir en fit la capitale des états qui lui échurent en partage. Il fonda ainsi le royaume d’Orléans, lequel devint, tout d’abord, avec les états de Clovis Ier, la possession de Clotaire Ier, puis de Gontran.
À ce dernier, succédèrent comme rois d’Orléans Childebert II, Thierry II et enfin Clotaire II, qui, comme Clotaire I er , régna seul sur le royaume de France.
Sous la période carolingienne, Orléans vit Charlemagne, grâce à l’influence du savant évêque Théodulphe, s’intéresser particulièrement à sa prospérité, à ses écoles, lesquelles ne tardèrent pas à devenir célèbres.
À partir de cette époque, Orléans joua un rôle relativement important dans l’histoire générale.
***
Pour apaiser la rébellion de ses fils, Louis le Débonnaire y convoqua, en décembre 832, les États du royaume ; Charles le Chauve s’y fit couronner, en 851, ainsi que son fils Robert, né en cette ville.
C’est vers cette époque qu’apparurent les Normands qui, à plusieurs reprises, pillèrent Orléans et mirent le feu à la ville.
Sous la période capétienne, Philippe I er y tint, en 1077, son parlement ; Louis VI, dit le Gros, s’y fit sacrer et couronner, en 1109 ; Louis VII s’y maria, en 1159, et, en 1180, affranchit tous les serfs qu’il possédait à cinq lieues autour de la ville.
Orléans devint, au xiii e et au xiv e siècle, la gloire de la France par son Université.
***
En 1344, Philippe de Valois sépara Orléans de la couronne et l’érigea en duché-pairie, dont il fit un apanage pour son second fils, Philippe, qui prit alors le titre de Dauphin.
Le duché appartint ensuite à Louis, frère de Charles VI, tige de la branche d’Orléans.
***
C’est alors, en 1429, que se produit, pour Orléans, le fait le plus saillant de son histoire.
La France meurtrie, démembrée, en partie au pouvoir des Anglais, voit, tout à coup, apparaître Jeanne d’Arc, qui, réveillant de sa torpeur le malheureux roi Charles VII, s’élance à la tête des armées, délivre Orléans, fait sacrer le roi à Reims, chasse les Anglais de France et meurt, en 1431, sur le bûcher de Rouen.
***
Sous les règnes de Louis XI, de Charles VIII et de Louis XII, Orléans s’agrandit successivement. Sa prospérité allait prendre un, nouvel essor, grâce à son commerce, quand survinrent les guerres de religion, qui ne tardèrent pas à dégénérer en guerre civile.
Catholiques et protestants devinrent, tour à tour, maîtres d’Orléans ; et, de ce fait, peu de villes subirent autant de calamités et de dévastations, car, pendant ces funestes dissensions, presque toutes ses églises et quantité de maisons remarquables furent détruites.
Elle ne retrouva guère sa tranquillité que sous Henri IV, qui vint assister au Jubilé de 1601, et poser la première pierre du portail de la cathédrale, dont il avait ordonné la reconstruction.
Le duché d’Orléans fut ensuite l’apanage de Gaston d’Orléans, à qui Louis XIII le donna, de même que Louis XIV, plus tard, en gratifia Philippe de France, entre les mains duquel il resta jusqu’en 1789. Durant cette longue période monarchique — de Clovis Ier à François II — il se tint à Orléans onze conciles, synodes ou assemblées de prélats.
***
En 1790, Orléans devint le chef-lieu du département du Loiret, et cette ville qui, à l’origine, n’était qu’un petit oppidum carnute, où se réunissaient, sur les bords de la Loire, les diverses peuplades de la Gaule pour y former un marché commun, possède aujourd’hui (1) près de 70.000 habitants.
Aussi, peut-on justement dire que si Orléans n’a pas été la capitale de la France, elle en est restée le cœur, avec — prestigieuse auréole — le souvenir impérissable de Jeanne d’Arc, de cette vierge, de cette humble bergère, qui peut être considérée comme la personnification la plus pure du Patriotisme.





AVANT-PROPOS
P our l’intelligence des faits que nous allons énumérer au cours de cette étude sur les rues d’Orléans, nous croyons devoir rappeler, en guise de préface, les diverses accrues qui, successivement, ont concouru à la formation de notre Cité.
Le plus ancien plan d’Orléans que l’on connaisse donne à l’enceinte primitive de notre ville la forme d’un quadrilatère presque régulier.
