Raymond Viviès
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Raymond Viviès , livre ebook

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Description

« Un oublié de la Grande Armée », c'est ainsi que l'éminent Jean Tulard conclut sa notice sur Raymond Viviès dans son Dictionnaire Napoléon. Après ses premières armes dans la campagne d'Italie où Bonaparte le remarque, Viviès gagne ses étoiles à Austerlitz et se distingue à Eylau. Ce qui lui vaut d'être cité par l'Empereur dans son Mémorial de Sainte Hélène. Archétype de ces généraux sur lesquels Napoléon a pu appuyer ses traits de génie tactiques, misant sur l'anticipation et la vitesse d'exécution, il est de toutes les campagnes majeures de l'Empire. Il incarne donc l’engagement de ces hommes qui ne peut s’expliquer simplement par leur dévouement à un chef charismatique ou leur soif d’aventures, mais aussi et surtout parce qu’ils se sentaient les hérauts de valeurs qui dépassaient leurs ambitions personnelles.
Alors qu’il chemine dans sa voiture dormeuse au milieu de cette cohorte de spectres gémissants, il est interpellé à travers la fenêtre par le regard figé d’un des cadavres pétrifiés par le froid, sinistres jalons macabres de la retraite. C’est celui d’un gamin qui devait avoir à peine 17 ans et qui semble lui demander avec insistance : « A quoi bon ? ». Soudain, la voiture s’immobilise. Son cocher indique qu’il ne peut plus avancer tant la piste est jonchée de corps inertes.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 20 septembre 2019
Nombre de lectures 0
EAN13 9782379790874
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0250€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Raymond Viviès
Général oublié de la Grande Armée

Arnaud Bezard-Falgas

2019
Cet ebook a été réalisé avec IGGY FACTORY. Pour plus d'informations rendez-vous sur le site : www.iggybook.com
 
 
 
 
 
 
 
 
 
A Henri
Avant-propos
 
« Ce sont les grands événements qui font les grands hommes, non le contraire » Napoléon Ier
 
C’est au détour d’un méandre de mes pérégrinations généalogiques que je me suis trouvé nez à nez avec Raymond Viviés : cet « oncle » à qui je suis apparenté par mon aïeule Adèle Viviès. J’avais déjà croisé son regard il y a quelques années sur un portrait qui trônait dans le salon de la demeure de notre cousin Henri Detours, dont les documents et les informations qu’il m’a transmis me furent précieuses, pour ne pas dire indispensables. A l’époque, peu enclin aux choses du passé, je m’y étais peu attardé. En le retrouvant sur ma route, j’ai voulu en savoir plus tant son parcours, happé par le tourbillon de l’Histoire, est riche en rebondissements et tranche radicalement avec l’indolente monotonie que sa vie aurait été sans l’inflexion révolutionnaire. Comme nombre de ses contemporains, Raymond s’enflamma pour cette cause. Il parcourut toute l’Europe et contribua à part entière à ce qu’il convient d’appeler  « l’Epopée Napoléonienne ». Jean Tulard, expert éminent de cette période, le qualifie d’ « oublié de la Grande Armée » dans son « Dictionnaire Napoléon ». Je me suis donc mis en tête (à chacun ses névroses !) de réparer cette injustice dans la mesure de mes modestes moyens en retraçant son destin hors du commun, sans aucune prétention d’historien, que je ne suis pas. Viviès fut en effet de ces 1180 généraux de l’Empire qui ont eu une part déterminante dans les succès militaires de Napoléon.
Il est important de rappeler que 12% d’entre eux sont morts au combat ou des suites de leurs blessures. Ce qui est énorme. Napoléon affirmait : « La force d’une armée, comme la quantité de mouvement en mécanique, s’évalue par la masse multipliée par la vitesse » . Il savait donc qu’il pouvait appuyer ses traits de génie tactiques, misant sur l’anticipation et la vitesse d’exécution, sur des relais efficaces mus par le courage et la détermination de ses généraux. Hommes d’action dévoués, ces derniers n‘hésitaient pas à prendre la tête de leurs hommes, sabre au clair, pour forcer le destin et emporter la décision et ne se bornaient pas à pousser des pions sur des cartes d’état-major.
Ces derniers mois, plus j’essayais de chausser ses bottes pour suivre ses traces, plus je me prenais d’affection pour lui et son itinéraire… plus mon existence me semblait dérisoire. Si bien que je me suis très vite senti investi d’un « devoir de mémoire » à son égard. Pathologie somme toute assez répandue de nos jours ! Dans mes délires les plus extrêmes, c’est dire combien je suis atteint, je me suis plu à imaginer faire inscrire son nom sur un des piliers de l’Arc-de-Triomphe, au milieu des 660 héros de la Révolution et de l’Empire, ses compagnons d’armes, afin que cet « oublié » puisse enfin retrouver la place qui lui revient dans l’Histoire. L’éminent, aimable et clairvoyant Jean Tulard m’avait même aimablement apporté son soutien moral… sans me laisser trop d’espoir.
Puissiez-vous, en lisant ces lignes, éprouver des sensations semblables aux miennes en découvrant les péripéties de sa trajectoire exceptionnelle, les personnages qu’il a côtoyés ou servis et les honneurs qu’il a reçus, illustrations de ses grands mérites, à une époque particulièrement mouvementée qu’il a traversée en acteur engagé jusqu’au sacrifice ultime.
 
