Les mandalas
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Description

Dans la tradition hindoue, le "mandala" ("cercle" en sanskrit) est un diagramme symbolique qui sert de support à la méditation. Ce guide commence par proposer une introduction aux mandalas, à leur histoire et à leur signification. Il propose ensuite 50 exercices de méditation pour découvrir et s'initier à la spiritualité hindoue. Il s'accompagne enfin de conseils de bien-être. Des cartes détachables à l'effigie des divinités hindoues vous sont offertes comme support de visualisation.




  • 50 exercices


  • Des conseils de bien-être


  • Des cartes




  • Introduction : D'âme et de couleurs


  • L'art de l'éphémère


    • Chapitre 1 : L'offrande divine


    • Chapitre 2 : La voie sacrée


    • Chapitre 3 : La danse du monde




  • Je d'ombres et Soi de lumière


    • Chapitre 4 : Kaléidoscope


    • Chapitre 5 : Si j'étais


    • Chapitre 6 : À l'ombre du Je




  • "Avant tout un désir de connaissance"


    • Formes élémentaires


    • Mandala des éléments


    • Mandala du Jeu


    • Mandala de la transformation


    • Mandala de l'éveil


    • Mandala de méditation


    • Conclusion


    • Tout est Soi



Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 17 juillet 2013
Nombre de lectures 109
EAN13 9782212246148
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0052€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait




  • 50 exercices


  • Des conseils de bien-être


  • Des cartes




  • Introduction : D'âme et de couleurs


  • L'art de l'éphémère


    • Chapitre 1 : L'offrande divine


    • Chapitre 2 : La voie sacrée


    • Chapitre 3 : La danse du monde




  • Je d'ombres et Soi de lumière


    • Chapitre 4 : Kaléidoscope


    • Chapitre 5 : Si j'étais


    • Chapitre 6 : À l'ombre du Je




  • "Avant tout un désir de connaissance"


    • Formes élémentaires


    • Mandala des éléments


    • Mandala du Jeu


    • Mandala de la transformation


    • Mandala de l'éveil


    • Mandala de méditation


    • Conclusion


    • Tout est Soi



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Dans la tradition hindoue, le « mandala » (« cercle » en sanskrit) est un diagramme symbolique qui sert de support à la méditation. Ce guide commence par proposer une introduction aux mandalas, à leur histoire et à leur signification. Il propose ensuite 50 exercices de méditation pour découvrir et s’initier à la spiritualité hindoue. Il s’accompagne enfin de conseils de bien-être. Des cartes détachables à l’effi gie des divinités hindoues vous sont offertes comme support de visualisation. Sylvie Verbois est ethno-thérapeute, formée en aromathérapie, homéopathie et phytothérapie, spécialiste des traditions chinoise et indienne. Elle est déjà l’auteur de plusieurs ouvrages, dont La médecine indienne et La diététique indienne, aux éditions Eyrolles.
50 exercices
Des conseils de bien-être
Des cartes
Dans la collection Eyrolles Pratique Les chakras (2013)
Du même auteur
Aux Éditions Eyrolles La Diététique indienne (2011) La Médecine indienne, Fondements et pratique de l’Âyurveda (2009)
Aux Éditions Delville Les Plantes du sommeil (2006) Les Fruits santé (2005) Tout pour le corps, les meilleures plantes (2004) Associer plantes et huiles essentielles selon la tradition indienne (2004)
Aux Éditions Grancher ABC de l’Âyurveda, les bienfaits de la médecine indienne (2005)
Aux Éditions Lanore L’Esprit de l’homéopathie (2002) Plantes et herbes aromatiques, saveurs et vertus (2001) Yi-King, le classique de la simplicité (1996)
Aux Éditions Trajectoire Associer plantes et huiles essentielles selon la tradition indienne (2004) Ces arbres qui nous guérissent (2003) Les plantes qui guérissent le corps et l’esprit (2002) Huiles essentielles et parfums qui guérissent et qui relaxent, la voie de l’Âyurveda (2001)
Sylvie Verbois
Les mandalas
Exercices de méditation
Éditions Eyrolles 61, Bd Saint-Germain 75240 Paris Cedex 05 www.editions-eyrolles.com
Mise en pages : Istria
Illustrations : Hung Ho Thanh
En application de la loi du 11 mars 1957, il est interdit de reproduire intégralement ou partiellement le présent ouvrage, sur quelque support que ce soit, sans autorisation de l’éditeur ou du Centre français d’exploitation du droit de copie, 20, rue des Grands-Augustins, 75006 Paris.
© Groupe Eyrolles, 2013 ISBN : 978-2-212-55668-1
D(isciple) : « Comment peut-on réaliser le Soi ? »
M(aharshi) : « Le Soi de qui ? Trouvez-le. »
D : « Le mien, mais qui suis-je ? »
M : « Trouvez-le vous-même 1 . »

1 . Ramana Maharshi, le Libéré-vivant , textes choisis et présentés par Ysé Tardan-Masquelier, Points, « Sagesses/Voix spirituelles », 2010.
Note préliminaire
Les cartes détachables sont des supports de méditation et de visualisation. Elles vous guideront lors de l’élaboration des mandala.
Sommaire

