Jésus
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Description

Au-delà des fantasmes et des présupposés, cette grande enquête permet de découvrir le Jésus de l’histoire. Grâce à de nombreux documents, cet ouvrage répond aux nombreuses questions que l’on se pose sur l’homme qui a radicalement changé la face du monde. Un album de découvertes sur la Bible, Jérusalem, Athènes, Rome, le judaïsme, le paganisme, la philosophie et l’Évangile. Une véritable encyclopédie pour découvrir les racines de notre culture.

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Nombre de lectures 36
EAN13 9782366020373
Langue Français

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Exrait

JÉSUS
Où Jésus est-il vraiment né ? En quelle année ? Quelle langue parlait-il ? Les Rois mages ont-ils existés ? Pourquoi Jean-Baptiste a-t-il été exécuté ? D'où venaient les apôtres ? Qui était Marie Madeleine ? Pourquoi Jésus a-t-il été arrêté ? Qui l'a trahi ? Qui l'a condamné ? Pourquoi y a-t-il quatre Évangiles ? Qu'est-ce qu'un apocryphe ? Quel est le secret des manuscrits de Qumran ? Le saint suaire est-il authentique ?
Gilles Jérémie CEAUSESCU, Franck JOUVE et Rodolphe LACHAT
© Wissen Media Verlag Gmbh, pour le système Chronique © 2006 - Éditions Chronique - Dargaud SA © Éditions Chronique – Mediatoon Licensing, pour la présente édition.
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EAN : 9782366020373
Éditions Chronique Mediatoon Licensing 15-27, rue Moussorgski – 75018 Paris E-mail :contact@editions-chronique.com Site Internet :http://www.editions-chronique.com
J ÉSUS
Sommaire
De l’Annonciation à la Nativité De l’enfance au Temple Du baptême au désert De l’appel des disciples à l’annonce du Royaume De la prédication de l’Amour au rassemblement des foule De la montée vers Jérusalem aux marchands chassés du Temple De la préparation de la Cène à l’arrestation Du procès à la Crucifixion De la Résurrection à l’Église De Reimarus à aujourd’hui, l’enquête savante Les Évangiles Les Lieux saints Jésus dans le judaïsme et l’islam Glossaire Bibliographie
DEL’ANNONCIATIONÀLANATIVITÉ
En ce temps-là... … parut un édit de César Auguste, ordonnant un recensement de toute la terre. Ce premier recensement eut lieu pendant que Quirinius était gouverneur de Syrie. Tous allaient se faire inscrire, chacun dans sa ville. Joseph aussi monta de la Galilée, de la ville de Nazareth, pour se rendre en Judée, dans la ville de David appelée Bethléem, parce qu’il était de la maison et de la famille de David, afin de se faire inscrire avec Marie, sa fiancée, qui était enceinte… »
C’est ainsi que l’Évangile de Luc [2,1-5] plante le cadre – temps, lieu, personnages – dans lequel va se dérouler la naissance de Jésus. Luc et Matthieu ont composé ce qu’on a appelé les « Évangiles de l’enfance ». Non pas des doublons, mais deux récits complémentaires : à Luc l’annonce faite à Marie, la crèche de Bethléem, le Gloria et les bergers, la circoncision et la présentation de l’Enfant au Temple ; à Matthieu les songes révélateurs de Joseph, l’adoration des rois mages, le massacre des Innocents, la fuite en Égypte, la mort d’Hérode et le retour à Nazareth. Les deux évangélistes placent l’un et l’autre la naissance de Jésus sous le signe des prophéties. Cet enfant est pour eux l’accomplissement des promesses des Écritures : beaucoup de juifs attendaient le Messie (en hébreuMessiah, « celui qui a reçu l’onction de Dieu » – mot qui donne en grecChrestos, le Christ ) annoncé dans l’Ancien Testament. « Le Seigneur lui-même vous donnera un signe, avait prophétisé Ésaïe [7,14] huit siècles plus tôt ; la vierge deviendra enceinte, elle enfantera un fils... » Voici que l’heure est venue, et le miracle tant attendu va se produire par l’intermédiaire d’une jeune fille appelée Myriam – Marie. Matthieu [1,18] peut commencer : « Voici de quelle manière arriva la naissance de Jésus Christ… »
