De l art dentaire à d autres arts
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Description

Henri Lamendin nous démontre que les médecins de la bouche sont aussi capables de sensibilité, d'émotions et d'innovations artistiques. Certains écrivent, peignent ou encore chantent. Tous sont dentistes, mais le lecteur les découvrira tour à tour marionnettistes et acteurs de théâtre au XVIIIe siècle, musiciens et auteurs contemporains, et même chanteur à succès pendant la période Yé-Yé. C'est leur histoire que nous conte l'auteur avec finesse et délicatesse, sans jamais se départir de son humour.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 01 décembre 2007
Nombre de lectures 55
EAN13 9782296916807
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0005€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

De l’art dentaire à d’autres arts
H ENRI L AMENDIN


De l’art dentaire à d’autres arts


Préambule du docteur Xavier Riaud
Préface du docteur Pierre Baron


L’HARMATTAN
© L’Harmattan, 2007
5-7, rue de l’École-Polytechnique, 75005 Paris
http://www.librairieharmattan.com
harmattan1@wanadoo.fr
diffusion.harmattan@wanadoo.fr

ISBN : 978-2-296-04328-2
EAN : 9782296043282

Fabrication numérique : Socprest, 2012
Ouvrage numérisé avec le soutien du Centre National du Livre
Préambule
« On ne connaît véritablement une science que si on en connaît son histoire. » Ainsi s’exprimait Auguste Comte, dans un cours de philosophie positive. Et il s’avère que je partage pleinement sa pensée.

Toutefois, dans le présent manuscrit, il me semble indispensable de définir le cadre historique dans lequel cette connaissance est rendue possible.

Henri Lamendin a choisi de nous révéler l’histoire de professionnels de santé qui, au fil des ans, ont acquis des compétences dans un autre domaine que leur seule profession, au point de mener, pour un certain nombre d’entre eux, une carrière parallèle à la première ou, pour d’autres, de renoncer à leur métier initial.

Comme chacun pourra le constater, un grand nombre d’entre eux ont évolué – ou continuent d’évoluer – sur la fin du XX ème siècle et sur le début du XXI ème siècle. Il convient malgré tout de signaler que l’auteur, par souci de rigueur et de précision historique, ne s’est pas contenté de cette seule époque contemporaine, mais a également navigué dans les couloirs du temps en revenant sur des périodes plus révolues de l’histoire.

Ainsi, une remarque s’impose. Il me semble indispensable, en effet, de préciser qu’il n’existe pas une histoire mais des histoires et qu’à ce titre, et à mon sens, l’histoire contemporaine en constitue un chapitre indiscutable et incontournable. Enfin, l’histoire de la médecine ne peut être limitée à la seule histoire des salles d’opération. C’est avant tout l’histoire des hommes, ou des femmes, et de leurs vies qui en ont constitué les grands moments. C’est ce que nous démontre l’auteur sans nul doute.

Dans tous les cas, il est nécessaire de saluer le travail d’investigations réalisé par Henri Lamendin qui mérite, par son originalité et par l’intérêt massif qu’il a rencontré chez les personnes sollicitées, que le lecteur prenne le temps de découvrir ces hommes et ces femmes sous un jour différent de celui qu’il connaît peut-être au quotidien.

