Le Bonheur d’être responsable
140 pages
Français

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Le Bonheur d’être responsable , livre ebook

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Description

Alors que nous souhaitons plus que tout y échapper, elle s’impose dans nos vies, au cœur même de notre quotidien : culpabilité des parents, des enfants, de ceux qui travaillent ou de ceux qui sont sans emploi, des malades ou des bien-portants… Cette mauvaise conscience vieille comme le monde nous rattrape en surgissant là où l’on ne l’attendait pas. D’où vient-il, ce poison intérieur, et comment y échapper ? L’auteur, après en avoir décrypté les mécanismes, nous propose un autre regard. Et si nous souffrions d’abord de nous sentir inférieurs ? C’est en osant plonger dans cette vulnérabilité que nous trouverons de nouvelles ressources. Grandir, avancer, résister pour voir s’accomplir nos désirs, porter nos projets… Autant de changements rendus possibles lorsque nous vient, enfin, le goût de la responsabilité. Virginie Megglé est psychanalyste, spécialiste de la philosophie adlérienne et fondatrice de l’association et du site Internet « Psychanalyse en mouvement ». Elle a notamment publié La Projection en psychanalyse. À chacun son film et Entre mère et fils, une histoire d’amour et de désir. 

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 13 février 2014
Nombre de lectures 2
EAN13 9782738172372
Langue Français
Poids de l'ouvrage 2 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0900€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Extrait

© O DILE J ACOB FÉVRIER 2014 15, RUE S OUFFLOT , 75005 P ARIS
www.odilejacob.fr
ISBN 978-2-7381-7237-2
Le code de la propriété intellectuelle n'autorisant, aux termes de l'article L. 122-5 et 3 a, d'une part, que les « copies ou reproductions strictement réservées à l'usage du copiste et non destinées à une utilisation collective » et, d'autre part, que les analyses et les courtes citations dans un but d'exemple et d'illustration, « toute représentation ou réproduction intégrale ou partielle faite sans le consentement de l'auteur ou de ses ayants droit ou ayants cause est illicite » (art. L. 122-4). Cette représentation ou reproduction donc une contrefaçon sanctionnée par les articles L. 335-2 et suivants du Code de la propriété intellectuelle.
Ce document numérique a été réalisé par Nord Compo .
« Choisir, c’est se priver du reste. »
André G IDE .
S OMMAIRE
Couverture
Titre
Copyright
Introduction
Première partie - LES MÉANDRES DE LA CULPABILITÉ
Chapitre 1 - Coupables, oui, mais de quoi ?
L’un existe, l’autre pas
Abel et Caïn : rivalité et culpabilité
De quel crime parle-t-on ?
La préférence, au risque de ses ravages
Chris McCandless ou la culpabilité de l’illégitime
Perspective transgénérationnelle
Chapitre 2 - Culpabilisante culpabilité
Aux sources de la culpabilité ordinaire
Tom et la nécessité d’être parfait
Chapitre 3 - La culpabilité, côté parents
Entre parents et enfants : la spirale coupable
