La mort refusée ou la reproduction de l être humain
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Description

C’était il y a une vingtaine d’années. Je préparais mon mémoire de fin d’étude dans le cadre de mes études en théologie. Celui-ci portait sur le clonage et avait pour problématique : « Faut-il interdire le clonage humain à des fins de reproduction ».
C’était il y a une vingtaine d’années, en janvier 1997, une équipe de biologistes écossais sous la direction du professeur Wilmut avait réussi un exploit technique qui défraya la chronique. Ils sont parvenus à créer le double génétique d'une brebis adulte, à partir de l'une de ses cellules.
Saluée par le monde scientifique, cette découverte avait constitué une prouesse technique.
Si cette expérience a bousculé les esprits, c'est surtout à cause de ses possibles développements. En effet, il devenait évident pour chacun que l'acquisition de la capacité à cloner un être humain était imminente, mais aussi que cette réalisation concrète répondait tant à un projet scientifique et économique qu’à un fantasme ancestral : se voir vivre et croire ne jamais mourir.

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Informations

Publié par
Date de parution 02 septembre 2021
Nombre de lectures 10
Langue Français

Exrait

José VENTADOUR
 
LA MORT REFUSÉE OU
LA REPRODUCTION À L’IDENTIQUE DE L’ÊTRE HUMAIN
 
 

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Point de vue théologique
 
 
 
ISBN 978-2-36957-287-9
© 2021, José Magloire VENTADOUR
Aucun extrait de cette publication ne peut être reproduit, ni transmis sous une forme quelconque, que ce soit par des moyens électroniques ou mécaniques, y compris la photocopie, l'enregistrement ou tout stockage ou report de données sans la permission écrite de l'éditeur.
Sauf indications contraires, les textes cités sont tirés de la Bible Louis Segond 1910.
Publié par Editions l'Oasis, année 2021.
Ce livre a été publié sous la division auto-publication « Publiez votre livre ! », des Editions l'Oasis. Les Editions l'Oasis déclinent toute responsabilité concernant d'éventuelles erreurs, aussi bien typographiques que grammaticales, qui ne sont pas forcément en accord avec certains détails du contenu des livres publiés sous cette forme.
Dépôt légal : 3éme trimestre 2021.
Imprimé en Pologne par Bookpress.

9, Rte d'Oupia, 34210 Olonzac, France
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Sommaire
I. Préambule
II. Introduction
III. Aspects scientifiques
A. Qu’est-ce qu’un clone ?
B. Le clonage humain.
1. Le mouvement raëlien.
2. La Révélation de Richard Seed.
IV. Données biologiques
A. Le clonage humain à titre médical ou à visée thérapeutique.       
1. La légitimité de la recherche
B. Les dérives possibles
V. Problèmes éthiques liés au clonage humain
A. Clonage et dignité humaine
1. Le droit d’être conçu dans un acte d’amour.
2. Le problème de la filiation ?
B. Considérations théologiques.
1. L’homme à l’image de Dieu.
2. Dieu crée le corps.
C. Conséquences pratiques
VI. Rédemption : antidote au clonage humain
A. Finitude et clonage humain.
B. La Rédemption : solution au problème du clonage humain.
VII. Une interdiction relayée au niveau européen et international.
A. Dans le cadre européen
1. Le conseil de l’Europe.
B. Dans le cadre international
C. Le Droit français est-il suffisant pour interdire le clonage reproductif humain ?
VIII. Conclusion
IX. Glossaire

José Ventadour et son épouse
 
 
 
José Ventadour et son épouse Edna sont les fondateurs de l’église Evangil’Action.
Après un premier cursus biblique en Martinique, José Ventadour a suivi une formation biblique à l’Institut Biblique de Nogent où il a été diplômé. Il a également suivi une formation complémentaire d’une année à l’EuNC : Faculty of Theology à Büsingen, en Suisse allemande.
En mars 2007, il a été ordonné à l’Église du Nazaréen.
Il a contribué au ministère en tant que pasteur assistant sur plusieurs églises dans tous les devoirs ministériels et leurs missions générales, notamment en Martinique, à Paris, en région parisienne, dans l’Oise et à Dreux.
Remerciements
 
 
 

M
a première pensée et mes premiers mots de remerciements vont vers le Seigneur de ma vie, sans qui aucune source d’inspiration pour la rédaction de ce livre n’existerait. Cet ouvrage est un moyen de lui rendre gloire et honneur ainsi que de lui témoigner mon amour et ma fidélité.
À mon épouse Edna que j’aime ; je te remercie pour le soutien, l’encouragement que tu m’as donné et qui a contribué à permettre que ce travail de mémoire prenne la forme d’un livre.
Mes remerciements sont nombreux, car ils incarnent la nature profondément participative de cette publication de livre. Ainsi, je tiens à remercier ma famille entière en lui exprimant toute ma gratitude pour son soutien sans faille et l’aide précieuse qu’elle a toujours contribué à m’apporter.
Préambule
 
 

L
e monde avance. De nouvelles technologies affluent à un rythme effréné, faisant observer des bouleversements majeurs en matière d’informatique, d’internet, de technologies connectées et de sciences.
On ne peut s’empêcher de penser que le meilleur reste encore à venir au regard des nombreux travaux technologiques en cours dans bon nombre de domaines. Rappelons-nous que nous sommes à l’aube de certains objets futuristes , comme les voitures volantes par exemple : une voiture volante réalise son premier vol entre deux villes en Slovaquie le 28 juin 2021 ; un vol de 35 minutes qui a été suivi d’un temps de conduite sur route. En effet, cette fabuleuse prouesse technique passe du stade de véhicule terrestre à celui de véhicule volant en moins de trois minutes. Et pour ceux que la  voiture volante  ne surprend plus, un designer français du nom de Yelken Octuri a imaginé le  Flying Yacht , un étonnant bateau qui se transforme en avion, lequel peut accueillir jusqu’à dix passagers.
Par ailleurs, selon le même concept, le 16 juin 2021, une start-up américaine, Regent, a annoncé une collaboration avec la compagnie Brittany Ferries pour mettre au point un nouveau moyen de transport ultrarapide qui devrait relier Cherbourg à Portsmouth en 40 minutes. Ce bateau volant se trouverait à mi-chemin entre l’avion et l’hydroglisseur. Appelé Seaglider, seront combinées l’efficacité aérienne et la maniabilité des bateaux.
 
On ne peut qu’admettre que la technologie en général a fait des progrès bondissants en l’espace de quelques décennies.
Il est frappant de constater que le rapport de l’homme face au monde ou face à ses semblables, voire face à lui-même, a changé depuis l’arrivée de ces fameuses technologies.
Ainsi, de manière insidieuse ou non, de manière volontaire ou non, l’homme de toutes conditions sociales est passé d’un monde respectueux de la notion du divin à une société dite laïque où le divin tend à disparaître au profit d’une confiance quasi absolue en la science et en la technologie.
Nombreuses sont les personnes qui ont fait de cette technologie le principe directeur de leur vie comme pour noyer leurs croyances initiales du Dieu créateur de toutes choses en un dieu plus présent, leur octroyant dès lors plus de pouvoirs et de puissance.
On ne peut s’empêcher d’essayer de comprendre ce glissement d’une société où Dieu avait toute sa raison d’être vers une émancipation aussi radicale de l’homme pour accorder une place prépondérante à tout ce qui représente la technologie ou la science.
Cet éclaircissement peut être obtenu en faisant référence à la fabrication du veau d’or par les israélites après leur libération de la servitude en Égypte par Moïse, lequel fut envoyé par Dieu.
Lorsque Moïse, durant sa période d’Exode, partit pendant quarante jours et quarante nuits sur la montagne du mont Sinaï pour recueillir les textes de loi qui devaient être écrits par la main de Dieu Lui-même, le peuple hébreu s’est retrouvé sans guide, et l’impatience le gagna, car Moïse tardait à revenir. Ont-ils pu penser qu’il était mort et la présence d’une divinité pour les rassurer a trouvé écho auprès de certains au point de fabriquer une idole en vue de l’adorer ?
Cette divinité donna naissance à un veau en métal d’or fondu, devant lequel, une fois créé, tous les israélites se prosternèrent.
Au moment où Moïse redescendit de la montagne sous la recommandation de Dieu qui vit le comportement et l’idolâtrie de son peuple, Moïse s’enflamma de colère et détruisit la table de lois, les dix commandements qu’il avait reçus de Dieu pour le peuple, en la brisant sur la statue du veau d’or.
Dans une certaine mesure, l’homme d’aujourd’hui est livré à lui-même et ne semble pas avoir de guide dans ce monde devenu de plus en plus dangereux. Cet état de fait l’amène à douter d’un Dieu omniprésent, omniscient et omnipotent. Ainsi, il croit de moins en moins en un Dieu. Il est clair également que la loi séparatiste des lieux de culte et de l’État, en France, n’a pas contribué à rapprocher l’homme de Dieu. La séparation entre le Créateur et la créature n’était que confirmée. Autrement dit, le divorce était prononcé.
À l’instar du veau d’or, la laïcité a gagné tellement en importance que la moindre de nos actions ou le moindre de nos comportements sont scrutés dans le cadre de ladite « laïcité ». Ce principe remplit tous nos espaces et devient le point culminant où tout le monde est censé diriger son regard. Même si l’homme soutient sans réserve le principe de la laïcité, il n’en demeure pas moins que le besoin de croire n’a pas disparu. L’homme va, de ce fait, transposer ce besoin de croire ou va transférer sa confiance en la science comme le remplacement équivalent au divin. Ainsi, par la science, nous obtenons la guérison de nos maladies, par elle ; nos vies s’en voient prolongées.
En s’éloignant de la foi qui, pourtant, a vocation à donner une espérance dans la vie après la mort, l’homme moderne, pour neutraliser sa peur commune de la mort, déplace sa confiance vers des outils techniques et scientifiques. Nous comprenons, de plus en plus, l’engouement massif de très nombreuses personnes pour leur smartphone et leur captivité liée aux réseaux sociaux au lieu de se montrer à l’écoute et à la recherche de Dieu.
On ne peut que s’interroger. Les hommes attendaient-ils ou attendent-ils toujours des réponses à des questions métaphysiques à propos du sens de la vie et de la mort, que le spirituel n’a pas réussi à leur apporter ?
À ce jour, nombreux sont ceux qui se tournent vers ces nouvelles techniques algorithmées qui auraient la faculté, soi-disant, de leur expliquer leurs craintes.
Alors, à l’heure où l’algorithme, la technique et l’intelligence artificielle sont en train de supplanter nos racines en Dieu, les partisans de cette nouvelle pensée, « les transhumanistes », proclament la radiation de la mort pour une vie éternelle. Ils sont vus comme les nouveaux prophètes du marché de l’immortalité. Ainsi, l’homme pourrait prétendre être l’égal de Dieu, voire davantage. L’Association transhumaniste mondiale commence son manifeste de la sorte : « L’être humain pourra subir des modifications, telles que son rajeunissement, l’accroissement de son intelligence par des moyens biologiques ou artificiels, l’abolition de la souffrance et l’exploration de l’univers. »
Le transhumanisme fonde ses idéaux sur des innovations technico-médicales alléchantes avec beaucoup de prouesses pour le futur de l’homme. Autrement dit, le transhumanisme se définit comme « un ensemble de techniques et de réflexions visant à améliorer les capacités humaines, physiques ou mentales au travers des pratiques de nanotechnologies, de la biotechnologie, du clonage, de l’intelligence artificielle et de la transgénèse ».
Avec le marché de l’immortalité qui commence à remuer les pensées de l’homme, certains cherchent d’ores et déjà à dépasser l’archétype du génome humain pour bientôt, peut-être, créer une nouvelle espèce augmentée, voire une espèce dite « hybride ». Ainsi, l’idée est de tirer bénéfice des technologies pour améliorer physiquement nos corps en faisant appel à la robotique, à la bio-ingénierie, voire au génie génétique.
L’homme du futur incarne la préoccupation première de Raymond Kurzweil, le chef ingénieur de chez Google. Pour lui, d’ici les années 2030, internet sera relié directement au cerveau de l’homme. Elon Musk, patron de Tesla, de SpaceX et de Neuralink, partage la même pensée. En France, c’est Laurent Alexandre qui se donne des allures de prophète et qui a écrit plusieurs livres, notamment La Mort de la Mort et Intelligence artificielle VS Intelligence humaine , où il explique sa vision sur le monde que nous sommes sur le point de bâtir ou d’engendrer. Il précise dans son livre La Mort de la Mort que la génomique et les thérapies géniques, les cellules souches, les nanotechnologies réparatrices, l’hybridation entre l’homme et la machine constituent autant de technologies qui vont bouleverser en quelques générations tous nos rapports au monde.
 
