Doctrine biblique et vie chrétienne
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Description

Après avoir enseigné pendant quelque trente années les fondements de la foi auprès d’églises évangéliques françaises, organismes de formation biblique ou autres, l’auteur a été encouragé à regrouper et organiser toutes ces études afin qu’elles puissent être utiles au plus grand nombre. L’ouvrage que nous avons entre les mains a pour spécificité de faire la synthèse entre la doctrine biblique et la vie chrétienne. Ce n’est donc ni un manuel de doctrine ni un recueil de sermons. Mais pour tous ceux qui désirent revenir sur les bases de la vie chrétienne, il se révélera un outil précieux pour aborder les différents aspects de la « doctrine » qui sous-tend notre foi et notre marche chrétiennes. En consultation au coup par coup ou dans une lecture in extenso, nous y trouverons rappelées avec clarté et simplicité les vérités essentielles de notre foi, souvent oubliées, mal comprises ou jamais examinées de près. Jean-Claude Lienhard habite en Région parisienne. Tout en exerçant une activité professionnelle d’ingénieur technico-commercial (robinetterie industrielle), il a été amené à prendre différentes responsabilités : comme ancien de l’église baptiste de Paris-Centre, membre du conseil d’administration des Groupes bibliques universitaires et d’Opération Mobilisation. En préretraite en 1985, il a pu se consacrer à plein temps à l’œuvre de Dieu et a alors été sollicité pour prendre en charge l'église France-Mission de Paris 17e.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 01 janvier 2018
Nombre de lectures 8
EAN13 9782918629788
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,095€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Jean-Claude Lienhard
D o c t r i n e b i b l i q u e
e t
v i e c h r é t i e n n e
« Vous édifiant sur votre très sainte foi »
(Jude 20)

ISBN 978-2-918629-78-8
© 2012, Jean-Claude Lienhard
Aucun extrait de cette publication ne peut être reproduit ni transmis sous une forme quelconque, que ce soit par des moyens électroniques ou mécaniques, y compris la photocopie, l’enregistrement ou tout stockage ou report de données sans la permission écrite de l’éditeur.
Sauf mention contraire, les citations bibliques sont faites d’après la version NEG 1979.
Publié par Editions l’Oasis, année 2012.
Ce livre a été publié sous la division ‘Publiez votre livre !’ des Editions l’Oasis. Les Editions l’Oasis déclinent toute responsabilité concernant d’éventuelles erreurs, aussi bien typographiques que grammaticales, et ne sont pas forcément en accord avec certains détails du contenu des livres publiés sous cette forme.
Composition : Myriam Callec.
Réécriture : Florence Feliste.
Dépôt légal: 3e trimestre 2012.
Couverture faite par Damien Baslé: www.damienbasle.com.
Imprimé en France
‘ Publiez votre livre !’ , une division des Editions l’Oasis, 9 Rte d’Oupia, 34210 Olonzac, France tél (33) (0) 468 32 93 55 fax (33) (0) 468 91 38 63
email: editionsoasis@wanadoo.fr * www.editionsoasis.com
Pour un catalogue gratuit de toutes les Editions Oasis, merci de nous contacter à l’adresse ci-dessus.
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Boutique en ligne sécurisée sur www.editionsoasis.com.
P r é a m b u l e
L’ouvrage que vous avez entre les mains n’est pas un manuel de doctrine, il en existe
déjà d’excellents. Il s’agit plutôt d’un exposé méthodique des principaux aspects de
l’enseignement biblique, toujours avec le souci de tirer des applications pratiques
pour la vie chrétienne.
Plusieurs personnes m’ont suggéré de regrouper des messages que j’ai donnés
sur ces sujets. Ces études correspondent soit à de simples études bibliques, soit à des
prédications, ou encore à des cours de formation ou des conférences. J’espère que
ces études fourniront à ceux qui s’intéressent à la Parole de Dieu un enseignement
élémentaire sur les fondements de la vie chrétienne. Ils pourront avec profit
prolonger les principes de base présentés dans ces pages.
Les prédications laissent souvent de côté les références bibliographiques précises,
afin de ne pas détourner l’auditeur du fil du discours. De même ici, je n’ai pas fait
mention des ouvrages (ou articles, périodiques, commentaires bibliques, etc.) dont les
propos que je cite sont tirés et qui ont alimenté ma réflexion. Ma reconnaissance va,
entre autres, et sans ordre précis, à Henri Blocher, Watchman Nee, T. A. Sparks,
Ralph Shallis, Alfred Kuen, René Pache, John Stott, Jules-Marcel Nicole, Francis
Shaeffer, Frédéric Godet, S. Hatzakortzian, J. McDowell, David Brown, Jacques
Buchhold, Alexandre Vinet, Louis Gaussen… pour les lumières qu’ils m’ont
apportées en vue de ces études.
Un grand merci à Florence Feliste qui, très souvent, a rédigé le texte à partir de
notes manuscrites, et a corrigé la rédaction de l’ensemble de l’ouvrage.
Chaque chapitre peut être lu indépendamment des autres, ce qui explique
quelques répétitions d’un chapitre à l’autre.
Avant de commencer, posons-nous la question : qu’est-ce que la doctrine ?
Dans le dictionnaire, le mot « doctrine » est défini comme un « ensemble de
notions qu’on affirme être vraies et par lesquelles on prétend fournir une
interprétation des faits ou diriger une action ».
Pour un certain nombre de personnes, la doctrine chrétienne est associée à des
études théologiques desséchantes. Pourtant, le mot appartient au vocabulaire biblique
et ne devrait donc pas rebuter le chrétien. Dans le Nouveau Testament, le mot grec
Doctrine biblique et vie chrétienne
« didasko » traduit par « doctrine » ou « enseignement » revient plus de quarante
fois. Le mot est employé :
• concernant l’enseignement de Jésus : « la foule était frappée de sa
doctrine » (Matthieu 7.28 ; Marc 1.22 ; Luc 4.32) ;
• par Jésus lui-même : « Ma doctrine n’est pas de moi » (Jean 7.16) ;
• dans les Actes des apôtres : « le proconsul, étant frappé de la doctrine
du Seigneur » (Actes 13.12) ;
• dans les épîtres, surtout les lettres à Timothée : « Tout ce qui est
contraire à sa sainte doctrine » (1 Timothée 1.10) ; « nourri des
paroles de la foi et de la bonne doctrine » (1 Timothée 4.6) ; « Les
hommes ne supporteront pas la saine doctrine » (2 Timothée 4.3) ;
dans Hébreux 6.2, il est question de la « doctrine des baptêmes ».
La doctrine peut être envisagée de manière positive ou négative. Dans la Bible, le
mot devient très négatif lorsqu’il est question des contrefaçons de la vraie doctrine ;
on en recense un certain nombre :
• la doctrine des hommes (Colossiens 2.22),
• les fausses doctrines (1 Timothée 6.3),
• la doctrine des démons (1 Timothée 4.1),
• la doctrine de Balaam (Apocalypse 2.14),
• la doctrine des Nicolaïtes (Apocalypse 2.15).
On revient au sens très positif de la doctrine lorsqu’on prend conscience que les
connaissances en cette matière (puisées à la bonne source !) sont fondamentales.
Elles conditionnent toute notre vie chrétienne. Notre façon de penser, notre vision
du monde, nos actions, notre comportement, notre façon de gérer notre vie
dépendent étroitement de ce que nous croyons sur :
• la Parole de Dieu
• la personne de Dieu
• la personne de Jésus-Christ
• l’œuvre rédemptrice de Christ
• la vocation de l’homme
• la nature du péché
• la personne du Saint-Esprit
• l’œuvre du Saint-Esprit
• la vie chrétienne
• l’Église
Ce sont ces différents sujets que nous allons aborder maintenant, de manière
simple et précise, en évitant d’entrer dans des notions trop techniques. Sauf mention
contraire, toutes les citations bibliques sont tirées de la traduction Genève 1979.
4
1
L a P a r o l e
d e D i e u
S o m m a i r e
I- La révélation de Dieu
II- Qu’est-ce que la Bible ?
III- L’inspiration de la Bible
IV- Le canon biblique
V- L’autorité de la Bible
VI- L’étude pratique de la Bible
Doctrine biblique et vie chrétienne

L A R É V É L A T I O N D E D I E U
Dès qu’on envisage la doctrine, il est toujours difficile de savoir s’il faut commencer
par l’étude de Dieu, qui est l’auteur de sa Parole, ou par l’étude de la Bible, par
laquelle Dieu se révèle. Nous commencerons par la Parole de Dieu comme le font la
plupart des livres de doctrine.
Tout au long des siècles, Satan a concentré ses attaques contre la Parole de Dieu,
et ce, dès Genèse 3.1, lorsqu’il demande pernicieusement : « Dieu a-t-il réellement
dit ? » La Bible a subi des attaques de toutes parts. Des attaques extérieures, très
souvent de nature physique, pourrait-on dire, si on pense aux invasions de nations
hostiles à la foi chrétienne, aux bibles brûlées massivement, ou interdites, aux
persécutions des croyants… Mais c’est souvent « de l’intérieur » qu’on a cherché à
discréditer la Parole de Dieu, par tous les moyens dont dispose l’esprit humain :
arguments historiques, scientifiques, culturels… sans compter la théologie
moderniste qui remet en question la personne de Christ, son œuvre expiatoire, sa
résurrection, la vérité des récits évangéliques. Face à ces formes variées
d’élimination, notre position de chrétiens doit être intraitable en ce que « la Parole de
Dieu est la vérité ».
« Notre Dieu n’est ni lointain ni silencieux. » (Francis Schaeffer.) C’est lui qui,
dans le jardin d’Éden, a repris contact avec l’homme qui venait de se rebeller contre
lui. En l’interrogeant ainsi : « Où es-tu ? » (Genèse 3.9). Dieu a manifesté son amour
envers la créature déchue. Et depuis le drame du jardin d’Éden, Dieu s’est révélé à
l’homme de plusieurs manières.
1 . L a c r é a t i o n
L’avertissement sévère que nous trouvons dans l’épître aux Romains peut nous
surprendre : « Les perfections invisibles de Dieu, sa puissance éternelle et sa divinité
se voient comme à l’œil nu, depuis la création du monde, quand on les considère
dans ses ouvrages. Ils sont donc inexcusables, car ayant connu Dieu, ils ne l’ont
point glorifié comme Dieu. » (Romains 1.20-21). Autrement dit, même si l’habitant
des grandes villes ne peut que rarement contempler la nature, a peu accès à la beauté
du ciel étoilé, au moins la naissance d’un bébé devrait le faire réfléchir sur la source
de ces choses, sans compter toutes les merveilles accessibles via les reportages
télévisés ou, plus largement, les multi médias.
6
La Parole de Dieu
2 . L a c o n s c i e n c e
Définir la conscience n’est pas aisé. Voici ce que propose le dictionnaire : « Faculté
de porter des jugements de valeur morale sur nos actes. » Pour les chrétiens, la
conscience est automatiquement liée à Dieu. Le théologien Hallesby en parle de la
manière suivante : « La conscience est la voix en nous de la loi sainte de Dieu. Elle
ne nous contraint pas à l’obéissance, mais elle permet à l’homme de suivre librement
le chemin qui correspond à la véritable pensée de Dieu. »
La conscience existe en chacun, même si, chez beaucoup de nos concitoyens,
elle est plus ou moins étouffée en ce qui concerne la différence entre le bien et le
mal. Dans l’épître aux Romains, il est dit à propos des païens : « l’œuvre de la loi
est écrite dans leur cœur, leur conscience en rendant témoignage » (Romains
2.15).
3 . L a p e n s é e d e l ’ é t e r n i t é
« Dieu a mis dans le cœur de l’homme la pensée de l’éternité. » C’est une réalité
reconnue par beaucoup qu’exprime ici l’Ecclésiaste (3.11). Même les athées les plus
convaincus, qui prétendent qu’après la mort il n’y a plus rien, sont obligés
d’admettre qu’ils sont plus qu’un amas de cellules et que leur corps n’est que le
support de leur personnalité. La doctrine de la réincarnation ne fait que repousser le
problème de la fin de la vie.
4 . L e s É c r i t u r e s
Dieu s’est révélé à certains hommes pour que ceux-ci consignent par écrit ce qu’il
désirait communiquer à l’humanité sur sa nature, la nature de l’être humain, le
péché, son plan rédempteur, la personne et l’œuvre de Christ. L’expression « les
Écritures » revient constamment dans le Nouveau Testament pour désigner la Bible.
Il était indispensable de fixer le message par écrit :
• pour éviter les déviations, les variations, les déformations,
• pour fournir une référence claire à quiconque la recherche,
• pour permettre une diffusion universelle de ce message.
Rappelons-nous l’ordre donné à Moïse et à Jérémie : « Écris dans un livre toutes
les paroles que je t’ai dites. » (Exode 17.14 ; Jérémie 30.2).
5 . J é s u s - C h r i s t
La personne de Jésus-Christ, ainsi que sa vie terrestre, complète ces révélations
partielles et progressives. Il est Dieu qui a revêtu notre nature humaine.
« Personne n’a jamais vu Dieu, Dieu le Fils unique, qui est dans le sein du Père,
est celui qui l’a fait connaître. » (Jean 1.18)
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Doctrine biblique et vie chrétienne
« Dieu, dans ces derniers temps, nous a parlé par le Fils. » (Hébreux 1.2)
Jésus-Christ a été dans tout son être une révélation parfaite de toutes les
perfections divines.