Colonel en 6 ans
 
« On ne trouve pas de gens intrépides dans ceux qui ont à perdre » Napoléon Ier
 
W ilna, Russie (aujourd’hui Vilnius, capitale de la Lituanie), 12 janvier 1813, l’économe Gou de l’hôpital de Dobroczinnosci (plus facile à écrire qu’à prononcer !) vient de recueillir le dernier soupir de Guillaume Raymond Amant Viviès, général de l’Empire. Son premier souffle, il l’avait poussé 49 ans auparavant à plus de 2 500 km de là dans une contrée connue, sous l’Ancien Régime, sous le nom de « Terre privilégiée » et située aux confins de l’Aude et de l’Ariège : Sainte-Colombe sur l’Hers, à 5 km de Chalabre. Là où plongent les plus anciennes racines connues des Bezard-Falgas. C’est la fièvre qui l’emporta à l’issue de la désastreuse campagne de Russie qui fut sans doute pour Napoléon – « l’Empereur », comme on dit avec emphase et déférence chez les Brunon [1] – le combat de trop. Décidément, les grands moments de sa vie et son ultime furent marqués par la fièvre : c’est elle qui, en 1793, « l’année terrible », selon Victor Hugo, alors qu’il a 30 ans le pousse à s’enrôler dans les Volontaires de l’Aude pour lutter contre les armées coalisées à l’initiative de l’Angleterre qui se massent aux frontières. Tout comme son voisin chalabrois Jean Pierre Besard Falgas de 17 ans son aîné, il était bien décidé à participer à ce formidable élan alors que le pays, qui a déclaré la guerre à l’Europe entière, est traversé par la tourmente révolutionnaire. Cette véritable tornade sociale porteuse de tous les espoirs et de quelques déconvenues, va aspirer de nombreux cœurs tandis que l’Espagnol se presse à la frontière avec 50 000 hommes, pour faire payer au Français régicide son ignominie et faire main-basse sur les Pyrénées.
F ils de Thomas Viviès, négociant-drapier établi à Sainte-Colombe, et de Jeanne Escolier, Raymond a souvent rêvé de découvrir ce que cachaient les crêtes des vallons qui bornaient son terrain de jeu et protégeaient la douceur de vivre du pays de Quercorb : le pays des pierres et des corbeaux. Appellation peu engageante mais issue en réalité des valeureux « bonshommes » vêtus de bure noire qui sillonnaient le pays, haut-lieu de ce que l’on nommera au XIX e siècle le Catharisme. Ces « hérétiques » en rébellion contre l’incurie des représentants du clergé prônaient l’ascèse comme principe de vie et l’amour du Christ comme seules voies d’accès au salut et à la Rédemption. Souvent, il les avait imaginés marchant à deux sur les chemins et s’arrêtant chez les plus nobles comme chez les plus humbles pour prêcher le retour au vrai message du Nouveau Testament : l’éloignement de la matière et l’identification à l’homme-Dieu, Jésus qui règne sur le monde spirituel. Régulièrement, il avait envié l’exaltation de ces « purs » pour une cause qui les dépassait et se demandait si, lui aussi, serait un jour pris par cette aspiration indicible.