Le tracé de ce plan nous indique qu’au sud les murailles de la ville, côtoyant la Loire, s’étendaient de la rue de la Tour-Neuve ou, plus exactement de l’axe, de la rue Saint-Flou, à l’ancienne rue des Hôtelleries-Sainte-Catherine, que remplace aujourd’hui la large voie centrale donnant accès aux Halles Nouvelles.
A cette extrémité, l’enceinte faisait un demi-cercle, englobant l’espace où était bâtie l’ancienne chapelle Saint-Jacques, — placée, comme on se le rappelle, en face du tronçon restant de la rue Pierre-Percée ; — puis, suivait en droite ligne la voie qui sépare actuellement les quatre pavillons des Halles, la rue Ducerceau, la rue Sainte-Catherine, jusqu’à l’endroit où, sur cette dernière, s’amorce la rue Saint-Pierre-du-Martroi. De là, les murailles suivaient parallèlement, à quelque chose près, le côté nord de la rue Jeanne-d’Arc, effleuraient la cathédrale, coupaient une portion des cours de l’Évêché et venaient s’arrêter près de la rue du Bourdon-Blanc, en face de la rue Saint-Euverte, pour, de ce point, s’abattre en ligne droite jusqu’à la Loire, côtoyant le côté ouest de la rue du Bourdon-Blanc et prenant le tracé des rues de la Fauconnerie et Saint-Flou.
Au xiv e siècle, sous Philipp e le Bel et sous Philippe de Valois, cette enceinte s’accrut, à l’ouest, du Bourg d’Avenum, groupé autour des chapelles de Saint-Paul, puis successivement des terrains s’étendant, — du nord au sud, — de la place du Martroi à la Loire, et — de l’est à l’ouest, — de l’ancienne rue des Hôtelleries à la rue de Recouvrance (2) .
Sous Louis XI, la ligne de défense fut, du côté est, reportée des rues de la Tour-Neuve et du Bourdon-Blanc aux boulevards de la Motte-Sanguin et de Saint-Euverte, pour de là s’infléchir, au nord, jusqu’à la rue actuelle de la Porte-Saint-Vincent.
Charles VIII vint, à son tour, compléter l’œuvre de Louis XI, en agrandissant l’enceinte ouest de la ville. Par ses ordres, Joan de Gourville et Yvon d’Illiers donnèrent pour limites, à la cité agrandie, le tracé presque circulaire figuré aujourd’hui par le boulevard des Princes, ceux du Moulin-de-l’Hôpital, de Rocheplatte et d’Alexandre-Martin, se soudant ainsi à la partie nord de la précédente clôture.
À ces quatre enceintes il convient d’ajouter le quartier qui bordait la rive gauche de la Loire qu’en aucun temps on ne jugea utile d’enclore de murailles, estimant que les crues fréquentes du fleuve en auraient trop souvent raison.
Enfin, pour terminer, nous pourrions dire que l’époque actuelle a le droit de revendiquer comme limites de la cité le tracé déterminé par l’octroi. On trouvera le détail de son périmètre dans le récent Annuaire du Loiret , auquel nous avons emprunté, pour établir l’histoire de nos rues, l’ordre alphabétique, de préférence à toute autre classification.
NOMENCLATURE DES TOURS ET PORTES des anciennes enceintes d’Orléans
PREMIÈRE ENCEINTE
N os
N os
1 Tour Neuve.
16 Tour des Vergers-Saint-Samson.
2 — Blanche.
17 Porte Saint-Samson.
3 — d’Avalon.
18 Tour des Créneaux.
4 — Saint-Flou.
19 Porte Dunoise.
5 Première Porte Bourgogne.
20 Tour Saint-Hilaire ?
6 Tour Saint-Etienne.
21 Porte Saint-Jacques.
7 — du Champ-Egron.
22 — Jacquin-Rousselet.
8 — Aubilain.
23 Tour de feu Pierre-Queux.
9 — de la Fauconnerie.
24 Porte Soleil.
10 — du Plaidoyer-de-l’Évêque.
25 Chèche-Metfroy.
11 — de Sainte-Croix.
26 Poterne Chesneau.
12 — Salée.
27 Tour Aubert.
13 Porte Parisie.
28 — à huit Pans, ou Carrée.
14 Tour de Jean-Thibault.
29 Tour et Porte des Tanneurs.
15 — de Saint-Mesmin.
DEUXIÈME ENCEINTE
N os
N os
30 Tour Heaume.
37 Tour de la Barre-Flambart ou Flambert.
31 Tour Bannier.
38 — du Bassin.
32 Tour de feu Michau-Quanteau
39 — Notre-Dame.
33 Porte Renard.
40 — de l’Abreuvoir.
