De la crainte et de l´espoir
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Description

La crainte et l’espoir doivent continuellement animer et accompagner le serviteur croyant dans l’adoration qu’il voue à son Seigneur. Crainte et espoir sont inséparables. Tels deux ailes, ils portent l’aspirant dans son effort d’élévation pour se rapprocher d’Allah. Comme toute étape de la voie spirituelle, explique l’imam al-Ghazâlî, la station de la crainte et de l’espoir comportent l’assimilation d’une connaissance et la réalisation d’un état intérieur, qui conduisent à l’acquisition de vertus, elles-mêmes exprimées à travers des actions conformes. Al-Ghazâlî expose de façon détaillée, dans le style didactique et clair qui caractérise ses écrits, ces différentes dimensions, en se référant au Coran, au modèle prophétique et à l’exemple des saints de l’islam. Plus qu’un exposé théorique, il s’agit d’une leçon édifiante qui s’adresse au cœur du croyant, et qui témoigne également de l’expérience spirituelle de l’auteur. Il y a des degrés dans la crainte et l’espoir, qui varient selon leur objet, et suivant la progression spirituelle de l’aspirant. Selon le Coran, « parmi Ses serviteurs, seuls les savants craignent Allah » (35 : 28). La connaissance et la pratique de la crainte et de l’espoir qui sont enseignées par les maîtres comme al-Ghazâlî amènent d’abord le disciple à s’élever à une adoration toujours plus pure et sincère : adorer Allah pour Lui-même, et non par crainte du châtiment de l’Enfer ou espoir en la récompense du Paradis. Néanmoins, si cette crainte-là et cet espoir-là doivent être dépassés, il ne s’agit pas pour autant d’abandonner toute crainte et tout espoir, mais de savoir plutôt Qui est seul véritablement digne de crainte et d’espoir.

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Date de parution 28 octobre 2015
Nombre de lectures 32
EAN13 9791022501200
Langue Français

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Tous droits de reproduction, d’adaptation ou de traduction, par quelque procédé que ce soit, réservés pour tous les pays à l’Éditeur.
1433-2012
ISBN 978-2-84161-552-0 // EAN 9782841615520
Imam Abû Hâmid Al-Ghazâlî
De la crainte et de l'espoir
Traduit de l’arabe par Idrîs De Vos
P RÉSENTATION
Nous sommes heureux de présenter aux Lecteurs un nouvel extrait de la somme Revivification des sciences de la religion , de l’imam Abû Hâmid al-Ghazâlî. Il s’agit de la traduction en français du livre III de la section des œuvres salutaires, qui porte sur « la crainte et l’espoir » ( kitâb al-khawf wa ar-rajâ’ ).
Allah révèle dans le Coran : « Seuls croient en Nos versets ceux qui, lorsqu’on les leur rappelle, tombent prosternés et, par des louanges à leur Seigneur, célèbrent Sa gloire et ne s’enflent pas d’orgueil. Ils s’arrachent de leurs lits pour invoquer leur Seigneur, avec crainte et espoir ; et ils font largesse de ce que Nous leur attribuons. Aucun être ne sait ce qu’on a réservé pour eux comme réjouissance pour les yeux, en récompense de ce qu’ils œuvraient . » (32 : 15-17)
La crainte et l’espoir doivent continuellement animer et accompagner le serviteur croyant dans l’adoration qu’il voue à son Seigneur. Crainte et espoir sont inséparables. Telles deux ailes, ils portent l’aspirant dans son effort d’élévation pour se rapprocher d’Allah. Telles les fonctions d’inspiration et d’expiration, ils aident l’initié à parcourir les stations de la connaissance divine et à agir en conséquence, en alimentant le cœur, et à travers lui, l’âme, et tout le corps.
Comme toute étape de la voie spirituelle, explique l’imam al-Ghazâlî, les stations de la crainte et de l’espoir comportent l’assimilation d’une connaissance et la réalisation d’un état intérieur, qui conduisent à l’acquisition de vertus, elles-mêmes exprimées à travers des actions conformes. Al-Ghazâlî expose de façon détaillée, dans le style didactique et clair qui caractérise ses écrits, ces différentes dimensions, en se référant au Coran, au modèle prophétique et à l’exemple des saints de l’islam. Plus qu’un exposé théorique, il s’agit d’une leçon édifiante qui s’adresse au cœur du croyant, et qui témoigne également de l’expérience spirituelle de l’auteur.
« Invoquez-Le avec crainte et espoir. La miséricorde d’Allah est proche de ceux qui pratiquent la vertu spirituelle . » (7 : 56)
Les maîtres du soufisme parlent de « contraction » ( qabd ) et d’« expansion » ( bast ) pour décrire les états spirituels de l’aspirant entre les mains d’Allah, Lui qui est al-Qâbid et al-Bâsit , Celui qui contracte et qui épanouit, qui retient et relâche, et qui retourne les cœurs. La crainte et l’espoir correspondent, sur un certain plan, à ce double mouvement du cœur sous les effets des Noms divins manifestant les attributs de Majesté et de Beauté, de Rigueur et de Miséricorde, qui appartiennent à Allah, dans la perfection de Sa transcendance et de Son immanence. La Majesté du Seigneur appelle la crainte révérencielle du serviteur, de même que Sa Miséricorde infinie justifie l’espoir. Le croyant est invité à vivre cette tension spirituelle vers Allah avec exigence et souplesse, en se souvenant que même les épreuves et les formes de rigueur apparente sont des manifestations de la Miséricorde divine surabondante.
