Infectiologie et hygiène - Gestion des risques et soins infirmiers
226 pages
Français

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Description

Les ouvrages de la collection LES ESSENTIELS EN IFSI ont été conçus et construits conformément au nouveau programme des études menant au Diplôme d’État infirmier.
Ils couvrent toutes les Unités d’Enseignement (UE) de la formation correspondant aux quatre domaines suivants :
• Sciences humaines, sociales et droit ;
• Sciences biologiques et médicales ;
• Sciences et techniques infirmières, fondements et méthodes ;
• Sciences et techniques infirmières, interventions.
Ce volume est consacré aux UE 2.10 (S1) Infectiologie et hygiène et 4.5 (S2, S4) Soins infirmiers et gestion des risques.
Chaque chapitre est articulé en trois volets.

- Le volet COMPRENDRE permet d’acquérir les savoirs essentiels de manière claire et concise : les connaissances fondamentales y sont illustrées d’exemples concrets, et associées aux savoir-faire et savoir-être professionnels.
- Le volet AGIR propose de mobiliser ces savoirs et savoir-faire pour agir en situation. Ces situations professionnelles sont analysées en quatre étapes, clairement exposées en tableaux très didactiques, qui rendent compte de la progression du raisonnement clinique infirmier.
- Le volet S’ENTRAÎNER offre enfin de tester ses connaissances au moyen de QCM, QROC, etc. et de transférer ses connaissances à une situation nouvelle, permettant la transposition des savoirs dans un nouveau contexte. Les corrigés sont donnés à la suite.

Cette nouvelle édition est entièrement à jour des dernières dispositions légales en matière de vigilance et de gestion des risques. Elle actualise également en profondeur toutes les données sur les pratiques professionnelles, notamment en termes d’hygiène hospitalière.
Un index alphabétique en fin d’ouvrage permet désormais une recherche rapide par mot-clé.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 01 janvier 2012
Nombre de lectures 32
EAN13 9782294722974
Langue Français
Poids de l'ouvrage 2 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0056€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Infectiologie et hygiène Gestion des risques et soins infirmiers
UE 2.10 ● UE 4.5

Carl Crouzilles
Elsevier Masson SAS
Front matter
Infectiologie et hygiène Gestion des risques et soins infirmiers
Chez le même éditeur
Dans La Collection « Les Essentiels En IFSI »
Volume 1 • Biologie fondamentale, par C. Desassis et H. Labousset-Piquet.
Volume 2 • Processus traumatiques, par K. Le Neurès
Volume 3 • Raisonnement, démarche clinique et projet de soins , par K. Le Neurès et C. Siebert
Volume 4 • Législation – Éthique – Déontologie , par C. Ponte et A. de Broca
Volume 5 • Pharmacologie et thérapeutique, par G. Roberton et G. Grelaud (à paraître)
Volume 6 • Soins d’urgence, par H. Labousset-Piquet, E. Aiguebonne et C. Siebert
Volume 7 • Infectiologie et hygiène – Soins infirmiers et gestion des risques, par C. Crouzilles
Volume 8 • Psychologie – Sociologie – Anthropologie , par J. Merkling et S. Langenfeld
Volume 9 • Processus psychopathologiques, par S. Langenfeld et J. Merkling
Volume 10 • Étapes de la vie et grandes fonctions, par P. Debuigny, C. Dumora, C. Goursaud, H. L. Piquet, P. Proteau, D. Sebbane, C. Serandour, C. Siebert
Volume 11 • Santé publique, économie de la santé, par Béatrice Burlet et Katy Le Neurès
Volume 12 • Soins éducatifs et préventifs, Béatrice Burlet et Katy Le Neurès
Volume 13 • S oins de confort et de bien-être, par Katy Le Neurès et Carole Siebert
Volume 14 • Processus inflammatoires et infectieux , par C. Crouzilles et C. Siebert
Volume 15 • Processus obstructifs, par C. Serandour, C. Siebert et K. Le Neurès
Volume 16 • Soins relationnels , par S. Langenfeld
Les Essentiels en IFSI

Infectiologie et hygiène Gestion des risques et soins infirmiers
UE 2.10 • UE 4.5
Carl Crouzilles
Copyright
Ce logo a pour objet d’alerter le lecteur sur la menace que représente pour l’avenir de l’écrit, tout particulièrement dans le domaine universitaire, le développement massif du « photocopillage ». Cette pratique qui s’est généralisée, notamment dans les établissements d’enseignement, provoque une baisse brutale des achats de livres, au point que la possibilité même pour les auteurs de créer des œuvres nouvelles et de les faire éditer correctement est aujourd’hui menacée.
Nous rappelons donc que la reproduction et la vente sans autorisation, ainsi que le recel, sont passibles de poursuites. Les demandes d’autorisation de photocopier doivent être adressées à l’éditeur ou au Centre français d’exploitation du droit de copie : 20, rue des Grands-Augustins, 75006 Paris. Tél : 01 44 07 47 70.
Tous droits de traduction, d’adaptation et de reproduction par tous procédés réservés pour tous pays.
Toute reproduction ou représentation intégrale ou partielle par quelque procédé que ce soit des pages publiées dans le présent ouvrage, fait sans l’autorisation de l’éditeur est illicite et constitue uen contrefaçon. Seules sont autorisées, d’une part, les reproductions strictement réservées à l’usage privé du copiste et non destinés à une utilisation collective, et d’autre part, les courtes citations justifiées, par le caractère scientifique ou d’information de l’œuvre dans laquelle elles sont incorporées (art. L. 122-4, L. 122-5 et L. 335-2 du Code de la propriété intellectuelle).
© 2011 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés
ISBN : 978-2-294-71529-7
Elsevier Masson SAS – 62, rue Camille Desmoulins – 92442 Issy-les-Moulineaux Cedex
Avant-propos de la collection Les Essentiels en IFSI

Kathy Le Neurès, Carole Siebert
Les ouvrages de la nouvelle collection Les ESSENTIELS en IFSI ont été conçus et construits conformément au nouveau programme des études menant au Diplôme d’état infirmier défini par l’arrêté du 31 juillet 2009.
L’apprentissage repose sur des mises en situation de soin au plus près de la réalité professionnelle. En effet, le nouveau dispositif pédagogique se fonde largement sur ces mises en situation. Il prévoit une progression en spirale à partir des connaissances fondamentales et des savoir-faire professionnels acquis (UE 1 à 4, voir ci-dessous), lesquels sont ensuite mobilisés en situation à l’occasion des stages, explorés et interrogés lors des Unités d’intégration (UE 5), puis réutilisés dans d’autres situations de soins, ou remis en perspective dans la suite du cursus.
Les ESSENTIELS en IFSI couvrent, sur près de 20 volumes, toutes les Unités d’enseignement (UE) réparties sur les six semestres de formation et sur les 4 domaines constitués par :
les Sciences humaines, sociales et droit ;
les Sciences biologiques et médicales ;
les Sciences et techniques infirmières, fondements et méthodes ;
et les Sciences et techniques infirmières, interventions.
Ils répondent en outre parfaitement à l’articulation de la formation en trois paliers d’apprentissage : Comprendre, Agir, Transférer.
Chaque chapitre est articulé en trois volets.
Le volet COMPRENDRE permet d’acquérir les savoirs essentiels sous une forme claire et concise. Il regroupe :
les savoirs fondamentaux couvrant point par point les thèmes prévus au programme des Unités d’enseignement, agrémentés d’exemples concrets ;
les savoir-faire et savoir-être professionnels associés.
Le volet agir propose de mobiliser ces savoirs et savoir-faire pour agir et prendre en charge en situation. L’analyse des situations proposées, le questionnement suscité et la guidance dans le cheminement favorisent l’émergence et le développement des compétences infirmières.
Ces situations professionnelles sont déroulées en quatre étapes, clairement exposées en quatre tableaux très didactiques, qui rendent compte de la progression du raisonnement clinique infirmier :
➊ L’étudiant recherche les informations utiles pour comprendre et évaluer la situation. Cette première étape consiste ainsi à identifier les éléments significatifs, c’est-à-dire les données, sélectionnées dans l’énoncé, qui sont pertinentes et utiles à la compréhension et à la prise en charge.
➋ L’étudiant analyse ces données et procède alors à l’évaluation de ces éléments. Pour y parvenir, il mobilise des savoirs fondamentaux tels que des connaissances en physiopathologie, en législation, en psychologie. Pour cette étape, chacun de ces savoirs est identifié, ce qui permet de vérifier ses acquis et d’apprécier la mise en lien de ces savoirs et savoir-faire, essentielle au métier infirmier.
➌ L’étudiant met en œuvre les actions appropriées, mobilisant des savoir-faire professionnels tels que l’approche relationnelle ou les techniques de soins. Pour cette étape, chacun de ces savoir-faire est également identifié.
➍ L’étudiant ayant réalisé les actions nécessaires, analyse les résultats obtenus, pour adapter la suite de la prise en charge et assurer une transmission des données. Cette évaluation est également indispensable dans une démarche d’évaluation de la qualité des soins et des pratiques professionnelles, désormais impérative.
Le volet S’ENTRAÎNER offre :
de tester ses connaissances au moyen de QCM, questions à réponses ouvertes courtes (QROC) ou de textes à trous et schémas muets ;
de transférer ses connaissances à une situation nouvelle. Cette situation nouvelle facilite la transposition des savoirs dans un nouveau contexte. C’est également le moyen de mettre en lien les connaissances acquises dans l’UE avec d’autres savoirs ou de procéder à une recherche complémentaire le cas échéant. Ce volet permet aussi de mettre en application les méthodes de raisonnement clinique et de démarche clinique infirmière.
Les corrigés sont donnés à la suite.
Les ESSENTIELS en IFSI permettront aux étudiants infirmiers de maîtriser l’ensemble des Unités d’enseignement prévues au programme de leur formation et d’acquérir ainsi les ECTS ( European Credit Transfer System ) nécessaires à la qualification du Diplôme d’état infirmier au grade de licence universitaire, et bientôt sa transformation en diplôme de Licence santé…
Introduction
Le présent ouvrage comporte deux grandes parties. La partie 1 couvre le programme de l’UE 2.10 et traite des notions d’infectiologie et d’hygiène hospitalière nécessaires à la pratique quotidienne de l’infirmier 1 , elle est en relation avec la compétence 3 : « accompagner une personne dans la réalisation de ses soins quotidiens ».
Objectifs de l’UE 2.10 :
décrire les manifestations des agents infectieux ;
identifier les règles d’hygiène utilisées dans les établissements de soins et en argumenter l’usage.
La partie 2 aborde les soins infirmiers et la gestion des risques au programme de l’UE 4.5, en relation avec la compétence 7 : « analyser la qualité et améliorer sa pratique professionnelle ».
Objectifs de l’UE 4.5
identifier les principaux risques dans le domaine de la santé des personnes et des populations ;
intégrer les notions de risque et de danger dans les situations de soins ;
identifier les mesures adaptées à mettre en œuvre en situation de risque infectieux ;
acquérir une méthode d’analyse des risques liés aux pratiques professionnelles.
Ces deux parties sont complémentaires et comportent un fil conducteur qui s’articule autour de la gestion des risques (GDR). En effet, l’infectiologie servira de fondement à l’hygiène hospitalière qui, elle-même, constituera une première approche du rôle infirmier face à la gestion des risques hospitaliers, à travers la prévention des infections hospitalières. La GDR proprement dite sera ensuite abordée en détail dans la partie 2.