Introduction
 
 

C
’était il y a une vingtaine d’années, en janvier 1997. Je préparais mon mémoire de fin d’études dans le cadre de mes études en théologie. Celui-ci portait sur le clonage et avait pour problématique : « Faut-il interdire le clonage humain à des fins de reproduction ? »
Une équipe de biologistes écossais, sous la direction du professeur Wilmut, avait réussi un exploit technique qui défraya la chronique. Ils parvinrent à créer le double génétique d’une brebis adulte, à partir de l’une de ses cellules.
Saluée par le monde scientifique, cette découverte avait constitué une prouesse technique.
Si cette expérience a bousculé les esprits, c’est surtout à cause de ses possibles développements. En effet, il devenait évident pour chacun que l’acquisition de la capacité à cloner un être humain était imminente, mais aussi que cette réalisation concrète répondait tant à un projet scientifique et économique qu’à un fantasme ancestral : se voir vivre et croire ne jamais mourir.
Pareille éventualité parle à l’imagination.
Les auteurs de livres ou de films de science-fiction ont depuis longtemps exploité les potentielles dérives de cette pratique : fabrication de pièces de rechange de populations d’individus identiques sélectionnés pour une tâche donnée, « recréation » d’un être cher disparu...
Défendant déjà cette technique naissante, des biologistes avançaient des applications alléchantes, notamment pour les couples stériles et en cancérologie.
Le clonage reproductif posait des questions nouvelles qui relèvent de l’éthique des sciences ou de la bioéthique et qui ne peuvent être laissées aux mains seules des scientifiques.
Comme il l’a fait à propos des substitutions de grossesse ou de l’expérimentation sur les « embryons ex vivo », le Comité Consultatif National d’Éthique (CCNE), à la demande du Président de la République de l’époque, avait examiné la pertinence de cette technique nouvelle.
« En avril 1997, nous avions été saisis par le Président de la République qui souhaitait une clarification sur le plan éthique et juridique, a rappelé Jean-Pierre Changeux, Président du Comité. » 1
Il en ressort que les questions posées par le clonage nous renvoient en fait à nos interrogations et convictions fondamentales à l’égard de l’entreprise technique et scientifique.
Nous lisons dans les écritures bibliques que le monde, la nature ne sont plus divins, mais profanes. Il émerge ainsi une sorte de « désacralisation » ou une certaine forme de « laïcisation » de l’univers.
L’entreprise scientifique constitue une vocation de l’homme dans cet univers que Dieu lui a confié pour l’expliquer, le nommer, le transformer.
Mais une menace de perversion pèse toujours sur cette vocation lorsque l’homme croit pouvoir tout maîtriser à partir de lui-même et de ses œuvres (comme le raconte l’épisode biblique de la tour de Babel) 2 , quand l’activité de l’homme se désamarre de la volonté bonne de Dieu exprimée dans sa parole, quand aussi ses projets démesurés sont réalisés sans égard pour l’avenir de l’humanité et son environnement.
Partant du principe qu’il y a dans la Bible promesse de domination de la nature et mise en garde contre la convoitise de la toute-puissance, nous voulons montrer en quoi cette technique nouvelle (ses applications possibles, positives comme négatives) représente une menace de perversion pour l’humanité.
À l’heure où le clonage humain était presque techniquement à notre portée, où les industries pharmaceutiques et agroalimentaires se jetaient dans la course aux brevets, la question de la réglementation se faisait de plus en plus pressante.
Face à la vitesse foudroyante des progrès, les comités d’éthique multipliaient leurs recommandations. Car de technique, le problème était bel et bien devenu éthique.
Si la fabrication en chaîne de souris en laboratoire, de vaches laitières productives ou encore d’animaux en voie de disparition semblait être un bienfait, que dire en revanche du clonage pour améliorer la race humaine, pour pallier la stérilité, voire pour que chacun ait à sa disposition un double qui servirait de banque d’organes en cas de besoin ?
Nous ne pouvons nous contenter de déclarer que la machine est lancée et qu’il serait vain de l’arrêter. Pouvons-nous tout au moins lui trouver des limites ou tout au plus une interdiction radicale en proposant la seule et unique voie qui mène à l’éternité ?
Aspects scientifiques
  Qu’est-ce qu’un clone ?

P
our faire un bébé, il faut être deux. Une réalité que bon nombre de parents expliquent aux plus jeunes de leurs enfants à l’aide d’une version bucolique ou plaisante de la grossesse selon laquelle le papa donne une petite graine à la maman qui la cultive en son ventre et accouche, neuf mois plus tard, d’un splendide bébé... Une image édulcorée ou atténuée, mais proche de la réalité puisque, dans les faits, la reproduction sexuée implique que les parents apportent chacun une part d’eux-mêmes, ovule pour la maman et spermatozoïdes pour le papa.
Ces deux cellules fusionnent pour en créer une seule, et leur noyau, porteur des gènes, fait de même. S’ensuit une série de multiplications cellulaires au terme de laquelle se forment un embryon puis un fœtus.
Le patrimoine génétique de ce bébé en devenir est constitué pour moitié des gènes de son papa, pour moitié de ceux de sa maman. Cela fait de lui un être unique, différent de ses parents, mais aussi de ses frères et sœurs, même si tous ont en commun un indéniable air de famille.
À l’exemple de l’homme, bon nombre d’espèces animales possèdent un mode de reproduction identique.
En revanche, d’autres font des bébés... seuls ! Certains organismes vivants asexués n’ont d’autre possibilité pour se reproduire que de se dupliquer, donnant naissance à une copie d’eux-mêmes.
C’est le principe du clonage, qui nécessite non pas le mélange des gènes hérités de deux parents, mais un seul patrimoine génétique.
C’est, à l’heure actuelle, le mode de reproduction naturelle des bactéries, des coraux et de certains végétaux.
Ainsi, le drageon 3 , qui naît d’une racine, est le clone de l’arbre qui lui a donné naissance.
Et les jardiniers adeptes du bouturage (multiplication des végétaux par bouture) 4 sont des « cloneurs » qui s’ignorent, puisqu’ils obtiennent à partir d’un morceau de géranium ou de papyrus, une plante dans son entier, identique à l’originale. Le bouturage permet de conserver exactement les espèces et les variétés.
L’exemple le plus spectaculaire, c’est un être très grand, au tronc fin, qui a été reproduit à des milliers d’exemplaires depuis plus de trois cents ans, sur le modèle d’un seul organisme original. Il promène ses feuilles en tas de pics au gré du vent, le long des routes nationales, ou des axes urbains.
Oui, le populus nigra , mieux connu sous le nom de peuplier noir, est un clone répliqué à l’infini pour habiller les cours internes, du fait de ses chaussées larges.
À l’origine, un seul peuplier noir fut importé d’Italie au XVII e  siècle. Celui-ci fut cloné en beaucoup d’exemplaires, et les clones de première génération furent à leur tour clonés (et ainsi de suite).
C’est ce que l’on appelle le reclonage 5
 
Dans l’encyclopédie Universalis , Monsieur Didier Lavergne nous rapporte la définition suivante du mot « clonage » : le mot clonage est utilisé en biologie pour désigner une reproduction à l’identique ne faisant pas intervenir la sexualité.
C’est ce qui se passe lorsqu’on obtient une colonie bactérienne après avoir ensemencé un milieu de culture solide avec une seule bactérie : en se divisant, cette bactérie « mère a engendré des bactéries filles » qui lui sont semblables.
La colonie est donc constituée d’un amas de bactéries identiques, bien qu’issues de générations successives.

Le terme « génération » n’implique ici aucune sexualité. On observe de même chez beaucoup de végétaux, une prolifération cellulaire permettant la naissance d’individus identiques à l’individu souche ; leur essaimage autour de celui-ci génère encore, sans sexualité, une colonie formée d’individus semblables les uns aux autres ou clones.
Ainsi, un clone est une population d’individus génétiquement identiques.
Maniée en laboratoire, la technique du clonage consiste à enlever le noyau d’un ovule puis à le remplacer par celui d’une autre cellule. L’embryon qui en résulte ne possède le patrimoine génétique que du donneur de noyau. Cela en fait une réplique exacte, son frère ou sa sœur jumelle en quelque sorte.
Ce procédé a permis, dès les années cinquante, d’obtenir des têtards à partir de quelques cellules de grenouilles. « Robert Briggs et Thomas King, chercheurs à l’institut pour la recherche sur le cancer de Philadelphie, expérimentaient alors sur des amphibiens de l’espèce Rana Pipiens ».
Au début des années quatre-vingt, des scientifiques tentèrent les premières expériences sur les mammifères, d’abord en utilisant les noyaux cellulaires de jeunes embryons, puis ceux d’animaux adultes. Par exemple, nous avons le clone de six lapins génétiquement identiques issus de cellules prélevées sur un embryon congelé. On doit la réussite de ce clone à une équipe française pratiquant le clonage de mammifères domestiques se trouvant en banlieue parisienne, à Jouy-en-Josas.
  Le clonage humain.
Si la naissance d’une brebis clonée, nommée Dolly, révélée au public en février 1997, a provoqué tant de remous, c’est parce que cette réalisation concrète répondait non seulement à un projet scientifique et économique, mais également à un fantasme ancestral amplement partagé : se voir revivre et croire ne jamais mourir.
Le phénomène Dolly a marqué une avancée scientifique et suscité aussi de nombreuses inquiétudes.
Il n’est pas certain que le clonage humain propose des solutions d’intérêt médical. Mais il est évident que son pouvoir d’immortaliser est largement surfait.
Depuis la création de la brebis Dolly, les déclarations diversement illuminées n’ont pas manqué, à commencer par celles de la secte raëlienne américaine qui avait annoncé la création aux Bahamas d’une société destinée à promouvoir le clonage humain et les affirmations de Richard Seed, l’Américain qui prétend cloner un humain.
  Le mouvement raëlien.
Ce mouvement paraît comme la première organisation à s’être officiellement lancée dans la course au clonage humain.
Son fondateur, Claude Vorilhon, témoignait ainsi : « Je m’étais fixé pour but d’aller jusqu’au centre du puy de Lassolas [...]. Soudain, dans la brume, j’aperçus une lumière rouge clignotante, puis une espèce d’hélicoptère qui descendait vers moi [...], une soucoupe volante... ». 6
Claude Vorilhon devint dès lors prophète des « Elohim », c’est-à-dire « ceux qui sont venus du ciel » . La mission dont il est investi vise à transmettre le message des Elohim et de bâtir une cité digne de leurs créateurs extraterrestres en vue de les accueillir sur terre.
Aujourd’hui, la secte raëlienne se concentre essentiellement sur les sciences et les technologies du futur. L’une de leurs plus fameuses performances techniques consiste à pouvoir vivre des centaines d’années, voire éternellement.
Les raëliens cherchent à mettre au point un processus de « recréation » qui permettrait le transfert de la personnalité dans un nouveau corps, au moment de la mort physiologique...
Le premier pas vers cette recréation serait donc le clonage, entraînant le transfert, dans un premier temps, du patrimoine génétique complet de l’individu... Raël en personne, alias Claude Vorilhon, affirme que le clonage permettra à l’humanité d’accéder à la vie éternelle. 7
Deux semaines après la révélation de l’existence de Dolly, Raël annonce la fondation de la compagnie « Valiant Venture Ltd », dont l’un des services, « Clonaïd », offrirait à certains parents la possibilité d’avoir un enfant qui serait le clone de l’un d’eux.
Ce même département « Clonaïd » proposerait aussi un autre service appelé « Insuraclone » qui consisterait à fournir l’échantillonnage et le stockage de cellules d’un enfant vivant, afin de pouvoir créer un clone lors de son décès.
Beaucoup de parents émettent le souhait de cloner leur enfant en bas âge, lorsque ce dernier est sur le point de mourir pour quelque raison dramatique que ce soit.
Même si cette motivation demeure minoritaire, on déplore beaucoup d’enfants d’un, deux ou trois ans qui disparaissent : les parents veulent généralement un nouvel enfant qui ressemble à celui qu’ils ont perdu...
Et rien n’interdit de penser que cette société privée parviendra bientôt à atteindre son objectif. Le clonage humain, « l’enfant terrible de la science », est désormais à portée d’éprouvette.
 
Dans la revue intitulée Québec science , Normand Baillargeon, dans son article « Doit-on (encore) s’inquiéter du clonage humain ? », précise que la naissance de deux singes clonés qui s’est opérée au début de l’année a pour conséquence la relance du débat sur la question éthique du clonage humain.
Il affirme que la méthode utilisée est la même qui avait permis de donner vie à l’agnelle Dolly en 1996 selon le schéma suivant :
 

Ces tentatives furent couronnées de succès en 1996 avec la naissance au Roslin Institut d’Édimbourg de Dolly.
L’on doit cette première à l’équipe de Ian Wilmut, un chercheur écossais qui parvint à réaliser cette prouesse en transférant le noyau de la cellule d’un organe adulte, la glande ou la cellule mammaire d’une brebis de six ans morte plusieurs années auparavant, dans un ovocyte (cellule animale femelle destinée à donner un ovule) prélevé sur une autre brebis.
Nous pouvons voir ci-dessus un schéma explicatif de la méthode suivie par les Écossais.
  La Révélation de Richard Seed.
Richard Seed, diplômé en physique de l’Université Harvard, s’intéresse depuis quelques années à la fertilité humaine. Il planifie maintenant d’ouvrir une clinique de clonage humain au service des couples infertiles.
L’annonce faite par Richard Seed : « Dieu a fait l’homme à son image. Dieu a voulu que l’homme ne fasse qu’un avec Dieu. Il avançait l’idée que nous allons devenir comme Dieu. Et le clonage est la première étape sérieuse vers cette unité de l’homme avec Dieu » 8 devrait être prise avec des pincettes. D’abord à cause de la personnalité du chercheur, qui ne possède pas de formation biomédicale et n’appartient à aucun laboratoire de recherche.
Yury Verlinsky, directeur du Reproductive Genetics Institute de Chicago, a affirmé que « Seed n’était pas connu des chercheurs qui s’occupent de reproduction humaine » . 9
La seule personne à témoigner en sa faveur est Harrith Hasson, chef du service d’obstétrique et de gynécologie de l’hôpital Weiss Memorial de l’université de Chicago 10 , qui a travaillé avec lui et l’a décrit comme « brillant... et un peu fou » dans une interview au Washington Post.
Richard Seed n’en est pas à son premier coup d’essai. Il y a vingt-sept ans que ce diplômé en physique de Harvard a jeté son dévolu sur les techniques médicales de pointe et attire périodiquement l’attention des médias.
 
Dans les années quatre-vingt, il s’était lancé dans le transfert d’embryons, vulgairement dit, dans le business des mères porteuses. « Il proposait de transférer l’œuf fécondé d’une femme saine dans l’utérus d’une femme stérile. Cette technique s’est avérée efficace... » 11
Aujourd’hui, c’est le clonage qui le fascine. Dans une série d’entretiens avec des télévisions et des journaux américains, il proclame que le temps est venu pour l’homme de réaliser enfin sa véritable nature. Il a souligné : « Le clonage humain est une technique de pointe qui permettra de prolonger la vie humaine et d’améliorer la civilisation. [...] Nous allons devenir comme Dieu. Nous allons avoir presque autant de savoir et de pouvoir que Dieu. »
Le clonage ou la re-programmation de l’ADN marque le premier pas important dans ce sens 12 .
 
