Et si Dieu existait ?
141 pages
Français

Vous pourrez modifier la taille du texte de cet ouvrage

Et si Dieu existait ?

-

Obtenez un accès à la bibliothèque pour le consulter en ligne
En savoir plus
141 pages
Français

Vous pourrez modifier la taille du texte de cet ouvrage

Obtenez un accès à la bibliothèque pour le consulter en ligne
En savoir plus

Description

Et si Dieu existait ? Pourquoi y a-t-il plusieurs religions ? La vie a-t-elle un sens puisque nous mourrons ? Qui a créé Dieu ? L’homme est-il encore libre s’il est obligé d’obéir à Dieu ? Qu’est-ce que la Trinité ? Jésus aurait-il pu être une femme ? Et pourquoi la souffrance si Dieu est Amour ?À ces questions, et à tant d’autres, le père Charles Delhez, répond ici en toute simplicité. Il ne s’agit pas d’accumuler un savoir religieux mais plutôt de proposer une réponse à toutes les questions qui, un jour ou l’autre, nous viennent à l’esprit et, ainsi, d’éclairer la foi chrétienne. Finalement, l’essentiel est si simple : Dieu est amour et l’amour fait vivre !Charles Delhez, jésuite, est aumônier des Facultés universitaires Notre-Dame de la paix (Namur) où il enseigne les sciences religieuses. Journaliste et directeur éditorial des éditions Fidélité, il est également conférencier et animateur de retraites de jeunes, de fiancés et de famille. Prédicateur aux messes télévisées de la RTBF et de France 2, il est aussi l’auteur d’une quarantaine de livres pour adultes, jeunes et enfants dans lesquels il rend la foi chrétienne accessible à tous.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 19 décembre 2012
Nombre de lectures 9
EAN13 9782728917693
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0060€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Introduction
« Maman, est-il beau, Dieu ? » demandait une petite fille qui voulait le dessiner avec ses crayons de couleur. La maman, bien embarrassée, répondit que oui. Mais très vite, la petite redescendit de sa chambre. « Déjà fini ? – Non, mais j’ai renoncé à mon dessin. J’ai trop peur d’abîmer Dieu. »
C’est la même crainte qui habite l’auteur de ces 120 réponses ! Le but n’est cependant pas d’accumuler un savoir religieux, mais de débroussailler la foi chrétienne de toutes ces questions qui nous poursuivent pour retourner à l’essentiel. Car, finalement, c’est si simple : Dieu est amour et l’amour fait vivre !
Ce livre se situe dans la tradition qui remonte à Jésus de Nazareth, celui qui, selon les chrétiens, a le mieux parlé de Dieu. Par sa manière de vivre proche de tous – à commencer par les exclus, les oubliés, les méprisés –, il a révélé la beauté du visage de l’homme quand il se laisse illuminer de l’intérieur.
Jésus, le Christ, a voulu nous faire comprendre que l’essentiel se ramenait à deux commandements : l’amour de Dieu et celui du prochain, même notre ennemi. Tant d’hommes et de femmes, au fil des siècles, ont été touchés par la force de son message qui, pourtant, l’a mené jusqu’à la croix ! Ils le proclament toujours vivant à l’intime d’eux-mêmes et au cœur du monde et reconnaissent en lui Dieu lui-même venu visiter son peuple en lui envoyant son Fils. Ils veulent vivre de son Esprit.
Cette véritable révolution religieuse a pris corps dans l’Église, toujours invitée à se convertir. C’est la tradition catholique que le petit livre que vous avez dans les mains se propose de revisiter. Puissent ces 120 réponses « en toute simplicité » ne rien abîmer de ce qui reste un inépuisable « mystère » et inviter les lecteurs à poursuivre leur recherche.
Notre monde a besoin d’un souffle nouveau. Ne le trouverions-nous pas dans l’Évangile de Jésus Christ ? Seul l’amour peut mettre le feu à notre Terre.

Charles Delhez
Dieu
Et si Dieu existait ?