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La Parole de Dieu

Q U ’ E S T - C E Q U E
L A B I B L E ?
Pour cerner quelque peu ce qu’est la Bible, regardons d’abord comment elle est
composée. Puis nous rappellerons en quoi elle est Parole de Dieu.
1 . L a c o m p o s i t i o n d e l a B i b l e
Le mot « Bible » vient du grec « biblia », qui veut dire les parchemins, ou livres. Il s’agit d’un mot au pluriel. La Bible, c’est donc des livres plutôt qu’ un livre. Elle est composée de 66 livres différents, regroupés en deux parties :
• L’Ancien Testament, écrit avant la venue de Christ, contient 39 livres.
• Le Nouveau Testament, écrit après la venue de Christ, contient 27
livres.
En tout, la Bible contient 1189 chapitres, et 31000 versets ! Il faut 38 heures pour
lire mentalement l’Ancien Testament, 11 heures pour le Nouveau. Une lecture à
haute voix dure à peu près 70 heures pour l’ensemble.
À l’intérieur de ces deux grandes parties, la Bible se compose d’écrits très
divers :
• Les livres historiques
• Les livres prophétiques
• La loi de Moïse
• Des poèmes
• Des livres didactiques, c’est-à-dire d’enseignement
• Des lettres à des églises ou à des individus
Notons que la division en chapitres et versets que nous avons l’habitude
d’utiliser n’existe pas dans l’original ; elle date du XVIe siècle en ce qui concerne la
Bible entière. Cette division figure dans l’édition que fit paraître Robert Estienne à
Genève en 1555.
Les Juifs présentaient l’Ancien Testament en trois parties :
• la loi, c’est-à-dire le Pentateuque ;
• les prophètes, c’est-à-dire les livres historiques depuis Josué
jusqu’aux Rois, ainsi que tous les prophètes ;
9
Doctrine biblique et vie chrétienne
• les Psaumes, qui comprenaient en fait les Psaumes et les Écrits – soit
tous les autres livres.
Jésus-Christ utilise cette classification lors de sa rencontre avec les disciples
après sa résurrection : « […] il fallait que s’accomplisse tout ce qui est écrit de moi
dans la loi de Moïse, dans les prophètes et dans les psaumes. » (Luc 24.44).
La Bible a été rédigée par 45 auteurs différents environ. Tous sont juifs sauf
peut-être Job et Luc, qui était grec. On trouve parmi eux des conditions très
diverses : Moïse a été élevé à la cour de Pharaon ; David, Salomon étaient rois ;
Ésaïe, Ézéchiel, Jérémie… étaient prophètes ; Samuel, Esdras, des prêtres ; Josué
était un général ; Amos était berger ; Pierre, Jean, par exemple, étaient pêcheurs ;
Matthieu exerçait le métier décrié de collecteur d’impôts ; Luc était médecin ; Paul
était docteur de la loi… Ces différents auteurs ont écrit sur une période de 1600 ans
dans toutes sortes de conditions sociales, politiques, économiques. Et pourtant, la
Parole de Dieu présente une unité merveilleuse, miraculeuse.
Les langues originales sont au nombre de trois : l’hébreu, l’araméen et le grec.
Nous devons la première traduction de l’Ancien Testament en grec à 70 rabbins juifs
à Alexandrie en 250 avant Jésus-Christ. Il s’agit de la version dite la « Septante » et
c’est à celle-ci que se réfèrent les auteurs du Nouveau Testament. Une traduction en
latin a ensuite été réalisée par Jérôme au Ve siècle ; elle est connue sous le nom de
« Vulgate ».
Disons enfin un mot de la diffusion de la Bible. La Bible a été le premier livre
imprimé par Gutenberg en 1455, et malgré tous les détracteurs qu’elle a pu avoir à
toutes les époques, sa diffusion reste inégalée. L’ironique Voltaire aurait dit que la
Bible était un livre dépassé dont on ne parlerait plus quelques années plus tard ;
mais quatre siècles plus tard, certains écrits de ce Voltaire ne sont pratiquement
plus lus alors que la Bible est le livre le plus répandu au monde. En plus, une des
maisons où Voltaire a habité est devenue un dépôt de la Société Biblique
britannique.
La Bible est traduite en totalité ou en partie dans plus de 2400 langues et des
centaines de millions d’exemplaires sont imprimés chaque année. Ce simple fait
confirme la parole de Jésus-Christ : « Tant que le ciel et la terre ne passeront pas, il
ne disparaîtra pas de la loi un seul iota. » (Matthieu 5.18).
2 . L a n a t u r e d e l a B i b l e : e l l e e s t P a r o l e d e D i e u Pour porter une telle affirmation, il faut en premier lieu nous référer aux déclarations
que la Bible fait d’elle-même. D’autre part, nous devons constater la façon
miraculeuse dont elle nous est parvenue, ainsi que la façon dont elle a influencé la
vie des hommes au cours des siècles.
10
La Parole de Dieu
y La Bible, à propos d’elle-même
La Bible elle-même se dit Parole de Dieu. Dans l’Ancien Testament, le texte
se présente plus de 3000 fois comme la Parole de Dieu, en utilisant différentes
expressions : « L’Éternel dit », « la Parole de l’Éternel », « Ainsi parle
l’Éternel ».
C’est aussi le témoignage que rendent Christ et les apôtres. Dans le Nouveau
Testament, la formulation les « Écritures » désigne l’Ancien Testament. De
nombreux passages présentent l’Ancien Testament comme la Parole de Dieu. Voici
quelques exemples :
• Jésus-Christ reprend ainsi les pharisiens à propos de l’un des dix
commandements : « Vous annulez la Parole de Dieu » (Matthieu
15.6 sq ). Jésus-Christ indique que c’est Dieu lui-même qui a énoncé
ce cinquième commandement. En Luc 24.27, Jésus-Christ cite tout
l’Ancien Testament comme le concernant.
• Paul, dans Galates 3.8 : « l’Écriture dit ».
• Dans Actes 4.24-25, le Psaume 2 est attribué à Dieu, David n’étant
donc que son porte-parole.
• Dans Hébreux 1, l’auteur cite plusieurs passages : Psaume 2.6 ;
2 Samuel 7.14 ; Psaumes 97.7 ; 104.4 ; 45 ; 7.8 ; 102.26, 28 ; 110.1.
Chaque fois, l’auteur dénommé de ces citations est Dieu, et non David
ou quelque autre auteur humain.
Plus largement, tous les écrits du Nouveau Testament sont assimilés à la Parole
de Dieu. Nous voyons par exemple que, au travers de la lettre de Paul, les
Thessaloniciens considèrent avoir reçu la Parole de Dieu et « non… la parole des
hommes » (1 Thessaloniciens 2.13). Dans Actes 8.14, 11.1, 12.24, le message des
apôtres est appelé « parole de Dieu ». L’apôtre Pierre cite les lettres de l’apôtre Paul
comme faisant partie des Écritures (2 Pierre 3.16).
y La conservation des Écritures
Il est un autre point qui doit nous interpeller : c’est la transmission des Écritures
au travers des siècles, envers et contre tout. Il y a là un miracle qui constitue une
preuve supplémentaire de leur origine divine.
Jusqu’à Gutenberg, le texte sacré de l’Ancien Testament a été recopié à la main
avec vénération et minutie. Au Ve siècle, des rabbins juifs ont revu tout le texte en
comptant le nombre de lettres et en introduisant les voyelles – il s’agit du texte dit
« massorétique ». À partir de 1947, dans des grottes situées au-dessus de la Mer
Morte, des bédouins ont découvert près de 200 manuscrits datant de 250 avant
Jésus-Christ. On a retrouvé en particulier un manuscrit reproduisant le texte d’Ésaïe
presque en totalité.
11
Doctrine biblique et vie chrétienne
Le Nouveau Testament, quant à lui, a généré un nombre très important de
manuscrits (plus de 4000). Le codex sinaiticus et le codex vaticanus sont les plus
anciens. Ils datent de la fin du IIe siècle. On a même découvert un fragment de
l’Évangile de Marc datant de 50, et en Égypte un fragment de l’Évangile de Jean
datant de 120. Le nombre des variantes est important, cependant elles portent
souvent sur le choix des mots et sur des problèmes d’orthographe. Elles ne modifient
pas fondamentalement le sens du texte. Le texte du Nouveau Testament est donc
beaucoup plus fiable que ceux, par exemple, de la Guerre des Gaules ou de l’Histoire
de Tacite, dont il ne reste que quelques manuscrits datant du e
IX siècle.
Les Écritures dans leur ensemble ont donc bénéficié, de manière surprenante, de
techniques et d’efforts de conservation qui les distinguent de tous les autres écrits
antiques, et ne peuvent pas être attribués à l’homme seul.
y Les effets de la Parole de Dieu
Outre les preuves « internes » (c’est-à-dire relatives au texte même) que la Bible
est Parole de Dieu, l’impact qu’elle exerce sur l’humanité est encore un témoignage
de sa nature divine. La Bible, en effet, a transformé au travers des siècles l’existence
d'hommes et de femmes de façon radicale. Elle a influencé nos institutions (les
Droits de l’Homme, le Code pénal), en y instillant les valeurs prônées par Dieu ;
ainsi est possible une vie sociale plus ou moins juste. De nombreuses réalisations
sont nées en application des principes de justice de la Bible (on peut penser à
l’abolition de l’esclavage, la création de la Croix Rouge, la construction d’hôpitaux,
d’écoles, etc., en de multiples endroits du monde…).
Il faut enfin redire que plusieurs centaines de prophéties de l’Ancien Testament
se sont accomplies à la lettre. On peut citer en particulier celles concernant la venue
de Christ (Ésaïe 53 ; Psaume 22.69), mais aussi celles annonçant certains
événements politiques tels que la prise de Tyr, les quatre empires évoqués dans
Daniel, le règne d’Antiochus Épiphane, et tant d’autres.
Autant d’éléments qui attestent que la Bible est la Parole de Dieu. Pourtant, ils
peuvent être mis en doute car Dieu laisse une place à la foi, il respecte la liberté
intellectuelle de l’homme. Car « sans la foi, il est impossible de lui être agréable, car
il faut que celui qui s’approche de Dieu croie que Dieu existe » (Hébreux 11.6).
12
La Parole de Dieu

L ’ I N S P I R A T I O N
D E L A B I B L E
Une question se pose maintenant : comment les textes composant la Bible ont-ils été
rédigés ? Comment ces écrits humains peuvent-ils être également la Parole de Dieu ?
Plusieurs textes du Nouveau Testament nous aident à répondre :
« Toute écriture est inspirée de Dieu » (2 Timothée 3.16). « Inspirée »,
littéralement, veut dire « soufflée hors de Dieu ».
« L’Esprit de Christ était en eux [les prophètes] » (1 Pierre 1.11).
« C’est poussés par le Saint Esprit que des hommes ont parlé de la part de Dieu »
(2 Pierre 1.21).
C’est donc la puissance du Saint-Esprit qui se saisissait des auteurs sacrés et
faisait émaner d’eux la Parole de Dieu. Voici une définition de l’inspiration :
« L’inspiration biblique est l’action du Saint-Esprit par laquelle il a
mystérieusement éveillé et rempli l’esprit des auteurs humains, les guidant et les
dirigeant de manière à produire un écrit inspiré et infaillible, un texte sacré, un livre
de Dieu avec lequel l’Esprit de Dieu demeure à jamais organiquement uni. »
L’inspiration est accordée par Dieu d’une manière souveraine, contraignante et
non permanente. Il ne s’agit pas d’une dictée mécanique au cours de laquelle
l’auteur serait vidé de sa pensée ; au contraire, il garde sa lucidité, il dialogue avec
Dieu, il fait part de ses réactions. Il pose des questions. Ésaïe (6.11) interroge ainsi
l’Éternel : « Je dis jusqu’à quand, Seigneur ? » Asaph, dans le Psaume 77, pose 6
questions à l’Éternel. De même pour Jérémie, Habbacuc, Job, David. Les exemples
ne manquent pas.
L’inspiration ne peut être partielle : il s’agit soit de la parole de Dieu, soit de
paroles d’hommes. Dans le texte original, le Saint-Esprit a guidé le choix de tous les
mots, qui doivent donc être chacun pris en compte pour la compréhension du texte.
Moïse : « Écris ces paroles » (Exode 34.27).
Balaam : « Je dirai les paroles que Dieu mettra dans ma bouche. » (Nombres
22.38).
Jérémie : « Voici, je mets mes paroles dans ta bouche. » (Jérémie 1.9).
Paul : « Je viens d’écrire en peu de mots. » (Éphésiens 3.3).
13
Doctrine biblique et vie chrétienne
Jésus-Christ fait toute une argumentation à partir d’un seul mot, « Seigneur », en
citant le Psaume 110 (Matthieu 22.43-45), et à partir de ce mot, il montre que le
Messie doit être le Fils de Dieu.
1 . L ’ i n e r r a n c e d e l a B i b l e
L’inspiration plénière, c'est à direl'inspiration de chaque mot dansl'original du texte
biblique, implique l’inerrance de ces textes. « Inerrance » signifie « infaillibilité »,
c’est-à-dire que dans le texte original, la Bible ne contient aucune erreur. Nous
devons donc le même respect aux Écritures qu’à Dieu lui-même.