Comme on va le voir dans ce livre, tous les maîtres, y compris l’imam al-Ghazâlî, ont toujours insisté sur la nécessité, pour l’aspirant, de préserver constamment une disposition dans laquelle crainte et espoir se complètent : tantôt ils s’équilibrent, tantôt l’un prévaut par rapport à l’autre – sans jamais l’éliminer néanmoins –, en fonction des conditions, des capacités, de la foi et de la connaissance spirituelle ; cela, afin d’éviter les confusions subtiles et les illusions de l’âme humaine qui préfère se fier à ses propres impressions, et suivre ses penchants, dans un sens ou dans un autre, au lieu de reconnaître son ignorance et de se soumettre réellement à la volonté d’Allah.
Il y a des degrés dans la crainte et l’espoir, qui varient selon leur objet, et selon la progression spirituelle de l’aspirant. Selon le Coran, « parmi Ses serviteurs, seuls les savants craignent Allah » (35 : 28). La connaissance et la pratique de la crainte et de l’espoir qui sont enseignées par les maîtres comme al-Ghazâlî amènent d’abord le disciple à s’élever à une adoration toujours plus pure et sincère : adorer Allah pour Lui-même, et non par crainte du châtiment de l’Enfer ou espoir de la récompense du Paradis. Néanmoins, si cette crainte-là et cet espoir-là doivent être dépassés, il ne s’agit pas pour autant d’abandonner toute crainte et tout espoir, mais de savoir plutôt Qui est seul véritablement digne de crainte et d’espoir.
L’Editeur
I NTRODUCTION
Au nom de Dieu, le Clément, le Miséricordieux
Louange à Dieu ! Lui dont on peut dûment espérer la récompense, et dont on doit légitimement craindre la ruse et le Châtiment ; Lui qui investit le cœur de Ses saints serviteurs du souffle d’espérance et les conduit progressivement, par Ses grâces bienveillantes, à se présenter sur Son divin parvis et à échapper à la demeure de l’épreuve où sont destinés à séjourner Ses ennemis ; Lui qui au moyen de la cravache de Sa crainte et de Sa ferme admonition frappe les visages de ceux qui se détournent de Sa présence, pour les reconduire vers la demeure de la récompense et des honneurs, et pour les soustraire à Sa colère et à Sa vengeance. Ainsi le Seigneur conduit-Il certaines de Ses créatures vers Son paradis au moyen des chaînes de Sa contrainte et de Sa rigueur, tout comme Il les conduit au moyen des rennes de Sa bienveillance.
Que la prière et le salut soient adressés à Muhammad, le souverain maître de Ses prophètes et le plus estimable des êtres créés, ainsi qu’à sa famille, ses compagnons et ses proches.
L’espoir et la crainte sont deux ailes grâce auxquelles les hommes rapprochés de Dieu s’envolent vers les plus louables stations spirituelles ; elles sont deux montures grâce auxquelles les pentes abruptes menant vers l’au-delà peuvent être gravies. N’était-ce les rennes de l’espérance, rien ne saurait conduire à la proximité du Miséricordieux et au repos paradisiaque, tant la route est longue, tant le fardeau est pesant, et tant le parcours est parsemé de désagréments et d’épreuves physiques. Et n’était-ce la cravache de la crainte et les assauts de la rigueur, rien n’écarterait du chemin de l’Enfer et du douloureux châtiment, tant le parcours est parsemé d’objets de convoitise attrayants et d’agréments séduisants.
Il convient donc de définir la nature de ces deux réalités, de mentionner leurs vertus respectives, et d’indiquer la voie à suivre pour les concilier, sachant qu’elles peuvent sembler contradictoires et antagoniques au premier abord. Nous en réunissons donc volontairement l’étude dans un même ouvrage partagé en deux parties : la première consacrée à l’espoir, la seconde à la crainte.
PREMIÈRE PARTIE
L’ESPOIR
D ÉFINITION DE L ’ ESPOIR
L’espoir est une des stations spirituelles des gens de la voie et un des états des aspirants. On appelle « station » ( maqâm ) cette disposition du fidèle si elle est constante et stable, et on l’appelle « état » ( hâl ) si elle est accidentelle et éphémère. A l’instar de la couleur jaune, qui se présente tantôt sous une forme durable, comme c’est le cas pour l’or, tantôt sous une forme éphémère, comme c’est le cas pour le teint blême d’un visage, et tantôt sous une forme intermédiaire, comme c’est le cas du teint livide du malade, de même les dispositions du cœur se divisent-elles selon qu’elles sont constantes ou non. Les dispositions transitoires sont qualifiées d’états, parce qu’elles cessent rapidement. Et ces états englobent toutes les dispositions du cœur.
