Initiation à la foi
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Initiation à la foi , livre ebook

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Description

Ce livre de l’Imâm Al-Ghazâli (450-505 Hégire) est, de notre point de vue, l’un de ses meilleurs écrits qui soient accessibles à tous. En effet, cet Imâm philosophe, jurisconsulte, initiateur et conceptologue, savait mieux que quiconque sortir du langage codé des spécialistes pour parler aux plus humbles d’entre nous, quitter les théories les plus complexes pour aborder les problèmes les plus quotidiens et terre à terre de chaque musulman. Cet ouvrage est adressé à ceux qui veulent se consacrer à la recherche du savoir.

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Informations

Publié par
Date de parution 28 octobre 2015
Nombre de lectures 112
EAN13 9791022501118
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0295€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

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Tous droits de reproduction, d’adaptation ou de traduction, par quelque procédé que ce soit, réservés pour tous les pays à l’Éditeur.
1432-2011
ISBN 978-2-84161-521-6 // EAN 9782841615216
Imam Abû Hâmid
Al-Ghazâlî
(450-505 hégire)
Initiation à la foi musulmane
( Bidâyat al-Hidâya )
Troisième édition entièrement revue
Traduit de l’arabe par Abû Ilyâs Muhammad Diakho
Remerciements
Je remercie mes bambins, qui ont longuement et patiemment supporté mes absences répétées, et aussi travaillé à l’élaboration de ce livre.
A eux tous, j’en fais cadeau :
à Laetitia, Bachir, Zaara, et à Felix.
Initiation à la foi musulmane
( Bidâyat al-Hidâya ) 1
Troisième édition entièrement revue
P RÉFACE
Au nom d’Allah, le Clément, le Miséricordieux. Loué soit Allah, Seigneur des mondes, et que la paix et le salut soient sur le Prophète et Messager Muhammad, et sur les siens.
Ce livre de l’Imâm Abû Hâmid Al-Ghazâlî (450-505 hégire / 1058-1111) est, de notre point de vue, l’un de ses meilleurs écrits. Qui plus est accessible à tous. En effet, cet Imâm philosophe, jurisconsulte, initiateur et « conceptologue », savait mieux que quiconque sortir du langage codé des spécialistes pour parler aux plus humbles d’entre nous, quitter les théories les plus complexes pour aborder les problèmes les plus quotidiens et les plus terre-à-terre qui touchent chaque musulman.
Cet ouvrage s’adresse à ceux qui veulent se consacrer à la recherche du savoir. Il est indéniable que c’est en plaçant ce livre dans son contexte historique que l’on en saisit toute la hauteur et la signification. Les IV e et V e siècles de l’ère musulmane ont vu un bouleversement total des données « civilisationnelles » tant sur le plan intellectuel que sur le plan politique. Les sages de l’Islam sont poussés par de nouvelles méthodes d’investigation scientifique à une reconversion intellectuelle intense. Le droit islamique ( fiqh ) qui occupait la plus grande place dans la société et les écoles islamiques s’est vite vu dépassé par d’autres disciplines comme la philosophie sous sa forme scolastique et métaphysique, ce qui engagera les savants ( ‘ulamâ’ ) dans une entreprise de reformulation du dogme musulman en fonction des polémiques nées des derniers ouvrages traduits de la pensée scolastique venue d’ailleurs. La prédication islamique, jadis fondée sur le simple rappel des textes fondamentaux et de principes déjà établis, ne suffit plus à convaincre ; l’analyse grammaticale combinée avec une logique ( al-mantiq ) plus élaborée est exigée des sages de l’Islam. Il s’en suit inéluctablement une dévalorisation intellectuelle des jurisconsultes ( fuqahâ’ ) au profit des Mutakallimûn (polémiqueurs, métaphysiciens) qui s’érigeaient en défenseurs uniques et incontestés de la pensée islamique face à l’invasion d’une philosophie trop rationaliste selon eux.