Psaume 119.151, 160 : « Tous tes commandements sont la vérité… Le
fondement de ta Parole est la vérité. »
Jean 17.17 : « Ta Parole est la vérité. »
L’inerrance ne signifie pas l’uniformité dans tous les détails entre les écrits
analogues émanant de différents auteurs. Par exemple, la résurrection de Christ est
racontée de manière légèrement différente d’un Évangile à l’autre, sans pour autant
que la réalité des faits soit amoindrie ou incohérente.
L’inerrance n’implique pas forcément l’usage du langage usuel : « Le soleil qui
se lève, qui se couche » (Ecclésiaste 1.5). L’inerrance n’exclut pas l’usage d’images
et de symboles.
L’inerrance biblique porte sur l’ensemble du texte. Si nous disions en effet qu’un
seul mot de la Bible n’est pas inspiré, pourquoi ne dirions-nous pas la même chose
de 2, de 100, de chapitres, de livres entiers ? Nous serions alors dans une situation où
l’homme lui-même décide ce qui vient de Dieu ou non. Alors, la Parole de Dieu n’est
plus crédible et n’apporte plus aucune certitude, car c’est l’intelligence humaine qui
juge l’Écriture au lieu d’être jugée par elle.
2 . Q u e l q u e s p e n s é e s à r é f u t e r
Soyons bien conscients des risques que représentent les affirmations suivantes :
• La parole de Dieu n’est que partiellement inspirée. Dit autrement : la
Bible contient la parole de Dieu.
• La Bible est une parole d’homme, elle devient parole de Dieu lorsque
Dieu nous adresse un message par son moyen.
• Les auteurs de la Bible n’ont été que des instruments passifs qui se
sont contentés de transcrire ce que Dieu leur dictait. Redisons-le,
chaque auteur biblique a gardé sa personnalité et était en mesure de
manifester ses réactions. Une dictée mécanique, en effet, impliquerait
que la personnalité et donc la volonté de l’auteur soient étouffées.
14
La Parole de Dieu
C’est le cas du Coran qui a été dicté par Allah à Mohamet, et à
l’origine cet écrit sacré ne devait pas être traduit.
La Bible est donc à la fois un livre divin et humain. C’est la dualité miraculeuse,
incompréhensible, que nous retrouvons en la personne de Jésus-Christ, pleinement
Dieu et pleinement homme. Christ, dit l’Écriture, est « la Parole faite chair » (Jean
1.14). Or le monde a été créé par la Parole de Dieu. Dans le récit de la Genèse,
l’expression « Dieu dit » nous permet donc de démontrer que Christ était à l’origine
de la création. « Toutes choses ont été créées par la Parole et rien de ce qui a été fait
n’a été fait sans elle », confirme l’apôtre Jean dans son Évangile (1.3).
Toute attaque contre la Parole de Dieu est donc une atteinte à la personne même
de Christ.
Nous devons affirmer avec énergie que toute la Bible est la Parole de Dieu et que
rien d’autre que la Bible n’est la Parole de Dieu.
Faisons appel à Spurgeon pour résumer notre développement : « Nous défendons
chaque mot de la Bible et l’inspiration verbale et littérale de l’Écriture. En fait, nous
croyons qu’il ne saurait y en avoir d’autre. Si on enlève les mots, le sens exact du
texte est perdu » (tiré de René Pache, L’inspiration et l’autorité de la Bible ).
À cet égard, nous devons d’ailleurs être prudents concernant certaines
traductions qui prennent de grandes libertés par rapport au texte de base.
15
Doctrine biblique et vie chrétienne

L E C A N O N
B I B L I Q U E
Il reste une question à laquelle il convient de répondre : comment la sélection des
textes inspirés mot à mot par le Saint-Esprit s’est-elle faite ? Autrement dit,
comment a-t-on reconnu les livres appelés « canoniques » ?
Le mot « canon », en grec, signifie : « règle qui sert à mesurer ». Par extension, il s’agit de « ce qui est mesuré, ce qui est conforme ». Le canon biblique est donc
l’ensemble des livres qui sont conformes à l’inspiration divine.
De façon générale, et sans entrer dans les détails historiques et techniques (il
existe de nombreux ouvrages sur la constitution du canon biblique), disons que la
sélection des livres inspirés résulte, tout comme leur rédaction, de l’action du
Saint-Esprit. Au fur et à mesure de leur rédaction, le Saint-Esprit a donné à un
groupe d’hommes la conviction que ces textes faisaient partie de la Parole de Dieu.
1 . L e c a n o n d e l ’ A n c i e n T e s t a m e n t
De Moïse à Malachie, pendant 1000 ans, Dieu s’est adressé à Israël. Au fur et à
mesure de leur rédaction, ces messages ont été considérés comme Parole de Dieu.
Voici quelques repères que nous pouvons trouver dans la Bible elle-même :
• Les Dix commandements ont été écrits sur des tables de pierre et ont
été déposées dans l’arche de l’Alliance.
• La loi tout entière (les 5 livres de Moïse) fut placée dans le lieu très
saint. Ce livre a été retrouvé dans le Temple lors du règne du roi
Josias (2 Chroniques 34.14).
• Les livres historiques ont été rédigés par différents auteurs : Josué,
Samuel, etc.
• David a écrit des Psaumes, ainsi que d’autres auteurs.
• Les prophètes ont mis par écrit la révélation reçue.
• Sous Esdras, ces différents écrits ont été regroupés dans les années
450.
• En 200 av. J.-C., les Macchabées ont regroupé la troisième partie de
l’Ancien Testament sous l’appellation « les Écrits ».
• En 90 apr. J.-C., un synode de rabbins israélites a définitivement
reconnu le canon actuel. Il s’agit des 39 livres de nos Bibles actuelles,
16
La Parole de Dieu
répartis en trois sections adoptées par la traduction de la Septante : la
loi, les prophètes, les Psaumes et les Écrits (Voir la section :
Composition de la Bible).
2 . L e s l i v r e s a p o c r y p h e s
Ce sont les livres qui ne sont pas reconnus dans le canon. « Apocryphe » vient d’un
mot grec qui signifie « caché ». L’Église catholique les appelle « livres
deutérocanoniques ». Il s’agit de livres religieux d’origine juive, écrits tardivement
(IIe siècle av. J.-C.). Ils n’ont jamais figuré dans le canon hébraïque, ni dans le texte
massorétique. Onze de ces livres ont été ajoutés dans les dernières éditions de la
Septante en 150 av. J.-C. Ils figurent dans la traduction latine de la Bible, la Vulgate,
au Ve siècle. Ce n’est qu’au concile de Trente en 1564 que l’Église catholique a
déclaré que ces livres devaient être considérés comme sacrés dans les termes
suivants : « Si quelqu’un ne reçoit pas pour sacré ces livres entiers, qu’il soit
anathème. » Cette décision a été confirmée lors du concile du Vatican I en 1870.
À partir de ces livres, l’Église catholique justifie certaines doctrines telles que la
prière pour les morts, les indulgences, la prière aux saints, le purgatoire. Voici donc
la liste des principaux de ces livres :
• 1 et 2 Macchabées
• Tobie, Judith
• Adjonction au livre d’Esther
• Adjonction au livre de Daniel
• Ecclésiastique (ou Siracide)
• Sagesse
• Baruch
Ni le Christ ni les apôtres ne s’y réfèrent. Il s’agit en fait de livres historiques, de
recueils de pensées morales ou de légendes absurdes. Les réformateurs mirent les
églises en garde contre ces livres. Ils ne figurent plus dans les éditions protestantes à
partir du XIXe siècle.
3 . L e c a n o n d u N o u v e a u T e s t a m e n t
Encore une fois, nous ne faisons ici que donner quelques repères très minimalistes,
en nous abstenant d’aborder l’histoire de la constitution du canon. Très vite, les
Pères de l’Église ont reconnu presque tous les livres du Nouveau Testament comme
étant la Parole de Dieu. Cinquante ans après la mort du dernier apôtre, on trouve des
citations de tous les livres du Nouveau Testament dans leurs écrits. Seuls les livres
suivants n’ont été reconnus que plus tard comme canoniques : l’épître aux Hébreux,
l’Apocalypse, et ces cinq petites épîtres : Jacques, 2 Pierre, 2 et 3 Jean, Jude. Mais
17
Doctrine biblique et vie chrétienne
dès le IVe siècle, tous les livres de l’actuel Nouveau Testament ont été reconnus
comme faisant partie de la Parole de Dieu.
Pour conclure sur ces rappels, redisons que Dieu lui-même, par l’action du
Saint-Esprit, a délimité les contours de la révélation écrite, en mettant son sceau sur
les livres qui la composaient. Nous ne pouvons donc que réitérer cette affirmation
fondamentale : toute la Bible est la Parole de Dieu, et rien d’autre que la Bible n’est la Parole de Dieu.
C’est pourquoi il faut prendre très au sérieux cet avertissement que nous trouvons
à la fin du dernier chapitre de l’Apocalypse, selon lequel quiconque ajoute ou
retranche quelque chose des paroles de ce livre, est sous la menace d’un jugement
terrible. Cet avertissement se trouve dans le livre de l’Apocalypse, mais puisqu’il
clôture en quelque sorte la Bible, il est valable concernant l’ensemble de l’Écriture.
Il est possible d’ajouter quelque chose à la Bible :
• par des traditions et des écrits non basés sur la Parole de Dieu ;
• par des révélations directes non confirmées par la Parole de Dieu.
Il est possible de retrancher quelque chose de la Parole de Dieu :
• naturellement, en ne croyant pas à sa totale inspiration ;
• en prétendant que tel ou tel passage est culturel et ne nous concerne
pas, ou que tel enseignement est dépassé et n’est plus adapté.
18
La Parole de Dieu

L ’ A U T O R I T É D E L A B I B L E
Notre réaction naturelle devant la Bible devrait être l’émerveillement, la
reconnaissance. Pourquoi ? Parce que la Bible est en elle-même un miracle : miracle
de sa composition, miracle de la sélection des livres inspirés, miracle de sa
conservation, miracle de son unité. Rédigée par environ 45 auteurs différents sur une
période de 1600 ans, elle présente néanmoins une unité parfaite concernant la
présentation de la personne de Dieu, de son plan rédempteur, de la personne de
Christ, qui sont le message central de toute la Bible. Bien que ne possédant pas toute
la Parole, le psalmiste s’exclamait déjà : « Je me réjouis en suivant tes
commandements comme si je possédais tous les trésors. » (Psaume 119.14).
1 . L ’ a u t o r i t é d e l a B i b l e r é s u l t a n t d e s o n a u t e u r Presque simultanément, nous devrions aussi éprouver crainte et respect. « Silence,
c’est Dieu qui parle », lisons-nous en Sophonie 1.7 ; comment alors ne pas être à
l’écoute de ce que Dieu a à nous dire ? Comme il est malhonnête de tourner le dos à
quelqu’un qui nous parle, c’est dramatique lorsqu’il s’agit du Dieu créateur de
l’univers, le Dieu de sainteté. La Bible nous met en garde : « Gardez-vous de refuser
d’entendre celui qui parle… comment échapperons-nous, si nous nous détournons
de celui qui parle du haut des cieux… ? » (Hébreux 12.25). Nous devons donc
reconnaître l’autorité absolue de la Parole de Dieu. « L’autorité est la supériorité de
valeur qui impose l’obéissance, le respect, la confiance », selon le dictionnaire.
« Ta Parole est la vérité » (Jean 17.17). La Bible a autorité parce qu’elle nous
vient de Dieu et qu’elle ne contient ni erreur, ni contradiction.
2 . L ’ a u t o r i t é d e l a B i b l e r é s u l t a n t d e s o n m e s s a g e La Bible a également autorité parce qu’elle nous communique un message
extrêmement clair et lucide sur notre condition. Elle nous révèle : la personne de
Dieu, de Christ, de la nature humaine, et le plan rédempteur extraordinaire annoncé
dès les premières pages de la Genèse. « Je mettrai inimitié entre toi et la femme, entre
ta postérité et sa postérité : celle-ci t’écrasera la tête, et tu lui blesseras le talon. »
(Genèse 3.15). Plan rédempteur qui aura pour aboutissement les noces de l’Agneau
et les nouveaux cieux et la nouvelle terre. « Le trône de Dieu et de l’Agneau sera
dans la ville : ses serviteurs le serviront et verront sa face et son nom sera sur leur
front. » (Apocalypse 22.3).
19
Doctrine biblique et vie chrétienne
Pour toutes ces raisons, l’autorité de la Parole de Dieu exige de nous non
seulement une écoute attentive, mais encore une obéissance absolue. Cela n’est
évidemment possible qu’avec l’aide du Saint-Esprit. De manière pratique, la Parole
de Dieu nous donne des pistes ou des indications précises pour chaque domaine de
notre vie.
À propos de notre vie spirituelle, c’est-à-dire de notre relation avec Dieu, bien
sûr, les exemples seraient innombrables. Pour une vie harmonieuse avec Dieu,
soyons dans une position de confiance inébranlable envers lui. Confessons-lui nos
péchés afin de ne pas rompre la communion avec lui. Exprimons-lui nos requêtes à
travers la prière, ainsi que nos joies, nos peines, nos souffrances. Soyons dans une
attitude d’amour et d’obéissance.
