Le déni de la violence monothéiste
361 pages
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Le déni de la violence monothéiste

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Description

Croyants ou non, la plupart des Occidentaux considèrent le monothéisme religieux comme un aboutissement de l'esprit humain, jusqu'à occulter notre héritage gréco-romain, voire jusqu'à attribuer à la tradition judéo-chrétienne l'origine du développement scientifique moderne. Ils exonèrent en revanche le monothéisme de toute responsabilité quant aux violences commises en son nom. Cet essai s'interroge sur les résistances de l'humanité à dépasser ses mythes, et sur les conditions d'une transition de la vérité unique et universelle à la tolérance.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 01 septembre 2010
Nombre de lectures 196
EAN13 9782296265479
Langue Français
Poids de l'ouvrage 5 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0005€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

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Questions Contemporaines Collection dirigée par J.P. Chagnollaud, B. Péquignot et D. Rolland
Chômage, exclusion, globalisationJamais les«questions contemporaines»n’ontété aussi nombreusesetaussicomplexesà appréhender. Leparidela collection«Questions Contemporaines» est d’offrirunespace deréflexionetde débatàtousceux, chercheurs, militants oupraticiens,qui osent penserautrement, exprimerdes idées neuveset ouvrirdenouvelles pistesàlaréflexioncollective.
Derniers ouvrages parus
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© L’Harmattan,2010 5-7,rue del’Ecole-Polytechnique,75005 Paris
http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr
ISBN:978-2-296-12825-5 EAN:9782296128255
"Si l'extermination a pu avoir lieu aussi facilement, c'est que les Alliés ont fait comme s'ils ne savaient pas." Jan Karski, par Yannick Haenel "Je l'ai su, mais je ne l'ai pas cru. Et parce que je ne l'ai pas cru, je ne l'ai pas su." Raymond Aron, cité par Claude Lanzmann "La pensée grecque s’est toujours retranchée sur l’idée de limite. Elle n’a rien poussé à bout, ni le sacré, ni la raison, parce qu’elle n’a rien nié, ni le sacré, ni la raison. Elle a fait la part de tout, équilibrant l’ombre par la lumière. Notre Europe, au contraire, lancée à la conquête de la totalité, est fille de la démesure." Albert Camus, L'Eté "Toute femme devrait être accablée de honte à l'idée qu'elle est femme." Clément d'Alexandrie (Père de l'Eglise) "L'Eglise persécute par amour, les impies par cruauté." Saint-Augustin, lettre 185 "C'est la religion qui a mis à mort Jésus." Joseph Moingt, La plus belle histoire de Dieu
Remerciements 1 La lecture deLa violence monothéiste de Jean Soler a été le stimulus qui m'a poussé à engager ce parcours. Outre Jean Soler, qui m'a accordé son appui bienveillant, je remercie tout particulièrement pour leurs conseils éclairés et leurs encouragements : en anthropologie : oLucien Scubla, anthropologue, disciple de René 2 Girard, Lévi-Strauss et Leroi-Gourhan . Ce parcours n'a été possible que grâce à sa disponibilité et sa patience, d'autant plus remarquables que nos points de vue ont été souvent divergents, oRomain Rodrigues,anthropologue et sociologue, qui m'a chaleureusement encouragé et avec qui j'ai eu le bonheur d'échanger tout au long de ce parcours, oBenoît Chantre, éditeur de René Girard, Président de l'Association de Recherche Mimétique,
1 Jean Soler, spécialiste des mondes hébreu et grec, conseiller culturel et scientifique à lřambassade de France en Israël (1968-1973, 1989-1993) et à Téhéran (1973-1977), auteur de nombreux ouvrages, dont uneHistoire universelle des Juifs(Hachette, 1992) sous la direction dřElie Barnavi, directeur du département dřhistoire à lřuniversité de Tel-Aviv. Voir biographie détaillée sur Wikipédia, et autres références au Post-scriptum. Op. cit. 2 Membre du Centre de recherche en épistémologie appliquée (CREA), ses recherches portent sur le sacré et le religieux, notamment sur une théorie approfondie du sacrifice. Op. cit.
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en théorie mimétique dans sa dimension psychologique: oJean-Marc Oughourlian, neuropsychiatre et psychologue, développeur avec René Girard de la 3 théorie mimétique , sur le judaïsme : 3 oThéo Klein, ex Président du CRIF , sur le christianisme : oJoseph Moingt, théologien jésuite, auteur de 4 nombreux ouvrages , oGeorges Philip, pasteur protestant, en philosophie : oSerge Airaudi, philosophe et spécialiste des civilisations comparées, oJacques Hoarau, philosophe, 5 oSimone Manon,philosophe , sur l'impact des missions chrétiennes en Inde : oJacques Vigne,psychiatre français installé en Inde depuis 20 ans, où il exerce comme thérapeute et 3 enseignant en religions , sur la mythologie grecque : 6 oLuc Bigé, fondateur de l'Université du Symbole . J'ai abondamment sollicité mes amis, mes proches, mes fils qui m'ont challengé, et aidé pour l'illustration, et mon épouse qui m'a encouragé, accompagné, et aidé dans la rédaction. Je les remercie tous chaleureusement.
