Le livre des auditions spirituelles et de l´extase
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Description

La question des auditions spirituelles (samâ) fait partie des sujets les plus délicats qu'ont eu à traiter les savants de l'Islam. Licites pour certains, illicites pour d'autres, permis ou encore réprouvées, ce débat qui a fait couler beaucoup d'encre à travers les siècles dure encore de nos jours, même si les positions extrêmes se sont quelque peu atténuées. Sil est certain que l'imam Abû Hâmid al-Ghazâlî na pas été le premier à étudier le sujet, il n'en demeure pas moins que ses travaux en ce domaine ont dépassé ses prédécesseurs par l'impressionnante description qu'il donne des effets des auditions spirituelles, avec un souci du détail sans pareil. Bien qu'il s'agisse dune question fort complexe, pouvant prêter à confusion et à des interprétations erronées, Ghazâlî ne se décourage pas, et, sans jamais se départir de son scrupule à observer les convenances, il nous emmène à la découverte de la mystérieuse correspondance qui existe entre les sons et l'esprit, tout en explorant le phénomène de l'extase (wajd). Le lecteur se rendra compte par lui-même que Ghazâlî a précédé de presque neuf siècles les travaux scientifiques en la matière.

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Date de parution 24 juin 2015
Nombre de lectures 51
EAN13 9791022500876
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,032€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

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Tous droits de reproduction, d’adaptation ou de traduction, par quelque procédé que ce soit, réservés pour tous les pays à l’Éditeur.
1433-2012
ISBN 978-2-84161-577-3 // EAN 9782841615773
Imam Abû Hâmid Al-Ghazâlî
Auditions spirituelles et extase
( Kitâb âdâb al-samâ‘ wa al-wajd )
Traduit et annoté par Hassan Boutaleb
La question des auditions spirituelles ou samâ‘ fait partie des sujets les plus délicats qu’ont eu à traiter les savants de l’Islam. Licites pour certains, illicites pour d’autres, permises ou encore réprouvées, ce débat qui a fait couler beaucoup d’encre à travers les siècles dure encore de nos jours, même si les positions extrêmes se sont un tant soit peu atténuées.
S’il est certain que Ghazâlî (m. 505 H / 1111) n’a pas été le premier grand savant à étudier le sujet, il n’en demeure pas moins que ses travaux en la matière ont dépassé ses prédécesseurs par l’impressionnante description qu’il donne des effets des auditions spirituelles, avec un souci du détail sans pareil. Nous pensons en particulier au grand maître du soufisme Sarrâj (m. 378 H / 988) qui a consacré un long chapitre à ce sujet dans son merveilleux Kitâb al-luma‘ , et dont Ghazâlî, très probablement, aura tiré quelque avantage. En effet, on retrouve dans l’étude de Ghazâlî nombre de traditions et de récits rapportés par Sarrâj. Il en est de même pour ce qui concerne l’autre sujet du présent livre, le wajd ou ravissement extatique, auquel Sarrâj a aussi consacré un chapitre, dans lequel il cite un autre ouvrage portant sur ce sujet 1 , et composé par Abû Sa‘îd al-A‘râbî (m. 340 H) 2 , un soufi contemporain et condisciple des deux grands maîtres soufis Junayd (m. 297 H / 910) et Nûrî (m. 295 H / 908).
Bien qu’il s’agisse d’une question fort complexe, pouvant prêter à confusion et à des interprétations erronées, Ghazâlî ne se décourage pas, et, sans jamais se départir de son scrupule à observer les convenances, règle d’or qui dicte toutes ses œuvres, et en particulier son Ihyâ’ ‘ulûm al-dîn , il nous emmène à la découverte de la mystérieuse correspondance qui existe entre les sons et l’esprit, tout en explorant le phénomène de l’extase. Le lecteur se rendra compte par lui-même que Ghazâlî a précédé de presque neuf siècles les travaux de la science moderne en la matière.
Hassan Boutaleb
P ROLOGUE
Louange à Dieu qui a embrasé les cœurs de Ses Saints par le Feu de Son Amour, et qui s’est emparé de leurs hautes aspirations spirituelles et de leur esprit, afin de les soumettre au désir ardent de Sa rencontre et de Sa contemplation. Il a contraint leur regard extérieur et leur regard intérieur à se poser sur la Beauté de Sa Présence, au point que le zéphyr de cette Réunion les a rendus ivres. A la vue des Gloires fulgurantes de Sa Majesté ( subuhât al-jalâl ) 3 , leur cœur a été plongé dans l’hébétude et la perplexité, si bien qu’ils ne voient rien d’autre que Lui dans les deux mondes 4 , et ne mentionnent nul autre que Lui dans les deux Demeures 5 . Si une image se manifeste à leurs yeux, leur regard intérieur se porte aussitôt vers Celui qui l’a générée ; et si une mélodie frappe leur ouïe, leur conscience intime se meut vers l’Aimé. Si jamais une voix essaie de les importuner, de les inquiéter ou de susciter en eux quelque émotion, chagrin, allégresse, nostalgie ou colère, ils n’éprouvent d’embarras que vis-à-vis de Lui, d’émotion que par Lui, d’inquiétude que pour Lui, et de chagrin qu’en Lui. Et ils ne désirent que ce qui est auprès de Lui.