À titre d'exemple, voici maintenant quelques domaines de notre vie personnelle,
pour lesquels la Bible nous donne des précisions :
• la manière de nous nourrir : Galates 5.21 ;
• la manière de nous vêtir : 1 Timothée 2.9-10 ;
• la façon d’utiliser notre argent (la Bible condamne l’avarice mais
conseille la dîme, entre autres)
• la manière de parler : Colossiens 4.6 ; Matthieu 12.36 ; Éphésiens
4.29 ;
• l’exercice de la discipline : 2 Pierre 2.19 ;
• comment nous comporter dans le mariage, en dehors du mariage :
1 Corinthiens 6.18 ; Hébreux 13.4.
Enfin, concernant notre vie sociale, la Parole nous indique comment nous
comporter :
• dans la famille, entre époux, entre parents et enfants : Éphésiens 5-6,
Colossiens ;
• au travail, avec les patrons : 2 Thessaloniciens 3.10 ;
• vis-à-vis de nos prochains : Hébreux 13.1-3 ;
• dans l’église, à quoi doit ressembler notre communion fraternelle ;
• à l’égard des autorités : 1 Pierre 2.13 ; Romains 13.1-7 ;
• en société : Éphésiens 5.4 (sur les plaisanteries déplacées) ; Galates
5.21.
La Bible est-elle un manuel de bonne conduite ? Loin de là ! Elle nous donne les
principes de base qui nous permettent de vivre à la gloire de Dieu et de refléter Christ
lui-même puisque nous sommes ses ambassadeurs, ses témoins, la lumière du
monde. « Nous devons marcher comme lui-même a marché. » (1 Jean 2.6).
20
La Parole de Dieu

L ’ É T U D E P R A T I Q U E
D E L A B I B L E
Pour conclure cette étude à propos de la Parole de Dieu, il est nécessaire d’aborder
un sujet important : comment lire, étudier, méditer la Bible ?
1 . L a B i b l e , u n l i v r e d i f f i c i l e
La Bible est un livre difficile. Nos expériences de stands bibliques illustrent que de
nombreuses personnes possèdent la Bible, mais ont renoncé à la lire, disant que c’est
un livre trop compliqué. Certains la considèrent comme un livre peu
recommandable qui fait la part belle aux guerres, aux assassinats, à l’immoralité.
Les nouveaux convertis ont souvent arrêté leur lecture au Lévitique ! D’aucuns
diront que la Bible est le livre le plus répandu dans le monde, et le moins lu.
Vendre ou donner une Bible implique de notre part une position de foi, et la
prière. Sans doute vaut-il mieux ne pas commencer par des livres comme le
Lévitique ou les Juges, mais plutôt par les Évangiles, des récits plus accessibles.
Néanmoins, parce que la Bible est difficile à comprendre, il est nécessaire de
l’expliquer.
Cependant, certains déclarent avec justesse : « La Bible est claire pour qui veut
l’entendre. Quand je la lis, je ne me préoccupe pas d’interprétation. Je laisse Dieu
me parler à travers elle et cela me suffit. » Mark Twain a un jour fait cette boutade :
« Ce qui me trouble dans la Bible, ce n’est pas ce que je ne comprends pas, c’est ce
que je comprends ! » Les grands principes bibliques sont accessibles pour tous. Mais
pour aller plus avant dans la vie chrétienne, il est tout de même nécessaire de pouvoir
expliquer les textes.
Les difficultés de compréhension de la Bible sont réelles et multiples : difficultés
d’ordre historique, géographique, linguistique, culturel, et spirituel. Le langage
courant n’est pas adapté aux réalités spirituelles et, de fait, le sujet de notre relation
avec Dieu ne fait pas partie de nos conversations quotidiennes. Il faut donc expliquer
le sens de certains mots des domaines spirituels, comme on le ferait pour n’importe
quel ouvrage spécialisé.
La Bible elle-même donne des exemples d’explication de texte et ainsi,
pourrait-on dire, nous encourage dans cette voie. En voici quelques-uns : dans
Néhémie 8.8, nous voyons que les Lévites expliquaient au peuple ce qu’ils lisaient
21
Doctrine biblique et vie chrétienne
de la loi. Dans les Évangiles, on trouve l’explication de certains mots araméens ou
de certaines coutumes. Dans l’épître aux Hébreux se trouve une explication du nom
de Melchisédek (Hébreux 7.2). Jésus-Christ a expliqué certaines des paraboles qu’il
a racontées (celle du semeur, par exemple, en Matthieu 13.18 sq ou Marc 4.13 sq ).
Aux disciples d’Emmaüs, il a expliqué tout ce qui le concernait (Luc 24.27).
L’eunuque éthiopien s’est fait expliquer le passage qu’il lisait dans le prophète
Ésaïe, car il ne le comprenait pas (Actes 8.31 sq ).
2 . P r i n c i p e s d e b a s e
L ’ é t a t d ’ e s p r i t d a n s l e q u e l l i r e l a B i b l e
Il nous faut avoir soif. Un désir profond de la Parole doit animer notre cœur. Le
psalmiste l’exprime ainsi : « Mon âme est brisée par le désir qui toujours la porte
vers tes lois. » (Psaume 119.20). Cette soif est un signe de santé spirituelle
(B. Singh) ; en revanche, un chrétien qui n’a aucun goût pour la Parole est un sujet
d’inquiétude.
Il nous faut faire silence. Afin d’écouter, ce qui est différent d’entendre. Ésaïe
50.4 nous donne une idée de ce qu’est écouter : « Chaque matin il éveille mon oreille
pour que j’écoute comme écoutent les disciples. » Il est important de savoir faire
silence en faisant taire les bruits extérieurs (collectivité) mais aussi les bruits
intérieurs (pensées, sentiments), afin d’« amener toutes pensées captives à
l’obéissance de Christ » (2 Corinthiens 10.5).
Il nous faut être honnête. Cela signifie être disposé à écouter, disposé à obéir dans
le respect de Dieu qui parle, disposé à transposer immédiatement dans la pratique
chaque lumière reçue. Dieu ne perd pas son temps à révéler sa volonté à ceux qui a
priori ont décidé de ne pas obéir.
L ’ a i d e d u S a i n t - E s p r i t
C’est une nécessité absolue de demander l’aide de Dieu pour la méditation de sa
Parole. Le Psaume 119 ne cesse de souligner cette idée : « Enseigne-moi, fais-moi
comprendre, ouvre mes yeux, donne-moi de l’intelligence, conduis-moi, incline
mon cœur. »
Dieu nous aide par le Saint-Esprit. C’est le Saint-Esprit qui nous conduit dans
toute la vérité et nous enseigne tout ce qui concerne le Seigneur Jésus qui est,
rappelons-le, la Parole faite chair (Jean 1.14). Luther a dit : « La Bible ne peut être
comprise par l’étude ou l’intelligence. Vous ne devez compter que sur l’influence du
22
La Parole de Dieu
Saint-Esprit. » La Bible est parole de vie par l’action du Saint-Esprit. On ne peut la
lire comme on lit un roman, un essai de théologie, une œuvre philosophique, ou un
manuel d’histoire…
Il est important de se rappeler que le Saint-Esprit ne parle jamais en dehors de la
Parole de Dieu, ni en contradiction avec elle. Jésus-Christ affirmait qu’il ne parlait
pas de lui-même, mais parlait selon la parole de son Père (Jean 8.28). Il en est de
même pour le Saint-Esprit ; toute révélation que nous recevons de lui ne peut
provenir que de la Parole de Dieu. Le danger est bien là, en effet, de se baser sur des
sentiments ou des révélations non appuyées sur la Parole de Dieu. C’est un danger
moderne. Dans L’Institution de la religion chrétienne , Calvin disait : « Il existe des orgueilleux qui prennent témérairement pour Parole de Dieu tout ce qu’il leur vient à
la fantaisie. » Le Seigneur lui-même, en répondant à Satan lors de sa tentation, n’a
pas dit : « Je n’aurais pas la paix si je faisais ce que tu me demandes », ce qui aurait
été de l’ordre du ressenti, mais il a dit : « Il est écrit… » Méfions-nous des phrases
telles que « Le Seigneur m’a dit », « Le Seigneur m’a montré », « J’ai la paix par
rapport à telle ou telle position » ; elles n’ont de valeur que si elles sont confirmées
par les textes bibliques.
L’action du Saint-Esprit est équilibrée. Devant la difficulté de l’étude de la Bible,
le risque est de virer vers une analyse sentimentale (« J’aime ce passage, il fait vibrer
mon cœur ») ou intellectuelle (on décortique les textes comme des morceaux de
littérature). Le Saint-Esprit nous permet une étude spirituelle en s’adressant à la fois à notre intelligence et à notre cœur. C’est ce que dit Éphésiens 1.18 : « Le
Saint-Esprit doit illuminer les yeux de notre cœur. » Il renouvelle notre intelligence
(Romains 12.2). Nous pouvons être conscients ou non de cette action de l’Esprit
pendant notre lecture de la Parole de Dieu, elle n’en demeure pas moins réelle.
L’utilisation de nos capacités naturelles sans le Saint-Esprit aboutit à l’échec.
Mais avec le Saint-Esprit, nous devons faire usage de notre intelligence, de notre
bon sens (« Je parle comme à des hommes intelligents », dit Paul en 1 Corinthiens
10.15). Comme pour toute étude, il nous faudra de la persévérance, du courage, de la
bonne volonté. « Les Béréens examinaient chaque jour les Écritures pour voir si ce
qu’on leur disait était exact. » (Actes 17.11).
Enfin, quelques outils seront bienvenus pour notre étude, sous l’autorité du
Saint-Esprit.
• Si possible, plusieurs traductions différentes de la Bible. Une
traduction à tendance littérale nous apportera la connaissance du
contenu et de la forme du texte original (Darby, Segond, Colombe,
TOB, Jérusalem). Une Bible à parallèles sera intéressante. Les
traductions dites modernes ou à équivalence dynamique (Bible en
français courant, Semeur) permettent de découvrir l’explication la
23
Doctrine biblique et vie chrétienne
plus plausible des textes ambigus dans l’original. Cependant, ces
versions ne peuvent pas être adaptées pour conduire une étude
biblique littérale lorsqu'on étudie la théologie.
• Une concordance : elle permet de relever les passages de la Bible où
le même mot original est utilisé.
• Un dictionnaire classique de la langue française pour vérifier le sens
des mots (Larousse, Petit Robert) est toujours utile.
• Un dictionnaire biblique : le Nouveau Dictionnaire biblique , édité par
Emmaüs, qui contient des rubriques de qualité sur les mots
théologiques, ou le Dictionnaire de théologie biblique (Excelsis).
• Un atlas biblique.
• Les commentaires : ils constituent souvent une bonne introduction à
chaque livre de la Bible. Certains sont des commentaires versets par
versets, ils peuvent être plus ou moins complets. (Voir les
commentaires de Godet sur l’Évangile de Jean, Romains,
1 Corinthiens ; de bons ouvrages existent chez nombre d’éditeurs.)
Dans ce domaine, nous devons tenir compte de ce que les autres ont
découvert avant nous. Quelqu’un a écrit : « Il est déraisonnable de voir
certains hommes qui parlent beaucoup de ce que le Saint-Esprit leur
révèle, faire si peu de cas de ce qu’il a révélé à d’autres. » Attention
cependant, les commentaires sont des ouvrages humains qui ne sont pas
infaillibles. Aucun homme, aussi spirituel soit-il, n’a pu cerner toute la
vérité. Il faut donc veiller à ne pas se laisser influencer, à rester libre et
lucide. Il est tentant, par exemple lorsqu’on fait des études de théologie,
de passer énormément de temps à étudier les commentaires de la Bible,
au détriment de la Bible elle-même ! Une grande érudition pousse
forcément à commenter les commentaires des autres, et le risque grandit
de s’éloigner du texte biblique lui-même.
3 . L e s r è g l e s à r e s p e c t e r p o u r u n e b o n n e
c o m p r é h e n s i o n d u t e x t e
L e s d o n n é e s g é n é r a l e s d u t e x t e
Un passage biblique constitue toujours une unité : un récit, un chapitre, une
portion de chapitre sont délimités dans nos Bibles actuelles par un titre. Voici les
quelques questions à se poser devant un passage :
À quel type littéraire appartient-il ? Narratif, poétique, psaume, didactique,
discours, exhortation, prophétie, parabole ? (Nous reviendrons sur cette question un
peu plus loin.)
24
La Parole de Dieu
Quel est le contexte ?
Contexte biblique : place du passage dans la Bible tout entière ? dans le livre ?
par rapport au passage précédent ?
Contexte géographique : il nous faudra ici des notions précises de la géographie biblique, la situation des lieux, la distance entre deux lieux. Par exemple, il est utile
de savoir que 30 kms séparent le sommet du Carmel de Jizréel (Élie dans 1 Rois
18.46). Que de Beer-Shéba à Morija, il y a 80 kms (Abraham). La nature des lieux
(désert, montagne, plaines fertiles…) est également importante à connaître, ainsi
que les phénomènes météorologiques caractéristiques de l’endroit (cf. la tempête sur
le lac de Galilée).
Contexte historique : savoir situer les événements dans le temps nous évitera quelques impairs, en particulier en ce qui concerne l’Ancien Testament. Voici à cet
effet quelques points de repères :
• Abraham : environ 2000 av. J.-C.