Sidonie et la responsabilité
Tom et son « blindage »
« C’est ma faute, ma terrible faute… »
Chapitre 4 - La culpabilité, côté enfants
Bonne ou… mauvaise conscience ?
Max et le crime d’indifférence
Tom ou les culpabilités ignorées
Octave et le poids du rejet
Conséquences
L’enfantine culpabilité
Chapitre 5 - De bonnes raisons de se sentir coupable ?
Quand le crime a eu lieu (réel ?)
Gerd Wiesler ou le refus de la soumission
La force libératrice des mythes
Deuxième partie - UN AUTRE REGARD
Chapitre 1 - Vulnérable humanité
Vérité et mensonges
Le « mensonge vital »
Dissimuler nos délits de faiblesse
Vous avez dit infériorité ?
Les risques du « camouflage »
L’instant premier d’une vie
Du manque de force au sentiment de faute
Chapitre 2 - Culpabilités mal placées
L’impact de la religion
La perte de l’amour premier
Culpabilité ou impuissance ?
Insécurité ou toute-puissance ?
Honte et sentiment d’infériorité
Quand être abandonné rend coupable
Chapitre 3 - Du sentiment au complexe
Réactions et complexes
Quand le sentiment finit par faire symptôme
L’autre, toujours logé à meilleure enseigne
Coupable d’être femme
Complexe du féminin ?
Histoire de soumission et… de domination
Chapitre 4 - La complexité en héritage
Le devoir de rehausser nos ascendants
Transmission de la culpabilité à travers le sentiment d’infériorité
Chapitre 5 - Le complexe de culpabilité existe-t-il ?
Infériorité et supériorité entremêlées
Spirale de la culpabilisation
Quand le complexe se dévoile
De la fragilité à la créativité
Chapitre 6 - Retrouver de la hauteur
Petites affabulations au quotidien
Culpabilisante perfection
La perfection comme moteur
Abandonner le réflexe accusateur
Troisième partie - L’ART DE DEVENIR RESPONSABLE
Chapitre 1 - Une autre façon de devenir
Ne pas confondre culpabilité et responsabilité
Les renoncements nécessaires
La responsabilisation : une désintoxication
Chapitre 2 - Se réancrer dans son désir premier
Prendre en compte la fragilité
Revivifier le désir premier
Tiraillés entre peur et désir
Chapitre 3 - Apprendre à s’orienter vers l’avenir
L’invitation au respect de la loi
De la cause à la faute
Finalité versus causalité
La responsabilité, une priorité
Chapitre 4 - Vers une écologie du cœur
Au risque de la comparaison
Ne pas céder à l’urgence
S’écouter pour être capable d’aimer
Chapitre 5 - Ces sentiments qui nous mettent à l’épreuve
Quand la concurrence s’efface
Convertir le passif en actif
La tentation de la victimisation
Attention au contrecoup de nos émotions
Chapitre 6 - Espoir porteur
Arrêtons de surprotéger nos enfants
Le bonheur d’être responsable … à tout âge
Grandir…
Chapitre 7 - La création comme aux premiers jours
« Tu peux » plutôt que « tu dois »
Devenir créatif, c’est apprendre à ne plus avoir peur d’être soi
La vie comme terrain de jeux
S’autoriser à être en devenir
Apprendre à nous pardonner
« Ni mieux que, ni plus que, ni moins que »
Transformer le symptôme en problème à résoudre
Conclusion
Bibliographie
Remerciements
Introduction

