Les dentistes, détectives de l
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Les dentistes, détectives de l'histoire

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Description

La série télévisée "les Experts" a banalisé les techniques d'investigation de la police scientifique. Ce livre effectue une mise au point sur les techniques employées aujourd'hui dans l'identification. Il détaille ainsi les enquêtes achevées ou toujours en suspens concernant des personnalités décédées. Hitler, J.S Bach, Charles le Téméraire, et bien d'autres ont été formellement identifiés à partir de leurs dents. Pour Napoléon, Louis XVII et Mozart, il existe toujours des zones d'ombre dans les recherches.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 01 janvier 2007
Nombre de lectures 21
EAN13 9782336256061
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0005€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

DU MEME AUTEUR
La pratique dentaire dans les camps du III ème Reich , Collection Allemagne d’hier et d’aujourd’hui, L’Harmattan, Paris, 2002
Les dentistes allemands sous le III ème Reich , Collection Allemagne d’hier et d’aujourd’hui, L’Harmattan, Paris, 2005
L’influence des dentistes américains pendant la Guerre de Sécession , Collection Médecine à travers les siècles, L’Harmattan, Paris, 2006
CONTRIBUTION A UNE ŒUVRE COLLECTIVE
Le conflit , sous la direction d’Olivier Ménard, Journée de la Maison des sciences de l’homme Ange-Guépin, Collection Logiques sociales, L’Harmattan, Paris, 2006
www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr
© L’Harmattan, 2007
9782296025288
EAN : 9782296015203
Sommaire
DU MEME AUTEUR CONTRIBUTION A UNE ŒUVRE COLLECTIVE Page de Copyright Page de titre Médecine à travers les siècles - Collection dirigée par le Docteur Xavier Riaud Dedicace Préambule Préface Avant-propos Lollia Paulina William II Rufus (1056 ou 1057-1100) Jacob Erlandsen (? – 1274) Pétrarque (1304-1374) John Talbot (1384( ?) -1453) Agnès Sorel (1422-1450) Charles le Téméraire (1433-1477) François de Bassompierre (1579-1646) Jean-Baptiste Poquelin, dit Molière - (1622-1673) Johann Sebastian Bach (1685-1750) Sir Peter Halket (?-1755) Major général Joseph Warren (1741-1775) Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) Louis XVII (1785-1795) Napoléon I er (1769-1821) Ludwig van Beethoven (1770-1827) et Franz - Schubert (1797-1828) Dr Georges Parkman (1790-1849) John Wilkes Booth (1834-1865) Lewis Thornton Powell (1844-1865) Napoléon IV (1856-1879) Sophie-Charlotte Auguste, duchesse en Bavière et duchesse d’Alençon (1847-1897) Alain-Fournier (1886-1914) Guillaume II (1859-1941) Adolf Hitler (1889-1945) Anna Anderson (vers 1900-1984) Eva Braun (1912-1945) Martin Bormann (1900-1945) Dr Josef Mengele (1911-1979) Ginette Neveu (1919-1949) Patricia Hearst (1954- ) Conclusion Annexes Remerciements Bibliographie
Les dentistes, détectives de l'histoire

Xavier Riaud
Médecine à travers les siècles
Collection dirigée par le Docteur Xavier Riaud
L’objectif de cette collection est de constituer « une histoire grand public » de la médecine ainsi que de ses acteurs plus ou moins connus, de l’Antiquité à nos jours.
Si elle se veut un hommage à ceux qui ont contribué au progrès de l’humanité, elle ne néglige pas pour autant les zones d’ombre ou les dérives de la science médicale.
C’est en ce sens que – conformément à ce que devrait être l’enseignement de l’histoire –, elle ambitionne une « vision globale » et non partielle ou partiale comme cela est trop souvent le cas.
Déjà parus :
Xavier RIAUD, L’influence des dentistes américains pendant la Guerre de Sécession , 2006.