Docteur Xavier Riaud

Docteur en chirurgie dentaire
Docteur en épistémologie,
histoire des sciences et des techniques
Lauréat de l’Académie nationale de chirurgie dentaire
Directeur de collection aux éditions L’Harmattan
Préface
C’est toujours un honneur d’être choisi pour écrire une préface, mais, ici, c’est pour moi un double honneur, d’une part parce que l’auteur, Henri Lamendin, est doté d’un savoir énorme et multiple, associé à la simplicité de l’« honnête homme », et d’autre part parce que c’est un confrère et un ami. Mais cela n’empêche pas qu’écrire une préface est toujours un exercice difficile que l’on peut refuser de faire tellement le résultat risque d’être médiocre.
Mais voilà, le thème que l’auteur a choisi est des plus attirants, loin des sentiers habituels, neuf, intéressant et, de plus, ce thème met en valeur les chirurgiens-dentistes et leurs prédispositions artistiques. Dans ce livre, les praticiens présentés sont des femmes et des hommes qui ont dépassé le stade de l’amateurisme pour devenir de véritables professionnels, que ce soit dans le domaine de la peinture, du dessin, de la sculpture, de la gravure, de la photographie, de l’écriture ou bien encore dans le domaine de la comédie, du chant, de la musique, du cinéma, sans oublier l’archéologie, la direction d’orchestre et j’en passe…
Si Henri Lamendin s’est attelé à cette tâche par un long travail de quêtes et enquêtes c’est pour présenter au grand public la face cachée d’une profession à laquelle il est fier d’appartenir. Cette partie cachée de l’iceberg, que le lecteur va découvrir au fil des pages, est passionnante et rentre de plain-pied dans la modernité historique, c’est-à-dire dans l’intimité des praticiens, observatoire des plus parfaits pour découvrir ce qui est occulté par la blouse, les lunettes et les gants de ces chirurgiens-dentistes.
Il faut alors se poser la question de savoir pourquoi ces femmes et ces hommes ont en commun, en plus de leur profession, cette attirance pour l’art ou les arts en général ? Pour cela il est important de rappeler que dès le XIII ème siècle des itinérants, simples arracheurs de dents ou charlatans, dont un grand nombre venait de l’Italie actuelle, se mirent à circuler à travers l’Europe occidentale afin de gagner leur vie. Il semble aussi que dès le XVII ème siècle et peut-être avant, ces charlatans se déplaçaient à travers l’Europe en roulotte, avec leur famille, et (ou) quelques aides, farceurs, musiciens ou petits acteurs. Pour attirer les badauds auxquels ils se proposaient de vendre des drogues ou remèdes, et, accessoirement de leur arracher une dent, si cela était nécessaire, ils montaient des tréteaux sur les places de village, dans les marchés ou bien encore dans les foires, et jouaient quelques pantomimes, parades ou petites scènes improvisées. Les plus riches se déplaçaient avec une petite troupe de théâtre et des musiciens.
Cette tradition de l’arracheur de dents ou du vendeur de remèdes se faisant comédien pour attirer les clients s’est perpétrée jusqu’au début du XX ème siècle. Circulait toute une foule de personnages, vrais et faux médecins, harangueurs, bonimenteurs, opérateurs, lithotomistes, renoueurs d’os et autres, exerçant des métiers divers, appartenant au monde du petit commerce, qui vivaient de la vente de diverses drogues, thériaque, orviétan, élixir odontalgique, remèdes miracles aux noms exotiques. Ils avaient comme lieu géographique commun le marché ou la foire et donnaient des spectacles de rues.
Léon Chancerel (1886-1965), historien du théâtre, a bien résumé le rapport entre théâtre et charlatans : « Quand on étudie les origines du théâtre comique, on découvre vite combien elles sont mêlées avec l’histoire des charlatans nomades, marchands d’onguents et d’élixirs, vendeurs de drogues, fards, pommades, antidotes, panacée, thériaques et orviétans, poudres à vers, poudres en liqueur pour les douleurs de dents, breuvages pour les coliques ou mal de mer, onguent pour la gale ou pour le mal de Naples. Pour attirer les chalands et écouler les marchandises, ils avaient recruté de véritables troupes de farceurs et de musiciens. Ils donnaient en plein vent, par toute l’Europe, sur leur tréteaux, facilement transportables, de foire en ville et de ville en village, des spectacles qui ne furent assurément pas étrangers à la formation du génie de Molière (1622-1673) et de la comédie classique. »
On voit là combien est enraciné depuis longtemps ce tempérament artistique de nos prédécesseurs, « arracheurs de dents ». Ainsi pendant tout le XVII ème siècle ce monde très particulier et très divers appartenait au monde des « arts de guérir ». Louis XIV voulut par ses Lettres patentes de 1699 organiser cette masse de personnages hauts en couleurs mais dans l’ensemble peu compétents en imposant un diplôme. Ce fut le diplôme d’« expert pour les dents » ou « chirurgien-dentiste » que les arracheurs de dents devaient posséder. Ils ne furent pas tous diplômés et le XVIII ème siècle s’acheva sans que cette obligation fût respectée dans tout le royaume. Mais ce diplôme permit tout de même à ces « savants » d’écrire un grand nombre de traités qui firent de ce siècle le siècle d’or de la dentisterie française.
Ce qui resta de cette époque c’est le mot « art » puisque la chirurgie dentaire ou dentisterie a pour nom également « art dentaire ». Ce que nous pouvons affirmer, qu’il s’agisse d’« art de guérir » pour la médecine en général ou d’« art dentaire » pour la dentisterie, c’est que nous avons bien en évidence que ces professions, toutes techniques qu’elles soient aujourd’hui, restent soumises à un élément impalpable, indescriptible, non transmissible, non scientifique d’« art » que nous pouvons aussi appeler « intuition » ou « nez ». Alors dans ce contexte on touche du doigt la double appartenance au monde des arts pour les chirurgiens-dentistes, l’influence du passé historique et le poids du présent fait encore d’intuition. Mais quand on rajoute que la main obéit au cerveau pour réaliser ce que ce dernier a conçu, on mesure combien est immense la fragilité de ce geste on ne peut plus « artistique ».
D’ailleurs les anciens ne s’y sont pas trompés et là nous citerons une phrase qu’a écrit en 1750 le chirurgien-dentiste Louis Fleury le Cluse de Tilloy, dit, plus souvent, tout simplement Lécluze ou Lécluse (1711-1792), dans son livre intitulé Traité utile au public : « Lorsque la bouche est mise en état par un habile Artiste, il faut l’entretenir. »
Un peu plus tard dans le Siècle des lumières, le grand Condorcet, de son nom Marie Jean Antoine Caritat, marquis de Condorcet (1743-1794), académicien des Sciences, collaborateur de l’ Encyclopédie et dont les cendres sont au Panthéon depuis 1989, écrivit à propos de la chirurgie : « La chirurgie et la pharmacie deviennent des arts presque nouveaux, dès l’instant où l’anatomie et la chimie viennent leur offrir des guides plus éclairés et plus sûrs. »
Ces citations conviennent parfaitement à la pratique de la chirurgie dentaire, nul ne peut le nier. Ainsi le lecteur comprendra mieux que ce n’est pas un hasard si tous les personnages, morts ou vivants, qui animent le texte d’Henri Lamendin, ont en commun cette prédisposition pour les arts en général. Nous le laissons les découvrir et se divertir en élargissant sa culture.