Bien que l’espèce humaine ait résisté aux expériences liées à la reproduction à l’identique de l’être humain, une expérience concluante a quand même eu lieu par un chercheur de l’Orégon, comme nous le rapporte Le Quotidien du médecin datant du 16 mai 2021 : « une équipe de chercheurs a produit pour la première fois des cellules souches embryonnaires humaines (CSEh) par le transfert d’un noyau de cellule cutanée dans un ovocyte préalablement énucléé ». Le détail des travaux est repris dans la revue Cell.
Là encore, c’est exactement le principe du clonage. La technique est la même que celle utilisée pour Dolly. Mais cela n’avait jamais été fait pour un embryon humain.
Données biologiques
 
 

L
e clonage, entendu dans le sens biologique en tant que reproduction artificielle, s’obtient sans l’apport des deux gamètes (cellule reproductrice, mâle ou femelle, nécessaire à la fécondation). On parle donc d’une reproduction asexuelle et asexuée.
La fécondation à proprement parler se voit remplacée par la « fusion » d’un noyau prélevé sur une cellule « somatique » elle-même avec un ovocyte énucléé, c’est-à-dire privé du génome d’origine maternelle.
Autrement dit, le clonage reproductif consiste à faire naître un nouvel individu par une technique de transfert de noyau. Il s’agit de reproduire des organismes génétiques identiques les uns aux autres en transférant le noyau d’une cellule somatique dans un ovule énucléé, c’est-à-dire duquel on a retiré son noyau. 13
Étant donné que le noyau de la cellule somatique est porteur de tout le patrimoine génétique, l’individu obtenu possède, sauf bien sûr altérations possibles, l’identité génétique du donateur du noyau.
Fantasmes de dédoublement ou de réincarnation mis à part, la technique du clonage peut être revendiquée à titre médical. Le clonage humain à titre médical ou à visée thérapeutique.
L’objectif de ce clonage avec une technique similaire à celle employée pour l’agnelle Dolly vise l’usage thérapeutique et non la reproduction d’êtres humains en série : « L’enjeu est d’obtenir des cellules embryonnaires souches, virtuellement capables de donner toutes les cellules spécialisées (nerveuses, sanguines, os, etc.) de l’organisme. » 14
Plusieurs médecins ont admis que la technique du clonage permettrait de disposer de « greffons » compatibles avec le receveur ; les exemples les plus couramment cités étant la greffe de peau pour les grands brûlés ou la greffe de la moelle osseuse pour les cancéreux.
En effet, bon nombre de maladies se traitent aujourd’hui au moyen de transplantations d’organes (rein, poumon, cœur...) ou de parties d’organes ; dans le cadre de la maladie de Parkinson, par exemple, l’on fait appel à des cellules de cerveau.
En ayant recours à la technique du clonage, « certaines compagnies, comme les américaines Ceron corporation Pharmaceuticals et ACT, espèrent ainsi pouvoir obtenir à volonté des cellules – voire à plus long terme des tissus humains – qui pourraient être utilisées pour soigner des patients atteints de diverses maladies (diabète, maladie de Parkinson, cancers...) ». 15
Par conséquent, on peut s’interroger sur les fondements d’une légitimation de la recherche dans un but thérapeutique, même lorsqu’elle touche à l’embryon humain.
  La légitimité de la recherche
L’expérimentation sur les sujets humains peut toujours être légitimée par les capacités thérapeutiques qui découlent de la recherche, car elles peuvent permettre d’alléger la souffrance et parfois prolonger la vie de manière significative, ce qui est bienvenu pour les individus soignés.
Ainsi, par exemple, comme toute thérapeutique nouvelle, les transplantations d’organes ont soulevé des problèmes éthiques difficiles.
En effet, le principe même du prélèvement a été contesté. On se demandait s’il était licite de violer la mort, de découper un cadavre. Et aujourd’hui, cela semble moralement légitime.
Le cadavre mérite, certes, le respect de tous, mais prélever sur un cadavre un organe susceptible de sauver un vivant n’est-il pas, comme on l’a soutenu, une véritable manière d’honorer le corps en reconnaissant toute sa dignité humaine ? 16
Une fois admis, le prélèvement d’organes à un mort suppose satisfaire deux conditions :

-  la certitude de la mort ;
-  le consentement.
Avant la loi de janvier 2017, le consentement pouvait avoir été donné antérieurement, soit longtemps auparavant, soit peu de temps avant la mort (cas d’un futur opéré ou d’un condamné à mort). Il pouvait être octroyé par la famille de la personne qui vient de mourir.
Depuis cette date, en France, la loi indique que nous sommes tous présumés donneurs, c’est-à-dire donneurs d’organes et de tissus, sauf si nous avons exprimé de notre vivant notre refus d’être prélevé.
De même, nous savons que divers organes ou tissus prélevés sur un fœtus mort peuvent rendre de grands services en thérapeutique.
Les organes prélevés à un donneur vivant sont, en l’état actuel, le rein, la moelle osseuse, le foie ; encore que le recours au rein de cadavre soit aujourd’hui beaucoup plus fréquent que le recours au rein de donneur vivant. Cela peut fort bien se comprendre vu que le prélèvement de rein d’un donneur vivant est considéré comme une amputation.
 
De manière générale, le donneur pour une telle transplantation est un adulte. Par contre, le prélèvement de moelle osseuse concerne un tissu qui se régénère. Dans ce cas, le donneur est assez souvent un enfant. Deux questions peuvent alors se poser :

-  Peut-on accepter le sacrifice ?
-  Peut-on accepter le refus ?
Les sacrifices généreusement admis sont assez courants ; sans doute parce que le donneur appartient le plus souvent à la famille proche du malade. Mais les refus, bien que rares, demeurent divers. Cela peut être :

-  le refus du repris de justice en fuite qui laisse mourir son frère que sa moelle aurait pu sauver ;
-  le refus d’une mère qui avait accepté de donner sa moelle pour son propre enfant et refuse de la donner à un autre enfant qui va mourir faute de cette moelle ;
-  et, bien que différent, cela peut être la fuite d’un homme qui, avec une admirable sollicitude, veille jour et nuit son enfant leucémique et disparaît quand il apprend par l’étude des groupes sanguins qu’il n’est pas le père de l’enfant.
Ces refus, ces fuites laissent le plus souvent le médecin impuissant.
Vue sous cet angle, l’interdiction ne peut s’étendre à toutes les recherches sur la reproduction cellulaire, car cela reviendrait à priver l’humanité des bienfaits espérés de certaines formes de clonage humain.
Cela se justifie d’autant plus que nous sommes conscients que toute greffe est sujette à complications et qu’en outre le donneur doit répondre à certaines exigences de compatibilité, étant donné que le groupe sanguin du donneur et celui du receveur doivent s’accorder.
En effet, les différences qui existent entre « cloneur » et receveur entraînent parfois le rejet du greffon et obligent forcément un traitement par médicaments à vie. D’autre part, le nombre d’organes disponibles à la greffe est bien moins important que celui des patients qui les attendent. Et pour contourner cette cruelle pénurie, certaines équipes envisagent la fabrication de greffons à partir de cellules embryonnaires humaines.
Dans son article traitant du clonage, le magazine C.G.O.S nous rapporte :
« À la fin de l’année dernière, deux Américains ont réussi la culture des trois principales lignées cellulaires à l’origine de tous les tissus du corps humain... Ils se sont servis, pour cela, d’embryons issus de fécondations in vitro et de fœtus avortés 17 . »
Là aussi, si cette culture des trois principales « lignées cellulaires » peut permettre de venir combler le manque de greffons, la transplantation de cellules issues de ces lignées ne peut être envisagée sans risque de rejet. En effet, car le donneur ne possède pas le même patrimoine génétique que le malade en attente de greffe.
Ce risque disparaît si l’on a recours au clonage. Ainsi, si une méthode comme celle qui a généré Dolly devait être utilisée, elle impliquerait qu’on dispose d’ovules humains et d’un utérus porteur qui assurerait la gestation.
Une telle reproduction d’individus identiques peut ne pas être acceptable du point de vue moral, car même dans un but thérapeutique, ce procédé heurte actuellement bien des consciences. Sans doute par crainte des dérives possibles. Les dérives possibles
Cette technique pourrait en effet permettre à des couples dont l’homme est stérile, comme à des célibataires ou à des couples homosexuels féminins, d’avoir des enfants sans recourir à l’adoption ou à l’insémination de la femme par un sperme de donneur, autrement dit par l’introduction de la semence du mâle dans les organes génitaux de la femme. Ainsi, obtenir un bébé conforme à ses désirs, choisir jusqu’à ses gènes, telle est la possibilité qu’offrirait la technique du clonage appliquée à l’espèce humaine.
Certains ont même imaginé en user pour « remplacer » un enfant récemment décédé. En prélevant l’une de ses cellules puis en transférant son noyau dans un « ovocyte » de sa maman, le clonage permettrait, en quelque sorte, de le faire renaître. En fait, il s’agirait de remplacer un enfant disparu par un autre, très vite et sans avoir fait le deuil du précédent, en faisant en sorte qu’il incarne celui qu’on a perdu.
Cet enfant aura sans doute beaucoup à faire pour revendiquer et affirmer son identité propre. Car aux yeux des autres « l’enfant de remplacement » ou le clone n’existe pas ; il est condamné à être l’autre. Rappelons-nous que le clone est conçu pour être le pur reflet de sa génitrice ou de son géniteur, qu’il est porteur de son histoire et donc interdit d’existence propre. Cela ne veut pas dire qu’il est exclu qu’un clone puisse vivre une enfance et une histoire normales.
Cela ressemble bel et bien à une vision d’« horreur » née pour combler une aspiration humaine universelle à savoir maîtriser la mort, seul événement biologique contre lequel l’homme ne peut rien, même s’il s’évertue sans cesse à en repousser les limites.
Dans le même esprit, d’autres, les plus fous, espèrent par le biais du clonage ne jamais s’éteindre. Donner naissance à un clone serait une façon de ne jamais mourir. Cela pourrait très bien s’appeler une sorte d’« auto-réincarnation » perpétuelle.
D’autres, plus modestes, envisagent d’user du clonage pour créer un double d’eux-mêmes afin de disposer d’organes de rechange. Ces aspirations pourraient paraître farfelues si elles ne trouvaient aucun écho, même faible, dans le monde scientifique.
Le docteur Richard Seed n’a-t-il pas déclamé haut et fort son intention de cloner des êtres humains ?
Au-delà d’une louable volonté d’aider les couples stériles, sa philosophie semble pour le moins inquiétante ; n’a-t-il pas prétendu devant des chaînes de télévision devenir comme Dieu ?
En admettant même que le fantasme d’immortalité ne soit pas le moteur du clonage reproductif, la simple représentation de sa réalisation présente un caractère inadmissible en conscience. Car elle est une manipulation génétique qui ne respecte pas la personne humaine dans le sens singulier de sa personne.
En outre, elle contredit le droit de tout embryon humain d’être issu d’un acte conjugal de ses parents. En effet, dans le cas où le clone n’est pas conçu en vue de remplacer un enfant décédé, il ne sera que la réplique de l’un des conjoints ; il ne sera ni sa fille, ni son fils, mais son jumeau ? Encore ces jumeaux seront-ils dans un rapport inégalitaire, l’un ayant engendré l’autre ? Quant à l’autre conjoint, comment appellera-t-il ce clone qui ne sera pas son enfant, mais une sorte de beau-frère ou de belle-sœur ?
Un autre danger peut nous guetter : c’est la fabrication de clones humains en vue d’une tâche. Cela constituerait vraisemblablement une intolérable « instrumentalisation » de la personne, l’homme clone devenant un moyen, un outil.
Henri Atlan, biologiste, dans son livre Le clonage humain nous fait part de ses craintes :
« ... une des craintes principales que peut susciter le clonage reproductif, c’est que naisse une situation qui ressemble soit au racisme, soit à l’esclavage ».
Les dangers que représente la technique du clonage reproductif, si elle était appliquée à l’homme, sont considérables. Ils touchent à l’essence même de l’humain. C’est pourquoi le comité d’éthique préconise son interdiction.
Problèmes éthiques liés au clonage humain
 
 

