10 questions réponses pour découvrir le Prophète Muhammad
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Description

Jésus, l’a annoncé à ses Apôtres : « JE m’en vais vers mon Père et votre Père, vers mon Dieu et votre Dieu ; je vous annonce qu’après moi viendra un Prophète dont le nom est paraclet. » Le paraclet, du grec « Parkletos » est « Ahmad » le loué.L’avènement du Prophète Mohammad, au début du VIIè siècle, vient poursuivre, couronner et clore un très long cycle de prophéties, qui plonge ses racines loin dans le passé de l’humanité. Ultime envoyé de Dieu, sons message est d’emblée inscrit dans une perspective universelle et intemporelle. Chaque prophète, pour vaincre l’incrédulité de sa communauté devait apporter de preuves de sa mission. Le soutien que Moïse reçut de son Seigneur fut un ensemble de miracles matériels et surnaturels notamment les sept plaies , alors que Jésus guérissait les lépreux, redonnait vue à l’aveugle et ressuscitait les morts par la permission de Dieu. Quant au prophète Mohammad, son plus grand miracle fut et reste le Coran. Une parole divine, incréée et éternelle devenue Livre, al-Kitâb.Mais qui est le Prophète Mohammad ? Qui a déjà lu la vie de cet homme dont un quart de l’humanité, aujourd’hui tous les matins, célèbre et observe les enseignements. Mais alors, comment expliquer que, malgré le nombre impressionnant de biographies publiées sur Mohammad, il subsiste encore tant de méconnaissance et d’incompréhension de ce personnage en Occident ?Partant des textes fondateurs de l’islam et de témoignages forts édifiants, ce livre est une invitation à découvrir le vrai visage du Prophète Mohammad. On y trouve également des clés de réponse aux grandes questions sur l’islam aujourd’hui.

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Informations

Publié par
Date de parution 28 octobre 2015
Nombre de lectures 273
EAN13 9791022501095
Langue Français

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BP : 13/5384 - Beyrouth-Liban
1434-2013
EAN 9782841619566
Illustration ci-dessus :
La formule « Au nom d’Allah le Clément le Tout-Miséricordieux », calligraphiée par l’artiste Farid Al-Alî ; reproduite avec l’aimable autoristation de l’auteur.
Tous droits de reproduction, d’adaptation ou de traduction, par quelque procédé que ce soit réservés pour tous pays.
10 QUESTIONS - RÉPONSES POUR DÉCOUVRIR LE P ROPHÈTE
MUHAMMAD