34 Tour de l’Eschiff-Saint-Paul.
41 Porte de l’Abreuvoir.
35 Tour André.
42 — du Héron.
36 Tour de Recouvrance ou Tour ronde.
43 — de la Herse ou de la Faux.
TROISIÈME ENCEINTE
N os
N os
44 Porte de la Tour-Neuve.
49 Tour des Connins.
45 Fort Alleaume.
50 — Saint-Euverte.
46 Tour et Fort de la Brebis.
51 Porte de la Forêt.
47 — de l’Etoile ou de la Vallée.
52 Tour Juranville.
48 Porte Bourgogne (deuxième).
53 — de Penincourt.
QUATRIÈME ENCEINTE
N os
N os
54 Tour de Bourbon, depuis Poudrière.
66 Porte Saint-Jean.
55 Porte Saint-Vincent.
67 Tour Saint-Louis.
56 Tour Saint-Avit.
68 — Balthazard.
57 — Saint-Esprit.
69 Porte Madeleine.
58 — Saint-Pierre.
70 Tour Saint-Joseph.
59 — Saint-Michel.
71 — Rideuve.
60 — Terrasse ou Terrassée.
72 Tour et éperon du Ravelin Saint-Laurent.
61 — Belles-Mazures.
73 — Rose.
62 — Le Roy.
74 — Terrassée.
63 Porte Bannier.
75 Porte de Recouvrance
64 Tour Gouvernante.
65 — des Arquebusiers.


Dans le volume que nous avons publié, en 1893, sous le titre : Les rues disparues du quartier du Chatelet , nous donnons la description détaillée de ces deux enceintes, des tours et des portes qui les défendaient. Herluison, éditeur .


APPENDICE
contenant
la nomenclature des rues, places et impasses non comprises dans l’historique des rues d’Orléans, ainsi que divers renseignements complémentaires concernant les mêmes rues.
Rue des Acacias. — Commence rue de la Bourie-Blanche, finit rue de la Bourie-Rouge. Percée par la Société Immobilière sur la butte dite des Acacias, à la même époque que les rues de Paris, Parmentier, et autres, page 360. Cette rue doit son nom à l’essence du petit bois dont les allées ombreuses contournaient la minuscule colline. Voir page 84 : faits de guerre 1870.
Place Adolphe-Cochery. — En vertu d’une délibération prise par le Conseil municipal, le 19 novembre 1900, la place Marché-Porte-Renard, sur laquelle, en 1899-1901, fut élevé l’hôtel des postes et télégraphes d’Orléans, a été nommée place Adolphe-Cochery.

Le nouvel Hôtel des Postes et Télégraphes.
Voici le texte de la proposition, faite au Conseil municipal par M. Biscara, au cours de cette séance :
« Républicain ardent et convaincu, il fut de ceux qui avec Gambetta combattirent avec acharnement pour le triomphe de la République pendant les dernières années de l’Empire.
Il vota avec M. Thiers contre la déclaration de guerre à la russe et, nommé commissaire de la défense nationale dans le département du Loiret, nous n’avons pas oublié quelle activité et quel dévouement patriotique il déploya dans l’accomplissement de mission aux douloureux moments de nos désastres.
Plus tard lorsque la France, remise des maux occasionnés par la guerre, poursuivit le cours de ses travaux parlementaires, M Adolphe Cochery fut le premier titulaire du ministère des postes et télégraphes qu’il occupa pendant sept années consécutives.
Vous savez quelles transformations heureuses il réalisa dans ces importants services ; mais il est bon cependant de rappeler avec quelle sollicitude il s’attacha à l’amélioration de la situation du personnel et surtout des petits employés.
Je ne m’étendrai pas plus longtemps sur l’existence politique de M. Ad. Cochery, et je vous la résumerai en vous citant cette phrase d’un des nombreux articles de la presse entière, à sa mémoire : « Deux idées maîtresses ont toujours guidé M. Adolphe Cochery, inspiré sa vie et ses actes : la République et la Patrie  ».
Le nouvel Hôtel des Postes et Télégraphes, commencé le 15 décembre 1898, terminé en 1901, a été édifié sur des plans fournis par M. Boussard, architecte des postes et télégraphes. Construit par MM. Couturier frères, ce monument doit les sculptures qui le décorent à M. Ernest Lanson, pour les cartouches et les médaillons entourant sa partie extérieure ; à M. Caillot, pour les deux statues du fronton et les divers motifs décoratifs intérieurs. M. D. Fournier a concouru à l’embellissement de la grande salle destinée au public en reproduisant au plafond les merveilleux caissons qui décorent celui de la galerie de la maison d’Agnès Sorel, de la rue du Tabour. Une herse de fer, où viennent aboutir les fils télégraphiques et téléphoniques, couronne ce monument et en indique l’affectation spéciale (167) .