Docteur Pierre Baron

Docteur d’État en odontologie
Membre associé de l’Académie nationale
de chirurgie dentaire
Ancien président de la Société française
d’histoire de l’art dentaire
Introduction
À l’époque des « arracheurs de dents », l’art dentaire fut tout naturellement associé au théâtre, au spectacle. C’était le temps des « charlatans » ( vendeurs ambulants qui débitent des drogues, arrachent les dents, sur les places et dans les foires ), que j’ai préféré qualifier, ici, de « bonimenteurs ». En quelque sorte, les deux métiers n’en faisaient qu’un.
Puis, certains opérateurs passèrent de l’art dentaire à un autre art, ou de l’autre à l’un. Cela a perduré et l’on trouve encore maintenant des chirurgiens-dentistes pratiquant des arts les plus divers, conjointement ou successivement, au niveau professionnel.
Je vous présente donc, dans ce recueil, plus d’une centaine de notices à diverses époques. Je l’ai intitulé : De l’art dentaire à d’autres arts , sans prétendre être exhaustif. C’est ainsi que, par exemple, je n’ai pu trouver suffisamment de données à propos d’Agaron, originaire de Toscane, « marchand ambulant de remèdes et opérateur public », d’Arnaut, qui se vantait de soigner le « Sacré Collège », de Catalan, « glorifié » par Louis Sébastien Mercier (1740-1814), dans ses Tableaux de Paris , de Farine et Buscambille, le fameux duo d’opérateurs « farceurs », d’Ovyn avec son « théâtre sur le Pont-Neuf », de Toscan qui avait « un lion et deux singes », de Rupano, « charlatan du Pont-Neuf », qui vendait des encres sympathiques… des poudres dentifrices (cités par Lemerle, 1900 ; Dagen, 1925 ; André-Bonnet, 1955 ; Cecconi, 1959 ; Besombes et Dagen, 1961 ; Dechaume et coll., 1977 ou Baron, 2006)… et de bien d’autres, encore, au cours des siècles suivants, jusqu’à aujourd’hui…
Bien entendu, les notices suivantes ne prétendent pas constituer des « biographies » proprement dites. D’ailleurs, elles sont très diversement fournies, en fonction de l’importance des éléments documentaires réunis, et de l’intérêt que je leur ai porté, à votre intention.
En titre, je n’ai mentionné pour chaque praticien, cité ci-après, qu’un seul art « hors dentaire », celui me semblant le principal, car certains ont été ou sont encore des « artistes » dans plusieurs domaines, parfois même, simultanément.
L’appellation « écrivain » n’est, évidemment, attribuée que pour des écrits ne concernant pas directement l’art dentaire. Et, je n’ai pas classé les notices en fonction de la chronologie, mais par ordre alphabétique, afin d’en faciliter la consultation.