N OUREDDINE A OUSSAT
Prologue
« Nous ne t’avons envoyé que comme miséricorde pour tout l’univers » 1 .
D IEU s’adressant au Prophète M UHAMMAD 2 .
« Mahomet 3 ne s’est pas donné pour un Dieu, mais pour un homme plein de l’esprit de Dieu, et n’a prêché qu’unité de Dieu et charité envers les hommes » 4 . Gérard DE N ERVAL , 1835.
« Telles furent la vie, la mission et la mort de Mahomet. Jamais homme ne se proposa volontairement ou involontairement un but plus sublime, puisque ce but était surhumain : saper les superstitions interposées entre la créature et le créateur, rendre Dieu à l’homme et l’homme à Dieu, restaurer l’idée rationnelle et sainte de la divinité dans ce chaos de dieux matériels et défigurés de l’idolâtrie. Jamais homme n’entreprit, avec de si faibles moyens, une œuvre si démesurée aux forces humaines, puisqu’il n’a eu, dans la conception et dans l’exécution d’un si grand dessein, d’autre instrument que lui-même et d’autres auxiliaires, qu’une poignée de barbares 5 dans un coin du désert.
Si la grandeur du dessein, la petitesse des moyens, l’immensité du résultat sont les trois mesures du génie de l’homme, qui osera comparer humainement un grand homme de l’histoire moderne à Mahomet ? […]
Les plus fameux n’ont remué que des armes, des lois, des empires ; ils n’ont fondé, quand ils ont fondé quelque chose, que des puissances matérielles, écroulées souvent avant eux. Celui-là a remué des armées, des législations, des empires, des peuples, des dynasties, des millions d’hommes sur un tiers du globe habité ; mais il a remué, de plus, des idées, des croyances, des âmes. Il a fondé sur un Livre, dont chaque lettre est devenue une loi, une nationalité spirituelle qui englobe des peuples de toutes les langues et de toutes les races, et il a imprimé, pour caractère indélébile de cette nationalité musulmane, la haine des faux dieux et la passion du Dieu un et immatériel… la conquête du tiers de la terre à son dogme fut son miracle, ou plutôt ce ne fut pas le miracle d’un homme, ce fut celui de la raison » 6 .
Alphonse DE L AMARTINE , 1853
« Philosophe, orateur, apôtre, législateur, guerrier, conquérant d’idées, restaurateur de dogmes rationnels, d’un culte sans images, fondateur de vingt empires terrestres et d’un empire spirituel, voilà Mahomet ! À toutes les échelles où l’on mesure la grandeur humaine, quel homme fut plus grand ? » 7 Alphonse DE L AMARTINE , 1865.
Introduction
En l’an 610, alors que Muhammad atteignit l’âge de quarante ans, la retraite et l’isolement lui étaient de plus en plus agréables. Il se retirait dans la grotte de Hira (aux environs de La Mecque) de nombreuses nuits successives, et s’adonnait à la méditation jusqu’à ce qu’un jour l’Ange Gabriel vint et lui dit : « Lis ! » Le Prophète répondit :
– « Je ne sais pas lire ». Alors l’Ange Gabriel le saisit, le serra contre lui, au point de lui faire perdre sa force et lui répéta : « Lis ! », puis le relâcha et lui redit : – « Lis ! » Le Prophète Muhammad répliqua : « Je ne sais pas lire ». L’Ange le saisit pour la troisième fois, le pressa, puis le lâcha en lui disant :
– « Lis ! Au nom de ton Seigneur qui créa, qui créa l’homme d’une adhérence. Lis ! Et ton Seigneur est Le Très-Généreux » 8 .
Terrifié et le cœur tout palpitant Muhammad retourna chez lui auprès de son épouse Khadîja en s’écriant : « Couvrez-moi ! Couvrez-moi ». La mystérieuse voix le bouleversa et le mis dans un état fiévreux.
Muhammad ne le savait pas, mais il venait d’avoir affaire à l’Ange Gabriel, Esprit de la Sainteté et Messager de la vérité, venu du ciel lui annoncer qu’il était devenu le Prophète attendu et l’ultime messager. Dès lors, la mission de Muhammad venait de commencer, et, par son biais, Dieu s’adressera pour la dernière fois à l’humanité.
Désormais, restaurer et renouveler la religion abrahamique originelle, fondée sur le pur monothéisme, voila à quoi le Prophète Muhammad doit résolument s’atteler. Il reçut l’ordre d’appeler à confesser l’Unicité de Dieu l’Éternel et à s’éloigner de ce qui était adoré en dehors de Lui. Il commença sa prédication discrètement, en appelant d’abord les gens de son foyer, sa famille et ses amis proches. Puis le cercle ne cessa de s’étendre de plus en plus.
Le message du Prophète Muhammad eut un impact fort et immédiat, notamment auprès de la jeunesse quraychite. En conséquence, l’hostilité des notables, inquiets de l’ampleur que prenait cette nouvelle Foi, n’allait pas tarder à se manifester. Ces derniers se montrèrent très hostiles à l’islam, au point qu’ils persécutèrent les nouveaux musulmans et leur firent subir les pires supplices.
Douze années plus tard, soit en l’an 622, la situation du Prophète et de ses compagnons, dans leur ville natale La Mecque, n’était guère paisible.
C’est à cette époque-là que le Prophète Muhammad dut vivre les moments les plus difficiles de sa vie, faits de chagrin et de tristesse. Tristesse qui devait s’intensifier par la mort de son oncle qui le protégeait jusque-là, suivie par celle de sa bien-aimée femme Khadîja, son meilleur soutien. C’est à ce moment-là qui semblait être le plus critique pour l’avenir de cette Foi naissante qu’allait survenir un événement qui changea complètement la donne, et plaça désormais les musulmans à l’abri de l’hostilité des polythéistes Mecquois.