Au Professeur Simon Bérenholc qui m’a enseigné ce qu’était le respect de la vie et le respect de l’homme. L’Humanisme est une vertu. Il m’en a inculqué les grands principes. Qu’il en soit remercié !
Préambule
Dans ce livre, Xavier Riaud a souhaité nous présenter une histoire de l’Odontologie Légale. Cet ouvrage a le mérite tout d’abord, d’être original dans son contenu, mais aussi dans sa forme.
Le sujet abordé présente un recensement sélectif et significatif, qui peut intéresser les praticiens de l’Art Dentaire, tout comme les amoureux d’Histoire, en général.
Rédigé de façon très vivante (à propos de morts ; il faut le faire !), ce manuscrit se lit agréablement.
La passion de son auteur, attaché à l’humanisme, transparaît à toutes les pages.
De plus, étant moi-même engagé dans cette discipline, j’ai apprécié la précision des faits rapportés.
Sait-on, suffisamment, la place importante que tiennent les odontologistes dans les identifications reconstructives ?
Et pourtant, ils constituent parfois le dernier recours, car les dents sont « immortelles »  ; elles sont incorruptibles.
Il est utile de le rappeler, comme le font les présents écrits de Xavier Riaud. Il faut l’en féliciter.
Henri Lamendin
Docteur en Sciences Odontologiques, Docteur d’État ès-Sciences, Ancien Expert près la Cour d’Appel de Bourges, de l’Académie Nationale de Chirurgie-Dentaire.
Préface
La dent, cet organe qui résiste si bien aux affres du temps et aux intempéries, est le fil conducteur qu’a choisi Xavier Riaud pour transporter le lecteur dans de bien grandes et vraies histoires, parfois fantastiques, de la vie et de la mort d’hommes le plus souvent célèbres.
Au travers de ces récits, le « détective de l’Histoire » perçoit instantanément que la dent est porteuse de nombreux indices subtils qui conduisent à affirmer ou infirmer l’identité d’une personne.
Dans la période qui s’étend de l’Antiquité au XIX ème siècle, l’auteur fouille l’Histoire, en extrait une bibliographie précise qu’il distille pour révéler ce que furent les prémices de l’identification dentaire en ces temps où la médecine légale n’était pas reconnue comme une science.
Agrippine a identifié sa rivale Lollia Paulina. Ce qui pourrait être une légende n’est pourtant que pure vérité. Plus près de nous, le début du XX ème siècle et la période qui a suivi la Seconde Guerre mondiale ont montré que la dent, les soins et les prothèses sont de sérieux supports d’identification. Identification parfois niée, parfois contestée, toujours vérifiée et souvent retenue.
Sans les dents, Adolf Hitler, Eva Braun et bien d’autres criminels nazis n’auraient pas été identifiés lors de la découverte de leur dépouille carbonisée, putréfiée ou squelettisée.
Et sans l’exhumation d’un corps dans le Haut-Rhin et l’examen de ses dents, Ginette Neveu reposerait actuellement sous un autre patronyme.
La qualité des récits, l’intensité des révélations, la recherche poussée de Xavier Riaud sur ce sujet hors du commun rappellent l’intérêt de l’identification dentaire qui chaque année, aide de nombreuses familles à faire le deuil et à résoudre des problèmes de succession. Elle sert aussi la Société comptable de ses citoyens.
Osez ouvrir ce livre, tournez la première page et les phrases vous transporteront dans un monde qui ne vous appartient pas, un monde que vous désirerez découvrir, une lecture qui vous laissera sur votre faim une fois l’ouvrage terminé.
Entre fantastique et réalité, ces textes ne laissent jamais indifférent.
Au nom des odontologistes médico-légaux qui nous ont précédés, en celui de nos contemporains et de nos successeurs, merci Xavier Riaud d’avoir fait découvrir l’identification dentaire à de nombreux lecteurs.