H. L.
Définitions
Art : « Manière de faire une chose selon certaine méthode, selon certains procédés. » (Littré, 1887.)
« Manière de faire une chose selon les règles… Moyen par lequel on réussit ; habileté. » (Larousse Sélection, 1958.)
« Ensemble de moyens, de procédés réglés, qui tendent à une certaine fin. » (Robert, 1985.)
« Activité humaine spécifique faisant appel à certaines facultés sensorielles, esthétiques et intellectuelles ; ensemble des œuvres d’un pays, d’une époque. » (Larousse, 1987.)
« Ensemble des procédés, des connaissances et des règles intéressant l’exercice d’une activité ou d’une action quelconque. Faire quelque chose selon les règles de l’art. » ( Encyclopédie universelle Larousse , 2007.)
Au sortir de la Bibliothèque nationale, on peut lire plusieurs fois, inscrit sur les trottoirs : « L’Art est public ! »

Art dentaire : « Art et science de la prévention, du diagnostic et du traitement des maladies, lésions et anomalies des dents, des maxillaires et de la bouche. » Définition adoptée par la Fédération dentaire internationale au congrès de Varna, en 1968 ( Dictionnaire des termes odonto-stomatologiques , Verchère et Budin, 1981).
« L’art dentaire comporte la pratique du diagnostic et du traitement des maladies des dents, de la bouche et des maxillaires. » (Arrêté du ministre des Affaires sociales du 21 avril 1969.)

Approche philosophique de l’art :
Lacoste en 1981 dans son livre La Philosophie de l’art affirme que :
« "Imaginer une composition c’est combiner les éléments qu’on connaît, qu’on a vus, avec d’autres qui tiennent à l’intérieur même, à l’âme de l’artiste", indiquait Delacroix (1798-1863). »
« L’œuvre d’art a non seulement une signification morale, puisqu’elle discipline les passions par la création, mais aussi un sens critique, puisqu’elle rappelle la pensée à l’humilité devant le domaine résistant de l’existence […].
Obligé de tyranniser son public, l’artiste moderne, s’il a quelque valeur, jouera un double rôle. Il sera virtuose pour le cénacle et charlatan pour le public […].
L’artiste est d’abord un artisan. »
Il est à remarquer les mots « charlatan », que l’on retrouvera souvent dans cet ouvrage, et « artisan », au sujet duquel Simon Paoli, un confrère, disait :
« La dentisterie me libère de mon besoin d’expression manuelle, de mon coté artisan.
En revanche dans la peinture, ce n’est pas l’aspect artisanal qui m’intéresse mais l’aspect libérateur de tensions psychiques, sentimentales (chagrin, joie) donc j’en tire des avantages thérapeutiques. »