En effet un groupe d’habitants de Yathrib (ancien nom de Médine) avait répondu à l’appel du Prophète, et lui avait proposé de l’accueillir dans leur ville. Ils lui prêtèrent serment et jurèrent de le protéger et le défendre contre ses ennemis. Dès lors, les musulmans fuyant les persécutions des Quraychites prirent l’habitude d’émigrer à Yathrib. Et quelques mois après, le Prophète lui-même, en danger de mort, dut quitter La Mecque avec Abû Bakr, en secret à la faveur de l’obscurité. Pour échapper aux patrouilles parties à sa recherche, le Prophète et son compagnon durent leur faire diversion en se dirigeant vers le sud au lieu d’aller vers le nord et par la suite se cacher dans une caverne du mont Thawr. Cette équipée célèbre, qui aura pour nom la « Hijra », Hégire ou migration, marquera l’avènement du premier État islamique à Yathrib, désormais « Médine » du Prophète, et le début du calendrier musulman.
L’an 610 et l’an 622, ces deux dates, changeront profondément et indéfiniment le cours de l’Histoire de l’humanité.
De cette Arabie, déserte et en marge des grandes civilisations surgit alors une religion qui ne se considère pas comme nouvelle. Le message du Prophète Muhammad, s’annonce comme une continuation, un accomplissement et un parachèvement des messages des prophètes antérieurs.
On ne saura trop insister, en effet, que pour l’islam, Noé (Nûh), Abraham (Ibrâhîm), Moïse (Mûsa), Aaron (Hârûn), David (Dawûd), Salomon (Soulayman), Jean-le-Baptiste (Yahyâ), ou encore Jésus-fils-de-Marie (‘Issâ Ibn Maryam) ; tous ces prophètes, que Dieu déverse sur eux Ses grâces et Ses bénédictions, ne sont que les maillons d’une même chaîne et les briques d’un même édifice.
Le Prophète disait : « Par rapport aux prophètes qui m’ont précédé, ma position est semblable à une demeure qu’un homme a bâtie, parée et embellie, sauf qu’il a laissé vide la place d’une brique à l’angle. Les gens qui venaient visiter cette demeure l’admiraient et s’émerveillaient tout en se disant : “Ah ! si seulement cette brique-là ne manquait pas ?” C’est moi qui suis cette brique ; je suis le sceau des prophètes » 9 .
Malheureusement, bien que le Prophète Muhammad annonçait clairement et d’emblée qu’il était l’Envoyé de Dieu venu accomplir le même dessein que Moïse, David et Jésus, son message n’était pas pour autant accepté ou reconnu comme véridique.
Les hommes du clergé des deux religions, juive et chrétienne, n’ont jamais daigné accepter ce Prophète surgi de la terre d’Ismaël, le désert de Paran. Cette attitude de non reconnaissance, faut-il le remarquer, les Juifs l’avaient aussi vis-à-vis des Chrétiens et vice versa .
« Et les Juifs disent : “les Chrétiens ne tiennent sur rien”, et les Chrétiens disent : “Les Juifs ne tiennent sur rien”, alors qu’ils récitent les uns et les autres les Écritures. C’est ainsi que les ignorants tiennent des propos semblables aux leurs. C’est Dieu qui, au jour du jugement, tranchera au sujet de ce qui faisait l’objet de leur différend » 10 .
Depuis cette date de l’an 622, qui a vu la naissance du premier État musulman, la religion du Prophète Muhammad a fait son chemin. Chaque matin, aujourd’hui, et sur tous les continents de notre globe, un homme et une femme sur quatre vénèrent et célèbrent la grandeur de Muhammad.
Quant aux non Musulmans, particulièrement en Occident, ils ne cessent de s’interroger « Mais qui est Mahomet ? », « Qu’a-t-il réellement fait et dit ? », « Où pouvons-nous trouver les réponses à toutes nos interrogations ? », disent-ils.
Il est vrai que l’actualité, mondialisée et instantanée, déversant sans cesse une quantité phénoménale d’informations souvent tendancieuses – notamment le web où on peut trouver tout et son contraire – ne laisse à l’esprit curieux et en recherche de réponses justes, ni répit, ni sérénité pour y voir clair.
Ce livre, entièrement conçu et écrit en France dans une nouvelle approche islamo-occidentale tente de répondre de façon claire et concise aux principales interrogations que peut avoir le lecteur occidental. Il va sans dire que, ce faisant, ce livre apporte des éclaircissements et des réponses appropriés à nombre de sujets constituants la toile de fond des campagnes de caricatures du Prophète et nombre de polémiques en France ces dernières années. Autrement dit, c’est une contribution directe au dialogue, à élever le débat et à le restituer dans son véritable enjeu : se libérer des préjugés les plus éculés sur l’islam et découvrir le véritable visage du Prophète Muhammad.
En totale fidélité aux enseignements authentiques de l’islam, et en toute ouverture d’esprit et écoute des questions et interrogations autour du Prophète Muhammad et son message, mon parti pris est que le mieux vivre ensemble dans ce village mondial ne peut se construire que sur l’ouverture sincère et le dialogue franc.
En revanche, qu’on ne s’y méprenne point, tout dialogue fructueux doit obligatoirement partir de positionnements sincères et véridiques des interlocuteurs concernés.