• Moïse : environ 1500 av. J.-C ou 1300 av. J-C selon la chronologie
retenue..
• David : environ 1000 av. J.-C.
• Destruction du Temple : 587 av. J.-C.
• Malachie (dernier livre de l’Ancien Testament) : environ 400 av. J.-C.
La connaissance des grands événements internationaux, des empires successifs
(Égypte, Assyrie, Babylone, Mèdes et Perses, Grecs, Rome), est plus qu’utile.
Soyons sur nos gardes quant à certains ouvrages que l’on doit à des auteurs non
croyants, et qui affirment que les récits bibliques sont en contradiction avec
l’Histoire. Il a pu y avoir des incertitudes par exemple sur des questions de noms,
mais les découvertes archéologiques récentes rétablissent la vérité par rapport à la
Bible. Elles donnent tort à un Voltaire, par exemple, qui parlant de Ninive, se
moquait de la « destruction de cette cité fantôme ».
Contexte culturel. Certains faits ne peuvent en effet être compris qu’à la
lumière des données culturelles de l’époque. Ainsi, l’histoire d’Agar ; le sacrifice
de la fille de Jephté ; le problème des viandes sacrifiées aux idoles. Il faut de plus
connaître les mesures de poids, de temps, de longueur, de distance, de capacité (ou
volume).
Mais en même temps que nous cernons le contexte culturel, il faut veiller à ne pas
l’utiliser comme argument pour dire que tel passage ne nous concerne plus, ce qui
aurait pour conséquence de supprimer de la Bible ce qui peut-être, en réalité, nous
dérange. Voyons par exemple la 1re lettre aux Corinthiens : si on disait que le
chapitre 7 porte sur les pratiques du mariage en temps de persécution, que le chapitre
25
Doctrine biblique et vie chrétienne
8 traite des viandes sacrifiées aux idoles, que le début du chapitre 11 décrit les
habitudes de ce temps ; que les chapitres 12 et 14 parlent des dons spirituels réservés
à la période apostolique… voilà autant de passages qu’on éliminerait de la Bible
parce qu’ils ne nous conviennent pas. Dans 1 Corinthiens 1.2, Paul s’adresse à « tous
les saints en quelque lieu que ce soit ». La Parole de Dieu est atemporelle, elle est
valable dans tous les temps et pour toutes les cultures. Ses principes sont constants ;
seuls certains mots sont à transposer.
L ’ é t u d e a p p r o f o n d i e d u t e x t e
Rappelons ici quelques principes d’étude de texte, valables pour tout texte quel
qu’il soit. Il faut :
» Examiner le sens des mots, aussi bien des mots d’usage courant que des
notions abstraites (bonté, persévérance, volonté, sagesse…). Chercher
l’étymologie des mots peut être utile. Il faudra cerner le sens exact des mots
théologiques (grâce, propitiation, rédemption, justice…). Quelques exemples
de mots à sens multiples :
• La « chair » peut renvoyer (1) à la chair des animaux, (2) au péché
(vivre dans la chair) ou (3) à l’œuvre de la chair (notre ancienne
nature).
• Le mot « loi » peut désigner : (1) les lois physiques, (2) le
Pentateuque, (3) les Dix commandements ou (4) les ordonnances
lévitiques.
• Le « monde ». Il peut s’agir (1) du monde créé, de l’univers, (2) de
l’humanité, (3) du système régi par Satan.
» Faire l’analyse grammaticale, surtout des phrases très longues, telles qu’on en
trouve dans les écrits de l’apôtre Paul. (Exemple : Éphésiens 1.3-14 constitue
une seule longue phrase.) Il peut être utile de relever tous les verbes, et pour
chaque verbe, de chercher le sujet. De noter les compléments, ainsi que les
parenthèses. Pour, enfin, établir un schéma représentatif de la phrase. (Vous
pouvez faire l’exercice pour Colossiens 1.9-11 ou Tite 2.1-14.)
» Déterminer si le sens des mots (ou expressions, voire phrases) est propre ou
figuré. En règle générale, il faut toujours prendre le texte au sens littéral sauf
lorsque cela est manifestement impossible, ce qui est en général aisé à
déterminer : « Je suis la porte des brebis. » « Laisse les morts enterrer leurs
morts » ; « couper sa main », « arracher son œil ». Attention par ailleurs à ne
pas tomber dans la tendance moderniste qui spiritualise ou symbolise
systématiquement les textes, signifiant par là que les faits précis n’ont pas
d’importance.
» Chercher à reconnaître les figures de langage. On trouve dans la Bible de
26
La Parole de Dieu
nombreuses images, sous forme de comparaison ou de métaphore (« la racine
du mal », « une source de chagrin ») ; des symboles (objets ou images ayant
une valeur évocatrice : le vent pour désigner le Saint-Esprit, l’huile ; le chiffre
7). Les paraboles, c’est-à-dire des récits empruntés à la vie courante et qui
cachent un enseignement. Des anthropomorphismes, expressions qui prêtent à
Dieu des comportements ou des actions humaines (« les yeux de l’Éternel
parcourent la Terre »).
I n t e r p r é t e r l ’ É c r i t u r e p a r l ’ É c r i t u r e
Redisons encore le principe déjà énoncé : « toute l’Écriture est inspirée de
Dieu », l’Ancien comme le Nouveau Testament. L’Écriture forme un tout homogène
et cohérent. « Seul Dieu parle de Dieu », a dit Pascal. Le meilleur interprète de la
Bible est la Bible elle-même, d’où l’intérêt des concordances et des versions à
parallèles.
Ce principe a trois corollaires. Premièrement, il faut interpréter les textes obscurs
à la lumière des textes clairs. Cependant, en s’appuyant sur certains passages
considérés comme clairs sans tenir compte d’autres considérés comme obscurs ou
secondaires, on peut construire des doctrines qui ne tiennent pas compte de
l’ensemble de la révélation biblique.
Deuxièmement, une doctrine doit être fondée sur un texte didactique et non sur
un récit. Les circonstances très particulières de la conversion de Paul (Actes 9.3-9)
ou de la conversion des disciples de Jean à Corinthe (Actes 19.1-6) ne sont pas
normatives.
Enfin, comme nous l’avons déjà dit, il est essentiel d’être convaincu que
l’Ancien et le Nouveau Testament sont inspirés de façon égale. Le Nouveau
Testament donne de nombreuses explications de l’Ancien ; un dixième de son texte
est constitué de citations de l’Ancien (soit 295 citations explicites), et nous ne
devons pas oublier que tout l’Ancien Testament (les Écritures) est centré sur Christ.
La découverte de la personne et de l’œuvre de Christ dans l’Ancien Testament est la
clé pour sa compréhension.
L e s d i f f é r e n t s g e n r e s l i t t é r a i r e s
Il vaut la peine de consacrer une section à la description des genres littéraires
présents dans la Bible, car ils sont nombreux et induisent chacun une manière
spécifique d’appréhender et d’interpréter le texte biblique.
y Les textes narratifs
La majorité des textes bibliques sont des récits, qui doivent être étudiés au moins
27
Doctrine biblique et vie chrétienne
sous les angles historique et théologique. Voici les questions à nous poser devant un
récit :
• Quand l’action se situe-t-elle ?
• Où ?
• Qui sont les personnages ?
• Que se passe-t-il ?
• Quel est le centre du récit ?
• Pourquoi ce récit nous est-il rapporté ?
• Que nous apprend-il par rapport au plan éternel de Dieu ?
y Les discours
Ce genre littéraire se retrouve dans les prophètes, les Évangiles, les Actes.
Questions :
• Quand a-t-il été prononcé ?
• Qui en est l’auteur ?
• À qui s’adresse-t-il ?
• Quel en est le thème principal ?
• Quels ont été les résultats, les fruits, du discours ?
y Les textes poétiques
60 % des textes de l’Ancien Testament sont écrits sous cette forme : les Psaumes,
Job, le Cantique des cantiques. On trouve aussi des poèmes disséminés dans les
livres historiques : le cantique de Moïse (Exode 15), de Débora et Barak (Juges 5),
de Marie (Luc 1.46 sq ), de Zacharie (Luc 1.67)… Ces textes se caractérisent par des
phrases plus courtes, un langage imagé, des hyperboles. Ici, il faut déterminer le type
du poème, son thème principal, le cadre historique et culturel. Dans le cas des
Psaumes, ils se répartissent en plusieurs catégories : psaumes de louange, d’action
de grâce, de supplication, de confiance, d’imprécation, psaumes messianiques,
didactiques (comme le Psaume 119).
y Les prophéties
Elles renvoient à un vaste sujet qui divise souvent les évangéliques.
Les prophéties déjà accomplies ne posent pas trop de problème. On peut noter les
détails extraordinaires avec lesquels la prophétie est exprimée. Voir par exemple ce
que Daniel dit concernant Antiochus Épiphane, 200 ans environ avant la réalisation
des faits (Daniel 11).
Les prophéties non accomplies, en revanche, font naturellement couler beaucoup
d’encre. Mais il ne me semble pas logique de prendre littéralement les prophéties
déjà réalisées, et de symboliser celles qui ne le sont pas encore. Voyons le Psaume 2
28
La Parole de Dieu
(« Le Fils fera paître les nations avec une verge de fer. ») ou Zacharie 14.4
(« L’Éternel posera ses pieds sur le mont des Oliviers. ») : ces deux prophéties ne
s’étant pas encore réalisées, elles sont à prendre de façon littérale puisqu’elles sont
reprises dans le Nouveau Testament (Apocalypse 2.27 et 19.15 ; Actes 1.11-12). En
règle générale, les prophéties ne nous sont pas données pour que nous laissions libre
cours à notre imagination en fixant des dates ou des événements, mais comme des
balises qui nous permettent de nous situer par rapport aux temps que nous vivons.
Souvenons-nous du reproche du Seigneur à l’égard des pharisiens : ils étaient
« incapables de discerner les signes des temps » (Matthieu 16.3).
y Les paraboles
Elles sont des récits qui, à partir d’un fait tiré de la vie courante, énoncent une
réalité spirituelle. Jésus a beaucoup enseigné en paraboles. Mais on en trouve aussi
dans l’Ancien Testament : Nathan, par exemple, a utilisé une parabole pour
dénoncer le péché de David (2 Samuel 12.1-4). Pour interpréter une parabole, il ne
faut pas chercher à tirer un principe de chaque détail (celle du semeur, par exemple).
Chaque parabole cherche à montrer un point particulier. On peut donc étudier :
• Le cadre de la parabole
• Les destinataires
• Le message qui doit être transmis
• Les applications à en tirer
y Les épîtres
Ce sont des lettres de la part d’un auteur qui écrit en un lieu donné à des
destinataires situés dans un autre lieu. Elles ont pour but de répondre à un besoin, et
sont presque toujours organisées selon le même plan :
• Salutation ou adresse
• Remerciements
• Développement du thème
• Applications pratiques
• Nouvelles
• Salutations finales
L e s l i m i t e s d e l ’ i n t e r p r é t a t i o n
La Bible n’est pas un manuel de théologie ou d’éthique. C’est un livre de vie.
Dans le texte original, le Saint-Esprit a permis que certaines phrases soient
ambiguës. N’essayons pas de trouver à tout prix une interprétation qui nous
satisfasse. D’autres phrases peuvent avoir grammaticalement deux sens possibles.
29
Doctrine biblique et vie chrétienne
Exemple de Néhémie 8.10 : « la joie de l’Éternel est notre force » peut renvoyer à la
joie que Dieu nous donne, ou à celle que Dieu éprouve.
C’est sur des cadavres que l’on opère des dissections. Si nous disséquons la
Parole de Dieu, nous n’aurons plus qu’un texte mort. Souvenons-nous que « les
choses cachées sont à l’Éternel, notre Dieu. Les choses révélées sont à nous et à nos
enfants » (Deutéronome 29.29). Dieu nous révèlera sa pensée au travers de sa Parole
selon nos besoins et à la mesure de notre capacité à la saisir.
Tout ce que nous avons dit détermine la position que nous devons avoir devant la
Parole de Dieu. Une des phrases qui revient de nombreuses fois dans la Bible est
celle-ci : « La crainte de l’Éternel est le commencement de la sagesse. » (dans le
Psaume 110, les Proverbes, Job). La crainte de l’Éternel, c’est le respect que nous lui
devons, associé à la crainte de lui déplaire. Nous n’avons pas à juger la Parole de
Dieu, mais à nous laisser juger par elle. C’était la prière de David : « Sonde-moi,
ô Dieu, et connais mon cœur ! Éprouve-moi, et connais mes pensées ! Regarde si je
suis sur une mauvaise voie, et conduis-moi sur la voie de l’éternité ! » (Psaume
139.23-24). Pierre Chaunu nous avertit ainsi : « Il faut se méfier d’une lecture trop
intelligente, je serais tenté de dire trop intellectuelle, de la Bible. Rien ne permet
d’effacer le sens premier de ce que disent simplement les mots. » Psaume 119.18,
24 : « Ouvre mes yeux pour que je contemple les merveilles de ta loi… Tes
ordonnances font mes délices. »
C o n c l u s i o n
En conclusion de cet exposé sur l’aspect pratique de notre lecture de la Parole de
Dieu, voici quelques conseils simples :
Notre étude doit être régulière, c’est-à-dire quotidienne, et pas seulement quand
nous en avons envie ou besoin. Elle nécessite donc de la discipline.