À cette question, les chrétiens répondent qu’effectivement il existe. Non parce qu’ils ont des preuves, mais parce qu’ils croient en lui. C’est d’abord une question de confiance, au sens où des enfants croiraient en leurs parents. Bien sûr, des parents, chacun peut les voir. Mais comment être assuré de leur amour ? Parce qu’il existe des signes qui nous le font comprendre. Les parents reconnaissent la voix de leur enfant, savent le bercer quand il pleure… Celui qui croit en Dieu a, lui aussi, perçu des signes de son amour : un magnifique paysage, un moment de joie très forte ou de prière intense, une page d’Évangile, un témoin qui vit de lui…
Jusqu’au xix e siècle, la plupart des gens croyaient que le monde ne s’était pas fait tout seul et qu’il y avait quelqu’un qui veillait sur eux. Aujourd’hui, en Europe occidentale, nous pouvons distinguer trois groupes. Le premier est composé de croyants, ceux qui, dans ce monde en évolution rapide, persistent et signent : oui, Dieu existe. La majorité est chrétienne mais il y a aussi des musulmans, des juifs… Certains, moins nombreux qu’avant, sont absolument sûrs que Dieu n’existe pas. Ils sont appelés athées , littéralement « sans-Dieu ». Il y a, enfin, les agnostiques, ceux qui ne savent pas répondre à la question « Dieu existe-t-il ? ». Ils hésitent. Les agnostiques peuvent être subdivisés en deux groupes. Ceux qui cherchent, parfois avec beaucoup d’intensité et même d’angoisse. Et le groupe des indifférents. Ils ne se posent pas vraiment la question, parce qu’ils sont occupés à d’autres choses. Tous les hommes peuvent être tentés par cette indifférence. En effet, même pour les croyants, il ne faut jamais cesser de chercher.
Qui a créé Dieu ?
Toute chose, tout être a un commencement. Quel est donc celui de Dieu ?
Dieu est le mot que nous employons pour parler de celui qui explique l’existence de tout sans avoir besoin lui-même d’explication. Si vous trouviez celui qui a créé Dieu, il faudrait alors vous demander qui a créé celui-là. Nous appelons Dieu cet être qui a tout créé sans avoir besoin lui-même d’être créé. Certains cependant disent que tout est arrivé par hasard. Ils n’ont pas besoin de Dieu. D’autres, les croyants, remercient celui qu’ils appellent Dieu et qui a permis que tout existe. Celui qui croit qu’il y a un dieu va essayer de le découvrir et d’écouter sa parole pour la mettre en pratique. Le chrétien croit que Jésus est venu sur la Terre précisément pour faire connaître à tous les hommes ce Dieu qui est Père et leur révéler sa volonté : qu’ils s’aiment les uns les autres. C’est en vivant à l’image de Jésus que nous pouvons vérifier que son message est véridique, car il est source de bonheur.
Où est Dieu ?
Une fable raconte qu’un jour de savants personnages s’interrogeaient pour savoir où habitait Dieu. L’un d’entre eux dit : dans la nature, bien sûr ! Le vieux sage du groupe sourit, hochant la tête d’un signe négatif. Le juif qui était là répondit alors : dans le temple, sans aucun doute. Ce que s’empressa de corriger le musulman : dans les mosquées, évidemment. Le chrétien se sentit obligé de dire : je crois que c’est dans les églises. Mais le vieux sage n’était toujours pas d’accord. Finalement, il dit : « Dieu est partout où tu le laisses entrer. »
Mais un sage peut toujours rencontrer plus sage que lui. Ainsi, notre ami croisa un jeune homme qui allait se promener dans les bois. « Que vas-tu y faire ? » demanda-t-il. « Ren-contrer Dieu », répondit le jeune homme. « Mais Dieu est partout », fit évidemment remarquer le vieux sage. Et le jeune de répondre : « Oui, Dieu est partout, mais moi, je ne suis pas partout le même. C’est dans la forêt que je lui ouvre le plus facilement ma porte. »
La vie stressée de tous les jours empêche trop souvent ce rendez-vous avec nous-mêmes et avec Dieu. La marche solitaire dans une nature calme et hospitalière peut être une occasion favorable pour faire le point et rencontrer Dieu au plus profond de soi… « Rentre en toi-même, dit saint Augustin. À l’intérieur de l’homme habite la vérité. »
Qu’est-ce que la Trinité ?
