Entrer en liturgie. T2 - Les sacrements
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Description

Pour cheminer dans la foi à l'aide des sacrements ! Une présentation simple et accessible des sacrements qui permet d'en dégager le sens pour les vivre pleinement. Dans ce 2ème tome, trouvez une présentation de chacun des sacrements permettant de dégager le sens des rites célébrés.
Un ouvrage très fécond pour tous les chrétiens, et indispensable à tous les responsables de la mise en œuvre des sacrements, prêtres et laïcs.


Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 01 avril 2015
Nombre de lectures 54
EAN13 9782728921331
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0067€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Michel Steinmetz
E NTRER EN LITURGIE
2. Découvrir les sacrements

M AM E-D ESCLÉE
T ABLE DES MATIÈRES
Liminaire
La liturgie, porche de la foi
Cheminer avec les sacrements
Introduction
Les déplacements dans la célébration du baptême
Les enjeux de la célébration de la première communion
Le caractère baptismal et ecclésial de la confirmation
Le sacrement de la pénitence et de la réconciliation ou la question du pardon dans la foi
L’onction des malades dans le giron de la célébration communautaire
Le sacrement de l’Ordre : pour la croissance du corps de l’Église
La théologie du sacrement de mariage et la place de l’assemblée
Cheminer avec la parole de Dieu
Introduction
Pour que la Parole construise l’assemblée
L’adoration eucharistique
Parole de Dieu et liturgie des Heures
Parole de Dieu et liturgie pénitentielle
Parole de Dieu et prière pour les défunts
Le Rosaire
La prière du matin
La prière du soir
Cheminer avec la liturgie et témoigner au cœur de la vie
Introduction
La liturgie est vie
Quand la liturgie rejoint le quotidien
Quand des chrétiens se rassemblent…
Les enfants et le mystère de l’assemblée liturgique
Une liturgie de Pentecôte
L’Esprit Saint et la liturgie
Eucharistie, mission et pastorale
Écoute et parole : aller à la contemplation
Un espace annonciateur du Royaume à venir
Conclusion
Quand la Vierge Marie interpelle notre vision de la liturgie
Notes
Copyright
L IMINAIRE
La liturgie, porche de la foi
La liturgie est souvent comprise comme un aboutissement, le lieu où il est enfin possible de parvenir après une initiation – spirituelle et sacramentelle – dûment réussie. En parler comme d’un porche change considérablement la donne. La liturgie est alors perçue dans son rôle de médiation, de lieu de rencontre avec Dieu lui-même. En architecture, elle serait comparable, dans sa fonction, aux grands portails médiévaux, tel celui de Vézelay, où le Christ de gloire, bras étendus, invite à franchir le seuil pour entrer dans son intimité. En promulguant l’Année de la Foi, le pape Benoît XVI avait décidé de retenir une expression des Actes des Apôtres (14, 27) : la « porte de la foi ( porta fidei ) ». En parcourant le texte du Motu proprio éponyme, il est frappant de constater combien la liturgie y tient une place de premier plan. C’est sans doute par goût personnel du Pape, mais pas uniquement. Il écrivait :
Sans la liturgie et les sacrements, la Profession de foi n’aurait pas d’efficacité, parce qu’elle manquerait de la grâce qui soutient le témoignage des chrétiens. De la même manière, l’enseignement du Catéchisme sur la vie morale acquiert toute sa signification s’il est mis en relation avec la foi, la liturgie et la prière 1 .
Il faut donc se demander en quoi la liturgie participe de cette entrée dans la foi. Si elle n’est pas l’arrivée au terme d’un parcours, point que ne pourraient atteindre que les plus valeureux ou les plus vertueux (une liturgie pour les élites, comme on l’entend parfois), elle prétend se placer comme un moyen permettant de vivre et de cheminer dans la foi. En ce sens, elle est intrinsèquement missionnaire et évangélisatrice ; elle ne présuppose pas un degré supérieur de foi, mais elle y conduit. Pourquoi ? Voilà la question à laquelle nous allons tenter de répondre.
La liturgie se fonde dans l’Écriture