Introduction : D’âme et de couleurs
Partie I : L’art de l’éphémère
Chapitre 1 : L’offrande divine
Chapitre 2 : La voie sacrée
Chapitre 3 : La danse du monde
Partie II : Je d’ombres et Soi de lumière
Chapitre 4 : Kaléidoscope
Chapitre 5 : Si j’étais...
Chapitre 6 : À l’ombre du Je
Partie III : « Avant tout un désir de connaissance »
Formes élémentaires
Mandala des éléments
Mandala du Jeu
Mandala de la transformation
Mandala de l’éveil
Mandala de méditation
Conclusion
Tout est Soi...
Index
Proposition bibliographique
Musique écoutée durant l’écriture de cet ouvrage
Table des matières
« La fleur disparaît en donnant naissance au fruit qui à son tour disparaît dans la joie de celui qui le consomme. »
Ramesh Balsekar 2 .
Il fut un temps où mon père guidait mes pas et me montrait les couleurs de la vie. Il aimait la musique, la peinture – il dessinait et peignait fort bien –, la nature, et voyager, toujours en partance vers un autre ciel, d’autres gens. Il m’a appris la tolérance, l’ouverture du cœur, le regard curieux, la main tendue à la différence, les engagements forts pour plus d’humanité. Malgré quelques erreurs, bien des errances, et des souffrances, je garde de lui la soif de l’infini, la quiétude d’un après-midi sous les arbres de notre jardin, ma contemplation d’un ciel étoilé dans le soir d’été, le silence partagé, l’esprit de découverte, les couleurs du temps.
Maintenant qu’il est parti, je ne sais que dire, hormis ce grand vide laissé par sa partance. Pleurer semble soulager l’âme. Aussi, j’accroche mes larmes aux instants fugaces et je teinte mes cieux afin de continuer le chemin.
J’écris dans ma « petite maison dans la prairie », mon refuge, où ont été vécus tant de moments enchantés. Ce lieu m’inspire, il est mon jardin secret, mon point d’ancrage, en quelque sorte, mon mandala du bonheur. Là, ont été tracés des lignes de joie, des espaces fleuris, des courbes enchantées, des transparences aux ailes des papillons, des notes cristallines lorsque la pluie ruisselle le long des feuilles, toute une symphonie colorée et chantante.
Ici, les Anciens sont simples, observateurs, silencieux, parfois contemplatifs. Ils tracent leur jardin comme on trace les traits d’un mandala, avec la même patience, la même concentration, la même maîtrise et le même sourire lorsque tout s’achève pour le mieux. Et lorsque je me penche vers l’esquisse du dessin que je suis en train de rêver, je pense souvent à eux, je pense à mon père penché sur les timbres qu’il classait patiemment. La même constance, le même geste, refait depuis des millénaires : celui de l’être incliné vers lui-même, centré sur ce qui est entrepris et dont il ignore souvent le nom.
Contempler, créer, danser, écrire, composer insuffle vaillance et force de vie, nous introduisant à une autre réalité, celle intérieure et intime. Aller vers quelque chose qui nous dépasse, qui nous emmène au-delà de nos limites et de nos frontières, car ce n’est pas le but qui compte, mais bien le chemin.
Dessiner m’a toujours attirée mais je dois avouer que le dessin académique n’était pas mon fort. Je me plaisais davantage dans l’imaginaire où je pouvais voguer en toute liberté. Les formes géométriques m’attiraient davantage, je prenais un malin plaisir à les imbriquer les unes dans les autres, les faire pivoter, les mettre de travers, puis les colorier et les peindre. J’avais un goût certain pour la couleur, la vivacité des couleurs et un sens inné du contraste (ce que j’ai d’ailleurs conservé). C’est ainsi que je suis parvenue au mandala. Son tracé, les figures entremêlées judicieusement, l’harmonie dégagée de sa complexité m’a séduite. Cela me parlait. J’ai appris ainsi à ne jamais forcer le trait, ni les sentiments, jusqu’à effleurer les choses et la vie pour en saisir les sens.
Le mandala est une voie ouverte à tous, un art éphémère qui repose en chacun de nous. Un cheminement intérieur (re)dessinant les contours du cœur, les courbures de l’âme, faisant s’écouler les dérives émotionnelles et les contraintes mentales, libérant l’être de ses lourdeurs natives. Il est complétude qui nous fait tendre vers l’Infini de l’Unité.

2 . Tout est Conscience , Éd. Accarias-L’Originel, 2012.
« Je suis le Soi demeurant dans le cœur de tous les êtres... »
Bhagavad-Gîtâ (X. 20).
Né en Inde, puis introduit au Tibet, le mandala, figure de l’univers et manifestation du Divin, est un espace particulier où la création cosmique vient prendre forme et s’incarner. Réceptacle dessiné, il est à l’image du monde et du corps humain. Il accueille les divinités et reçoit l’énergie primordiale. Il sert également de support de méditation, portant alors la psyché humaine. Par le mandala, nous touchons là l’Inde mystique et initiatique. Le dessin est alors une plongée libératrice au cœur du psychisme, une expérience symbolique qui délivre et affranchit l’être.
Le mandala a connu une expansion importante grâce au bouddhisme, dont il est l’une des figures les plus emblématiques. Il est mieux connu en France depuis quelques années, grâce notamment aux mandalas exécutés par les moines tibétains sur notre territoire, ainsi à la Villette en 1995 ou encore au Temple des Mille Bouddhas 3 , pour n’en citer que deux.
Mais le mandala n’est pas qu’un simple tableau exotique teinté de mysticisme ou une approche culturelle actuelle, il est un voyage vers la plénitude et la lumière. Véritable pèlerinage intérieur, il est quête d’involution du retour et authentique cheminement spirituel : « La spiritualité n’est pas un but extérieur qu’il nous faut poursuivre, mais une partie du noyau divin de chacun de nous que nous devons révéler 4 . »