Cette situation devait nécessairement avoir des conséquences sur la vie matérielle des jurisconsultes. Si, dans l’ouvrage qui suit, il est très fréquent que nous rencontrions des expressions comme « science utile », « la bonne intention de chercher la science », « le bavardage faussement appelé “science” », et si nous trouvons une mise en garde sévère contre la « science pour la compétition », le « monde ici-bas » ( ad-dunyâ ), « le prestige et la gloire », c’est parce que notre auteur a assisté à ce renversement des ‘Ulamâ’ , des sciences qui les rapprochaient de Dieu, et les mettaient au service de la Umma (la communauté), vers des « sciences » qui ne les mettaient qu’eux-mêmes en valeur ici-bas, à la vue des hommes, et leur permettaient de façon indécente, pour un sage de l’Islam, de gagner les biens tarissables de ce bas-monde.
Abû Hâmid, s’insurgeant contre cet éloignement de la simplicité islamique, montre dans ce livre qu’une vraie connaissance de Dieu ne réside nullement dans les discours, mais dans deux réalités concrètes : intérieure et extérieure. Qu’il n’y aura pas d’accès à la réalité intérieure sans un respect rigoureux des commandements d’Allah, une pratique totale de l’islam selon ce que le Coran et la Sunna ont enseigné. A partir d’une telle pureté extérieure, on peut espérer pénétrer les « eaux profondes des connaissances ».
D’autres auraient pu écrire ce même livre mais selon un autre scénario parlant d’ésotérisme, alors qu’al-Ghazâli, homme concret et homme d’action, a préféré explorer la méthode des grands initiateurs : indiquer le chemin.
Cette purification extérieure retiendra l’attention de l’auteur, qui y consacre les trois parties constitutives de l’ouvrage ; mais bien naïf est celui qui croit que, en Islam, l’intérieur est opposé à l’extérieur.
Dans ce petit livre, l’auteur a pratiquement traité de tout ce qui intéresse les explorateurs de l’intérieur. En effet, on n’y parlera pas de la langue, de l’œil, du pied, du cœur, de l’âme, ni des chemins méandreux de la pensée humaine, de cette façon académique qui martyrise le lecteur et le fait se méprendre sur lui-même. On en parlera plutôt à la manière d’un manuel pratique qui immédiatement incite le lecteur à se mettre au travail, et c’est de cela qu’un musulman a besoin.
Ce manuel peut servir de livre de chevet au musulman : il y trouve ce qu’il a à faire du réveil au coucher. L’auteur a essayé de débusquer tous les cas de figures où le musulman risque sa foi et sa piété, et, à chaque fois, il n’a pas manqué de donner des conseils précieux pour en sortir indemne.
Les pratiques cultuelles prennent, aux yeux d’Abû Hâmid, un aspect insensé lorsque le musulman n’y voit plus qu’un devoir lourd à porter, s’il les fait avec précipitation et sans intention véritable d’en tirer un profit spirituel. Ce livre l’aidera à se ressourcer et à donner du sens à tous les acte pieux qu’il est amené à accomplir, en y faisant un peu plus attention. Il est composé de trois parties :
La première partie est consacrée aux pratiques cultuelles. Ici, l’auteur met en valeur l’acquittement des devoirs obligatoires du musulman. Il les considère à juste titre comme le capital intarissable du musulman, qui, une fois acquis, lui permet de faire autant d’actes surérogatoires qu’il le désire. Ce principe de la priorité donnée au « devoir obligatoire », qui se fonde sur le hadîth qudsî 2 mentionnant les devoirs obligatoires et les actes surégatoires comme moyen de se rapprocher de Dieu, mérite réflexion de la part de ceux qui se prétendent « mystiques », « spirituels », « soufis », ou autre appellation de ce genre, alors même qu’ils bafouent les devoirs religieux et les interdits. L’idée forte de cette première partie est la nécessité pour le musulman de suivre des règles strictes lors de chaque acte rituel, de façon à lui donner pleinement son sens spirituel et pieux. Ainsi, l’auteur nous donne des règles à suivre :
■ au réveil ;
■ lors de l’ablution mineure ;
■ lors de l’ablution majeure ;
■ lors de l’ablution sèche ;
■ en allant à mosquée, etc.