Nous ne pouvons que déplorer, à ce propos, la manière dont les médias en France ont traité et amplifié les polémiques autour des caricatures du Prophète Muhammad. Ces médias, en se focalisant sur la question est-il permis ou non de représenter le Prophète Muhammad ont complètement faussé le débat. Le véritable débat est quel intérêt à représenter le Prophète Muhammad dans des postures vulgaires et injurieuses ? Le véritable débat est de distinguer ce qui relève des clichés et préjugés éculés sur le Prophète Muhammad et ce qui fait vraiment partie de sa biographie. Plus que jamais, le véritable débat est que, musulmans et non musulmans doivent vaincre leurs préjugés et dialoguer sincèrement pour sortir de la logique de la vindicte !
CHAPITRE 1
Que disent les grands esprits occidentaux du Prophète Muhammad ?
Les propos que nous rapportons ici sont utiles au moins sur trois plans.
Premièrement : Ces différents témoignages montrent que la connaissance du Prophète Muhammad, suite à l’étude de sa vie, conduit à sa reconnaissance. L’étude sérieuse de la vie du Prophète Muhammad, même si le chercheur ne partage pas a priori sa religion, voire même, peut être totalement irréligieux, il ne peut finir son étude sans une certaine admiration d’un ou plusieurs aspects de la vie de cet homme hors du commun. C’est le cas par exemple de Voltaire, très hostile et détracteur du Prophète Muhammad au début (1724), finit en ardent défenseur et admirateur (1772). Maxime Rodinson, célèbre historien marxiste et athée, et dont les positions sont peu amènes vis-à-vis de la Foi religieuse, surprend son lecteur en prenant la défense du Prophète. C’est bien dans cet esprit que, dans l’avant-propos de la deuxième édition de sa biographie du Prophète de près de quatre cents pages, exposant la complexité de la personne de Muhammad, va même jusqu’à user d’une formule coranique pour blâmer ceux qui veulent réduire la complexité de sa riche et sublime personnalité.
Deuxièmement : Quand on revisite l’histoire de l’image du Prophète « Mahomet » en Occident, depuis qu’il est connu, soit depuis le Haut Moyen Âge jusqu’à l’époque actuelle 11 , nous constaterons que la perception du Prophète change au gré de l’esprit dominant de l’époque : Aux attaques virulentes et qualificatifs très négatifs qui lui sont adressés tout au long du Moyen Âge, succèderont plusieurs siècles d’éloges et de reconnaissances des qualités exceptionnelles du personnage Muhammad, notamment durant l’époque de la Renaissance et des Lumières.
Avec les campagnes de caricatures de ces dernières années, sommes-nous retombés dans l’esprit des croisades et du Moyen Âge ? Bien que ça a tout l’air, c’est plutôt l’ignorance de la vie du Prophète et l’islamophobie nourrie envers ses adeptes qui sont derrière certaines attaques et amalgames répandus sur le Prophète Muhammad !
Troisièmement : Ces hommes et femmes, au-dessus de tout soupçon et dont nous rapportons ici les propos, ont vécu à des époques différentes, dans des contrées différentes et sont issus de cultures différentes. Pourtant, force est de constater que leurs témoignages, exprimés en prose ou en poésie, convergent et s’accordent à louer le Prophète. Ce sont autant de paroles précieuses et de pétales de roses honorant la mémoire de « Muhammad notre frère ».
Commençons par Voltaire. Voilà une grande figure de la pensée française, qui, à ses débuts, soit en 1742, composa une pièce théâtrale dans laquelle il dépeint le personnage du Prophète Muhammad comme un fanatique.
Cependant, quelques années plus tard, en travaillant sur Charles XII , Voltaire se forgea des idées toutes différentes sur le monde musulman et plus particulièrement sur les Ottomans. Il découvrit alors « la tolérance des Turcs ».
En effet, après l’étude de l’islam et de la vie du Prophète, Voltaire montrera plus d’objectivité et d’impartialité pour sa religion qui fut pour lui, le « pur théisme ».
Entre 1764 et 1772, avec le Traité sur la tolérance écrit à la suite de l’affaire Calas, Voltaire sera l’apôtre vénéré des théistes. Il poursuivra par la suite son évolution par rapport à l’islam et arrive à son point culminant avec L’Examen important de milord Bolingbroke, ou le tombeau du fanatisme . Dans cet écrit, il fustige sévèrement le christianisme et fait l’éloge du Prophète Muhammad qui établit un culte qui « était, sans doute, plus sensé que le christianisme » 12 .
Voici les derniers propos de Voltaire sur le Prophète :
Sa religion est sage, sévère, chaste et humaine : sage puisqu’elle ne tombe pas dans la démence de donner à Dieu des associés, et qu’elle n’a point de mystère ; sévère puisqu’elle défend les jeux de hasard, le vin et les liqueurs fortes, et qu’elle ordonne la prière cinq fois par jour ; chaste, puisqu’elle réduit à quatre femmes ce nombre prodigieux d’épouses qui partageaient le lit de tous les princes de l’Orient ; humaine, puisqu’elle nous ordonne l’aumône, bien plus rigoureusement que le voyage de La Mecque. Ajoutez à tous ces caractères de vérité, la tolérance.
Voilà ce qu’il dit en 1770 :