3 . Le temple est situé à la Boulaye, en Saône-et-Loire (proche de Toulon-sur-Arroux). Régulièrement, il organise des manifestations autour de la culture bhoutanaise et tibétaine, et notamment la confection de mandalas.
4 . B.K.S. Iyengar, La Voie de la paix intérieure, p. 46.
« Le mandala est bien le Tout, mais le tout en tant que reflété dans le moi. »
Giuseppe Tucci.
Dessin allégorique, le mandala est la représentation symbolique du Sacré, de l’espace divin, un lieu éphémère où la déité s’incarne, se fait présence. Processus créatif et psychique, instrument de complétude, il vise à éveiller la conscience du Soi, en réanimant l’action intérieure, la concentration et l’état méditatif. Il trace « un chemin qui va du temps à l’éternité » comme l’a très bien décrit Giuseppe Tucci 5 , amenant la conscience à rejoindre son intégrité.
Seulement le mandala n’a pas qu’une unique représentation ; en Inde, il connaît bien d’autres aspects. Ainsi dans les rituels tantriques, sous la forme de yantra, ou encore dans le quotidien des Indiens, grâce aux rangoli et aux kôlam . Le mandala est ainsi multiple et unique à la fois, comme tout ce qui est et vit en Inde.
Yantra , témoignage cosmique
« À part sa plus grande simplicité linéaire, le yantra ne diffère pas du mandala : son usage et sa signification sont identiques. Comme le mandala, le yantra lui aussi peut être provisoire ou définitif. Il peut être dessiné quand c’est nécessaire, puis détruit ou effacé. Il peut aussi être permanent, comme dans le cas des yantra gravés dans la pierre ou sur le bronze ; on en voit fréquemment dans les temples hindous 6 . »
Instrument symbolique et mystique, le yantra est une représentation linéaire du monde divin, ayant pour finalité de relier la conscience humaine à celle de l’univers. Son origine serait associée au Tantra. En effet, il apparaît durant les cultes tantriques, où il est dessiné.
Mandala simple et graphique, le yantra incarne l’esprit des déités et figure les mantras correspondants – yantra et mantra ne peuvent être dissociés l’un de l’autre.
C’est un outil très usité dans la méditation, car il est considéré pour stimuler la visualisation intérieure.
Image purement géométrique de l’harmonie universelle, le yantra dépeint la manifestation cosmique centrée sur l’unité primordiale.
Le yantra peut être dessiné matériellement ou bien tracé mentalement afin de dompter l’esprit. Support de méditation, il symbolise les qualités du monde : vérité, amour, réalité, nature, absolu...
Lorsqu’il est dessiné à même le sol, il est tracé et peint à l’aide de poudres colorées comme le sont le mandala, le rangoli ou le kôlam , et est effacé, également comme eux, en fin de cérémonie ou de pratique méditative.
D’une façon générale, le yantra se déploie au sein d’un carré, représentant la terre. À l’intérieur de cet espace consacré, est figuré un second carré ouvert sur les quatre côtés, symbolisant les quatre points cardinaux. Celui-ci contient un cercle, représentant l’élément Air, autour duquel sont répartis des pétales de lotus, symbole de la pureté.
Ensuite, viennent les triangles ; pointe vers le bas, il évoque le féminin et l’élément Eau ; pointe vers le haut, le masculin et l’élément Feu.
Pour le méditant, le triangle à la pointe dirigée vers le bas figure la réalisation, ce vers quoi l’être tend ; celui qui a la pointe tournée vers le haut symbolise le retour à la Source, c’est-à-dire le Soi.
Au centre du yantra, se trouve un point, appelé bindu , centre de la création, goutte d’énergie de la divinité.
Le plus connu est le Shrî Yantra, représentant la force féminine dynamique et divine, Shâkti, puissance extraordinaire animant le monde, sans laquelle le Divin ne pourrait se mouvoir. Il évoque l’union mystique entre Shiva et sa parèdre, Shâkti, symbolisant l’Énergie fondamentale.
Ce yantra est formé de quatre triangles pointe vers le haut (Shiva), et de cinq triangles pointe vers le bas (Shâkti), tous de différentes grandeurs, s’interpénétrant les uns dans les autres. Ils sont centrés autour du bindu , symbolisant la semence matricielle. Le tout dans un carré avec quatre ouvertures (points cardinaux), accueillant une triple ceinture circulaire. Viennent ensuite un premier cercle, où se trouvent huit pétales de lotus, puis un second avec seize pétales.
Rangoli, kôlam : la main des femmes
Élaborés à main levée sans support, chaque matin à l’aube par les femmes, les rangoli (dénommés kôlam dans l’Inde du sud) décorent le seuil des maisons, des boutiques mais aussi les trottoirs, les routes. Les pas des visiteurs les effaceront, comme les roues des voitures, des camions ou bien la pluie, quand ce ne sont pas les oiseaux qui viennent picorer la farine. Sans s’en offusquer, les femmes les redessineront le lendemain, et le jour d’après, et ainsi chaque jour. Transmis de mère en fille, ils traversent les générations, rythmant le quotidien. Ils sont une façon de saluer le jour, protègent la famille et le lieu où ils sont effectués (cour des maisons, temples...), ce sont des rituels de bon augure, une offrande offerte aux divinités.
Selon la légende, l’art du rangoli aurait été enseigné par Krishna à sa sœur Subhadradevi afin de racheter une faute qu’elle avait commise. Elle devait pour cela dessiner des objets auspicieux (feuilles, fleurs, çakra , vache, croix...), purifier le sol de sa maison avec de la bouse de vache et la décorer de motifs bénéfiques.
Tracées avec de la farine de riz (blanche ou bien colorée) que les femmes laissent s’écouler de leur main, les formes du rangoli peuvent être complexes et demandent de la dextérité à l’exécutante. Les thèmes sont traditionnels et les modèles immuables, mais certaines femmes n’hésitent pas à créer de nouveaux motifs. À l’occasion de certaines fêtes, les fleurs remplacent les poudres colorées.
Dessins d’accueil, les rangoli célèbrent la beauté et le transitoire, l’impermanence des choses. Ils sont souvent constitués de motifs floraux symétriques, ou de longues lignes sinueuses s’entrecroisant sur une trame de points quadrillant la surface sur laquelle ils vont être dessinés. Parfois, fleurs et animaux apparaissent. Peintures aux figures géométriques, elles symbolisent l’équité et l’harmonie, mais elles peuvent tout aussi bien transmettre une émotion, une impression, un sentiment : elles expriment l’instantanéité d’une sensation, d’une intuition, d’une perception.
À la fois offrande et prière, les kôlam sont aussi une façon d’accueillir la déité et d’apporter la prospérité. Le tracé du kôlam comporte une force symbolique, on peut parler d’espace sacré où l’imaginaire s’épanouit, signalant la présence divine.
« Au Tamil-Nadu, ce sont les femmes de toutes communautés et croyances confondues qui peignent le sol. Juste avant le lever du soleil, sur les chemins de terre d’un village ou sur les trottoirs d’une cité soigneusement balayés, des mains féminines en quête d’éternité créent du bout des doigts des peintures éphémères appelées kolam pour y inviter les divinités à descendre 7 . »
Kalam , une particularité du Kerala
En juin 2001, à Paris, a eu lieu le festival des arts de l’Inde du sud : musique, démonstration de Bharata Natyam, spectacle de Kathakali, photos, dégustation de plats traditionnels et notamment élaboration d’un kalam , art pictural spécifique du Kerala.
« Au Kerala, il existe des communautés de peintres rituels dont la fonction consiste à tracer dans les temples et les maisons, des fresques éphémères avec des poudres minérales et végétales appelées yantra, mandala ou kalam pour accueillir et apaiser la divinité invoquée. Ces dernières sont des images plutôt anthropomorphes et l’officiant chargé d’exécuter le kalam matérialise en quelque sorte le corps du divin qui est donné à voir et à toucher 8 . »
Appelé « grande image » (son envergure peut aller jusqu’à trente mètres carrés), ce kalam fut exécuté à même le sol de la Halle de la Villette, tracé et dessiné par deux officiants, dans le respect de la tradition.
Fait entièrement à la main, la conception du kalam suit des règles déterminées : il est toujours effectué par des hommes, et se transmet de père en fils. Pour l’éclairage, seules les lampes à huile sont autorisées. Les offrandes (riz, céréales) sont disposées autour du dessin et dans l’espace réservé à la réalisation de la peinture, et décoré de fleurs et de feuilles. Quant à l’ordre de la création, il est parfaitement prévu et très précis. Il se développe à partir d’une ligne centrale tracée avec de la poudre noire. Puis est esquissée la trame initiale figurée par une grille. Les représentations graphiques et images des déités sont réalisées de l’intérieur vers l’extérieur, motif après motif. Son exécution s’accompagne de chants, de récitation de mantra et de postures rituelles des mains (mudra). Le moment crucial de l’achèvement de la peinture se produit lorsqu’est ajoutée la poudre sur l’iris de chaque œil de la déité : cette « ouverture des yeux » symbolique est accompagnée de percussions (tambours, cymbales).
Extraites de la nature, les poudres employées sont broyées et peuvent se combiner (végétale, minérale, ou les deux ensemble). Celles qu’on utilise couramment sont les suivantes : les feuilles de riz (couleur blanche) ; le curcuma (couleur jaune) ; le charbon de bois de paddy – balle de riz (couleur noire) ; le curcuma et la chaux mélangés (couleur rouge) ; le sirisa – sorte d’acacia (couleur verte).
Si le kalam est un art essentiellement de temple, il peut être également réalisé au sein des maisons lors de cérémonies particulières.
Il présente une double connotation : Tracé dans le temple dans le cadre de rituels ou de cultes rendus à la Déesse (Devi), ou lors de festivités, il a pour vocation d’appeler la déité à venir parmi les hommes. Il est aussi offert pour apaiser et écarter les courroux des « mauvais » esprits du village. Lorsqu’il est dessiné à l’intérieur d’une maison, il devient alors geste thérapeutique afin d’éloigner les maladies ou de rétablir la santé d’une personne souffrante. Il peut être aussi purificateur après une disparition.
Il est également conçu lorsqu’une famille désire offrir une cérémonie dédiée à la Déesse-Mère afin d’assurer protection et prospérité à la maison.