L
’homme est le seul être sur terre qui possède un tel degré d’individualité qui lui permet de dire « je », de se différencier, d’être lui-même, d’exister en tant que « personne ».
Si par nature tous les hommes sont égaux, au plus profond de leur être, chacun d’entre eux est différent et unique. Chacun détient sa propre biographie, son histoire personnelle.
Depuis le premier instant de son existence, l’homme jouit d’une identité innée qui se développe et s’enrichit. Or, le développement des technologies en bioéthique engendre des risques pour l’identité individuelle.
Si la personne est « ce qui ne peut être répété deux fois » 18 , il n’y a, dans ce cas, pas d’atteinte plus radicale à son identité que d’en créer délibérément une autre à l’identique. C’est ce qu’on appelle le clonage.
L’image même de l’homme, en tant qu’être unique, c’est-à-dire comme « personne », ne peut être une simple copie d’autrui. Car, selon la nature, les hommes sont pareils, mais non identiques. Or le clonage les rend identiques.
Il semble que le projet de « clonage humain » représente une dérive terrible vers laquelle est poussée une science sans valeur. Ce projet témoigne d’un profond malaise dans notre civilisation qui recherche dans la science, dans la technique et dans la qualité de la vie des substituts au sens de la vie et au salut de l’existence.
Le clonage humain porte atteinte à la dignité de l’être humain.
Reconnaître la dignité de l’homme, c’est affirmer que la personne humaine ne peut jamais être considérée et traitée comme un objet, mais qu’elle doit l’être toujours et seulement comme un sujet.
Elle n’est pas « quelque chose », elle est « quelqu’un ». Tout ce qui se rapporte à elle est empreint d’une qualité particulière, d’une dignité à reconnaître et à promouvoir. 19 Clonage et dignité humaine
Peut-on imaginer ce que supposerait pour quelqu’un de savoir que le plus intime de son être n’est que le fruit du choix d’un autre, c’est-à-dire qu’il a été décidé par un autre ? Cela ne serait-il pas insupportable, même pour la personne la plus équilibrée ?
De même, quelle serait la souffrance psychologique de l’individu qui grandirait en sachant à l’avance qu’il est, par exemple, le duplicata de Mitterrand ? Une telle situation le priverait sans doute de faire lui-même l’expérience de l’« auto-découverte », car sa personnalité sera en bonne partie déterminée préalablement.
Et cela nous amène à considérer que tout être humain possède le droit d’être conçu dans un acte d’amour.
  Le droit d’être conçu dans un acte d’amour.
Il s’agit certainement du point le plus délicat et le plus contesté.
Comme base, il est important de réaliser la différence qui existe entre une procréation humaine et une production humaine qu’est le clonage. Et la question qu’on est amené à se poser est la suivante : les époux stériles qui recourent à une fécondation artificielle s’aiment-ils ? Si oui, cette intention d’amour ne suffit-elle pas à justifier une aide technique qui remplacerait l’acte sexuel ?
Il semble que nous pouvons répondre que la conception d’un enfant, pour être pleinement humaine, doit être opérée par amour, dans l’amour, dans un acte qui soit imprégné d’amour. Si l’enfant est une personne destinée à aimer, créée pour aimer, son berceau ne peut pas être n’importe lequel. N’oublions pas, comme nous le rappelle Alain Mattheeuws, que : « Notre force d’être, notre identité de personne aimée et aimante, provient en grande partie, consciemment, de la certitude que nous ne sommes pas venus à l’être par hasard ou sans amour. » 20
En effet, dans une certaine mesure, à l’encontre du clonage humain, on peut opposer toutes les raisons morales qui ont conduit à la condamnation de la fécondation in vitro destinée uniquement à l’expérimentation. Car il nous faut définir une fois de plus la différence qui existe entre la conception de la vie comme don d’amour et la conception de l’être humain considéré comme produit industriel.
L’autre problème que pourrait susciter la reproduction asexuée réalisée par le clonage humain est celui de la filiation.
  Le problème de la filiation ?
Henri Atlan signale que « le clonage reproductif perturberait les systèmes de filiation et pourrait même conduire à la suppression des relations de filiation [...] » 21 . Cela semble justifié, car des individus produits par clonage reproductif seraient génétiquement identiques à des frères ou sœurs jumeaux à partir desquels ils seraient clonés, mais ils s’en trouveraient forcément décalés dans le temps au point qu’ils pourraient être considérés comme appartenant à la génération des enfants, voire même des petits enfants.
Ici, la technique du clonage contredit le droit de tout embryon humain d’être issu d’un acte conjugal de ses parents.
On s’aperçoit très bien qu’une telle expérimentation est dans ce cas immorale. Et nous pouvons même citer le cas où le clonage humain pourrait tendre à être « instrumentalisé » et de ce fait pourrait risquer d’être réduit à une nouvelle forme d’esclavage où les clones serviraient de moyens ou d’outils.
Ainsi, leur fabrication, loin de représenter un progrès, serait une régression sociale et morale conduisant à recréer les conditions d’un nouvel esclavage.
Cela nous montre clairement que la technique du clonage détourne en quelque sorte la finalité du corps humain, car il peut être considéré comme une machine composée de pièces ou perçu comme un pur objet de recherche.
Il est important de rappeler que : chaque personne est une fin en soi. Cela équivaut à dire qu’elle ne peut être instrumentalisée. En d’autres termes, cela signifie qu’elle mérite d’être aimée. L’amour est, en effet, la seule attitude juste à son égard. C’est la dignité même de la personne qui exige que son arrivée au monde soit « provoquée » par un acte d’amour d’un homme et d’une femme. 22
Là encore, on voit qu’il y a une manière humaine de venir au monde.
L’amour paraît comme une faculté propre aux êtres doués d’un esprit. Autrement dit, seuls un père et une mère humains peuvent, par un acte d ’ amour, procréer une nouvelle personne. Cela explique la difficulté d’imaginer qu’un homme puisse être le résultat d’un travail de laboratoire.
Toutefois, la décision d’un couple d’avoir recours à la fécondation in vitro constitue déjà un acte d’amour qui peut très bien remplacer l’acte sexuel. En effet dans un certain sens, les couples qui recourent à la procréation assistée symbolisent par leur attente et leur désir d’enfant ce que Dieu attend et désire pour chaque personne : l’amour.
Le fait que le désir se voit canalisé au moyen d’artifices techniques n’enlève rien à cette symbolique de l’amour. Au contraire, le fait que la naissance ne soit pas le fruit du hasard, mais d’une volonté, d’une attente, renforce l’amour porté à celui qui doit venir. L’enfant attendu, accompagné du choix de mettre tous les moyens au service de sa venue, peut être lu comme un symbole de l’élection divine ; tout ceci pour dire que l’enfant est assuré d’être accueilli et aimé dès les premiers instants de sa vie.
Tout enfant désiré dès la conception, attendu avec joie et accueilli avec amour, est témoin, en quelque sorte, au travers de ses parents, de l’amour que Dieu lui manifeste. Pour l’enfant, on peut très bien comprendre que la façon dont il a été conçu n’a guère d’importance, tant que le désir, la joie et l’amour gravitent autour de lui.
Peut-il en être ainsi de l’enfant-clone, surtout s’il est « fabriqué » pour remplacer un enfant décédé ?
Il est fort probable qu’il se trouve dépossédé de la chose la plus importante, la notion de « moi » qui fait qu’un individu se sent exister. Car chez un clone, « le moi » est cassé, puisqu’il ne peut plus être lui-même, mais un autre. Effectivement, tout ce qui fait l’identité de quelqu’un, c’est son histoire : j’ai vécu ceci ou il m’est arrivé cela. Mais l’individu cloné ne possède pas d’histoire, il est une réplique. Dès lors, « le clone de telle personne ressemblera peut-être à cette personne, mais ne sera jamais cette personne » 23 . Il n’aura jamais le même vécu.
Lorsque nous regardons le monde, l’univers, le cosmos, la foi comme la raison nous poussent à admirer le créateur de toutes choses.
Ainsi toutes ces questions éthiques peuvent être considérées au regard de la Bible. Considérations théologiques.
Nous avons vu que, par la procréation, apparaît un être humain dont le caractère unique est constitutif d’identité. En conséquence, le couple procréateur participe d’une certaine manière à l’acte créateur de Dieu.
C’est l’une des raisons pour lesquelles la sexualité joue un rôle décisif dans l’existence des humains, contribuant ainsi par l’amour à l’accomplissement de l’humanité. Déjà, nous pouvons dire que cette institution interdit toute « instrumentalisation » de l’enfant et toute filiation faussée.
 
La Bible présente la création du couple humain comme le sommet de la bonne création de Dieu 24  :
« Dieu dit : Faisons l’homme
à notre image selon notre ressemblance,
pour qu’il domine sur les poissons de
la mer, sur les oiseaux du ciel,
sur le bétail, sur toute la terre et
sur tous les reptiles qui rampent sur la terre ».
« Dieu créa l’homme à son image
Il le créa à l’image de Dieu,
Homme et femme il les créa.
Dieu les bénit et leur dit :
Soyez féconds, multipliez-vous
Remplissez la terre et soumettez-la. »
Et lorsque nous considérons aussi l’ensemble de la Bible, nous voyons très bien qu’elle insiste par ailleurs sur la structure généalogique de la condition de l’homme. Et à travers cette structure, nous nous apercevons que la Bible tisse l’histoire de Dieu et de ses enfants.
On ne saurait, sans réelle régression, abandonner la merveilleuse invention de la procréation et de l’engendrement sexués pour se tenir à une simple reproduction de l’identique par la technique du clonage.
Nous devrions faire preuve de beaucoup de réserve quant à l’exploitation de cette technique, non pas parce que l’identité de l’individu réside uniquement dans son patrimoine génétique, mais parce que, comme cela a déjà été souligné, l’ordre des générations s’en verrait ébranlé. En outre, il est difficile de savoir quelles perturbations symboliques et sociales pourraient en découler.
Parler d’un Dieu créateur, c’est affirmer non seulement qu’il soutient encore et toujours tout ce qui existe.
Ainsi, le fait même d’exister nous fait dire que nous dépendons de Dieu. Celui qui nous confie à ce monde, c’est Dieu. Contrairement à ce que pensent certains philosophes, Dieu reste présent dans le monde. Dès lors, toutes les réalités les plus modestes sont connues de lui.
Cela ressort très bien dans le texte de Matthieu au chapitre10 des versets 29 à 31, tiré de la version La Colombe  :
« Ne vend-on deux moineaux pour un sou ?
Cependant il n’en tombe pas un à terre sans (la volonté) de votre Père.
Et même les cheveux de votre tête sont tous comptés.
Soyez donc sans crainte : Vous valez plus que beaucoup de moineaux. »
Quand on considère la place de l’homme dans la création, on ne peut penser que la conception de l’embryon humain – même par voie de technique « laborantine » –, sa vie et sa croissance soient ignorées de Dieu. Aucun homme ne vient à l’existence sans que Dieu ne le sache et n’agisse.
Cette connaissance nous fait dire qu’un lien existe entre tout embryon humain et le créateur. Dieu est le premier à connaître l’existence de l’embryon, avant même que ce dernier ne soit reconnu physiquement par sa mère.
D’un point de vue théologique, fabriquer des clones humains consisterait à jouer à l’apprenti sorcier et prendre la place de Dieu.
Il ne faut pas que l’homme, à qui Dieu a confié la création en lui donnant la liberté et l’intelligence, ne voie les limites à son action dictées seulement par son impossibilité pratique ou légale (définie par la loi). L’homme doit savoir poser lui-même ses limites en discernant le bien du mal.
Il appartient à l’homme de choisir. Il se trouve devant deux voies :

-  Soit il décide de transformer la technologie en un moyen de procurer plus de liberté, de justice, de paix ;
-  Soit il décide lui-même d’être l’esclave de la technologie en introduisant par exemple de nouvelles formes d’esclavage ou de souffrances.
 
Tout ce développement trouve un certain éclairage lorsque nous reprenons les éléments constitutifs de l’œuvre divine de création élaborés par Pierre Berthand :
« Dieu nous donne de connaître son identité par son œuvre de création (Genèse 1) ;
En créant l’homme, il désigne son vis-à-vis dans l’alliance et il établit le motif fondamental, créateur-créature (Genèse 1.26-28 ; 2.7, 22, 23) ;
Il fournit des stipulations (ordonnances) précises et rappelle ainsi à l’être humain que son sens ultime est lié à Dieu et à sa Parole (Genèse 1.28 ; 2.15-17a) ;
Il prévoit des sanctions et il introduit le motif bénédiction-malédiction, ce qui signifie que l’homme est un être responsable (Genèse 2.17 b) ;
Il donne un signe, le sabbat, signe que Dieu est le Seigneur de l’univers, y compris de l’homme, et qu’il est l’ultime source de son bien, de son bonheur (Genèse 2.2,3). 25  »
À la fin de ce tableau, il rajoute que : le créateur est donc à l’origine d’une alliance établie avec l’homme ; cette alliance a une dimension universelle. C’est dans l’obéissance active à Dieu que la créature pourra persévérer dans la vie... En communion avec Dieu, il (l’homme) est appelé à gérer la création. 26
En effet, cela nous permet de voir que l’homme est un être unique, mais qu’il n’est pourtant pas un être autonome. Il dépend de Dieu.
Cela nous amène aussi à comprendre que l’exploitation des ressources de la terre ne doit pas se faire sans honorer Dieu et respecter la création. Bien entendu, sans respecter le prochain en particulier, car celui-ci est créé à l’image de Dieu.
  L’homme à l’image de Dieu.
Lorsque le premier chapitre de la Genèse parle de l’homme, il déclare que celui-ci est créé à l’image de Dieu (Genèse 1.27).
C’est la même pensée que le psalmiste exprime lorsqu’il dit de l’homme :
« Tu l’as fait de peu inférieur à Dieu,
Et tu l’as couronné de gloire et de splendeur.
Tu lui as donné la domination sur les
Œuvres de tes mains,
Tu as tout mis sous ses pieds. » (Psaumes 8.6-7)
 
Il apparaît clairement dans ces versets que la communication et la communion se tiennent au cœur de la relation de l’homme avec Dieu et de l’homme avec l’homme. Cette expression contient aussi l’idée de filiation, c’est pour cette raison que l’homme se définit dans son rapport avec Dieu.
Henri Blocher nous offre un exposé magistral « sur l’homme, image de Dieu » dans son livre : Révélation des origines : « L’homme, créé à l’image de Dieu, a pour vocation d’exercer la domination sur toute la terre, sur toute la création. »
Et comme précédemment vu, le Psaume 8 souligne la grandeur et la dignité de l’homme. Cet être fragile est appelé à une destinée extraordinaire : il devient le gérant, l’économe de Dieu, mais il doit l’être avec un esprit de service et de bienveillance.
L’homme, image de Dieu, revient à dire qu’il est créé par Dieu. Cela nous amène à considérer ce qu’est le corps dans une perspective biblique.
  Dieu crée le corps.
Dire préalablement que Dieu connaît l’embryon humain, cela revenait à affirmer qu’il le crée. En effet, non seulement Dieu « donne conception » : « l’Éternel permit à Ruth de concevoir, et elle enfanta un fils » (Ruth 4.13), mais il forme le fœtus dans le sein de la mère :
Ne m’as-tu pas coulé comme du lait ?
Ne m’as-tu pas caillé comme du fromage ?
Tu m’as revêtu de peau de chair,
Tu m’as tissé d’os et de nerfs ;
Tu m’as accordé la vie et la bienveillance,
Tes soins m’ont conservé le souffle. (Job10.10-12)
 
