Intégrité islamique
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Intégrité islamique , livre ebook

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Description

L’envahissement du modernisme, les moyens puissants dont il dispose, rendent vaine toute tentative de restaurer extérieurement la grandeur de l’islâm. Parmi les noms d’Allâh, al-Haqq présente la particularité de désigner Dieu Lui-même ; or, ce nom signifie à la fois « la vérité » et « le droit ». La force de l’islâm n’est pas dans sa puissance extérieure, qui appartient au domaine des réalités contingentes, elle est dans sa vérité et dans son droit qui sont universels et indépendants de toute manifestation visible de la puissance divine.Il importe d’affirmer aujourd’hui l’essence unique et incomparable de la lumière prophétique dont procède l’islâm dans sa pureté et son intégrité. Encore faut-il comprendre en quoi celle-ci consiste, et c’est pourquoi nous nous sommes efforcé de la définir dans la présente étude.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 28 octobre 2015
Nombre de lectures 8
EAN13 9791022501064
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,032€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Ouvrages de l’auteur
Études
• La Doctrine initiatique du Pèlerinage (Paris, 1982, 1994).
• Introduction à l’enseignement et au mystère de René Guénon (Paris, 1986, 2001).
• L’Esprit universel de l’Islam (Alger, 1989 ; Paris, 1998).
• Marie en Islam (Paris, 1990 ; Alger, 1990).
• René Guénon et l’avènement du troisième Sceau (Paris, 1991).
• Les sept Étendards du Califat (Paris, 1993).
• Études complémentaires sur le Califat (Paris, 1994).
• La profanation d’Israël selon le Droit sacré (Beyrouth, 2003).
• ORDO AB CHAO, la Franc-Maçonnerie dans la Lumière du Prophète (Paris, 2004)
Traductions commentées
• Le Livre des Chatons des Sagesses - Traduction intégrale, notes et commentaire des Fusûs al-Hikam d’Ibn Arabî (Paris, 1997-1998).
• Poèmes métaphysiques de l’Emir Abd al-Qâdir (Paris, 1983, 1996).
• Les trente-six Attestations coraniques de l’Unité commentées par Ibn Arabî (Paris, 1994). Première édition sous le titre Le Coran et la fonction d’Hermès (Paris, 1984).
• Textes sur le Jeûne - extraits des Futûhât al-Makkiyya d’Ibn Arabî (Alger, 1990 ; Paris, 1996, 2004).
• La Prière sur le défunt dans l’enseignement d’Ibn Arabî (Paris, 2001) .
• Le Livre du Mîm, du Wâw et du Nûn d’Ibn Arabî (Paris, 2002).
• La Prière du Jour du Vendredi – extrait du chapitre 69 des Futûhât al-Makkiyya d’Ibn Arabî (Paris, 1994). Nouvelle édition augmentée d’une postface : Pour une présentation traditionnelle d’Ibn Arabî (Paris, 2003).
L’INTÉGRITÉ ISLAMIQUE
NI INTÉGRISME, NI INTÉGRATION
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1425-2004
Tous droits de reproduction, d’adaptation ou de traduction, par quelque procédé que ce soit, réservés pour tous les pays.
ISBN 2-84161-242-2 // EAN 9782841612420
Charles-André Gilis
L’INTÉGRITÉ ISLAMIQUE
NI INTÉGRISME, NI INTÉGRATION
A LBOURAQ
I.
L’I SLAM FACE AU MONDE MODERNE
U NE RELIGION COMME LES AUTRES ?
La question du rôle de l’islâm dans le monde contemporain se pose avec une acuité croissante ; le monde contemporain, c’est-à-dire le monde de ce temps, non le monde moderne, car à l’égard de celui-ci la réponse est simple : il y a entre lui et la tradition islamique une incompatibilité radicale.
La notion de tradition est le critère décisif qui marque le fossé séparant ce monde de l’univers qui demeure fidèle aux alliances que Dieu a conclues avec les hommes depuis l’origine des temps. Ce qu’il est convenu d’appeler la « civilisation moderne » est fondé sur le rejet de tout principe transcendant et de toute alliance sacrée de nature à lui conférer une légitimité qui la rattacherait à l’ordre principiel. L’islâm n’est donc pas seul concerné par l’envahissement du monde moderne, que l’on peut appeler aussi le monde occidental car c’est en Occident qu’il a pris naissance, et à partir de lui qu’il s’est répandu avec une vigueur et une insolence sans cesse croissantes. Pourtant, c’est l’islâm qui est devenu, au fil des ans, la cible privilégiée de ce nouvel impérialisme. Il y a là une situation singulière, imprévisible il y a quelques années encore, et qui appelle une réflexion.
Les musulmans ont une conscience aigüe de l’excellence de leur religion. La révélation muhammadienne est pour eux d’une telle évidence qu’ils comprennent mal que celle-ci ne s’impose pas à tous. Leur conviction est conforme à la réalité et au rôle cyclique que Dieu a assigné à l’islâm ; néanmoins, elle apparaît comme une croyance naïve à ceux qui ignorent le Droit sacré ainsi que la raison d’être des alliances et des formes traditionnelles ; qui s’imaginent qu’elles se valent toutes et que chacune a des motifs légitimes de se croire supérieure aux autres. Le scepticisme et le relativisme engendrent l’idéologie antitraditionnelle de la tolérance en matière de religion, application annexe des droits de l’homme. Fondée sur l’ignorance, elle est constamment contredite par la pratique actuelle : l’islâm n’est pas traité comme les autres religions pour la raison simple qu’effectivement il n’est pas une religion comme les autres. Ce ne sont ni la naïveté ni la complaisance de l’âme qui dominent dans l’image que les Occidentaux se font des musulmans, mais bien le fanatisme et l’intolérance.