5 . Giuseppe Tucci, Théorie et pratique du Mandala , Fayard, 1974.
6 . Ibidem , p. 53.
7 . Chantal Jumel, Kalam, peintures rituelles du Kerala ( www.chantal-jumel-kolam-kalam.com ).
8 . Chantal Jumel, Kalam, op. cit.
« Jouissez des beautés du monde et vous éprouverez une grande joie ; aimez les choses divines et vous connaîtrez une béatitude sans fin. »
Mâ Ananda Moyî.
Les apparences éphémères, que sont l’ego, le « Je » et le monde, mènent l’être vers la matérialité de la vie, lui faisant connaître l’attachement, le désir, l’appétence, le « faux moi », l’égoïsme, l’égocentrisme et éprouver la petitesse du « moi, je ». L’être se lie de contraintes, vivant dans l’extériorité, dans l’apparence et le paradoxe troublant de la dualité, oubliant que la source recherchée est simplement en lui. Il se trouve en conflit entre le cœur (l’esprit) et le mental (l’ego), un va-et-vient pas toujours très agréable à expérimenter. Pour évacuer cela, replacer l’être au cœur de l’être, revenir à soi, le mandala est un instrument extraordinaire de réparation et de guérison.
Se délier par le mandala permet d’ouvrir les yeux du dedans. L’être voit dès lors avec l’œil intérieur, l’œil qui se voit lui-même. Une couleur peut naître, une forme d’énergie, une vibration qui se concrétise : sentir en soi-même ce qui vient à notre main, ce qui se manifeste en remous, en émotions, en vide, en fragile. L’acte de reliance jaillit par le dessin créé, l’être renoue avec lui-même. Il reflète le Soi (Divin) qui vit en chacun, le Soi au-delà du « moi », opérant une formidable pulsation de réconciliation.
Mandala, matrice divine
L’origine du mandala se perd dans les limbes du temps ; on ne sait pas exactement comment il est né ni à quel moment il est apparu. Est-ce à force d’observer le ciel, la nuit, les formes des montagnes, des arbres, des côtes, des plis de la terre, la corolle des fleurs, le cœur des fruits... Nul ne peut le dire. Toutefois, au cœur de l’hindouisme existe la trace de mandala, sous plusieurs formes dont la plus ancienne se trouve dans le RigVeda .
« Veda des strophes », le RigVeda est l’un des textes fondamentaux de l’Inde. Appelé « le savoir des chants », c’est un poème composé de 1 017 hymnes, répartis en dix divisions, nommées « mandala », où les bases de la science symbolique et sacrée sont posées. Les rituels, comme les offrandes, à accomplir se retrouvent au sein de ce corpus. Les sacrifices avaient lieu pour se protéger et se défendre, en cas de famine ou de risque d’orages, lors d’une victoire militaire ou des moissons. La vie journalière était rythmée par des actes coutumiers visant à sauvegarder la cohésion de la communauté ainsi que sa prospérité.
Le mandala, dans son sens premier, figure l’entourage sacré de la déité, c’est un espace choisi, consacré, avec en son centre un petit tas de céréales représentant le mont Meru (centre de l’univers), et au sein duquel sont élaborés des signes auspicieux en relation avec une divinité : svastika, massue, disque, trident, taureau, serpent... Il était de coutume d’en effectuer trente-trois fois le tour afin de recueillir les bienfaits du rituel.
Symbole protecteur, le mandala servait de « bouclier » contre les puissances « néfastes » (épidémies, contagions, violences climatiques...), cherchait à maîtriser les forces de la nature et permettait de se concilier les déités courroucées. Charmées, sensibles à l’offrande, celles-ci s’apaisaient. Mais le mandala est surtout la manière dont la philosophie de l’Inde perçoit l’univers : « C’est également une représentation du Cosmos en peinture, gravure ou sculpture, selon les concepts des différentes croyances, utilisée soit comme support de la méditation, soit comme un diagramme magique destiné à maîtriser les forces divines et les éléments, et dans laquelle les divinités et leurs “forces” ou énergies sont disposées selon leurs puissances ou leurs attributs 9 »
Et c’est dans l’art que la pensée indienne va développer une observation pertinente et empirique de sa visualisation du monde, celle-ci se basant sur la géométrie sacrée, la perception symbolique et l’innovation conceptuelle.
L’art symbolise l’univers en le projetant dans la matière (peinture, fresque, temple, corps), il le recompose en établissant similitudes anatomiques ou architecturales, et correspondances mathématiques (science du nombre), le reproduit par analogie, devenant ainsi un instrument au service de la connaissance sacrée.
On retrouve de cette manière la présence conceptuelle du mandala dans l’édification des temples hindous, celui-ci servant de base à sa construction . C’est ainsi que le temple hindou est conçu à l’image de l’univers.
Tout un univers pour un mandala
L’univers tout entier est un mandala, un « cosmogramme » selon l’expression de Giuseppe Tucci. De l’infiniment grand à l’infiniment petit, dans le corps humain comme dans le corps terrestre, la « morphologie » du mandala est présente et perceptible : le macrocosme avec la terre, les étoiles, le système solaire, les galaxies, les nébuleuses, la voie lactée ; le microcosme avec les flocons de neige, les gouttes d’eau, les cristaux, les atomes. En nous : l’œil, les centres énergétiques ( çakra ), les cellules, l’ADN, le cerveau ; et autour de nous : les fleurs, le cœur des fruits, la coquille des escargots, la carapace des tortues... pour ne citer que quelques-uns des milliers d’exemples possibles, et sans évoquer ce que l’homme a bâti, imaginé depuis des siècles (rosaces, labyrinthes, jardins, potagers).
