Les plus belles sagesses du monde - Pour vaincre son stress
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Description

Les plus grands sages au secours des ados

L'adolescence est une période charnière où nous nous posons le plus de questions, où on est le plus confronté au stress.
Comment bien vivre ses études ? Comment mieux gérer ses relations avec ses amis et sa famille ? Comment trouver sa place ?
Période de conflits intérieur, de peurs et d'angoisses, la confiance et l'autonomie sont nécessaires à l'épanouissement qui passe par l'équilibre. Il est important de chasser le stress de l'adolescence et des études.

Les grands sages du monde entier viennent à notre secours pour nous apaiser et apprendre à dédramatiser les moments de chaos, de colère ou encore de tristesse. Leurs paroles rassurantes ont traversé les siècles et sont toujours aussi efficaces pour améliorer notre vie, nous soulager et apprendre à accueillir la joie et le bonheur. Si il existe bien un point commun entre Confucius, Socrate ou encore Swami Prajnanpad c'est que tous nous apprennent à nous connaître, à affronter les obstacles de la vie et à vivre en paix avec nous-mêmes et les autres.

Savourez ces plus belles sagesses du monde entier pour vaincre le stress et trouver sereinement votre place.

Aurélie Godefroy est journaliste, animatrice et auteure française de nombreux ouvrages, intervenant régulièrement sur des sujets liés au développement personnel et à la spiritualité.


Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 10 octobre 2019
Nombre de lectures 40
EAN13 9782360758074
Langue Français
Poids de l'ouvrage 2 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0100€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Comment bien vivre ses études ? Comment mieux gérer ses relations avec ses amis et sa famille ? Comment trouver sa place ?
Période de conflits intérieur, de peurs et d'angoisses, la confiance et l'autonomie sont nécessaires à l'épanouissement qui passe par l'équilibre. Il est important de chasser le stress de l'adolescence et des études.

Les grands sages du monde entier viennent à notre secours pour nous apaiser et apprendre à dédramatiser les moments de chaos, de colère ou encore de tristesse. Leurs paroles rassurantes ont traversé les siècles et sont toujours aussi efficaces pour améliorer notre vie, nous soulager et apprendre à accueillir la joie et le bonheur. Si il existe bien un point commun entre Confucius, Socrate ou encore Swami Prajnanpad c'est que tous nous apprennent à nous connaître, à affronter les obstacles de la vie et à vivre en paix avec nous-mêmes et les autres.

Savourez ces plus belles sagesses du monde entier pour vaincre le stress et trouver sereinement votre place.

Aurélie Godefroy est journaliste, animatrice et auteure française de nombreux ouvrages, intervenant régulièrement sur des sujets liés au développement personnel et à la spiritualité.


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Direction éditoriale  : Stéphane Chabenat Éditrices  : Aurélie Goube et Charlotte Sperber Mise en pages  : Nord compo Conception graphique de la couverture  : MaGwen
 
 
l’ Etudiant éditions est édité par les éditions de l’Opportun 16, rue Dupetit-Thouars 75003 Paris www.editionsopportun.com
ISBN : 978-2-36075-807-4 Ce document numérique a été réalisé par Nord Compo .
À Philomène et Alexandre
Sommaire
Titre
Copyright
Dédicace
Avant-propos
Les savants et le lion
À la découverte de moi-même
Faire face aux difficultés
L'ambition : un point d'ancrage en soi
Comment mieux me concentrer ?
Comment gérer l'énergie qui me traverse et gagner en confiance en moi
Comment cultiver le bon sens et le discernement ?
Prendre soin de soi
L'importance de trouver un équilibre et du juste milieu
Comment choisir ce qui est important pour moi ?
Que faire de mes désirs ?
L'importance de se déconnecter, de se mettre sur pause
Vivre dans l'instant présent
Sur l'importance de la volonté - Les gazelles et la fourmi
Composer avec ces émotions qui sont miennes
Comment trouver la paix et la stabilité à l'intérieur de moi
Apprivoiser la colère
Vaincre sa peur
Comment lâcher prise ?
Cultiver la joie
Le corbeau, la gazelle, la tortue et le rat
Construire mon rapport aux autres
Retrouver le sens de l'humain
Exprimer sa gratitude
Comment cultiver la bienveillance et la compassion
Établir une saine distance avec ses proches
Choisir ses amis, c'est choisir un mode de vie
Adopter la tolérance
Penser la question de la responsabilité
Importance de lier le corps et l'esprit
L'amour
Se contenter de ce que l'on a
Trouver ma place dans ce monde
Comment trouver ma place dans ce monde ?
L'importance de la nature
Penser la non-violence
Sur l'importance de l'intention - La soupe de pâtes
Préparer mon passage dans la sphère adulte
Devenir adulte
Apprendre
Être conscient de l'impermanence de toute chose
L'impermanence de la vie, sa brièveté, la mort
Comment accéder au bonheur
Biographies
Bibliographie
Avant-propos