Charles Georget
Docteur en Sciences Odontologiques Docteur de l’Université de Nancy II Expert agréé par la Cour de Cassation
Avant-propos
Au-delà de ma vocation de soigner les gens et de leur apporter du réconfort, je n’ai pas rencontré lors de mes études, de discipline qui suscite mon exaltation plus qu’une autre. C’est au détour d’une formation que j’ai suivie plus par curiosité que par intérêt au début, que j’ai découvert une passion aussi forte et aussi dévorante pour l’identification bucco-dentaire dans les catastrophes, dans les crimes et parfois même dans les sites archéologiques, que celle pour l’histoire de mon métier. En effet, je suis chirurgien-dentiste et j’en suis fier. Cette fierté prend sa source dans l’étude des aspects historiques de cette profession. Mais, elle est apparue également dans les implications à tous les échelons d’une enquête policière, des dentistes experts chargés de découvrir l’identité, l’âge ou le sexe d’un individu. Quelle exaltation que de participer à une enquête policière ! Quel enthousiasme que de démêler les nœuds tortueux d’un crime ! Et pourtant, rien n’est plus triste que la mort d’une personne, mais, c’est aussi à l’odontologiste averti de rendre sa dignité d’être humain à un cadavre sans nom et de soulager la famille de la disparition intempestive d’un proche en lui permettant de faire son deuil. Enfin, l’aboutissement de leurs investigations permet sur un plan plus administratif, l’ouverture d’une succession, ce qui est rendue impossible si la personne décédée n’a pas été reconnue.
Je me suis depuis très longtemps posé la question de savoir comment mélanger ma passion pour l’histoire, l’odontologie médico-légale et celle enfin pour mon activité professionnelle. C’est en découvrant un livre écrit en 1992 par Søren Keiser-Nielsen 1 , « Teeth that told » que j’ai enfin trouvé l’approche originale que je souhaitais. C’est donc à travers l’histoire de personnalités célèbres de l’Antiquité à nos jours, de leur mort, de leur identification post-mortem et aussi à travers l’intervention des dentistes qui ont contribué à celle-ci, que j’ai souhaité apporter ma modeste contribution à l’odontologie 2 médico-légale. C’est aussi l’occasion de faire une mise au point sur des identifications certifiées et dans d’autres cas, sur des enquêtes plus ou moins toujours en cours avec la révélation des hypothèses émises pour les résoudre.
Les séries télévisuelles américaines comme « Les experts » ont banalisé et vulgarisé les moyens médico-légaux d’investigations policières. Qu’en est-il réellement ? Ainsi, dans un contexte historique fort, la possibilité de faire un état des lieux des techniques employées dans cette discipline s’offre à moi aujourd’hui. J’aurais pu étudier les catastrophes ou les crimes de serial killer . J’aurais pu citer bien d’autres confrères experts tous aussi méritants les uns que les autres, mais après avoir déterminé une problématique bien précise, j’en suis arrivé à restreindre mes choix. Je prie ces praticiens de valeur d’accepter toutes mes excuses.
Lollia Paulina
Lollia Paulina devient la maîtresse de Claude, Empereur des Romains, qui a régné de 41 à 54 après J.C. Agrippine, l’épouse de ce dernier et la mère de Néron, cherche à asseoir son fils que le monarque a adopté, sur le trône. Dans sa quête, elle décide de faire assassiner sa rivale. En 49, c’est chose faite de la manière la plus brutale. Seulement, pour s’assurer de la mort de l’amante, l’épouse souhaite vérifier que la tête qui lui est remise sur un plateau, est bien celle de Lollia. Dion Cassius 3 , dans son Histoire romaine en 80 chapitres, relate : « Elle lui ouvre la bouche de force et examine soigneusement les dents que Lollia portaient placées d’une manière toute particulière. »
C’est le plus vieil exemple connu d’identification par les dents.
