Les Histoires des Prophètes - Issa
75 pages
Français

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Les Histoires des Prophètes - Issa

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Description

Sa première rencontre avec Al Bouraq au musée du Louvre a laissé à François un souvenir impérissable. Alors quand il se retrouve seul un soir, dans sa chambre, il se souvient qu'il lui suffit de penser très fort à son amie ailée et de chuchoter trois fois son nom pour qu'elle réapparaisse. C'est donc ce qu'il se décide à faire, afin qu'Al Bouraq lui raconte l'histoire du prophète Issa.

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Informations

Publié par
Date de parution 01 mars 2017
Nombre de lectures 54
EAN13 9791022501910
Langue Français
Poids de l'ouvrage 5 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,035€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

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Tous droits de reproduction, d’adaptation ou de traduction par quelque
procédé que ce soit, sont réservés pour tous les pays à l’Éditeur.
© Dar Albouraq
1435-2014
ISBN 979-1-02250-002-9
EAN 9791022500029
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Les Histoires des Prophètes
ISSA
Texte Sadek Maata
Illustrations E. Cerisier
      PRÉAMBULE
Depuis sa première rencontre avec Al-Bouraq au musée du Louvre, François ne cessait de penser à cette créature qu’il trouvait merveilleuse, d’autant qu’elle ressemblait à sa maman. Pour pouvoir la revoir, il pensa donc très fort à elle et chuchota son nom par trois fois, comme elle le lui avait conseillé lors de sa précédente visite. Elle apparut alors dans un nuage merveilleux, et son apparition fut immédiatement suivie d’une fascinante mélodie. Le cheval ailé à tête de femme se révéla enfin dans toute sa splendeur, sorti de nulle part.
François, qui n’était décidément pas habitué à pareil spectacle, sentit son cœur battre la chamade. Al-Bouraq, saisissant son émoi, lui sourit, ce qui la rendit encore plus magnifique et qui rassura le jeune garçon.
— Bonjour, François, dit-elle de sa jolie voix avec un sourire avenant. Je suis contente de te revoir.
— Bon… bonjour, madame, répondit François, rougissant et balbutiant.
— Aurais-tu besoin de moi, mon très cher François ?
— Euh… oui.
— Ma venue t’aurait-elle fait peur ?
— Un peu, madame !
— Il faudra pourtant t’y habituer, mon garçon. C’est mon mode d’expression et tu sais que lorsque l’on traverse le temps et l’espace comme je le fais à une grande vitesse cela ne peut qu’entraîner des phénomènes lumineux et acoustiques comme ceux que tu as vus et entendus. C’est le prix à payer pour sortir de l’ordinaire, du commun. Alors, mon enfant, que me veux-tu ?
— Vous aviez promis, après l’histoire de Muhammad, de me raconter celle du prophète Jésus, que les musulmans appellent Issa. D’autant que ma famille est chrétienne, de tendance catholique romaine. Voilà pourquoi j’aimerais l’entendre.
— Tu as bien fait, mon garçon, et tu as frappé à la bonne porte, si je puis dire. Je vais te la rapporter.
Al-Bouraq s’assit, replia ses délicates jambes qu’elle couvrit de ses ailes, et s’assit en s’appuyant sur un côté, redressant la tête de façon élégante et altière. Après s’être éclaircie la voix, elle commença :
— Ouvre bien grand tes oreilles car cette histoire est aussi merveilleuse que la précédente.
— Je vous écoute attentivement, madame, répondit François, fasciné.
— Fort bien.
L’enfant s’installa confortablement sur son lit, et se laissa emporter par les paroles enchanteresses d’Al-Bouraq.
— Avant toute chose mon garçon, dit-elle, sache que l’islam respecte tous les prophètes, sans exception. Et même si juifs et chrétiens ne reconnaissent pas Muhammad, les musulmans croient en Moïse et Jésus. Car à défaut, ils n’appartiendraient plus à la communauté des croyants. Je fonde mes dires sur ce qui est écrit dans le Coran :