1 Lire partout infirmier(ère).
Table of Contents
Front matter
Copyright
Avant-propos de la collection Les Essentiels en IFSI
Introduction
Infectiologie et hygiène
Introduction
Chapitre 1: Micro-organismes et infection
Chapitre 2: Moyens de lutte de l’organisme contre l’infection: le système immunitaire
Chapitre 3: Hygiène hospitalière et infections nosocomiales
Chapitre 4: Règles d’hygiène à domicile ou en collectivité
Soins infirmiers et gestion des risques
Introduction
Chapitre 5: Concepts de la gestion des risques
Chapitre 6: Gestion globale des risques
Chapitre 7: Méthodes et outils en gestion des risques
Chapitre 8: Risques hospitaliers et vigilances sanitaires
Chapitre 9: Risque de violence à l’hôpital et sécurité anti-malveillance
Chapitre 10: Risques liés à l’élimination des déchets
Chapitre 11: Risques liés aux circuits à l’hôpital, notion d’interface
Chapitre 12: Gestion des risques et communication spécifique
Conclusion
Bibliographie
Index
Infectiologie et hygiène
Introduction
L’infectiologie et l’hygiène ne sont pas des sciences nouvelles, puisque depuis la plus haute Antiquité, on savait déjà lutter contre les phénomènes de putréfaction ou d’altération des matières organiques ou des aliments. Les Égyptiens, par exemple, savaient déjà empêcher la putréfaction des plaies, grâce à l’utilisation d’épices, d’essences et d’huiles végétales. Les Anciens savaient également prendre des mesures pour éviter les épidémies.
Ambroise Paré, père de la chirurgie moderne, établit le premier un lien entre le lavage des plaies et la diminution des cas d’infection par la gangrène.
Tout au long de l’histoire de la médecine, de grands noms font évoluer les disciplines qui maintenant s’appellent infectiologie et hygiène hospitalière.
Mais il faudra attendre Pasteur à la fin du XIX e siècle pour comprendre les mécanismes de la transmission de l’infection, grâce à sa découverte des microbes. C’est alors que vont être mis en place les premiers dispositifs de surveillance des infections.
Actuellement, la législation prévoit tout un ensemble d’organisations pour prévenir les infections, pour en suivre les évolutions à travers leur taux et pour lutter contre elles. Au sein de ce dispositif, l’infirmier est un élément-clé dans la lutte contre les infections hospitalières dites nosocomiales car il est le coordonnateur des autres acteurs de soin auprès du patient. Au cours de son exercice professionnel, il pourra promouvoir l’utilisation de mesures simples pour faire diminuer le risque d’infection.
Que ce soit pour le gestionnaire hospitalier, pour le personnel paramédical ou pour le corps médical, toute amélioration de l’hygiène hospitalière constitue une forme « aisée » d’amélioration de la qualité des soins.
L’hygiène hospitalière a pour objet la prévention des infections hospitalières dites nosocomiales (IN). Avant de traiter ce sujet, il est nécessaire d’aborder la notion d’infection, de connaître les différents micro-organismes qui sont à l’origine des infections et les moyens mis en œuvre par l’organisme pour lutter contre elles, que ces moyens soient naturels, comme le système immunitaire, ou médicamenteux, comme les thérapeutiques anti-infectieuses par exemple.
1 Micro-organismes et infection

COMPRENDRE
En premier lieu, nous aborderons quelques généralités sur l’infection en termes de définition, provenance et propagation.

GÉNÉRALITÉS SUR L’INFECTION

Définition
L’infection est le résultat de l’agression d’un organisme vivant par un micro-organisme. Elle se traduit par des altérations anatomiques ou fonctionnelles, par des manifestations cliniques et biologiques, qui résultent du déséquilibre entre la virulence 1 de l’agent pathogène et les capacités de résistance de l’hôte. La maladie d’origine infectieuse se traduit le plus souvent par des signes en lien avec une réaction inflammatoire à type de douleur, rougeur, chaleur, présence de pus au site d’infection et fièvre.

Origine de l’infection
Une infection peut être d’origine endogène ou exogène.

L’infection d’origine endogène
L’infection d’origine endogène ou interne est due à la propre flore 2 du patient, constituée par les micro-organismes abrités par le corps de ce patient. Cette flore peut être d’origine digestive, respiratoire, cutanée ou vaginale ( fig.1.1 ). Elle est responsable d’infections dans certaines circonstances :
lorsque le patient est immunodéprimé, ses défenses immunitaires sont alors amoindries par des maladies ou des traitements ;
lors d’actes invasifs 3 . ( fig.1.1 ).

Figure 1.1 Différentes flores microbiennes chez l’homme et voies de pénétration des micro-organismes

L’infection d’origine exogène
L’infection d’origine exogène ou externe est due à des micro-organismes abrités par l’environnement de proximité du patient.
Les infections exogènes sont :
soit transmises d’un malade à l’autre (infections croisées), le plus souvent par l’intermédiaire des mains du personnel soignant (manuportage) ;
soit provoquées par les micro-organismes du personnel (porteur sain) ;
soit liées à la contamination de l’environnement hospitalier (eau, air, surfaces contaminées, etc.).

Chaîne de l’infection
L’apparition d’une infection dépend de plusieurs éléments constituant la chaîne épidémiologique de l’infection.
Cette chaîne est composée de 3 maillons, les réservoirs de micro-organismes, les modes de transmission et les conditions favorables à la survenue de l’infection.

Réservoirs de micro-organismes
Les réservoirs de micro-organismes peuvent être endogènes ou exogènes. Ce sont des endroits au niveau desquels les conditions sont réunies pour que les micro-organismes puissent survivre et se multiplier.

Mode de transmission de l’agent infectieux
La transmission de l’agent infectieux peut se faire de trois manières, par contact direct, par l’intermédiaire de l’air ou suite à une effraction de la peau.
Le contact direct se fait lors de transmission par l’intermédiaire de la main. Dans ce cas, l’infection est dite « manuportée ».
Le contact par l’intermédiaire de l’air se fait par le système respiratoire. L’infection transite alors par des particules de poussière, des microgouttelettes de salive (gouttelettes de Flügge) émises par d’autres voies respiratoires humaines ou par aérosolisation (toux, éternuement, conversation). Dans ce cas, l’infection est dite « aéroportée ».
L’effraction de la barrière cutanée se fait par un objet infecté piquant, coupant ou tranchant.