Leur hâte et exaltation n’ont d’autre objet que Lui, et leurs allées et venues n’ont lieu qu’autour de Lui, car leur ouïe ( samâ‘ ) procède de Lui, et ils ne prêtent l’oreille qu’à Lui ; Il a scellé leur regard et leurs oreilles de sorte qu’ils ne voient et n’écoutent nul autre que Lui. Ainsi sont ceux que Dieu a disposés à Sa Sainteté, et qu’Il a choisis parmi Ses serviteurs les plus purs et Son élite.
Et que la grâce soit sur Muhammad, envoyé pour transmettre Son Message, ainsi que sur sa Famille et ses Compagnons, les Imams de la Vérité et les Chefs. Et que sur eux tous soit Sa Paix en abondance !
Les cœurs et les consciences intimes sont les coffres qui recèlent les secrets divins, et les gisements des perles précieuses. Ils renferment les perles de la même façon que la pierre et le fer contiennent le feu, ou la terre et la boue cachent l’eau. On ne peut en découvrir ce qui y est enfoui qu’à travers les flèches étincelantes des auditions spirituelles, car on ne peut accéder au cœur sans passer d’abord par le biais de l’audition. Les tonalités cadencées et agréables permettent d’en extraire [les secrets enfouis] et d’en manifester les qualités et les défauts. Mis en mouvement, le cœur ne laisse apparaître que ce qui y est enfoui [et rien de plus], tout comme du récipient on ne peut verser que ce qu’il peut contenir.
L’audition spirituelle constitue donc pour le cœur une pierre de touche de la sincérité et un étalon éloquent. Le souffle des auditions spirituelles ( al-samâ‘ ) ne parvient jamais au cœur sans éveiller [les sentiments et pensées] qui prédominent en lui. Et puisque les cœurs obéissent, par nature, aux oreilles, au point d’en faire apparaître les sentiments les plus enfouis, d’en dévoiler les défauts et d’en manifester les vertus, il incombe d’expliquer les différents points de vue en matière de samâ‘ et de wajd , l’extase, de montrer les avantages et les vices qu’elles impliquent, les règles de convenance et les modalités recommandables en la matière, et de présenter les divergences des savants concernant leur caractère licite ou illicite.
Nous tâcherons d’expliquer clairement tout cela en deux grandes parties : la première consacrée à la licéité du samâ‘ , et la seconde consacrée aux règles de convenance qu’il convient d’observer en matière de samâ‘ , ainsi qu’à ses effets, que ce soit sur le cœur (extase), ou sur les membres du corps (danse, hurlements et déchirement des vêtements).
PREMIERE PARTIE
L ES DIVERGENCES ENTRE LES SAVANTS CONCERNANT LA LICÉITÉ DU SAMÂ ‘
C HAPITRE I
L E SAMÂ ‘ EST-IL LICITE OU ILLICITE ?
Sache que tout commence avec le samâ‘ : le samâ‘ suscite dans le cœur un état appelé « extase » ( wajd ), lequel, à son tour, entraîne le mouvement des parties du corps. Ce mouvement peut être saccadé – on parle alors de « trouble » ou d’« agitation » – ou harmonieux – taper des mains et danser en sont l’expression.
Nous présenterons, en premier lieu, le statut du samâ‘ suivant les opinions que l’on trouve sur la question dans les diverses Ecoles juridiques ( al-madhâhib ). Dans un second lieu, nous indiquerons les preuves démontrant le caractère licite du samâ‘ , et répondrons aux arguments de ceux qui soutiennent le contraire.