Mais notre propos ici est de définir l’espoir. Or, il faut savoir que l’espoir se décline en un état, en une connaissance, et en une action. La connaissance concernée est une cause engendrant un état ; et cet état implique une action. Aussi le nom d’espoir englobe-t-il ces trois réalités.
Cela tient au fait que toute situation détestable ou appréciable est soit présente, soit passée, soit future. Lorsque quelqu’un se représente un événement passé, on appelle cela un souvenir et une remémoration ; lorsqu’il se représente un fait présent, on appelle cela une émotion, une sensation et une perception ; et lorsqu’il se représente un fait avenir, on appelle cela une attente et une prévision. Si le fait attendu est détestable, il génère une certaine souffrance dans le cœur que l’on appelle « la crainte » ou « l’appréhension » ; si en revanche il est appréciable, il génère dans le cœur qui le prévoit et se le représente une jouissance et un bien-être que l’on appelle « l’espoir ». L’espoir est donc l’ex-p pression du bien-être que procure dans le cœur la perspective d’un événement appréciable. Mais cet événement appréciable envisagé est nécessairement subordonné à des causes. Si l’individu le prévoit parce que toutes les conditions sont réunies pour qu’il se produise, il est légitime d’appeler son attente un espoir.
Si, en revanche, l’individu l’escompte bien qu’aucune condition ne soit réunie pour qu’il se produise, son attente mérite plus d’être qualifiée d’illusion ou de sottise que d’espoir.
Si enfin on ne sait si les conditions sont réunies ou non, il convient mieux d’appeler son attente un souhait plutôt qu’un espoir, car elle ne se fonde sur aucune condition avérée.
Quoi qu’il en soit, on ne peut raisonnablement employer les termes de « crainte » et d’« espoir » que pour parler de faits incertains, jamais de faits certains. On ne peut dire, par exemple : « J’espère que le soleil se lèvera à l’aube », ou, « je crains que le soleil se couche au crépuscule ». Parce que ces faits se produiront sans aucun doute. En revanche, il est parfaitement convenable de dire : « J’espère que la pluie va tomber », ou, « j’ai peur que la pluie cesse ».
Les gens d’intuition savent que ce bas-monde est le lieu de culture de l’au-delà. Le cœur y est comme la terre, la foi comme la graine, et les œuvres méritoires comme le labour, le désherbage et l’irrigation. Le cœur insouciant et abandonné à ce monde est comme une terre marécageuse et infertile. Selon cette image, le jour du Jugement correspond à la saison des moissons. Or, à l’évidence, on ne saurait récolter que ce que l’on sème ; et les plants de l’au-delà ne sauraient pousser que si la graine de la foi a été plantée. Néanmoins, toute foi reste inféconde si elle habite un cœur souillé et s’accompagne d’un caractère détestable, tout comme la graine ne germe pas dans la terre marécageuse.
On peut donc comparer l’espoir que le serviteur place en le pardon divin à l’espoir que le cultivateur place en ses plantations. Si quelqu’un choisit une terre saine, y plante un grain de qualité exempt de moisissure et de verres, prodigue à ce grain ce dont il a besoin – c’est-à-dire un arrosage régulier et opportun –, nettoie la terre des chardons et de toutes les mauvaises herbes susceptibles de nuire à la croissance des plants, puis s’assoie aspirant à ce que la grâce du Très-Haut lui épargne les méfaits de la foudre et de toutes les formes d’intempéries jusqu’à ce que la culture arrive à son terme, alors il conçoit une attente que l’on peut à juste titre qualifier d’espoir.
En revanche, quiconque plante son grain dans une terre caillouteuse, marécageuse ou sur un accotement qui ne retient pas la pluie, ne fait rien pour pourvoir aux besoins du grain, puis en attend malgré tout une riche moisson, celui-là conçoit une attente qu’il convient de qualifier de sottise et d’illusion, non d’espérance.
Et si on plante son grain dans une bonne terre mais sans moyen d’irrigation et dans une région aux faibles précipitations, en attendant ensuite la récolte, il s’agit là de souhait.
En somme, le terme « espoir » s’applique légitimement à l’at-’ tente d’un fait appréciable en vue duquel l’individu réunit toutes les conditions en son pouvoir. De sorte qu’il ne se résigne qu’en la marge d’incertitude sur laquelle il n’a aucun pouvoir, car celle-ci relève de la grâce de Dieu, Lequel seul peut lui épargner les sinistres aléas et les nuisances.
Si le serviteur sème le grain de la foi, l’irrigue de l’eau des œuvres méritoires, purifie son cœur des chardons du vice, puis attend que le Seigneur, par Sa grâce, le dote de constance dans cette disposition jusqu’à sa mort et lui accorde une fin honorable le destinant au pardon, alors son attente peut légitimement être qualifiée d’espérance véritable et louable en soi. Car une telle espérance encourage à la persévérance, et incite à continuer à remplir – jusqu’à la mort – les conditions que dicte la foi dans la perspective du pardon.