La deuxième partie du livre est entièrement consacrée aux méfaits de la transgression et du péché. Pour Abû Hâmid, la religion est fondée sur deux grands principes : « faire son devoir » et « s’éloigner de l’interdit ». Il soutient, avec force, qu’il est beaucoup plus difficile de ne pas commettre le péché que de faire son devoir. C’est pourquoi il s’attaque aux sept organes de l’homme qui constituent pour lui la source principale du désir et de la passion, à savoir : l’œil, l’oreille, la langue, le ventre, les parties sexuelles, les mains et les pieds. L’auteur nous donne le sens normatif du combat contre soi-même ( jihâd an-nafs ), en nous proposant, non pas des analyses psychanalytiques de nos rapports avec nos sens, mais de vrais moyens pour lutter contre nos propres mensonges, nos regards méprisants envers les autres, notre goût à écouter les défauts des autres, contre le désir brûlant de nous remplir le ventre avec le bien d’autrui ou aux dépens des pauvres sans défense, etc. Abû Hâmid, tel un médecin avisé, nous fais mettre le doigt sur la source initiale de ce mal : l’amour de la vie terrestre ( hubb ad-dunyâ ). Il terminera cette partie en décrivant le monde infiniment complexe du « Cœur » qui orchestre en nous tous ces maux dévastateurs que sont la haine, l’ostentation, la vanité, la vantardise et l’arrogance.
Dans la troisième partie , l’auteur reprend un des thèmes les plus importants dans le parcours du voyageur vers Dieu, la compagnie ( aç-çuhba ). En effet, il n’est pas nécessaire de dire que l’influence de l’entourage sur l’individu risque d’être des plus malfaisants pour la piété du musulman, s’il ne fait pas l’effort de choisir parmi les hommes ceux qui sont censés le conduire vers son bonheur. Mais choisir Dieu comme compagnon, le sage ou autre, n’est pas tout, il faut aussi savoir se comporter dignement en leur compagnie. Nous avons ici droit à une hiérarchisation intéressante des rapports que nous devons entretenir avec Dieu, avec le maître, l’élève, les parents, les hommes de notre connaissance, les amis, les anonymes.
Tout le dilemme d’un homme pieux dans une société quelconque consiste en ceci : Comment vivre sa piété profondément et intensément sans rupture sociale (dans le sens monacal), sans subir la perversité des autres, ni être influencé par elle ?
Al-Ghazâlî est assurément de ceux qui prônent une vie spirituelle sociale et active : vivre dans la société, remplir ses devoirs sociaux, exiger ses droits, dans la mesure où l’on saura faire la part des choses, et que l’on donnera à chaque chose sa juste valeur sans démesure.
Il recommande donc de choisir son compagnon parmi ceux qui répondront à cinq critères :
■ l’intelligence ( al-‘aql ) car « un ennemi intelligent est meilleur qu’un ami stupide, ce dernier te fait du mal en voulant te faire du bien », dit le proverbe arabe ;
■ le bon comportement envers Dieu, les hommes et lui-même ;
■ l’intégrité ;
■ qu’il ne soit pas assoiffé de la vie d’ici-bas ;
■ qu’il soit loyal et véridique.
Une fois que nous avons trouvé le compagnon, il nous reste à nous imposer à nous-mêmes une discipline aussi rigoureuse que celle que nous exigeons des autres. L’auteur nous donne pas moins de vingt-cinq règles de conduite que nous devons respecter envers les compagnons. Par exemple :
■ se passer d’un bien pour le seul profit du compagnon ;
■ être capable de se consacrer à ses tache ;
■ garder ses secrets ;
■ savoir bien l’écouter lorsqu’il parle ;
■ le défendre en son absence ;
■ le conseiller gentiment et discrètement ;
■ lui pardonner ses petites erreurs, etc.