La structure du cosmos est perçue comme un mandala mobile, animé, immobile en son centre.
Le mandala se trace et se déploie selon un schéma simple : une forme géométrique (carré, cercle), centrée autour d’un point ( bindu ) marquant la concentration (ancrage, centrage) et le rayonnement à partir de ce point, et un contour extérieur, une périphérie faisant office de bornage, une frontière symbolique en quelque sorte.
La figure de base est aisée : un carré contenant un cercle avec au milieu, un point. Cette configuration permet de démultiplier à l’envi toutes les représentations et symbolisations de l’univers, celles-ci contenant l’ensemble des possibilités inventives dans le domaine des Arts et des perceptions (images, couleurs, sensations, visions) saisies lors de méditations.
Le point est le cœur de l’univers, l’espace immobile, comparé à l’axe de la roue, et c’est à partir de ce point que le rayonnement va pouvoir se déployer. Celui-ci va s’étendre de manière centrifuge jusqu’aux confins du mandala, pour revenir au centre, dans un double mouvement infini de rotation : de l’intérieur vers l’extérieur, et de l’extérieur vers l’intérieur. Pour saisir le processus, il suffit d’observer les tourbillons se formant à la surface de l’eau ou bien lors d’un souffle de vent.
Le mandala dans le corps humain
« Sans le corps, l’homme n’obtient aucun résultat 10 . »
Il existe de nombreuses formes de mandala au sein du corps humain, pour la plupart cachées ( çakra ), ignorées (cellules, neurones), oubliées (le cerveau, le cœur), mais il en est une fort visible, à laquelle nous ne pensons pas forcément : elle se trouve dans nos yeux. L’œil est un étonnant mandala, dont la pupille figure le point autour duquel vont se déployer les nuances de l’iris, reflétant la lumière de la vie, dévoilant la nature intérieure de l’être. L’intensité du regard en dit long sur les états d’âme, démentant parfois ce que la voix prononce. Entrer dans les yeux d’une personne, c’est capter instinctivement son essence. Cet échange intimiste peut se révéler dérangeant, la plongée au cœur des prunelles dévoilant le « Moi » au cœur de l’être. Il arrive ainsi que l’on détourne les yeux du regard de l’autre, comme on se détourne de soi-même. Être regardé, comme regarder, c’est pénétrer dans nos abysses. Cela est troublant tout comme aller au-dedans de soi se révèle un périple déroutant.
Contempler un mandala, méditer en se concentrant sur le corps, fait naître des sensations, visions et perceptions, mettant en émoi émotivité et comportement, réveillant la mémoire. L’être peut se sentir dévoilé soudainement. Le passage d’identification à la forme représentée (carré, cercle, triangle, point...) et à l’élément concerné (terre, eau, feu...) emmène instantanément l’être dans un espace symbolique et, par résonance, les énergies (vibrations) présentes dans le corps humain, toute une réciprocité de forces et d’ondes de formes permutant de l’extérieur vers l’intérieur et inversement. Le mandala propose une expérience de vie, celle de revisiter notre existence, de la relire, de la revoir autrement. Outil d’introspection, le mandala révèle notre vérité et nous éclaire sur le chemin spirituel. Il nous est simplement demandé de réaliser en soi ce que le mandala renferme en ses lignes, rappelant notre véritable place dans le cercle ouvert de la vie. Sans cette expérimentation rituelle, parfois douloureuse, l’être ne pourra évoluer, progresser, accomplir son histoire personnelle. Et, pour cela, il faudra accepter d’être « soi », vivre pleinement et en toute conscience la mise à nu, qui est révélation d’un potentiel délaissé. Le mandala offre la possibilité de déposer les masques et de se révéler tel que le « Je » est, de parvenir à une authentique et sincère clarté intérieure, de reconnaître ses valeurs naturelles.
Le corps recèle bien des mystères : lieu de recueillement, de transmutation, miroitement insolite des bouleversements intérieurs de l’être, il met à jour les confusions et les égarements, ce qu’il y a de plus caché, de plus ténébreux en lui.
Les cycles vitaux internes de l’homme reproduisent le mouvement de création et de résorption de l’univers, le cosmos et l’être comportant la même énergie. L’énergie vitale cosmique est absorbée dans le corps par l’air inspiré, elle est prâna , le souffle interne animant l’être.
Çakra, mandala en mouvement
Pour les mystiques de l’Inde, le corps est un instrument sacré, le corps des possibles dont le centre se situe à la fontanelle, le siège de Sahasrâra (le 8 e çakra). Pour d’autres, celui-ci loge au cœur du nombril, d’où émane la corde d’argent reliant l’être à la vie dans le ventre de la mère, comme à la mort lors du passage pour un autre monde. C’est également en ce lieu que réside Brahmâ. Assis sur une fleur de lotus, le temps d’une respiration, il projette l’univers en dehors de lui-même, puis l’absorbe de nouveau en lui-même, ce moment respiratoire correspondant à un kalpa (cycle de plusieurs milliers d’années). Lorsque nous respirons, nous engendrons la même manifestation, tout comme nos centres énergétiques ( çakra ) animent notre être intérieur, dont cinq d’entre eux se trouvent au sein du thorax (du 1 er au 5e çakra). Chaque çakra affirme un accroissement de conscience, réanimant le corps subtil.
Mûlâdhâra