Les positions des Ecoles juridiques
Le Juge Abû Tayyib al-Tabarî 6 rapporte des [imams] al-Shâfi‘î 7 , Mâlik 8 , Abû Hanîfa 9 , Sufyân 10 et d’un certain nombre de savants, des déclarations qui montrent qu’ils considéraient le samâ‘ illicite. Par exemple, dans son Kitâb adâb al-Qadâ’ , l’imam al-Shâfi‘î (que Dieu soit satisfait de lui) écrit : « Le chant ( al-ghinâ’ ) est une pratique répréhensible ( makrûh ), qui s’apparente à la frivolité. Celui qui s’y adonne trop souvent devient sot, et son témoignage n’est donc pas recevable. »
Abû Tayyib ajoute : « Selon les shaféites, il n’est pas permis à un homme d’écouter le chant d’une femme faisant partie de celles qu’il peut épouser ( mahram ), qu’elle soit à l’abri ou non des regards, femme libre ou esclave. »
D’après Abû Tayyib, l’imam al-Shâfi‘î affirme que si le maître d’une concubine esclave ( jâriya ) réunit des hommes pour qu’ils l’écoutent chanter, cet homme est alors un sot dont le témoignage n’est pas recevable. On rapporte aussi que l’imam al-Shâfi‘î détestait que l’on batte la cadence à l’aide d’une baguette. Il disait que cette coutume avaient été inventée par les hérétiques qui tentaient de distraire du Coran.
Al-Shâfi‘î a dit aussi : « Du point de vue de la Tradition, le jeu de dés ( al-nard ) est plus détestable que les autres loisirs. Je n’aime pas le jeu d’échecs, et je déteste les jeux auxquels s’adonnent les gens, car le jeu ne convient pas aux gens de religion ni aux hommes de valeur. »
Quant à l’imam Mâlik (que Dieu soit satisfait de lui), il a interdit le chant et a dit : « Si l’un d’entre vous, après avoir acheté une esclave, découvre que celle-ci sait chanter, il doit alors s’en séparer ! » Cette opinion est aussi celle des savants Médinois à l’exception d’Ibn Sa‘d 11 .
Quant à Abû Hanîfa (que Dieu soit satisfait de lui), lui aussi abhorrait le samâ‘ , et considérait qu’écouter les chants était un péché. De même que les savants de Kûfa, tels Sufyân al-Thawrî 12 , Hammâd 13 , Ibrâhîm 14 , al-Sha‘bî 15 et d’autres. Tous leurs avis sont rapportés par le Juge Abû Tayyib al-Tabarî.
Abû Tâlib al-Makkî 16 , pour sa part, rapporte les opinions des Anciens qui penchent en faveur de la licéité du samâ‘. « Parmi les Compagnons, ‘Abd Allâh b. Ja‘far 17 , ‘Abd Allâh b. al-Zubayr 18 , al-Mughîra b. Shu‘ba 19 , Mu‘âwiyya 20 et d’autres écoutaient le samâ‘. » Il ajoute que d’autres Compagnons, et des pieux Anciens parmi la génération suivante, faisaient de même, précisant que cette coutume a encore cours chez les Gens du Hijâz et de La Mecque, qui écoutent le samâ‘ durant les meilleurs jours de l’année, qui sont les « jours comptés » 21 ( al-ayyâm al-ma‘dûdât ) au cours desquels Dieu a ordonné à Ses serviteurs de L’invoquer tout particulièrement, comme les jours du tashrîq 22 [à la fin du pèlerinage], par exemple.
Les Médinois aussi, à l’instar des Mecquois, continuent de nos jours à s’adonner régulièrement au samâ‘. Nous avons connu, par exemple, le Juge Abû Marwân 23 , dont les esclaves chantaient en public, et qui les préparait à chanter pour les soufis.
‘Atâ’ 24 possédait deux esclaves qui chantaient et que ses frères écoutaient.
Abû Tâlib al-Makkî rapporte aussi qu’on a demandé à Abû al-Hasan b. Sâlim 25 : « Pourquoi interdis-tu le samâ‘ alors que Junayd 26 , Sarî al-Saqatî 27 , et Dhû al-Nûn 28 écoutaient [les chants spirituels] ? » Il répondit alors : « Comment désapprouverais-je le samâ‘ alors que d’autres, bien meilleurs que moi, l’ont permis ? Abd Allâh b. Ja‘far al-Tayyâr 29 écoutait lui aussi [les chants spirituels]. Ce que je réprouve, ce sont les folâtreries et les divertissements qui ont lieu durant le samâ‘ ! »
On rapporte que Yahya b. Mu‘âdh 30 a dit : « Nous avons égaré trois choses que nous ne verrons plus, et que je ne vois que rarement : les beaux visages empreints d’humilité ; les beaux discours empreints de religiosité ; la belle fraternité empreinte de loyauté ».
J’ai lu aussi dans certains ouvrages qu’al-Hârith al-Muhâsibî 31 lui-même, malgré son ascèse, son grand souci d’éviter les erreurs, la discipline rigoureuse qu’il s’imposait, et son attachement à la Loi, considérait le samâ‘ licite ; il disait qu’Ibn Mujâhid 32 ne répondait qu’aux invitations où il y avait un samâ‘ .