Il n’y a point de religion dans laquelle on n’ait recommandé l’aumône. La mahométane est la seule qui en ait fait un précepte légal, positif, indispensable. L’Alcoran [le Coran] ordonne de donner deux et demi pour cent de son revenu, soit en argent, soit en denrées. La prohibition de tous les jeux de hasard est peut-être la seule loi dont on ne peut trouver d’exemple dans aucune religion.
Toutes ces lois qui, à la polygamie près, sont si austères, et sa doctrine qui est si simple, attirèrent bientôt à la religion, le respect et la confiance. Le dogme surtout de l’unité d’un Dieu présenté sans mystère, et proportionné à l’intelligence humaine, rangea sous sa loi une foule de nations et, jusqu’à des nègres dans l’Afrique, et à des insulaires dans l’Océan indien.
Le peu que je viens de dire dément bien tout ce que nos historiens, nos déclamateurs et nos préjugés nous disent : mais la vérité doit les combattre 13 .
Dans le dictionnaire philosophique, à l’article Mahométans , Voltaire écrit :

Je vous le dis encore, ignorants imbéciles, à qui d’autres ignorants ont fait accroire que la religion mahométane est voluptueuse et sensuelle, il n’en est rien ; on vous a trompés sur ce point comme sur tant d’autres.
Chanoines, moines, curés même, dit Voltaire, si on vous imposait la loi de ne manger ni boire depuis quatre heures du matin jusqu’à dix heures du soir, pendant le mois de juillet, lorsque le carême arriverait dans ce temps ; si on vous défendait de jouer à aucun jeu de hasard sous peine de damnation ; si le vin vous était interdit sous la même peine ; s’il vous fallait faire un pèlerinage dans des déserts brûlants ; s’il vous était enjoint de donner au moins deux et demi pour cent de votre revenu aux pauvres ; si, accoutumés à jouir de dix-huit femmes, on vous en retranchait tout d’un coup quatorze ; en bonne foi, oseriez-vous appeler cette religion sensuelle ?
Et à la fin de ce même article Voltaire rappelle une réalité qui est plus que jamais d’actualité, pour qui veut lutter contre la calomnie et la caricature :