Notre étude doit être systématique. Toute la Bible est la Parole de Dieu, « toute
écriture est inspirée ». Il est bien de lire toute la Bible à des rythmes différents :
• Rapidement tout d’abord, en commençant par le Nouveau Testament.
Comme elle contient 1 200 chapitres, lire 3 chapitres par jour nous
permet de la parcourir dans sa quasi totalité en une année.
• Ensuite plus lentement, par exemple en alternant le Nouveau et
l’Ancien Testament. On peut intégrer un psaume tous les jours. On
profitera beaucoup de l’aide de commentaires, qui nous ouvrent les
horizons en nous faisant réfléchir à des questions que nous n’aurions
pas envisagées autrement.
30
La Parole de Dieu
4 . L e b u t d e l a P a r o l e d e D i e u
Gardons à l’esprit la fin du passage de 2 Timothée 3.16-17 : l’Écriture travaille dans
nos cœurs dans quatre directions :
Elle enseigne. Elle nous transmet les connaissances sur tout ce dont nous avons
besoin pour une vie spirituelle équilibrée : sur la personne de Dieu, de Jésus-Christ,
du Saint-Esprit. Elle nous montre ce que nous sommes par nature et l’œuvre qui a été
accomplie dans nos vies. Voilà le genre de connaissance qui faisait dire au
psalmiste : « Je suis plus instruit que tous mes maîtres, car tes préceptes sont l’objet
de ma méditation. » (Psaume 119.99).
Elle convainc. Convaincre, c’est amener quelqu’un à reconnaître et accepter
toutes les vérités que Dieu nous révèle dans sa Parole. Il est dit en particulier que « le
Saint-Esprit nous convainc de péché, de justice et de jugement » (Jean 16.8).
Elle corrige. Corriger ne veut pas dire administrer un châtiment. Ce que fait la
Parole, c’est nous ramener sur le droit chemin lorsque nous nous égarons. « Regarde
si je suis sur une mauvaise voie et conduis-moi sur la voie de l’éternité. » (Psaume
139.24).
Elle instruit dans la justice. Certaines traductions explicitent ce dernier élément ainsi : « L’Écriture nous apprend à mener une vie conforme à la volonté de Dieu. »
Ce qui est juste, c’est ce qui correspond aux commandements de Dieu.
Ces quatre actions de la Parole de Dieu dans nos vies ont pour objectif final de
faire de nous « des hommes de Dieu accomplis et aptes à toute bonne œuvre »,
c’est-à-dire de nous faire « parvenir à l’état d’homme fait, à la mesure de la stature
parfaite de Christ » (Éphésiens 4.13).
Enfin, n’oublions pas que la Parole de Dieu est source de bonheur dans nos vies.
« Observe les commandements que je te prescris aujourd’hui afin que tu sois
heureux. » (Deutéronome 4.40). « Heureux l’homme… qui trouve son plaisir dans la
loi de l’Éternel et qui la médite jour et nuit. » (Psaume 1.2).
Une dernière pensée : tendre vers « la stature parfaite de Christ », c’est être
imprégné de la Parole de Dieu. Christ est la Parole faite chair et durant toute sa vie
terrestre, il a pu dire : « La Parole que vous entendez n’est pas de moi, mais du Père
qui m’a envoyé. » (Jean 14.24). Lors de sa tentation au désert, Jésus-Christ n’a
répondu à Satan que par un triple « Il est écrit ». Puissions-nous aussi, dans toutes
nos situations, nous appuyer sur l’autorité de la Parole de Dieu. Quelqu’un a dit :
« Là où certains livres nous informent, la Bible nous transforme. »
Nota bene : Pour une étude plus approfondie de la question de l’interprétation de
la Bible, on peut consulter le livre d’Alfred Kuen, Comment interpréter la Bible (aux éditions Emmaüs) ; c’est cet ouvrage qui a alimenté notre exposé.
31
2
D i e u
S o m m a i r e
I- Les noms de Dieu
II- Les attributs de Dieu
Doctrine biblique et vie chrétienne

L E S N O M S D E D I E U
Nous avons vu que Dieu se révèle de plusieurs manières : à travers la création, à
travers notre conscience, à travers la notion de l’éternité, par sa Parole, et par
Jésus-Christ. La Bible, cependant, ne démontre pas l’existence de Dieu, elle
l’ affirme (« Au commencement, Dieu », Genèse 1.1) : « Sans la foi, il est impossible de lui être agréable, car il faut que celui qui s’approche de Dieu croie que Dieu
existe. » (Hébreux 11.6). La connaissance profonde de Dieu est d’ailleurs la
préoccupation première de tous les hommes de Dieu, de tous les chrétiens. Nous
pouvons penser à la déclaration de Job : « Mon oreille avait entendu parler de toi,
mais maintenant mon œil t’a vu. » (Job 42.5). Dans le Nouveau Testament, la
connaissance de Dieu est enseignée comme primordiale ; Jésus-Christ l’exprime
ainsi : « La vie éternelle, c’est qu’ils te connaissent, toi, le seul vrai Dieu et celui que tu as envoyé, Jésus-Christ. » (Jean 17.3). Et c’est pour que nous puissions croître
dans cette connaissance que Dieu nous a donné la Parole écrite. C’est là qu’il nous
révèle sa nature : il est esprit, amour, lumière. Nous apprenons ses noms , qui illustrent sa souveraineté, et enfin nous découvrons les attributs qui le caractérisent.
Le nom n’est jamais sans importance. Dans la Parole de Dieu, le nom représente
la personne ; dans l’Ancien comme dans le Nouveau Testament, il a une
signification précise. Dieu lui-même a imposé le choix des noms de Jésus et de
Jean-Baptiste, en l’annonçant par l’intermédiaire de l’ange Gabriel à Marie, mère de
Jésus, et à Zacharie, père de Jean.
Dans l’Ancien Testament, nombreux sont les passages où l’expression « le nom »
est en lieu et place de la désignation directe de la personne. Illustrons cela avec
Proverbes 18.10 : « Le nom de l’Éternel est une tour forte », ou bien Psaume 18.50 :
« Je chanterai la gloire de ton nom. »
De même, dans le livre des Actes, les apôtres utilisent le mot « nom » pour
désigner Jésus-Christ : « Aucun autre nom n’a été donné parmi les hommes par
lequel nous devions être sauvés. » (Actes 4.12). Dans l’Apocalypse, nous trouvons
sans cesse des références au nom de Christ. « Tu as souffert à cause de mon nom »
(Apocalypse 2.3) et « Tu retiens mon nom » (2.13).
1 . L e n o m q u i c a r a c t é r i s e D i e u
Le mot « dieu » est un mot commun, dont voici une des définitions : « Un dieu est un
34
Dieu
être supérieur doué d’attributs particuliers et exerçant un pouvoir sur l’homme. »
Ainsi les dieux de la mythologie, les dieux du stade, et tant d’autres…
Comment donc définir le vrai Dieu ? C’est le souci constant qui émane de
l’Ancien Testament, à travers la question récurrente « Quel est ton nom ? » Jacob la
pose (Genèse 32.29), ainsi que Moïse (Exode 3.13), Manoach (Juges 13.17-18). À
ce dernier, l’ange de l’Éternel fait une réponse impressionnante : « Pourquoi me
demandes-tu mon nom ? Il est merveilleux. »
2 . L e s n o m s d e D i e u d a n s l ’ A n c i e n T e s t a m e n t
L’Ancien Testament désigne Dieu par trois noms spécifiques, que nous allons
étudier rapidement.
y Elohim
Il apparaît pour la première fois dans le premier chapitre de la Genèse, où il
revient 32 fois. 2312 fois dans l’Ancien Testament. Elohim signifie « Dieu créateur, divinité suprême ». C’est un nom pluriel dans la langue originale, mais il est associé
à un verbe singulier. Ainsi, Genèse 1.26, « Faisons l’homme à notre image »,
constitue la première allusion à la Trinité ; en hébreu, en effet, le « nous »
« préfectoral » n’existe pas et renvoie toujours à plusieurs personnes.
« Elohim » contient la racine « El » qui entre dans la composition d’autres noms de Dieu ayant chacune une signification précise :
El Shaddaï : Dieu tout puissant
El Elion : Dieu très haut
El Olam : Dieu de l’éternité
El Gamma : Dieu jaloux
El Haï : Dieu vivant
Cette racine apparaît aussi dans certains noms de personnes, tels que : Israël (« a
lutté avec Dieu ») ; Samuel (« entendu de Dieu ») ; Daniel (« Dieu a jugé ») ;
Ézéchiel (« Dieu fortifie ») ; Nathanaël (« Dieu a donné »).
y Jahvé
C’est le nom de Dieu le plus employé dans l’Ancien Testament, puisqu’il revient
6499 fois. Il est rendu en français par « l’Éternel » dans les versions classiques.
Quelques versions (TOB, NBS, la Bible en français courant, les versions juives) font
un choix différent en traduisant « le Seigneur », à cause du fait que ce nom [Jahvé] ne
devait absolument pas être prononcé – dans la langue originale, ce nom était
transcrit sans les voyelles, sous la forme du tétragramme YHVH.
35
Doctrine biblique et vie chrétienne
L’origine de ce nom se trouve dans la déclaration faite à Moïse en Exode
3.13-15 : « Je suis celui qui suis », formulation qui induit l’infinité de Dieu dans
l’espace et dans le temps.
Dans le Nouveau Testament, chaque fois que Jésus-Christ parle de lui-même en
disant « je suis », c’est donc pour les Juifs une référence claire au nom de Dieu
« Jahvé » (par exemple répété sept fois dans l’Évangile de Jean : « je suis le pain de
vie (6.35) ; « je suis la porte (10.7) ; « je suis la lumière du monde » (8.12) ; « je suis
le bon berger » (10.11) ; « je suis la résurrection et la vie » (11.25) ; « je suis le
chemin, la vérité et la vie » (14.6) ; « je suis le vrai cep » (15.1).
y Adonaï
On en trouve 427 occurrences dans l’Ancien Testament, et il signifie « le maître,
le Seigneur ». Les Juifs s’en servent pour remplacer « Jahvé » qu’il est interdit de
prononcer selon une interprétation du troisième commandement (Exode 20.7). On
retrouve ce titre dans les Psaumes et dans la bouche de Moïse (Exode 4.10) ou
d’Ésaïe (6.1).
3 . L e n o m d e D i e u d a n s l e N o u v e a u T e s t a m e n t
Dans le Nouveau Testament, le mot grec utilisé pour nommer Dieu est « theos ».
C’est un nom commun qui s’applique également aux divinités païennes. Dans la
traduction de la Septante, « Jahvé » et « Elohim » sont tous les deux rendus par
« theos » ou par « kurios » (seigneur).
L’époque décrite dans le Nouveau Testament regorge de dieux païens nationaux.
Pour distinguer notre Dieu de ces nombreuses autres divinités, les écrits du Nouveau
Testament se servent de deux formulations précises. Dieu est d’une part le « Dieu
d’Abraham, d’Isaac et de Jacob » (Jésus-Christ dans Matthieu 22.32) ; il est d’autre
part le « Père du Seigneur Jésus-Christ » (voir 2 Corinthiens 1.3 ; Éphésiens 1.3 ;
Colossiens 1.3 ; 1 Pierre 1.3).
36
Dieu

L E S A T T R I B U T S
D E D I E U
Voyons maintenant comment Dieu se présente en termes de qualités. Il nous faut ici
distinguer entre deux types d’attributs : ceux qui sont propres à Dieu et manifestent
donc sa divinité ; l’homme étant homme, il ne pourra jamais les acquérir. Ceux dont
Dieu veut nous revêtir en nous faisant progresser dans la ressemblance avec lui.
1 . L e s a t t r i b u t s d i v i n s ( n o n c o m m u n i c a b l e s à
l ’ h o m m e )
y L’omniprésence
Sans doute connaissons-nous ces versets du Psaume 139 (versets 7-12) : « Où
irais-je loin de ton Esprit… Si je monte aux cieux, tu es là… ». De même, en 1 Rois
8.27, Salomon s’écrie : « Mais quoi ! Dieu habiterait-il véritablement sur la terre ?
Voici, les cieux et les cieux des cieux ne peuvent te contenir : combien moins cette
maison que je t’ai bâtie ! » Dieu est présent partout. Il est infini dans l’espace et dans
le temps. Cette omniprésence n’exclut pas des manifestations particulières de sa
présence (par exemple, par la nuée, lors de l’inauguration du Tabernacle ; lors de
l’inauguration du Temple de Salomon…).
y L’omniscience
Dieu sait tout, nos actions, nos pensées, nos paroles et même nos motivations
(Psaume 139.1-6 ; Jérémie 23.24 : « Quelqu’un se tiendrait-il dans un lieu caché sans
que je le voie, dit l’Éternel. »). De cela découle sa prescience ; étant infini dans le
temps, il connaît l’avenir de chacun de nous et des nations.
Certains objecteront que l’omniscience de Dieu annule notre liberté d’action.