Rue des Albanais . — Outre les étymologies que nous avons fournies, ce nom peut également venir d ’Alban, étrangers.
Rue Alsace-Lorraine. — Commence rue des Huguenots, finit de la République. De création toute récente, puisqu’elle date de 1900, cette voie traverse les anciennes dépendances de la prison départementale, ainsi que les cours et jardins de l’ex-gendarmerie et comporte déjà, sur l’un de ses côtés, de forts jolis immeubles. Voir rue de la Bretonnerie, page 135, et rue Verte.
Rue des Anglaises . — À propos de cette rue, M. Guillon prétend que le nom qu’elle porte proviendrait de ce que les premières religieuses carmélites qui occupèrent le couvent donnant dans cette rue étaient d’origine anglaise. Nous le notons, quoique n’ayant rien trouvé confirmant cette assertion.
Rue des Aydes. — Commence bourg des Aydes, finit rue des Closiers, traverse divers clos de vignes (168) .
Rue Baille-Vache. — Située en pleine campagne, cette voie champêtre commence rue du Petit-Pont, finit rue du Petit-Villiers.
Rue des Balletières. — Faubourg Saint-Marceau, commence rue des Montées, finit rue du Bois-Girault.
Rue Bannier . — L’établissement financier qui existait dans cette rue : Le Comptoir d’Escompte, n’existe plus à l’heure actuelle (1901).
Rue de Belle-Vue. — Commence rue de Barbotte, finit rue aux Loups, faubourg Saint-Marceau. Au point culminant de cette rue, on embrasse tout le panorama d’Orléans, d’où son nom.
Rue de la Benâtre. — Quartier est d’Orléans, commence rue Saint-Marc, finit clos de la Benâtre, qui a donné son nom à cette modeste voie suburbaine.
Rue du Bignon. — Commence Grande-Rue-Saint-Marc, finit à Semoy, en pleine campagne.
Rue Bizette. — Commence rue de la Fontaine, finit rue Hatton, faubourg Saint-Marceau. Vergnaud-Romagnési, à propos de cette rue, écrit ce qui suit : « On appelle Bizet le pigeon qui fuit et Bizette sa femelle ».
Rue de la Boèche , ou plutôt venelle de la Boèche. — Commence rue Xaintrailles, finit rue Gratteminot. Traverse l’ancien clos de la Boèche, ou Boische, lequel faisait partie d’un fief appartenant à la famille Beauharnais et dépendait de la propriété que cette famille possédait dans les faubourgs Saint-Jean et Madeleine et nommée : la Chaussée.
«  La Chaussée , dit M. de Vassal, était un petit castel qui fut élevé sur le point culminant et au bord du chemin conduisant à Saint-Jean-de-la-Ruelle. Son nom et son origine se confondent avec le nom et l’origine de la chaussée pavée qui, dès le xii e siècle, s’étendait de la Croix-Morin à l’orme de la Banlieue ». (Voir faubourg Saint-Jean.)
D’autres auteurs prétendent que la Chaussée n’était autre que la propriété du Baron, annexe de l’asile des aliénés de l’Hospice d’Orléans. Les titres ne sont point précis à ce sujet, d’autant plus que ce domaine pouvait s’étendre du faubourg Saint-Jean à la Loire.
Rue du Bois-Girault. — Commence rue de la Planche, finit rue Balletières, faubourg Saint-Marceau. Doit son nom à la propriété : le Bois-Girault.
Rue de Boyau ou du Boyau. — Faubourg Saint-Marceau, commence rue de la Cigogne, finit rue Barbotte ; en pleines propriétés maraîchères ; doit sans doute son nom à son étroitesse.
Rue des Chabassières. — Comme la précédente, faubourg Saint-Marceau, commence rue du Clos-Rozé, finit rue Moreau. Est-ce une famille qui a donné son nom à cette voie champêtre ? Peut-être. Toutefois, nous pouvons ajouter qu’un édile de la ville d’Orléans a porté ce nom ; en effet, M. Chabassière a été élu conseiller municipal en janvier 1878.
Avenue du Champ-de-Mars. — Commence quai Neuf, finit au champ de manœuvres de l’Île-Arrault.
Établie sur les anciennes canches de la Loire, l’avenue du Champ-de-Mars forme une magnifique allée conduisant au champ de manœuvres, transformé en champ de courses.