Un autre passage nous le montre de manière similaire, où l’activité créatrice de Dieu est comparée à celle du Tisserant ou à celle qui forme l’être humain :
« C’est toi qui as formé mes reins,
qui m’as tenu caché dans le sein de ma mère.
Je te célèbre, car je suis une créature merveilleuse.
Tes œuvres sont des merveilles,
Et mon âme le reconnaît bien.
Mon corps n’était pas caché devant toi,
Lorsque j’ai été fait en secret,
Tissé dans les profondeurs de la terre.
Quand je n’étais qu’une masse informe,
tes yeux me voyaient. » (Psaumes 139.13-16 a)
Dans d’autres passages, cette œuvre créatrice est assimilée au travail du Potier. De même que le potier façonne l’argile, Dieu façonne l’enfant dans le sein de sa mère. Nous avons le texte de Jérémie 1.5 et celui de Job 10.8-9 :
« Tes mains m’ont façonné, elles m’ont fait.
Tout entier... Et tu me détruirais !
Souviens-toi que tu m’as fait comme avec de l’argile ;
Voudrais-tu me faire retourner à la poussière ? »
C’est Dieu qui crée un nouvel être humain. Il ne le fait pas seul. Il a voulu un endroit, un lieu, un monde où la création de l’être humain passe par un acte particulier, celui de l’homme et d’une femme. De ce fait, l’homme procrée. Ainsi, ce n’est pas l’homme qui fait surgir la vue du néant.
Il ne fait que participer à une vie qui vient d’au-delà de lui, et en même temps Dieu engage les libertés humaines et les soutient. Là encore interviennent la responsabilité de l’homme et la souveraineté de Dieu.
Et c’est avec force que nous pouvons affirmer que Dieu est la source unique de notre existence, qu’il est notre origine la plus profonde.
Le faire, c’est non seulement faire preuve de vérité, mais c’est fortifier l’être humain dans ce qu’il est profondément et dans le pourquoi de son existence. Dès lors, un jour, chacun de nous peut découvrir un Dieu qui l’a voulu et qui l’a aimé dès l’origine.
Cette affirmation semble essentielle, mais elle perd son essence en cas de reproduction réalisée par la technique de clonage.
Je vous retranscris une illustration parfaite du sens de la vie dans mon premier ouvrage paru aux éditions Oasis en 2021 de ce qui précède.
Le chapitre intitulé « le commencement » parle de mon expérience personnelle en tant qu’enfant jusqu’à la connaissance de l’amour de Dieu pour moi en tant qu’être unique, aimé et désiré par Lui :
« Je suis né en Martinique dans une famille relativement modeste. Seul mon père travaillait pour subvenir aux besoins d’un foyer composé de quatre enfants.
Ma mère assurait pour chacun de ses enfants un rôle de matrice, une sorte de réceptacle de vie. Ce qui était exactement le contraire de mon père qui ne cherchait point à s ’ impliquer dans l’éducation de ses enfants.
Unanimement, nous pouvons, nous, les enfants, dire que notre mère représentait l ’ abri, la sécurité, la protection, la chaleur, l ’ affection et la compréhension dont nous avions besoin. Et si, au contraire, le rôle de mon père était de nous permettre de nous éduquer par rapport au monde extérieur, malheureusement, cela ne fut point le cas. Nous étions souvent cloîtrés à la maison et notre éducation par rapport à l ’ extérieur ne pouvait s’exercer qu’à travers la télévision et les livres dont nous disposions.
Malgré la bonne volonté de notre mère, elle ne pouvait remplir cette fonction paternelle.
Au regard de toute cette description, on peut très bien discerner la fragilité qui troublait le développement de notre identité.
Si, en tant qu ’ enfants, nous avions besoin de sentir toute l’attention de notre mère, nous avions aussi besoin de certains interdits de notre père pour connaître nos limites et apprendre à faire attention aux autres. Nous avions besoin d ’ apprendre, par notre père, qu’il existe d’autres univers avec lesquels nous serions appelés à collaborer pour survivre et nous épanouir.
Ce manque a fait de moi une personne d ’ une extrême timidité. Je n’évoluais qu ’ au centre de mon propre univers. Je ne me sentais bien et heureux qu ’ en présence de ma mère, et ce fut le cas de mes frères et sœurs également.
Paradoxalement, j’éprouvais pour mon père un profond respect. Pendant mon jeune âge, il restait en quelque sorte mon “héros”.
J’étais capable de justifier ses absences et comblais ce vide avec ce que j ’ apprenais à partir d’éléments extérieurs. Et pourtant, il n’était présent ni physiquement ni psychologiquement. Le peu que je le voyais ou le peu que je l ’ entendais me suffisait pour parfaire mon équilibre psychologique.
Je n ’ ai pas le souvenir d ’ avoir été initié aux règles de la société par mon père, mais je me rappelle très fortement une parole prononcée par lui et qui m ’ a toujours suivi :
“Fais toujours ce qui est bien. Quand bien même je bois, ne fais pas ce qui est mal.”
Cette parole fut pour moi la clé contre toute incitation à se laisser influencer. C’est peut-être ce qui fait que je n’ai point connu de délinquance juvénile et, même, que je n’ai fait preuve d’aucune rébellion durant mon adolescence.
L’amour et le respect pour mon père n’ont jamais cessé de grandir en dépit de ces manquements. Mais les témoignages des personnes qui l’entouraient et que je pouvais entendre ternissaient un peu plus l’image que j’avais de lui. Même si je ne pouvais pas la garder intacte, il était impératif pour mon équilibre psychologique de me battre intérieurement et ainsi pouvoir dire sans gêne que cet homme était mon père. J’avais besoin, comme tout enfant, de me sentir relié à l’humanité, et le fait de faire partie de cette grande famille humaine est le fruit de ce que l’on appelle la filiation.
Parallèlement, mon éducation se poursuivait : en dehors de la maison, de l’école, j’accompagnais ma mère à l’église. J’y allais contre mon gré. Sans doute parce que le monde extérieur me faisait peur. Et assez vite, je ne ressentais plus ni l’envie ni le besoin d’accompagner ma mère, mais paradoxalement, j’avais un profond respect pour l’Être que l’on appelait Dieu. Je savais, au fond de moi, qu’il était du côté de la justice et qu’il représentait le bien.
Le petit garçon timide que j’étais a voulu prendre son envol et quitter le domicile familial en vue de poursuivre ses études sur la métropole. Je devais intégrer la famille de la sœur de ma mère. Je souligne cette étape de ma vie, car le jour de mon départ de la Martinique, un fait presque anodin s’est produit et a été à l’origine d’un bouleversement sans précédent dans mon existence. Ce jour-là, ma mère me remit un “Nouveau Testament”. Je le pris sans conviction et le plaçai dans ma valise.
Plusieurs années se sont écoulées avant que je ne le sorte. C’est arrivé les jours qui ont suivi mon appel au service militaire. Je le pris avec moi alors que je ne l’avais jamais ouvert auparavant. En un instant, dans ma chambre, sur cette base aérienne où j’accomplissais mon devoir en tant qu’appelé au service militaire, j’ai ressenti une envie intense et pressante de découvrir ce qu’il y avait à l’intérieur.
Dès lors que j’ai commencé, une grande soif de lecture s’empara de moi. Je ne pouvais plus m’arrêter. Rien ne pouvait étancher cette soif. Plus je découvrais l’histoire de cet homme que l’on appelle Jésus, plus je voulais en savoir sur sa personne.
Tout au long de mon service militaire, lequel a duré une année pleine sur la métropole avant mon engagement pour un service long en Afrique, plus précisément à Djibouti, je n’ai pris aucune permission de sortie, et ce afin de me consacrer à la lecture de ce Nouveau Testament.
Et c’est à partir de là que tout a commencé. La lecture de ce livre m’a littéralement plongé dans la connaissance de celui qui est à l’origine de toute chose. Cela nous est attesté dans le livre de Colossiens, au verset 16 du premier chapitre :
“Car en lui ont été créées toutes les choses qui sont dans les cieux et sur la terre, les visibles et les invisibles, trônes, dignités, dominations, autorités. Tout a été créé par lui et pour lui.”
Ainsi, je réalisais que tout ne tournait pas autour de moi. Tout ne tourne pas autour de nous. Ma vie a sans doute un sens que je ne peux entrevoir ni même imaginer. Peut-être que ma vie a un sens qui dépasse de très loin tout ce à quoi je peux penser à partir de mon propre raisonnement.
Peut-être que l’idée que je me fais du bonheur est une idée très éloignée de la véritable définition du bonheur. Mais qui pourra me faire connaître la véritable définition du bonheur ? Le bonheur, serait-ce l’absence de souci ? Serait-ce le fait d’être toujours en bonne santé et le fait de ne manquer de rien ?
Et si le véritable bonheur dépassait de très loin notre propre épanouissement et notre paix intérieure ? Et si le sens de la vie se situait au-delà de notre propre famille, au-delà de notre travail et même au-delà de tout ce que nous pouvons avoir comme projet ?
Depuis des milliers d’années, les hommes se posent la question du sens de la vie. Albert Camus écrivit dans son livre Le Mythe de Sisyphe qu’il n’existe qu’un problème philosophique vraiment sérieux : celui de savoir si la vie mérite d’être vécue.
À mon sens, se demander si la vie mérite d’être vécue revient, aujourd’hui, à se demander si la vie peut avoir un sens. Pouvons-nous réellement répondre à cette question ? On se rend bien compte que la plupart des gens ne parviennent pas à apporter une réponse satisfaisante. Peut-être parce qu’ils partent généralement d’un mauvais point de départ dans leur réflexion : ils partent d’eux-mêmes. Ils se demandent souvent : “Qu’est-ce que je veux devenir ?” ; “Qu’est-ce que je veux ou qu’est-ce que je voudrais faire de ma vie ?” ; “Comment vois-je l’avenir et comment puis-je le définir ?” ; “Quels sont mes objectifs et mes ambitions ?”
Je me suis posé toutes ces questions et j’ai longuement pensé qu’en me centrant sur moi-même, je pourrais découvrir le vrai sens de ma vie et ainsi la diriger en fonction des objectifs que je m’étais fixés.
Il est évident que certains de nos désirs, de nos objectifs peuvent être réalisés. Et à ce moment précis, on peut avoir le sentiment d’avoir accompli de grandes choses.
Cette affirmation est confirmée dans la Bible, dans le livre de Job, au verset 10 du chapitre 12 : “Il tient en son pouvoir la vie de tous les êtres, le souffle qui anime le corps de tout humain.” Ce verset nous rappelle que la vie humaine, aussi précieuse soit-elle, se trouve dans la main de celui qui est à l’origine de toute chose.
J’ai fait l’acquisition d’une nouvelle machine récemment, c’était une cuisinière à induction, mon premier achat de cette catégorie. Et, bien entendu, avant l’utilisation, j’ai pris connaissance du mode d’emploi, car sans celui-ci, je n’aurais pas pu deviner comment la faire fonctionner. La raison en est simple : je n’en suis pas le créateur. Et cette belle invention aurait été bien incapable de me renseigner.
C’est à partir de cette réflexion que j’ai cherché profondément à définir mon identité. Je réalisais qu’elle ne se résumait pas uniquement à mon appartenance à une famille ou à ma filiation avec mon père, mais que ma vie avait une importance et une valeur qui se situaient bien au-delà de ce que l’on peut penser.
Alors au lieu de rechercher exclusivement un sens à ma vie en me concentrant sur moi-même, je décidai de prendre comme point de départ celui qui est à l’origine de toute chose. Pourquoi m’a-t-il créé ? Et dans quel but ?
Au regard de ce que j’affirmais précédemment : “Il tient entre ses mains la vie de tout être humain…”, je ne pouvais que conclure que si j’existe, c’est parce qu’il le veut bien.
J’ai été fait par Dieu ; en ce sens, c’est uniquement en Dieu que je puis découvrir mon origine, mon identité, ma raison d’être et ma raison de vivre. Et si je vis, c’est pour lui ; en ce sens, la valeur de ma vie réside dans le fait que je suis destiné à Dieu.
Partant de cette hypothèse, si j’ai été fait par Dieu et pour Dieu, cela signifie que Dieu a nécessairement un plan pour ma vie. Ainsi, le vrai sens de la vie serait de laisser Dieu se servir de nous en vue de l’accomplissement de ses projets pour nous, et pas le fait d’avoir recours à lui afin que nos projets personnels se réalisent.
Tout au long de mes lectures de la Bible, il me paraissait très clairement que le véritable sens de la vie ne pouvait se découvrir qu’à partir de la Parole de Dieu.
Cette découverte de la Parole de Dieu m’a amené à une relation avec Jésus-Christ. Cette relation prit tout son sens lorsque j’ai réalisé l’amour de Dieu et la passion du Christ pour tout être humain. »
Nous devrions reconnaître que lorsque l’homme ne met pas en valeur les ressources de la terre, lorsqu’il ne fait pas progresser la science et la technologie de manière responsable, cela ne peut avoir que des implications éthiques et des conséquences pratiques. Conséquences pratiques
Dans son ouvrage intitulé La procréation médicalisée, Jacques Testart nous dit « qu’il faut prendre au sérieux la puissance de la technologie génétique ».
Nous pouvons le comprendre, lorsque nous nous retrouvons face à des esprits peu scrupuleux pour défendre cette technique, comme, par exemple, celui de Richard Seed. En effet, pour l’homme autonome, la tentation est grande de s’en servir pour se faire une idole ou l’égal de Dieu, avec la connaissance et le pouvoir de créer.
Il nous est important de rappeler que l’homme n’est pas le maître de sa destinée. Il n’est même pas maître de lui-même, ni même de son corps.
« Ne craignez pas ceux qui tuent le corps et qui ne peuvent tuer l’âme ;
Craignez plutôt celui qui peut faire périr l’âme et le corps dans la géhenne. » (Mt 10.28)
Dieu est le seul qui apparaît comme le Seigneur de la vie et de la mort.
 
Étant appelé à exercer le mandat que Dieu a confié à l’homme, celui-ci doit réaliser qu’il a des comptes à rendre de la manière dont il aura géré le don de Dieu.
Nous avons vu que Dieu donne la vie, qu’il coopère activement et volontairement avec l’homme à la procréation dès le moment de la conception. Ainsi, partant de ce principe, tout acte qui blesse ou menace la survie de l’embryon représente une atteinte à la dignité de l’embryon
lui-même, en tant que personne ; mais cela est aussi une atteinte à l’honneur du créateur, à savoir Dieu.
Il semble que notre seul but doit être de soigner et de guérir et non de manipuler les corps pour les conformer à nos propres désirs.
« On ne peut considérer l’embryon comme un matériau, comme une chose... comme de la matière qu’on pourrait fabriquer à plaisir. Il faut le traiter comme une personne humaine digne de respect, comme quelque chose de précieux. » 27
Certes, nous avons le devoir de lutter contre la maladie, la souffrance et la mort, mais nous ne pouvons pas prétendre les effacer définitivement de notre vie. Nous pouvons en tant qu’êtres humains repousser les limites de la mort, mais nous ne pouvons pas vaincre la puissance de la mort, à savoir le péché.
Cette victoire-là s’acquiert ailleurs. C’est Dieu et Dieu seul qui nous l’offre par la croix de son Fils.
Ainsi, tout en reconnaissant à l’homme le droit à la promotion, à la valorisation de son existence, il paraît capital de le prévenir de ce danger : vouloir construire une humanité soustraite à la maladie, à la souffrance, voire à la finitude de l’homme.
Rédemption : antidote au clonage humain
  Finitude et clonage humain.