Mais ce n’est pas parce que Dieu connaît notre avenir que nous sommes
conditionnés dans notre liberté d’action, bien qu’en définitive ce soit la volonté de
Dieu qui se réalise. (Ésaïe 46.10 : « Je dis : Mon dessein s’accomplira. Et
j’exécuterai toute ma volonté. »)
Comment réagir sainement devant l’omniscience de Dieu ? Il est évidemment
inutile d’essayer de se cacher ; il est impossible de tricher (Proverbes 15.3). Hébreux
4.13 nous le rappelle ainsi : « Nulle créature n’est cachée devant lui, mais tout est nu
et découvert aux yeux de celui à qui nous devons rendre compte. » En face de cela,
37
Doctrine biblique et vie chrétienne
un bénéfice incommensurable découle de l’omniscience de Dieu, car nous
expérimentons sa sécurité et sa compassion. « Le bon berger connaît ses brebis »
(Jean 10.14). Il connaît nos circonstances. Matthieu 10.30 nous dit que tous nos
cheveux sont comptés. C’est pourquoi nous pouvons remettre à Dieu les plus petits
détails de nos vies, sans crainte de l’importuner.
y L’omnipotence
Dieu peut tout, il est le Tout-puissant ( El Shaddaï ). Les témoignages en sont
innombrables, rien que dans la Parole : « Je reconnais que tu peux tout et que rien ne
s’oppose à tes pensées » (Job 42.2). « Notre Dieu est au ciel et il fait tout ce qu’il
veut » (Psaume 115.3). « Tu es le Dieu grand, le puissant » (Jérémie 32.18). « À Dieu
tout est possible» (Matthieu 19.26).
L’homme peut-il s’opposer à la volonté de Dieu ? Oui, il le peut dans une certaine
mesure car Dieu veut lui laisser une marge de liberté ; mais Dieu déplore
l’opposition de l’homme (Matthieu 23.37 ; Actes 7.51 : « Hommes au cou raide […],
vous vous opposez toujours au Saint-Esprit ») et elle n’est jamais sans
conséquences.
Mais heureusement, nous sommes au bénéfice de la toute-puissance de Dieu, qui
est le fondement de notre confiance en lui (qui mieux que lui est capable de nous
protéger ?), de notre paix au quotidien, et par là même de notre obéissance à sa
volonté.
2 . L e s a t t r i b u t s d e D i e u c o m m u n i c a b l e s à l ’ h o m m e Attardons-nous maintenant sur ces vertus que Dieu veut nous transmettre, et vers
lesquelles nous devons tendre : la sainteté, l’amour, la justice, la fidélité et la
sagesse. Même si nous ne pourrons pas sur cette terre les posséder de façon absolue,
Dieu nous ayant faits à son image, nous avons la capacité d’y goûter et d’aller de
progrès en progrès dans la pratique de ces qualités.
y La sainteté
Qu’est-ce que la sainteté ? Le mot hébreu signifie « mis à part, séparé »
(Lévitique 11.44). La sainteté de Dieu fait qu’il ne peut absolument pas cohabiter
avec tout ce qui est contraire à sa perfection. La sainteté est l’essence même de sa
nature et constitue, en fait, un mystère. Sa pureté absolue fait qu’il est lumière
(1 Jean 1.5) et elle ne contient aucun mélange.
La sainteté de Dieu implique, tout d’abord, qu’il ne peut voir le mal. Habaquq
1.12-13 dit : « Éternel, mon Dieu, mon saint, tes yeux sont trop purs pour voir le mal. »
Il ne peut donc pas se laisser approcher par l’homme, en conséquence de la rébellion
de celui-ci (la chute) qui a ainsi coupé leur relation. C’est ce principe qui est explicité à 38
Dieu
Moïse en Exode 33.20 : « Tu ne pourras pas voir ma face, car l’homme ne peut me voir
et vivre. » Moïse a expérimenté cela au buisson ardent (Exode 3.5) et à la montagne du
Sinaï (Exode 19.10-12 et 16-18), de même que Daniel dans une de ses visions
(10.4-11), ou Jean lors de sa vision de l’Apocalypse (1.12-18). Même les séraphins
dans la vision d’Ésaïe (6.2) se couvraient la face devant l’Éternel.
En conséquence, notre comportement vis-à-vis de Dieu doit être empreint de tout
le respect possible, c’est-à-dire, comme le dit Hébreux 12.28, de « piété » et de
« crainte », car, lisons-nous juste après, « notre Dieu est un feu dévorant. » La Parole
contient plusieurs illustrations littérales de cette description, qui confirment qu’on ne
peut se moquer impunément du Dieu saint ; pensons aux fils d’Aaron consumés pour
avoir ignoré la volonté divine (Lévitique 10.1-2), ou bien dans le Nouveau Testament,
à Ananias et Saphira, mortellement terrassés pour avoir délibérément menti à l’Esprit
du Seigneur (Actes 5.3-5, 7-10). Si nous sommes conscients de la nature du péché,
nous serons plus conscients encore de la sainteté de Dieu, et vice versa ; c’est ce qu’a
écrit Pascal : « Nous ne pouvons bien connaître Dieu qu’en connaissant nos
iniquités. »
Parce qu’il est saint, Dieu est obligé de juger tout ce qui est contraire à sa nature.
La manifestation suprême de sa sainteté a été la mort expiatoire de son Fils sur la
croix. Car « le salaire du péché, c’est la mort » (Romains 6.23). Ce sujet fera l’objet
d’une étude ultérieure.
La sainteté de Dieu nécessite la nôtre, et Dieu veut nous la communiquer ; notre
responsabilité est d’accepter d’entrer dans ce chemin. La sainteté est à la fois un état
(nous sommes saints, à cause de la sainteté de Christ), et une marche constante en
avant (qu’on appelle la sanctification). « Vous serez saints pour moi, car je suis
saint, moi, l’Éternel » (Lévitique 19.2), déclaration reprise par l’apôtre Pierre
(1 Pierre 1.16).
y L’amour
De la même façon qu’il a déclaré « Dieu est lumière » pour exprimer la sainteté
divine, l’apôtre Jean déclare « Dieu est amour » (1 Jean 4.8, 16). Il n’a pas écrit
« Dieu aime », mais « Dieu est amour », ce qui indique que l’amour fait partie de la
nature profonde de Dieu. L’amour caractérise les relations au sein de la Trinité, entre
le Père, le Fils et le Saint-Esprit, mais aussi les relations avec l’homme, que Dieu a
voulu associer à cette harmonie d’amour.
Aujourd’hui, le mot « amour » n’a plus beaucoup de sens, ni de force, et dans les
faits, il a plutôt été remplacé par l’égoïsme et l’utilisation de l’autre. L’amour de
Dieu est tout autre.
39
Doctrine biblique et vie chrétienne
C’est un amour désintéressé et généreux. Un amour qui donne sans rien attendre
en retour. Un amour qui aime ceux qui ne l’aiment pas, et même ceux qui sont en
révolte contre lui (les pécheurs que nous sommes, le peuple d’Israël…)
C’est un amour clairvoyant. Il n’est pas aveugle, mais lucide ; il sait reprendre et
même châtier. « Dieu nous châtie pour notre bien afin que nous participions à sa
sainteté. » (Hébreux 12.10). Il ne comporte aucune complaisance pour le mal.
C’est un amour fidèle, constant ; il ne change pas. « Je t’aime d’un amour
éternel ; c’est pourquoi je te conserve ma bonté. » (Jérémie 31.3). C’est pourquoi
aussi « rien ne peut nous séparer de l’amour de Dieu » (Romains 8.39). Ésaïe 49.15
le décrit comme supérieur même à celui d’une mère pour son nouveau-né.
C’est un amour jaloux. Dieu se nomme lui-même un Dieu jaloux, dès le don des
Dix commandements : « Moi, l’Éternel, je suis ton Dieu, je suis un Dieu jaloux »
(Exode 20.5) et Moïse le confirme : « L’Éternel porte le nom de Jaloux » (Exode
34.14). Le Nouveau Testament s’aligne sur cette description de Dieu ; nous lisons en
Jacques 4.5 : « Dieu aime avec jalousie l’esprit qu’il fait habiter en vous. » La
jalousie de Dieu n’a rien à voir avec celle de l’homme qui veut posséder ce qu’un
autre possède. Elle consiste à protéger une relation d’amour avec une ardeur
extrême ; toute l’histoire du peuple d’Israël le montre. Dieu ne peut partager l’amour
que nous lui portons avec qui que ce soit ; il n’admet aucune idole qui prenne sa
place dans notre cœur. Un Dieu parfait ne peut pas exiger autre chose qu’un amour
parfait, exclusif en ce qui le concerne, même s’il nous en sait incapables dans cette
vie.
C’est un amour qui suscite une réponse. Dieu nous aime à un point tel qu’il nous
permet de l’aimer en retour, et il nous fournit les moyens de le faire. « Dieu a
répandu son amour dans nos cœurs par le Saint-Esprit. » (Romains 5.5).
C’est enfin un amour insaisissable. « L’amour de Christ… surpasse toute
connaissance » (Éphésiens 3.19).
De même que la sainteté de Dieu se manifeste par sa justice (Romains 3.23-26),
de même son amour se manifeste par sa grâce, qui s’est exprimée en particulier par le
don de Jésus-Christ. « Dieu prouve son amour envers nous en ce que… (Romains
5.8). Des textes comme Jean 3.16 et 1 Jean 4.10 nous rappellent l’œuvre de
Jésus-Christ – pardon, régénération – par laquelle il fait de nous ses enfants comme
conséquence de son amour (1 Jean 3.1).
Nous pouvons nous identifier à cette déclaration de l’apôtre Jean : « Nous avons
connu l’amour que Dieu a pour nous, et nous y avons cru. » (1 Jean 4.16).
Pratiquement, cet amour nous permet de ne plus craindre la mort, ni le jugement de
Dieu, et d’être rassurés concernant notre avenir. « L’amour parfait bannit la
crainte », est-il dit en 1 Jean 4.18.
40
Dieu
En tant qu’enfants de Dieu, nous participons à l’harmonie d’amour présente au
sein de la Trinité. « Tu les as aimés comme tu m’as aimé », dit Jésus (Jean 17.23).
Que nous faut-il de plus ? Cependant, l’amour de Dieu, dont lui-même nous rend
participants, est difficile à concevoir. Sans cesse, la suggestion que Satan a faite à
l’homme et la femme dans le jardin d’Éden réapparaît dans nos cœurs : Dieu nous
aime-t-il vraiment ? À chaque épreuve, nous devons nous réapproprier la Parole de
Dieu qui nous affirme son amour pour nous. Cela doit avoir pour conséquence notre
amour pour Dieu et pour notre prochain (Matthieu 22.37-39).
y La justice
La justice de Dieu est inséparable de sa sainteté et de son amour. En effet, Dieu,
dans sa perfection, ne peut pactiser avec le mal. Comme nous l’avons déjà dit, sa
sainteté l’oblige à réagir devant tout ce qui est contraire à sa nature, c’est-à-dire à
manifester sa justice. Sans justice, l’amour de Dieu ne serait que faiblesse, et
coupable de complaisance envers le mal. Sans amour, la justice de Dieu serait dureté
et nous pousserait à la terreur. La justice de Dieu découle de sa sainteté et donne à
son amour sa véritable dimension. Il est impossible de comprendre l’amour de Dieu
si nous ne comprenons pas sa justice.
Justice et miséricorde sont sans cesse associées dans la Parole de Dieu (voir par
exemple Psaumes 116.5 et 145.17). La miséricorde est la manifestation concrète de
l’amour de Dieu, qui s’exprime dans le fait que nous sommes au bénéfice de sa
grâce. Tout au long de la Parole de Dieu, deux mots reviennent constamment aussi
bien dans l’Ancien que dans le Nouveau Testament (500 fois environ dans chacun),
désignant comme le fil rouge de la révélation divine : la grâce est la manifestation pratique de l’amour de Dieu, tandis que la gloire est l’éclat insoutenable de sa
sainteté.
Dans la Bible, la justice de Dieu renvoie à deux aspects de sa personne : sa qualité
morale d’une part (Dieu est juste), et sa fonction juridique d’autre part (Dieu exerce
la justice). Examinons de plus près chacune de ces facettes.
» La justice comme qualité morale de Dieu
Bien évidemment, la Parole ne tarit pas de références à cette qualité morale de
Dieu :
• « Ta justice, ô Dieu, atteint jusqu’au ciel. » (Psaume 71.19)
• « Éternel, Dieu d’Israël, tu es juste. » (Esdras 9.15)
• « Tu es trop juste, Éternel, pour que je conteste avec toi. » (Jérémie
12.1)
• « Père juste… » (la prière sacerdotale en Jean 17.25)
Comment définir la justice ? Être juste, c’est posséder le caractère qui conduit à
41
Doctrine biblique et vie chrétienne
toujours faire ce qui est droit, équitable, intègre. Examinons de plus près chacun de
ces traits.
La droiture consiste à aller droit au but, sans détour ni chemin de traverse dans
ses actions, dans ses jugements. On peut penser ici à David, à qui Nathan a pu dire
sans ambages : « Tu es cet homme-là » (2 Samuel 12.7). Jésus use de la même
radicalité lorsqu’il repousse Pierre : « Arrière de moi, Satan ! tu m’es en scandale »
(Matthieu 16.23).
Même tonalité vis-à-vis du jeune homme riche : « Il te manque une seule
chose… » (Marc 10.21). Ce que le Saint-Esprit nous dit est toujours net et précis, en
opposition avec les accusations de l’Adversaire, toujours floues et diffuses, par
lesquelles il cherche à nous culpabiliser.