Ce dernier a été créé en 1896, sous l’administration de M. Rabourdin-Grivot, et, en dépit de quelques appréhensions, le succès le plus complet a répondu à l’attente des fondateurs. Aujourd’hui, les courses d’Orléans sont cotées dans le monde sportif, et, aux courses de printemps comme à celles d’été, une foule nombreuse envahit et les tribunes et les vastes pelouses que contourne la piste. Le pari mutuel y a ses adeptes, aussi fervents qu’aux courses de Longchamps ou d’Auteuil.
L’avenue du Champ-de-Mars, appelée aussi avenue du Champ-de-Manœuvres, comporte également une allée cavalière, qui, comme l’allée principale, conduit au champ de courses.
Un stand pour le tir au fusil avait été installé au côté sud de cette voie ; différentes causes ont empêché la réussite de cet établissement. Aujourd’hui, les bâtiments de ce stand servent de salle de tir pour diverses sociétés orléanaises et de lieu de réunion aux anciens élèves des écoles de Saint-Marceau. Un tir à l’arbalète existe également à côté de cet ancien stand, ainsi qu’un Jardin École d’arboriculture tout récemment créé, août 1900.
Rue du Champ-Saint-Euverte. — Commence boulevard Saint-Euverte, finit rue de l’Ételon.
Située au sud des dépendances de l’église Saint-Euverte, cette rue formait autrefois une petite place plantée d’arbres et s’appelait : place du Champ-Saint-Euverte. La voirie a régularisé cet emplacement, abattu les quelques arbres qui restaient et de cette place fait une rue d’une certaine largeur qui suffit largement à la circulation de ce quartier. — Voir Saint-Euverte, page 257.
Rue Chardon. — Commence rue Neuve-Tudelle, finit rue Fosse-de-Meule. Cette rue sert de chemin d’accès aux jardins maraîchers qui s’étendent de la rue Tudelle à la rue de la Cigogne. Doit-elle son nom à la plante chère à maître Aliboron, ou à l’un des anciens habitants de cette voie, c’est ce que nous n’avons pu déterminer.
Cité Chevallier. — Aboutit rue des Vaupulents, et par des sentiers communique au boulevard de Châteaudun. Cette voie, créée par les acquéreurs de divers lots de terrain, emprunte son nom au propriétaire qui morcela ce vaste clos, sur lequel d’assez nombreuses maisons se sont construites sans demander à la voirie les conditions d’alignement et de niveau dans lesquels ces immeubles devaient être construits. Aussi la ville n’a-t-elle pu, jusqu’à présent, considérer cette voie comme une rue d’Orléans.
Rue du Clos-Rozé. — Commence route de Saint-Mesmin, finit rue Boyau. La partie de cette voie suburbaine qui confine à la route de Saint-Mesmin s’est longtemps appelée rue Croix-Mort-tua-le-Vif en souvenir d’un événement dramatique qui se passa non loin de son parcours et que les anciennes chroniques racontent ainsi. Deux officiers, dont l’un appartenait à une famille opulente de la ville, se rendirent en ce lieu, à la suite d’une querelle pour s’y battre à l’épée. Le provocateur fut bientôt percé d’un coup mortel et tomba presque inanimé : son adversaire le croyant sans connaissance s’approcha de lui pour lui porter secours et le relever. Mais pendant qu’il cherchait à le soutenir, le mourant lui porta un coup de l’épée qu’il tenait encore à la main et tous deux retombèrent sans vie. Sur le lieu même l’on éleva une croix fort belle dont les figures placées au pied furent sculptées par Hubert. Et l’on donna à ce chemin le nom de Croix-Mort-tua-le-Vif, remplacé tout récemment par le nom moins dramatique de Clos-Rozé, emprunté à l’un des champs qui borde cette modeste voie.
Rue du Colombier. — Divers documents indiquent que, dans cette rue, on a battu monnaie pendant un certain temps. L’immeuble qui servait à cet usage était situé à l’angle de la rue du Colombier et des Grands-Champs, à côté du colombier Turpin, où sont actuellement les magasins de M. Phellion. (Voir rue du Colombier, page 191.)
Impasse Coq-Moulin-de-l’Hôpital. — Commence rue Porte-Madeleine, 46-50. À l’époque où les terrains sur lesquels s’élevait le moulin de l’Hôpital appartenaient à ce dernier établissement, cette impasse devait être une rue, dont l’autre amorce se voit encore rue Porte-Saint-Jean. Il est à croire que les riverains auront, petit à petit, empiété sur le passage de cette voie peu fréquentée, créant ainsi deux impasses à la place d’une rue.