La vie de foi des chrétiens, si elle est tend vers l’attente du Jour du Seigneur, s’insère aussi dans une longue histoire. Née avec la vocation d’Abraham, cette histoire a été marquée, à tout jamais, en Jésus Christ, par l’insertion de Dieu dans la destinée des hommes. C’est dire l’importance que tient l’évocation des faits majeurs de cette histoire du Salut dans la vie de la communauté. Elle est d’autant plus importante que les événements sauveurs sont rendus présents dans la célébration des sacrements. On comprend dès lors pourquoi la lecture de la Bible, où sont consignés ces événements, tient une place prépondérante dans l’assemblée liturgique, au point que le concile Vatican II demande que « dans les célébrations sacrées, on restaure une lecture de la sainte Écriture plus abondante, plus variée et mieux adaptée 2 ». Cependant, la présence de l’Écriture au cœur de l’assemblée ne se limite pas aux seules lectures. Toute la liturgie « coule de Bible », pour reprendre la belle expression de Louis-Marie Chauvet 3 : les oraisons et formulaires de prière reprennent sans cesse des expressions bibliques, que ce soit en les citant directement ou en les paraphrasant ; l’homélie commente l’Écriture ; les chants la magnifient par le langage poétique ou la seule mise en musique qui favorise le travail de la mémoire. Bref, en liturgie, la parole de Dieu ne cesse de résonner de multiples manières. Le fidèle est immergé dans une ambiance scripturaire : il assimile une Parole qui, pour lui, devient familière, plus immédiatement sans doute à son cœur qu’à sa raison. « Fides ex auditu (La foi naît de l’écoute). » (Rm 10, 17)
La liturgie : la foi vivante de l’Église
L’adage célèbre et familier pour les liturgistes : lex orandi, lex credendi , attribué à Prosper d’Aquitaine ( V e siècle), signifie que « la loi de la prière est la loi de la foi, l’Église croit comme elle prie. La liturgie est un élément constituant de la sainte et vivante Tradition 4 . » Ainsi, profession de la foi et célébration de la foi sont inséparables. On pourrait traduire cette idée de manière très actuelle par la formule : « Dis-moi comment tu pries et je te dirai en quoi tu crois. » Effectivement, les mots de la prière et les gestes liturgiques sont porteurs des vérités de la foi. Toute atteinte, toute mauvaise compréhension, toute déviation imposées aux formes liturgiques ont des répercussions sur la foi effectivement annoncée et vécue. Si l’on considère la liturgie uniquement comme l’acte « social » et public dont les croyants doivent s’acquitter, alors la liturgie peut être modelée à leur guise. En revanche, si l’acte liturgique est bien celui de toute l’Église qui croit, s’il est une profession de la foi avec la noble charge de faire entrer le croyant dans le mystère de Dieu, il doit se décentrer de ceux qui en sont les acteurs au profit de l’unique acteur, le Christ. C’est bien l’enjeu du rapport « Je crois / Nous croyons 5 » : le fidèle, et toute communauté ecclésiale, se reçoit toujours et d’abord de Dieu. L’initiative divine est en effet première. L’Église elle-même n’est pas propriétaire du don de la foi ; elle en est la dépositaire. À plus forte raison, le groupe – constitué en assemblée –, qui célèbre, doit demeurer ouvert au Christ. Il veillera à ne pas privilégier des manières de célébrer qui le renfermeraient sur lui-même.
La liturgie fait entrer dans le mystère pascal
La liturgie envisagée comme porche ne nous fait pas entrer dans un contenu, dans des vérités dogmatiques à répéter. Elle fait plus. Elle fait pénétrer dans l’intimité de Celui qui est la Vérité (Jn 14, 6). Elle donne à vivre le mystère pascal. Notre époque encore marquée de l’esprit des Lumières aurait tendance à induire une dichotomie entre acte de célébration et vérités de la foi qui lui seraient supérieures. Les « concepts » apparaîtraient comme plus nobles, plus rationnels que les formes liturgiques. Il serait plus important de s’attacher au contenu qu’au contenant ; dans la pastorale, cela conduirait à favoriser nettement la catéchèse, et les actions pastorales qui en découlent, au détriment de la liturgie et de la pastorale liturgique. Il y aurait donc une alternative quant à la manière de vivre la liturgie : dans le premier cas, elle resterait un « exercice de piété qui n’engage pas la profondeur de la réflexion 6 » ; dans le second, elle deviendrait le centre de la journée, en attendant le Jour où « ce qui est signifié demeurera, quoique semble passer ce qui signifie 7 ». Ainsi, célébrer le mystère pascal, ce n’est pas seulement dire son assentiment à la foi, confesser la foi de l’Église, mais c’est, en le disant, le célébrer et le vivre. « Prenez en gage ma mort 8 », fait dire saint Augustin au Christ, dans le sens où ce qui est donné contient déjà un don plus grand, et où ce que nous consentons à vivre de la mort et de Résurrection de Jésus est une « avance » sur ce qui nous attend encore.