Termes désignant les opérateurs dentaires publics d’autrefois
Comme autre terme qualifiant les opérateurs dentaires publics d’autrefois, souvent ambulants, j’ai d’abord pensé utiliser le mot « bateleur », car cela répondait bien à l’art du spectacle. Mais la définition de ce terme ( personne qui fait des tours d’acrobatie, d’adresse, sur les places publiques ), si elle pouvait correspondre à certains, n’était pas exacte pour tous.
Ensuite, je me suis aligné sur les autres auteurs, en adoptant le mot « charlatan » pour nommer ces praticiens d’un autre temps ( vendeur ambulant qui débite des drogues, arrache les dents, sur les places et dans les foires ) qui répondait bien à la réalité de leur activité.
Mais j’étais gêné par le sens péjoratif qu’a pris, présentement, l’expression « charlatan » (celui d’imposteur, qui exploite la crédulité publique, celui de « menteur comme un arracheur de dents ») ne mettant en évidence que sa capacité à tromper son entourage.
J’ai finalement adopté le qualificatif de « bonimenteur ». Car, savoir bonimenter (mot issu de l’argot « bonnir : dire » qui est entré dans notre langage), c’est savoir convaincre, mais aussi attirer la clientèle.
En outre, « bonimenter » est apparenté à la notion de « parade », donc ce terme correspond parfaitement au spectacle, au théâtre, aux acteurs, « les deux métiers n’en faisant qu’un », comme je l’ai indiqué précédemment.
Alard (acteur)
Les frères Pierre et Charles Alard étaient acteurs au Théâtre de la foire à la fin du XVII ème et au début du XVIII ème siècle.
Forains et entrepreneurs de spectacles, ils étaient les fils d’un baigneur étuviste du roi. Dès 1678, ils donnèrent des représentations à la foire Saint-Germain… Ils eurent l’honneur, la même année, de jouer devant Louis XIV… À partir de 1697, leur théâtre s’ouvrit régulièrement à la foire Saint-Germain et à la foire Saint-Laurent…
Charles Alard périt des suites d’une chute qu’il fit sur son théâtre, pendant le cours de la foire Saint-Laurent (1721). Pierre se retira, alors, et se fit « arracheur de dents » (Baron, 2006).
Alban (chanteur)
Alban Nwapa (1957- ), alias « Dr. Alban », est né au Nigeria. Il se rendit en Suède pour étudier la médecine dentaire. Passionné de musique, il travailla comme disc jockey dans une célèbre discothèque de Stockholm, afin de pouvoir financer ses études.
Après avoir décroché son diplôme en 1990, il rencontre un producteur suédois qui lui fait enregistrer son premier single, Hello Africa , sous le pseudonyme de Dr. Alban, en référence à sa profession. La même année, il fait son premier album, lequel s’est vendu à un million d’exemplaires dans le monde.
Ce succès fut même surpassé en 1992 dès son deuxième album. Et le plus récent, intitulé Prescription , est sorti en 2000, toujours avec autant de réussite. Dr. Alban possède aujourd’hui son propre label et s’est lancé dans la production.
Albany (écrivain)
Jean Albany (1917-1984) fit ses études à Garancière. Ayant dû les interrompre au début de la guerre, il ne sera diplômé qu’en 1943.
Il a présenté plusieurs de ses peintures dans différentes expositions, dont, entre autres, le Salon des Indépendants, à Paris en 1948… mais aussi au Chili.
Il a surtout écrit des poèmes et essais, en français et/ou créole, dans lesquels il aimait chanter son île natale : La Réunion. Grand Prix littéraire de La Réunion, on peut, notamment, trouver de lui :
Zamal, Miel vert, Archipels, Bleu mascarin, Outremer, Vavangue, Bal indigo, Fare Fare, Percale, Indiennes…
On lui doit aussi des chants en créole, tels : Aux belles créoles ou Maloya.
Hors son travail professionnel, son activité d’écrivain a été importante. Il a créé une fondation qui porte son nom.
Allereau (écrivain)
Patrick Allereau, docteur en chirurgie dentaire, diplômé en 1982, s’est laissé aller à l’écriture. C’est ainsi qu’il a publié Docteur Pal, chroniques z’et cas cliniques , à propos duquel son éditeur écrit : « Soixante-dix nouvelles en tout, un rien de Frédérique Dard, une gouaille rabelaisienne […] Il transcende en animant une sarabande de personnages jubilatoires qu’il décrit, avec ce qu’il faut d’autodérision, pour conjurer un abus de dentisterie […] c’est un cocktail de santé, un antidépresseur garanti ! »