3 Cf. Bibliographie p. 341. 4 Joseph Moingt est un jésuite français, théologien spécialisé en christologie. Il a enseigné la théologie à la Faculté jésuite de Lyon-Fourvière, à l'Institut catholique de Paris et au Centre Sèvres. Il a dirigé la revue Recherches de science religieuse de 1968 à 1997. Op. cit. 5 Simon Manon anime le blog Philo Log. Elle m'a en particulier fait découvrir le beau texte de Paul Ricœur sur la tolérance, abondamment cité dans cet essai.6 Docteur ès sciences (Biologie), écrivain, consultant, Luc Bigé est le Fondateur et le Président de l'Université du Symbole. Il a publié de nombreux livres sur les mythes grecs. Op. cit.
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Avant-propos
Résumé La relation entre violence et monothéisme, et par voie de conséquence entre vérité et tolérance, constitue le fil directeur de cet essai. Le passage du polythéisme au monothéisme biblique a représenté une mutation majeure dans le processus de développement de la civilisation occidentale, avec pour acteurs emblématiques Moïse et Jésus. L'invention par les Hébreux du monothéisme a constitué un évènement décisif dans la genèse de l'individu occidental, avec deux innovations majeures : la transcendance d'un dieu projeté hors du cosmos, une relation personnelle entre ce dieu et l'homme, illustrée par sa Parole. Ces deux innovations ont fait émerger une catégorie de vérité inconnue jusque là : la vérité révélée qui, émanant d'un dieu tout-puissant, personnel et jaloux, est nécessairement unique, absolue, universelle, non révisable. La prétention à détenir une telle vérité constitue la cause racine de la violence monothéiste. Cette dernière se distingue de la violence en général en ce que son mobile est le libre arbitre d'autrui. Exclusive et défensive dans le judaïsme biblique, avec pour motivation l'obsession de la pureté, elle est devenue inclusive et offensive dans le christianisme et l'islam, avec pour motivations le prosélytisme et le dogmatisme.Dans le cadre des interdépendances aujourd'hui reconnues entre religions, cultures et langues, s'impose une correspondance entre la catégorie de vérité révélée et le goût pour les extrêmes qui caractérisait la culture et la langue hébraïque de l'époque biblique. Celui-ci se manifestait par une conception polarisée et disjointe des contraires : l'un des pôles représentait le pur, le bien, l'idéal qu'il fallait préserver, l'autre l'impur, le mal, la souillure qu'il fallait éliminer ; il n'y a pas de transition possible entre les deux.
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Par contraste, Athènes a légué à l'Occident son goût du relatif, de l'équilibre, de la mesure. Les contraires, comme le jour et la nuit, y sont plus complémentaires que polarisés, la transition de l'un à l'autre y est graduelle. Les Grecs considèrent les extrêmes comme l'hubris, ce qui irrite le destin. L'idéal est pour eux le milieu, vu comme le lieu du dépassement de l'opposition entre les contraires. Le judaïsme biblique a représenté un ciment identitaire ethnique, qui a d'ailleurs démontré une résistance peu commune aux vicissitudes de l'histoire, plutôt qu'une avancée dans le domaine de l'éthique, domaine où la Loi hébraïque ne se distinguait guère de la morale et des lois des peuples voisins, sinon par son origine divine. A cet égard le grand novateur fut Jésus, qui donna le primat à l'intériorité sur le rituel, à l'individuel sur l'ethnique, qui éleva la personne humaine au rang de valeur suprême. Jésus d'une part, les philosophes grecs d'autre part, via en particulier la Diaspora juive en milieu hellénistique, ont exercé un rôle majeur dans l'élaboration de l'individu occidental, épris de liberté, d'égalité et de subjectivité. Mais, resté prisonnier du cadre de pensée de la vérité unique, Jésus n'a pas dénoncé la violence monothéiste, il n'a pas prononcé le mot de tolérance. L'histoire de l'Occident a été marquée par la victoire de la tradition judéo-chrétienne sur le polythéisme gréco-romain. Si dans le domaine des valeurs éthiques, de l'organisation sociale et politique, des arts, la tradition monothéiste a certes produit des résultats remarquables, en revanche, sur le plan de la violence, son exclusivisme, son prosélytisme et son dogmatisme ont été co-responsables de massacres se chiffrant en millions de morts, sur les différents continents. Quant à la liberté de pensée, si chère aux Grecs, elle fut pendant un millénaire étouffée par l'Eglise, jusqu'à ce que les hommes de la Renaissance s'affranchissent de sa tutelle et renouent avec la démarche de liberté et d'esprit critique initiée par les Grecs.
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