Au tournant de l'histoire L’« en ce temps-là » de Luc où naquirent Jésus puis le christianisme ne désigne pas n’importe quel temps, mais l’époque où la civilisat ion romaine fut au comble de sa splendeur, et l’Empire au faîte de sa puissance. Les quatre décennies du règne d’Octave Auguste (de 27 av. J.-C. à 14 apr. J.-C.) furent assez brillantes pour qu’elles restent dans l’histoire comme le siècle d’Auguste ; elles inauguraient l’ère de laPax Romana qui durera deux siècles au terme desquels l’Empire atteignit l’apogée de son rayonnement. Conquise en 63 av. J.-C., la Judée a, comme les autres provinces, souffert de la présence romaine. Mais, là, un homme a su tirer profit de cette situation : Hérode le Grand. Sans prétendre à l’indépendance, il a réussi à créer un royaume vassal, incluant la Judée, la Samarie, la Galilée, la Pérée, et une partie des territoires à l’est du lac de la mer de Galilée, sur lequel il règne en maître tout en servant les intérêts romains. Pourtant, quand commence notre histoire, en 6 av. J.-C., Hérode ne se sent pas véritablement légitime. Avec l’âge, le « roi des Juifs », car tel est son titre, devient même de plus en plus soupçonneux, voyant des complots partout : dans sa famille, parmi les factions juives. À vrai dire, il n’a pas tout à fait tort. Tout le monde attend sa mort pour revendiquer son héritage : ses fils, les factions et même les mouvements populaires. Mais, pour l’instant, il est en vie et chacun retient son souffle.
Quel calendrier ?
e Notre calendrier est issu des savants calculs d’un moine du vi siècle, Denys le Petit, qui plaça la naissance de Jésus en l’an 754 après la fondation de Rome. Selon cette base, Hérode le Grand serait mort en l’an 750, soit en 4 av. J.-C. Or, d’après Matthieu et Luc, Jésus serait né pendant le règne d’Hérode qui s’étage de 40 à 4 av. J.-C. Cependant, les indications que donne Luc et celles, parallèles quoique moins précises, de Jean indiquent que lorsque, aux alentours de 28, Jésus entra dans son ministère public, il avait autour de 30 ans. Cela situe sa naissance vers la fin du règne d’Hérode. Mais Matthieu précise qu’après la visite des Mages, Hérode fit massacrer les enfants de moins de deux ans. Comme, en outre, le séjour en Égypte fut bref – lorsque Jésus revint, à la mort d’Hérode, il était encore « petit enfant » – , on peut supposer que sa naissance eut lieu aux alentours de l’an 6 av. J.-C. !
L’annonce faite à Marie «« Je crois en Jésus-Christ… » conçu du Saint Esprit, né de la Vierge Marie… » La formule du Credo des chrétiens repose sur les récits des Évangiles de Matthieu et Luc qui font précéder la naissance de Jésus à Bethléem de l’Annonciation : l’annonce surnaturelle faite à la jeune fille – elle doit avoir dans les 15 ans – de sa maternité miraculeuse. L’Église a fixé l’apparition à Marie de l’ange Gabriel (« la Force de Dieu » en hébreu) un 25 mars – neuf mois jour pour jour avant la date retenue pour Noël. «« L’ange Gabriel fut envoyé par Dieu dans une ville de Galilée appelée Nazareth, auprès d’une vierge fiancée à un homme de la maison de David, nommé Joseph. Le nom de la vierge était Marie. L’ange entra chez elle et dit : Je te salue, toi à qui une grâce a été faite ; le Seigneur est avec toi… Et voici : tu deviendras enceinte et tu enfanteras un fils, et tu lui donneras le nom de Jésus. » [Luc 1,26-28, 31]» La tradition byzantine distinguait deux apparitions successives de l’ange à Marie : la première en plein air, au puits du village où elle est allée chercher de l’eau ; la seconde (l’Annonciation proprement dite) sous son toit où il pénètre comme par enchantement pour délivrer son message. Elle est seule face à lui dans les deux cas, et marque un effroi bien légitime. Mais bien que troublée de se découvrir élue entre toutes les femmes, Marie