Il faut combattre sans cesse, dit-il. Quand on a détruit une erreur, il se trouve toujours quelqu’un qui la ressuscite.
D’autres illustres penseurs occidentaux témoignent
Georges Bernard Shaw, irlandais, protestant, dramaturge, prix Nobel de littérature en 1925 (1856-1950) disait du Prophète Muhammad, dans L’Islam authentique , 1935 :

J’ai toujours eu une grande estime pour la religion prêchée par Muhammad parce qu’elle déborde d’une vitalité merveilleuse. Elle est la seule religion qui me paraît contenir le pouvoir d’assimiler la phase changeante de l’existence – pouvoir qui peut la rendre si alléchante à toute période.
J’ai étudié cet homme merveilleux, et, à mon avis, loin d’être un antéchrist, il doit être appelé le sauveur de l’humanité. Je crois que si un homme comme Muhammad gouvernait le monde il réussirait à résoudre ses problèmes de façon qui lui apporterait la paix et le bonheur tant désirés.
J’ai prophétisé sur la Foi de Muhammad, qu’elle sera acceptable à l’Europe de demain, comme elle commence à devenir acceptable à l’Europe d’aujourd’hui.
Johann Wolfgnag Goethe, célèbre poète allemand (1749-1832) disait de lui dans Divan occidental et oriental , 1819 :

Jusqu’à ce jour il n’est pas un homme qui puisse se comparer à Mahomet.
Il ajouta :

Si quelqu’un s’irrite de ce qu’il ait plu à Dieu
D’accorder à Mahomet protection et honneur,
Qu’après la maîtresse poutre de sa demeure
Il attache une corde solide
Et s’y pende ! Cela tient et cela porte ;
Il sentira que son courroux s’apaise.
Ce propos, fort et franc, Goethe l’a emprunté au Coran, verset 15 de la sourate al-Hajj [Le Pélérinage]
« Celui qui pense qu’Allah ne le [Muhammad] secourra pas dans l’ici-bas et dans l’au-delà, qu’il tende une corde jusqu’au ciel [plafond de sa demeure], puis qu’il la coupe, et qu’il voie si sa ruse va faire disparaître ce qui l’enrage ».
Michael H. Hart, juif américain, astrophysicien (né en 1932 à New York), dans son best-seller : Classement des 100 personnes les plus influentes de l’histoire de l’humanité , déclare :

Muhammad, plus que Jésus…, plus que Moïse…, est le seul homme qui ait réussi par excellence les deux plans : religieux et séculier… C’est cette union du temporel et du spirituel qui, à mon avis, fait de Muhammad la personnalité la plus influente de l’histoire de l’humanité.
Thomas Carlyle, Écossais, protestant, essayiste, satiriste et historien (1795-1881) dans Les Héros et le culte des héros , 1841, écrivit :