Actes terroristes, crises écologique et économique, meurtres en série… Dès le réveil, les mauvaises nouvelles nous assaillent, rien de tel pour nous saper le moral ! Et pourtant, il est bien évidemment essentiel de résister au désespoir. Le meilleur remède pour cela : la philosophie qui existe pour nous servir de guide contre l’abrutissement qui peut nous guetter dès que nous nous laissons aller à la déprime et que nous renonçons à penser. Les sagesses du monde, les philosophes occidentaux ou orientaux sont définitivement les meilleurs antidépresseurs qui soient mais aussi nos meilleurs maîtres de vie. Ils nous aident à nous apaiser et à dédramatiser qu’il s’agisse des moments de chaos, de colère ou encore de tristesse.
Ces paroles rassurantes qui ont traversé les siècles sont toujours aussi efficaces pour améliorer notre vie, nous soulager, mieux vivre la souffrance, mais aussi savoir accueillir la joie et le bonheur !
Ces maîtres de vie nous accompagnent sur le chemin de l’existence en nous aidant à en discerner le sens, à en hiérarchiser les valeurs et les priorités. Ils nous apprennent à penser en toute liberté, à refuser de se soumettre à une autorité supérieure.
Mais s’il existe bien un point commun entre Confucius, Socrate, Swami Prajnanpad ou encore Montaigne, c’est que tous nous enseignent que chacun d’entre nous est appelé à chercher la vérité, à se connaître en profondeur, à vivre libre et en paix avec lui-même et avec les autres. Tout simplement à devenir maître de sa vie, notamment dans cette période où nous nous posons tellement de questions : cette période clé de l’adolescence…
Elle est aussi souvent source de stress, où l’on peut se demander non seulement comment mieux réussir au lycée mais aussi comment gérer les relations avec ses camarades et sa famille. Cultiver l’attention bienveillante envers soi et autrui, le respect et le non-jugement, permet de porter un regard différent sur le monde qui nous entoure, et surtout plus apaisé. On sait aujourd’hui à quel point la tendresse, l’empathie, la confiance et l’autonomie sont des nourritures essentielles à l’épanouissement des ados. Répondre à leurs besoins avec bienveillance, dans le respect de leur personnalité et de leurs aspirations afin qu’ils trouvent sereinement leur place dans leur famille et dans la société, c’est ce que propose ce petit « guide de survie » grâce aux plus grands sages du monde entier !
Les savants et le lion