Qui est Dieu ? Telle est la grande question de toutes les religions. Chacune lui attribue un ou plusieurs noms propres. Ainsi, les musulmans l’appellent Allah, les hindous Vishnou, Shiva, Krishna… La réponse chrétienne tient en une formule : Dieu est Amour. Au cœur de l’univers et à la source de tout, il y a un amour immense. Et si Dieu a créé l’homme, c’est pour qu’il y participe. Comment ? En aimant à son tour. En aimant les autres comme Dieu nous aime. En aimant Dieu, source de tout amour, lui qui nous a aimés le premier. L’amour de Dieu est peut-être le premier commandement mais, dans l’ordre de la mise en pratique, commencer par celui du prochain est sans doute plus aisé. « Quand tu aimes, ne dis pas : Dieu est dans mon cœur, mais dis : je suis dans le cœur de Dieu » (Khalil Gibran).
Ce Dieu-Amour, nous le voyons à l’œuvre dans la vie de Jésus. Fils de Dieu, il est venu sur terre pour parler aux hommes de son Père qui est aussi le leur et pour leur donner l’Esprit Saint, cet amour qui embrase tout. Risquons une comparaison : le Père est la source, le Fils, le fleuve et l’Esprit, les bras de l’estuaire qui déverse l’eau dans l’océan du monde.
Cela peut sembler un peu compliqué. Il suffit alors de se poser la question : peut-on être amour en étant solitude ? Peut-on être quelqu’un tout seul ? Dieu n’est pas solitaire, il est partage, échange, dialogue depuis toujours et pour toujours. Il est Père, Fils et Esprit Saint, et ils ne font qu’un. « Un » n’est pas ici un nombre mathématique, mais le chiffre de l’amour. Et pour mieux comprendre encore, il nous faut aimer à notre tour.
Le mystère de la Trinité, les chrétiens l’énoncent lorsqu’ils font le signe de la croix : « Au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit. »
Dieu s’intéresse-t-il à la vie des hommes ?
Bien sûr ! À celle de tous les hommes et à celle de chacun d’entre eux en particulier. « J’ai vu la misère de mon peuple », dit la voix de Dieu dans le buisson ardent (Exode 3, 7). Tout le message de Jésus Christ va dans ce sens. Il a une image amusante : « Même vos cheveux sont tous comptés » (Matthieu 10, 30). Les ordinateurs du Paradis doivent être particulièrement performants !
Il est difficile d’imaginer l’amour de Dieu. Il dépasse toute connaissance. Nous n’avons, pour y parvenir, que nos expériences humaines. Une des images les plus fortes est l’amour qu’a une mère pour son nourrisson. Le moindre de ses cris est entendu, analysé, commenté. Elle essaie de trouver la bonne réponse. Le prophète Isaïe fait dire à Dieu : « Est-ce qu’une femme peut oublier son petit enfant ? Même si elle pouvait l’oublier, moi, je ne t’oublierai pas » (Isaïe 49, 15). D’une certaine manière, Dieu est un Père qui aime tous les hommes comme une mère ! L’amour qu’il leur porte est tellement plus riche que ce que nous parvenons à vivre sur cette Terre.
Chacun est aimé de manière unique. Il faut donc vivre dans la confiance. L’homme est enfant de Dieu, dit Jésus. Si déjà les fleurs des champs sont si bien habillées et les oiseaux du ciel si fidèlement nourris, que dire de lui ? Cela n’empêchera sans doute pas les souffrances et les difficultés, mais se savoir aimé change tout. Et si nous sommes autant aimés, il nous faut aimer à notre tour. Sinon, ce n’est qu’égoïsme.