Rue Coquille. — Aux renseignements donnés sur l’origine du nom de cette rue, nous tenons à rapporter que nous avons trouvé au nombre des écoliers, fréquentant l’Université d’Orléans, Guy Coquille. Ce Guy Coquille est devenu par la suite un jurisconsulte d’une certaine valeur. Sa famille était-elle orléanaise, habitait-elle la rue qui porte ce nom ? Telles sont les questions que l’on peut se poser pour établir l’origine exacte du nom cette rue, à cette époque surtout où les voies de la vieille cité orléanaise prenaient souvent le nom d’un habitant de marque du quartier (169) .
Impasse Cour-Hado. — Cette impasse, qui donne rue Bourgogne, se trouvait en face de l’ancienne rue de l’Écrevisse, dont on voit encore l’amorce rue Bourgogne, entre les numéros 305 et 307.
Cette impasse, fort ancienne, est consignée dans les plus vieux auteurs ; elle renferme d’ailleurs quelques maisons assez curieuses, à pans de bois dont les étages supérieurs surplombent les rez-de-chaussée. Ces maisons, malgré leur vétusté, peuvent encore avoir pour l’archéologue, comme pour l’artiste, un intérêt tout particulier.
Rue Dupanloup. — Sous les arcades de l’ancienne halle au blé, il existe au côté est un petit oratoire qui dépendait probablement de l’ancienne chapelle Sainte-Anne, édifiée au côté sud-est du grand cimetière.
Rue de l’ École-Normale. — Commence faubourg Bourgogne, 77, finit rue aux Lignaux.
La rue de l’École-Normale n’est pas autre chose que l’ancienne venelle Thoret, ou à Thoret, du nom de l’un des propriétaires des terrains que traversait ce modeste sentier suburbain qui porta tout d’abord le nom de Sente aux Moutons . La construction de l’École Normale d’instituteurs en face de cette venelle a fait penser à son élargissement, déjà commencé d’ailleurs, et qui se poursuivra incessamment, afin que le nom de rue de l’École-Normale soit justifié par la largeur de cette voie qui met en communication deux importants faubourgs d’Orléans : le faubourg Bourgogne et le faubourg Saint-Marc.

La nouvelle École normale d’Instituteurs.
Rue de l’ Éperon. — Aux indications données sur cette rue, pages 238 et 239, nous pouvons ajouter qu’elle se nommait au xviii e siècle rue des Éperonniers, et, plus anciennement, rue du Gros-Ferrement, et rue de la Poule-Blanche. Le nom de rue de l’Éperon ou des Éperonniers lui viendrait de ce qu’en cette rue se trouvaient la plupart des fabricants d’éperons.
Rue Fosse-de-Meule. — Faubourg Saint-Marceau, commence rue du Lièvre-d’Or, finit rue de la Cigogne. Cette rue doit le nom qu’elle porte à une petite fosse située à l’une de ses extrémités. C’est plutôt Fosse-Demeule que l’on devrait écrire, Demeule étant le nom de l’un des anciens propriétaires de ce terrain.
Rue de la Gare. — Nous avons omis de mentionner, pages 273, 274 et 275, qu’un important établissement est édifié dans la partie septentrionale de cette large voie, à l’endroit où elle croise la venelle des Sansonnières. Nous voulons parler des docks ou magasins généraux d’Orléans. Cet établissement, fondé en 1881, comporte une superficie assez considérable. Il est relié au chemin de fer d’Orléans par une voie de fer, et sert d’entrepôt général pour les négociants de la ville d’Orléans.
Rue à Gault . — Commence faubourg Bannier, finit rue de Joie. Ancien sentier devenu chemin, puis rue, n’est à citer que parce qu’en 1899, la compagnie des tramways y a établi son usine électrique, usine importante qui fournit la force de traction nécessaire au service des tramways établis dans la ville d’Orléans.
Rue Gratteminot. — Aux indications que nous avons fournies sur cette rue, page 282, nous avons à ajouter celles-ci :
Le nom de Gratte-Minot proviendrait, dit un ancien document d’un moulin situé dans le clos que traverse cette voie. Le patron du moulin avait, paraît-il, l’habitude, ainsi que ses confrères en mouture, de détourner à son profit une partie du grain qui lui était confié à moudre, en sorte, qu’au lieu d’une mine , il ne rendait qu’un minot. Les pratiques s’en vengèrent en donnant à son moulin le nom de Gratte-Minot qui depuis devint celui du clos au milieu duquel ce moulin était bâti.