« Dites (ô musulmans) : nous croyons en Allah, à ce qui nous est révélé, à ce qui fut révélé à Abraham , à Ismaël, à Isaac, à Jacob et à leurs enfants, à ce que Moïse, Jésus et les prophètes ont reçu de leur Seigneur. Nous ne faisons pas de différence entre eux et nous sommes résignés aux volontés de Dieu (1) . »
— Donc, si j’ai bien compris madame, Issa aurait autant d’importance chez les musulmans que Muhammad ?
— C’est parfaitement exact.
— D’ailleurs pour te convaincre, sais-tu combien de fois le nom de Jésus est cité dans les quatre Évangiles ?
— Un nombre important de fois sûrement mais… je ne sais pas exactement combien.
— Huit cent soixante-dix-sept fois, très précisément.
— Ah bon ? Autant que ça !
— Oui.
— Donc, je suppose que dans le Coran, celui de Muhammad est encore plus cité ?
— Eh bien, tu te trompes lourdement, mon cher François. Il n’y est cité que quatre fois. Et une seule fois, sous le nom d’Ahmed.
— Alors, le nom de Jésus doit être inexistant si celui de Muhammad n’est cité que quatre fois ?
— Là encore, tu te trompes. Car Issa est mentionné vingt-cinq fois.
— Quoi ? Vous voulez dire que le Coran cite six fois plus le nom de Issa que celui de Muhammad ?
— Eh oui ! Et celui de Moïse apparaît cent trente-six fois.
— Si je ne l’entendais de votre bouche, je ne pourrais le croire ! Il est tout de même extraordinaire de voir que le Livre saint de l’islam s’exprime plus sur les autres prophètes que sur celui des musulmans.
— Je te l’accorde ! Mais tu comprends maintenant que cela ne laisse plus de doute sur le fait que l’islam traite tous les prophètes de la même façon.
— En effet.
— Alors revenons à notre histoire.
— Je vous écoute madame.
— Merci.
UNE FAMILLE SOUS ÉTROITE SURVEILLANCE
« En Palestine, débuta-t-elle, dans cette terre si riche, tellement chargée d’histoire, était une femme appelée Maryam, et que vous, chrétiens occidentaux, désignez sous le prénom de Marie.
— Pardon madame, dit François, coupant brutalement la parole à Al-Bouraq. Bien qu’intéressante, puisque je l’ai lue au cours du catéchisme, je ne voulais pas connaître la vie de Marie, mais celle de Jésus.
— J’entends bien, mon garçon. Seulement, il faut que tu saches que la vie de Jésus est intimement liée à celle de sa mère. Toutes les deux sont indissociables, et tu verras pourquoi. En outre, tu comprendras que le Coran accorde une très grande importance à la femme puisque Maryam est l’un des êtres les plus respectés de la création. D’ailleurs, Ali Ibn Abou Talib le rappelle quand il raconte : « J’ai entendu le Prophète dire que la meilleure femme de son époque est Marie, la fille d’Imran et la meilleure femme de son époque est Khadîdja, la fille de Khuwaylid (2) . »
— Ah…Pardon de vous avoir interrompue. Je pensais que j’avais mal exprimé ma demande et que vous l’aviez mal comprise. Mais que signifie son nom ? Je veux dire, que signifie le prénom « Maryam » exactement ?
— Ce prénom signifie « servante du temple, de Dieu », tout simplement. Et tu vas très vite comprendre pourquoi.
— Merci, madame.
Al-Bouraq eut un sourire dévoilant une dentition parfaitement bien agencée et tellement blanche qu’il en émanait une brillance lui donnant encore plus de charme. Elle continua.
« Maryam était la fille d’Imran (3) , grand prêtre des juifs en son temps (4) et de Hannah (5) . Le couple était âgé (6) et ne pensait pas avoir un enfant un jour. Seulement une fois, Hannah découvrit un joli petit nid et vit l’oiseau s’affairant à nourrir ses oisillons. Elle en fut alors très touchée et un sentiment profond, qu’elle avait réprimé depuis de longues années, refit surface. Elle voulait un enfant, tout en sachant pertinemment qu’elle était stérile  (7) . Mais Hannah était aussi une femme très pieuse. Aussi invoqua-t-elle son Seigneur, le Créateur de l’univers. Elle le pria avec tellement de dévotion, d’amour et de soumission, elle l’invoqua avec une si grande ferveur et le supplia avec une si grande générosité qu’elle promit de Lui vouer son enfant à naître.
Et Dieu accéda à sa requête.
Il entendit sa prière, et un beau jour, Hannah se trouva enceinte. Lorsqu’elle le découvrit, elle réitéra la parole donnée et Imran s’y associa (8) :
« Seigneur, je Te voue ce qui est dans mon ventre, libéré de toute autre attache. Agrée mon offrande. Tu es le parfait Audiant et le parfait Sachant. » (9)
Quelques mois plus tard, quand elle fut sur le point d’accoucher, les enfants d’Israël annoncèrent la naissance prochaine de celui qui serait un guide pour l’humanité, un Messie. Les prêtres du temple se mirent alors à trembler, craignant de perdre leurs privilèges, leur notabilité, et le pouvoir dont ils usaient et abusaient. Le roi Hérode lui-même s’inquiéta de cette naissance, car à coup sûr l’envoyé de Dieu lui ravirait son trône. Aussi plaça-t-il la famille d’Imran sous étroite surveillance.
Mais tous, hypocrites et fourbes, furent rassurés quand Hannah donna naissance à une fille.
« Puis, lorsqu’elle l’eut mise au monde, elle dit : « Seigneur, voilà que j’ai accouché d’une fille ; or Allah sait mieux ce dont elle avait accouché ! « Le garçon n’est pas comme la fille. Je l’ai nommée Maryam, et je la place, ainsi que sa descendance, sous Ta protection contre le Diable, le banni ». (10)
Dieu accepta l’offrande : « Son Seigneur, donc l’accueillit du meilleur accueil et la fit croître de la plus belle croissance… » (11)