Comment comprendre la colère de Dieu ?
À en croire la Bible, Dieu se met souvent en colère. Beaucoup de passages du Premier Testament nous en parlent.
Un jour, par exemple, Jérémie fut invité par Dieu à se placer à l’entrée du Temple et à dire à tous ceux qui s’y rendaient : « Cette Maison qui porte mon Nom est-elle donc pour vous une caverne de bandits ? Quant à moi, c’est ainsi que je la vois » (Jérémie 7, 11). Si Dieu est amour, il ne peut accepter n’importe quoi, ni tolérer que l’amour soit défiguré, piétiné. S’il se met en colère, c’est bien la preuve qu’il n’est pas indifférent à ce qui arrive aux hommes, qu’il s’intéresse à eux.
Les prophètes qui ont parlé de sa colère perçoivent au fond d’eux-mêmes que le mal contrarie le projet de Dieu. En fait, ce sont eux qui sont en colère. Ils sont passionnés de Dieu et ils savent bien que Dieu ne veut qu’une seule chose : le vrai bonheur de l’homme. Donc, quand la Bible parle de la colère de Dieu, elle fait passer un message fort : le mal est un chemin de mort, qui fait notre malheur et celui des autres, et compromet le rêve de Dieu.
La foi
Qu’est-ce que la foi ?
La foi, ce n’est pas d’abord croire certaines choses, mais faire confiance à quelqu’un : Dieu. Le croyant, celui qui a la foi, a compris un jour ou l’autre, d’une manière ou d’une autre, au plus profond de lui-même, qu’il était aimé. De ce fait, il a envie d’aimer ce Dieu qui l’aime et, par extension, d’aimer tous les hommes qui sont ses frères et sœurs.
Certains disent qu’ils ont « perdu la foi ». L’expression est impropre car la foi est une relation, et non un objet que l’on pourrait égarer. Peut-être leur foi n’était-elle pas assez personnelle et se résumait-elle à quelques petites idées qu’ils admettaient. Peut-être aussi une épreuve trop lourde à porter est-elle venue ébranler cette confiance. Le mal et la souffrance restent en effet de grands points d’interrogation dans la vie. Peut-être encore s’agit-il d’un « passage à vide », d’une étape de remise en question dont la foi sortira plus forte.
La foi est, comme toute relation humaine, une plante délicate. Il convient d’en prendre soin sinon elle ne grandira pas, elle périra. Au contraire, si nous l’entretenons fidèlement, elle donnera une merveilleuse fleur ! Personne ne peut en deviner toute la beauté en se contentant de regarder la graine mise en terre.
Quelle différence entre superstition et foi ?
« Ne passe pas sous cette échelle, cela porte malheur ! » Nous avons tous entendu ce genre de réflexions ou bien rencontré des gens qui ont peur du vendredi 13, qui n’osent pas regarder un chat noir pendant la nuit… ou toute autre sorte de superstitions.
Une superstition, selon le dictionnaire, est une déviation du sentiment religieux. Elle prend parfois l’apparence de la religion, mais il s’agit en réalité de crainte et d’ignorance. Il faut faire ce geste-ci, éviter celui-là, respecter certaines coutumes… sinon il va arriver un malheur. Tout cela n’a rien à voir avec la foi !
La foi, c’est beaucoup plus que croire en l’existence de Dieu, réciter des prières et aller à la messe. C’est s’appuyer sur celui en qui on croit. La superstition est souvent liée à la peur ; la foi est toujours liée à la confiance.
Le croyant doit se garder d’utiliser la religion comme une superstition : de prier uniquement pour avoir des avantages, de s’imaginer qu’en brûlant un cierge il réussira automatique-ment ses examens ou obtiendra une promotion… Il agirait alors comme s’il voulait acheter Dieu, le mettre à son service. Certains font aussi de Dieu un gendarme qui surveille les hommes et les punira s’ils ne respectent pas toutes les obligations d’un rite. Ce n’est alors plus de la foi, c’est de la peur et cela s’apparente à de la superstition.
