Histoire religieuse de la Guyane Française au XIX e siècle
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Description

Cet ouvrage permet de comprendre comment les Guyanais sont devenus catholiques au XIXe siècle et quels sont les enjeux économiques, politiques… d'un encadrement religieux renforcé de la population. Par le prisme de la religion, il participe également à la compréhension de la formation de l'identité guyanaise dans ses aspects les plus divers, religieux bien sûr mais aussi sociétaux.

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Publié par
Date de parution 01 octobre 2012
Nombre de lectures 84
EAN13 9782296506701
Langue Français
Poids de l'ouvrage 8 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0005€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

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domaines de compétences très vastes qui touchent les Idèles à tous les niveaux et qui lui permettent d’exercer une inLuence sur leurs
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Histoire religieuse e de la Guyane française au XIX siècle 1817- 1911
Max Didon HISTOIRE RELIGIEUSE DE LA GUYANE FRANÇAISE E AU XIX SIÈCLE 1817- 1911
L’Harmattan
© L’Harmattan, 2012 5-7, rue de l’École-Polytechnique ; 75005 Paris http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-336-00288-0 EAN : 9782336002880
Introduction Au XIXe siècle, la Guyane devient une terre catholique. Un nouvel apostolat destiné à l’ensemble de la population se met en place progressivement. Le processus d’évangélisation se fait en plusieurs étapes. L’histoire religieuse de la Guyane française peut se structurer selon trois périodes. Entre 1817 et 1848, le clergé se consacre à la restauration du fait religieux dans la colonie. On voit les ecclésiastiques se démener pour tenter de réinstaller la religion catholique à une place confortable dans la société guyanaise, similaire à celle qu’elle occupait avant la Révolution française. Au début, ce réveil est semé d'embûches. Les autorités civiles ne se montrent pas trop enthousiastes à reconnaître l’importance du message religieux dans ce système esclavagiste. La pastorale est d’abord et sinon exclusivement réservée à un petit groupe, laissant pour compte la masse populaire des noires. À partir de 1839, avec l’imminence de l’abolition de l’esclavage, on prend conscience au plus haut lieu que la religion, par sa force de persuasion, et surtout par l’emprise dont elle dispose sur les esclaves pourrait être très utile pour domestiquer ces futurs citoyens à gérer leur liberté et pour leur enseigner une docilité compatible au système économique et sociale. Des liens étroits, entre les autorités civiles et religieuses, pour la gestion de cette société coloniale, se tissent. Le gouvernement décide de faire un effort budgétaire conséquent. L’objectif principal est de redonner au fait religieux une place de choix en Guyane française. On fait désormais confiance aux missionnaires et au message religieux qu’ils dispensent pour préparer la société guyanaise à la transition de 1848. Après l’abolition de l’esclavage, la stratégie cléricale change. Désormais, le clergé s’attache à la création d’une société catholique ultramontaine, respectueuse du dogme. On voit l'ensemble de la communauté religieuse, clergé, frères et sœurs…, faire preuve d'un zèle inconnu jusque-là pour que le message évangélique soit entendu par l'ensemble de la population guyanaise. Cette pastorale offensive aboutira à la naissance de la société catholique. Cependant, si ce prosélytisme conquérant permet incontestablement la création d’une société catholique solide et durable, le processus n’arrive pas au terme escompté. La colonie restera pendant très longtemps terre de mission. Alors que les trois préfectures apostoliques de la Martinique, de la Guadeloupe et de la Réunion sont érigées chacune en évêché, en 1851, la préfecture apostolique de la Guyane française demeure une terre de mission pour des raisons diverses et notamment, à cause de sa faible démographie. Le projet de création d’un vicariat apostolique n’aboutira pas. Rome et Paris
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ne s’entendront pas sur le projet. La colonie demeurera une préfecture apostolique avec tous les inconvénients qui en découlent. À partir des années quatre-vingt, les liens établis durant tout ce temps se rompent progressivement, au fur et à mesure que les jalons républicains se mettent en place. Les projets de société devenant divergents entre les autorités civiles et religieuses ; c’est la rupture. Le clergé s’efforce désormais de garder les prérogatives acquises pour l’enculturation de la société guyanaise. La laïcisation et la sécularisation de la société guyanaise remettent en cause tous les acquis de la religion catholique. Il devient alors crucial, voire vital pour les ecclésiastiques de mener une lutte acharnée contre la laïcisation des principales institutions de la colonie et de faire face à la sécularisation naissante mais menaçante de la société guyanaise. Le terrain d’affrontements le plus visible et le plus spectaculaire est sans aucun doute l’école. On voit les religieux s’ériger face à la laïcisation des écoles tenues par les frères et les sœurs. La communauté religieuse s'efforce aussi de trouver des réponses pour faire face à ce nouveau projet de société qui veut voir le fait religieux prendre moins de place dans la société et être relégué à la sphère privée. S'ensuit alors, une bataille entre cléricaux et anticléricaux, cléricaux et républicains : les cléricaux désireux de garder par tous les moyens une mainmise sur l'éducation des Guyanais, les anticléricaux et les républicains décidés à déconfessionnaliser cette société afin de la soustraire de l'emprise religieuse. Cette guerre connaîtra un dénouement avec la loi de séparation des Églises et de l'État en 1905 (1911). Par conséquent, l’histoire religieuse de la Guyane française au XIXe siècle peut s’articuler autour de ces trois périodes bien marquées. Le plan de cette étude est donc élaboré en fonction