S
i le respect de la vie humaine, sa protection, les mesures positives pour la préserver entrent parfois en conflit avec la finitude de l’homme, combien cela l’est bien davantage avec la technique du clonage à des fins de reproduction ?
L’être humain est une créature, il n’est pas Dieu. Cela signifie que la condition de l’homme est marquée par la finitude, c’est-à-dire par le caractère mortel de son existence sur terre. Ainsi, la finitude devient signe de la mortalité de l’être humain et comme telle prend un caractère irrecevable. Dès lors, l’existence adopte la forme d’une lutte pour la survie, contre la mort, combat incessant voué à l’échec. La crainte de la menace de la mort ne s’atténue que par le consentement à la finitude. Le clonage humain à des fins de reproduction apparaît manifestement comme le refus de cette finitude. Par cette technique, on refuse d’accepter de ne plus être un jour ; autrement dit, nous n’acceptons pas les étapes par lesquelles nous sommes passés (naissance, adolescence, stade d’adulte et vieillesse) et l’issue vers laquelle nous nous dirigeons (la mort). Mais c’est surtout refuser la promesse que le temps limité de notre vie ne constitue pas le seul espace, le seul horizon de notre existence, que la mort n’est pas « le terminus ».
Le refus de la mort implique le refus de sa résultante qui est le péché ou le mal. Par voie de conséquence, il n’est plus nécessaire d’avoir un sauveur.
Je traite de la notion de la résultante du mal ou du péché dans mon livre intitulé Le parcours et la valeur d’une vie paru aux éditions Oasis :
« Une définition de la mort pourrait être : c ’ est la résultante du péché, du mal. La mort provient d ’ Adam et d ’ Eve. C ’ est la fin de la vie physique : lorsque l’âme et l ’ esprit quittent le corps, c ’ est la remise du souffle de vie à son créateur.
La mort est vue comme un rendez-vous inévitable, si le retour de Jésus-Christ tarde. Qu’on le veuille ou pas, on mourra.
La mort, pour beaucoup, est et demeure un mystère. Même pour ceux qui maîtrisent toute la connaissance de la théologie, ceux qui prêchent la parole de Dieu. Et même si nous avons des songes et des visions, même si nous accomplissons des miracles, la mort est tapie à notre porte et nous pouvons en avoir peur, car la mort est un mystère ; c ’ est une inconnue.
Au chapitre 11 de Jean, l’évangile nous dépeint une famille frappée par la mort, une famille plongée dans le deuil.
C ’ est un passage incontournable de notre condition humaine. Dans cette circonstance précise, Jé sus est là. Il ne survole pas ce dé sarroi  ; il est plongé dedans  ; il est touché, très touché par la mort de son ami. Il est aussi affecté par la peine qu’éprouve la famille.
Il souffre, et plus encore, il pleure. Il ne se montre pas dédaigneux par rapport à la mort. Il demande au Père de le rendre victorieux de la mort. Et il reçoit du père cette victoire.
La mort est une source de joie pour ceux qui meurent en Christ, même si elle n ’ exclut pas la peine et la douleur intérieures de ceux qui restent. Elle est vue comme une victoire pour celui ou celle qui persévère dans la foi.
Lorsqu ’ un accident est sur le point d ’ arriver, nous pouvons ressentir une très grande peur, surtout si la mort nous a effleurés.
Mais il est important de savoir que le péché, qui se définit comme la dé sob éissance volontaire de la loi connue de Dieu, est plus que la mort. Pourquoi  ? Parce que la mort sépare l’âme du corps, alors que le péché nous sépare de Dieu.
Un homme peut mourir et aller auprès de Dieu. Mais un homme qui vit sans Dieu et qui meurt, dans ce cas, est doublement mort, car non seulement son âme est séparée de son corps, mais il se retrouve également séparé de Dieu.
Beaucoup de personnes craignent la mort, mais ne craignent pas le péché. Elles jouent avec le péché ; elles jouent avec l ’ impudicit é ; elles jouent avec le mensonge. Ces mêmes personnes ont peur de mourir, alors que le péché, c ’ est justement mourir.
Si l’on dit à une personne qu ’ elle va mourir, elle va nécessairement avoir peur et trembler. Paradoxalement, elle peut mener une vie de mort, mais ne tremblera pas.
Tout pécheur doi t trembler parce qu ’ il est un mort spirituel. La mort est une séparation : la mort physique nous sépare de notre âme, mais la mort spirituelle nous sépare de notre source. Comme si nous séparions un poisson de ce qui constitue sa raison de vire, c ’ est-à-dire l ’ eau, il est incontestable que le poisson mourra. Comme si nous séparions un arbre ou une plante de ce qui est sa source de vie, c ’ est-à-dire la terre, l ’ arbre ou la plante mourra.
De cette manière, lorsque l’être humain se sépare de Dieu, il meurt spirituellement. De ce fait, toute personne qui vit dans le péché est morte spirituellement, car séparée de Dieu.
Lorsqu ’ une fleur meurt, elle disparaît ; lorsqu ’ un animal meurt, il disparaît. Mais lorsqu ’ un homme meurt, il ne disparaît pas, dans le sens où sa vie perdure.
Rappelons-nous ce que nous dit le premier livre de la Bible : “… Puis Dieu dit : Faisons l’homme à notre image, selon notre ressemblance…”
Lorsque Dieu parle ainsi, il ne fait pas référence à l ’ aspect physique (le nez, les oreilles, les mains, les pieds, etc.), mais à la dimension éternelle. Ce qui fait que l ’ homme est éternel, c’est qu ’ il soit au paradis, c ’ est-à-dire dans la présence de Dieu ou en dehors de cette présence pour l’éternité. En ce sens, l ’ homme ne disparaît pas, car il jouit d’une destinée éternelle, avec ou sans Dieu.
Dire ou affirmer que l ’ homme ou que l’âme de l ’ homme n ’ est pas éternelle revient à dire que l ’ homme n ’ est pas à l ’ image de Dieu et que le souffle de Dieu n ’ est pas en lui. L’âme de l ’ homme ne disparaît pas, ne meurt pas ; pour elle, une autre vie commence.
La Bible dit : “… qu ’ il est réservé à l ’ homme de mourir une seule fois, après quoi, vient le jugement…”
L ’ homme ne naît pas deux fois pour avoir une seconde vie sur terre. Si nous ne prenons pas notre vie au sérieux, aucune seconde chance nous permettra de rattraper nos erreurs. Après la mort physique, on ne reviendra point sur terre, même avec toute la volonté du monde.
Rappelons-nous tout de même ceci : chaque minute qui passe est une minute qui nous rapproche de la mort, car chaque minute qui passe est une minute en moins sur la terre.
La mort vient d ’ abord de Dieu, car personne ne peut m’ôter la vie sans la permission de Dieu. La Bible nous rappelle que même les cheveux de notre tête sont tous compté s.
Souvent, nous pensons que la mort provient du diable et nous ne craignons pas Dieu. Et là aussi, la Bible nous rappelle de ne pas craindre celui qui peut tuer le corps, mais de plutôt craindre celui qui peut tuer le corps et l’âme.
C ’ est Dieu qui permet la mort. On peut croire, à tort, que celui qui agit dans le monde présent paie nécessairement le salaire de ses mauvais agissements dans le présent de sa vie.
Nombreuses sont les personnes qui, de toute évidence, ont mené une vie très loin de Dieu, ayant même des crimes à leur actif, et meurent rassasiées de jours sans avoir eu à se soucier d ’ une quelconque maladie.
On peut avoir le sentiment que ces gens sont partis heureux et que tout allait bien, car ils n ’ ont pas été confrontés à la justice humaine. On peut penser que Dieu les a laissés prospérer malgré leur crime et qu ’ ils n ’ ont point été jug és par lui. De même, lorsque nous vivons dans le péché et que nous n’en subissons pas les conséquences physiques, ne pensons pas que Dieu ne va pas le faire.
Je vis comme je veux, sans me soucier, et Dieu ne me frappe pas : il a seulement réservé le jugement pour plus tard. Ce n ’ est pas parce que rien ne nous arrive que rien ne nous arrivera.
Certaines personnes vivent dans le faste et d ’ autres vivent dans la pauvreté. L ’ essentiel ne doit pas résider dans ce que nous possédons ici-bas, mais dans ce que nous aurons dans l’éternité.
Certains penseront : “Je suis riche, donc Dieu m ’ a béni”, pas toujours ; “J ’ ai de beaux vêtements, donc je crains Dieu”, ce n ’ est pas toujours vrai ; “J ’ ai une grande maison, Dieu est avec moi”, ce n ’ est pas toujours vrai. La grandeur de ta maison n ’ est pas synonyme de la grandeur de ta sanctification. On peut être un voleur que Dieu protège, car on n ’ est pas mis dans l ’ immédiat en prison, mais seulement gardé pour le jugement.
Tous les chemins mènent peut-être à Rome, mais Jésus est le seul chemin qui mène au ciel, car Il est le Chemin, la Vérité et la Vie. »
 
Ainsi, le refus de la mort est vu comme le rejet de Dieu et de son œuvre de rédemption.
L’immortalité recherchée par les partisans de la reproduction à l’identique de l’être humain est celle du corps. La recherche d’immortalité met à mal la nature humaine. À mon sens, elle révèle tout le contraire du désir d’éternité, qui conduit l’homme à une quête spirituelle plutôt qu’à une survie infinie de son être corporel. N’est-ce pas là un moyen pour l’homme de vouloir tuer, ce qu’il craint le plus au monde, la mort ?
Cette technique à des fins de reproduction ne changera ou n’enlèvera rien à l’immortalité de l’âme qui a pour conséquence une vie avec ou sans la présence de Dieu.
Une fois compris que la relation qui fonde l’image de Dieu en nous et qui nous vaut la promesse de la vie éternelle est un lien d’adoption et de rédemption, l’homme trouvera bien aberrant de recourir au clonage humain à des fins de reproduction dans le but de prolonger la vie ou pour servir de banque d’organes de rechange. La Rédemption : solution au problème du clonage humain.
 
Quand l’homme a péché en Eden, non seulement il s’est livré à Satan et est tombé sous sa domination, mais il a enfreint la loi exprimée dans le commandement de ne pas manger du fruit de l’arbre de la connaissance du bien et du mal.
La peine attachée à la violation de cette loi est la mort. « Le jour où tu mangeras, tu mourras » (Gen.2 : 17). C’est là toujours le châtiment en cours par la violation de la loi divine. « L’âme qui pêche, c’est celle qui mourra » (Ezéch.18.20).
La mort introduite par le péché d’Adam a atteint tous les hommes, de sorte que tous les hommes se trouvent sous le coup du châtiment de la loi violée, comme nous pouvons le lire dans le chapitre 5 au verset 12 du livre de Romains : « C’est pourquoi, de même que par un seul homme le péché est entré dans le monde, et par le péché la mort, et qu’ainsi la mort a passé sur tous les hommes, parce que tous ont péché. »
Malheureusement, beaucoup rejettent l’enseignement de la Bible selon lequel tous les hommes sont sous la malédiction à cause du péché. Pourtant, il n’est pas besoin d’aller bien loin pour en constater la preuve. Chaque enterrement fournit l’évidence de ce fait. Par le péché, Adam devint mortel (sujet à la mort physique). Quand Adam engendra un fils « à sa ressemblance, selon son image », il l’engendra mortel. En conséquence, l’homme mortel ne peut provoquer une postérité immortelle.
Ainsi, pour que la technique du clonage puisse assurer l’immortalité du géniteur, il va falloir répéter l’opération plusieurs fois dans le temps, car le clone ne saurait être immortel.
Dans le salut donné, en sus de la délivrance des pécheurs de la puissance et de la domination de Satan, Dieu pourvoit à l’affranchissement de la mort, c’est-à-dire de la malédiction de la loi, comme on peut le lire au chapitre 8 du verset 2 dans l’épître aux Romains : «  En effet, la loi de l’esprit de vie en Christ-Jésus m’a libéré de la loi du péché et de la mort.  »
Toujours dans la même épître, l’apôtre Paul parle d’une rédemption encore future que les croyants attendent maintenant : « Nous aussi nous soupirons en nous-mêmes, en attendant l’adoption, la rédemption de notre corps. »
Le corps de l’homme, en tant qu’il est sujet à la mort, devient aussi sujet à la maladie et à l’infirmité. Ainsi, l’homme est accablé de toutes sortes de maux. Mais pour ces maux, il y a guérison dans la mort de Christ. Cependant, il est expressément stipulé dans le verset cité plus haut que l’homme n’est pas encore entré dans la jouissance de cette délivrance. Ce jour-là reste à venir. Il viendra quand la trompette de Dieu retentira, les morts ressusciteront incorruptibles, et les croyants vivants seront changés. « Il faut en effet que ce corps corruptible revête l’incorruptibilité, et que ce corps mortel revête l’immortalité. »
Avant d’arriver à cette phase finale, Dieu fait de l’homme un être nouveau. Cet être nouveau est opéré en dehors de toute technique de fabrication humaine et n’est pas réplique d’un individu existant. Loin de là, il est l’œuvre que Dieu accomplit par le Saint-Esprit en une personne, sans qu’il y ait création d’une nouvelle nature qui serait distincte de la première et prendrait sa place. Cette œuvre est le changement de la seule nature que nous avons.
Si un homme ne naît de nouveau, il ne peut voir le royaume de Dieu. (Jean 3.3)
Imaginons que nous devons avoir un face-à-face avec Dieu et, dans cet entretien à cœur ouvert, notre cœur s’épanche : je voudrais avoir une vie nouvelle ou vivre autrement. J’ai le sentiment d’avoir emprunté une voie qui me conduit à une impasse. Je suis passé à côté de tellement d’occasions que ma vie semble dénuée de sens. Aussi, j’ai transgressé à de nombreuses reprises tes lois en vivant contrairement à tout ce que tu nous préconises. J’ai vécu ainsi, car je pensais pouvoir me passer de ton aide. J’ai essayé d’établir des règles personnelles, mais j’ai échoué. Ma vie a été jonchée de tragiques et douloureuses expériences et, aujourd’hui, que ne donnerais-je pas pour naître de nouveau ? Que ne donnerais-je pas pour revenir en arrière et tout recommencer ?
Je voudrais tant, Seigneur, prendre une nouvelle direction pour ma vie et bénéficier d’une vie nouvelle ; si seulement cela était possible.
Oui, cela est possible, car Dieu a prévu cette vie nouvelle. Jésus nous affirme que nous devons naître pour entrer dans le royaume de Dieu. De ce fait, la nouvelle naissance est un acte tout à fait possible. Ainsi, nous pouvons recommencer une vie nouvelle et meilleure. Autrement dit, nous pouvons abandonner la mauvaise route empruntée et rebrousser chemin et devenir un être nouveau, pur et paisible, nos péchés ayant été pardonnés par Dieu.
Cette nouvelle voie rendue possible nous permet de nous débarrasser de la souillure de notre passé à cause de nos péchés ou nos mauvaises actions pour plonger dans une perspective de vie pleine d’espoir.
Il apparaît clairement que cette nouvelle vie implique un choix qui consiste soit à demeurer dans l’état dans lequel nous nous trouvons, soit à prendre le chemin se situant en dehors du sentier tortueux et sans issue que nous avons suivi jusqu’ici et naître de nouveau.
Et la question qui nous vient à l’esprit : « Comment puis-je obtenir cette nouvelle vie ? Comment naître de nouveau ? Comment prendre un nouveau départ ? »
C’est la question que Nicodème posa à Jésus il y a environ deux mille ans.
Naître de nouveau signifie beaucoup plus que reconsidérer sa vie, repartir sur de nouvelles bases, tourner la page de la vie actuelle ou vouloir se réformer par une quelconque technologie :
Nicodème, un chef religieux de l’époque, était secrètement venu à Jésus et avait reconnu que Son enseignement et Son ministère venaient de Dieu.
Nicodème, comme beaucoup de gens de son époque, avait des interrogations, et l’on peut comprendre qu’il ne saisissait pas nécessairement le plan de Dieu.
Jésus lui expliqua qu’il faut spirituellement renaître pour voir le Royaume de Dieu et y entrer. « Jésus lui répondit : En vérité, en vérité, je te le dis, si un homme ne naît de nouveau, il ne peut voir le royaume de Dieu.
Nicodème lui dit : Comment un homme peut-il naître quand il est vieux ? Peut-il rentrer dans le sein de sa mère et naître ?
Jésus répondit : En vérité, en vérité, je te le dis, si un homme ne naît d’eau et d’Esprit, il ne peut entrer dans le royaume de Dieu. » 28
Si par le clonage, l’homme recherche une renaissance, celle-ci ne pourra se situer que sur le plan terrestre et le corps sera toujours frappé de mortalité.
En revanche, ceux qui feront partie du Royaume de Dieu ne seront plus des êtres terrestres, mais des êtres spirituels ! « Ce qui est né de la chair est chair, et ce qui est né de l’Esprit est Esprit. »
Si un homme ne naît de nouveau, il ne peut entrer dans le royaume de Dieu. S’il faut une deuxième naissance, cela signifie que la seconde naissance octroie quelque chose de supérieur à la première. La première naissance est donnée par l’homme et la finalité, c’est la mort, alors que la seconde est produite par Dieu en vue de procurer une vie éternelle.
La première naissance nous intègre dans une famille terrestre, ce que continuera à faire la technique du clonage humain. Cette technique nous permettra de mener une vie qui a, sans doute, toute sa valeur dans notre société, mais ne nous permettra d’être reçus dans l’univers de Dieu. Car ce qui nous manque, ce ne sont pas des parents terrestres, ce qui nous manque, c’est Dieu, en tant que Père avec qui nous sommes appelés à tisser une communion.
Nous sommes entrés dans le monde en naissant physiquement, mais cela ne nous a pas ouvert la porte pour aller à Dieu qui seul peut nous donner accès à l’arbre de la vie éternelle.
Toutes les technologies employées, toutes les forces déployées, ne suffiront pas à changer notre nature qui ne peut hériter le royaume de Dieu en vue de la vie éternelle ou de l’immortalité.
L’apôtre Paul a écrit dans la première épître aux Corinthiens au chapitre 15 : « Et de même que nous avons porté l’image du terrestre, nous porterons aussi l’image du céleste. Ce que je dis, frères, c’est que la chair et le sang ne peuvent hériter le royaume de Dieu, et que la corruption n’hérite pas l’incorruptibilité. Voici, je vous dis un mystère, nous ne mourrons pas tous, mais tous nous serons changés, en un instant, en un clin d’œil, à la dernière trompette. La trompette sonnera, et les morts ressusciteront incorruptibles, et nous, nous serons changés. Car il faut que ce corps corruptible revête l’incorruptibilité, et que ce corps mortel revête l’immortalité. »
Le salut n’est pas le fait de réparer ce qui semble cassé de l’être originel. C’est la création d’un être nouveau, né de Dieu, dans la justice et la sainteté véritables. La régénération n’est pas simplement une modification de la nature, ou une amélioration du cœur, elle est une régénération, une nouvelle vie, une seconde naissance. « Il faut que vous naissiez de nouveau. »
La vie qui résulte de la nouvelle naissance ne saurait être obtenue par un effort personnel ou par une technique quelconque, aussi puissante puisse-t-elle être.
La raison en est simple : l’homme ne possède pas, par nature, cette sainteté que Dieu exige pour le Ciel. C’est seulement par la nouvelle naissance qu’une telle vie peut commencer. Pour vivre la vie de Dieu, il nous faut la nature de Dieu.
Cette nouvelle naissance ne peut être produite par des moyens ou par des systèmes humains, quelles que soient les technologies employées.
Non seulement la nouvelle naissance reste entièrement étrangère à la volonté de l’homme, mais elle est, en d’autres termes, une œuvre unique de Dieu qui ne peut émaner que de Lui seul. Nicodème, pourtant docteur de la loi et totalement investi dans les écritures, ne parvenait pas à comprendre comment il était possible de naître une seconde fois. Perplexe, il demanda à deux reprises : « Comment ? » Ces interrogations de sa part révèlent le caractère mystérieux de la nouvelle naissance. Bien qu’elle soit une œuvre mystérieuse, il n’en demeure pas moins qu’il s’agit d’une œuvre bien réelle. De manière générale, nous ne pouvons tout comprendre et trouver nécessairement des réponses à tous nos « pourquoi ». Il existe bien des mystères que nous ne comprenons pas dans le détail, mais nous nous contentons de la réalité, de ce que nous voyons, du résultat produit par telle ou telle chose dite mystérieuse. C’est le cas, me semble-t-il, de la lumière produite par l’électricité. Ce qui nous importe, c’est que l’électricité permet d’obtenir l’éclairage dont nous avons besoin. Nous ne nous contentons que du résultat produit.
Nous ne saisissons pas tous les mystères, mais nous croyons que si nous reconnaissons que notre nature ne peut hériter du royaume de Dieu à cause du péché, et que le plan de rédemption établi par Dieu demeure ce seul chemin en admettant nos fautes et en nous tournant vers Jésus qui affirme qu’il est le Chemin, la Vérité et la Vie et que quiconque croit en Lui passe de la mort éternelle à la vie éternelle, alors nous acceptons la nouvelle naissance que Dieu opère en nous à ce moment précis par le Saint-Esprit. Cette nouvelle naissance produit inévitablement des résultats dans notre vie, déjà sur Terre dans la perspective de notre vie future.
Bien qu’en tant que chrétiens nous devons nous engager dans la lutte contre toutes les manifestations de mort (par exemple l’euthanasie) et pour la protection des faibles et des démunis, y compris l’embryon humain, nous nous rendons bien compte que les dangers que représente la technique du clonage reproductif, si elle est appliquée à l’homme, sont considérables. Ils touchent à l’essence de l’humain. C’est pourquoi nous devons préconiser son interdiction.
Et pour garantir l’effectivité de l’interdiction, il semble nécessaire d’adopter des textes contraignants, tant au niveau national qu’européen et international.
Une interdiction relayée au niveau européen et international.
 