Peut-on prendre à la lettre tout ce qui est écrit dans la Bible ?
Prendre des textes sacrés au pied de la lettre, c’est une maladie de toutes les religions. Cela s’appelle le fondamentalisme. Ce danger existe aussi avec la Bible.
Voyons d’abord le Premier Testament (aussi appelé l’Ancien Testament). L’essentiel, le voici : Dieu a agi dans l’histoire des hommes et a fait alliance avec eux. Plusieurs livres, de différents genres littéraires, l’illustrent. Le prophète Jonas par exemple est le héros d’un conte imaginé pour faire passer un message (un peu comme Le Petit Prince d’Antoine de Saint-Exupéry). D’autres personnages, en revanche, ont réellement existé. Par exemple, Moïse, David, Élie, Jérémie et beaucoup d’autres. Ils ont existé et ont laissé un message. Mais, pour montrer toute leur importance, les hommes ont parfois exagéré leurs actions. Leur histoire est devenue une véritable épopée. Il peut aussi arriver que des légendes se mêlent aux récits historiques. Quant à Adam et Ève, ils sont des personnages « symboliques » ou « mythiques », au sens où le mythe est une sorte de parabole que l’on se raconte depuis la nuit des temps pour répondre, de manière imagée, aux grandes questions de l’humanité : d’où venons-nous ? Pourquoi le mal ? Où allons-nous ?
Le Nouveau Testament, lui, nous parle de Jésus, le fils de Marie. Celui-ci est né lorsque Tibère était empereur de Rome et Quirinus, gouverneur de Judée. Il est mort sous Ponce Pilate. Il a apporté à tous les hommes une Bonne Nouvelle et il est ressuscité, vivant pour toujours au cœur de Dieu et à nos côtés. Cela ne signifie pas que dans le Nouveau Testament tout soit à prendre au pied de la lettre. Il y a aussi des éléments symboliques qui s’y mêlent. C’est très clair par exemple dans le livre de l’Apocalypse.
La lecture de la Bible demande donc une initiation…
Comment croire aux miracles ?
« Il n’y a pas de fumée sans feu », dit un proverbe. Il s’est passé quelque chose au pays de Jésus, c’est sûr. Mais quoi exactement ? Ce n’est pas toujours facile à dire. Ce qui est certain, c’est que Jésus a guéri beaucoup de gens. Mais il n’est pas le seul à l’avoir fait. On trouve des guérisseurs dans toutes les cultures et toutes les religions. À l’époque, par exemple, un certain Apollonios de Tyane (vers 97 après J.-C.) était célèbre. Dans la vie des saints, il y a aussi des faits étonnants. Aujourd’hui encore, certaines personnes disent avoir été guéries miraculeusement.
Quand on veut faire comprendre quelque chose d’important, on essaie de trouver un signe peu ordinaire. Jésus, par les guérisons, dit aux hommes : le bonheur que vous cherchez tous, il est à portée de main et c’est Dieu qui vous le donne. La souffrance et la mort n’auront pas le dernier mot. Le miracle, c’est aussi une invitation de Jésus à faire attention à sa parole, à repartir meilleur, à se convertir. Même si la science parvenait un jour à tous les expliquer, l’important est que nous ayons compris le message.
Les « miracles » sont donc à lire un peu comme des paraboles. Pour que nous comprenions bien, les évangélistes y ont parfois ajouté des détails symboliques. Certains « miracles » sont-ils entièrement symboliques ? Ce n’est pas impossible. Les miracles ne s’adressent pas d’abord à notre intelligence, mais à notre cœur.
L’homme est-il encore libre s’il est obligé d’obéir à Dieu ?
Les mots sont des pièges. Dans cette question, obéir, ce serait être un esclave, ou presque ; être libre, ce serait faire tout ce que l’on désire. Mais la liberté ne consiste pas à faire n’importe quoi. Ce sont les ailes qui ont été données à l’homme pour lui permettre de s’envoler vers l’horizon, pour inventer son avenir, pour prendre son existence en main et réussir lui-même sa vie. Bien sûr, c’est une arme à double tranchant : il est toujours possible de s’écraser en plein vol. Conduire un avion, cela s’apprend, réussir sa vie aussi.