William II Rufus (1056 ou 1057-1100)
William 4 est le second fils de William le Conquérant. Il devient roi d’Angleterre en 1087 et son règne s’achève en 1100. Rufus est le surnom que ses cheveux roux lui ont conféré. Son autorité s’étend sur la Normandie dont il s’empare en 1090 et sur l’Écosse. C’est un roi guerrier très impopulaire. En août 1100, il est tué d’une flèche pendant une partie de chasse. Il est enterré dans la Cathédrale de Winchester.
En 1868, sa tombe est ouverte pour vérifier que les restes du roi y sont toujours. Le conservateur du musée de Winchester 5 est présent. Il se souvient « d’un squelette presque dans son intégralité avec un certain nombre d’os brisés. » Quand les spécialistes ont essayé de mesurer les ossements, ils ont échoué, car tout tombait en poussière. Les examinateurs ont été surpris de retrouver plusieurs dents intactes « comme si le roi était mort juste hier. »
En fait, les plus vieux restes connus de cet homme sont ses dents pétrifiées.
Jacob Erlandsen (? – 1274)
En 1252, Jacob 6 devient archevêque de la cathédrale de Lund au Danemark. Le conflit qui oppose la couronne et l’église existe alors depuis des années. Les préceptes d’Erlandsen sont sans équivoque. Les lois de l’Église sont indiscutablement plus importantes que toutes celles imposées par la monarchie. Cet antagonisme atteint son sommet en 1258 lorsque Jacob décide de refuser l’intronisation du fils du roi âgé de seulement neuf ans. Le roi Christophe I er mécontent, envoie un détachement de soldats arrêter l’archevêque qui est enfermé dans un château appartenant au monarque.
Quand le pape à Rome 7 apprend ce méfait envers l’un de ses prélats, il excommunie aussitôt le pays tout entier. Après la mort du roi, son fils prend la succession de son père à la fin de 1259, mais demeure un farouche ennemi d’Erlandsen. Éric V instaure un régime militaire si strict que Jacob doit quitter son pays en 1262 et passe dès lors davantage de temps à la cour papale. En 1272, Éric accepte le compromis établi entre son royaume et Rome qui stipule que l’archevêque peut regagner sa cathédrale. Ce dernier est aussi rétabli dans ses prérogatives et est indemnisé pour le dommage moral encouru à hauteur de 15 000 marks.
Le pape lève son interdit frappant le territoire danois depuis dix-sept ans. Sur le chemin du retour, Jacob Erlandsen trouve la mort à Rügen. Les circonstances de sa mort restent troubles.
Au XVI ème siècle, un moine franciscain de passage à Lund, Peter Olsen, réside à l’abbaye. Là, il s’est tenu debout en face de la tombe de Jacob Erlandsen 8 et rapporte même la date de son décès, le dimanche 18 février 1274. Par cet écrit, les historiens sont certains que l’archevêque a bien été inhumé à Lund.
En 1972, la municipalité de Lund 9 souhaite effectuer des travaux de canalisations d’eau chaude dans les parties centrales de la ville.
Depuis 1890, aucun chantier ne peut être réalisé sans l’aval de la Société de la Culture et d’Histoire de la ville. Après étude, il s’avère que les tuyaux doivent passer sous les fondations de l’ancienne église. Les archéologues s’empressent de surveiller l’évolution des creusées en quête de découvertes de choix. Leurs espoirs ne sont pas déçus et une tombe est vite dégagée. Cette dernière contient une petite boîte de 68x27x30 cm avec des restes humains. Les anthropologues arrivent rapidement à la conclusion qu’il n’y a qu’un corps dans ce cercueil. Les ossements ainsi recueillis ne peuvent être ceux d’une personne décédée à Lund, mais plutôt ceux de quelqu’un mort à bonne distance de là. De plus, il semble évident qu’il s’agit d’une sommité de l’époque. À la période médiévale, il est d’usage de cuire le corps d’une personne morte afin d’éliminer les chairs et de condenser les ossements dans une petite boîte pour en faciliter le transport à cheval.