Mais si le serviteur cesse de dispenser à son grain l’eau des œuvres méritoires, conserve en son cœur d’haïssables travers, convoite ce bas-monde sans modération, et attend néanmoins le pardon, alors cette attente ne peut être qualifiée que de sottise et d’illusion. Le Prophète  a dit : « Sot est l’homme qui assouvit ses passions tout en souhaitant que Dieu lui accorde le Paradis. » Et le Très-Haut dit : « Après eux, une génération leur a succédé qui négligeait la prière et suivait ses passions, courant ainsi à sa perte » 1 ; « après eux, une génération leur a succédé qui avait reçu le Livre en héritage, mais qui s’emparaient des biens de ce monde en disant : “Dieu nous pardonnera !” » 2 Le Seigneur a réprimandé cet homme qui était rentré dans son jardin en déclarant : « Je ne pense pas que celui-ci puisse un jour disparaître. Je ne crois pas davantage à l’échéance de l’Heure et, si je suis ramené à mon Seigneur, je trouverai auprès de Lui une situation meilleure encore. » 3
Ainsi, le serviteur appliqué à accomplir des œuvres méritoires et à renoncer aux transgressions peut-il légitimement attendre la grâce et la pleine faveur de Dieu, la pleine faveur n’étant autre chose que l’accès au Paradis.
Quant au transgresseur, s’il se repent et cherche à rattraper tous ses excès, il peut légitimement espérer que soit accepté son repentir. Et si avant son repentir il répugne à transgresser et à causer du tort, s’il aimerait accomplir de bonnes œuvres, se blâme lui-même et aspire à se repentir, il peut légitimement espérer que Dieu le conduira à ce repentir par Sa grâce providentielle. Parce que sa répugnance à la transgression et son désir de se repentir agissent comme des causes secondes susceptibles de le conduire au repentir. Or l’espoir, nous l’avons dit, devient légitime après que ses conditions sont réunies. C’est pourquoi le Très-Haut dit : « Ceux qui ont la foi, émigrent et combattent pour la cause de Dieu, ceux-là espèrent la miséricorde de Dieu. » 4 Ce qui signifie : ceux-là espèrent légitimement Sa miséricorde. Le Très-Haut ne déclare pas qu’ils sont les seuls à espérer, car d’autres le font. Mais Il indique qu’ils sont les seuls à le faire légitimement. Quant à ceux qui se complaisent dans les actions détestables aux yeux du Seigneur, ne se blâment pas, et n’ont pas l’intention de se repentir, l’espoir qu’ils fondent en le repentir ne manifeste que leur sottise, comme l’espoir du cultivateur qui plante son grain dans une terre infertile, et néglige de l’irriguer et de la désherber.
Yahyâ Ibn Mu‘âdh disait : « Certaines des plus spécieuses attitudes, selon moi, consistent à se prélasser dans le péché sans envisager le repentir, tout en espérant bénéficier du pardon ; à aspirer à la proximité du Très-Haut sans œuvrer de façon méritoire ; à attendre le Paradis en récolte, tout en plantant les graines de l’Enfer ; à convoiter la demeure des hommes pieux tout en commettant des impiétés ; à vouloir un salaire sans travailler ; et à souhaiter trouver Dieu bienveillant tout en se montrant soimême outrancier. » Le poète a dit en ce sens :
Tu brigues le salut mais la voie n’en suis guère ? Eh ! Sache, les bateaux ne vont point sur la terre !
Tu comprends donc que le véritable espoir est une disposition qui procède de la connaissance de la plupart des conditions nécessaires à la réalisation de son objet. Ce qui implique d’œuvrer autant que possible pour remplir ces conditions. Aussi l’individu semant un bon grain dans une bonne terre, et irriguant son champ de la meilleure manière, nourrit-il un espoir légitime. Et cet espoir ne cesse de l’inciter à veiller sur ses plantations avec assiduité et à retirer la moindre petite herbe nuisible. Je dirais même qu’il ne cesse de l’inciter à surveiller son champ jusqu’au jour de la récolte. Parce que, à l’inverse, le désespoir ferait que cet individu négligerait son champ. Car quiconque sait que sa terre est infertile, que son eau est insuffisante, et que son grain est avagrié, finira fatalement par laisser son champ à l’abandon, et ne se fatiguera plus à l’entretenir. L’espoir est donc louable en ce sens qu’il est un ressort du bien ; et le désespoir est condamnable en ce sens qu’il pousse à l’abandon.