Avertissement
Nous prévenons le lecteur que de peur de surcharger le livre nous avons laissé certaines notions spécifiques au langage de l’islam telles quelles, en procédant à certaines annotations pour essayer de les simplifier. Le lecteur non averti doit savoir également que l’auteur suivait la jurisprudence de l’école Châfi‘ite, ce qui n’enlève rien à la splendeur du livre et à la rigueur de la méthode.
Il est important, enfin, que le lecteur comprenne que traduire n’offre pas les mêmes libertés qu’écrire un livre. Si quelques passages lourds, des répétitions, des expressions idiomatiques peuvent paraître ennuyeuses et difficiles à lire pour un non arabisant, cela tient d’abord aux différences fondamentales de style qui séparent l’arabe du français.
Qu’Allah nous préserve et nous guide.
Le traducteur Abu Ilyass
Muhammad Diakho
Au Nom d’Allah, le Clément, le Miséricordieux
I NTRODUCTION DE L’AUTEUR
Louange à Allah comme il se doit.
Que la bénédiction et la paix soient sur sa meilleure créature, Muhammad, Son Messager et Serviteur, et sur les siens et ses disciples.
Toi qui es désireux de t’adonner à l’apprentissage de la science, qui manifestes une véritable volonté et une grande soif de connaissance, si tu vises, par la recherche de la science, la rivalité et la vanité, en voulant devancer tes semblables, pour que les regards se tournent vers toi, et pour accumuler des biens périssables, sache alors que tu es l’agent destructeur de ta religion, responsable de ta perdition, qui trocque sa vie de l’au-delà contre celle ici-bas.
Une telle transaction n’est que pure perte. Dans ce cas, le maître qui t’enseigne ne fera que contribuer à cette transgression, s’associant à la perdition, tel le marchand qui vend des épées à un bandit de grand chemin.
Le Prophète  3 a dit en effet :
« Celui qui aide à la transgression, même par une syllabe, y participe. »
Mais si ton intention est sincère, et vise le chemin de la guidance divine ( hidâya ) et non la simple érudition ou acquisition d’un savoir livresque 4 ( ‘ilm ar-riwâya ), alors réjouis-toi ! Car les Anges t’ouvrent grandes leurs ailes pendant que tu marches sur cette voie, les poissons de la mer demandent pour toi le pardon de Dieu pendant que tu t’efforces dans ce sens.
Mais il te faut savoir avant tout que la « guidance », qui est fruit de la science, a un début et une fin. 5 Elle comporte une apparence extérieure et une réalité intérieure ( zhâhir et bâtin ). 6 De même que tu ne peux avoir accès à son aboutissement qu’après en avoir maîtrisé les premières étapes, tu ne peux découvrir la réalité intérieure qu’après t’être occupé de l’apparence extérieure.
Je t’indiquerai donc ce qui constitue le commencement de la guidance, pour que tu t’essayes toi-même à cette initiation, et que tu y mettes ton cœur à l’épreuve. Si tu inclines vers elle, et si ton âme obéit et accepte cette initiation, alors tu peux aspirer à aller jusqu’au bout du chemin pour pénétrer les eaux profondes de la sagesse. Mais si ton cœur à l’épreuve dès le début semble traîner et différer l’action, sache alors que ce qui penche vers la recherche de la science, c’est en réalité l’âme incitatrice au mal ( an -nafs al-ammâra bi-s-sû’ ).