Rue Guichet-de-Moi. — Commence quai du Châtelet, finit rue des Tanneurs. Le Guichet-de-Moi remplace la petite porte percée dans la première enceinte et qui, concurremment à la porte des Tanneurs, donnait passage dans la rue de ce nom. C’est plutôt Guichet-Demoy que l’on devrait dire, du nom de la famille de l’un des premiers habitants d’Orléans, préposé à la garde de cette porte : la famille Demoy.

L’ancienne Église Saint-Jacques avant sa réédification dans le Jardin de la Mairie.
Rue Hatton. — Faubourg Saint-Marceau, de la route de Saint-Mesmin à la rue Bizette. En pleine campagne, doit son nom à une famille ayant habité ce quartier.
Rue des Hôtelleries. — Commence quai du Châtelet, finit place du Châtelet. Cette courte voie qui accède aux Halles nouvelles, comprend une infime partie de l’ancienne rue des Hôtelleries-Sainte-Catherine, une des plus curieuses et des plus anciennes de la première enceinte d’Orléans (170) .
Au côté est de cette voie se trouvait la chapelle Saint-Jacques, dont la façade et les arceaux intérieurs ont été transportés dans les jardins de l’hôtel de la Mairie, où on peut les admirer.
L’ancienne rue des Hôtelleries était la voie principale du vieil Orléans ; le pont de la Loire, qui vit les exploits de Jeanne d’Arc, donnait en face. Une porte garnie de deux tourelles, la porte Jacquin-Rousselet, en défendait l’accès (171) . De curieuses maisons étaient édifiées le long de cette rue les xv e , xvi e , xvii e et xviii e siècles y avaient laissé des spécimens des habitations de ces diverses époques.
Rue de l’ Île-Arrault. — Commence avenue du Champ-de-Mars, finit levée Saint-Privé. Située faubourg Saint-Marceau, côté ouest, cette rue doit le nom qu’elle porte à une vieille famille orléanaise, qui a encore des représentants dans notre ville, famille qui longtemps posséda une espèce d’île placée au côté gauche de la Loire, à peu près à l’endroit où, aujourd’hui, s’étend l’avenue du Champ-de-Mars. Ce terrain a longtemps d’ailleurs porté le nom de l’Île Arrault.
Rue Jeanne-d’Arc. — Le fait que nous relatons comme s’étant passé sur la petite place Saint-Sulpice d’Orléans et rapporté par plusieurs historiens orléanais, a dû provenir d’une erreur de nos annalistes locaux, car certains documents laissent à croire que c’est sur la place Saint-Sulpice de Paris qu’a dû avoir lieu le supplice de Gauthier d’Aunoy et de son frère.
Rue Jean-Hupeau. — Le percement de la rue Jean Hupeau a fait disparaître un coin assez connu des Orléanais : la Demi-Lune. La Demi-Lune, ainsi que son nom l’indique était un demi-cercle que formaient les bâtiments qui, de l’entrée de la rue Royale, se reliaient au quai du Châtelet.
Le soir du 11 octobre 1870, au moment où les Bavarois se disposaient à placer des pièces de canon à l’entrée du pont de la Loire, une compagnie de soldats chargée d’accompagner, ou plutôt de garder ces pièces, se précipita dans l’un des immeubles de la demi-lune occupés alors par M. Chévrel, percepteur du canton nord-est d’Orléans. Sous prétexte d’y établir un corps de garde, ils pillèrent non seulement la maison dans laquelle ils étaient entrés, mais celle portant le n° 2 de la rue Royale, dont les appartements particuliers donnaient sur la même cour.
M. Chevrel et l’auteur de ces lignes, qui habitait alors l’immeuble de la rue Royale, eurent toutes les peines du monde à défendre d’un pillage complet leurs habitations respectives. Il leur fallut subir, pendant de longues semaines, les exigences brutales des soldats composant les compagnies de garde dont les hommes se renouvelaient tous les deux jours, amenant chaque fois une recrudescence d’exigences et d’ennuis. Les premiers coups de canon de Coulmiers firent envoler, comme une nuée d’oiseaux pillards effrayés, la garde improvisée dans ces immeubles.
Rue de Lahire. — En faisant l’historique de cette rue nous avons oublié de mentionner qu’à l’angle que cette voie forme avec la rue Caban, s’élève un important établissement humanitaire : l’ Orphelinat Serenne.
C’est en vertu d’un legs fait par M. Serenne (Gabriel), entrepreneur, qu’Orléans doit de posséder cette utile création d’un orphelinat de jeunes garçons de six à treize ans. Pour répondre au vœu du testateur, projet de construction fut proposé et présenté le 8 décembre 1886, par M. Rayneau, alors directeur des travaux municipaux de la ville, au conseil municipal.