Après examen, l’âge de l’individu 10 semble avoisiner la soixantaine. Il ne fait plus aucun doute pour les chercheurs qu’il s’agit bien là de la tombe convoitée depuis tant d’années.
Le crâne révèle un petit orifice près de l’oreille sur la droite et une partie absente sur la gauche. Cela ressemble étrangement à l’entrée et à la sortie d’un projectile. Le laboratoire isole des résidus de plomb et d’étain sur les bords de la plaie de droite. Le projectile provenait sûrement d’une arbalète. Et le tireur 11 était vraisemblablement sur la droite de l’archevêque en contrebas.
Un examen dentaire de routine est pratiqué. Toutes les dents sont présentes et correctement développées. Il n’y a pas de carie et aucune autre pathologie. L’analyse confirme celles des anthropologues. Il s’agit bien d’un homme âgé de 60 à 70 ans.
Pétrarque (1304-1374)
Il est un poète et un humaniste italien. Son père est banni de Florence en 1302 en raison de ses liens politiques avec Dante. Il déménage en Avignon. De 1319 à 1323, le jeune Pétrarque 12 étudie à Montpellier, puis à Bologne de 1323 à 1325. Formé à la loi et à la religion, il s’intéresse à la recherche d’anciens classiques latins. En 1341, sa poésie est à son apogée. Pendant la fin de sa vie, il voyage dans l’Italie du nord et est sollicité la plupart du temps en tant qu’érudit et voyageur renommé.
Après examen, le paléontologue Vito Terribile Wiel Marin 13 affirme: « Nous en sommes sûrs à 100 %, ce crâne n’est pas le sien. » Ainsi, si le corps enfermé dans un tombeau de marbre d’Arqua Petrarca est bien celui de l’écrivain, sa tête n’est pas la sienne. Les analyses ADN pratiquées sur une dent et un morceau de côte sont formelles et montrent que ces reliques prélevées sur la dépouille transférée six ans après sa mort dans cette tombe, « appartiennent à deux individus différents. » À partir du 18 décembre 2003, une équipe de 14 scientifiques internationaux travaillent sur les restes du poète. Le crâne a été reconstitué à partir des fragments retrouvés, puis observés et modélisés par un centre de recherche à Tucson en Arizona.
L’énigme se pose en ces termes. Qui a volé et remplacé la tête de cet homme ?
Trois pistes : - Celle d’un ivrogne qui aurait pillé la tombe en 1630 pour voler des ossements et les revendre. Le bandit a été condamné à l’exil. - Un professeur de Padoue aurait mené une expérience similaire en 1873 à celle réalisée en 2003. Lors de l’exhumation, le crâne se serait désagrégé entre les mains du chercheur. Ce dernier aurait essayé de le reconstituer tant bien que mal. L’aurait-il remplacé purement et simplement ? - Lorsque les restes de Pétrarque 14 ont été déplacés dans les sous-sols du Palais ducal de Venise de 1943 à 1946 pour éviter les bombardements, auraient-ils été la victime d’un fasciste épris de littérature ?
Nul ne sait. Des appels à la restitution ont été lancés. A priori, sans résultat.
John Talbot (1384( ?) -1453)
Célèbre capitaine anglais, John Talbot 15 est le premier comte de Shrewsbury. De 1404 à 1407, il combat les Gallois révoltés contre Henri IV, roi d’Angleterre. Il siège au Parlement en 1410. Pendant les troubles qui suivent l’avènement de Henri V, il est emprisonné à la Tour de Londres. En 1414, le roi le nomme lieutenant et l’envoie en Irlande soumettre des clans insurgés.
