Les fêtes de pèlerinage dans la tradition juive
105 pages
Français

Vous pourrez modifier la taille du texte de cet ouvrage

Obtenez un accès à la bibliothèque pour le consulter en ligne
En savoir plus

Les fêtes de pèlerinage dans la tradition juive

-

Obtenez un accès à la bibliothèque pour le consulter en ligne
En savoir plus
105 pages
Français

Vous pourrez modifier la taille du texte de cet ouvrage

Description

Trois fois l’an, les juifs célèbrent les fêtes de pèlerinage. Elles constituent des temps bien particuliers dans l’année et plongent leurs racines dans l’antique histoire d’Israël. Pessa’h, fête du printemps, célèbre l’avènement de la nation juive sur la scène de l’histoire. Cinquante jours plus tard, Chavou’ot marque le don de la Torah sur le mont Sinaï. Enfin, Soucot, convocation d’automne, rappelle la miraculeuse traversée du désert par les enfants d’Israël. Chacune de ces fêtes renvoie à des événements fondateurs de l’être juif.
La législation relative aux fêtes de pèlerinage occupe une place importante dans la littérature rabbinique. Les lois y sont minutieusement étudiées. Leur sens et leur explication morale et éthique y sont explicités. À chaque génération, les Maîtres du judaïsme ont révélé des significations spécifiques aux règles bibliques de sorte que des rites âgés de plus de trois mille cinq cents ans font toujours sens aujourd’hui. Les fêtes de pèlerinage expriment la profonde quête de sens qui anime la conscience. Inspirant de nombreuses pensées pour panser les blessures de notre société moderne, elles sont orientées vers le passé tout en appelant à bâtir l’avenir des hommes sur les fondements de la reconnaissance et de l’harmonie.