La naissance de Maryam à la place du Messie tant attendu, entre autres pour délivrer les juifs de l’emprise de Rome, engendra l’inimitié de la population à l’égard de la famille d’Imran. Les moqueries fusèrent plus encore à l’encontre de Zakaria, dont on niait déjà la prophétie.
Pourtant, avec la naissance de Maryam, la Galilée devint un havre de paix, les récoltes furent meilleures, les chèvres donnèrent plus de lait, les moutons plus d’agneaux et cette contrée particulièrement déshéritée devint prospère. Maryam quant à elle, grandit et devint une enfant pleine de dévotion, priant le plus clair de son temps. Seulement, pour que Maryam soit vouée à Dieu comme l’avait promis sa mère Hannah, il fallait qu’elle serve au temple de Jérusalem. Or l’accès au Temple était absolument interdit aux femmes par les Béni-Israël. Y entrer, pour un individu censé être source de toutes les malédictions et de toutes les infamies, était impensable et même considéré comme un blasphème pouvant être puni de mort par lapidation. Hannah eut donc un grave problème à résoudre. Elle devait néanmoins honorer sa parole malgré l’interdit. C’est pourquoi, ayant perdu Imran avant la naissance de sa fille, elle se rapprocha de l’époux de sa sœur Élisabeth, le prophète Zakaria, père du prophète Yahya, qui devint le tuteur de Maryam.
« Et Il en confia la garde à Zacharie (12) . »
— Mais… Qui sont ces prophètes ?
— Ne t’inquiète pas ! Je t’en parlerais à l’occasion d’une autre rencontre, inchaAllah. Pour le moment, continuons ! Les prêtres, pensant que Zakaria avait un intérêt caché à la garde de Maryam, tentèrent de lui en ravir la tutelle. Aussi organisèrent-ils (13) un vote, sorte d’ordalie devant désigner à qui incomberait la responsabilité de Maryam. Les calames furent donc tirés au sort, et ceux-ci désignèrent Zakaria. Mécontents du résultat, les prêtres jetèrent leurs plumes dans l’eau, attendant que l’une d’elles refasse surface pour désigner son propriétaire comme vainqueur. Mais là encore, le miracle divin se produisit, et Zakaria remporta le second vote, puis le troisième. La tutelle échut donc à Zakaria, malgré la mauvaise foi flagrante de ses concurrents.