L a Révolution allait lui en donner l’occasion. Inventeurs de la conscription, qui a dû aider à susciter des vocations, ses ténors, partisans de la rupture avec l’Ancien Régime, de la « Fondation », comme disait Michelet, « puisqu’elle n’a balayé que des ruines » , allaient réussir à créer le sentiment nationaliste pour la première fois dans l’histoire de l’ex-royaume de France. Cette abstraction pour laquelle l’homme est capable du meilleur… comme du pire lorsqu’elle confine au fanatisme. Alors que le symbole suprême de l’Ancien Régime, le roi de France, a été exécuté 1 mois auparavant, la « levée en masse » de 300 000 hommes est décidée le 21 février lorsque Raymond est nommé quartier maître trésorier (1 er grade d’officier) au 8 e Bataillon des Volontaires de l’Aude le 13 avril 1793. Au même moment, à Paris, Marat [2] est arrêté sous la pression des Girondins [3] . Il emboîte ainsi le pas de notre ancêtre, Jean Pierre Besard Falgas [4] , qui avait été élu capitaine au 1 er Bataillon 2 ans plus tôt.  Un mois auparavant il a embrassé sa petite cousine Adèle qui vient de naître et qui épousera 19 ans plus-tard Jean François Bezard-Falgas, le trisaïeul de mon père, fils de Jean Pierre. Rapidement, il est incorporé à l’Armée des Pyrénées Orientales qui fait ses premières armes à Peyrestortes, clef de l’accès à Perpignan, le 17 septembre 1793 où il se distingue pendant la charge à la baïonnette qui permit la prise du camp espagnol et la mise en déroute des troupes ennemies, tout comme son compagnon d’armes Jean Lannes [5] , futur maréchal d’Empire et duc de Montebello qui deviendra « le meilleur ami » de Napoléon, et est nommé le 1 er octobre adjoint de l’adjudant-général [6] Garin [7] . Il participe ensuite à la prise de Campredon (4 octobre 1793), 20 km au nord-est de Carcassonne qui met à nouveau en fuite les Espagnols. Début décembre, il fait partie des 2 500 Français, qui le 19 décembre à 5 heures du matin franchissent le Tech sous les ordres du général Dagobert, dans un féroce assaut à la baïonnette prendront 16 canons, 2 obusiers, 1 mortier sur les hauteurs de Villelongue, près de Collioure. A cette occasion, Lannes attaquera le premier à la tête de 500 grenadiers et chasseurs. Au terme d’une très dure journée où la prise d’une redoute puissamment fortifiée a brisé les assauts de ses grenadiers et rendu longtemps la bataille indécise, Lannes et ses troupes finissent par emporter la place à l’issue d’un assaut général de toutes les forces françaises. Enfin, c’est le combat de Ponteilla (10 km au sud-ouest de Perpignan) et la fin de la campagne contre les Espagnols par le siège de Collioure.
Cette guerre se termine par le second Traité de Bâle signé le 22 juillet 1795 qui rendait à la France la frontière des Pyrénées. Viviès est alors capitaine-adjudant-major depuis le 23 juillet 1794 et est chargé des détails du service de son bataillon et de l’instruction des sous-officiers et des caporaux.

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