Dans le mot obéir, en latin, il y a le mot « écouter ». Obéir, c’est donc écouter Dieu, être attentif à ce qu’il demande. Pour les croyants, Dieu ne demandera jamais « n’importe quoi ». Il a créé les hommes et les aime comme un père, il sait ce qui est bon pour eux. Il ne va pas dicter leur avenir, mais les conseiller, leur ouvrir des pistes.
Ce qui est important, pour réussir sa vie, c’est d’écouter les autres. La prière met à l’écoute de Dieu qui parle toujours d’amour et invite à aimer. En essayant de lui obéir, de rester à son écoute, nous pourrons alors vérifier que l’Évangile est un chemin de vie.
Jésus était juif… Pourquoi les chrétiens ne le sont-ils pas ?
Certes, les chrétiens n’ont pas la même religion que Jésus, mais il faut comprendre comment s’est opéré ce changement.
Au jour de la Transfiguration, Jésus est allé prier sur la montagne avec Pierre, Jacques et Jean. Ils l’ont vu transfiguré, rayonnant de lumière. Il parlait avec Moïse et Élie : Jésus s’inscrivait donc dans la lignée du Premier Testament qui est, ici, représenté par Moïse et Élie, deux des plus grands personnages de la religion juive.
Jésus était donc bien de religion juive. Mais il a voulu renouveler cette religion de l’intérieur, la purifier, inviter ses compatriotes à mieux écouter la voix des prophètes. Cependant, ses appels n’ont pas été entendus de tous. Cela s’est terminé sur une croix. Au matin de Pâques, quelques femmes et les disciples ont petit à petit compris qu’il était vivant, que Dieu, par la Résurrection, lui avait donné raison. Ils sont cependant restés juifs tout en croyant en Jésus ressuscité. Mais ils ont été de plus en plus rejetés. Étienne, l’un des premiers disciples, a été lapidé (Actes 7, 54-60). L’Apôtre Jacques, le frère de Jean, a été supprimé par le glaive (Actes 12, 2). Vers l’an 70, tous ont été chassés des synagogues juives.
De plus des non-juifs, des « païens », ont été séduits par les messages de Jésus. Ils ont rejoint ceux qu’à Antioche, en Turquie actuelle, on a appelés pour la première fois « chrétiens », c’est-à-dire disciples du Christ. Ainsi, le christianisme et le judaïsme se sont-ils – hélas – séparés progressivement. Mais ils ont la même origine religieuse.
Pourquoi existe-t-il plusieurs religions ?
Parce que l’homme cherche Dieu et que Dieu cherche l’homme. Des traces de religion ont été découvertes dans les civilisations les plus anciennes. L’être humain a, en effet, très vite pris conscience que sa vie venait de plus loin que lui et que la mort ne pouvait pas mettre fin à son existence. Et parce que les civilisations sont bien différentes, chacun cherche Dieu en fonction de sa culture. Et Dieu, puisqu’il est créateur de tous les hommes, veut se manifester à chacun selon sa culture. Chaque religion est donc, à sa manière, un chemin pour ren-contrer Dieu.
Les chrétiens cependant croient que le Dieu unique s’est manifesté de manière exceptionnelle en Jésus de Nazareth, un être humain tout comme eux, enraciné dans une culture et une religion. Son message a quelque chose qui peut s’adapter à toutes les cultures puisque tout se résume dans l’amour : Dieu est amour et il invite les hommes à s’aimer les uns les autres et à aimer leurs ennemis. C’est, pour les chrétiens, le message le plus fort dans l’univers des religions. De plus, celui qui l’a proclamé l’a vécu jusqu’au bout. Un beau message donc, et un excellent messager ! Pour les chrétiens, Jésus est l’Emmanuel, « Dieu avec nous ». Il est le plus beau cadeau que Dieu ait fait à l’homme. Cette Bonne Nouvelle mérite d’être annoncée à tous les peuples sans pour autant mépriser les autres cultures et les autres religions.