ne met pas un instant en doute la véracité de la révélation qui lui est faite. Elle demande simplement « comment cela se passera » puisqu’elle ne connaît pas d’homme (connaître, dans le style biblique, signifie très souvent, comme ici, avoir des relations charnelles). Et Gabriel lui fait la réponse qui scelle pour les chrétiens le mystère de l’Incarnation et l’origine divine de Jésus dont le nom même est lourd de signification : Jésus,Yehosuaen hébreu, c’est « Yahvé sauve ». «« Le Saint-Esprit viendra sur toi, et la puissance du Très-Haut te couvrira de son ombre. C’est pourquoi le saint enfant qui naîtra de toi sera appelé Fils de Dieu. » [1,35]» En découvrant bientôt que sa fiancée est enceinte alors qu’il ne l’a pas touchée, Joseph pense d’abord rompre leur engagement. L’Évangile de Matthieu place ici une nouvelle intervention angélique : Joseph est averti en songe (il aura deux autres de ces révélations en rêve avant et après la fuite en Égypte) de ce qui s’est produit « par l’opération du Saint-Esprit », selon l’expression populaire, et chargé de la mission de donner à l’enfant à naître le nom de Jésus. Joseph prend Marie chez lui, ce qui signifie qu’il l’épouse publiquement pour empêcher le scandale. Mais, insiste l’évangéliste, « il ne la connut point jusqu’à ce qu’elle eût mis au monde un fils, qu’il appela du nom de Jésus » [1,25].
Zoom
Une erreur couranteconsiste à confondre la conception virginale de Jésus par Marie avec le dogme catholique de l’Immaculée Conception qui n’est pas liée à la naissance de Jésus et qui proclame que Marie a été dès sa propre conception « par une grâce et une faveur
singulière… préservée intacte de toute souillure du péché originel ».
La filiation davidique Les généalogies, tout comme la référence à Bethléem, soulignent que Jésus descend du prophète David à travers Joseph. Que la lignée se fasse par Joseph, qui n’est pourtant pas son père, ne change rien car, dans le judaïsme de l’époque, c’est le père légal qui est le véritable père. Or, le Messie attendu par Israël – du moins dans l’exégèse la plus commune – doit sortir de la lignée de David (2 Samuel [7,12 -14] où le prophète Nathan s’adresse à David en ces termes : « Et quand tes jours seront accomplis et que tu seras couché avec tes pères, j’élèverai ta descendance après toi, celui qui sera issu de tes entrailles, et j’affermirai sa royauté. C’est lui qui bâtira une maison pour mon Nom et j’affermirai pour toujours son trône royal. Je serai pour lui un père et il sera pour moi un fils »). Il se trouve qu’en dehors des Évangiles de l’enfance, cette fili ation est diversement attestée, notamment par Paul : « Fils issu de la lignée de David selon la chair » [Rom 1, 3 – 4]. Il semble donc bien que Jésus appartienne à une famille – au sens large, sans doute, de toute une communauté – d’ascendance davidique qui attendait de voir surgir en son sein le Messie annoncé. C’est ainsi, d’ailleurs, que le comprendront ses disciples.
Le nom de Jésus Le nom français Jésus translittère l’hébreuYesu, abrégé deYesua, forme qui apparaît après le retour d’exil, deYehosua, notre Josué « fils de Nûn », celui-là même qui fit entrer les Israélites en Terre promise. C’est un prénom commun à l’époque et populaire. Il le e restera jusqu’au ii siècle, après quoi les juifs – est-ce à cause de Jésus ? – abandonneront la forme deYesuouYesuapour revenir àYehosua. Yehosua signifie « Yahvé aide » mais il est entendu comme « Yahvé sauve » [Mt 1,21]. On notera que tous les membres de la famille de Jésus portent des noms de patriarches : Joseph, comme le fils de Jacob et l’ancêtre des 12 tribus, Marie – Myriam, comme la sœur de Moïse. Une pratique répandue e parmi les juifs pieux depuis le ii siècle av. J.-C. et qui semble s’être intensifiée aux er alentours du i siècle comme une revendication d’appartenance religieuse.