Sujets

Informations

Publié par
Nombre de lectures 0
EAN13 9782130791713
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0075€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Jacky Milewski
Les fêtes de pèlerinage dans la
tradition juive
Copyright
© Presses Universitaires de France, Paris, 2011
ISBN papier : 9782130582007 ISBN numérique : 9782130791713
Composition numérique : 2016
http://www.puf.com/
Cette œuvre est protégée par le droit d’auteur et strictement réservée à l’usage privé du client. Toute reproduction ou diffusion au profit de tiers, à titre gratuit ou onéreux, de tout ou partie de cette œuvre est st rictement interdite et constitue une contrefaçon prévue par les articles L 335-2 et suivants du Code de la propriété intellectuelle. L’éditeur se réserve l e droit de poursuivre toute atteinte à ses droits de propriété intellectuelle d evant les juridictions civiles ou pénales.
Présentation
Trois fois l’an, les juifs célèbrent les fêtes de p èlerinage. Elles constituent des tem ps bien particuliers dans l’année et plongent le urs racines dans l’antique histoire d’Israël. Pessa’h, fête du printem ps, célè bre l’avènem ent de la nation juive sur la scène de l’histoire. Cinquante jours p lus tard, Chavou’ot m arque le don de la Torah sur le m ont Sinaï. Enfin, Soucot, c onvocation d’autom ne, rappelle la m iraculeuse traversée du désert par les enfants d’Israël. Chacune de ces fêtes renvoie à des événem ents fondateurs de l’être juif. La législation relative aux fêtes de pèlerinage occ upe une place im portante dans la littérature rabbinique. Les lois y sont m in utieusem ent étudiées. Leur sens et leur explication m orale et éthique y sont e xplicités. À chaque génération, les Maîtres du judaïsm e ont révélé des significations spécifiques aux règles bibliques de sorte que des rites âgés de plus de trois m ille cinq cents ans font toujours sens aujourd’hui. Les fêtes de pè lerinage exprim ent la profonde quête de sens qui anim e la conscience. Ins pirant de nom breuses pensées pour panser les blessures de notre société m oderne, elles sont orientées vers le passé tout en appelant à bâtir l’ avenir des hom m es sur les fondem ents de la reconnaissance et de l’harm onie.
T a b l e
Avant-propos(Hervé Landau)
d e s
Les grandes fêtes juives de pèlerinage
Introduction
m a t i è r e s
Les textes fondamentaux de la Torah écrite : la convocation
1. Les passages relatifs aux trois fêtes dans l’Exode ou Les préambules à la convocation 2. Les passages relatifs aux trois fêtes dans le Lévitique ou La convocation dans le temps 3. Les passages relatifs aux trois fêtes dans les Nombres ou Le temps des offrandes 4. Les passages relatifs aux trois fêtes dans le Deutéronome ou La convocation dans l’espace
Les textes fondamentaux de la Torah orale : la signifiance
1. La prescription biblique d’apparaître devant Dieu aux trois fêtes de pèlerinage (‘Haguiga2a). 2. Les fêtes de pèlerinage ou L’harmonie de la nation (‘Haguiga26a) 3. La législation des jours chômés (Betsa36b, Talmud de JérusalemBetsa1, 10) 4. La législation des jours mi-profanes, mi-sacrés (‘hol hamoëd) (‘Haguiga18a) 5. Les fêtes de pèlerinage ou Trois convocations devant la justice (Roch Hachana 16a) 6. La veille de la fête de Pessa’h ou La préparation à la fête (Michna Pessa’him10, 1)
7. La cabane de Soucot ou La hauteur de lasouca(Souca2a) 8. Modalités d’accomplissement de l’injonction du bouquet de Soucot ou En souvenir du Temple (Souca41a) 9. Le statut autonome de Chemini ‘Atséret ou L’autonomie d’une fête (Souca 48a)
10. L’emploi du temps des jours chômés et la particularité de Chavou’ot (Pessa’him68b) 11. Le deuxième jour de fête pour les exilés (Michna Roch HachanaII,Betsa4b)
Les textes du Moyen Âge : la rencontre
1. La prescription de se réjouir (Maïmonide,Rabbénou Be’hayé,Rachi, Tossafistes) 2. Le pèlerinage au Temple de Jérusalem (Séfer ha’Hinoukh, Abarbanel, Nahmanide,Rachbam,Sforno) 3. L’interdit de travailler durantyom tov(Maïmonide,Séfer ha’Hinoukh)
4. Interprétations de l’injonction du bouquet de Soucot (Rabbénou Be’hayé)
5. Le pain azyme, les herbes amères et la cabane (Maïmonide,Rachbam)
Les textes de la Renaissance à l’époque moderne : la pédagogie
1. Les fêtes de pèlerinage ou Aux fondements de la croyance d’Israël (Rav Hirsch) 2. Les fêtes de pèlerinage ou Des cheminements de vie (Sefat Emet)
3. La définition du pèlerinage ou L’essence de l’éducation (RabbiMéïr Sim’ha de Dvinsk,RavHirsch,Ketav Sofer)
4. La visite au Maître ou La fête de pèlerinage entre la néoménie et le chabbat (Rabbid’Izbitsia) 5. Les quatre coupes de vin de la soirée pascale (Maharalde Prague) 6. Le deuxième jour de diaspora (RavHirsch)
Approche concrète : la symbolique des choses et des gestes
1. Un bouquet symbolique ou Des fruits et des patriarches 2. Le récit de lahagada: quatre fils en un !
3. La soirée pascale ou Une autre dimension de la nourriture (F. Rosenzweig)
4. La veillée de Chavou’ot
5. La fête du champ
Positionnement contemporain : l’image
1. Le regard et l’image
2. Les saisons de la vie ou Un autre regard sur la vieillesse
3. Une identité et un patrimoine à faire vivre ou Le passé qui demande à exister 4. Politique, Catégorie Professionnelle et Esthétique
Bibliographie
Avant-propos
Hervé Landau