Le « Docteur Pal, omnidentiste secteur ouest » (Allereau), « connaît ses classiques, les agitant dans le shaker de sa mémoire, pour nous les restituer version bouquin […] il anime une farandole de personnages […] qu’il produit à grands traits caricaturaux, à les rendre plus vrais que nature […] il brosse leurs portraits croquignolesques dans des situations hilarantes que la BD peut lui envier. Il en fait des types, qui nous rappellent quelqu’un.
Vous ajoutez à tout cela un goût pervers pour triturer les mots et faire jaillir une verve nouvelle, et vous obtenez une espèce de sub-culture où tous les humours se mélangent en autodérision salutaire » ( dixit Kilwin, 2007a).
Amoric (luthiste)
À douze ans, Michel Amoric (1949- ) donnait déjà des concerts de guitare. À dix-sept ans, il enseignait au Conservatoire. La musique paya ses études de chirurgie dentaire à Garancière, où il se spécialisa en orthopédie dento-faciale et dont il sortit diplômé, en 1974. Il est docteur en sciences odontologiques.
Il joue du luth médiéval, renaissance, baroque, vihuela, théorbe, cistre, ainsi que de la guitare baroque, romantique, classique et utilise des dispositifs électro-acoustiques ou scénographiques.
Il a été soliste avec l’orchestre de Paris, l’orchestre philharmonique de Radio-France, l’ensemble Inter-contemporain, l’Opéra studio de Paris, le Floreligium musicum de Paris…
Ses thèmes de concert, en luth seul, sont :
en récital : Musique française et européenne des XVI ème , XVII ème , XVIII ème et XX ème siècles ;
en spectacle : Musica testudinea (œuvres pour luth et dispositif électro-acoustique) ;
en animation : Le luth et sa musique (présentation audiovisuelle) (Fleury, 1986).
Bardou (écrivain)
Nicole Bardou-Coudert (1957- ), docteur en chirurgie dentaire, diplômée en 1981, ayant été contrainte d’arrêter son activité professionnelle, du fait de séquelles invalidantes suite à un accident, s’est alors orientée vers l’écriture.
« Je suis une scientifique, pas une littéraire, même si j’adore lire. J’aime l’imaginaire, c’est pourquoi le "polar" me va bien. J’en lis tout le temps », déclare-t-elle.
Puis elle s’est « décidée à passer à l’acte » en écrivant un premier roman (un polar, bien entendu), intitulé : La Part de l’ange. Fait assez rare, avant même que l’ouvrage soit terminé, elle avait déjà trouvé un éditeur, au vu du manuscrit encore en chantier. Un autre livre est bien avancé et déjà elle a entamé de nouvelles enquêtes pour un troisième (com. pers., 2007).
Il faut dire que Bardou est diplômée en odontologie légale, qu’elle fait partie de l’Unité d’identification odontologique et a entamé des études de droit, après la cessation de son activité. Comme il a été écrit, elle s’est, en quelque sorte, « reconvertie dans le milieu judiciaire », où elle peut puiser des inspirations, pour les personnages policiers de ses romans.
Barrelle (photographe)
Jean-Jacques Barrelle (1916- ) a été professeur à la faculté de chirurgie dentaire (Paris VII) où il fut chef du département de parodontologie. « Il fut le principal initiateur de la parodontologie moderne en France » (Klewansky, 1983), et s’intéressa particulièrement à l’occlusodontie. Il publia, notamment, un livre intitulé : Dynamique des occlusions , en 1974.
Mais alors qu’il était encore à la faculté, il était déjà connu, en outre, pour sa qualification en photographie « artistique » (Baron, com. pers., 2007), à laquelle il s’adonnait et dans laquelle il fit « carrière ».