Le mensonge façonné avec de bonnes intentions destinées à cet homme [le Prophète Muhammad] ne déshonore que nous… Une grande âme silencieuse ; il était de ceux qui ne peuvent être autrement que sincères et convaincus, et que la nature elle-même a créé sincère. Alors que d’autres se complaisent dans des formules et des ouï-dire, contents de leur sort, cet homme ne pouvait se soustraire aux formules. Il était seul avec sa propre conscience et la réalité des choses… Une telle sincérité, ainsi qu’on veut bien la nommer, possède en réalité quelque chose de divin. Le discours d’un tel homme est semblable à la voix qui émane du cœur même de la nature. Les hommes écoutent et doivent écouter ce discours mieux que tout autre… Le reste n’est que futilité en comparaison.
Le témoignage de Thomas Carlyle, insistant sur l’honnêteté et la sincérité du Prophète Muhammad, raisonne comme un écho à celui du grand rabbin de Médine, en son temps, l’an 622, ‘Abdullah Ibnû Salâm, qui dit :
Lorsque Muhammad arriva à Médine (lors de son Hégire) les gens affluèrent de partout, et se regroupèrent autour de lui. J’étais parmi ceux qui vinrent à sa rencontre. Quand je l’ai aperçu, je l’ai bien observé et écouté, et je me suis aussitôt dit que son visage n’était pas celui d’un menteur.
Quatorze siècles séparent les propos de Thomas Carlyle, de ceux d’Ibnû Salâm, et pourtant le constat est exactement le même : le visage de Muhammad, sublime et rayonnant, est celui d’un sincère et honnête homme.
L’enthousiasme et les éloges exprimés par les biographes du Prophète ne sont pas en reste. Un auteur contemporain, Montgomery Watt, en historien exigeant et très critique des sources qu’il utilisa dans sa célèbre biographie consacrée au Prophète Muhammad, réserve tout un chapitre pour parler de la grandeur de l’homme.
Le missionnaire chrétien Réginald Bosworth Smith, dans son livre Mouhammad and Muhammadism , dit :
« En sa personne étaient unis César et le Pape, mais il était le Pape sans les prétentions du Pape, et César sans les légions de César. Il était sans armée régulière, sans garde personnelle, sans palais et sans rétribution. S’il y a dans le monde quelqu’un qui mérite qu’on dise qu’il a gouverné au moyen de la justice divine, alors cet homme n’est autre que Mouhammad, car il avait en ses mains tout le pouvoir bien que sans moyen et sans appui. Il s’est élevé au-dessus des titres et des cérémonials, contre les révérences serviles de l’étiquette courtisane. On sait bien que pour les rois héréditaires, pour les princes nés dans des familles royales, l’apparat et les cérémonies solennelles sont aussi naturels que l’air qu’ils respirent. Mais il faut avouer que même les empereurs qui se sont frayés eux-mêmes le chemin du pouvoir, et sont entrés dans les anales de l’histoire tels que César, Cromwell et Napoléon, n’ont pas été en mesure de résister aux attraits de ces privilèges. Quant à Mouhammad, il se contentait de la réalité, il ne se préoccupait pas d’obtenir le pouvoir. La simplicité de sa vie privée allait de paire avec sa vie publique. Parlant de Mouhammad, Al-Boukhari dit : “Dieu lui a offert les clés du trésor de ce monde, mais il ne les a pas acceptées” ».
Jean Prieur, écrivain français, auteur de Muhammad, Prophète d’Orient et d’Occident , écrit :

Depuis trois siècles, tout ce qu’il y a d’intelligent et de libéral en Europe a reconnu la grandeur du Prophète, ainsi que la valeur irremplaçable et universelle de son message 14 .
L’orientaliste français Émile Dermenghem, auteur de La Vie de Mahomet a écrit :

Mahomet se considérait comme l’instrument passif de la révélation. Son ambition était d’être un secrétaire attentif, un appareil enregistreur, nous dirions un phonographe, impeccable des paroles qu’il entendait prononcer par la bouche d’ombre lumineuse et de bruit silencieux. Ces paroles étaient la forme terrestre de l’incréé, éternelle et céleste Parole de Dieu, la « mère du Livre » gardée au septième ciel par les anges extasiés. […] Chaque prophète doit apporter une preuve de sa mission ; un miracle de nature spéciale ( mu‘jiza ), différent des miracles des saints ( karâma ), et qui porte un défi. Le Coran est le seul miracle de Mahomet. Sa beauté supra-littéraire, sa force d’illumination qui restent encore aujourd’hui une énigme irrésolue, mettent ceux qui le récitent, même les moins pieux, dans un état spécial de ferveur.
La célèbre orientaliste italienne Laura Veccia Vaglieri écrit :