Quant à la crainte, elle n’est pas le contraire de l’espoir, mais elle en est l’auxiliaire comme nous allons l’expliquer. Je dirais même qu’elle est un autre ressort exploitant la peur, tout comme l’espoir est un ressort exploitant le désir. L’espoir en tant qu’état spirituel engendre donc l’assiduité dans l’effort, et la constance dans les observances, quelle que soit la situation. Un de ses effets est que l’individu prend plaisir à entretenir son ascension vers le Très-Haut, et savoure ces instants d’oraison où il s’entretient avec Lui et cherche à gagner Ses faveurs. L’espoir est révélé par des symptômes chez un individu plaçant ses espoirs en un roi ou une personne quelconque, par exemple, alors comment ces mêmes symptômes ne se manifesteraient-ils pas chez une personne qui place ses espoirs en Dieu ? Si de tels symptômes ne se manifestent pas, cela indique que l’individu n’a pas atteint la station de l’espoir, et qu’il se tient encore au rang de l’illusion et du souhait.
Voilà donc défini l’état spirituel de l’espoir : il est engendré par ce savoir que nous avons indiqué, et il engendre à son tour les actions que nous avons décrites. Ce processus est évoqué dans la tradition prophétique concernant Zayd al-Khayl. Celui-ci avait dit à l’envoyé de Dieu : « Je suis venu te demander à quoi se reconnaissent un homme que Dieu agrée et un homme que Dieu n’agrée pas. » Le Prophète  lui répondit : « Dans quelle disposition es-tu toi-même ? – J’affectionne le bien et les gens de bien, répondit Zayd. Lorsqu’une bonne œuvre est à ma portée, je m’empresse de l’accomplir avec la certitude d’en être récompensé par la suite. Et si je perds l’occasion d’accomplir une telle action, j’en éprouve de la peine et du regret. – C’est à cela, dit le Prophète, que l’on reconnaît un homme que Dieu agrée. S’Il voulait pour toi le contraire, Il t’y prédisposerait, sans se soucier dans quelle vallée de perdition tu trouverais le trépas. »
Le Prophète  a évoqué là les signes par lesquels se reconnaissent les gens à qui Dieu veut du bien. Désirer faire partie de ceux-là sans en manifester les signes est une pure illusion.
L ES VERTUS DE L ’ ESPOIR
Le ressort de l’espoir est plus estimable que le ressort de la peur. Parce que les serviteurs les plus proches du Très-Haut sont ceux qu’Il aime le plus. Or l’amour fait prévaloir l’espoir sur la crainte. On peut s’en convaincre en observant deux serviteurs : l’un qui servirait un roi par crainte de son châtiment, et l’autre par espoir d’être récompensé.
C’est pourquoi de nombreux textes de référence nous encouragent à entretenir l’espoir et à se faire de Dieu une opinion favorable, surtout au moment de mourir. Le Très-Haut dit en effet : « Ne désespérez pas de la miséricorde de Dieu ! » 5 C’est le désespoir dans son ensemble qui est proscrit dans ce verset.
Dans les récits relatifs à Jacob  , il est dit également que Dieu avait déclaré à celui-ci par voie d’inspiration : « Sais-tu pourquoi Je t’ai séparé de Joseph ? Parce que tu as dit : “ J’ai peur que vous ne preniez pas garde, et qu’il se fasse manger par un loup. ” 6 Pourquoi as-tu eu peur du loup, et n’as-tu pas placé en Moi ton espoir ? Pourquoi as-tu considéré l’insouciance des frères de Joseph, et n’as-tu pas considéré la protection que Je lui assure ? »
L’envoyé de Dieu  a dit par ailleurs : « Gardez-vous de mourir en concevant une mauvaise opinion de Dieu, exalté soit-Il. » Il a dit aussi : « Le Très-Haut déclare : “Je Me conforme 7 à l’opinion que Mon serviteur se fait de Moi. Libre à lui de penser de moi ce qu’il veut.” »
On rapporte aussi que le Prophète  était venu rendre visite à un homme sur son lit de mort. Il lui demanda : « Comment te sens-tu ? – Je crains les conséquences de mes fautes, répondit-il, mais j’ai espoir en la miséricorde de mon Seigneur. » Le Prophète déclara alors : « Lorsque ces deux dispositions sont réunies dans le cœur d’un serviteur dans une telle condition, Dieu ne manque pas de lui accorder ce qu’il espère et de lui épargner ce qu’il craint. »
Alî a dit quant à lui à un homme que le désespoir avait gagné en raison de son grand nombre de fautes : « Eh ! Désespérer de la miséricorde de Dieu est plus grave que toutes tes fautes ! »
Sufyân ath-Thawrî a dit pour sa part : « Quiconque commet une faute et sait que le Très-Haut l’y a destiné, puis garde néanmoins espoir en Son pardon, verra cette faute pardonnée. Car le Seigneur réprimande certaines personnes en ces termes : “ Vous pensiez que votre Seigneur ignorait un grand nombre de vos actions. Cette opinion que vous vous faisiez de votre Seigneur vous a perdu. ” 8 Il déclare également : “ Vous vous faisiez une bien mauvaise idée. Vous étiez un peuple en perdition. ” » 9