«   U n jour d’entre les jours, deux savants se promenaient dans le désert.
Nasruddin le Simple les accompagnait. Il avait reçu d’eux un sou pour éventer leur visage tandis qu’ils cheminaient. Ces deux conséquents érudits, traînant la babouche sous leur bedaine et devisant gravement, faisaient assaut de tant de science que Nasruddin, ébahi, en oubliait d’agiter sa branche de palmier devant leur face. Il n’éventa bientôt plus que sa propre figure quand il entendit le premier de ces sages révéler à son acolyte :
– Ami très vénéré, donnez-moi n’importe quel relief de carcasse animale et je me fais fort de reconstituer sur-le-champ autour de ces débris la chair disparue de la bête, ses molécules, ses atomes, son sang, ses organes, sa peau, bref, son corps tout entier. N’est-ce point là de l’admirable biologie ?
– Bagatelle, très estimé compagnon, répondit l’autre. Balbutiement de novice !
Je suis, moi, capable – tenez-vous bien – d’insuffler la vie dans le corps de votre bestiole, de faire qu’elle se dresse sur ses pattes et respire à nouveau l’air de la Création ! Hé, ne sommes-nous point là à la hauteur de Dieu ?
Devisant ainsi dans l’humble simplicité des sages, ils rencontrèrent au bord du sentier le crâne d’un lion. Les deux savants l’examinèrent avec une gourmandise d’experts, puis se défièrent de prouver l’étendue de leur science. Le premier marmonna quelques formules considérablement intelligentes et versa trois gouttes de potion sur le crâne du fauve où l’on vit aussitôt repousser son museau, ses babines, sa langue, sa royale crinière, son pelage luisant et ses pattes griffues. Alors Nasruddin le Simple, éventant la face, les épaules, les pieds du deuxième savant risqua de sa misérable voix : “Je ne doute pas de votre génie, ô sage illustrissime, dit-il. Vous êtes assurément capable de rendre la vie à cette bête que vient de fabriquer votre collègue. Cependant, j’ose espérer que vous préférerez goûter à ces quelques oranges que j’ai apportées pour vous.”
Il sortit de son sac, fébrilement, ses fruits.
– Vous tremblez, c’est trivial, répondit le savant en riant doucement. Sachez, mon ridicule ami, que l’homme de science ne saurait prendre en compte les effrois des timorés et les jérémiades des obscurantistes. Il peut rendre force et souffle à la bête, il le fait. L’avenir est à ceux qui osent !
Il retroussa sa manche et, le geste assuré, il versa une goutte de son médicament sur le front du lion. La bête se frotta une oreille contre les cailloux. Une deuxième goutte mouilla le coin d’un œil, qui s’ouvrit aussitôt. Nasruddin laissa là son sac et s’en fut chercher refuge sur la plus haute branche d’un arbre mort. Il vit de son perchoir une troisième goutte s’écraser sur le museau du lion endormi. L’animal se dressa, salua le soleil d’un rugissement fier.
– Dieu ! dit l’homme de science, bras ouverts à l’extase, ne suis-je pas très grand ?
Dieu ne répondit pas, mais le lion le fit (les lions, c’est connu, parlent à coups de crocs). Il lança une patte et l’autre, ouvrit sa gueule énorme, dévora les savants, et se sentant soudain une envie de tendresse s’en fut la truffe au vent chercher une lionne parmi les dunes du désert. »
Textes d’Henri Gougaud, extrait des Contes des sages soufis
La découverte de soi est bien souvent la base sur laquelle notre vie entière va se construire… Pour le meilleur ou pour le pire, de la création à la destruction.
Une étape de développement et d’évolution dans laquelle nous sommes constamment à la recherche de notre place dans le monde. D’où le besoin d’expérimenter, de connaître et de s’inscrire dans différents rôles.
Tout cela influence le processus d’acquisition d’une nouvelle identité.
Par conséquent, ce n’est que lorsque nous avons développé un concept de soi cohérent que nous pouvons construire notre estime de nous-mêmes.
À la découverte de  moi-même



« Qui regarde dehors rêve.
Qui regarde à l’intérieur se réveille. »
Carl Gustav Jung
Faire face aux difficultés


Les épreuves font partie de l’existence. Moments de désarroi, de souffrance, elles demandent à être reconnues comme telles. Traverser une crise de couple, ou accueillir l’annonce d’une maladie… Au moindre équilibre rompu, nous entrons dans l’angoisse du basculement, de la rupture définitive. Mais nous portons en nous toutes les ressources, toute la force de vie nécessaires pour surmonter ces difficultés. En mettant des mots dessus, en acceptant que nous puissions être aidés, en recherchant des solutions, seuls ou avec d’autres, nous pouvons entrevoir des dénouements. Et en sortir plus riches.

« Un bonheur que rien n’a entamé succombe à la moindre atteinte ; mais quand on doit se battre contre les difficultés incessantes, on s’aguerrit dans l’épreuve, on résiste à n’importe quels maux, et même si l’on trébuche, on lutte encore à genoux. »
Sénèque, La vie heureuse
L’ambition : un point d’ancrage en soi


Comment écouter son cœur avec le rythme trépidant que nous impose la vie moderne ? Comment garder son calme quand tout change constamment autour de nous ? La pensée positive est l’une des forces les plus puissantes au monde. Et ce à quoi nous aspirons tous au fond, ce n’est pas à la richesse matérielle, mais au luxe d’un voyage spirituel. La véritable ambition n’est pas volonté de puissance, mais de réalisation de soi, elle n’est pas velléité, mais moteur d’action pour avancer en se dépassant. L’ambitieux ne se laisse pas vivre ou pousser par les événements extérieurs, mais se projette lui-même à moyen et long terme, prenant en main sa vie de manière responsable, dynamique et optimiste, dans un esprit de conquête qui permet de surpasser les obstacles.

