Une passion homicide
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Description

C'est en 1969, après lecture de mes Matinées structuralistes, que Maurice Clavel eut l'idée bizarre de me proposer de tenir une chronique littéraire et philosophique du Nouvel Observateur. C'était là introduire le loup dans la bergerie. (C. R., 2007). A l'époque âgé d'à peine trente ans, Clément Rosset jouissait déjà d'une réputation enviable due à ses publications et travaux universitaires ; il était un spécialiste de la pensée de Schopenhauer, publiait des ouvrages philosophiques et écrivait des pamphlets sous pseudonyme. Lui proposer une collaboration au Nouvel Obs' était d'une grande inconscience et Rosset, sous le nom de Roger Crémant, s'est sans doute amusé à "tendre la corde". Il reconnaît d'ailleurs dans la postface que ses propos étaient souvent simplificateurs, provocateurs, excessifs, ce qu'il explique par une profonde aversion à l'égard du terrorisme intellectuel qui régnait alors et dont le journal se faisait assez facilement l'écho.

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Informations

Publié par
Nombre de lectures 3
EAN13 9782130640226
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0060€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Clément Rosset
« Une passion homicide... » et autres textes
Chroniques auNouvel Observateur(1969-1970)
2008
Copyright
© Presses Universitaires de France, Paris, 2015 ISBN numérique : 9782130640226 ISBN papier : 9782130565406 Cette œuvre est protégée par le droit d’auteur et strictement réservée à l’usage privé du client. Toute reproduction ou diffusion au profit de tiers, à titre gratuit ou onéreux, de tout ou partie de cette œuvre est strictement interdite et constitue une contrefaçon prévue par les articles L 335-2 et suivants du Code de la propriété intellectuelle. L’éditeur se réserve le droit de poursuivre toute atteinte à ses droits de propriété intellectuelle devant les juridictions civiles ou pénales.
Présentation
C’est en 1969, après lecture de sesMatinées structuralistes, que Maurice Clavel eut l’idée de proposer à Clément Rosset de tenir une chronique littéraire et philosophique d a n sLe Nouvel Observateur,. C’était là introduire le loup dans la bergerie. Complètement réfractaire à l’idéologie de cet hebdomadaire, il ne pouvait manquer, s’il venait à y écrire, de provoquer des dégâts qui ne tardèrent d’ailleurs pas à se produire. Restent de cette collaboration contre nature quelques chroniques que les Presses Universitaires de France republient aujourd’hui, quarante ans après leur première parution. Chroniques drolatiques et féroces, où Clément Rosset n’épargne aucune des idoles d’une époque caractérisée à ses y eux par son terrorisme intellectuel. Clément Rosset est un des plus importants philosophes français. Son œuvre, traduite dans le monde entier, compte une trentaine d’ouvrages, parmi lesquels, dans la collection « Perspectives critiques »,Le Monde et ses remèdes, Propos sur le cinéma, Écrits sur Schopenhauer, et, en collaboration avec Michel Polac,Franchise postale. L'auteur Clément Rosset (2007)
Table des matières
Présentation(Laurent de Sutter) « Une passion homicide... » et autres textes Une passion homicide... Le Droit à la paresse, par Paul Lafargue, avec une introduction de M. Dommanget, Maspero, 153 p., 6,15 F Le viol de la nature L’absurdité de l’autre Sexe à gauche ! La Révolution sexuelle, par Wilhelm Reich, trad. C. Sinelnikoff, Plon, 307 p., 28,35 F Une poignée de bandits Gens « bien » et « pas bien » Le mot de la fin Lire les « Essais » de Montaigne, par Jean-Yves Pouilloux, Maspero, coll. « Textes à l’appui », 118 p., 6 F La table étroite Principes d’économie politique, par Thomas-Robert Malthus, réédition d’une traduction française de 1846, avec une préface de J.-F. Faure-Soulet, Calmann-Lévy, 361 p., 14,40 F Consternante conclusion Fermez les fenêtres Une pensée rétrograde Miettes philosophiques Un Œil en trop. Le complexe d’Œdipe dans la tragédie, par André Green, Éd. de Minuit, coll. « Critique », 288 p., 23,30 F Sur l’histoire des sciences, par M. Pécheux et M. Fichant (fasc. III duCours de philosophie pour scientifiques, dirigé par Louis Althusser), Maspero, 168 p., 8,90 F Politique de Nietzsche, par René-Jean Dupuy, professeur à la Faculté de droit et des sciences économiques de Nice, Armand Colin, coll. « U », série « Idées politiques » Les origines sociales de la dictature et de la démocratie, par Barrington Moore, traduit de l’anglais par P. Clinquart, Maspero, coll. « Textes à l’appui », 409 p., 27,80 F De la volonté dans la nature, par Arthur Schopenhauer, traduction, introduction et notes par Édouard Sans, puf, 204 p., 22 F La vie sexuelle, par Sigmund Freud, puf, coll. « Bibliothèque de psychanalyse », 159 p., 12 F Mes révérends pères... Marcuse et la civilisation américaine, par Michel Ambacher, Aubier, coll. « Recherches économiques et sociales », 134 p., 12,20 F