e concept de la collection « Lectures du judaïsm e » vise une triple rupture L pour l’écriture francophone sur les grands thèm es d u judaïsm e. La prem ière rupture concerne ses auteurs. La deuxièm e touche à ses contenus, à la m anière de les choisir et de les traiter. La tro isièm e renvoie au form at d’écriture adopté, encore inédit pour de tels sujet s.
Ainsi l’am bition de cette collection consiste-t-ell e, en prem ier lieu, à prom ouvoir la créativité et à étendre son cham p, en favorisant l’ém ergence d’une nouvelle génération d’auteurs qui ne soient d e purs produits d’aucune corporation ou d’aucun « establishm ent » en particu lier. Bénéficiaires de form ations et d’expériences leur procurant toute la légitim ité nécessaire, leurs parcours sont divers. Tantôt de form ations universi taires, tantôt de form ations rabbiniques ou talm udiques du plus haut niveau, sou vent de form ations com posites, ils sont aussi tout sim plem ent de grand s érudits, form és par la tradition orale de m aîtres qui leur ont transm is de s clés. Ils s’inscrivent donc dans cette longue chaîne de transm ission qui, confo rm ém ent à l’usage plurim illénaire de la tradition, assure la pérennit é du peuple juif au-delà des vicissitudes de l’Histoire.
Ensem ble, ces auteurs reflètent le bouillonnem ent l e plus pur de la lecture du e judaïsm e et de ses textes en ce début de XXI siècle. Ensem ble, ils apportent une m ise à jour de la pensée juive francophone, de son approche, de son langage. Ils exercent ce talent tant par la structu ration que par la form ulation ou encore, plus fondam entalem ent, par la traduction conceptuelle m oderne d’une pensée ancienne au fonds toujours plus actuel . Ensem ble, ils incarnent le renouvellem ent perm anent dont est porteuse la pe nsée talm udique qui, fondée sur une pensée générique au potentiel illim i té, a pour vocation de s’incarner à nouveau, en chaque génération, par une traduction pertinente de ses concepts et de son langage au m om ent et dans l’espace où elle s’exprim e.
C’est la raison pour laquelle ces auteurs nous para issent les m ieux placés pour générer la deuxièm e rupture apportée par la présent e collection. Renouveler les contenus, non sur le plan de l’idée élém entaire qui reste im m uable, m ais plutôt sur celui de leurs dim ensions appliquées aux problém atiques et aux langages d’une époque qui se vit au rythm e de m utat ions extrêm em ent rapides, brutales et troublantes. De tels boulevers em ents n’épargnent aucun recoin de notre construction sociale, m entale et sp irituelle. Il s’agit donc de
réinvestir aujourd’hui des concepts qui, dans un m o nde se pensant essentiellem ent en term es de valeurs ajoutées finan cières, de com m unication virtuelle, de m ondialisation, de dérégulation et de cultures si plurielles qu’on peine à en identifier les contours, perdent progres sivem ent tout support de com préhension, d’identification, d’approfondissem en t et de partage. Quelle place laissons-nous encore à Dieu entre inform atiqu e et nanotechnologies ? Que signifie le m iracle dans un univers où les enfa nts possèdent un téléphone portable dès l’école prim aire, alors que des bam bin s enseignent à leurs parents com m ent surfer sur Internet ? L’idolâtrie r evêt-elle encore la m oindre signification dans un m onde où tout est devenu obje t m ais où l’objet, de surcroît, est avant tout jetable ? Que peut encore signifier la prière dans un univers de com m unication à outrance, lorsque l’hom m e ne prend plus ne serait-ce que le tem ps de s’écouter lui-m êm e ? Cert ains thèm es doivent être entièrem ent repris, telles des boîtes de Pandore qu ’on n’aurait plus ouvertes depuis des générations. D’autres doivent être refor m ulés selon une grille de lecture conceptuelle qui corresponde à nos référenc es m entales présentes. D’autres enfin sont à clarifier, à confronter à des situations nouvelles que ceux qui nous ont précédés ne sem blent pas avoir connues .
La troisièm e rupture de cette collection consiste e n l’adoption, m algré le caractère très précis des sujets abordés et de la c onnaissance déployée, d’un form at com pact et d’une structure générale de rédac tion uniform e. Sans que la chronologie des événem ents ne puisse constituer le facteur explicatif dom inant, cette structure vise à faire vivre le suj et au lecteur par la découverte des strates successives de la pensée tal m udique pour la problém atique considérée, telles qu’elles se sont c ristallisées au fil du tem ps et des réalités de l’histoire juive. Ces deux critères perm ettront au lecteur de s’approprier aisém ent la dém arche par laquelle les auteurs couvrent leur sujet selon une chronologie des idées récurrente d’un ouv rage à l’autre. Dans la tradition des « Que sais-je ? » initiée par les PU F, notre désir a été que le lecteur se sente « à la m aison » lorsqu’il se saisit d’un volum e de la collection.
Les grandes fêtes juives de pèlerinage
Parm i les événem ents qui, chaque année, m arquent le calendrier juif et ses célébrations, les trois grandes fêtes de pèlerinage s’inscrivent en gros plan, m algré quelques difficultés m ajeures à s’insérer da ns notre réalité contem poraine. Fondées sur les concepts de « m ontée à Jérusalem » et de rencontre de l’hom m e avec Dieu « en l’endroit qu’Il a choisi » pour rayonner de m anière plus explicite, elles se vivent aujourd’ hui au cœur d’un exil aussi