Il prit alors soin de sa protégée, lui apprit les Lois divines et l’instruisit. Lors des visites qu’il lui rendait, le Prophète ne cessait de voir les miracles s’accomplir autour de Maryam :
« Chaque fois que celui-ci entrait auprès d’elle dans le Sanctuaire, il trouvait à ses côtés de la subsistance. Il dit : « Ô Maryam, d’où te vient cette nourriture ? ». Elle dit : « Cela me vient d’Allah. Il donne certes la nourriture à qui Il veut sans compter (14) ». La nourriture était faite, le plus souvent, de fruits qui n’étaient pas de saison (15) .
Zakaria comprit que sa filleule et protégée ne pouvait être qu’une élue de Dieu. Et la suite ne fit que confirmer ses soupçons.
— Voulez-vous dire que le Livre des musulmans glorifie le nom de Marie ?
— En effet, et mieux encore, il lui dédie une sourate entière. Je vais néanmoins t’en apprendre davantage en t’expliquant ce qui est dit sur Maryam et sur la naissance de celui dont nous allons parler : Jésus.
— Oh oui ! Je suis impatient de savoir.
— Je continue donc. Maryam, jeune fille encore vierge, passait son temps à prier et à servir, résidant au sein du temple de Jérusalem dans une aile aménagée par son tuteur, le prophète Zakaria. Ce dernier s’était entendu avec les notables pour que Maryam puisse y être admise, mais à une condition. Il devait lui construire, de ses propres mains, un abri totalement isolé à l’intérieur de temple.
Un jour néanmoins, l’appel de Dieu se fit sentir avec une plus grande intensité. Maryam se retira du côté où se lève le soleil : « Elle étendit un voile entre elle et le monde (16) » . Dieu, dans Sa Grande Mansuétude, lui dépêcha un être baigné de Sa Lumière et de Sa Gloire éternelles, l’archange Gabriel, qui prit la forme d’un homme. « Nous lui envoyâmes Notre esprit, qui avait revêtu pour elle une forme humaine accomplie (17) » . La jeune femme, se retrouvant soudain seule dans le désert (18) en présence d’un étranger, prit peur. Elle ne craignit aucunement pour sa vie mais seulement pour la tentation qui peut saisir un être humain en présence d’une femme. Aussi appréhenda-t-elle qu’il ne la touchât et dit-elle :
« Je me réfugie auprès du Bienfaiteur, contre toi. Puisses-tu être pieux! »
L’ange Gabriel lui répondit :
« Je ne suis que l’émissaire de ton Seigneur, venu pour te donner un garçon pur. »
— Mais… interrogea François, avide de connaissance. Comment pouvait-elle avoir un enfant alors qu’elle était vierge ? Et c’est pourquoi nous l’appelons la Vierge Marie, d’ailleurs.
— Ta question est judicieuse, mon enfant. C’est précisément pour cela que la vie de Maryam est indissociable de celle de son fils, comme je te l’ai dit précédemment.
— Oui madame ! Je comprends bien mieux le lien maintenant.
— Je continue. Maryam demanda donc, très distinctement :
« Comment aurais-je un garçon alors que nul mortel ne m’a touchée et que je ne suis point femme ? (19) »
Je dois néanmoins revenir sur la naissance miraculeuse de Jésus, car cette particularité est le point central de l’histoire de ce prophète.
— D’accord !
— Parfait. Je vais essayer de t’expliquer du mieux que je le pourrais. Chez certains animaux mon garçon, il est possible qu’une femelle mette au monde son « petit » sans la participation active du mâle.
— Vous voulez dire madame, qu’une femelle peut ne pas recevoir la graine du mâle et être enceinte malgré tout ?

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