Conditions favorables
Des conditions favorables sont nécessaires au développement de l’infection chez un hôte.
À l’hôpital, il s’agit le plus souvent d’un patient immunodéprimé 4 . Il est donc susceptible de développer une infection suite à une contamination hospitalière. Le risque infectieux est majeur si le taux de polynucléaires neutrophiles est inférieur à 500/mm 3 . L’hôte peut également être le soignant, très souvent exposé à la contamination, mais rarement victime d’infections, du fait de l’intégrité de son système immunitaire.
La figure 1.2 (page précédente) résume le mécanisme de transmission de l’infection. L’agent infectieux ou micro-organisme inactif contenu dans le réservoir endogène ou exogène du patient est transmis à l’hôte (le patient) qui est ensuite colonisé. Cet agent se multiplie, il s’active et cause une infection, détectable grâce aux signes cliniques d’infection précédemment cités.

Figure 1.2 Étapes de la transmission de l’infection
Abordons maintenant les vecteurs de l’infection, à savoir les micro-organismes.

ÉCOLOGIE MICROBIENNE ET INFECTIONS ASSOCIÉES
Les infections sont causées par des micro-organismes représentés par des bactéries, des virus, des champignons, des parasites et des agents transmissibles non conventionnels appelés ATNC ou prions.
Ces micro-organismes sont des organismes visibles uniquement au microscope. Ils peuvent être saprophytes ou pathogènes.
Les micro-organismes saprophytes sont trouvés naturellement dans l’environnement et n’entraînent pas de maladies. Les micro-organismes pathogènes, quant à eux, sont responsables de pathologies.
Nous allons aborder respectivement les différents types de micro-organismes, leur relation avec l’hôte qu’ils colonisent, leurs différents effets pathogènes et les traitements proposés.

Bactéries

Structure et morphologie des bactéries
Les bactéries sont des cellules dites procaryotes car elles sont caractérisées par l’absence de véritable noyau ; elles possèdent uniquement de l’ADN bactérien (chromosome). Elles sont dénuées d’organites, comme les mitochondries et les chloroplastes et leurs éléments cellulaires sont simples.
Au niveau de la structure bactérienne, on distingue des éléments constants et des éléments facultatifs.
Les éléments constants sont représentés par :
la paroi, qui est l’élément responsable de la forme et assure la protection de la bactérie ;
la membrane cytoplasmique, qui est le siège de la respiration cellulaire ;
le cytoplasme ;
l’ADN bactérien caractérisé par sa forme circulaire, le chromosome ;
les ribosomes assurant la synthèse des protéines.
Les éléments facultatifs sont représentés par :
les vacuoles et autres substances de réserve ;
la capsule, support de la virulence 5 ;
les flagelles, responsables de la mobilité ;
les pili, permettant à la bactérie d’adhérer à un autre organisme cellulaire.
La figure 1.3 représente la structure d’une cellule bactérienne.

Figure 1.3 Structure d’une bactérie
Les bactéries présentent une grande diversité de morphologies cellulaires selon l’espèce ( fig.1.4 ). Cette caractéristique est exploitée pour leur identification par observation microscopique. La plupart des bactéries sont soit sphériques, elles sont alors appelées cocci, soit en forme de bâtonnets, elles sont alors appelées bacilles. D’autres ont une forme intermédiaire, ce sont les coccobacilles, d’autres encore ont une forme hélicoïdale, appelées spirilles. Cependant, d’autres formes sont encore également possibles, incurvée chez le vibrion, irrégulière chez la corynébactérie ou ramifiée chez l’actinomycète.

Figure 1.4 Morphologie des bactéries a : cocci. b : bacilles. c : spirilles

Classification des bactéries
L’identification des bactéries est réalisée au laboratoire. Elle repose sur leur examen direct ou sur leur mise en culture.

Examen direct et mise en culture
L’examen direct donne un résultat immédiat, alors que la mise en culture donne un résultat au bout de 24 heures. Elle est généralement suivie de la réalisation d’un antibiogramme effectué dans un délai de 48 heures. L’antibiogramme est l’étude de la sensibilité d’une bactérie à plusieurs familles d’antibiotiques. Il sert à orienter la prescription médicale afin que l’antibiotique prescrit soit le plus efficace possible et limite l’apparition de résistances. La coloration de Gram est réalisée pour révéler certaines propriétés de la paroi bactérienne, utilisées pour distinguer et classifier les bactéries.

Coloration de Gram
La coloration de Gram doit son nom au bactériologiste danois Hans Christian Gram (1884).
Dans un premier temps, on utilise le violet de gentiane pour colorer le cytoplasme des bactéries. Puis on tente de décolorer leur cytoplasme à l’aide d’alcool. Les bactéries dont la paroi est fine car pauvre en peptidoglycane 6 vont laisser passer l’alcool et seront décolorées. Elles seront dites « Gram négatif ».
Les autres bactéries, dont la paroi est plus épaisse car composée d’une couche de peptidoglycane plus importante, constitueront une barrière imperméable à l’alcool et ne seront pas décolorées ; elles resteront donc violettes et seront dites « Gram positif » ( fig.1.5 ).

Figure 1.5 Exemple de bactéries Gram +, le Bacillus subtilis 7
L’étape suivante est une contre-coloration ayant pour but de donner aux bactéries « Gram négatif » précédemment décolorées une teinte rose permettant de les visualiser au microscope. Les bactéries « Gram positif » restées violettes seront insensibles à cette contre-coloration plus pâle que le violet imprégnant déjà leur cytoplasme.
Toutes ces différences de coloration et de formes (bacilles ou cocci) sont à l’origine de la classification des bactéries. Son avantage est de donner une information rapide sur les bactéries présentes dans un produit ou un milieu, tant sur le type (Gram positif ou négatif) que sur la forme. Ainsi, la coloration permet de différencier certains types de bacilles ou de cocci selon 4 possibilités, cocci Gram négatif, cocci Gram positif, bacilles Gram négatif, bacilles Gram positif.
Le tableau 1.I reprend les résultats de la coloration de Gram sur les différentes formes de bactéries pour les classifier.
Tableau 1.I Résultats de la coloration de Gram Forme Couleur Résultat Cocci Violette Cocci Gram + Rose Cocci Gram − Bacilles Violette Bacilles Gram + Rose Bacilles Gram −
Les bactéries peuvent également être classées en fonction de leurs besoins en oxygène.

Appétence des bactéries en oxygène
Suivant leur appétence en oxygène, les bactéries sont dites aérobies ou anaérobies. Les bactéries aérobies ont besoin d’oxygène pour vivre et se reproduire. L’oxygène est utilisé comme catalyseur pour produire l’énergie nécessaire aux synthèses cellulaires, comme par exemple le Mycobactérium tuberculosis , appelé aussi bacille de Koch, de la famille des mycobactéries, vecteur de la tuberculose. A contrario, les bactéries anaérobies n’ont pas besoin d’oxygène pour réaliser leurs synthèses. Elles se développent dans des milieux dépourvus d’oxygène, comme par exemple le Clostridium tetani , vecteur du tétanos.

Propriétés des bactéries
Les bactéries sont dotées de 5 propriétés principales : la vitalité, la virulence, la multiplication, la résistance aux antibiotiques, l’adhésivité.
La vitalité est la capacité d’une bactérie à résister aux agressions de l’environnement et à se multiplier. Prenons l’exemple d’une bactérie qui pénètre un organisme humain. Celle-ci est aussitôt attaquée par les éléments qui composent le système immunitaire, notamment par les leucocytes (globules blancs) qui cherchent à la détruire, pour éviter qu’elle se multiplie. Si le leucocyte phagocyte généralement la bactérie, la lutte ne se termine pas toujours de cette manière. Il arrive aussi que ce dernier n’arrive pas à phagocyter la bactérie, qu’il meure et que la bactérie puisse se multiplier et infecter l’organisme.
La virulence se caractérise par la capacité de la bactérie à :
se développer ;
sécréter des toxines ;
sporuler.
Lorsqu’elle se développe dans le corps, la bactérie y sécrète des toxines. On parle alors de pathogénicité, ou du « pouvoir infectieux » de la bactérie. Ainsi, la virulence des souches pathogènes est due, d’une part, à la capsule qui protège la bactérie de la phagocytose, et, d’autre part, à la production de toxine.
La sporulation est la capacité d’une bactérie à se transformer en spore quand les conditions de survie deviennent défavorables. La spore ne se multiplie pas et devient résistante au froid, à la chaleur, à la dessiccation. Quand les conditions redeviennent favorables, la bactérie reprend sa forme végétative et retrouve une vie active. La virulence est variable suivant les espèces. Par exemple, le bacille de Koch est capable de vivre plusieurs années sous forme de spore. Il est arrivé de retrouver cette spore dans un instrument de musique ancien, comme la clarinette. Un musicien achète la clarinette infectée chez un antiquaire. La spore est inhalée, redevient une mycobactérie active au niveau des poumons du musicien et ce dernier développe une tuberculose.
La multiplication est la capacité d’une bactérie à se diviser en plusieurs individus. Les bactéries ont un cycle de multiplication de 20 à 30 minutes.
La résistance aux antibiotiques : certaines bactéries acquièrent une capacité de résistance face aux antibiotiques, notamment les pénicillines. Ces bactéries sécrètent une substance qui s’oppose à l’action bactéricide de la pénicilline, appelée pénicillinase. Cette propriété sera vue plus en détail avec le traitement antibiotique.
La capacité d’adhérer à certains matériaux : les bactéries peuvent adhérer aux matières plastiques de certains dispositifs médicaux comme les sondes ou les cathéters. Elles s’y multiplient et constituent un réservoir de micro-organismes pouvant entraîner une infection généralisée appelée septicémie.