Cette âme rebelle s’est dressée, obéissant au maudit Diable, pour te lancer la corde de sa chimère afin de t’entraîner par son guet-apens vers les flots de la perdition. Le but de l’âme rebelle est de propager en toi le mal sous la forme du bien, jusqu’à ce que tu rejoignes « ceux dont l’effort dans la vie présente s’est égaré, alors qu’ils s’imaginent faire du bien . »
Coran, sourate 18, verset 104
C’est alors que Satan te récite les mérites de la science, les degrés d’élévation des savants, et tout ce que rapportent à ce propos la Tradition prophétique et les meilleurs anciens. A tel point que tu en oublies des paroles du Prophète  telles que : «
Quiconque accroît sa connaissance au détriment de sa foi ne fera que s’éloigner de Dieu. »
(Rapporté par Daylamî)
« Celui d’entre tous qui sera le plus durement exposé au châtiment du Jour dernier, c’est le savant dont la science ne lui a été d’aucune utilité. »
(Tabarânî)
« Seigneur, préserve-moi d’une science inutile, d’un cœur sans humilité, d’un acte qui ne sera pas élevé, et d’une invocation qui ne sera pas exhaussée. »
(Muslim)
« Durant la nuit de mon ascension céleste, j’ai vu des gens auxquels on coupait les lèvres avec des ciseaux en fer. “Qui êtes vous ?” leur ai-je demandé. Ils répondirent : “Nous ne faisions pas le bien que nous ordonnions, et nous faisions le mal que nous interdisions”. »
(Ibn Hibbân)
Gare à toi mon pauvre ! Ne te fais pas avoir par le Diable qui falsifie la vérité, pour te tendre la corde de son illusion. Malheur à l’ignorant auquel une seule leçon n’a pas suffi ! Et malheur au savant auquel mille leçons n’ont pas suffi !
Sache qu’il y a trois sortes d’étudiant ou chercheurs de science.
Il y a celui qui la recherche pour en faire sa provision de route en vue du Jour de la résurrection, et qui n’a aucune autre intention que d’obtenir la satisfaction de Dieu et le bien-être de l’au-delà. Celui-là est parmi les gagnants.
Il y a celui, ensuite, qui étudie la science pour s’en servir dans sa vie ici-bas, gagner la gloire, le prestige et l’argent. Celui-là est un savant conscient de la langueur de sa situation et de la bassesse de son but : c’est un imprudent. On peut redouter pour lui qu’il finira mal, si son terme venait à le précipiter avant qu’il ne se repente, et son cas risque de dépendre dangereusement de la volonté divine ! Toutefois, s’il parvient à se repentir avant le terme, à joindre l’acte au savoir, et à corriger les défauts du passé, alors il fera partie des gagnants, car celui qui se repent du péché est semblable à celui qui n’en a pas fait.
Enfin, la troisième sorte de chercheur est possédée par Satan : il use de sa science pour amasser de l’argent, se vanter du prestige, et se glorifier du grand nombre de ses partisans. Par sa science, il entre partout pour goûter aux plaisir et aux satisfactions de cette vie.
Par-dessus tout, son âme choyée le fait rêver et espérer, elle l’appelle à former des vœux pieux parce qu’il est savant ! Elle lui fait croire qu’il est mieux que la plupart des serviteurs d’Allah, parce qu’il se distingue par les mêmes caractéristiques que les savants : le vêtement et le langage, alors qu’il se jette intérieurement et extérieurement sur ce bas-monde, tel un chien.