De nombreux narrateurs rapportent ce récit de Muhâsibî : « Une fois, nous avons répondu à une invitation en compagnie d’Abû al-Qâsim b. bint Manî‘ 33 et Abû Bakr b. Dâwud 34 , et nous y rencontrâmes, parmi les hôtes de marque, Ibn Mujâhid et ses semblables. Ce dernier assista au samâ‘ , et incita Ibn bint Manî‘ à recommander à Ibn Dâwud d’écouter. Ce dernier dit alors : “Mon père m’a rapporté qu’Ahmad b. Hanbal détestait le samâ‘ . Mon père ne l’aimait pas non plus, et je partage son opinion.” Abû al-Qâsim b. bint Manî‘ dit à son tour : “Mon grand-père, Ahmad b. bint Manî‘ m’a rapporté de Sâlih b. Ahmad que le père de ce dernier écoutait les poèmes d’Ibn al-Khabbâza 35 .” Ibn Mujâhid dit alors à Ibn Dâwud : “Epargne-nous tes propos et ceux de ton père !” Puis, s’adressant à Ibn bint Manî‘: “Epargne-nous tes propos et ceux de ton grand-père !” Il demanda ensuite à Ibn Dâwud : “Que dis-tu de celui qui récite un vers de poésie ? Est-ce interdit ? – Non, répondit Ibn Dâwud. – Et s’il a une belle voix, lui est-il interdit de réciter ? – Certainement pas. – Et s’il déclame plus d’un vers, en raccourcissant les voyelles longues ou en allongeant les voyelles courtes, est-ce que cela est illicite ? demanda Ibn Mujâhid.” Et Ibn Dâwud de répondre : “Je n’approuve pas un forfait inspiré par le diable, alors que dire de deux !” »
Abû al-Hasan al-‘Asqalânî al-Aswad, qui faisait partie des Saints, assistait aux séances de samâ‘ , et en était ravi. Il a d’ailleurs écrit un traité sur le sujet pour répondre aux adversaires du samâ‘ . D’autres soufis ont eux aussi rédigé des textes sur ce sujet pour réfuter les thèses des détracteurs.
On rapporte qu’un Maître soufi a dit : « Une fois, j’ai vu Abû al-‘Abbâs al-Khidr 36  . Je lui demandai : “Que dis-tu du samâ‘ qui soulève tant de controverses parmi nos compagnons ?” Al-Khidr répondit : “C’est un sol glissant sur lequel seuls les pieds fermes des savants ne glissent pas.” »
On rapporte que Mimshâd al-Dînawarî 37 a dit : « J’ai vu le Prophète  en songe. Je lui demandai : “Ô envoyé de Dieu  , reproches-tu quoi que ce soit au samâ‘ ?” Il répondit : “Je n’en blâme rien ! Mais dis-leur de commencer par réciter le Coran avant tout samâ‘ , et de clore la séance, à la fin, par le Coran.” »
Le grand savant Tâhir b. Bilâl al-Hamadânî al-Warrâq 38 raconte : « Je me trouvais en retraite spirituelle dans une Mosquée du littoral de Djedda. J’y vis un jour un groupe, en retrait, qui déclamait des vers, et d’autres qui écoutaient. Je formulais des reproches en mon cœur et, outré, je pensais : “Comment osent-ils déclamer des vers dans une des maisons de Dieu !” Cette nuit-là, je vis le Prophète  en songe. Il était assis au même endroit de la mosquée en compagnie d’Abû Bakr (que Dieu soit satisfait de lui). Ce dernier déclamait des vers que le Prophète  écoutait, la main posée sur sa poitrine, comme s’il était en extase. Je me dis alors : “Je n’aurais jamais dû réprouver ces gens qui déclamaient et écoutaient des vers, alors que l’envoyé de Dieu  en écoute et qu’Abû Bakr en récite.” L’Envoyé de Dieu  se tourna alors vers moi et dit : “Ceci est une ‘vérité authentique’ ( haqqun bi-haqq ) ou une ‘vérité qui procède de la Vérité’ ( haqqun min haqq )’”, je ne suis pas certain de la formule utilisée. »
Junayd a dit : « La miséricorde descend sur les soufis à trois occasions : lorsqu’ils mangent, car ils ne se nourrissent que du minimum indispensable ; lorsqu’ils échangent des connaissances, car ils ne s’entretiennent qu’au sujet des stations spirituelles des Véridiques ; et enfin, durant les séances de samâ‘, car ils écoutent avec extase et sont réellement témoins de la vérité. »
On demanda à Ibn Jurayj 39 qui autorisait le samâ‘ : « Cela te sera-t-il compté parmi les bonnes ou les mauvaises actions, au Jour de la Résurrection ? » Il répondit : « Ni parmi les bonnes ni parmi les mauvaises actions, car il est semblable à la parole qui ne procure ni avantage ni tort ( al-laghw ). Dieu exalté ayant dit : “ Dieu ne vous tiendra pas rigueur pour la légèreté ( al-laghw ) de vos serments ” 40 ».