Relation hôte-bactérie
Comme tous les micro-organismes, les bactéries peuvent être saprophytes, pathogènes ou opportunistes. Les bactéries saprophytes vivent de manière indépendante et en contact étroit avec l’organisme hôte sans causer de maladie, il en est ainsi des bactéries intestinales. Les bactéries pathogènes entraînent des perturbations plus ou moins sévères chez cet hôte. Les bactéries opportunistes sont issues de la flore saprophyte du patient, elles deviennent pathogènes dans certaines circonstances, comme lors d’une immunodépression.
La majorité des infections nosocomiales (IN) est représentée par des bactéries comme les entérobactéries, les staphylocoques, les pyocyaniques et les entérocoques. Mais toute bactérie peut être responsable d’une IN. Deux bactéries sont remarquables pour leur résistance et leur capacité à causer des épidémies au sein des établissements de santé, il s’agit du bacille de Koch (BK) et de la Legionella pneumophila .
Le bacille de Koch est l’agent causal de la tuberculose. Il est véhiculé par l’air et est inhalé par le patient à partir d’un autre patient infecté ou lors d’endoscopies du système respiratoire.
La Legionella pneumophila est l’agent causal de la légionellose (pneumonie hautement fébrile) qui se multiplie notamment dans les circuits d’eau chaude. Elle est véhiculée par cette même eau et est inhalée par l’intermédiaire de la vapeur d’eau, par exemple par les patients qui prennent une douche.

Réservoirs de bactéries, notion de flore microbienne
La flore microbienne désigne une population de micro-organismes présents dans un milieu donné. Ce milieu est représenté par l’environnement, le corps humain et le milieu hospitalier.

Flore de l’environnement
Des bactéries sont contenues dans l’eau potable (moins de 100 bactéries/mL), dans l’air (de 100 à 100 000 bactéries/cm 3 ) et dans le sol (de 10 6 à 10 7 bactéries/g).

Flore du corps humain
Chaque être humain comprend 10 14 bactéries, soit 10 fois plus que de cellules eucaryotes 8 . Les réservoirs principaux sont représentés par la peau, le nasopharynx et le tube digestif. La peau sèche et exposée à l’air présente une densité de 102 bactéries/cm 2 . Quant à la peau en zone humide, chaude et pileuse, elle présente 106 bactéries/cm 2 . Le rhinopharynx en contient 10 8 /mL et le côlon 10 11 /mL.
La flore de la peau est à la fois résidente et transitoire. La flore résidente est présente sur la peau de manière habituelle et permanente. La flore transitoire est constituée de micro-organismes qui font un bref séjour cutané et qui proviennent de l’environnement ; ces micro-organismes transitoires proviennent la plupart du temps d’autres mains, du tube digestif, du rhinopharynx, du milieu extérieur, notamment des surfaces inertes. Les bactéries rencontrées sont le Staphylocoque aureus (SA ou staphylocoque doré), des entérobactéries, des streptocoques, du Pseudomonas aeruginosa (Pyocyanique), de l’ Acinetobacter …
Le nasopharynx contient surtout des Cocci Gram + : du staphylocoque doré, du Streptocoque pneumoniae , d’autres streptocoques et du Neisseria …
Le tube digestif contient des bactéries anaérobies (Bacteroïdes, Clostridium …), des entérobactéries ( Echérichia coli, Proteus mirabilis, Klebsielle pneumoniae, Enterobacter, Citrobacter, Serratia ), des streptocoques, des entérocoques, du Pseudomonas aeruginosa … Donc surtout des bacilles Gram −.

Flore hospitalière
À l’hôpital, les bactéries rencontrées sont essentiellement des cocci Gram + et des bacilles Gram −. Les cocci Gram + sont représentés par des staphylocoques et des streptocoques. Les bacilles Gram – sont représentés par des entérobactéries et des non-entérobactéries ( tableau 1.II ).
Tableau 1.II Bactéries rencontrées à l’hôpital Cocci Gram + Bacilles Gram − Staphylocoques dorés (aureus) Entérobactéries Colibacille Proteus Serratia Enterobacter Escherichia coli Staphylocoques non dorés Staphylocoque coagulase négative Staphylocoque blanc Staphylocoque epidermidis Bactéries aérobies strictes Pseudomonas æruginosa et apparentés Vibrions Campylobacter Helicobacter Streptocoques Pneumocoque Entérocoque
Lorsqu’une bactérie devient pathogène, il devient parfois nécessaire de l’éradiquer à l’aide d’un traitement. Le traitement de choix demeure le traitement antibiotique. Il peut être curatif s’il consiste à éliminer l’infection bactérienne. Cependant, un traitement antibiotique peut être utilisé de manière préventive dans certaines circonstances, par exemple lors d’une baisse de l’immunité, c’est l’antibioprophylaxie.

Traitement de l’infection bactérienne : les antibiotiques
En 1942, Waksman a défini les antibiotiques comme des substances chimiques, produites par des micro-organismes et capables, à faible concentration, d’inhiber la croissance d’autres micro-organismes ou même de les détruire. Ces nombreuses substances, autrefois obtenues à partir de cultures, sont actuellement synthétisées ou modifiées par synthèse.

Définition des antibiotiques
En bactériologie médicale, on préfère donc maintenant retenir une définition plus large : les antibiotiques sont des composés chimiques, élaborés par un micro-organisme ou produit par synthèse et dont l’activité spécifique se manifeste à dose faible sur les micro-organismes.
Les antibiotiques utilisables en thérapeutique sont très nombreux et ils sont regroupés en familles selon leur structure chimique. Ils sont à usage externe ou interne.

Sensibilité des bactéries aux antibiotiques
Chaque antibiotique est caractérisé par son spectre d’activité qui correspond aux différentes espèces bactériennes susceptibles d’être sensibles à son action. Selon les antibiotiques, le spectre est limité ou large.
Par exemple, la pénicilline G a un spectre limité aux bactéries à Gram positif et aux coques à Gram négatif.
Il n’est pas toujours nécessaire de rechercher la sensibilité d’une bactérie à un antibiotique, car dans certaines infections, ce type de traitement est bien standardisé et les espèces bactériennes impliquées sont toujours restées sensibles à cet ou ces antibiotiques.
Malheureusement, certaines espèces bactériennes peuvent s’adapter plus rapidement aux antibiotiques par résistance acquise et donc être classées en « inconstamment sensibles » à tel ou tel antibiotique, ce qui nécessite dans ce cas d’effectuer un antibiogramme.

Antibiogramme
L’antibiogramme est un examen de laboratoire courant, qui consiste en la détermination de la sensibilité d’une bactérie aux antibiotiques.
On teste donc l’action de plusieurs antibiotiques sur une souche bactérienne. La méthode de diffusion dite « des disques » en milieu solide est la plus simple. Elle est réalisée dans une boîte de Pétri et consiste à ensemencer en surface un milieu solide par inondation de la souche à tester. Puis on dépose des disques de papier buvard imprégnés d’un antibiotique à une certaine concentration. Le développement ou non des bactéries autour du disque renseigne sur la sensibilité de la bactérie à l’antibiotique testé.
La figure 1.6 illustre la mise en œuvre de la technique dite « des disques » avec un antibiogramme réalisé pour une souche de Pseudomonas Aeroginosa . Autour de la pastille rouge d’isepamicine (au centre), on constate un développement important de bactéries, ce qui montre que la souche bactérienne n’est pas sensible à cet antibiotique. En revanche, autour de la pastille verte d’ofloxacine (en bas à gauche), on ne constate aucun développement bactérien, ce qui montre que la souche est sensible à l’ofloxacine.