Mûlâdhâra est le 1 er çakra, celui qui enracine à la Terre, le lieu où l’être affronte ses propres ténèbres.
De forme carrée, il exprime la force de la Terre, l’enveloppe charnelle, l’incarnation du Désir et la matérialité.
Symbolisé par un lotus aux quatre pétales, il est associé aux couleurs jaune, noir et rouge.
Sur le plan psychique, il est relié à la peur, celle-ci se traduisant par un sentiment d’impuissance et un esprit d’objection. Signe de l’intranquillité, elle est ressentie sous forme d’inquiétude diffuse : insécurité, abandon, manque de confiance, intolérance, négativité en sont les différentes facettes.
Svâdishthâna

Svâdishthâna est le 2 e çakra, celui qui ouvre à l’essence de la vie, le lieu où l’être affronte les eaux profondes des émotions.
Sa forme de croissant de lune exprime la puissance de l’Eau, la transformation et l’impermanence, la création et la procréation, l’engendrement et le commencement de toute chose.
Symbolisé par un lotus aux six pétales, il est associé aux couleurs blanc et orange.
Sur le plan psychique, il est relié à l’abandon, celui-ci se traduisant par la mélancolie et le tourment. Signe de la nostalgie, il est ressenti sous forme de regret : morosité, peine, sentiment de manque et d’absence, rejet du changement en sont les différentes facettes.
Manipûra