Une clairière analytique O. Mannoni fait la preuve qu’on peut avoir « une tête pleine » sans perdre son sang-froid « On » et « rien » Le réel et le théâtre Un autre langage Pour ou contreLa révolution sexuelle Pour ou contre la « révolution sexuelle » Dégoûtant... Caricatural… Scandaleux… Fascisant… Bête… Choquant… Louche… Bas… Vulgaire… Ou risible ? Postface
Présentation
Laurent de Sutter
n 1969, Clément Rosset était âgé d’à peine 30 ans. Malgré son jeune âge, il jouissait Ed’une réputation enviable. À cette époque, en effet, son œuvre comptait déjà une huitaine de volumes qui avaient, à plusieurs titres, marqué les esprits. Ces ouvrages étaient de trois types. Il y avait d’abord les différents travaux universitaires qui avaient conféré à Clément Rosset un statut de spécialiste respecté de la pensée de Schopenhauer[1]. Il y avait ensuite les ouvrages plus personnels dans lesquels il avait commencé à déployer les deux thèses qui forment aujourd’hui encore l’armature de son œuvre[2]. Et il y avait enfin les pamphlets où Clément Rosset laissait libre cours à sa verve comique pour railler les travers de son temps. Ainsi, par exemple, de laLettre sur les chimpanzés, publiée en 1965, qui parodiait le langage écologiste alors sur toutes les lèvres et suggérait que l’on donne enfin aux grands singes la place qu’ils méritaient dans notre société. C’est-à-dire : la nôtre[3]. * * * Parmi les pamphlets publiés par Clément Rosset, tous ne l’ont pas été sous son nom. En 1968, il publie ainsi unPrécis de philosophie moderne sous le pseudonyme de Roboald Marcas ; tandis qu’au début de 1969 il publie desMatinées structuralistes sous le pseudonyme, cette fois, de Roger Crémant[4]. Ce dernier ouvrage provoque très vite une houle considérable. Sa deuxième partie, notamment, unDiscours sur l’écrithuremoque avec férocité le style de Jacques Derrida, s’attire l’ire du qui penseur. À la suite de cette controverse, Maurice Clavel, alors très influent auNouvel Observateur, propose à Clément Rosset de collaborer aux pages « Lettres » de l’hebdomadaire. Celui-ci accepte. Le 22 décembre 1969 paraît donc dansLe Nouvel Observateurune longue chronique consacrée auDroit à la paressede Paul Lafargue, que réédite François Maspero. Elle est signée Roger Crémant, présenté comme « [l]’auteur desMatinées structuralistespamphlet d’une drôlerie et d’une méchanceté non pareilles ». * * * Entre décembre 1969 et avril 1970, Clément Rosset donne auNouvel Observateurdix chroniques de critique littéraire d’ampleur variable : certaines ne sont que de simples notules ; tandis que d’autres, à l’instar du compte rendu duDroit à la paresse, constituent de véritables dossiers. Toutes sont signées Roger Crémant. Cependant, dès la publication de la seconde chronique – le compte rendu d’une traduction deLa Révolution sexuelle de Wilhelm Reich parue chez Plon –, la désinvolture et l’ironie avec lesquelles celui-ci traite une des figures intellectuelles les plus en vue de l’époque suscite un abondant courrier de protestation.Le Nouvel Observateur y consacre deux pages entières dans un numéro ultérieur : l’article de Roger Crémant est qualifié par les lecteurs de la revue comme « dégueulasse », « puéril », « grossier », etc. Si ces protestations seront sans effet sur la prose de l’auteur desMatinées structuralistes, elles finiront toutefois par amenerLe Nouvel Observateur à cesser,
quelques mois plus tard, de collaborer avec lui. * * * Les raisons qui ont poussé Clément Rosset à accepter le marché que lui proposait Maurice Clavel sont assez simples. Celui-ci, qui avait luLes Matinées structuralistes, aurait dû en tirer la leçon qu’accueillir un tel franc-tireur dans les pages duNouvel Observateurrevenait à courir un gros risque. En effet, avant que l’hebdomadaire ne tourne finalement le dos aux penseurs qui nourrissaient la gauche politique de l’époque pour affirmer son soutien aux « Nouveaux philosophes », ceux-ci bénéficiaient dans ses pages d’un accueil dont il était impossible d’attendre que Clément Rosset en partageât la bienveillance. Qu’il traite non seulement Wilhelm Reich, mais aussi bien d’autres penseurs de second rang, comme autant de bavards chichiteux était la conséquence logique d’une position que celui-ci avait exprimée, sur des modes divers, dans presque toutes ses publications antérieures. Proposer en connaissance de cause à Clément Rosset de collaborer auNouvel Observateur s’avérait donc, plus que toute autre chose, l’expression d’une fondamentale inconscience. * * * Sans doute est-ce cette inconscience de Maurice Clavel qui aura amusé Clément...
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