Ce genre d’individu fait partie des perdants, stupides et illusionnés, puisque, tout distrait qu’il est, il se croit parmi les savants parfaits, alors aucun espoir de le voir se repentir. Il ignore la parole de Dieu :
« Ô vous qui croyez, pourquoi dites-vous ce que vous ne faites pas ? »
Coran, sourate 61, verset 24
Il fait partie de ceux à propos desquels le Messager  a dit :
« – Ce que je crains le plus pour vous, ce n’est pas l’Antéchrist. – Qu’est-ce que c’est ? lui demanda-t-on. – Les mauvais savants. »
(Ahmad ibn Hanbal)
Le mauvais savant est encore plus dangereux, puisque l’objectif affiché de l’Antéchrist est d’égarer les gens, alors que ce « sage », même si par sa langue il éloigne les hommes de l’amour de ce monde, il le leur recommande en réalité par ses actes et son comportement. La façon d’être et d’agir est plus expressive que les mots. En effet, la nature des hommes fait qu’ils sont plus attirés par ce qui se fait concrètement que par ce qui se dit verbalement. Ce savant arrogant a détérioré par ses actes davantage qu’il n’a reformé par ses paroles. Car l’ignorant n’ose convoiter et désirer ce bas monde que parce qu’il voit des savants le faire. La science de celui-là a ainsi poussé les créatures d’Allah aux péchés. Par-dessus tout, son âme ignare le fait rêver et espérer : elle l’appelle à former des vœux pieux sous prétexte qu’il est savant, et lui fait croire qu’il est supérieur à la plupart des serviteurs d’Allah.
Ô toi qui cherches la science [sacrée] ! Sois parmi les chercheurs du premier groupe, et prends garde à ne pas faire partie du second ! Combien d’hommes qui ajournent les bonnes actions se sont perdus en se faisant surprendre par le terme de leur vie avant d’avoir pu se repentir. Je te déconseille encore plus fortement de faire partie du troisième groupe, sinon tu périras sans aucun espoir de te sauver ni de te réformer.
Si tu me demandes : « Par où commence le chemin de la guidance, pour que je m’y essaie ? », sache qu’il consiste d’abord 7 à pratiquer la forme extérieure de la piété et de crainte d’Allah ( at-taqwâ ), et aboutit à sa dimension intérieure. Il n’y a pas de meilleure fin que par la crainte d’Allah, et seuls ceux qui Le craignent sont guidés.
Craindre Allah, c’est observer parfaitement Ses commandements, et s’abstenir strictement de Ses interdits. La piété ou crainte d’Allah comprend ces deux aspects. Je vais à présent t’indiquer sommairement ce qu’il faut savoir sur cette crainte pieuse extérieure [qui constitue le début de la guidance], à travers ces deux parties constitutives (devoirs et interdits). J’y joindrai une troisième partie pour conclure, afin que ce livre soit une vue d’ensemble suffisante.
Et Allah est le seul à qui demander de l’aide !
(I)
PREMIÈRE PARTIE
Les pratiques rituelles
Sache qu’il y a deux types de commandements divins: des obligations ( farâ’id ) et des actes surérogatoires ( nawâfil ). Les obligations sont le fond de commerce et le capital du musulman. C’est par elles qu’il est possible de gagner le salut de l’âme. Quant aux actes surérogatoires, ils représentent le bénéfice qui élève aux plus hauts degrés. Selon le Prophète  , Allah, qu’Il soit glorifié, a dit :
« Rien, des actes de Mon serviteur, ne M’est plus agréable que l’accomplissement des obligations que Je lui ai prescrites. (Aussi) il ne cessera pas de se rapprocher de Moi par ses œuvres surérogatoires jusqu’à ce qu’il gagne Mon amour pour lui, Je serai alors son ouïe par laquelle il entend, sa vue par laquelle il voit, sa langue avec laquelle il parle, sa main avec laquelle il touche, et son pied avec lequel il marche. »
(Bukhârî)
Ô toi qui cherches la science ! Tu n’arriveras à l’observance totale des commandements d’Allah que par le contrôle strict de ton cœur et de tes membres à tout instant, du matin au soir. Sache qu’Allah, qu’Il soit Exalté, connaît ce que recelle ta conscience, Il est au courant de ce que tu montres (extérieur), et de ce que tu caches (intérieur). Il est derrière tous tes regards, tes pensées, tes pas, tes faits et gestes. Que tu sois avec d’autres personnes ou que tu sois seul, tu es en Sa présence. Rien, dans les mondes visibles et invisibles, ne s’immobilise ni ne bouge, sans qu’Allah, Lui qui contraint ( Jabbâr ) les cieux et la terre, soit au courant.