Manipûra est le 3 e çakra, celui qui active l’énergie de survie, le lieu où l’être affronte l’intensité de ses propres désirs.
De forme triangulaire, il exprime le pouvoir dévorant du Feu, l’entrecroisement dynamique entre la verticalité et l’incarnation humaine.
Symbolisé par un lotus aux dix pétales, il est associé aux couleurs rouge, jaune et orange.
Sur le plan psychique, il est relié à la colère, celle-ci se traduisant par la force et l’impétuosité. Signe du désir, elle est ressentie sous forme d’impatience : ardeur, envie, jalousie, brûlure intérieure en sont les différentes facettes.
Anâhata

Anâhata est le 4 e çakra, celui qui porte l’âme et en est la porte, le lieu où l’être affronte ses états d’âme.
Sa forme en étoile exprime la fusion entre le Feu du cœur et l’Air de l’Infini, le passage de l’amour égocentrique à la sublimation dévotionnelle, le dépassement de l’ego et le désir d’harmonie.
Symbolisé par un lotus aux douze pétales, il est associé aux couleurs noire, bleue, gris fumé, ainsi qu’au vert et au rose, personnifiant la symbiose de l’amour humain et inconditionnel ( bhakti ).
Sur le plan psychique, il est relié à la tristesse, celle-ci se traduisant par le mal-être et la peine. Signe de tourment, elle est ressentie sous forme d’aveuglement : entêtement, obstination, versatilité, acharnement en sont les différentes facettes.
Vishuddha

Vishuddha est le 5 e çakra, celui qui préfigure l’Être réalisé, le lieu où l’être affronte l’inspiration divine.
Sa forme circulaire exprime la promesse, l’engagement, l’expression personnelle, la clarté intérieure et l’énergie psychique.
Lotus aux seize pétales, il est associé aux couleurs blanc vif et scintillant et le bleu.
Sur le plan psychique, il est relié à la peine, celle-ci se traduisant par un sentiment d’échec et un besoin de perfectionnisme. Signe d’impuissance, elle est ressentie sous forme d’exigence extrême : confusion, souffrance, faiblesse, épuisement, étouffement en sont les différentes facettes.
Ajnâ