Dans un article, publié après son départ en retraite universitaire, on peut lire : « La renaissance professionnelle de Jean-Jacques Barrelle vient de s’effectuer d’une façon éclatante dans la très belle publication des éditions Love me Tender, Les Photos de charme des grands photographes , où l’ancien maître de la parodontologie apparaît en excellente place avec cinq œuvres qui ne représentent, nous le savons pertinemment, qu’un aperçu discret de la merveilleuse iconographie dédiée à la Femme, que Jean-Jacques Barrelle a réuni depuis plus de vingt ans ! Déjà lors de ses dernières conférences, les praticiens étaient frappés par les splendides diapositives de nus glissées, toujours à bon escient, dans une séquence scientifique, par ailleurs toujours parfaite. Ces premières manifestations dans l’art de la composition photographique étaient déjà à la limite rêvée d’une nouvelle réalité, l’image et la vie, la forme et la couleur convergentes dans l’espace "femme". Par cette affirmation de non abdication il apparaît que Jean-Jacques Barrelle considère que toute existence d’activité économique et sociale n’est pas seulement un système spécifique de rapports entre les choses et les institutions, mais un système de créativité dans le contexte des rapports humains. Il permet ainsi à la réalisation de se révéler telle, pourvu qu’il puisse prolonger son courage d’affirmer l’authenticité de sa vie par sa façon d’être et d’agir.
Par son œuvre photographique, Jean-Jacques Barrelle sait prêter à une expression ou à un corps une valeur qu’il ne confond jamais avec le "fabriqué". Il sait susciter, par la sobriété des moyens employés, une émotion qui est la marque la plus personnelle de son art.
Le perfectionnisme apporté à de longues années de pratique odontologique se prolonge donc tout naturellement dans cette jeune activité signe d’un appétit merveilleux de vivre et de communiquer » (Klewansky, 1983). Entre autres, Barrelle « a commis » la couverture du numéro 61 de la réputée revue Chasseurs d’images .
Voici quelques extraits d’un courrier qu’il m’a adressé (com. pers., 2007) :
« Je me suis mis à la photographie vers 1962 après avoir épousé une jeune femme très photogénique qui m’a incité à faire des photos de nu dans les eaux de St Tropez. […] j’ai ainsi commencé une "carrière de photographe de charme" en copiant d’abord Hamilton et Clergue, avant de trouver mon style personnel.
Mis en rapport avec des agences par relation, j’ai travaillé pour des magazines de Philippachi ( Photo en particulier)… C’est parallèlement que j’ai fait du reportage pour l’agence réputée Studio des Plantes de Jean-Claude Dewolf, pour l’agence Stock Image de Michel Rawicki, pour l’agence Ana Obolensky et en dernier lieu pour l’agence Bernard Seignery Images Photographiques, spécialisée en photographies médicales et de vulgarisation.
Puis, j’ai cessé […] déçu par le numérique qui, s’il connaît le succès auprès du grand public par sa facilité, n’a pas celui des photographes chevronnés qui ne se conçoit, jusqu’à nouvel ordre, qu’en argentique. La technique photographique, de nos jours, se justifie au travers de l’informatique et l’on se sert autant pour la photographie de l’ordinateur que du boîtier de prise de vue.
Depuis six ans, je me suis donc dirigé vers la vidéo. Bien équipé, cela me permet des réalisations qui sont des œuvres complètes sous forme de courts métrages de toute nature […] C’est une activité très enrichissante : je travaille actuellement sur un sujet sur les impressionnistes, qui demande beaucoup de recherche et que je pense intituler : "Que chante la couleur !"
Voilà donc comment de la dentisterie, de son enseignement et de la recherche en odontologie, on passe à des occupations qui seraient des professions (de la photo je touche encore des royalties). »
Barry (bonimenteur)
Barry brilla en temps que « charlatan », marchand de remèdes et « arracheur de dents », du XVII ème siècle. Son histoire, comme celle de tous ses comparses se perd un peu dans les pérégrinations qu’avaient toutes les troupes comédi-médicales. Barry fit, paraît-il, « un bruit du diable » à Paris, dès 1609. Il se tenait sur la place Dauphine, mais aussi, voyageait beaucoup ; il fit, entre autres, plusieurs excursions à Rome.
La dernière fois qu’il s’y rendit, la peste y exerçait d’horribles ravages, et les cardinaux mêmes se disposaient à fuir. Barry alla trouver le Saint-Père, obtint la faveur de lui parler, et, comme Dieu l’avait doué d’éloquence, il lui vanta avec tant de chaleur la vertu de son antidote qu’il le détermina à rester, ainsi que les cardinaux et seigneurs qui n’étaient pas encore partis.