Il suit Henri V en France 16 et prend part à plusieurs sièges. Pendant le règne de Henri VI, après la bataille de Vermeuil en 1424, il reçoit l’Ordre de la Jarretière. En 1429, il est fait prisonnier à la bataille de Patay. Il est libéré en 1433. Peu après, en 1434, il est nommé lieutenant général du roi et du régent en Ile-de-France, et au pays d’entre la Seine, l’Oise et la Somme jusqu’à la mer. Il devient comte de Clermont en Beauvaisis. Capitaine de Saint-Germain-en-Laye et de Poissy, il contribue au recouvrement de Saint-Denis. Malgré cela, il ne peut retarder la défaite de l’Angleterre. Capitaine de Rouen et maréchal de France pour Henri VI, il défend la Normandie en 1436. En 1442, pour services rendus, il reçoit le titre de comte de Shrewsbury. En 1445, il est fait connétable de France par Henri VI. Lieutenant général du roi anglais en Guyenne, il reconquiert cette province que les Français avaient ardemment récupérée l’année précédente, mais il est vaincu et tué à la bataille de Castillon 17 , le 17 juillet 1453.
Le corps de Talbot 18 est retrouvé par ses adversaires le lendemain de l’affrontement. Il est tellement mutilé qu’il est très difficile de le reconnaître. Aussi, les Français décident-ils d’amener le héraut du soldat mort devant eux, qui avait été capturé auparavant. Pas plus que les autres, il ne parvient à identifier formellement son maître. Pourtant, il s’agenouille et « quand il a mis un des doigts de sa main droite dans la bouche du cadavre, pour essayer de percevoir l’absence d’une molaire du côté gauche qu’il savait être absente, il a fini par trouver ce qu’il cherchait et s’est exclamé : « Maître, c’est vous ! »… Avec cet aveu, le débat sur l’identité du mort a pris fin. »
Agnès Sorel (1422-1450)
Agnès 19 a été la maîtresse officielle du roi Charles VII. D’une beauté extrême, d’une intelligence subtile, elle s’est vite révélée une conseillère de premier ordre. Elle décide son amant à entrer en lutte contre l’envahisseur anglais et inculque un véritable renouveau artistique à la Cour.
En 1450, alors qu’elle vient avertir le roi d’un complot le visant, elle meurt brutalement. 555 ans après ce décès suspect, un groupe de 22 chercheurs issus de 18 laboratoires, a apporté la preuve après 6 mois d’enquêtes que la dame serait morte d’un empoisonnement au mercure. Est-il consécutif à un mauvais dosage ou bien a-t-il été provoqué ? Nul ne le sait.
Toutefois, après étude des 7 dents présentes dans l’urne exhumée, il apparaît que la jeune femme n’avait qu’une seule carie et semble avoir eu un état bucco-dentaire tout à fait satisfaisant. Mais, surtout, ces organes ont contribué à déterminer l’âge approximatif de la défunte à plus ou moins deux ans près. Ainsi, la belle devait avoir environ 28 ans lorsqu’elle s’est éteinte, ce qui a été confirmé par une datation au carbone 14 d’un fragment de métacarpien. L’équipe de scientifiques a essayé de comparer les restes du crâne avec le visage d’Agnès Sorel 20 de son gisant à Loches, réalisé d’après nature.
Pour cela, un paléopathologiste a superposé le crâne par ordinateur avec le visage sculpté. Un anthropologue de son côté, a effectué une reconstitution faciale à partir des mesures anthropométriques du crâne et de clichés photographiques. La comparaison des deux méthodes a montré une correspondance parfaite entre le crâne, la reconstitution du visage et la sculpture.