Le Prophète arabe, inspiré et fortement lié à son créateur, il a prêché le plus pur monothéisme aux adorateurs du fétichisme, aux adhérents du christianisme et du judaïsme. Il a été en conflit ouvert avec les tendances des gens qui toutes portaient au polythéisme. Dans ses prêches, pour convaincre les gens de croire en un seul et même Dieu, il n’a point exploité les multiples phénomènes naturels pour tromper les gens en s’attribuant ces miracles. Il a appelé les gens par l’amour, non pas à abandonner leurs convictions, mais à méditer sur l’univers et ses lois. Sa Foi dans un Dieu unique et indispensable faisait qu’il offrait aux gens la possibilité de lire le livre de la vie.
La Fayette, philosophe et idéologue de la Révolution française, qui avait étudié tous les systèmes juridiques avant la « Déclaration des droits de l’homme et du citoyen », a dit :

Ô Mouhammad ! Ce que tu as apporté au monde et appliqué en la matière, personne ne l’avait apporté. Tu as apporté la justice en un pays inaccessible. Le Prophète fut un homme complexe, plein de tempérament, qui réalisa quelquefois des choses que nous autres avons de la peine à comprendre, et même à accepter. Pourtant, il faut dire qu’il a eu le génie d’apporter un ordre social, une religion et une tradition culturelle si profonds, dont le nom est Islam, qui veut dire réconciliation.
Le grand écrivain russe Léon Nikolajeviç Tolstoï s’exprime ainsi :

Nul doute que le Prophète Mouhammad est l’un des plus grands réformateurs de l’humanité. Il doit être loué pour avoir conduit l’humanité vers la vraie lumière, vers la justice et la paix. Il a empêché le versement du sang des innocents, et en même temps, il a ouvert au monde la voie du progrès et de la prospérité. Hormis cet homme, personne au monde n’a pu réaliser une si grande oeuvre, c’est pourquoi il est digne de respect, d’admiration et de considération. Mouhammad est le Prophète de l’Islam. Il a invité son peuple à n’adorer qu’Allah 15 .
Nous pouvons citer encore des dizaines d’autres noms tels que : Victor Hugo, Léon Tolstoï, Annie Besant, James A. Michener, l’indien Ramakhishna Rao, tous d’illustres penseurs, tous des non-musulmans. Leurs études sans préjugés de la vie du Prophète Muhammad, n’en déplaise à ses détracteurs d’aujourd’hui, les ont conduits à reconnaître sa valeur inégalée, à le respecter et à lui vouer la plus grande estime.
Napoléon Bonaparte :

L’Arabie était idolâtre lorsque Mahomet, sept siècles après Jésus-Christ, y introduisit le culte d’un seul Dieu, qui est le Dieu d’Abraham, d’Ismaël, de Moïse et de Jésus-Christ. […] Mahomet fut prince ; il rallia ses compatriotes autour de lui. En peu d’années, ses Moslems conquirent la moitié du monde. Ils arrachèrent plus d’âmes aux faux dieux, culbutèrent plus d’idoles, renversèrent plus de temples païens en quinze années, que les sectateurs de Moïse et de Jésus-Christ ne l’ont fait en quinze siècles. Mahomet était un grand homme.
Montgommery Watt, dit :

La façon dont il accepta les persécutions dues à sa Foi, la haute moralité des hommes qui vécurent à ses côtés et qui le prirent pour guide, la grandeur de son œuvre ultime, tout cela ne fait que démontrer son intégrité fondamentale. La supposition selon laquelle Mahomet serait un imposteur soulève plus de problèmes qu’elle n’en résout. Et pourtant aucune des grandes figures de l’histoire n’est si peu appréciée en Occident que le Prophète Mahomet.
Revenons encore une fois, et, terminons ces témoignages historiques inscrits de lettre d’or par Goethe :

J’ai cherché dans l’histoire l’exemple d’un homme merveilleux, et je l’ai trouvé chez le Prophète arabe.
Ces témoignages honnêtes et courageux, de nos jours hélas complètement occultés, contredisent et démentent totalement les calomnies et les caricatures de ceux qui, aujourd’hui, s’attaquent au Prophète Muhammad, sans jamais avoir lu sa biographie.

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