Voilà donc les propos des Anciens que l’on rapporte au sujet du samâ‘. Celui qui cherche la vérité à travers ces traditions trouvera des positions contraires qui le rendront perplexe, ou inclinera vers celle qui lui plaît et lui convient. C’est une erreur, car il faut plutôt chercher la vérité en examinant minutieusement les sources qui interdisent le samâ‘ ou l’autorisent. C’est ce que nous tâcherons de faire dans ce qui va suivre.
C HAPITRE II
A RGUMENTS EN FAVEUR DU SAM‘
Il faut savoir que lorsque quelqu’un dit que le samâ‘ est illicite ( harâm ), cela signifie normalement que cette action sera punie par Dieu. Or, on ne peut connaître une telle chose uniquement de façon rationnelle, mais il faut recourir à la transmission traditionnelle [des données révélées] et à la connaissance des lois religieuses qui reposent sur des sources scripturaires ( nass ), ou encore sur la base de l’analogie ( qiyâs ) appliquée au texte en question. J’entends par nass ce que le Prophète  a exprimé oralement ou par son action, et par qiyâs la juste interprétation de ses dits et faits.
Affirmer le caractère illicite d’une chose sans s’appuyer sur un texte explicite, ou en l’absence d’une référence sur laquelle on peut appliquer l’analogie, n’a aucune valeur. Il en va de même pour le jugement déclarant la licéité d’une chose.
Pour ce qui est du samâ‘ , il n’y a aucun nass ni raisonnement analogique qui prouvent [explicitement] que cette pratique est illicite. Ce point apparaîtra clairement dans la démonstration que nous ferons pour réfuter les arguments [sans fondements] de ceux qui déclarent illicite le samâ‘ . Les réponses que nous donnerons devraient être suffisantes pour le but que nous nous sommes fixé.
En guise de préambule, nous dirons donc qu’aussi bien la tradition explicite du Prophète  que le raisonnement analogique indiquent clairement, bien au contraire, la licéité du samâ‘ . Ainsi, si l’on applique l’analogie, il y a lieu de rappeler que par « chant » ( al-ghinâ’ ), on entend un certain nombre d’éléments qui requièrent d’être examinés d’abord séparément, puis dans leur ensemble. Le chant comporte l’audition d’une voix agréable, harmonieuse et compréhensible, qui émeut le cœur. De manière générale, le chant est un son agréable ; parmi les sons agréables, certains sont harmonieux et d’autres non ; et parmi les sons harmonieux, certains sont compréhensibles, comme les poèmes, et d’autres non, tels les bruits émis par les objets inanimés ou encore les cris des animaux.
Ecouter un son agréable du fait qu’il est agréable, cela ne doit nullement être prohibé ! Bien au contraire, le nass comme le qiyâs l’autorisent . En effet, le son agréable et joli à entendre renvoie au plaisir qu’il procure au sens de l’ouïe après que cette dernière ait perçu ce pour quoi elle a été faite. L’homme possède un intellect et cinq sens dont chacun est doté d’une perception qui lui est propre, et la perception de chacun de ces sens procure un plaisir : le plaisir de la vue réside dans la vision des belles choses comme la verdure, l’eau qui ruisselle, un beau visage et, de manière générale, les belles couleurs, à l’opposé de toute chose dont l’aspect est repoussant ; l’odorat tire plaisir des bonnes odeurs, à l’opposé des mauvaises odeurs ; le goût apprécie les aliments agréables, comme les sauces, les douceurs ou les boissons acidulées, à l’opposé des aliments et boissons amers et répugnants ; le toucher tire plaisir de ce qui est délicat, doux et fin, à l’opposé de ce qui est dur et rugueux. Quant à l’intellect, enfin, il se délecte de sciences et de connaissances, qui s’opposent à l’ignorance et à la sottise.
Ainsi, on doit distinguer, parmi les sons entendus par l’ouïe, ceux qui procurent du plaisir comme la voix des rossignols et le son de la flûte, et les sons désagréables comme le braiment de l’âne et autres animaux.
L’analogie entre ce sens et ses plaisirs, et les autres sens avec les leurs, est évidente !
Pour ce qui est de la licéité du samâ‘ dans les sources scripturaires, elle est confirmée par cette Parole de Dieu : « Il ajoute à la création ce qu’Il veut » 41 . Selon un commentaire de ce verset, il s’agit ici de la belle voix 42 .