Et l’envoyé de Dieu  a dit : « Le Très-Haut dira à Son serviteur au jour du Jugement : “Qu’est-ce qui t’empêchait de condamner le mal lorsque tu le voyais ?” Et si le Seigneur l’inspire dans sa plaidoirie, le serviteur répondra : “J’avais bon espoir en Ton pardon, et je craignais les gens.” Dieu lui dira alors : “Soit, Je te pardonne.” »
Un hadith authentique raconte également « qu’un homme avait pour habitude de prêter de l’argent. Il était conciliant avec les riches et effaçait les dettes des démunis. Il rencontra le Seigneur dénué de toute autre bonne action, mais Celui-ci lui déclara : “Qui plus que Nous est digne d’une attitude si libérale ?” Dieu passa donc sur ses fautes en vertu de la bonne opinion que cet homme se faisait de Lui, et en vertu de l’espoir en le pardon qu’il concevait malgré son total dénuement d’œuvres méritoires. »
Dieu dit aussi : « Ceux qui psalmodient le Livre, qui accomplissent la prière et donnent en aumône, secrètement ou en public, une partie de ce que Nous leur avons accordé, peuvent dûment espérer un bénéfice à l’abri de la récession. » 10
Le jour où l’envoyé de Dieu avait déclaré aux compagnons : « Si vous saviez ce que je sais, vous ririez peu et vous pleureriez beaucoup ; vous vous rendriez sur les hauteurs pour vous frapper la poitrine et supplier votre Seigneur ! », l’ange Gabriel descendit et lui annonça : « Ton Seigneur te demande : “Pourquoi faistu désespérer Mes serviteurs ?” » Le Prophète  alla sans tarder trouver les compagnons, et leur parla en des termes engageants et porteurs d’espoir.
On rapporte aussi que Dieu avait dit à David par voie d’inspiration : « Aime-Moi, aime ceux qui M’aiment, et fais-Moi aimer de Mes créatures. » Il demanda : « Ô Seigneur, comment dois-je m’y prendre pour Te faire aimer d’eux ? – É voque-Moi de la plus belle façon auprès d’eux, et rappelle-leur Mes bienfaits et Mes grâces envers eux. Parle-leur ainsi, car de fait, ils ne voient de Ma part que du bien. »
Quelqu’un avait vu Abân Ibn ‘Ayâsh en rêve. De son vivant, celui-ci tenait d’ordinaire un discours porteur d’espoir. Il disait dans le rêve en question : « Dieu me convia en Sa Présence et me déclara : “Pourquoi agissais-tu ainsi ? – Je voulais Te faire aimer de Tes créatures, répondit-il.” Le Seigneur lui dit alors : “Le pardon t’est accordé.” »
Un autre avait vu Yahyâ Ibn Aktham en rêve après sa mort. Quelqu’un lui demandait : « Comment ton Seigneur t’a-t-Il reçu ? » Il déclara : « Il m’a fait venir auprès de Lui et m’a interpellé en disant : “Mauvais vieillard que tu es ! Tu as fait telle et telle chose…” Je fus saisi d’un effroi dont Dieu seul connaît l’ampleur. Mais j’ai fini par lui dire : “Ô Seigneur, ce n’est point cela que l’on m’a dit à Ton sujet. – Et que t’a-t-on dit ? demanda Dieu.” Je lui répondis : “‘Abd ar-Razzâq m’a rapporté de Mu‘ammar, d’après az-Zuhrî, d’après Anas, que Ton Prophète a entendu de Gabriel, que Tu as dit : ‘Je Me conforme à l’opinion que Mon serviteur se fait de Moi. Libre à lui de penser de Moi ce qu’il veut.’ Or je pensais que Tu ne me châtierais pas.” Le Très-Haut annonça alors : “Gabriel a dit vrai ; Mon Prophète a dit vrai ; Anas a dit vrai ; az-Zuhrî a dit vrai ; Mu‘ammar a dit vrai ; ‘Abd ar-Razzâq a dit vrai ; et tu as dit vrai.” Je fus ensuite habillé et conduit jusqu’au Paradis entouré d’éphèbes. “Quel bonheur !” m’écriai-je. »
Une histoire raconte également qu’un homme parmi les enfants d’Israël tenait des discours désespérants et très sévères à l’adresse des gens. Le jour du Jugement, le Seigneur lui déclara : « Aujourd’hui je vais t’ôter tout espoir de bénéficier de Ma miséricorde comme tu t’obstinais à faire désespérer Mes serviteurs ».
Et le Prophète  a dit : « Un homme demeurera en Enfer mille ans à invoquer Dieu en ces termes : “Ô Toi qui es le Tout-Compatissant et le Tout-Libéral !” Puis le Très-Haut dira à Gabriel : “Va chercher Mon serviteur.” L’ange partira le chercher et l’amènera en Présence de son Seigneur. Celui-ci lui demandera alors : “Que penses-tu de ta condition ? – C’est une détestable condition, répondra-t-il.” Dieu reprendra : “Renvoyez-le là d’où il vient !” Mais alors qu’on emmènera cet homme, il se retournera, et le Seigneur lui demandera : “Pourquoi te tournes-tu ? – J’espérais, dira-t-il, que Tu ne m’y reconduirais pas après m’en avoir fait sortir.” A ces mots, le Très-Haut déclarera : “Emmenez-le au Paradis.” » Ce récit indique que l’espoir de cet homme fut la cause de son salut. Nous demandons à Dieu de nous accorder le concours de Sa gracieuse et bienveillante providence !