« Il sait le moindre regard qui trahit et ce que cachent les poitrines. »
Coran, sourate 20, verset 19
Sois donc courtois et discipliné, extérieurement et intérieurement, en face d’Allah ! Sois bienséant comme un serviteur humble et fautif en présence d’un roi contraignant et dominateur. Efforce-toi de ne pas être vu par ton Seigneur là où Il t’a interdit d’aller, et de ne pas être absent là où Il t’a ordonné d’être. Tu ne pourras y arriver que si tu répartis ton temps, et organises tes parts journalières de pratiques cultuelles du matin au soir. Écoute bien ce qu’on va te dire des commandements d’Allah, qui commencent dès ton réveil jusqu’à ce que tu te couches.
Première section
Au réveil
Efforce-toi de te lever avant l’aube ( fajr ), et que la première chose qui te vienne à l’esprit soit d’invoquer Allah. Dis à ce moment-là :
Al-hamdu li-llâhi-lladhî ahyânâ ba‘damâ amâtanâ wa ilayhi-l-maçîru, açbahnâ wa açbaha-l-mulku li-llâhi, wa-l-azhamatu wa-s-sultânu li-llâhi wa-l-‘izzatu li-llâhi rabbi-l-‘âlamîna, açbahnâ ‘alâ fitrati-l-islâmi wa ‘alâ kalimati-l-ikhlâçi wa ‘alâ dîni nabiyyina Muhammadin  wa ‘alâ millati abînâ Ibrâhîma hanîfan musliman wa mâ kâna mina-l-muchrikîna. Allâhumma bika açbahnâ wa bika amsaynâ wa bika nahyâ wa bika namûtu wa ilayka-n-nuchûru. Allâhumma innâ nas’aluka an tab‘athanâ fî hâdhâ-l-yawmi ilâ kulli khayrin, wa na‘ûdhu bika an najtariha fîhi sû’an aw najurrahu ilâ muslimin, aw yajurrahu ahadun ilaynâ. Nas’aluka khayra hâdhâ-l-yawmi wa khayra mâ fîhi, wa na‘ûdhu bika min charri hâdhâ-l-yawmi wa charri mâ fîhi.
Ce qui signifie :
« Loué soit Allah qui nous a rendu nos âmes après les avoir élevées, et c’est vers Toi que nous serons ressuscités. Nous avons vu le matin. Le royaume, la grandeur, l’autorité, le prestige et la puissance appartiennent à Allah, Seigneur des mondes. Nous nous sommes réveillés dans la religion de l’Islam, avec la parole de la sincérité, dans la religion de notre Prophète Muhammad  , et dans la voie de notre père monothéiste et musulman Abraham qui ne faisait pas partie des polythéistes. Seigneur ! C’est grâce à Toi que nous avons vu ce matin, que nous voyons le soir, nous vivons, nous mourons, et c’est vers Toi que nous serons ressuscités. Seigneur ! Nous Te demandons de nous guider en ce jour vers toute œuvre bonne, et Te demandons de nous préserver d’y commettre un mal envers nous-mêmes, ou que nous le causions à un musulman, ou que quelqu’un nous fasse du tort. Nous Te demandons tous les biens de ce jour et de ce qu’il renferme, et nous demandons protection contre tout mal de ce jour et de ce qu’il renferme. »
Ensuite, lorsque tu t’habilleras, forme l’intention de le faire en observant le commandement d’Allah qui t’a ordonné de couvrir tes parties intimes. Fais attention de ne pas t’habiller en vue de te montrer aux autres, car cela causerait ta perte.
Deuxième section
Dans les lieux d’aisance
Lorsque tu vas aux toilettes, entre en commençant par le pied gauche, et sors avec le pied droit. N’y apporte avec toi aucune chose sur laquelle est écrit le nom d’Allah et de son Prophète  , et n’entre ni la tête découverte ni les pieds nus. Au moment d’entrer, dis :
Bismi-llâhi a‘ûdhu bi-llâhi mina-r-rijsi an-najisi al-kha bîthi al-mukhbithi ach-chaytâni-r-rajîm.