Parce qu’elle se fonde dans l’Écriture, parce qu’elle est la foi vivante de l’Église, célébrée et vécue, parce qu’elle offre de prendre part au mystère pascal, la liturgie est bel et bien porta fidei , porche qui introduit au mystère de Dieu. Elle n’est cependant pas réductible à une mission d’interface. Pour poursuivre la métaphore architecturale, elle serait à la fois porche et cathédrale tout entière.
Porche, parce que celui qui célèbre la foi se renouvelle aux sources vives de la grâce. Il reçoit la nourriture nécessaire pour, avec la volonté du témoignage, vivre de la vie de Dieu et grandir en sainteté. Il peut passer du « dehors » au « dedans ». Grâce à la liturgie, la foi n’est pas que paroles sur Dieu, elle est rencontre avec Dieu.
Cathédrale, parce que celui qui passe le porche et fait l’expérience du monde qui s’ouvre à lui se souvient que le porche fait partie intégrante de l’édifice.
Ainsi, la liturgie n’est pas concevable comme une action dont il faudrait s’acquitter parce que cela ferait partie d’un « package catho ». Elle n’est pas une forme rituelle, évoluant au gré des humeurs ou des envies des uns et des autres. Elle est le lieu où la foi se fait rencontre, où le mystère de Dieu devient palpable. En retour, la liturgie nourrit la foi, elle la raffermit, la ressource, la recharge en grâce. La foi, adhésion de tout l’être à la personne de Dieu, et dont le but ultime est de ne plus faire qu’un avec Lui, a besoin d’être fréquemment ravivée dans le mystère de Dieu :
La foi grandit et se renforce seulement en croyant ; il n’y a pas d’autre possibilité pour posséder une certitude sur sa propre vie sinon de s’abandonner, dans un crescendo continu, entre les mains d’un amour qui s’expérimente toujours plus grand parce qu’il a son origine en Dieu 9 .
Dans un premier tome, nous avons cheminé dans le sacrement de l’eucharistie, en repérant d’une part les grandes étapes qui la constituent et en nous arrêtant d’autre part aux différents moments vocaux et musicaux comme à des jalons. Dans ce deuxième tome, nous allons poursuivre notre cheminement au cœur de la liturgie pour entrer toujours plus avant dans son intelligence, intelligence de l’esprit, du corps et de l’âme. Les sept sacrements de l’Église nous permettront de repérer comment leur célébration est appelée à se déployer et à se dilater au cœur de toute vie chrétienne et combien ils ne peuvent se réduire à des moments isolés. Ensuite, à travers ­différentes formes liturgiques, paraliturgiques ou dévotionnelles, la parole de Dieu apparaîtra comme une composante nécessaire car cette Parole est sacrement aussi de la présence du Christ à son Église 10 . Enfin, parce que la liturgie est « source et somment de l’activité de l’Église 11 », elle ne s’épuise pas elle-même comme une fin et un tout et n’épuise pas les autres formes de la vie chrétienne. Elle est le lieu unificateur pour une martyria – un témoignage – authentique et une diaconia – une charité – féconde.
C HEMINER AVEC LES SACREMENTS
Introduction
Cheminer avec les sacrements : cela sous-entend que les sacrements font cheminer ceux qui les célèbrent. Itinéraire spirituel que le croyant accomplit et qui est l’objet même du sacrement, itinéraire aussi que le rituel traduit et met en espace. La pérégrination sacramentelle se mesure encore à l’échelle d’une vie au cours de laquelle les sacrements se déploient. Baptême, eucharistie, confirmation marquent l’initiation de la vie en Christ ; réconciliation et sacrement des malades viennent réconforter et raffermir la vie défaillante ; Ordre et mariage consacrent dans un état de vie pour la croissance du corps ecclésial. Certains sont réitérables, d’autres non. Le baptisé est plongé dans la vie du Christ qui ne cessera alors de se rendre sacramentellement présent à qui croit et vit en Lui.
Pour l’accomplissement d’une si grande œuvre, le Christ est toujours là auprès de son Église, surtout dans les actions liturgiques. Il est là présent dans le sacrifice de la messe, et dans la personne du ministre, « le même offrant maintenant par le ministère des prêtres, qui s’offrit alors lui-même sur la croix » et, au plus haut degré, sous les espèces eucharistiques. Il est présent, par sa puissance, dans les sacrements au point que lorsque quelqu’un baptise, c’est le Christ lui-même qui baptise. Il est là présent dans sa Parole, car c’est lui qui parle tandis qu’on lit dans l’Église les saintes Écritures. Enfin il est là présent lorsque l’Église prie et chante les psaumes, lui qui a promis : « Là où deux ou trois sont rassemblés en mon nom, je suis là, au milieu d’eux. » (Mt 18, 20) Effectivement, pour l’accomplissement de cette grande œuvre par laquelle Dieu est parfaitement glorifié et les hommes sanctifiés, le Christ s’associe toujours à l’Église, son Épouse bien-aimée, qui l’invoque comme son Seigneur et qui, par la médiation de celui-ci, rend son culte au Père éternel 12 .
Cheminer avec les sacrements, c’est donc tout à la fois accueillir la grâce qu’ils communiquent et se laisser mettre en route par eux vers l’unique but : la rencontre avec le Christ vivant. Être chrétien, c’est devenir fils avec le Fils et, pour croire au Dieu que nous révèle Jésus, il faut appartenir à la communion des saints, au Corps du Christ. L’Église communie dans les sacrements au mystère de mort et de Résurrection et elle ne subsiste qu’en se recevant de celui qui détient les clés de la mort.
La foi sourd de l’Église et mène à l’Église.

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