spirituel que m atériel. Mêm e après l’édification de l’État d’Israël, Sion n’a pas retrouvé, à ce jour, la splendeur religieuse et spi rituelle qui découlait de l’expression divine au grand jour. Le Mont du Tem pl e, bien que respecté, reste sous gestion laïque. Aucun prophète n’est là pour c om m uniquer la vision d’un Dieu qui, m êm e pour ceux dont la foi reste inébranl able, ne se m anifeste que de m anière discrète et codée.
Pourtant, à l’approche de la Pâque, les juifs s’act ivent dans le m onde entier pour éradiquer le levain des m aisons et préparer le pain azym e dans les règles les plus strictes. Au prem ier soir de cette célébra tion, c’est avec le plus grand sérieux qu’ils envisagent que le m essie puisse chan ger la face d’un m onde qui se perd. Lorsqu’à l’autom ne arrive la fête de Souco t, on voit pousser des cabanes traditionnelles com m e des cham pignons, de M anhattan à Sydney, de Paris à Moscou. Les scientifiques les plus évolués, les plum es les plus fines, financiers et gens de culture, de loi ou d’ingénier ie, n’éprouvent aucune gêne à se rem ettre tous ensem ble en situation, com m e il y a trois m ille ans dans le désert égyptien. Tous reprennent les branches de pa lm ier, de m yrte, de saule, le cédrat, tel que le m arquaient les juifs de la te rre au tem ps de la splendeur du Tem ple. Décalages et anachronism es apparents n’effr aient personne. Ils ne sont pourtant ni sots, ni schizophrènes. Ils ont si m plem ent com pris qu’au-delà du prem ier degré historique d’actes autrefois harm o nisés avec leur environnem ent, les couches souterraines de ces usag es renferm aient une infinité de sens, un potentiel de régénération perm anente de l’être. Il leur est devenu clair que, tout en conservant le lien avec l a continuité historique de la chose, la pertinence de son im m édiateté ne pouvait pas, seule, déterm iner sa perpétuation et la poursuite de sa pratique.
Cependant, pour restituer un tel sentim ent, il étai t nécessaire de raviver la flam m e portée par tant de petits actes qui, ensem bl e, cristallisent une culture plus globale de la rencontre avec le divin. Pour ab outir dans ce partage, il était égalem ent vital de trouver les m ots et les concepts justes, audibles pour une époque et une civilisation qui ne prennent m êm e plu s la peine de la critique ou du m épris, tant la préoccupation de soi, et rien que de soi, y est devenue prédom inante.
C’est ce que propose avec une grande finesse le pré sent ouvrage du rabbin Jacky Milewski.
Introduction
On pourrait caractériser le rituel juif comme l’art des formes symboliques dans le temps, comme une architecture du temps. La plus grande partie de nos rites – chabbat, néoménie, fêt es, années sabbatique et jubilaire – reposent sur une heure de la journée bien déterminée, ou sur une saison de l’année. Par exemple, le soir, le matin et l’après-midi nous appellent à la prière. Les principaux thèmes de la foi sont au royaume du temps. Nous nous souvenons d u jour de la sortie d’Égypte, du jour où Israël se tint au pied du Sinaï, et notre espoir messianique est l’attente d’un jour, de la fin des jours.
’est dans ces term es qu’Abraham Heschel parle du te m ps hébraïque dans C son bel ouvrageLes bâtisseurs du temps[1].
Si la notion d’architecture se rattache au tem ps, n ul doute que les trois fêtes de pèlerinage, Pessa’h (la Pâque), Chavou’ot (fête des « Sem aines » ou Pentecôte) et Soucot (fête des Cabanes ou des Tabernacles), co nstituent les fondations de l’édifice tem porel d’Israël. Si le texte biblique d ésigne ces fêtes par le term e de réguel[2]ent « pied », c’est afin de nous enseigner, explique le, littéralem Rabbi de Kotzk[3], que de m e le fondem ent de l’h êm e que le pied form deom m e, m êm e les jours de fête représentent les fondations des jours à venir. C’est dire com bien la tradition juive perçoit en ces fêtes des dates déterm inantes.
Déterm inantes, elles le sont aussi par leurs signif ications respectives. Au-delà des célébrations agricoles qu’elles constituent, el les sont essentiellem ent le rappel vivant des étapes de la naissance du peuple hébreu et de son apparition sur la scène de l’histoire[4]la sortie d’Égypte (Pessa’h), le don de la Torah : (Chavou’ot), les quatre décennies de pérégrination dans le désert qui précédèrent l’entrée en terre prom ise (Soucot). Ces fêtes évoquent aussi l’hum anité d’Israël : son accession à la dignité d’ hom m es libres avec la fin de sa servitude, sa présence lors de la révélation de Dieu sur le Sinaï et son acquisition de la certitude que la vie a un sens, s on passage dans une contrée aride où seule la Providence a pu le sauver… Nous c om prenons dès lors com bien ces fêtes ont m arqué et façonné la conscien ce juive.
Pessa’h, Chavou’ot et Soucot sont des fêtes de pèle rinage. À l’époque du Tem ple de Jérusalem , le peuple m ontait en m asse vers la Vi lle sainte pour célébrer l’événem ent. Conform ém ent à l’ordonnance biblique[5], les juifs y offraient différents types d’offrandes et s’y réjouissaient. Ces fêtes étaient l’occasion de grands rassem blem ents pour la nation.
Pessa’h, Chavou’ot et Soucot com ptent aussi desyamim tovim, littéralem ent de
  • Accueil Accueil
  • Univers Univers
  • Ebooks Ebooks
  • Livres audio Livres audio
  • Presse Presse
  • BD BD
  • Documents Documents