Charles le Téméraire (1433-1477)
Il naît à Dijon en 1433. Il est prince français de la deuxième branche bourguignonne de la dynastie des Capétiens. Il succède à son père et devient ainsi Duc de Bourgogne 21 en 1467. Outre cette dernière, il hérite de plusieurs territoires comme le Luxembourg, la Belgique et le sud de la Hollande actuelle. Très vite, il devient une menace pour Frédéric III, l’empereur du Saint Empire Germanique Romain. Quand il envahit la Lorraine et met le siège devant Nancy, Frédéric III envoie une armée de 10 500 hommes contre lui. C’est devant cette ville que Charles trouve la mort le 5 janvier 1477. Son corps n’est retrouvé que trois jours après au bord d’un des étangs dits de Saint-Jean. Il est nu et à demi dévoré par les loups. À cette époque, il est de bon usage de dépouiller les morts. Les circonstances de l’identification de Charles le Téméraire sont racontées par Jean de Troyes, un employé au bureau du Maire de Paris. De sa chronique de 1460 à 1481, il apparaît que le bourguignon était accompagné à la bataille par un page italien prénommé Baptiste. Moins d’une semaine après la bataille, Baptiste est reconnu et interrogé. Jean de Troyes raconte : « …Et en cet endroit où le lundi suivant de la bataille, ce page affirme sans détour que le Duc de Bourgogne 22 est mort et complètement nu, avec autour de lui quarante hommes nus également, parfaitement étendus au sol. Et ce Duc présente une entaille faite par une hallebarde, de l’oreille jusqu’aux dents, deux blessures de lance dans les cuisses et une troisième dans le bas de la jambe. Six éléments permettent de reconnaître avec force évidence le Duc de Bourgogne. La première, et la plus importante, vient des dents du haut qu’il avait perdues lors d’une chute… »
Le Duc de Bourgogne est inhumé dans la Collégiale Saint-Georges à Nancy. Quelques soixante-douze ans après sa mort, Charles-Quint 23 (1500-1558), son petit-neveu, songe à réclamer l’exécution d’une clause du Traité de Middelbourg, qui permet aux héritiers du Téméraire de ramener les ossements de leur aïeul dans leurs domaines. C’est ainsi que les restes du défunt arrivent à Bruges en 1550. Ces ossements ont été retrouvés très endommagés par l’humidité et afin qu’ils ne soient pas détruits par les cahots de la voiture, le cercueil a été garni de paille fraîche. L’examen des reliques a démontré l’absence de dents maxillaires de devant perdues autrefois par le Duc lors d’une chute de cheval et a mis en évidence « la saillie particulière du menton propre à ceux de sa race » , et qu’il avait eu « la mâchoire brisée du côté gauche par un coup violent » .
François de Bassompierre (1579-1646)
Gentilhomme lorrain, François 24 voyage en Italie et dans le royaume de Naples. Il se fixe alors à la cour de Henri IV où sa compagnie devient extrêmement prisée. Louis XIII partage avec lui un goût immodéré pour la chasse.
En 1614, il est nommé colonel général des Suisses et en 1622, maréchal de France. Louis XIII l’emploie à diverses ambassades. Il brille dans tous les combats menés par Henri IV et par Louis XIII.
Malgré son dévouement à la couronne, son attachement à Marie de Médicis et la vindicte de Richelieu lui valent douze ans d’emprisonnement à la Bastille. Il n’en sort qu’en 1643, à la mort du cardinal. Pendant tout son séjour, il écrit ses Mémoires .
Dans celles-ci, il rapporte que lors du siège de Montauban 25 en 1621, il a reçu une grosse pierre sur le front. Aussitôt, il s’est évanoui. À son réveil, il se souvient que : « J’étais mal en ordre et le sang caillé de ma blessure à la tête s’étant répandu sur tout le visage et sur les yeux, je n’étais pas reconnaissable. »
Ayant rejoint le roi dans cet état, alors qu’il s’adresse à lui, la reine arrive avec ses dames de compagnie. Immédiatement, l’épouse du monarque s’interroge : « Quel était le vilain homme qui parle au roi ? » Bassompierre 26 présente ses hommages et entend les courtisanes de la reine dire : « Voilà un étrange homme et bien sale… » Le soldat blessé affirme que : « Alors, je me suis mis à rire et à mon ris et à mes dents, elles me reconnurent et eurent une grande pitié de moi. » À travers ce témoignage, j’ai souhaité démontrer simplement qu’une identification est parfaitement concevable du vivant de la personne.