Figure 1.6 Antibiogramme par la technique des disques

Résistance des bactéries aux antibiotiques
La résistance acquise des bactéries a toujours été préoccupante et a justifié de préciser des règles de prescription des antibiotiques. La résistance peut être naturelle, c’est-à-dire ayant existé de tout temps. Elle peut aussi avoir été acquise au cours du temps. C’est le cas du staphylocoque doré qui, au départ, était sensible à la pénicilline et est devenu résistant à cet antibiotique au cours des 25 dernières années. La résistance acquise est actuellement liée à l’utilisation répétée des antibiotiques, créant des souches bactériennes multirésistantes. Les bactéries sont dites multirésistantes aux antibiotiques (BMR) lorsque, du fait de l’accumulation des résistances naturelles et acquises, elles ne sont plus sensibles qu’à un petit nombre d’antibiotiques habituellement actifs en thérapeutique.

Virus

Définition et structure
Un virus est une entité biologique dont la reproduction nécessite une cellule hôte, dont il utilise les constituants pour se multiplier. Le virus est donc un parasite intracellulaire obligatoire. Certains virus vivent aux dépens d’une bactérie, ils sont appelés bactériophages.
Le virus est composé d’une molécule d’acide nucléique (soit d’ADN soit d’ARN, simple ou double brin) entourée d’une coque de protéines appelée capside et parfois d’une enveloppe. L’absence ou la présence d’enveloppe permet de différencier les virus nus des virus enveloppés. Le virus ne possède en général aucune enzyme pouvant produire de l’énergie. La forme libre du virus ou particule virale s’appelle le virion.
Les virus sont le plus souvent de très petite taille, comparée à celle d’une bactérie par exemple. En règle générale leur taille est inférieure à 250 nanomètres ; de ce fait, ils ne sont observables qu’au microscope électronique.
Toutefois, le mimivirus, agent causal d’une pneumonie, a une taille de 400 nm, ce qui le rend plus gros que les plus petites bactéries.
Les plus longs virus sont les virus en bâtonnet, dont certains peuvent atteindre plusieurs microns de longueur.
Leur aspect et leur taille sont très variés. De nombreux virus ont une forme pseudo-sphérique très simple sans aucune symétrie, dont le diamètre varie entre 60 et 300 nm. Les plus petits, dont la forme est icosaédrique (polygones à 20 côtés), mesurent entre 18 et 20 nm de large.
La figure 1.7 montre la structure d’un virus bactériophage. Ce der nier possède une structure élaborée ; il est composé de :
une tête, porteuse de la capside contenant un brin d’ADN ;
un cou ;
une queue, qui lui permet d’injecter son génome à l’intérieur de la cellule hôte ;
des extrémités fibreuses lui permettant de s’attacher à la cellule hôte.

Figure 1.7 Structure d’un virus bactériophage

Relation hôte-virus
Les virus sont des parasites obligatoires des cellules d’un organisme vivant, c’est-à-dire qu’ils ne peuvent vivre qu’au détriment d’un autre organisme. Il peut s’agir de cellules humaines, d’animaux, de plantes ou de bactéries. Leur croissance et leur multiplication ne peuvent s’effectuer qu’à l’intérieur d’une cellule vivante, car ils ne possèdent pas de noyau. L’utilisation du noyau de la cellule hôte par le virus entraîne généralement, la destruction de celle-ci.
Les virus parasites des bactéries, appelés bactériophages, portent généralement une sorte de queue qui leur permet d’injecter leur génome viral à l’intérieur de la bactérie qu’ils infectent.
La multiplication virale est un phénomène complexe au cours duquel le virus va détourner la machinerie cellulaire de la cellule hôte à son profit. En effet, du fait de leur simplicité extrême, les virus ne peuvent pas se multiplier par eux-mêmes. Leur multiplication consiste en l’introduction du génome viral dans une cellule et c’est elle qui va fabriquer de nouveaux virus selon un procédé de biosynthèse que l’on appelle réplication.
Le temps du cycle de multiplication virale peut varier d’un virus à un autre en fonction de la taille du génome et de la complexité du cycle (4 à 8 heures pour le poliovirus, plus de 40 heures pour certains virus de l’herpès).
Le cycle de multiplication virale comprend 6 étapes, l’attachement, la pénétration, la décapsidation, la réplication, l’assemblage et la libération.
La figure 1.8 reprend les 6 étapes de ce cycle au niveau d’une cellule, matérialisée par sa membrane cytoplasmique. Chaque symbole du schéma représente une étape de la multiplication virale comme suit.
Étape 1, l’attachement . La première étape est l’entrée en contact du virus et de la cellule. C’est l’attachement de la surface virale sur la surface cellulaire. Cet attachement se fait par l’intermédiaire de la capside pour les virus nus, par des glycoprotéines 9 d’enveloppe pour les virus enveloppés. Ces glycoprotéines s’attachent à des récepteurs spécifiques situés sur la membrane cytoplasmique de la cellule hôte. Ceci explique qu’un virus donné ne peut infecter qu’un nombre restreint d’espèces animales, c’est le tropisme d’hôte. Le tropisme détermine la sensibilité d’une cellule pour un virus, ce qui équivaut à sa capacité à pouvoir être infectée par un virus donné. L’ensemble des cellules sensibles à un virus défi nit le spectre d’hôtes de ce virus. Le spectre est variable selon les virus, certains peuvent infecter de nombreuses cellules, d’autres sont spécifiques d’un type cellulaire pour un être vivant donné.

Figure 1.8 Cycle de multiplication d’un virus

➊ Attachement étape 1
➋ Pénétration étape 2
➌ Décapsidation étape 3
➌ Réplacation étape 4
➍ Assemblage étape 5
➎ Libération étape 6

Par exemple, les poliovirus n’infectent que l’homme et, expérimentalement, les singes supérieurs, mais pas les oiseaux, car les poliovirus ne trouvent de récepteurs pour leur attachement que sur les cellules de primates et non sur les cellules d’oiseaux. Les virus de l’immunodéficience humaine, VIH 1 et 2, infectent principalement les lymphocytes T4 car leur enveloppe peut s’attacher sur la molécule CD4, récepteur spécifique de ces virus. Les virus de la grippe infectent principalement les cellules de l’arbre respiratoire car leur enveloppe se fixe sur les acides sialiques, récepteurs présents à la surface de ces cellules.
Étape 2, la pénétration . Les mécanismes principaux permettant l’entrée du virus à l’intérieur d’une cellule sont la microphagocytose 10 et la fusion :
– la microphagocytose est l’ingestion du virus par une cellule. Cette dernière produit une invagination de sa membrane et englobe le virus par l’intermédiaire d’une vacuole, c’est le phagosome. Le phagosome se lie ensuite à différentes structures membranaires de cette cellule. Le mécanisme de microphagocytose concerne les virus nus, comme par exemple les poliovirus ;
– la fusion concerne l’enveloppe virale et la membrane cytoplasmique qui se transforment en une membrane unique. La fusion est suivie d’une dissolution de la membrane cellulaire par des substances lytiques sécrétées par le virus. Il y a formation d’un trou appelé pore qui s’élargit et laisse passer la capside dans le cytoplasme. Le mécanisme de fusion concerne les virus enveloppés, comme les virus VIH.
Étape 3, la décapsidation . La décapsidation est la destruction temporaire de la capside, qui permet de libérer le génome ou matériel génétique du virus. Il est nécessaire que la capside soit détruite pour que le génome, libéré, puisse livrer son information génétique à la machinerie cellulaire pour la faire travailler à la production de nouveaux virus.
Étape 4, la réplication . Pour faire travailler la cellule, le génome viral prend la direction des synthèses. Il se substitue en totalité ou en partie au génome cellulaire qui, jusqu’alors, organisait les synthèses cellulaires. Désormais dirigée par le génome viral, la cellule va détourner sa propre machinerie au profit du virus et va ainsi produire de nouveaux virus par multiplication, entraînant dans certains cas une inhibition complète des synthèses d’ARN et d’ADN cellulaires.
Étape 5, l’assemblage et la maturation . Les nouveaux génomes fabriqués par la cellule s’entourent de nouvelles protéines virales fabriquées par la cellule. C’est l’encapsidation des génomes qui aboutit à la formation de nouveaux virus complets. Les mécanismes peuvent être simples avec auto-assemblage des protéines de capside et encapsidation du génome. Ils peuvent être plus complexes avec l’intervention de protéines virales spécifiques.
Étape 6, la libération . Les nouveaux virus sortent de la cellule par éclatement pour les virus nus, par bourgeonnement pour les virus enveloppés. C’est lors du bourgeonnement que les virus à enveloppe constituent leur enveloppe qui est une bicouche lipidique cellulaire hérissée de glycoprotéines. Certains virus comme les Herpes virus s’entourent d’une enveloppe provenant de la membrane nucléaire de la cellule infectée, d’autres comme les rétrovirus s’entourent d’une enveloppe provenant de la membrane cytoplasmique de la cellule. Une cellule produit de l’ordre de 100 à 1 000 virus.