Longtemps, je me suis sentie fautive… Mes succès enfantins, j’avais le plus souvent l’impression de ne pas les mériter. Ce sont les « autres », des oncles, des tantes, des cousins, des voisins, des amies, qui me les rappelaient, m’informant en quelque sorte des bénéfices qu’ils pensaient que j’en tirais. Cela m’intimidait. J’avais l’impression que la réussite ne m’était pas autorisée et, dès lors, à mon insu, tout en la poursuivant avec assiduité, je ne lui reconnaissais pas de valeur lorsqu’elle m’était offerte ! Comme malgré moi, je la laissais de côté. Quelque chose me faisait douter de la légitimité de ce que j’avais gagné. Un « quelque chose » qui m’aurait interdit d’en profiter et ramenée, tel Sisyphe poussant son rocher, à chaque fois comme à la première, tout au bas de la montagne. Quelle faute avais-je commise ? Ce n’est pas tout à fait en ces termes que cela se posait, mais il m’est arrivé de penser d’une réussite que « je ne l’avais pas méritée ».
Chaque jour se jouait un peu comme une répétition du premier. Et certaines de mes nuits étaient agitées par un angoissant sentiment de ne jamais « y arriver ».
J’ai fini par découvrir – à mon grand soulagement – que mon sort n’était pas rare, loin de là, même s’il n’était pas toujours vécu dans les mêmes termes ni avec une semblable acuité. Nombreuses en effet sont les personnes qui se vivent intimement soumises à la répétition ou qui ne se sentent jamais à la hauteur, quand bien même elles sont considérées comme les plus douées par une immense majorité, et que leur parcours fait des envieux ! À leur instar, je vivais, tout en donnant le change, sans rien (ou presque !) laisser transparaître de ce mal-être. Nul n’aurait pu le deviner. J’avançais plutôt confiante et heureuse de vivre. Tout se passait dans l’ombre, et c’est dans l’ombre que je peinais à m’affirmer ! Il me fallait en tout instant veiller à ne heurter personne, et ce risque supplantait toute autre réalité ; c’est lui qui me guidait, me freinait, me marquait d’interdits, m’imposait de donner la priorité à l’ autre , comme si j’avais ordre de rester petite pour me préserver un droit de vivre…
Je me souviens aussi que, lorsque j’étais enfant, toute entreprise de dénonciation, à la maison comme à l’école, me plongeait dans un désarroi sans fin ni fond… C’était viscéral, le besoin de réparation l’emportait chez moi sur la nécessité de trouver un coupable. « Peu importe qui l’a fait, on n’a qu’à réparer tous ensemble ! », (me) disais-je, sitôt qu’un verre était brisé ou un paquet de biscuits dérobé… Et, s’il le fallait, je devenais la « tous ensemble » qui s’appliquait à réparer.
La chasse au coupable me semblait vaine et cruelle et, paradoxalement, plus encore quand c’était sur un autre que moi qu’en rejailliraient les effets pernicieux.
Aucune punition en réaction à un geste maladroit ne semblait juste ! Je détestais que l’on soit puni et, si la punition humaine me semble toujours aussi peu justifiée, je me dis aujourd’hui que je n’avais de cesse, ce faisant, que de me… punir !
Il m’a fallu du temps avant de comprendre pourquoi ces moments consacrés à la dénonciation me perturbaient au-delà du raisonnable. Je n’avais alors aucune idée des mécanismes qui entraient en jeu dans ce qui se traduisait tantôt en besoin de révolte, tantôt en une inhibition effrayante. Je n’aurais pas su expliquer pourquoi la vie en ces moments – et pas seule ment la mienne – me semblait menacée. À peine d’ailleurs en avais-je conscience.
Dispute, tension, inquiétude, défiance… « Qui a cassé ce verre ? », « Qui a fait tomber la craie par terre ? » « Qui n’a pas essuyé ses pieds en entrant ? » « Qui a fini la crème au chocolat ? », « Qui a trempé le couteau du beurre dans la confiture ? » Le moindre méfait aboutissait presque toujours à une dispute qui assombrissait le climat familial ou scolaire… La discorde était encouragée au détriment de l’ accord  ! Les mésententes en ressortaient chaque fois accentuées, et une nouvelle faute bientôt se produirait sans qu’aucune punition ne répare jamais le verre ni ne nettoie le couteau à beurre plongé dans la gelée de myrtilles !
Depuis, recherches, expérience, formation personnelle et professionnelle m’ont permis de mieux comprendre ce qui se jouait sur le plan individuel aussi bien que collectif et d’envisager des solutions plus salutaires qu’une chasse au coupable blessante et désespérée. Ayant chaque jour, dans le cadre de ma pratique, l’occasion de constater que le sentiment de culpabilité reste l’un des plus présents, l’un des plus pénibles à supporter au quotidien, l’un des plus dévastateurs, en termes de bien-être psychique, la nécessité d’en libérer les consciences, ou tout du moins de participer à cette libération, s’est imposée. Celle-ci ne peut être que progressive, mais les bienfaits recueillis chez qui s’engage dans une telle démarche se sont vite imposés à leur tour.
Qu’elle soit admise ou l’objet d’une dénégation éperdue, la culpabilité demeure douloureuse au cœur de notre humanité. Connaissant son insistance et le besoin qui anime la plupart d’entre nous d’en finir avec elle, existe-t-il, lorsqu’elle nous hante, d’autres possibilités que de la subir ou de la refouler ?
Par ailleurs si la culpabilité fait partie du vocabulaire psychanalytique, il n’en va pas de même pour la responsabilité , et, pourtant, c’est

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