Par ailleurs, une tradition prophétique rapporte : « Dieu n’a envoyé aucun Prophète qui n’ait une belle voix » 43 . L’Envoyé de Dieu  a dit également : « Dieu est bien plus attentif à l’homme qui récite le Coran d’une belle voix, que le maître qui écoute son odalisque chanter » 44 . Et dans une tradition où il est fait l’éloge du prophète David, il est rapporté : « David avait une voix si belle durant ses suppliques et sa récitation des Psaumes, que les hommes, les djinns, les bêtes sauvages et les oiseaux se réunissaient autour de lui pour écouter sa voix . [Certains en mouraient même.] Quatre cent funérailles, à quelque chose près, avaient lieu au cours de ces rencontres. » 45
Faisant l’éloge d’Abû Mûsa al-Ash‘arî 46 , l’envoyé de Dieu  a dit : « Il a hérité de l’une des flûtes 47 de la Famille de David. » 48
De plus, Dieu dit : « Modère ta voix car la voix la plus détestable est bien celle des ânes » 49 , ce qui sous-entend que Dieu loue la belle voix. Si on prétendait que cela n’est permis que pour la récitation du Coran, alors le chant du rossignol serait interdit puisqu’il ne s’agit pas de Coran !
Aussi, s’il est licite d’écouter un son quelconque et sans signification, pourquoi serait-il illicite d’écouter une voix dont on tire sagesse et de justes enseignements ? « Il y a de la sagesse dans la poésie ! » [disait le Prophète  .]
Les considérations précédentes concernaient la beauté de la voix. D’un autre point de vue, la voix et le son peuvent être mélodieux et harmonieux. En fait, l’harmonie vient après la beauté, car combien de belles voix sortent de l’harmonie, et combien de voix harmonieuses sont déplaisantes !
Les sons harmonieux sont, selon leur provenance, de trois sortes. Ils peuvent provenir d’objets inanimés comme les flûtes, les cordes, le son produit par une baguette, le tambour et autres. Ils peuvent aussi être émis par le larynx d’un corps animé comme celui de l’homme ou autre animal pareil au rossignol, à la tourterelle et aux oiseaux qui roucoulent. Ces sons ne sont pas seulement beaux, mais si harmonieux et rythmés que les auditeurs en tirent un réel plaisir ; ces sons sont produits par la gorge de créatures animées. Les instruments à vent reproduisent les sons de la gorge. L’art tente ici d’imiter les choses créées. D’ailleurs, toutes les œuvres fabriquées par les artisans et les artistes sont nécessairement une copie de la création produite par Dieu. C’est ce modèle [divin] qui inspire les artisans, et qu’ils tentent d’imiter. Mais il serait trop long d’expliquer cet aspect.
Ecouter ce genre de sons ne saurait être interdit en raison de leur beauté ou de leur harmonie. Du reste, nul n’est allé jusqu’à interdire le chant du rossignol ou des autres oiseaux ! Il n’y a aucune différence entre une gorge et une autre, ni entre un corps inanimé et un autre animé. C’est pourquoi l’analogie s’applique ici, entre le son produit par le rossignol et ceux qui sont produits par l’ensemble des corps, et en particulier les sons produits par le larynx de l’être humain, par une baguette, un tambour, un tambourin, etc.
Cette analogie ne peut toutefois être valable pour les instruments à vent ni pour les instruments à cordes, dont la Loi religieuse interdit clairement l’usage. Mais s’ils sont interdits, ce n’est pas parce qu’ils procurent du plaisir, autrement il aurait alors été légitime de faire l’analogie avec tout ce qui procure du plaisir à l’homme. En fait, quand le vin a été prohibé en raison de l’addiction qu’il suscite chez l’homme, on a même songé, au début, à briser les jarres conçues pour contenir le vin. L’interdiction a ainsi été étendue aux signes par lesquels se distinguent les consommateurs de vin, dont justement les instruments à cordes et à vent. Aussi l’interdiction frappant les instruments à cordes et à vent est-elle une conséquence de l’interdiction du vin, de la même façon qu’il est interdit à l’homme de s’isoler en compagnie d’une femme qui ne serait pas sa parente, car cette situation est le prélude d’un rapport illicite. Tout comme il est interdit de regarder la cuisse [d’une femme] du fait qu’elle est proche des parties intimes. La consommation d’une faible quantité de vin, même si cela ne conduit pas à l’ivresse, est aussi prohibée du fait qu’elle incite à en consommer davantage.