La Vierge Marie La virginité de Marie est affirmée dans les Évangiles de l’enfance. Le fait qu’elle soit évoquée par Matthieu et Luc, qui divergent sur de nombreux points, atteste que c’est une tradition apostolique et originelle que tous deux ont reçue. Les parallèles avec certains récits du monde hellénistique relatant une intervention divine dans une naissance miraculeuse, sont par ailleurs vides de sens. La conception virginale de Marie est unique en son genre. Même la référence scripturaire à Ésaïe [7,14] est insuffisante pour accréditer l’idée d’une composition littéraire. Il s’agit donc d’une tradition primitive indépendante.
La crèche et les bergers «C’est pour les besoins» d’un recensement ordonné par l’empereur Auguste que Joseph et Marie, enceinte, quittèrent Nazareth et la Galilée pour venir se faire inscrire en Judée, dans un village situé à moins de 10 kilomètres de Jérusalem : Bethléem (« la maison du
pain »), berceau de la famille de David d’où descendait Joseph. C’est ici que 700 ans plus tôt, une prophétie avait fixé la naissance du futur Messie : « Et toi, Bethléem Éphrata [riche en fruits], de toi sortira Celui qui dominera sur Israël, et dont l’origine remonte aux temps anciens, aux jours de l’éternité. » [Michée 5,2] Loin d’un cadre grandiose à la hauteur de l’événement, l’Évangile de Luc rapporte sobrement la naissance de Jésus en deux phrases toutes simples : «« Pendant qu’ils étaient là, le temps où Marie devait accoucher arriva, et elle enfanta son fils premier-né. Elle l’emmaillota, et le coucha dans une crèche, parce qu’il n’y avait pas de place pour eux dans l’hôtellerie. » [10,6-7]» Ainsi celui qui allait changer la face du monde naquit dans les conditions les plus humbles car cette crèche, on l’a oublié, n’était pas vraiment l’étable bucolique aménagée dans une grange qu’on imagine souvent : le mot désigne à l’origine une mangeoire à bestiaux, et l’étable en question était probablement un coin de grotte aux abords du village. Un tel spectacle n’est pas si courant ; rien d’étonnant donc à ce que les bergers qui campent à la belle étoile dans les environs n’aient guère eu de mal à repérer le nouveau-né. Ils sont les tout premiers témoins de la venue au monde de Jésus, et ce seront des gens simples comme eux qui, 30 ans plus tard, fourniront le gros de ses disciples. Ce soir, en pleine nuit, un ange (Gabriel ?) leur a donné son signalement : « un enfant emmailloté et couché dans une crèche ». Ils se sont aussitôt mis à sa recherche car l’ange leur a annoncé la bonne nouvelle – c’est le sens même du mot grec « Évangile » – de la venue du Messie, là, tout de suite, ici même : « aujourd’hui, dans la ville de David, il vous est né un Sauveur qui est le Christ, le Seigneur » [Luc 2,11] – rappelons que le grecChrestostraduit l’hébreu Messiah). Soudain, ajoute l’évangéliste, « il se joignit à l’ange une multitude de l’armée céleste, louant Dieu et disant : “ Gloire à Dieu dans les lieux très hauts, et paix sur la terre parmi les hommes qu’il agrée ! ” » [Luc 2,13-14]. On a longtemps traduit les premiers mots de ce Cantique des anges, plus connu sous le nom de Gloria, par « Gloire à Dieu au plus haut des cieux et paix sur la terre aux hommes de bonne volonté ». Or le texte original a un tout autre sens : il parle de paix sur la terre aux hommes bien-aimés de Dieu, et exprime ainsi non la bienveillance de l’homme, mais la bienveillance de Dieu envers l’homme.