Exemples de virus
Les virus sont souvent des agents de maladies, qu’elles soient bénignes ou graves. Actuellement, plusieurs milliers de virus ont été recensés : hépatites, sida, grippe, etc.
Le tableau 1.III donne quelques exemples de virus courants et des maladies qu’ils peuvent engendrer.
Tableau 1.III Exemples de virus et maladies associées Exemples de virus Maladies associées Myxovirus influenza A, B et C Grippe saisonnière H5N1 Grippe aviaire A/H1N1 Grippe porcine VIH Sida VHA Hépatite A VHB Hépatite B VHC Hépatite C Famille des Herpes virus Herpès (virus HHV 1), varicelle et zona (virus HHV 3) Rotavirus Gastroentérites aiguës avec diarrhées sévères Virus amaril Fièvre jaune 11 Ebola Fièvre hémorragique africaine

Traitement des virus

Traitements habituels
Les traitements médicamenteux adaptés à la lutte contre les virus sont les médicaments de la classe des antiviraux à usage externe ou interne.

Antibiotiques et virus
Les antibiotiques (du grec anti contre et bios la vie) sont des substances capables de modifier, voire d’empêcher les synthèses cellulaires d’organismes vivants comme les bactéries. Les virus étant des organismes inertes (non vivants), les antibiotiques n’agissent pas sur eux. Seuls les antiviraux, que l’on inocule généralement sous forme de vaccins quand ils existent, combattent ces entités biologiques.

Champignons et levures
Les infections à champignons sont dues le plus souvent à des champignons microscopiques appelés levures. Les champignons et les levures sont des organismes vivants, appartenant le plus souvent au règne animal ou végétal, qui deviennent visibles à l’œil nu lorsqu’ils envahissent une surface.
Le tableau 1.IV présente quelques variétés de champignons ou levures microscopiques susceptibles de causer des maladies chez l’homme et les végétaux. 11
Tableau 1.IV Variétés de champignons/levures et maladies correspondantes Micro-organisme Classe Maladie Candida albicans Levure Mycoses Pityriasis versicolor Champignon Mycoses Cryptococcus neoformans Levure Pneumopathies et encéphalopathies Champignons dermatophytes, kératolytiques Champignon Teigne vraie Aspergillus Moisissure Pneumopathies

Définition et mode de vie
Une levure est un champignon unicellulaire apte à provoquer la fermentation des matières organiques animales ou végétales. Les levures sont employées pour la fabrication du vin, de la bière, des spiritueux, des alcools industriels, du pain et des antibiotiques.
Ces micro-organismes sont de forme variable selon l’espèce : sphérique, ovoïde ( Candida albicans , fig. 1.9 ), en bouteille, triangulaire ou apiculée, c’est-à-dire renflée à chaque bout comme un citron, mais généralement ovales. Ils mesurent environ 6 à 10 microns et leur taille peut aller jusqu’à 50 microns. Ils se multiplient par bourgeonnement ou par fission (scissiparité). Ils sont souvent capables d’accomplir une sporulation soit dans un but de dormance en milieu défavorable, soit dans un but de dispersion.

Figure 1.9 Candida albicans
La dénomination de levure découle de l’observation des fermentations et tout particulièrement celle qui a lieu durant la fabrication du pain. On dit communément et depuis longtemps que le pain « lève ». Ce n’est pas, à proprement parler, une dénomination scientifique actuelle. Mais l’importance des levures dans le domaine des fermentations conduit à conserver ce terme générique qui continue à être correctement perçu.
La reproduction des champignons et des levures est variable selon l’espèce. Ainsi, les Candida se reproduisent par bourgeonnement. Les kératinophiles se multiplient de manière centrifuge par migration. Les aspergillus se multiplient par sporulation.

Relation hôte-levure
Les levures se transmettent par contact direct humain ou animal. Chez l’homme, elles sont responsables de mycoses souvent longues à guérir ou de maladies respiratoires. Naturellement présentes dans la cavité buccale ou le tube digestif, elles sont à l’origine saprophytes et n’entraînent donc pas de maladie ( Candida albicans par exemple).
Les traitements médicamenteux adaptés à la lutte contre les champignons et les levures sont les médicaments de la classe des antifongiques à usage externe ou interne.

Parasites

Définition et mode de vie
Les parasites sont des organismes vivants, appartenant au règne animal. Il s’agit la plupart du temps de protistes. Le terme protiste, du grec protos qui signifie premier, désigne les règnes du vivant qui regroupent tous les êtres vivants mobiles et unicellulaires. Le règne des protistes se divise généralement en trois parties :
les protozoaires, à affinités animales ;
les protophytes, à affinités végétales ;
les protistes fongiformes, à affinités avec le champignon.
Les micro-organismes contaminant l’organisme humain sont le plus souvent des protozoaires.
Les protozoaires sont des organismes unicellulaires qui forment un groupe paraphylétique 12 . Ils comportent une cellule eucaryote, c’est-à-dire possédant un vrai noyau, contrairement aux bactéries, dites procaryotes, ne possédant pas de véritable noyau. Leur cellule est très différenciée et remplit de nombreuses fonctions nécessaires à la vie grâce à ses organites complexes, comme les vacuoles, les cils et les flagelles.
Les protozoaires se différencient donc fortement des cellules constituantes des tissus des métazoaires 13 . Ils ont conquis et se sont adaptés à tous les milieux de vie et certains sont des parasites pouvant être dangereux. Leur reproduction sexuée ou asexuée est très complexe. Le mode de nutrition des protozoaires se fait par ingestion ou phagocytose. Les protozoaires sont hétérotrophes, c’est-à-dire qu’ils puisent leur source de carbone en provenance des différents composés organiques.

Relation hôte-parasite
Les protozoaires peuvent être la cause d’infections, notamment chez les patients immunodéprimés. Les parasites responsables de maladies sont représentés principalement par le Pneumocystis carinii ( fig. 1.10 ) qui infecte les poumons de façon extracellulaire et se multiplie dans les alvéoles, causant la pneumocystose, sorte de pneumonie ; également, le Toxoplasma gondii , responsable de la toxoplasmose qui peut entraîner des lésions viscérales à dominante cérébrale. Ces protozoaires prolifèrent de manière élective lorsque les patients sont immunodéprimés.

Figure 1.10 Pneumocystis carinii
Les traitements médicamenteux adaptés à la lutte contre les parasites sont les médicaments de la classe des antiparasitaires à usage externe ou interne.

Agents transmissibles non conventionnels ou prions

Définition et historique
Le terme prion est un mot venant de l’anglais PROteinaceous INfectious particle qui signifie particule infectieuse protéinique. Le prion est une protéine de forme anormale qui possède des propriétés infectieuses. Il est également appelé agent transmissible non conventionnel (ATNC). Ces agents sont non bactériens, non viraux et susceptibles de s’accumuler dans les cellules de l’hôte qu’ils infectent, principalement au niveau du système nerveux central et des organes lymphoïdes. Le prion a été découvert par Stanley B. Prusiner dans les années 1980–1990. Il permet d’expliquer toutes les maladies du type de la maladie de Creutzfeldt-Jakob ou des encéphalopathies spongiformes humaines et animales. L’hypothèse de l’existence du prion en tant que protéine infectieuse s’oppose à la théorie médicale selon laquelle il n’y a que trois types d’agents infectieux : les bactéries, les virus et les parasites. Stanley B. Prusiner a donc révolutionné cette théorie en démontrant l’existence d’un nouveau type d’agents infectieux, les prions, ce qui lui a valu le prix Nobel de médecine 1997.

Relation hôte-prion
Les maladies à prions provoquent une dégénérescence du système nerveux central qui est toujours fatale.
Le rôle des prions est établi dans certaines affections animales telles que l’encéphalopathie spongiforme bovine, dite ESB ou maladie de la vache folle, la tremblante du mouton et de la chèvre et la maladie du dépérissement chronique des cervidés.
Chez l’homme, il est responsable de la maladie de Creutzfeldt-Jakob qui se caractérise par une démence précoce aboutissant au décès. La forme commune est sporadique 14 , atteignant le plus souvent le sujet âgé. Le mode de transmission est d’origine iatrogène ou animale.
La transmission iatrogène consiste en l’inoculation de tissus contaminés comme les extraits d’hypophyse employés auparavant dans le traitement par l’hormone de croissance, les greffes de cornée et de dure-mère et par du matériel médico-chirurgical souillé.
La transmission animale se produit suite à la consommation de viande de bœuf infectée par la maladie de la vache folle.
L’invasion du système nerveux humain par les prions entraîne l’apparition de zones lacunaires. Ces « trous » microscopiques sont caractéristiques des tissus infectés, leur donnant une consistance spongieuse ( fig. 1.11 ).