de ce découpage tripartite. Chacune des parties soulève des questions différentes qui permettent d’appréhender le processus d’évangélisation, de création de cette société catholique et de comprendre comment par un activisme pastoral courageux, le clergé a été présent dans les différentes phases de l’histoire de la colonie guyanaise au XIXe siècle. Ce découpage permet de comprendre également les différents niveaux d’implication du fait religieux dans cette société coloniale. Incontestablement son premier objectif est de créer une société catholique en Guyane. Le deuxième est d’accompagner les populations dans toutes les péripéties dont elles ont à faire face dans la vie en développant des œuvres charitables, scolaires, etc. Mais, si les premiers objectifs paraissent évidents, le troisième est beaucoup plus insidieux. L'Église a usé de sa force de persuasion pour influer sur la société tant sur le plan sociétal, économique et également psychologique. Par sa vocation intégraliste, elle a encadré et a guidé les fidèles dans leurs comportements les plus divers, aussi bien en privé qu’en public. L'Église fait entendre sa voix sur la manière de se comporter à la maison, en famille, en société et aussi en matière économique et politique.
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Cette diversité de la pastorale ouvre un champ d'investigations problématique important et spécifique pour chaque époque. La première partie qui va de 1817 à 1848 suscite nombre de questions indispensables à une bonne approche de la question religieuse à cette époque. C’est une période agitée tant sur le plan religieux que social. Au sortir des épisodes révolutionnaires et d’occupation portugaise, le clergé travaille avec ardeur et difficulté au rétablissement de la religion catholique dans la colonie. Il convient par conséquent d’analyser la manière dont ce réveil s’est fait, en tenant compte des manifestations, des alliés et des opposants à cette restauration. Jusqu’en 1848, la Guyane est une colonie régie par le système esclavagiste. Cette situation soulève, elle aussi, d'autres questions portant sur le contenu du message religieux dispensé aux esclaves. Comment, placés entre le prosélytisme missionnaire, les intérêts de l'État français, ceux des colons et des esclaves, les ecclésiastiques ont-ils pu développer un discours adapté à la situation sociale ? Un discours qui convienne à chaque classe sociale de la Guyane. Comment, dans un contexte si particulier, dans une société dont la cohésion demeure très précaire, vu l'inimitié des groupes qui la composent, les religieux ont-ils réussi à s'attirer, à la fois, la confiance de l'État français, celle des colons et également la sympathie des croyants esclaves ? Ce questionnement multiple aide finalement à comprendre la place que la religion a occupée dans cette société esclavagiste. À partir de 1848, après l'abolition de l'esclavage, les enjeux socio-économiques et politiques changent, les questions aussi. Il s’agit maintenant d’analyser la manière dont cette colonie devient catholique et d’essayer de comprendre quel type de catholicisme s’y développe. Il convient également par une étude détaillée de tenter d’analyser la façon dont les Guyanais ont accueilli et célébré la religion qui leur a été présentée. Ces populations, déjà converties à des habitudes cultuelles, ont-elles tout rejeté en bloc pour adopter le message de l’Évangile ou ont-elles eu recourt à un syncrétisme, mélangeant religion catholique et autres superstitions. Aussi, la configuration géographique de cette colonie amène à s’interroger sur l’emprise spatiale de la religion. La Guyane française est-elle entièrement catholicisée au XIXe siècle ? Tous les espaces de la colonie, y compris la Guyane de l’intérieur, celle d’un habitat très dispersé, celle des Indiens, des Noirs…sont-ils conquis au message révélé ? Les populations l’intègrent-elles et le célèbrent-elles de la même manière, dans toute la colonie, selon qu’elles résident sur le littoral ou dans les profondeurs des terres ? Ces années 1880-1890 marquent une nouvelle phase de l’histoire religieuse de la Guyane française. La mise en application des lois républicaines et l’apparition des prémices de la sécularisation de la société guyanaise suscitent un autre type de questionnement. Il s’agit désormais
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d’étudier le comportement des religieux durant cette phase de turbulence qui par ses aspects anticléricaux les plus virulents pouvait aller jusqu’à remettre en cause l’existence même du fait religieux dans la colonie. Comment la religion riposte-t-elle ou s’adapte-t-elle aux divers changements apportés par la politique laïcisante menée par les républicains du XIXe siècle ? Des républicains qui ne comptent plus la religion comme un partenaire privilégié mais, désormais comme un concurrent dangereux pour la mise en application de leur projet de société, voire une ennemie. Cette mise en danger de la religion soulève aussi la question de la position des fidèles. Comportement qui amène à déterminer le degré d'adhésion des populations au catholicisme et, par conséquent, la manière dont celui-ci est ancré dans cette société. Durant cette phase de grandes difficultés, comment les fidèles se sont-ils comportés par rapport à ces changements ? Comment ont-ils accepté les lois républicaines ? Comment la société guyanaise s’est-elle sécularisée ? Toutes ces interrogations permettent de répondre aux trois questions principales : -Comment les Guyanais sont-ils devenus catholiques au XIXe siècle et de quelle manière célèbrent-ils leur foi religieuse ? -Quelle est la place qu’occupe la religion dans la société guyanaise au XIXe siècle ? -Quelle part a-t-elle pris dans la construction de la nouvelle société guyanaise à la suite de l'abolition de l'esclavage et même des années après ?
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Première partie 1817 – 1848 De la restauration religieuse à la fin de la société esclavagiste
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