 

D
epuis sa naissance, Dolly n’a cessé d’alimenter un débat éthique. Des institutions et des États débattent sur ce que « cloner » un être humain impliquerait d’un point de vue éthique. Dans le cadre européen
Si ces questions ne sont donc qu’occasionnellement étudiées au niveau communautaire, elles sont en revanche discutées au sein du conseil de l’Europe.
Et c’est précisément pour cela qu’en tant que chrétiens nous devons nous engager dans la lutte contre toutes les manifestations de mort (par exemple l’euthanasie) et pour la protec t ion des faibles et des démunis, y compris l’embryon humain.
Des textes relatifs aux « biotechnologies » ont été récemment adoptés, fruits d’une réflexion éthique nourrie par le souci du respect des droits de l’Homme.
  Le conseil de l’Europe.
Le conseil de l’Europe s’est attaché à examiner les problèmes qu’engendrent les progrès de la médecine et de la biologie.
Parallèlement, dans les États membres, une réflexion dans ce domaine a été menée. Un effort d’harmonisation a abouti à l’adoption de la convention pour la protection des droits de l’homme et de la dignité de l’être humain à l’égard des applications de la biologie et de la médecine : Convention sur les Droits de l’Homme et la biomédecine signée à Oviedo le 4 avril 1997.
En voilà un extrait traitant du Génome humain :
Chapitre IV- Génome humain
Article 11- Non-discrimination.
Toute forme de discrimination à l’encontre d’une personne en raison de son patrimoine génétique est interdite.
Article 12- Tests génétiques prédictifs.
Il ne pourra être procédé à des tests prédictifs de maladies génétiques ou permettant soit d’identifier le sujet comme porteur d’un gène responsable d’une maladie soit de détecter une prédisposition ou une susceptibilité génétique à une maladie qu’à des fins médicales ou de recherche médicale, et sous réserve d’un conseil génétique approprié.
Article 13- Interventions sur le Génome humain.
Une intervention ayant pour objet de modifier le génome humain ne peut être entreprise que pour des raisons préventives, diagnostiques ou thérapeutiques et seulement si elle n’a pas pour but d’introduire une modification dans le génome de la descendance.
 
Chapitre V- Recherche scientifique.
Article 18- Recherche sur les embryons in vitro.
1. Lorsque la recherche sur les embryons in vitro est admise par la loi, celle-ci assure une protection adéquate de l’embryon.
2. La constitution d’embryons humains aux fins de recherche est interdite.
 
D’une manière générale, la Convention se limite à l’énoncé des principes les plus importants. Elle offre un cadre commun de protection des droits de l’homme et de la dignité de l’être humain à l’égard des applications de la biologie et de la médecine.
L’article 1 stipule que chaque partie doit prendre dans son droit interne les mesures nécessaires pour donner effet aux dispositions de la présente convention.
Ce paragraphe indique que le droit interne de chaque partie doit se conformer à la convention.
L’article 2 affirme la primauté de l’être humain sur le seul intérêt de la société ou de la science.
Priorité est donc donnée au premier (l’être humain) qui, en principe, doit l’emporter sur l’autre (la science…) lorsqu’il se trouve en compétition.
Cette priorité accordée à l’être humain ne suffisait-elle pas à fonder l’interdiction du clonage humain ?
Le conseil de l’Europe a jugé préférable d’adopter un protocole additionnel à cette Convention, protocole prohibant expressément le recours à cette technique nouvelle.
En préambule de ce protocole additionnel, il est énoncé que « l’instrumentalisation de l’être humain par la création délibérée d’êtres humains génétiquement identiques est contraire à la dignité de l’Homme et constitue un usage impropre de la biologie et de la médecine ».
Il apparaît alors que dans l’esprit des États signataires de la convention, le clonage devait être interdit par ladite convention. Ce protocole est donc le premier texte international proscrivant le recours au clonage humain. Ce texte additionnel à la Convention du conseil de l’Europe sur les Droits de l’Homme et la biomédecine, entré en vigueur le 01/03/2001, est juridiquement contraignant. 33 pays l’ont signé, dont la France, et il a été ratifié par 24 pays, hormis la France.
L’interdiction du clonage, précise ce protocole, ne pourra faire l’objet d’aucune « dérogation ».
Le 12 janvier 1988, près de la moitié des États membres du conseil de l’Europe ont finalement signé ce protocole additionnel, faisant de celui-ci le premier (et unique) véritable instrument juridique international contraignant contre le clonage humain.
Le texte exclut toute dérogation à l’interdiction de créer des êtres humains génétiquement semblables à un autre, vivant ou mort, et ce, quelle que soit la technique employée.
Il prévoit de lourdes sanctions pénales en cas d’infraction constatée dans les pays européens, lesquelles seront accompagnées d’une interdiction d’exercer pour les chercheurs et praticiens et de la suppression des licences pour les laboratoires ou cliniques concernés. De même, des poursuites pourront être engagées contre des laboratoires ou citoyens qui ouvriraient des cliniques en dehors de l’Europe. 29
Ce protocole représente de ce fait un signal fort en direction des États membres de l’UNESCO, dans le cadre de laquelle une déclaration sur le génome humain est en gestation, donc au niveau international. Dans le cadre international
C’est le monde entier qui s’est prononcé pour l’interdiction du clonage reproductif humain, par l’intermédiaire de l’UNESCO.
L’UNESCO : une déclaration universelle sur le génome humain et des Droits de l’Homme.
Le comité international de bioéthique a proposé l’élaboration d’une déclaration sur le génome humain :
« Cette déclaration, comme son intitulé l’indique, souhaite conférer une valeur normative et universelle, directement en prise avec les droits de l’Homme, à la question du génome humain. » 30
Dans l’article 2, le projet de déclaration reprend la notion de dignité humaine : « chaque individu a droit au respect de sa dignité et de ses droits, quelles que soient ses caractéristiques génétiques. » 31
Dans son ouvrage Copies conformes , Axel Khan nous précise que, selon l’article 11 de cette déclaration, des pratiques contraires à la dignité humaine, telles que le clonage à des fins de reproduction d’êtres humains, ne doivent pas être permises.
L’article 11 de cette déclaration, non sans surprise, cite explicitement le clonage comme l’illustration des pratiques « contraires à la dignité humaine. »
La déclaration invite « les États et les organismes internationaux compétents [...] à coopérer afin d’identifier de telles pratiques et de prendre, au niveau national ou international, les mesures qui s’imposent » 32 .
Quelle est la valeur normative de cette déclaration en admettant qu’elle suffise à justifier l’interdiction du clonage ?
Ce type de traité, dont l’efficacité dépend de la ratification la plus large possible, est souvent « édulcoré » pour encourager le plus grand nombre d’États possible à l’intégrer. La déclaration de l’UNESCO s’avère peu contraignante pour les États :
« Les textes n’ont pas de force contraignante à l’exception du protocole voté par le Conseil de l’Europe le 12 janvier 1998 qui prévoit des sanctions contre les contrevenants à l’interdiction du clonage humain [...]. La Déclaration universelle des droits de l’Homme elle-même n’a ni valeur contraignante ni valeur normative, et peut tout au plus être citée comme “motif surabondant” lors d’un jugement. » 33
Dans son article 23, elle spécifie seulement que les « États devraient prendre les mesures appropriées pour promouvoir, par l’éducation, la formation et la diffusion de l’information, le respect des principes ci-dessus énoncés et favoriser leur reconnaissance et leur application effective ». 34
Ainsi, chaque nation a le devoir de transposer dans ses propres textes juridiques l’interdiction de recourir au clonage reproductif sur les êtres humains. Aussi, il s’agit d’obtenir l’adhésion du plus grand nombre possible de nations.
Alors que des voix s’élèvent pour un « oui au clonage » par exemple aux États-Unis avec le physicien Richard Seed, en Europe, avec la secte raëlienne, il paraît de toute première importance que le droit soit réellement contraignant, que les États prennent des engagements véritables.
Il existera sans doute des nations où le clonage humain ne se verra pas explicitement interdit, où certains scientifiques pourront décider de s’installer pour poursuivre leurs recherches.
Richard Seed a déclaré « qu’il était un penseur indépendant et que le président Clinton n’avait pas le pouvoir de l’arrêter, pour le moment » 35 .
Et si, malgré tout, il était empêché de réaliser ce projet aux États-Unis, il ajouta : « je partirai m’installer au Mexique » 36 .
En effet comme le faisait observer Jacques Chirac : « On ne résoudra rien en interdisant certaines pratiques dans un pays si les chercheurs et les médecins peuvent les développer ailleurs. » 37
Heureusement, la plupart des grands États qui possèdent le matériel et le potentiel humain en mesure de procéder à de telles expérimentations ont déjà prononcé l’interdiction du clonage reproductif humain.
Sans entrer dans des considérations juridiques, il convient de savoir si le Droit français peut être interprété comme prohibant d’ores et déjà l’utilisation de cette technique ou si de nouvelles législations sont indispensables. Le Droit français est-il suffisant pour interdire le clonage reproductif humain ?
Faisant référence à la réponse du CCNE (Comité consultatif National d’Éthique pour les sciences de la vie et de la santé) au Président de la République au sujet du clonage reproductif, en 1997, celle-ci nous permettra de dégager certaines conclusions.
Au terme d’une analyse des dispositions juridiques en vigueur, le CCNE estime qu’il n’est pas nécessaire, en l’état des connaissances, de modifier ces dispositions au Code civil pour obtenir un résultat conforme aux propositions avancées par le CCNE sur le plan de l’éthique.
La loi, en son état actuel et étayée par l’analyse faite à son propos par le Conseil constitutionnel, condamne le clonage reproductif d’un être humain ; il ne peut être envisagé de nouvelle intervention du législateur qu’à des fins de clarification, par exemple, en précisant que le régime de la procréation médicalement assistée n’est pas concerné par le clonage, en explicitant l’interdiction en complétant l’article 16-4 du Code civil. Ceci pourrait se formuler de la façon suivante, en ajoutant à la fin de l’article une phrase : « Sont et demeurent interdites, notamment, les pratiques tendant à la reproduction de l’être humain par clonage. »
Mais le CCNE signale que ses membres se montrent partagés sur l’opportunité d’apporter ce complément.
D’un côté la valeur exemplaire et pédagogique d’un complément, de l’autre le risque d’affaiblir les principes en y ajoutant tel ou tel interdit explicite et spécifique.
Le CCNE souhaite que la France prenne l’initiative d’un appel à une prise de conscience mondiale par l’intervention d’une résolution de l’Assemblée générale des Nations-Unis pour proscrire la reproduction de l’être humain par clonage. 38
La loi paraît donc suffisamment protectrice pour prévenir toute tentative ou tentation de recourir au clonage reproductif, que ce soit dans un but thérapeutique ou dans un but procréatif.
Cependant, le recours au législateur pour interdire expressément cette pratique pourrait s’avérer d’une certaine utilité. Car en ne laissant subsister aucun doute quant à la condamnation de cette technique, le législateur couperait court à toute tentative, surtout si des intérêts économiques puissants militent en faveur de l’utilisation de cette technique.
Il semble nécessaire, pour garantir l’effectivité de l’interdiction , d’adopter des textes contraignants et de rappeler que la dignité de la recherche scientifique réside dans le fait de constituer l’un des moyens les plus perfectionnés au service de l’humanité. En effet, la recherche scientifique au bénéfice de l’homme, lorsqu’elle a pour but de trouver des remèdes aux maladies, de soulager la souffrance, ou de résoudre des problèmes dus à l’insuffisance alimentaire, etc., représente une espérance pour l’humanité.
Cette espérance se voit confiée au « génie » et au travail des scientifiques ; mais combien il est important que les scientifiques n’adoptent pas le regard de celui qui prétend être le maître de la réalité !
Ils doivent accueillir ce travail comme un don, en découvrant en toute chose le reflet du Créateur et en toute personne son image.
Ainsi, le scientifique ne pourra considérer comme un affront le refus moral du clonage humain, mais bien au contraire, devra appréhender cette interdiction comme éliminant toute dérive en lui permettant de retrouver toute sa dignité.
Conclusion
 