L’ ESPOIR COMME REMÈDE ET COMME VOIE
Le remède de l’espoir est nécessaire à deux catégories d’individus : ceux qui, par dépit, renoncent à l’adoration ; et ceux qui, par l’effet d’une crainte prédominante, pratique l’adoration avec tant d’excès qu’ils se font du tort à eux-mêmes et font du tort à leur famille. Les deux adoptent une attitude non conforme à l’équilibre, dans des formes d’excès inverses. Ils ont donc besoin d’un traitement qui les reconduise à l’équilibre.
En revanche, si le soin de l’espoir est administré au transgresseur imbu de lui-même qui énonce des souhaits illégitimes auprès du Seigneur tout en négligeant les adorations et en commettant des péchés, il se transforme pour lui en un poison mortel. Ce miel renfermant des vertus médicinales pour les gens chez qui le froid prédomine 11 se transforme en poison pour les gens chez qui le chaud prédomine. Assurément, le seul remède bénéfique à l’homme imbu est celui de la crainte et des causes associées. C’est pourquoi tout prédicateur se doit d’être subtil et de considérer les symptômes, afin d’apporter des soins susceptibles de les combattre et non de les exacerber. Le but étant l’équilibre et le centre relativement à toutes les vertus, car en effet, « l’attitude médiane est en tout la plus estimable ». 12 S’il voit qu’un individu incline dans un sens, il doit lui apporter le soin qui le reconduira à la position centrale, non à celui qui l’en écartera davantage.
A notre époque, il convient peu d’employer le remède de l’espoir. Néanmoins, les discours suscitant trop vivement la crainte ne sont pas davantage efficaces pour ramener les fidèles sur le chemin de la vérité et de la raison. Réjouir les gens par des mots d’espoir les perd complètement. Mais comme ces mots flattent davantage les cœurs et séduisent davantage les âmes, et que le but des prêcheurs est de faire incliner les cœurs vers eux et de recueillir leurs éloges, ceux-ci en font un large emploi. Si bien que la corruption s’accroît, et que les vices s’exacerbent chaque jour un peu plus. ‘Alî a dit : « Le sage agit ainsi qu’il ne fait pas désespérer les gens en la miséricorde du Très-Haut, mais qu’il ne les laisse pas davantage se sentir prémunis contre Sa ruse. »
Nous mentionnerons donc ici les enseignements porteurs d’espoir, à l’adresse de ceux qui désespèrent ou de ceux qui entretiennent une excessive crainte, conformément au Livre de Dieu et à la tradition de Son prophète. Ces deux sources de référence usent aussi bien de la crainte que de l’espoir, car elles ont vocation à dispenser des remèdes convenant à toutes les catégories de malades, afin que les savants, qui sont les héritiers des prophètes, les emploient selon le besoin. Pour cela, il faut que ces derniers en usent à la façon d’un médecin expert non à la façon d’un praticien malhabile qui croit que les remèdes peuvent être employés indistinctement pour tous les maux.
L’espoir peut s’accroître de deux manières. La première est la méditation sur certains faits, l’autre est l’étude du Coran, des traditions prophétiques et des récits de nos pieux prédécesseurs.
La méditation consiste à considérer l’ensemble des bienfaits que nous avons mentionnés dans le livre sur la gratitude ( kitâb ash-shukr ). Chacun peut en effet constater combien les bienfaits de Dieu pour Ses serviteurs sont grands en ce monde, et combien la façon selon laquelle Il créa l’homme est sage. Il a prévu pour l’être humain en ce monde tout ce qui est nécessaire à sa pérennité, comme les organes de nutrition et les outils comme les doigts et les ongles ; et tout ce qui constitue une simple parure, comme la forme arrondie des sourcils, les différentes couleurs des yeux, les nuances de teint pourpre des lèvres, et toutes ces choses qui ne répondent pas à un réel besoin mais ont seulement pour vertu d’embellir.