Figure 1.11 Tissu cérébral humain envahi par les prions

AGIR

SITUATION PROFESSIONNELLE : L’INFECTION URINAIRE


Monsieur F., 75 ans, est hospitalisé pour un bilan urinaire. A son arrivée, il présentait un globe vésical et a bénéficié d’un sondage évacuateur. Ce matin, sa température est de 38°5, il se plaint de brûlures mictionnelles. L’analyse d’urine réalisée au laboratoire met en évidence une infection urinaire à Escherichia coli .

1 IDENTIFIER LES DONNÉES SIGNIFICATIVES

Quelles données relève-t-on ? Pourquoi sont-elles significatives ? Nom, M. F. La connaissance du nom permet de créer une relation personnalisée et de mettre le patient en confiance Âge, 75 ans Élément important en regard de l’étape de vie, troisième âge et de l’impact sur les problèmes de santé Sexe, masculin Certaines pathologies peuvent avoir un retentissement différent, suivant qu’il s’agit d’un homme ou d’une femme A bénéficié d’un sondage évacuateur Il s’agit d’un geste invasif qui peut avoir des conséquences sanitaires Fièvre, brûlures mictionnelles Ces signes d’infection nécessitent une prise en charge médicale spécifique Analyse d’urine La réalisation d’une analyse d’urine permet de déterminer le micro-organisme en cause Infection urinaire à Escherichia coli L’affirmation du diagnostic permet de réaliser un traitement étiologique

2 COMPRENDRE ET ÉVALUER LA SITUATION

Que faut-il comprendre ? Évaluation 75 ans est un des âges extrêmes de la vie, le troisième âge SAVOIRS FONDAMENTAUX Étapes de la vie, Psychologie À cet âge, les forces vitales commencent à décliner et les personnes sont plus sensibles aux pathologies comme l’infection Sexe masculin SAVOIRS FONDAMENTAUX Psychosociologie, Sciences biomédicales L’homme âgé se situe à la fin de la période d’andropause qui correspond à une baisse des sécrétions hormonales et constitue un palier psychologiquement généralement difficile à surmonter. De plus, les problèmes prostatiques sont fréquents à cet âge Le sondage vésical est un geste invasif, la sonde vésicale constituant une porte d’entrée pour les micro-organismes SAVOIRS FONDAMENTAUX Sciences biomédicales et infectiologie Tout acte invasif comportant un risque infectieux, le sondage est vraisemblablement à l’origine de l’infection urinaire Fièvre, brûlures mictionnelles, ces signes orientent la prise en charge médicale en atten dant la réalisation des examens complémentaires SAVOIRS FONDAMENTAUX Sciences biomédicales, Infectiologie et hygiène Ces signes éclairent sur la nature infectieuse de la pathologie, qui ne sera affirmée qu’après la réalisation de l’analyse d’urine au laboratoire Analyse d’urine au laboratoire, cet examen est suivi d’une mise en culture qui permet d’isoler le micro-organisme en cause SAVOIRS FONDAMENTAUX Infectiologie et hygiène Les résultats de l’examen permettent de mettre en œuvre un traitement étiologique de l’infection par antibiothérapie Infection urinaire à Escherichia coli SAVOIRS FONDAMENTAUX Infectiologie et hygiène La nature de l’infection étant connue, ainsi que la caractérisation du micro-organisme causal, le médecin prescrit un traitement antibiotique efficace. Ce traitement ainsi que des mesures hygiéno-diététiques sont mis en œuvre par l’infirmier
Synthèse de l’évaluation : il s’agit d’un homme âgé qui présente des signes généraux et locaux d’infection urinaire dans les jours suivant son hospitalisation.

3 METTRE EN ŒUVRE LES ACTIONS

Quelles actions met-on en œuvre ? Pourquoi ? Accueillir et s’entretenir avec M. F. SAVOIR-FAIRE PROFESSIONNELS Savoirs relationnels L’entretien permet à M. F. d’exprimer ses craintes par rapport à sa maladie et à son hospitalisation. Expliquer l’infection, donner des conseils et répondre aux questions SAVOIR-FAIRE PROFESSIONNELS Savoirs relationnels Lors de l’entretien d’accueil, l’infirmier donne des explications succinctes sur l’infection de M. F. et sur les examens à réaliser. Il lui conseille de boire abondamment Prendre les paramètres vitaux du patient, pouls, pression artérielle, température, mesurer sa diurèse, lui demander son poids sa taille, réaliser une bandelette urinaire. SAVOIR-FAIRE PROFESSIONNELS Techniques de soins infirmiers Évaluer l’état de santé actuel du patient et recueillir des chiffres de référence pour suivre et son état clinique ultérieur Récupérer les résultats d’examen et les montrer au médecin SAVOIR-FAIRE PROFESSIONNELS Techniques de soins infirmiers Les résultats de laboratoire permettront d’affirmer l’infection et de débuter un traitement

4 RÉSULTATS DES ACTIONS ET ANALYSE

Résultats Analyse des résultats M. F. a exprimé ses craintes face à sa maladie et à son hospitalisation. A l’issue de l’entretien, il semble rassuré sur son devenir L’entretien proposé par l’infi rmier a permis de dédramatiser la pathologie Taille 1 m75, poids 75 Kg Rapport poids/taille normal. M. F. n’est pas dénutri Pouls : 80, PA : 150/80, T° : 38°5 Le pouls est normal. La PA est située dans les limites supérieures de la normale, ce qui est courant chez le sujet âgé. Le rapport entre la PA minimale et maximale est cohérent. La fièvre est en lien avec une infection Bandelette urinaire : présence de nitrites et de lymphocytes La présence de nitrites et de lymphocytes au niveau de la bandelette signe l’infection urinaire, dont ils sont un indicateur rapide. M. F. est capable, de manière simple, d’expliquer sa pathologie, il suit les conseils concernant la boisson. L’apport d’éléments objectifs simples a permis à M. F. d’être acteur de sa pathologie et de dédramatiser l’hospitalisation. L’éducation infirmière sur la boisson lui permet de drainer sa vessie pour favoriser l’élimination du microorganisme Une prescription d’antibiotiques est réalisée par le médecin, en regard de l’antibiogramme Le traitement antibiotique ciblé va concourir, avec la boisson, à éliminer le micro-organisme.

S’ENTRAÎNER

VÉRIFIER SES CONNAISSANCES

1 QROC (Questions à réponses ouvertes courtes)

1. Définissez les termes suivants : infection, flore microbienne, antibiogramme, virulence d’une bactérie.
2. Citez les principaux signes de l’infection.
3. Différenciez infection endogène et exogène.
4. Décrivez les trois maillons de la chaîne de l’infection.
5. Citez les micro-organismes responsables des infections.
6. Identifiez et légendez le schéma suivant.


7. Citez les deux formes principales de bactéries et le nom qui leur est attribué.
8. La flore microbienne désigne une population de microorganismes présents dans un milieu donné.
Différenciez les bactéries aérobies des bactéries anaérobies.
9. Citez un exemple de bactérie aérobie et anaérobie et préciser la maladie transmise.
10. Différenciez les bactéries saprophytes des bactéries pathogènes.
11. Citez 2 bactéries susceptibles de causer des épidémies au sein des établissements de santé.
12. Citez les deux familles de bactéries constituant la flore hospitalière. Donnez un exemple de chaque famille.
13. Définissez les antibiotiques.
14. Définissez la résistance des bactéries aux antibiotiques.
15. Expliquez la relation du virus vis-à-vis de ses hôtes.
16. Complétez le tableau suivant relatif à quelques variétés de virus et aux maladies associées.

Exemples de virus Maladie associée Myxovirus influenzae A, B et C   H5N1     Grippe porcine   Sida VHA     Hépatite B VHC     Herpes (virus HHV 1), varicelle et zona (virus HHV 3) Virus amaril  
17. Complétez le tableau suivant relatif à quelques variétés de champignons/levures et aux maladies correspondantes.

Micro-organisme Classe Maladie Candida albicans Levure   Pityriasis versicolor Champignon   Cryptococcus neoformans Levure   Aspergillus Moisissure  
18. Citez la principale condition favorisant l’infection par des parasites.
19. Citez 2 exemples de parasites et la maladie associée.
20. Définissez le prion.