Jean-Baptiste Poquelin, dit Molière
(1622-1673)
Poquelin 27 est baptisé le 15 janvier 1622. Le 30 juin 1643, il fonde L’Illustre Théâtre avec les Béjart, une famille de théâtre avec qui il s’est lié. En 1644, Jean-Baptiste prend la direction de cette troupe sous le pseudonyme de Molière. En 1645, L’Illustre Théâtre fait faillite et le jeune comédien est emprisonné pour dettes pendant quelques jours. Il quitte Paris et joue pendant onze ans en province. En 1658, la troupe revient à Paris sous la protection de Monsieur, le frère du roi. Très vite, le roi est conquis par les farces imaginées par l’acteur. En 1662, L’École des Femmes est un triomphe. En 1664, Molière est nommé responsable des divertissements de la cour. La même année, Tartuffe est interdit par le roi lui-même sous la pression des dévots. En 1665, la compagnie de Molière devient la Troupe du Roi . Cette même année, quinze représentations de Dom Juan sont jouées seulement. Les deux années qui suivent voient le comédien atteint de maladie, jouer de plus en plus irrégulièrement. Par contre, son écriture demeure prolixe et en 1666, Le Misanthrope et Le Médecin malgré lui voient le jour. En 1669, l’interdiction de représenter Tartuffe est levée. La pièce remporte aussitôt un succès considérable. Les dernières années de sa vie sont marquées par des pièces comme L’Avare (1668) ou Les Fourberies de Scapin (1671) C’est au cours de la quatrième représentation du Malade imaginaire , sa dernière pièce de théâtre, qu’un flot de sang s’est écoulé de sa bouche et c’est mourant qu’il est emporté. Le soir du vendredi 17 février 1673, Molière décède.
Le lendemain de sa mort, sa femme supplie Louis XIV et l’archevêque de Paris, d’autoriser un enterrement en terre sacrée. Ceci est chose faite, mais de nuit, quatre jours plus tard, au cimetière Saint-Joseph de la paroisse Saint-Eustache. Il n’y a pas de cérémonie, mais huit prêtres et huit cents personnes sont venus y assister.
En 1817, sa dépouille est transférée au cimetière du Père Lachaise en même temps que celle de La Fontaine.
Lors de l’exhumation, Darcet 28 (1777-1844), chimiste français, retire la mâchoire de la chaux qui la couvrait et cette relique est authentifiée par Alexandre Lenoir (1761-1839), collectionneur et archéologue.
C’est édenté que cet os parvient au musée de Cluny en 1860. La légende veut que les dents qui en ont été prélevées, orneraient quelques chatons de bague d’admirateurs.
Johann Sebastian Bach (1685-1750)
Johann naît le 21 mars 1685. Issu d’une famille de musiciens, il passe son enfance à Eisenach 29 en Allemagne. Dès l’enfance, il reçoit une éducation musicale poussée. A l’âge de 10 ans, il a perdu son père et sa mère. Il est recueilli par son frère à Ohrdruf. Il entre au lycée et reçoit un enseignement de son frère sur les instruments à clavier. Vers 1700, il poursuit son apprentissage à Lüneburg. C’est là qu’il pousse à l’extrême son analyse de compositeurs connus. Ils n’ont plus de secrets pour lui. En 1703, il est engagé en tant qu’organiste à Arnstadt et acquiert aussitôt une réputation de virtuose de l’improvisation. De 1707 à 1708, il est organiste à Mülhausen. Il compose sa première cantate, prélude à une œuvre liturgique considérable.
De 1708 à 1717, il est organiste et premier violon solo à la chapelle du duc de Weimar. C’est là qu’il compose l’essentiel de ses morceaux pour orgue et clavecin. De 1717 à 1723, il est maître de chapelle à la cour du prince Léopold de Anhalt-Cöthen. Il y écrit l’ensemble de ses compositions pour flûte, violon et luth. De 1723 à 1750, il est cantor à l’église luthérienne Saint Thomas de Leipzig.

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