« Le sage guérit de l’ambition par l’ambition même. »
Jean de La Bruyère, Les Caractères
Comment mieux me concentrer ?


L’attention et la concentration restent les bases de l’apprentissage et de la mémorisation. Or, contrairement à ce qu’on imagine, notre cerveau n’a pas été transformé en machine multitâche. Quand il y a trop de stimuli, il n’est pas capable de le gérer. Il jongle entre une activité et une autre. D’où une fatigue cognitive, et l’incapacité à mener à bien la tâche, et le risque de partir loin, loin, trop loin… Le yoga (qui est loin d’être une simple technique de « bien-être »), est l’une des pistes qui peut permettre de travailler notre concentration.
C’est avant tout l’une des six voies philosophiques (astika) de l’hindouisme qui repose sur la tradition védique. Patañjali ( V e  siècle) a écrit plusieurs sūtras. Dans le Samãdhi Pãda 1 , ce chapitre traite du but du yoga, des obstacles sur la voie mais aussi de la manière de les vaincre grâce au lâcher-prise et à la pratique de la concentration.

« Le Yoga est l’arrêt des perturbations du mental.
Alors se révèle notre Centre, établi en soi-même.
Dans le cas contraire, il y a identification de notre Centre avec cette agitation du mental. Les modifications du mental sont au nombre de cinq, douloureuses ou non.
Ce sont le raisonnement juste, la pensée erronée, l’imagination, le sommeil et la mémoire. »
Patañjali, The yoga stras of Patañjali, a study guide for book I Samãdhi Pãda
1 . Le sage Patañjali décrit dans cette œuvre de référence du yoga (-200 av. J.-C.) le fonctionnement du mental, les différentes manières d’appréhender le yoga et de l’intégrer dans notre vie.
Comment gérer l’énergie qui me traverse et gagner en confiance en moi


Parce que savoir comment gérer son énergie équivaut à avoir confiance, être sûr de soi, être prêt à relever les défis, n’abandonnez jamais, mais ne soyez pas trop sûr de vous non plus. Acceptez la compétition et faites de votre mieux en toutes circonstances : ce sera votre victoire.
Enfin, définissez ce que le succès signifie pour vous. Le dialogue interne est un moyen fondamental pour comprendre le monde qui vous entoure et pour vous comprendre vous-même. Cela vous aidera à restaurer la confiance en vous.

« Lorsque je jette mon regard tout autour, je rencontre les ruines d’une orgueilleuse civilisation qui s’écroulent et s’éparpillent en vastes amas de futilités. Pourtant je ne céderai pas au péché mortel de perdre confiance en l’homme : je fixerai plutôt mon regard vers le prologue d’un nouveau chapitre dans son histoire. »
Rabindranath Tagore, L’Offrande lyrique

« Un défaut qui empêche les hommes d’agir, c’est de ne pas sentir de quoi ils sont capables. »
Jacques Bénigne Bossuet, Pensées chrétiennes
Comment cultiver le bon sens et le discernement ?


Voici une qualité essentielle pour que l’on ne nous fasse pas croire tout et son contraire, car sans esprit critique, on devient un suiveur et nos guides ne seront pas toujours bienveillants…

Le critère de rejet

« Il est approprié, dans votre situation, Kalamas, de douter et d’être incertains ; le doute est apparu en vous à cause de faits déroutants. Dans ce cas, Kalamas, ne vous fiez pas à ce que vous avez simplement entendu dire, ni à ce qui est véhiculé par les traditions, ni à ce que les gens répètent, ni aux écritures attribuées à des sages, ni à vos conjectures, ni à vos inférences, ni à ce qui vous semble acceptable après réflexion, ni à l’habileté de celui qui parle, ni à la pensée : “ce contemplatif est notre instructeur”. Ô Kalamas, si vous savez de vous-mêmes : “Ces choses sont mauvaises ; ces choses sont blâmables ; ces choses sont condamnées par les sages ; si on les entreprend et si on les observe, ces choses conduisent à la nuisance et au malheur”, alors abandonnez-les. »