Aussitôt, il fit bâtir un magnifique théâtre sur la place Navone, et travailla si bien avec ses remèdes qu’en moins de quinze jours il arrêta le cours de la maladie. Rome changea de physionomie, grâce au miraculeux opérateur, qui se vit comblé d’honneurs et de biens. Le pape lui fit présent d’une grande médaille d’or, frappée en son honneur, où l’on voit d’un côté son effigie, et sur le revers l’inscription suivante : « Innacentius decimus Barrida, urbis sanatari, Anna salutis 1644 » (Dechaume et coll., 1977).
Barry rentra en France et arriva, après nombre de stations intermédiaires, à la célèbre foire de Guibray, qui se tenait dans un faubourg de Falaise. Il avait ramené d’Italie une troupe admirable, qui s’était récemment augmentée d’un Trivelin, fils naturel qu’il avait eu d’une Égyptienne. Ce Trivelin était un grand garçon fait au tour, et le premier qui ait dansé sur la corde sans balancier. En outre, les riches décorations que Barry avait rapportées de Venise, l’excellence et la grande réputation de son adresse et de ses remèdes, la beauté et la variété de ses pièces italiennes, jouées par des acteurs hors ligne, lui attiraient une foule innombrable.
De Guibray, Barry se rendit à Rouen, alors désolé par le « pourpre » (variole). Reçu avec bienveillance par le premier président du Parlement, il délivra en peu de jours la ville de cette maladie, aussi dangereuse que la peste. Puis il alla courir le royaume et les pays étrangers, sans rien changer de son genre de vie, quoiqu’il fût septuagénaire.
Ce fut à Amiens qu’il termina son existence aventureuse. Un sauteur, qu’il avait amené du Portugal, l’ayant volé, il avait été si complètement dépouillé qu’il dut congédier sa troupe. Ce dernier malheur lui donna le coup mortel ; son esprit même y succomba, et entraîna dans sa chute un corps ruiné par quatre-vingts ans de travaux et d’excès. Le grand Barry, le favori des princes, le vainqueur de la mort, s’en fut mourir à l’hôpital, où, touché enfin par la grâce, il pleura sincèrement ses fautes et eut la fin la plus édifiante (extraits d’André-Bonnet, 1955).
Dechaume et collaborateurs (1977) citent, eux aussi, Barry (c.1574-c.1654) parmi les charlatans, « arracheurs de dents » et vendeurs de remèdes. Les dates avancées par ces auteurs répondent bien à l’âge de décès de Barry, tel que donné par André-Bonnet, soit quatre-vingts ans.
Basque (ornithologue)
Rémy Basque, chirurgien-dentiste, installé dans le Morbihan depuis 1981, est, de plus, un ornithologue savant et passionné. Il a sélectionné cent cinquante photos sur les quatre cents clichés qu’il avait réalisés, pour illustrer un petit album consacré aux oiseaux qui fréquentent le golfe, dans un livre intitulé : Les Oiseaux du golfe de Morbihan.
Baudry (écrivain)
Jean-Louis Baudry (1930- ), après avoir terminé ses études dentaires en 1953, se mit à écrire régulièrement à partir de 1957 et son premier ouvrage parut en 1961. Il consacra autant de temps à la littérature qu’à la dentisterie (vingt-cinq à trente heures par semaine), les envisageant toutes deux de façon professionnelle. « En littérature, le fait d’avoir des livres publiés, que l’on parle de vous, cela vous donne un statut professionnel », précise-t-il.
Voyant son père, lui-même chirurgien-dentiste, travailler beaucoup, très tôt Baudry avait envisagé le « mi-temps dentaire », et pour cela, commença par exercer le matin seulement, dans un dispensaire, afin de pouvoir écrire l’après-midi. Plus tard, installé en cabinet, il maintint ses deux mi-temps et déclara : « Étrangement, dans cette relation d’une double profession de l’une à l’autre, la dentisterie ne me sert pas du tout dans mon travail d’écriture […] Mon activité de chirurgien-dentiste profite beaucoup plus de mon activité d’écrivain […] le fait d’écrire m’a entraîné à m’intéresser à la psychanalyse […] j’en sens constamment l’importance dans la façon dont je joue de ma relation avec autrui » (Kubiak, 1978).

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