Ce dernier l’accepta dans sa séance du 20 mai 1887, et à la suite de l’examen auquel se livra le conseil départemental des travaux publics, ce projet fut déclaré très complet, parfaitement étudié et entièrement conçu suivant les règles de l’art et adopté à l’unanimité.
Ouvert le 24 avril 1891, cet établissement a été inauguré le 7 mai suivant, en présence de M. Carnot, président de la République, des députés du Loiret et des notabilités civiles et militaires de la ville.
Bien avant la transformation du quartier au milieu duquel s’élève actuellement l’orphelinat Serenne, à l’angle même des rues qui l’entourent, se dressait autrefois un arbre légendaire : l ’Orme au Diable. La légende prétend qu’un meunier dont le moulin se trouvait non loin de cet emplacement devint possédé du diable et mourut dans une maison de lépreux, après une existence des plus tourmentées (172) .
Rue des Lavandières. — Faubourg Saint-Marceau, va du quai Neuf à l’Île-Arrault. Le nom de cette rue est suffisamment indicatif, pour que nous nous passions de tout commentaire.
Rue aux Ligneaux. — Située faubourg Saint-Marc, continue la rue de ce nom et va aboutir à la rue d’Ambert. Devons-nous penser que cette rue porte le nom d’une famille ayant longtemps habité ce quartier. C’est un nom que nous trouvons en effet assez répandu, non seulement dans les environs, mais dans la rue même — si nous ne nous trompons.
Rue de la Manufacture. — Rue à l’endroit où elle s’amorce boulevard Saint-Vincent, cette voie n’est plus qu’une simple venelle sur le reste de son parcours, et porte encore, en cette dernière partie, le nom de venelle du Champ-Rond.
Commencée en 1884, la Manufacture des tabacs — dont la partie rectifiée de ce sentier champêtre porte le nom — comporte un important ensemble de constructions longeant la voie du chemin de fer du Centre.
Les premiers bâtiments, édifiés ainsi que nous venons de le dire, en 1884, ont coûté 126.000 fr., qui ont été avancés par la caisse municipale et remboursés par l’État au moment de la cession définitive des terrains à celui-ci, 4 décembre 1885. Les autres bâtiments ont été successivement construits en 1886-89-90-91 ; en ce moment, on achève les derniers. Quand les constructions seront terminées (1901), elles auront coûté 1.500.000 fr. environ, non compris les machines.
La surface occupée par cette manufacture est de deux hectares (19,248 mètres carrés exactement), en plus deux impasses destinées à isoler la manufacture : au nord l’impasse Java, au sud l’impasse du Brésil. Sur le côté méridional de cette dernière un terrain est, en outre, destiné à une crèche et à une salle d’asile.
La manufacture d’Orléans fabrique actuellement 700.000 kg de tabac à fumer, ordinaire, maryland et supérieur, quatorze millions de cigares à 0,10, 0,075, et 0,05, cinquante-deux millions de cigarettes élégantes (caporal ordinaire et supérieur, maryland) ; et, lorsque tous les bâtiments seront terminés, la manufacture sera outillée pour fabriquer annuellement six millions de kilogrammes de tabac à fumer. Quant au personnel, il se compose, à l’heure actuelle, d’un directeur (173) , de trois employés supérieurs, et d’un personnel hommes et femmes de 350 personnes, chiffre appelé à augmenter d’une façon notable, à bref délai, quand les travaux en cours seront terminés.
Rue Masse . — Commence faubourg Bannier, finit rue des Murlins. Cette rue, située dans le quartier des Aydes, sépare le clos des Murlins du clos des Blossières.
Rue de l’ Orbette. — Commence faubourg Bourgogne, finit rue aux Ligneaux. On prétend que cette dénomination est formée de deux mots latins orbati lumine rapporte Vergnaud, ce qui veut dire privé de lumière. On raconte, en effet, que ce fut en ce lieu qu’Attila et son armée furent surpris par une affreuse tempête qui couvrit la lumière du jour et jeta l’effroi dans ses troupes et fut cause de la débandade de son armée, que vint accélérer l’arrivée d’Aëtius avec les légions romaines.
Rue Pelletier-Sautelet . — Commence rue Vieille-Levée, 37, finit rue Tudelle, 88. Nommée ainsi en souvenir de M. Pelletier-Sautelet, docteur en médecine, professeur de botanique au Jardin des Plantes d’Orléans, conseiller municipal...

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