Or, si la bienveillance divine ne fait pas l’économie de telles petites choses, au point de ne pas priver l’homme de beautés physiques accessoires, comment pourrait-Il agréer de le voir courir à sa perte éternelle ? Plus encore, à bien examiner le monde, on constate que toutes les créatures ont été gratifiées d’un ensemble d’avantages assurant leur bonheur en ce monde, si bien qu’elles répugnent toutes à le quitter et à mourir. Et assureraiton l’homme que nul châtiment ne l’attend et qu’il ne sera pas ressuscité, il n’en répugnerait pas moins à mourir, parce que les bienfaits qui lui sont dispensés ici-bas prédominent sur les nuisances. Ceux qui souhaitent mourir sont rares, et c’est toujours en raison de faits désastreux et exceptionnels. Si la condition de la plupart des créatures de ce monde est de jouir d’un bien prédominant et d’une relative sécurité, étant donné que la loi coutumière de Dieu est invariable, alors le plus probable est qu’il en aille de même dans l’autre monde, car Celui qui gère les deux mondes est un Dieu Unique, Enclin au pardon, Miséricordieux, Bienveillant et Compatissant envers Ses serviteurs. Si l’on considère sérieusement ce fait, cela doit avoir pour effet de renforcer notre espoir.
Il est opportun également de méditer sur la sagesse de la Loi divine, et la propension de ses dispositions à défendre les intérêts de ce monde, et à favoriser la miséricorde dont jouissent les serviteurs. Un certain gnostique voyait dans le verset dit du « prêt » 13 dans la sourate al-Baqara (2), une des plus grandes raisons d’espérer. Quant on lui demanda en quoi ce verset légitimait l’espoir, il répondit : « Les agréments de ce bas-monde dans leur ensemble sont bien maigres, les biens de subsistance impartis à l’homme sont très limités, et la part de prêt qu’il peut en concéder est insignifiante. Et pourtant, voyez comment le Très-Haut a révélé le plus long verset du Coran pour lui indiquer les précautions à prendre lorsqu’il contracte un prêt. Alors comment n’apporterait-Il pas Lui-même des garanties à Sa dette sans équivalent? » 14
La deuxième manière consiste à étudier le Coran et les traditions. Les textes sur le sujet de l’espoir sont innombrables.
Pour ce qui est des versets coraniques, citons ces paroles du Très-haut : « Dis : “Ô Mes serviteurs qui vous faites du tort à vous-mêmes, ne désespérez pas de la miséricorde de Dieu, car Dieu pardonne tous les péchés. Il est le Pardonneur, le Tout-Miséricordieux.” » 15 Et selon une lecture que fit un jour l’envoyé de Dieu : « …Car Dieu pardonne tous les péchés et peu Lui importe. Il est le Pardonneur, le Tout-Miséricordieux. » 16
Le Très-Haut dit également : « Les anges célèbrent la louange de leur Seigneur, et implorent le pardon pour les habitants de la terre. » 17
Et Dieu nous informe qu’Il destine Son enfer à Ses ennemies. Quant à Ses protégés, Il les effraie seulement en le leur décrivant. Il dit ainsi : « Des strates de feu couvriront leurs têtes et d’autres s’étendront sous leurs pieds. Ainsi Dieu effraie-t-Il Ses serviteurs. » 18 Il dit aussi : « Craignez ce feu apprêté pour les impies » 19 ; « Je vous mets en garde contre un feu incandescent dans lequel seuls les réprouvés seront précipités : ceux qui auront crié au mensonge et se seront détournés ». 20
Le Très-Haut dit encore : « Ton Seigneur est disposé à pardonner aux gens en dépit de leur iniquité. » 21 On raconte que le Prophète  ne cessa d’implorer l’intercession pour sa communauté au point que certains lui dirent : « N’es-tu pas satisfait, alors que Dieu t’a révélé le verset : “ Ton Seigneur est disposé à pardonner aux gens en dépit de leur iniquité. ” ? » A ce propos, on a expliqué le verset : « Dieu te donnera jusqu’à ce que tu sois satisfait » 22 comme signifiant que Muhammad ne sera pas satisfait si un seul individu de sa communauté est destiné à l’Enfer. Abû Ja‘far Muhammad Ibn ‘Alî [c’est-à-dire l’Imam alBâqir] disait quant à lui : « Vous autres, habitants de l’Iraq, vous soutenez que le verset coranique légitimant le plus l’espoir est : “ Dis : ‘Ô Mes serviteurs qui vous faites du tort à vous-mêmes, ne désespérez pas de la miséricorde de Dieu.’ ” Quant à nous, membres de la famille du Prophète, nous soutenons qu’il s’agit du verset : “ Dieu te donnera jusqu’à ce que tu sois satisfait. ” »
Pour ce qui est des traditions prophétiques, mentionnons qu’Abû Mûsâ rapporte que le Prophète  a dit : « Ma communauté est promise au pardon. Elle ne sera pas tourmentée dans l’au-delà. Dieu avance sa punition en ce monde à travers les tremblecments de terre et les diverses épreuves. Puis le jour du Jugement, un homme des Gens du Livre sera conduit auprès d’un homme de ma communauté et on dira à ce dernier : “Voici la rançon permettant de te soustraire au feu.” »
Il est dit également dans un hadith semblable formulé en d’autres termes : « Chaque membre de cette communauté se rendra à l’Enfer avec un juif ou un chrétien, et dira : “Voici ma rançon des flammes.” Et l’homme sera précipité en Enfer. »
Le Prophète  a dit aussi : « La fièvre est une émanation de l’Enfer.

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