 

T
ous les éléments qui viennent d’être évoqués doivent nous conduire à considérer comme inacceptable le clonage humain aux fins de reproduction. Il se trouvera bien sûr des esprits peu scrupuleux pour défendre cette technique nouvelle, malgré tous les périls qu’elle recèle pour l’espèce humaine.
Les initiatives individuelles sont aujourd’hui prévenues et interdites par le Droit, en France, en Europe, et au niveau de la communauté internationale.
La réaction du Président américain Bill Clinton a montré que l’on a pris conscience du fait qu’on est arrivé avec le clone Dolly à une situation limite : « Bill Clinton avait convoqué un conseil exceptionnel de sages sommé de rendre un avis ferme, dans les trois mois, sur le besoin éventuel de renforcer le cadre légal américain. » 39
D’un point de vue théologique, fabriquer des clones humains s’apparenterait à prendre la place de Dieu. Et cela reviendrait à nier forcément les différences qui structurent l’humanité :
Différences, premièrement, entre Dieu et l’homme et entre les générations, car réaliser un être identique, mais espacé dans le temps par une génération ferait disparaître d’un certain point de vue le sens de l’histoire, et cela aurait des incidences sur le déroulement logique des générations.
Mettre fin au projet de clonage humain doit constituer un engagement moral qui doit être également traduit en termes culturels, sociaux et législatifs. Mais l’existence d’une conscience au niveau européen, voire international, ne saurait déresponsabiliser les chrétiens dans le cadre d’une vigilance théologique et éthique.
Il convient, dès lors, non pas de s’enfermer dans des attitudes négatives, mais bien plutôt d’accompagner les chercheurs scientifiques pour, ensemble, définir les limites de la recherche et maîtriser les outils contribuant au progrès de l’humanité.
Il convient de rappeler à l’homme qu’il y a à la fois dans la Bible promesse de domination de la nature et mise en garde contre la convoitise de la toute-puissance.
Rappelons aussi à l’homme qu’il n’est pas Dieu, que sa liberté et sa maîtrise doivent demeurer limitées par l’amour de Dieu et par l’amour du prochain. Dans cette vision, l’être humain ne s’affaiblit pas, ne s’appauvrit pas. Il est gardé de ce fait du désordre.
 
Glossaire 40
 
 
Bouturage : Clonage reproductif chez les végétaux. À partir d’un morceau d’une plante entière (généralement une branche, un rameau ou un tubercule de pomme de terre), planté dans un milieu nutritif riche, une plante entière se reconstitue peu à peu. La nouvelle plante possède un génome identique à la plante qui a fourni la branche ou le rameau.
Cellule : Plus petite unité fonctionnelle constituant les êtres vivants. Chez les animaux ou les végétaux, le développement embryonnaire aboutit à la multiplication de la cellule originelle (œuf, ou ovocyte fécondé, ou encore zygote chez les animaux) en des milliards d’exemplaires dont la nature se différencie au fur et à mesure du développement, ce qui aboutit à un organisme complet. Chaque cellule est constituée d’un noyau, comprenant le génome nucléaire...
• germinales
Cellules dont la propriété est d’assurer la reproduction de l’espèce. Elles se situent dans les ovaires ou les testicules (les gonades) et ont la particularité de posséder un génome haploïde (les spermatozoïdes et les ovules) résultant de la méiose...
• somatiques
En opposition aux cellules germinales. Ce sont toutes les autres cellules différenciées de l’organisme dont la fonction n’est pas d’assurer la reproduction de l’espèce.
• totipotentes
Cellules qui se trouvent aux tout premiers stades du développement embryonnaire (zygote, morula, blastula) ayant la propriété de pouvoir régénérer un organisme complet. Ce sont les cellules généralement utilisées pour le clonage, jusqu’aux expériences de l’équipe écossaise aboutissant à la naissance de Dolly.
 
Clonage :
• cellulaire
Forme de clonage non reproductif qui consiste à établir une lignée de cellules données (de peau, de foie...) dans un milieu de culture notamment constitué d’hormones de croissance. [...] Un clone cellulaire est constitué de l’ensemble des cellules filles dérivées d’une cellule mère unique.
• non reproductif
Toute forme de clonage dont le but n’est pas l’obtention d’un être à part entière. Exemple : le clonage cellulaire, le clonage de gènes, la création par clonage de cellules embryonnaires, etc.
• reproductif
Toute forme de clonage dont le but est d’aboutir à un organisme complet. Chez les animaux, outre le clivage embryonnaire, le clonage reproductif est généralement pratiqué selon la méthode du transfert de noyau . Il consiste à prélever le noyau d’une cellule embryonnaire (ou fœtale comme dans le cas de Dolly), puis à le transférer dans un ovocyte énucléé (c’est-à-dire dont on a préalablement retiré le pronucleus). La fusion du noyau dans l’ovocyte, et l’activation de la cellule ainsi obtenue (grâce à des impulsions électriques) lancent le développement embryonnaire. Au bout de quatre ou cinq jours, l’embryon obtenu doit être transféré in utero ou in vivo pour poursuivre son développement jusqu’à sa naissance.
Ex vivo / In vitro : Qui se déroule en dehors d’un être vivant (ex vivo), c’est-à-dire dans un milieu artificiel (in vitro), en laboratoire dans une boîte de Petri ou une éprouvette.
D’où le terme de fécondation in vitro , fécondation réalisée artificiellement dans une éprouvette de laboratoire : les spermatozoïdes sont mis en présence des ovules comme dans l’utérus au terme de l’acte sexuel.
In vivo / In utero : Qui se produit dans l’organisme vivant (d’où in vivo), ou plus précisément dans l’utérus maternel (in utero) lorsqu’il s’agit notamment d’implanter un embryon reconstitué en laboratoire ( ex vivo ou in vitro ) dans l’utérus, au bout de quatre ou cinq jours (temps limite pour le développement d’un embryon ex vivo ).
Ovocyte / Ovule : Désigne les cellules germinales femelles à différents stades :
Ovocyte I : cellules qui subissent la méiose en cours de maturation ;
Ovocyte II : cellules sexuelles abouties, aussi appelées ovules, ou ovocytes mûrs.
Libéré tous les vingt-huit jours par l’ovaire, l’ovocyte II est prêt à être fécondé par le spermatozoïde.
Du même auteur :

Le parcours et la valeur d’une vie
L’homme est mal dans sa peau. Dans toutes les sphères de la société, ce refrain est souvent employé et demeure une triste réalité ; réalité que personne ne peut nier.
À travers mon histoire, chacun pourra entrevoir sa propre histoire. Ce livre n’a pas pour seule vocation de retracer mon itinéraire en mettant en exergue mes propres difficultés, mais cherche à faire ressortir les questionnements qui peuvent surgir dans la vie d’un être humain et comprendre où peut se trouver l’essentiel. Ainsi, il nous plonge dans l’ultime réflexion sur la valeur de la vie.
Il retrace la vie d’un homme qui, à partir de sa foi, expose les différentes réflexions qu’il a menées au cours de sa vie. Des moments de joie, de plénitude aux moments de douleurs, de solitude et de souffrances.
Il représente également un prétexte pour prodiguer de prodigieux conseils d’enseignements spiritue, 13,50 €ls.
Format A, 158 pages
ISBN 9782369572800
Disponible sur www.editionsoasis.com
Notes [ ←1 ]
Informations tirées du site web de Libération - Dossier clonage du 17 février 1998 : http://www.libérat ion.fr/clonage/
[ ←2 ]
Genèse II. 1-9.
[ ←3 ]
Nouvelle pousse qui naît de la racine d’un végétal, tout près de sa tige ou même de la portion souterraine de celle-ci, et qu’on peut détacher pour la replanter ailleurs. Définition tirée du CD-Rom «   Encyclopédie Hachette Multimédia   99   ».
[ ←4 ]
Définition tirée du CD-Rom «   Encyclopédie Hachette Multimédia   99   ».
[ ←5 ]
Axel KAHN et Fabrice PAPILLON, Copie s conformes   : Le clonage humain , É ditions NiL, Paris, 1998, p.   41.
[ ←6 ]
Axel KAHN et Fabrice PAPILLON, Copies conformes   : Le clonage en question , p.16 1 -162.
[ ←7 ]
Axel KAHN et Fabrice PAPILLON, Copies conformes   : Le clonage en question , p.   168. Ibid, p.   172.
[ ←8 ]
Informations tirées du site web de Libération - Le quotidien du 8  janvier 1998 http://vww.libération.fr/clonage/ e t paru dans la revue L ’ O rient- L e jour le 9  janvier 1998
[ ←9 ]
Libération - Le quotidien. Ibid.
[ ←10 ]
Axel KAHN et Fabrice PAPILLON, Copies conformes   : Le clonage en question , p.   177
[ ←11 ]
Axe l KHAN et Fabrice PAPILLON, Copies conformes   : Le clonage en question , p.   175.
[ ←12 ]
Axel KHAN et Fabrice PAPILLON, Ibid. p.   176
[ ←13 ]
Le clonage humain , É ditions Seuil. p. 18.
[ ←14 ]
Informations tirées du site web À la Une  : http://www.yahoo.fr/actualité/199906 17/santé/929638320-yahoo531.170699.185214.html.
[ ←15 ]
Informations tirées du site web À la Une . Ibid.
[ ←16 ]
Jean Dormont , article   : «  Transplantation d’organes  »  ; informations tirées du CD-Rom Universalis
[ ←17 ]
Magazine C.G.O.S n° 34 de juin-juillet-ao û t 1999, p.   15.
[ ←18 ]
E.   Mounier, le personnalisme, P aris. PUF, 1951. p.47.
[ ←19 ]
Alain M attheeuws , Les origines de la vie   : quelques repères bioéthiques , p. 25.
[ ←20 ]
Alain Mattheeuws, Ibid , p.48.
[ ←21 ]
Le clonage humain , É ditions Seuil, p.152.
[ ←22 ]
La bioéthique et la dignité de la Personne de Roberto Andorno, p.   76.
[ ←23 ]
Informations tirées du site web de Libération - Dossier clonage, du 18   mars 1997 http://www.libération.fr/clonage/
[ ←24 ]
Livre de la Bible : Genèse l. 26-28
[ ←25 ]
La notion biblique de l’homme et les enjeux de la bioéthique de Pierre Berthoud, p.   33. Dans la Revue Réfonnée n°   187-199.5/5-6 - novembre 1995.
[ ←26 ]
Ibid.
[ ←27 ]
Reprise de l’interview de .1. F Collange par S.   Boudier, Réforme, N°   2545, samedi   22   janvier 1994   ; tirée de la Revue Réformée n°   187. p.45.
[ ←28 ]
Livre de Bible dans l’Évangile de Jean au verset 3 du chapitre 3 – version second 1910
[ ←29 ]
Copie s conformes , d ’ Axel Kahn et Fabrice Papillon, Le clonage en question , p. 244.
[ ←30 ]
Axel Kahn et Fabrice Papillon. Ibid, p.   247.
[ ←31 ]
Informations tirées du site web de l’ U NESCO : http://www.unesco.org/ibc/fr/themes/genome.html
[ ←32 ]
Axel Kahn et Fabrice Papillon. Ibid, p.   247.
[ ←33 ]
Copies conformes , d’Axel Kahn et Fabrice Papillon , Le clonage en question , p.   249.
[ ←34 ]
Informations tirées du site web de l’ U NESCO : http://www.unesco.org/ibfr/themes/genome.htm l
[ ←35 ]
Ibid .
[ ←36 ]
Informations tirées du site web L’Humanité
[ ←37 ]
http:/ww.humanite .presse.fr/journal/1998/1998-O1/1998-O1-13/1998-01-13-013.html
[ ←38 ]
Informations tirées du site internet : http://www.ccne-ethique.org/ccne/avis/a 060P10.htm
[ ←39 ]
Informations tirées du site web L’Hebdo  : http://www.webdo.ch/hebdo/hebdo_1997/hebdo_10/clonage_10.html
[ ←40 ]
Extrait du livre d ’ Axel Kahn et Fabrice P apillon , Copies conformes .

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