Tout interdit est entouré d’une enceinte sacrée : l’interdiction s’applique aussi bien à la chose prohibée qu’à ce qui l’entoure et la contient. Et cela, afin que l’enceinte qui l’entoure soit un bouclier et une barrière qui empêche quiconque d’y accéder, conformément à cette parole de l’Envoyé de Dieu  : « Tout roi possède son enceinte, l’Enceinte de Dieu, ce sont Ses interdits . » 50 Les instruments à cordes et à vents sont donc interdits en tant que conséquence de la prohibition du vin, et ce, pour trois raisons.
La première est que leur usage incite à boire du vin, car on prend plus de plaisir à écouter ces instruments de musique en consommant du vin. C’est aussi pourquoi l’absorption d’une petite quantité de vin est interdite. La deuxième raison est que ces instruments rappellent les rassemblements complices des buveurs. Or, c’est le souvenir qui pousse au désir, lequel, lorsqu’il augmente, incitera à passer à l’acte. Voilà pourquoi il est « interdit de faire fermenter les dattes dans un récipient goudronné, une jarre en verre ou un récipient en bois de palmier » 51 : ces récipients étaient à l’origine réservés à cet usage, et le simple fait de les voir rappelle le vin. Toutefois, cette deuxième raison diffère de la première du fait qu’elle ne prend pas en considération le plaisir ; en effet, le fait de voir des récipients ne procure aucun plaisir mais suscite plutôt le souvenir [qui, lui, chatouillera le désir]. Aussi, si la musique rappelle le vin chez un individu qui a tendance à associer les deux choses, il incombe alors d’interdire à cette personne de l’écouter pour la raison que nous venons de mentionner. La troisième raison pour laquelle l’usage des instruments à cordes et à vent est interdit, c’est que les débauchés ont pris l’habitude d’animer leurs réunions avec ces mêmes instruments ; or, il est interdit d’imiter leur comportement car celui qui cherche à ressembler à tel ou tel groupe doit être considéré comme l’un de ceux qui les composent. Aussi pensons-nous qu’il faut renoncer à toute [mauvaise] habitude dès lors qu’on la retrouve chez ceux qui innovent en matière religieuse, de crainte d’être assimilé à eux.
C’est pour une raison similaire que l’usage de battre la kûba (instrument de forme plutôt longue, fin au milieu, et dont les extrémités sont larges) est interdit. Ce sont les hommes efféminés ( al-mukhannathîn ) qui ont l’habitude d’en jouer. Si cet instrument n’avait pas été associé à ces derniers, il n’aurait pas été interdit, car il n’est pas si différent des tambours utilisés durant les pèlerinages et les batailles. Pour cette même raison encore, nous disons que si des personnes se réunissent dans un lieu qu’elles décorent et où les coupes et les verres sont remplis de sakanjabayn 52 par un serveur qui circule autour des convives, et qu’ils se saluent [de manière indécente] et échangent des propos immodérés, alors, même si cette boisson est licite, ce genre de réunion leur est interdit, car leur attitude ressemble à celle des débauchés. C’est aussi pour une raison de ce genre qu’il est interdit aux hommes de porter la qabâ’ 53 et de se raser la tête en ne laissant qu’une touffe de cheveux, dans les pays où le port de la qabâ’ est associé à la corruption des mœurs, alors que dans d’autres, comme en Transoxiane, ce sont au contraire les gens vertueux qui portent ce genre de manteau.
Tout cela explique pourquoi il faut proscrire la flûte irakienne et tous les instruments à cordes comme le luth, la harpe persane, le rebab, la lyre persane et autres instruments. Toutefois, d’autres instruments de musique ne tombent pas sous le coup de l’interdiction, comme le fifre des bergers et des pèlerins, le battement du tambour, la baguette et tous les instruments qui produisent un son agréable, harmonieux, à l’exception des instruments utilisés par les buveurs de vin. Car la musique de ces instruments n’a aucune relation avec le vin, n’en évoque pas le souvenir, n’en suscite pas le désir, et ne donne pas non plus envie de ressembler aux buveurs de vin. Ces instruments n’ont donc rien à voir, de près ou de loin, avec cette boisson ; en vertu de l’analogie qui existe entre eux et le chant des oiseaux et autres, ils sont donc, en principe, licites. J’ajoute qu’il devrait néanmoins être illicite d’écouter la musique d’un instrument à cordes quand elle est jouée par un musicien qui produit des fausses notes et une mélodie désagréable.
De ce qui précède, il apparaît donc que la cause de l’interdiction n’a rien à voir avec le plaisir agréable qui en découle car l’analogie autorise toutes les bonnes choses, sauf celles qui risquent de contribuer à la dépravation des mœurs. Dieu affirme en effet : « Dis : “Qui donc déclare illicites les parures que Dieu a produites pour Ses serviteurs, et les bonnes nourritures qu’Il a dispensées ?” » 54
Ces sons ne sont pas interdits en raison de leur harmonie mais pour une raison accidentelle, en raison des conséquences qu’ils impliquent. Nous aurons l’occasion de revenir sur ce point par la suite.