L’excellence de l’islâm ne découle pas seulement du Droit sacré ; elle n’est pas davantage une affirmation théorique ou passionnée ; elle est avant tout la manifestation visible d’une élection spirituelle que le Coran formule en ces termes : « Vous êtes (ô musulmans) la meilleure communauté qui ait jamais été existenciée en faveur des hommes ; vous ordonnez ce qui convient, vous interdisez ce qui est répréhensible et vous croyez en Allâh. Si les Gens du Livre (c’est-à-dire tous ceux qui suivent les révélations antérieures) avaient cru (en Allâh), cela aurait été meilleur pour eux (car ils auraient participé à cette excellence communautaire, alors que dans l’état actuel) des croyants sont parmi eux, mais la plupart d’entre eux sont corrompus » (Cor., 3 , 110). Il ne s’agit pas, dans ce verset, d’une excellence des croyants, puisqu’il subsiste encore des croyants dans les autres formes traditionnelles, mais de l’excellence d’une communauté spécifique de croyants, excellence qui constitue pour eux un privilège auquel ceux qui appartiennent aux communautés antérieures n’ont pas accès. La faveur divine accordée à cette condition communautaire explique et justifie l’importance que revêt en islâm la pratique en commun des rites, aussi bien dans le domaine « exotérique » pour les prières quotidiennes, la prière du vendredi et le pèlerinage, que dans les voies initiatiques où il s’agit plutôt de l’invocation des noms divins, de la récitation coranique et des formules du wird .
L’ ACCUSATION DE FANATISME
L’excellence et la vitalité de la communauté islamique, sujets d’inquiétude et d’envie pour ceux qui pratiquent les autres religions, sont alarmantes pour l’Occident moderne qui ne comprend ni ne maîtrise un phénomène dont la signification lui échappe. L’accusation de fanatisme qu’il porte contre les musulmans vise un aspect plus spécial de cette excellence communautaire, qui est évoqué dans cet autre verset : « Il est des hommes qui prennent à côté (littéralement : en dessous) d’Allâh (ce qu’ils considèrent comme) des "égaux" ; ils les aiment comme s’il s’agissait d’Allâh, alors que ceux qui croient (en Lui et en Son Prophète) ont pour Allâh un amour plus intense ( ashadd ) » (Cor., 2, 165) ; ce qui signifie, selon Ibn Arabî : « Les croyants ont une force de conviction ( sidq ) plus intense dans leur amour pour Allâh que les associateurs dans leur amour pour ce qu’ils considèrent comme des "associés" » 1 . En doctrine akbarienne, l’« association » est impossible car Allâh n’a pas d’« égal » : « Il n’engendre pas et n’est pas engendré ; il n’y a pour Lui aucun égal (concevable) » (Cor., 112 , 4). Selon la réalité véritable, on ne peut Lui « associer » quoi que ce soit. Dans la perspective indiquée par ce commentaire akbarien, les termes « associateurs » et « associés » doivent être compris plutôt dans le sens d’une association formelle à la proclamation de la pure Unité divine qui est celle d’Allâh envisagé en tant que Nom Suprême. C’est pourquoi il a été ordonné au Prophète de combattre les hommes jusqu’à ce qu’ils disent : « Il n’est d’autre divinité qu’Allâh ». La communauté islamique est perçue comme « fanatique » parce que l’amour des musulmans pour Allâh, pour Son Prophète et pour leur religion est plus intense que l’amour envers Dieu ou l’Etre principiel tel qu’il se manifeste encore dans les communautés traditionnelles dont la fondation a précédé celle de l’islâm. Du moins en est-il ainsi aujourd’hui, car une telle comparaison n’était pas possible naguère. Dans le monde contemporain, les religions et autres formes traditionnelles sont confrontées pour la première fois les unes aux autres. Cette situation sans précédent est à l’origine du scepticisme et du relativisme qui prévalent en Occident, mais c’est elle aussi qui, par un effet providentiel concordant et compensatoire, montre à tous l’excellence de l’islâm, demeurée cachée jusqu’alors.
Selon Ibn Arabî, l’intensité dans l’amour de Dieu et la pratique de la religion découle de la force inhérente à la sincérité de la foi et à la conviction inébranlable des croyants exprimée dans le tasawwuf par le terme sidq . Le sidq est défini traditionnellement comme étant l’« épée d’Allâh » ( sayf Allâh ) sur la terre. Cette notion est liée à celle de « grande guerre sainte » (al-jihâd al-akbar) , la guerre intérieure que l’homme doit mener « contre les ennemis qu’il porte en lui-même » 2 . Cette épée invisible symbolise la force de l’islâm. Elle est, pour le monde moderne, l’ennemi le plus redoutable, car aucune force matérielle, aucune contrainte psychique ne peut prévaloir contre elle. Les musulmans sont dans une situation de guerre par le simple fait qu’ils existent. Ils sont considérés comme des fanatiques parce qu’ils sont musulmans et que leur foi en Allâh est plus forte que toutes les autres croyances, que celles-ci soient véridiques et traditionnelles ou bien mensongères et profanes. Ce qu’on leur reproche en réalité, c’est leur sincérité et leur fidélité à l’alliance divine contre laquelle le modernisme s’est érigé et insurgé.

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