Le critère d’acceptation

« Comme je l’ai dit, Kalamas, ne vous fiez pas à ce que vous avez simplement entendu dire, ni à ce qui est véhiculé par les traditions, ni à ce que les gens répètent, ni aux écritures attribuées à des sages, ni à vos conjectures, ni à vos inférences, ni à ce qui vous semble acceptable après réflexion, ni à l’habileté de celui qui parle, ni à la pensée : “Ce contemplatif est notre instructeur”. Kalamas, si vous savez de vous-mêmes : “Ces choses sont bonnes ; ces choses ne sont pas blâmables ; ces choses sont louées par les sages ; si on les entreprend et si on les observe, ces choses conduisent à la bienfaisance et au bonheur”, alors entreprenez-les et observez-les. »
Kalama sutta
Prendre soin de soi


Nous sommes tous exposés à toutes sortes de stimuli, dans un environnement devenu extrêmement sollicitant. Dans ce contexte, l’intériorité et les capacités attentionnelles sont bien souvent mises à mal. Le savoir-être (régulation des émotions, du stress, qualité des relations interpersonnelles…) est un apprentissage parfois négligé qui peut pourtant être entraîné. Savoir ramener son attention, calmer et canaliser ses émotions peut s’apprendre. Il faut savoir s’arrêter, apprendre à tourner son regard vers l’intérieur, et à canaliser ses ressources.
 
La conception antique du souci de soi est fortement empreinte de stoïcisme.
Elle consiste en la pratique « d’exercices spirituels. » En s’efforçant de discerner ce qui dépend de soi et ce qui ne dépend pas de soi, on peut accéder à un rapport d’indifférence vis-à-vis de tout ce qui est externe. On retrouve ce travail sur soi-même chez Foucault 1 qui parle de cercle de soi comme prolongement vers autrui du souci de soi.
Sénèque, dans les Lettres à Lucilius , évoque le souci de soi d’abord dans une dimension temporelle : le temps est le premier espace vital et se soucier de soi consiste à se le réapproprier. D’autre part, dans la lettre VI, Sénèque écrit : « Tu demandes quel progrès j’ai fait ? Je commence à être l’ami de moi-même. »
Se soucier de soi, c’est aussi ne plus se faire la guerre, ne pas être dans une visée mégalomaniaque faussement exigeante. En ce qui concerne la dimension physique, il s’agit de prendre soin de son corps, sans le martyriser. Ultime dimension du souci de soi, Sénèque évoque le suicide : d’emblée il le condamne comme étant une passion et donc nullement un acte de liberté, même si il esquisse quelques exceptions dans des conditions très particulières.

Socrate et la philosophie : la sagesse comme souci de soi
Dans l’Antiquité, la sagesse est considérée comme un principe à la fois éthique et spirituel. Socrate introduit l’idée du souci de soi sur le plan éthique et spirituel : selon lui il faut vivre de manière à fortifier son âme et la rendre aussi bonne que possible pour vivre en harmonie avec soi-même, les autres et le monde. Il nous donne pour cela quelques clés : s’interroger sur ce que nous savons et voulons réellement, et sur ce que nous sommes réellement. Cela implique bien évidemment de devoir renoncer à certaines idées préconçues ou toutes faites.

« Admettons que, malgré cela, vous me teniez ce langage : “Socrate, nous ne voulons pas en croire Anytos, nous voulons t’acquitter, à une condition toutefois : c’est que tu ne passeras plus tout ton temps à examiner ainsi les gens, ni à philosopher. Si on t’y reprend, tu mourras.” Cette condition-là, juges, si pour m’acquitter, vous vouliez me l’imposer, je vous dirais : “Athéniens, je vous sais gré et je vous aime ; mais j’obéirai au dieu plutôt qu’à vous ; et tant que j’aurai un souffle de vie, tant que j’en serai capable, soyez sûrs que je ne cesserai de philosopher, de vous exhorter, de faire la leçon à qui de vous que je rencontrerai.” Et je lui dirai comme j’ai coutume de le faire : “Quoi ! cher ami, tu es Athénien, citoyen d’une ville qui est plus grande, plus renommée qu’aucune autre pour sa science et sa puissance, et tu ne rougis pas de donner tes soins à ta fortune, pour l’accroître le plus possible, ainsi qu’à ta réputation et à tes honneurs ; mais quant à ta raison, quant à la vérité, quant à ton âme qu’il s’agirait d’améliorer sans cesse, tu ne t’en soucies pas, tu n’y songes pas !” Et si quelqu’un de vous conteste, s’il affirme qu’il en a soin, ne croyez pas que je vais le lâcher et m’en aller immédiatement : non, je l’interrogerai, je l’examinerai, je discuterai à fond.

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