Pourquoi des divisions entre les chrétiens ?
Orthodoxes, protestants, anglicans, catholiques… Il s’agit là de chrétiens qui ont beaucoup en commun.
Depuis vingt siècles déjà, les disciples du Christ gardent précieusement sa Bonne Nouvelle et la foi en sa Résurrection. Mais, hélas, cette longue histoire a été marquée par des divisions. Des disputes de famille, en quelque sorte.
En 1054, les chrétiens d’Orient et ceux d’Occident se sont divisés : les orthodoxes d’un côté et les catholiques de l’autre. Les différences étaient sans doute plus politiques et culturelles que religieuses. En 1517, l’Allemand Luther affiche son désaccord à propos de certaines croyances et pratiques de l’Église catholique. À sa suite, Zwingli, Calvin et d’autres forment aussi de nouvelles Églises. C’est la naissance de la branche protestante qui, au cours des siècles, va foisonner en d’innombrables petites Églises. Les anglicans, par exemple, sont les protestants d’Angleterre qui, avec Henri VIII, leur roi, se sont séparés du pape de Rome. Au cours des siècles, il y aura encore bien d’autres « réveils » au sein du protestantisme. Aujourd’hui, on parle beaucoup des évangéliques et des pentecôtistes.
Quand il y a divergence, il faut bien, à un moment ou à un autre, cesser de savoir qui a tort et tout faire pour se réconcilier. Pour y parvenir, rien de tel que de regarder les différences comme des richesses. La beauté de la liturgie des orthodoxes, l’amour des protestants pour la Bible, la force des sacrements chez les catholiques, l’ouverture des anglicans au dialogue, la foi vigoureuse des évangéliques et des pentecôtistes… autant de trésors à ne pas perdre. Et, en attendant l’unité retrouvée, les chrétiens travaillent ensemble à la paix dans le monde, car c’est pour elle que Jésus est venu.
Comment peut-on parler d’amitié avec Jésus puisqu’on ne le voit jamais ?
C’est vrai, Jésus est un ami surprenant. Il est celui que l’on ne voit pas et qui, aux dires des croyants, est le plus présent. En effet, sa résidence préférée est le cœur de ceux qui croient en lui et qui l’aiment.
Comme tous les bons amis, Jésus est discret. Il ne s’impose jamais et il est possible d’ignorer sa présence. Mais pour ceux qui choisissent de l’accueillir, Jésus sera fidèle, il les rendra heureux et sera toujours là pour recevoir leurs confidences, partager leurs joies et les soutenir dans les jours de peine.
Une amitié transforme la vie. François d’Assise, Sœur Emmanuelle, Mère Teresa et tant d’hommes et de femmes, en témoignent : « Si je n’avais pas connu le Christ, ma vie aurait été toute différente. » Et ils ajoutent : « Oui, je suis si heureux d’avoir fait cette rencontre ! »
Un ami aime offrir des cadeaux à son ami. Quels sont les cadeaux de Jésus ? Son Évangile, dont les paroles sont parfois si fortes, et lui-même, qui se donne dans l’Eucharistie. Cela peut sembler trop abstrait, mais il vaut la peine d’essayer. Comment un amoureux de la montagne peut-il expliquer à d’autres sa passion, sinon en leur proposant une journée d’escalade ? Comment un croyant peut-il partager son amitié pour Jésus, sinon en donnant aux autres, par sa joie, l’envie de croire ?
La Création
Le monde a-t-il vraiment été créé en sept jours ?