Corrigés

VÉRIFIER SES CONNAISSANCES

1 QROC (Questions à réponses ouvertes courtes)

1. L’infection est le résultat de l’agression d’un organisme vivant par un micro-organisme. Elle se traduit par des altérations anatomiques ou fonctionnelles, par des manifestations cliniques et biologiques, qui résultent du déséquilibre entre la virulence de l’agent pathogène et les capacités de résistance de l’hôte.
L’antibiogramme est un examen de laboratoire courant, qui consiste en la détermination de la sensibilité d’une bactérie aux antibiotiques pour orienter la prescription médicale afin que l’antibiotique prescrit soit le plus efficace possible et limite l’apparition de résistances.
La virulence se caractérise par la capacité de la bactérie à se développer, à sécréter des toxines et à sporuler.
Lorsqu’elle se développe dans le corps, la bactérie y sécrète des toxines. On parle alors de pathogénicité, ou du « pouvoir infectieux » de la bactérie. Ainsi, la virulence des souches pathogènes est due, d’une part, à la capsule qui protège la bactérie de la phagocytose, et, d’autre part, à la production de toxine.
La sporulation est la capacité d’une bactérie à se transformer en spore quand les conditions de survie deviennent défavorables. La spore ne se multiplie pas et devient résistante au froid, à la chaleur, à la dessiccation. Quand les conditions redeviennent favorables, la bactérie reprend sa forme végétative et retrouve une vie active.
2. L’infection se traduit le plus souvent par des signes liés à une réaction inflammatoire type douleur, rougeur, chaleur, présence de pus au site d’infection et fièvre.
3. L’infection d’origine endogène ou interne est due à la propre flore du patient, celle-ci est constituée de microorganismes abrités par le propre corps du patient (origine digestive, respiratoire, cutanée ou vaginale). Alors que l’infection d’origine exogène ou externe est due à des micro-organismes abrités par l’environnement de proximité du patient (surfaces inertes, objets, autres patients infectés…).
4. La chaîne de l’infection est composée de 3 maillons qui sont les réservoirs de micro-organismes, les modes de transmission et les conditions favorables à la survenue de l’infection.
Maillon 1 : les réservoirs de micro-organismes peuvent être endogènes ou exogènes. Ce sont des endroits au niveau desquels les conditions sont réunies pour que les micro-organismes puissent survivre et se multiplier.
Maillon 2 : la transmission de l’agent infectieux peut se faire de trois manières : par contact direct, par l’intermédiaire de l’air ou suite à une effraction de la peau :
– le contact direct se fait lors de transmission par l’intermédiaire de la main. Dans ce cas, l’infection est dite « manuportée » ;
– le contact par l’intermédiaire de l’air se fait par le système respiratoire. L’infection transite alors par des particules de poussière, des microgouttelettes de salive (gouttelettes de Pflügge) émises par d’autres voies respiratoires humaines ou par aérosolisation (toux, éternuement, conversation). Dans ce cas, l’infection est dite « aéroportée » ;
– l’effraction de la barrière cutanée se fait par un objet infecté piquant, coupant ou tranchant.
Maillon 3 : des conditions favorables sont nécessaires au développement de l’infection chez un hôte. Il s’agit le plus souvent d’une baisse de l’immunité qui favorise le développement des micro-organismes, le système immunitaire de l’hôte n’étant pas assez réactif pour s’opposer à l’infection.
5. Les micro-organismes responsables des infections sont des bactéries, des virus, des champignons, des parasites et des agents transmissibles non conventionnels (ATNC) ou prions.
6. Schéma d’une bactérie


7. Les deux principales formes de bactéries sont la sphère, elles sont alors appelées cocci, et le bâtonnet, elles sont alors appelées bacilles.
8. Les bactéries aérobies ont besoin d’oxygène pour vivre et se reproduire, l’oxygène est alors utilisé comme catalyseur pour produire l’énergie nécessaire aux synthèses cellulaires. A contrario , les bactéries anaérobies n’ont pas besoin d’oxygène pour réaliser leurs synthèses et se développent donc dans des milieux dépourvus d’oxygène.
9. Bactérie aérobie : le Mycobactérium tuberculosis , de la famille des mycobactéries, vecteur de la tuberculose. Bactérie anaérobie : le Clostridium tetani , vecteur du tétanos.
10. Les bactéries saprophytes vivent de manière indépendante et en contact étroit avec l’organisme hôte, sans lui causer de maladies, alors que les bactéries pathogènes entraînent des perturbations plus ou moins sévères chez cet hôte.
11. Le bacille de Koch est l’agent causal de la tuberculose. La Legionella pneumophila est l’agent causal de la légionellose (pneumonie hautement fébrile).
12. À l’hôpital, les bactéries rencontrées sont essentiellement des cocci Gram + et des bacilles Gram –. Les cocci Gram + sont représentés par des staphylocoques et des streptocoques. Les bacilles Gram – sont représentés par des entérobactéries ( Escherichia coli ), des bactéries aérobies strictes ( Pseudomonas et apparentés), des vibrions, Campylobacter, Helicobacter , etc.
13. Les antibiotiques sont des composés chimiques, élaborés par un micro-organisme ou produit par synthèse et dont l’activité spécifique se manifeste à dose faible sur les micro-organismes.
Les antibiotiques utilisables en thérapeutique sont très nombreux et ils sont regroupés en familles selon leur structure chimique. Ils sont à usage externe ou interne.
14. La résistance des bactéries aux antibiotiques est l’acquisition d’une capacité leur permettant de s’opposer à l’action bactéricide des antibiotiques grâce à la sécrétion d’une substance spécifique. La résistance peut être naturelle, c’est-à-dire ayant existé de tout temps. Elle peut aussi avoir été acquise au cours du temps.
15. Les virus sont des entités biologiques dont la reproduction nécessite une cellule hôte, dont ils utilisent les constituants pour se multiplier. Ce sont des parasites obligatoires des cellules d’un organisme vivant, c’est-à-dire qu’ils ne peuvent vivre qu’au détriment d’un autre organisme. Il peut s’agir de cellules humaines, d’animaux, de plantes ou de bactéries. Leur croissance et leur multiplication ne peuvent s’effectuer qu’à l’intérieur d’une cellule vivante, car ils ne possèdent pas de noyau. L’utilisation du noyau de la cellule hôte par le virus pour réaliser ses propres synthèses entraîne généralement la destruction de celle-ci.
16.
Exemples de virus Maladie associée Myxovirus influenzae A, B et C Grippe saisonnière H5N1 Grippe aviaire A/H1N1 Grippe porcine VIH Sida VHA Hépatite A VHB Hépatite B VHC Hépatite C Famille des Herpes Herpes virus (virus HHV 1), varicelle et zona (virus HHV 3) Virus amaril Fièvre jaune
17.
Micro-organisme Classe Maladie Candida albicans Levure Mycoses Pityriasis versicolor Champignon Mycoses Cryptococcus neoformans Levure Pneumopathies et encéphalopathies Aspergillus Moisissure Pneumopathies
18. L’immunodépression est la principale condition qui favorise les infections par des parasites, car elle entraîne une diminution de l’immunité propice à leur développement.
19.
Exemple de parasite Maladie associée Pneumocystis carinii Pneumocystose, sorte de pneumonie Toxoplasma gondii Toxoplasmose viscérale à prédominance cérébrale
20. Le prion, appelé agent transmissible non conventionnel (ATNC), est une protéine de forme anormale qui possède des propriétés infectieuses. Il est non bactérien, non viral et susceptible de s’accumuler dans les cellules de l’hôte qu’il infecte, principalement au niveau du système nerveux central et des organes lymphoïdes. Il permet d’expliquer toutes les maladies du type de la maladie de Creutzfeldt-Jakob ou des encéphalopathies spongiformes humaines et animales (maladie de la vache folle).

1 La virulence d’un micro-organisme est son aptitude à se multiplier dans un organisme vivant et à y entraîner des maladies.
2 La flore microbienne désigne une population de micro-organismes présents dans un milieu donné.
3 Un acte invasif est un acte de soins qui nécessite une pénétration dans le corps du patient par les voies naturelles (pose de sonde urinaire par exemple) ou par effraction de sa peau (pose de cathéter par exemple).
4 L’immunodépression est la baisse de l’immunité, causée le plus souvent par une maladie ou par certains traitements, dits immunosuppresseurs.
5 La capsule permet à la bactérie de se transformer en spore et lui confère ainsi un pouvoir infectant supplémentaire en augmentant sa durée de vie.
6 Peptidoglycane : composé protidique et glucidique composant la paroi des bactéries.
7 Le Bacillus subtilis est une bactérie retrouvée dans le sol qui peut contaminer les aliments et causer des intoxications alimentaires.
8 Cellule eucaryote : cellule possédant un noyau.
9 Les glycoprotéines sont des composés glucidiques et protidiques constitutifs des membranes.
10 La phagocytose est l’ingestion de structures pleines et entières par une cellule.
11 Fièvre jaune : virose de type grippal pouvant entraîner une atteinte hépatique et rénale sévère.
12 Un groupe paraphylétique est défini par le partage de caractères ancestraux.
13 Métazoaires : dans la classification du règne animal, on désigne sous le nom de métazoaire tout animal pluricellulaire.
14 Sporadique : qui touche un petit nombre d’individus de façon isolée. Ce terme s’oppose à « héréditaire » ou à « épidémique ».
2 Moyens de lutte de l’organisme contre l’infection
le système immunitaire

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