Le 25 décembre e A u iv siècle, à la fin du règne de Constantin, la naissance de Jésus, jusque-là fêtée en automne, au moment de la fête juive des Tentes, est déplacée le 25 décembre. Cette décision s’inscrit dans un mouvement général de redéfinition du calendrier et des fêtes chrétiennes. On remarque que la nouvelle date coïncide avec le solstice d’hiver, où la courbe du soleil s’incurve et le jour s’allonge. L’empereur Aurélien (270 – 275) avait institué, le 25 décembre, une fête commémorant l’anniversaire duSol Invinctus, le Soleil invaincu, divinité tutélaire de l’Empire. Constantin, qui avait commencé sa carrière sous l’invocation du Sol Invinctus,va, après sa conversion au christianisme, substituer à la naissance du Soleil la naissance du Seigneur, soutenu dans cette réforme par une référence scripturaire à Malachie [3,2] : « […] et il se lèvera, pour vous qui craignez mon Nom, un soleil de justice. »
Accoucher au temps de Jésus er En cette toute fin du i siècle av. J.C., il n’existait pas, ce qui ne saur ait surprendre, d’hôpitaux dotés de service de maternité. Les femme s accouchaient chez elles ou,
lorsqu’elles étaient en voyage, où elles le pouvaient. Que ce soit une étable ou bien une grotte aménagée, cela n’a rien d’extraordinaire. S’il n’y avait pas d’hôpitaux ni de médecins spécialisés, le monde antique connaissait, en revanche, des sages-femmes, la plus célèbre étant probablement la mère de Socrate. Encore fallait-il l’appeler pour qu’elle vînt au chevet de la femme enceinte. En son absence, la famille se chargeait de l’office. Les femmes, le plus souvent, mais aussi les hommes quand la nécessité s’imposait. Lorsque l’enfant venait au monde, on l’enveloppait de langes. Ceux-ci, contrairement à l’opinion commune, n’étaient pas faits de linges noués mais d’une espèce de carcan en feutre qui immobilisait le bébé et permettait de le transporter.
La grotte, le bœuf et l’âne Les apocryphes nous fournissent des détails absents du Nouveau Testament, mais que l’on peut considérer vraisemblables ou authentiques, comme la quête d’une sage-femme par Joseph ou la présence autour du nouveau-né du bœuf et de l’âne (d’ailleurs accueillis par e l’Église dans l’imagerie de Noël). C’est l’Évangile du pseudo-Matthieu (vi siècle ?) qui mentionne ces deux animaux, rappelant une prophétie d’Ésaïe [1,3] : « […] le bœuf a connu son maître, et l’âne la crèche de son maître. » On retrouvera un âne à l’entrée triomphale
de Jésus à Jérusalem. e Le Protévangile* de Jacques (ii siècle) évoque textuellement la « grotte » où naquit Jésus. Les chrétiens la vénéraient déjà dans les années 120, en raison de quoi Hadrien y imposa un culte d’Adonis. Deux siècles plus tard, Constant in, premier empereur converti au christianisme, élèvera sur son emplacement la basilique de la Nativité.
La basilique de la Nativité Il semble que la grotte de la Nativité, celle qui a été identifiée comme telle en tout cas, ait e été vénérée très tôt, dès le début du ii siècle. Deux cents ans plus tard, c’est au-dessus de cette grotte que l’empereur Constantin fit bâtir la première basilique de Bethléem. C’était en 325, ce qui en fait l’un des plus anciens édifices chrétiens du monde. Soixante-dix ans plus tard, la Galicienne Éthérie, première femme à avoir rédigé un journal de voyage en e Terre sainte (Le Pèlerinage d’Éthérie sur les Lieux saints, iv s.), s’émerveillera de « la décoration de ces édifices que Constantin, sous la surveillance de sa mère et avec toutes les ressources de son empire, a ornés d’or, de mosaïques et de marbre précieux ». Deux siècles après sa construction, le bel édifice eut à souffrir de la révolte des Samaritains qui, en 529, incendièrent les églises de Palestine. L’empereur Justinien rétablit l’ordre par la force des armes, et commanda d’achever la démolition de l’église de Bethléem pour en reconstruire une plus grande et plus belle sur le même site. e A u vi siècle, en moins de 25 ans, la nouvelle basilique allait être deux fois menacée de destruction par des envahisseurs et deux fois épargnée : en 614, par les Perses qui reconnurent l’image de leurs ancêtres dans une mosaïque de la façade représentant les Mages venus d’Orient adorer l’Enfant ; en 638, après la reconquête romaine chrétienne, par les musulmans qui y vénérèrent le lieu de la naissance du prophète Jésus, né pour eux e aussi de la Vierge Marie. Restaurée par les croisés au xii siècle, la basilique de la Nativité n’a jamais cessé de fasciner les foules de pèlerins venus du monde entier ; en descendant dans sa crypte, ils pénètrent au cœur du mystère de l’Incarnation.
La venue des Mages
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