Au début de la Bible, il y a deux manières différentes de raconter la création du monde, et notamment de l’homme. Il ne s’agit donc pas d’une description scientifique, mais d’une double évocation, comme s’il n’y avait pas moyen de tout dire d’une seule manière. Le premier récit (Genèse1, 1 – 2, 4a) est un poème avec sept strophes et deux refrains : « Il y eut un soir, il y eut un matin » et « Dieu vit que cela était bon ». Le deuxième texte (Genèse 2, 4b-25) est comme une parabole où l’on voit Dieu modeler l’homme avec la glaise du sol et insuffler dans ses narines une haleine de vie. Il y a en l’homme, dit la Bible, quelque chose de terrestre et mortel, mais aussi un souffle divin.
Personne ne sait comment s’est passée la création du monde. Qui donc aurait pu y être ? La science émet des hypothèses et essaie de trouver les causes. La Bible, elle, n’est pas un livre scientifique. Elle ne cherche pas à démontrer comment le monde a été fait, mais à répondre aux questions : « qui nous en fait le cadeau ? » – Dieu – et « pour quelle raison ? » – pour notre bonheur. Ces pages ont été écrites pour donner aux hommes le sens de tout ce qui existe. Le mot « création » est donc un mot religieux et non pas scientifique. Quand le croyant l’utilise, il professe que le hasard n’est pas le dernier mot. Il y a de l’amour qui anime tout l’univers. Il y a un Créateur.
La science ne peut pas faire intervenir Dieu dans ses explications, sinon elle ne fait plus de la science, mais de la théologie. Le croyant, sans mépriser ni ignorer la science, voit dans l’univers et dans l’homme en son sein un projet d’amour. Pour lui, tout est cadeau et donc source de joie, par-delà toutes les justes explications que l’on peut donner.
Quel est le sens de la création de l’homme ?
Pourquoi a-t-on été créé ? Pour la joie et le bonheur. « La rose fleurit sans pourquoi », disait Angelus Silesius. Le vrai bonheur est, lui aussi, sans pourquoi. Celui qui est vraiment heureux n’a plus besoin de se poser la question : la joie qu’il éprouve est la réponse. Et quand le croyant est heureux, il remercie Dieu.
Nous avons été créés parce que Dieu est heureux d’aimer et qu’il voulait que nous connaissions ce bonheur. Aurait-il pu être amour sans vouloir notre bonheur ? Cela aurait alors été un amour égoïste, et non un amour vrai.
Par la parabole d’Adam et Ève, la Bible nous fait voir ce que nous sommes aujourd’hui : des êtres libres, créés par Dieu pour lui ressembler, c’est-à-dire pour aimer. Au fond, chacun de nous est un peu Adam ou Ève, créé par Dieu « à son image et à sa ressemblance ». L’image, c’est le point de départ. Il dépend de nous qu’elle soit ressemblante.
Que signifie « créé à l’image et à la ressemblance de Dieu » ?
Dieu est Amour, comme le dit saint Jean. Être créé à l’image et à la ressemblance de Dieu signifie donc être capable d’aimer comme lui. En effet, Dieu a donné à l’homme des personnes à aimer. « Dieu créa l’homme à son image, à l’image de Dieu il les créa, homme et femme il les créa » (Genèse1, 27). Il ne nous a donc pas faits solitaires. L’amour conduit au bonheur. Dieu lui-même est heureux d’aimer. La création de l’être humain homme et femme, c’est Dieu qui veut partager son bonheur avec l’humanité. Un jour, Jésus dira : « Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés » (Jean 13, 34 ; 15, 12). Pour le croyant, chaque fois qu’il aime, dans la justice et la vérité, il ressemble à Dieu.
Cette expression de la Bible veut aussi dire que le Dieu créateur a confié à l’homme et à la femme de continuer la création, d’être créateurs comme lui, responsables de cette Terre. Il s’est effacé pour leur laisser toute la place. C’est la signification symbolique du septième jour où il repose.
« Dieu créa l’homme à son image et à sa ressemblance. » Cette petite phrase est donc source d’une grande joie – l’homme est né pour aimer –, mais aussi d’une grande responsabilité : toute la Terre lui est confiée.

  • Accueil Accueil
  • Univers Univers
  • Ebooks Ebooks
  • Livres audio Livres audio
  • Presse Presse
  • BD BD
  • Documents Documents