L’équité, c’est traiter l’autre avec impartialité. Voici une expression qui revient
sans cesse : Dieu « ne fait pas acception de personnes » (Actes 10.34 ; Romains
2.11 ; Galates 2.6 – version Segond), ou de « favoritisme » (Segond révisée). Être
impartial, c’est traiter tout le monde de manière similaire. Pour illustrer clairement
cette idée, la Parole cite un certain nombre de paires d’opposés, tels que :
• les justes comme les méchants. Dieu, en effet, « fait pleuvoir sur les
justes et sur les méchants » (Matthieu 5.45).
• Juifs et païens. « Gloire, honneur et paix pour quiconque fait le bien,
pour le Juif et pour le Grec, car devant Dieu il n’y a pas de
favoritisme. » (Romains 2.10-11).
• Maîtres et esclaves, car ils ont « un même maître dans les cieux »
(Éphésiens 6.9).
L’intégrité, enfin, renvoie à l’incorruptibilité. Deutéronome 10.17-18 indique
que notre Dieu est « le Dieu grand […] qui ne reçoit point de présent » ; autrement
dit, nous ne pouvons pas acheter les faveurs de Dieu. Devant Dieu, donc, pas de
marchandage, pas de bonnes œuvres méritoires ou d’expiations salvatrices.
» La fonction judiciaire de Dieu
C’est parce que Dieu possède de façon absolue ces qualités (étudiées juste
ci-dessus) qu’il est en mesure d’exercer parfaitement sa fonction de juge, à laquelle
la Bible renvoie abondamment :
• « Celui qui juge toute la Terre n’exercera-t-il pas la justice ? » (prière
d’Abraham en Genèse 18.25)
• « Dieu est celui qui juge. » (Psaume 75.8)
• « Du juge qui est le Dieu de tous… » (Hébreux 12.23)
• Ésaïe 33.22 mentionne simultanément les fonctions juridique,
législative et exécutive, pour ainsi dire : « L’Éternel est notre juge,
L’Éternel est notre législateur, l’Éternel est notre roi ».
42
Dieu
• 1 Pierre 1.17 : « Et si vous invoquez comme Père celui qui juge selon
l’œuvre de chacun, sans favoritisme, conduisez-vous avec crainte
pendant le temps de votre pèlerinage. »
Dieu assume cette fonction juridique dans trois axes différents :
» Le gouvernement du monde
Autrefois, juger un peuple, rendre la justice, était confondu avec le fait de le
gouverner, le diriger. Il suffit de penser à l’époque biblique des Juges, des dirigeants
que Dieu avait mis à la tête du peuple pour palier l’absence de rois, et qui exerçaient
donc à la fois les fonctions juridique, législative et exécutive. Dans Psaumes 96.13
ou 98.9, le mot « juger » est traduit dans la TOB par « gouverner » : « Il gouvernera le
monde avec justice. «
» La justice rémunératrice
Dieu exerce sa justice en intervenant en faveur des opprimés. « L’Éternel fait
justice, il fait droit à tous les opprimés. » (Psaume 103.6). En Luc 18.7, après avoir
raconté la parabole dite du juge inique, Jésus la commente ainsi : « Dieu ne fait-il pas
justice à ses élus qui crient à lui jour et nuit ? »
Dieu exerce sa justice en récompensant ceux qui lui obéissent. « Dieu n’est pas
injuste pour oublier votre travail et l’amour que vous avez montré pour son nom »,
lisons-nous en Hébreux 6.10. Les encouragements de cette sorte se trouvent à
d’autres endroits de l’Écriture : « C’est bien, bon et fidèle serviteur ; tu as été fidèle
dans les petites choses, je te confierai beaucoup ; entre dans la joie de ton maître. »
(Matthieu 25.21). Il est enfin question de l’évaluation de nos œuvres au jour du
jugement : « Chacun recevra sa propre récompense selon son propre travail. »
(1 Corinthiens 3.8). Voir aussi 2 Corinthiens 5.10.
» La justice punitive
Dieu peut punir immédiatement, c’est-à-dire dans le temps de vie de la personne
concernée. L’Ancien Testament rapporte un grand nombre de jugements
« immédiats » : le déluge, Sodome et Gomorrhe, Nadab et Abihu, fils d’Aaron
(Nombres 3.2-4), les fils de Koré, Marie sœur de Moïse, Acan (Josué), Guehazi,
serviteur d’Élisée (2 Rois 5.26-27). Dans le Nouveau Testament, on peut
mentionner la mort d’Hérode (Actes 12.23) ; celle d’Ananias et Saphira (Actes 5) ;
la cécité du magicien Élymas (Actes 13.11).
Par contre, le jugement définitif se situe à la fin des temps ; on l’appelle en
général le « jugement dernier ». Ce jugement est annoncé dans de nombreux
passages de la Parole de Dieu. On peut citer Jean 5.22-29 (« Ceux qui auront fait le
bien ressusciteront pour la vie, ceux qui auront fait le mal ressusciteront pour le
jugement. »), Matthieu 25.31-45 et Apocalypse 20.11-15. Il a pour finalité la
séparation totale et éternelle d’avec Dieu. C’est ce qu’on appelle la seconde mort.
43
Doctrine biblique et vie chrétienne
Parler de justice punitive nous amène à parler de la colère de Dieu. Elle est
mentionnée très souvent dans l’Ancien Testament ; dans le Nouveau elle l’est aussi
9 fois dans l’épître aux Romains, 5 fois dans Éphésiens, et 11 fois dans
l’Apocalypse. Telle que nous la concevons, la colère est une réaction très négative
qui manifeste l’emportement, le manque de maîtrise de soi, voire l’agressivité, ou
l’orgueil. Mais la colère de Dieu est tout autre, car elle exprime sa juste indignation
contre ceux qui méprisent et rejettent son amour. « Toute impiété et toute injustice
des hommes… » (Romains 1.18), l’endurcissement et l’impénitence d’un cœur
(Romains 2.5), « celui qui ne croit pas au Fils » (Jean 3.36)… voilà ce qui provoque
la colère de Dieu. Le moyen d’y échapper est simple : la justification par le sang de
Christ, nous dit Romains 5.9.
La justice en tant qu’attribut de Dieu peut être considérée comme un attribut
communicable à l’homme. Dieu, en effet, nous donne sa justice. Il nous déclare
justes (Romains 5.1), parce que Jésus-Christ a subi à notre place la condamnation
que nous méritions. D’ailleurs, la caractéristique de la nouvelle naissance est de
pratiquer la justice : « Quiconque pratique la justice est né de Dieu » (1 Jean 2.29).
Nous connaissons le verset de Michée (6.8) : « Ce que l’Éternel demande de toi,
c’est que tu pratiques la justice ». Ce qui est juste, ce sont les commandements de
Dieu, et nous sommes appelés à y obéir.
y La fidélité
« Est fidèle une personne qui ne manque jamais aux engagements qu’elle a pris,
une personne sur laquelle on peut compter et s’appuyer d’une façon absolue, quelles
que soient les circonstances. »
La fidélité est un attribut de Dieu qui est constamment évoqué dans la Bible : le
substantif ou le qualificatif « fidèle » reviennent plus de 75 fois dans l’Ancien
Testament, notamment dans les Psaumes. Dans le Psaume 89, par exemple, le mot
apparaît une dizaine de fois. Au verset 15, la fidélité de Dieu est associée à son
amour et à sa justice : « La justice et l’équité sont la base de son trône, la bonté et la
fidélité sont devant sa face. » Dans le Nouveau Testament, le mot grec « pistis »
traduit par « fidélité » ou « fidèle » revient plus de 66 fois. L’adjectif est à plusieurs
reprises appliqué à Jésus-Christ : « Il est un souverain sacrificateur fidèle » (Hébreux
2.17). « Il est le témoin fidèle » (Apocalypse 1.5). « Celui qui montait le cheval blanc
s’appelle Fidèle et Véritable » (Apocalypse 19.11).
C’est la nature de Dieu d’être fidèle, et c’est la conséquence de deux autres de ses
caractéristiques : l’immuabilité associée à l’amour. Le caractère immuable de Dieu
est décrit ainsi dans les textes bibliques : « Aucune ombre de changement » (Jacques
1.17) et « je suis l’Éternel, je ne change pas » (Malachie 3.6). « Le même hier,
aujourd’hui, éternellement. » (Hébreux 13.8). Ce qu’il a décidé hier est valable
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Dieu
aujourd’hui et demain, il n’y a pas chez lui de variation d’attitude, pas de « saute
d’humeur », pour le dire légèrement. Pour ce qui est de l’amour, nous avons déjà
évoqué le sujet précédemment… mais redisons-le, le Seigneur nous aime d’un
amour éternel (Jérémie 31.3) et il nous renouvelle chaque jour sa bonté
(Lamentations 3.22-23).
La fidélité de Dieu se manifeste de multiples manières. Entre autres choses :
• Il tient ses promesses. Voir les Psaumes 119, 89, 90 ; Psaume 89.34.
Toutes les alliances contractées envers les hommes : avec Noé
(Genèse 9.8, 17), Abraham (Genèse 17.2), Moïse (l’alliance du Sinaï :
Exode 34.10, 28), David (2 Samuel 7.16, 23.5) ; la nouvelle alliance
(Hébreux 8.6).
• Il nous protège (2 Thessaloniciens 3.3). Il nous sanctifie
(1 Thessaloniciens 5.23-24 ; 1 Corinthiens 1.8-9).
• Les épreuves et même les châtiments qu’il permet sont, étonnamment,
une nouvelle preuve de sa fidélité. « Je sais, ô Eternel, que tes
jugements sont justes ; c’est par fidélité que tu m’as humilié », s’écrie
le psalmiste (Psaume 119.75). « Dieu, qui est fidèle, ne permettra pas
que vous soyez tentés au-delà de vos forces… » (1 Corinthiens
10.13).
En tant qu’enfants de Dieu, nous nous devons d’être, comme lui, fidèles en toutes
choses, dans les petites comme dans les grandes (Matthieu 25.21-23).
y La sagesse
La sagesse est plus que l’intelligence, plus que le savoir. Elle concerne le
comportement, et englobe de nombreuses qualités : discernement, bon sens,
sensibilité, modération, détermination, prudence, conviction.
La Bible envisage la sagesse de Dieu sous plusieurs angles : Dieu seul est sage
(Romains 16.27). En Jésus-Christ, la sagesse de Dieu s’est incarnée, elle a pris
visage et voix (le Proverbes 8, semble évoquer la personne de Christ sur terre).
Enfin, Jésus-Christ est notre sagesse (1 Corinthiens 1.30).
Dieu est celui qui poursuit des objectifs parfaits et qui utilise pour les atteindre
des moyens parfaits (les mieux adaptés). La sagesse de Dieu s’appuie sur ses autres
attributs, là encore elle est inséparable d’eux. Des objectifs parfaits, en effet,
nécessitent une connaissance parfaite. Des moyens d’agir les mieux adaptés
nécessitent de posséder la puissance, que Job reconnaît être en Dieu seul (voir Job
9.4, 12-13, par exemple).
La sagesse de Dieu se manifeste à travers :
• la création ;
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Doctrine biblique et vie chrétienne
• la vie des hommes de Dieu (Abraham, Jacob, Joseph, David, Moïse) ;
• son plan rédempteur pour l’humanité, conçu de toute éternité ;
• l’Église, un témoignage de la « sagesse infiniment variée de Dieu »
(Éphésiens 3.10) ;
• nos vies personnelles. Notre responsabilité consiste ici à reconnaître
la sagesse de Dieu dans ce que nous vivons.
Pour nous, la sagesse est une qualité que nous sommes appelés à partager avec
Dieu. Elle est nécessaire, et nous devons donc la demander, et Dieu nous la donnera
(Jacques 1.5).
La définition biblique de la sagesse humaine est la crainte de l’Éternel (beaucoup
de versets le redisent : Psaume 111.10 ; Proverbes 1.7 ; 9.10 ; 15.33 ; Job 28.28). La
sagesse consiste à se soumettre à Dieu. C’est pourquoi le seul moyen de croître dans
la sagesse est de lire et méditer la Parole de Dieu. 2 Timothée 3.15 nous dit que c’est
la Parole de Dieu qui nous rend sages.
Le but de la sagesse n’est pas de faire montre de toutes sortes de savoirs (la
sagesse ne doit pas être confondue avec la connaissance), mais c’est de bien se
comporter dans la vie chrétienne. La sagesse ne consiste pas forcément à
comprendre tous les pourquoi de l’action de Dieu (Romains 11.33) de même,
pourrait-on dire, que conduire une voiture consiste à éviter les obstacles, non pas à
toujours expliquer pourquoi il y a des obstacles.
P o u r f i n i r …
L’étude de la personne de Dieu est infiniment vaste. Pour conclure, nous ne ferons
que trois remarques.
Tout d’abord, il est impossible de définir Dieu, car cela impliquerait que Dieu est
fini. Or Dieu n’a pas de fin, il est infini, c’est sa caractéristique. Il est infini dans
l’espace, infini dans le temps, dans l’amour… il échappe à la compréhension
humaine, ce qui est logique – sans quoi créateur et créature seraient égaux.
« Prétends-tu sonder les pensées de Dieu, parvenir à la connaissance parfaite du
Tout-puissant ? » (Job 11.

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