Ajnâ est le 6 e çakra, celui qui donne la vision intérieure juste, le lieu où l’être affronte la Réalité.
La flamme blanche émanant du « sans-forme » exprime l’œil de sagesse, l’éveil, l’intuition, la force mentale, l’imagination, la créativité et la non-dualité.
Lotus aux deux pétales, il est associé aux couleurs bleu indigo, violet, blanc laiteux et au « sans couleur ».
Sur le plan psychique, il est relié à la jalousie, celle-ci se traduisant par un problème d’identification et de mémorisation. Signe d’inquiétude, elle est ressentie sous forme d’analyse outrée : défiance, esprit ombrageux, pressentiment alarmant, insatisfaction, rationalisation exacerbée en sont les différentes facettes.
Soma çakra

Soma çakra est le 7 e çakra, celui qui ouvre la compréhension des trois aspects de la conscience, le lieu où l’être affronte la métamorphose et la transfiguration.
Par la perle, qui est sa forme, il exprime la dissolution de l’ego, l’abolissement de la dualité, l’exaltation, la réalisation.
Lotus aux douze ou seize pétales, il est associé à la couleur blanc bleuté.
Sur le plan psychique, il est relié à l’extase, celle-ci se traduisant par l’élévation de l’âme et l’ouverture de la conscience mystique. Signe de béatitude, elle est ressentie sous forme de ravissement : étonnement, éblouissement, émerveillement, vision, égarement en sont les différentes facettes.
Sahasrâra

Sahasrâra est le 8 e çakra, celui qui (a) fait disparaître les frontières, le lieu où l’être affronte la conscience cosmique.
Par le fait qu’il est sans forme, il exprime l’infini, l’espace au-delà de l’espace, l’effacement des émotions, de l’ego, du mental, de l’individualité.
Lotus aux mille pétales, il est associé à la couleur violette et à la transparence.
Sur le plan psychique, il est relié à la joie, celle-ci se traduisant par la claire vision de la réalité et l’effacement de l’altérité. Signe d’accomplissement suprême, elle est ressentie sous forme d’allégresse du cœur : débordement, bien-être, enjouement, plénitude, épanouissement, fascination, inspiration en sont les différentes facettes.
Cette approche succincte des çakra 11 peut servir de grille de lecture pour les dessins de mandala que vous réaliserez. Elle vous offre une première trame pour transcrire vos impressions.
Le symbolisme du mandala
Le mandala traditionnel est une figure extrêmement détaillée et complexe à dessiner, qui ne peut être élaborée par le profane. Elle s’élabore dans un espace consacré par les officiants, à même le sol, parfois sur un plateau de bois. Elle demande concentration, maîtrise du souffle, précision du geste, attention prolongée ainsi qu’une bonne connaissance des symboles.
« Le mandala est constitué par une enceinte extérieure et par un ou plusieurs cercles concentriques qui renferment à leur tour la figure du carré divisé par des lignes transversales. Ces diagonales partent du centre et divisent la figure en quatre triangles au milieu desquels, ainsi qu’au centre lui-même, se trouve le cercle renfermant des figures de divinités ou des emblèmes. »
Puis, « le mandala est entouré et circonscrit à l’extérieur par un cercle dans lequel se déroule une série de volutes : c’est “la montagne de feu”, un barrage de flammes qui, apparemment, en interdit l’accès 12 ». Cette ceinture de feu représente l’ignorance brûlée par la connaissance, perçant l’opacité engendrée par les erreurs et les pensées erronées.
Support de méditation, le mandala rituel emmène l’être à la porte de son être intérieur, donnant la clé pour y accéder et parvenir à l’éveil de la conscience.
Les quatre points cardinaux et le centre
Les quatre points cardinaux (lignes transversales, croix cardinale, portes) et le centre manifestent les ondes de la vie psychique et les cinq éléments de la personnalité humaine (les cinq sens, les cinq objets des sens et les cinq passions), animés par le principe conscient, le noyau de l’être. Ils expriment également les cinq souffles de l’être, les cinq vents dynamiques, purs et organiques qui étayent le corps, soutenant le psychisme, animant le corps, guidant l’esprit et harmonisant les sens. Instruments nécessaires à l’animation de tout être, ils produisent les désirs.
Chaque souffle est en corrélation avec une divinité : le soleil, la lune, le feu, la pluie et le vent.
Couleurs
Une couleur spécifique a été attribuée à chaque point cardinal : à l’ouest, le blanc ; au nord, le jaune ; au sud, le noir (parfois, le turquoise) ; à l’est, le rouge ; et au centre, le vert.
Chacune d’entre elles a une signification particulière sur le plan psychologique : Le blanc est en relation avec la forme et la matière : la matérialité, la ténèbre mentale et est associé au support physique (le corps, l’ossature). Le jaune est en relation avec les perceptions et les sens, les impressions, les sensations et l’orgueil. Le noir est en relation avec la connaissance, la responsabilité morale et la colère. Le rouge est en relation avec l’idéation, mais aussi la concupiscence et la cupidité. Il est associé aux émotions, à la discrimination et la notion des choses (l’idée que l’être s’en fait). Le vert est en relation avec la force, l’expérience personnelle et collective. Il est associé aux coefficients karmiques et à la jalousie.
Le centre marqué par un point, appelé Paramashiva, symbolise

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