Ce qui signifie : « Au nom d’Allah. Je demande à Allah protection contre le démon impur qui salit, Satan le lapidé. »
A la sortie, dis : Ghufrânaka, al-hamdu li-llâhi alladhî adh-haba ‘annî mâ yu’dhînî, wa abqâ ‘alayya mâ yanfa‘unî.
Ce qui signifie : « Je Te demande absolution. Louange à Allah qui m’a enlevé ce qui me gênait, et a laissé en moi ce qui m’est bénéfique. »
Il convient que tu prépares de quoi te laver avant de faire tes besoins, et que tu n’utilises pas pour cela l’eau à l’endroit même où tu as fait tes besoins. 8 Il faut faire sortir complètement l’urine de la verge en appuyan et en secouant légèrement trois fois, et passer la main gauche sur l’extrémité du pénis. Si tu te trouves dans le désert (ou tout lieu non construit), éloigne-toi des regards ou, si possible, tiens-t’en à l’abri. Ne découvre tes parties intimes qu’une fois sur le lieu d’aisance. Au moment de faire tes besoins, ne fais pas face à la Qibla, 9 ni au soleil, ni à la lune, et ne leur tourne pas non plus le dos. 10 Ne choisis les endroits où les gens ont l’habitude de se réunir pour bavarder. N’urine pas dans les eaux calmes (points d’eau, puits, etc.), ni sous un arbre fruitier, ou dans un trou (car il peut être habité). Méfie-toi de la terre ferme, de la direction du vent, pour ne pas être éclaboussé (par le retour de l’urine). Le Prophète  disait en effet :
« Une grande partie du châtiment de la tombe est dûe à l’urine. »
(Abû Dâwûd)
Si tu veux utiliser un seul moyen (au choix entre eau et caillou) de te laver après les besoins, c’est l’eau qui est le meilleur. Mais si tu te contentes des cailloux, alors tu devras en utiliser trois, qui doivent être purs, pour éliminer toute la saleté, en essuyant l’endroit de façon à ne pas déplacer l’impureté. Tu devras aussi essuyer le pénis à trois endroits différents du même caillou. Si trois cailloux ne suffisent pas, utilise-en cinq, sept, ou tout autre nombre impair, jusqu’à obtenir une propreté complète. Le nombre impair est très conseillé, alors que la pureté est obligatoire. En tout cas, lave-toi seulement avec la main gauche.
Dis à la fin de la toilette intime : Allâhumma tahhir qalbî mina-n-nifâqi wa haççin farjî mina-l-fawâhich.
Ce qui signifie : « Seigneur, purifie mon cœur de l’hypocrisie, protège mes parties sexuelles des turpitudes. »
Pour finir, frotte ta main sur la terre ou contre un mur, ensuite lave-la.
Troisième section
Les ablutions ( wudû’ )
Une fois ta toilette intime terminée, n’oublie pas d’utiliser le cure-dent ( siwâk ), car « il purifie la bouche, satisfait le Seigneur, et exaspère Satan ». Une prière accompagnée du cure-dent est soixante-dix fois plus méritoire qu’une autre sans cure-dent. 11
Abû Hurayra  rapporte cette parole du Prophète  :
« Si ce n’était trop imposer à ma communauté, je lui aurais ordonné de se servir du siwâk lors de chaque prière. »
(Bukhârî & Muslim)
Il a dit également :
« On m’a ordonné de me servir du siwâk au point de craindre que son utilisation me soit rendue obligatoire. »
(Ahmad ibn Hanbal)
Assieds-toi ensuite pour effectuer l’ablution mineure ( wudû’ ), orienté vers la Qibla , sur un lieu en hauteur, afin d’éviter les éclaboussures.

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