[Après les sons agréables et harmonieux,] une troisième catégorie à distinguer concerne les sons à la fois harmonieux et porteurs de sens. C’est le cas, en particulier, de la poésie ( al-shi‘r ), qui ne peut être produite que par l’homme, et qui doit sa licéité au fait d’être plus compréhensible que les autres sons produits. En effet, le discours intelligible n’est pas illicite de même que le son agréable et harmonieux : si chacun, pris séparément, ne présente rien d’illicite, il n’y a aucune raison d’interdire le son qui présente les deux aspects. Evidemment, il faut examiner le contenu de ce qui est communiqué de cette manière. Si le contenu présente quelque chose de répréhensible, alors son expression tombe sous le coup de l’interdiction, qu’il s’agisse de poésie ou de prose, avec ou sans musique. Ce qu’a dit [l’imam] al-Shâfi‘î à ce sujet est vrai : « La poésie est un discours [sensé] ; si le contenu de ce discours est bon, elle sera bonne, s’il est mauvais, elle le sera aussi. »
Si le contenu d’une poésie déclamée sans musique est licite, alors sa récitation accompagnée de musique l’est aussi. Car si ces deux choses sont licites séparément, elles le sont aussi lorsqu’elles sont combinées. Lorsqu’une chose licite est combinée à une autre tout aussi licite, le résultat ne peut être lui aussi que licite, sauf dans le cas où cette combinaison donne lieu à quelque chose d’illicite, même si les deux choses prises séparément ne l’étaient pas avant. Ce qui n’est pas le cas ici.
Comment peut-on dénigrer la récitation de la poésie alors qu’on a déclamé des vers en présence de l’Envoyé de Dieu 55 , et qu’il a dit : « Certes, il y a de la sagesse dans certaines poésies. » 56
Par ailleurs, [la Mère des Croyants] ‘A’isha (que Dieu soit satisfait d’elle) a récité les vers suivants :

Les meilleurs, à l’ombre desquels on vivait, ont disparu
Et je suis demeurée après eux telle la peau du galeux ! 57
Il est rapporté dans les deux recueils de traditions authentiques [compilés par Bukhârî et Muslim] que ‘A’isha (que Dieu soit satisfait d’elle) a dit : « Lorsque l’Envoyé de Dieu  arriva à Médine et qu’Abû Bakr et Bilâl (que Dieu soit satisfait d’eux) étaient fiévreux, après que la ville fut frappée d’épidémie, je demandai alors de leurs nouvelles. Malgré la fièvre, Abû Bakr répondit par ces vers :

Chaque homme s'éveille au matin près des siens,
Alors que la mort est plus proche de lui que le lacet de sa chaussure !
Lorsque la fièvre l’épargnait, Bilâl déclamait en haussant le ton de sa voix mélodieuse :

Ah, puissé-je savoir si je passerai la nuit
dans une vallée entourée de Idhkhir et de Jalîl
Et puissé-je revenir un jour aux sources de Majanna
et revoir apparaître Shâma et Tafîl ! 58
‘A’isha termine ainsi son récit : « J’en informai l’Envoyé de Dieu  qui dit alors : “ Ô mon Dieu, fais-nous aimer Médine autant que La Mecque ou davantage ! ” »
Durant la construction de la Mosquée de Médine, l’Envoyé de Dieu  transportait lui aussi des briques avec les autres en récitant ces vers :

Ces produits portés ne sont pas les fruits de Khaybar,
Ce sont ceux que notre Seigneur a acceptés et purifiés !
A une autre occasion, il a dit aussi :

Ô mon Dieu, la vie véritable est la vie de l’Au-delà ! 59
Répands Ta Miséricorde sur les Ansâr et les Muhâjirîn. 60
Ces traditions sont rapportées dans les deux recueils susmentionnés. On sait que le Prophète  faisait préparer une chaire pour Hasân [b. Thâbit] 61 sur laquelle ce dernier se dressait pour déclamer des vers à la gloire de l’Envoyé de Dieu  ou pour le défendre. Le Prophète  a dit à son sujet : « En vérité, Dieu soutient Hasân par l’Esprit de sainteté ( rûh al-quds ) 62 tant qu’il loue et défend l’Envoyé de Dieu  ! » 63
Et lorsque Nâbigha 64 récita une poésie devant lui, l’Envoyé de Dieu  lui dit : « Que Dieu protège ta bouche [contre tout mal] ! » 65

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