Les Secrets de la purification
40 pages
Français

Vous pourrez modifier la taille du texte de cet ouvrage

Les Secrets de la purification , livre ebook

-

Obtenez un accès à la bibliothèque pour le consulter en ligne
En savoir plus
40 pages
Français

Vous pourrez modifier la taille du texte de cet ouvrage

Obtenez un accès à la bibliothèque pour le consulter en ligne
En savoir plus

Description

Ce livre est le troisième du tome I, il s’inscrit dans l’œuvre magistrale de l’imam al-Ghazâlî, Revivification des Sciences de la Religion. Situé dans la partie du corpus dédié aux actes cultuels, le Livre des secrets de la purification vient logiquement juste avant celui concernant la prière. Dans l’introduction l’auteur rappelle les quatre niveaux de purification : celle des souillures du corps ; celle des péchés engendrés par les membres ; celle des travers aveuglant le cœur et enfin, celle du for intérieur en le purifiant de tout ce qui n’est pas le Très-Haut. Et bien qu’il précise d’emblée que la purification des Compagnons visait avant tout le for-intérieur, il se restreindra ici aux trois formes du niveau le plus inférieur. La purification extérieure se rapporte à trois formes d’impuretés : les souillures ; les actes impurs et les parties excédentaires du corps (poils, barbe, prépuce…). Dans tous les cas, et quel que soit le niveau envisagé, la purification représente la moitié de la foi comme le précise un hadith. Ce qui signifie qu’une seconde moitié reste à accomplir pour espérer une foi complète.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 28 octobre 2015
Nombre de lectures 134
EAN13 9791022501293
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,024€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Les Éditions Albouraq – Revivification des sciences de la religion –
© Dar Albouraq
Distribué par :
Albouraq Diffusion Distribution
Zone Industrielle
7, rue Henri François
77330 Ozoir-la-Ferrière
Tél. : 01 60 34 37 50
Fax : 01 60 34 35 63
E-mail : distribution@albouraq.com
Comptoirs de ventes :
Librairie de l’Orient
18, rue des Fossés Saint Bernard
75005 Paris
Tél. : 01 40 51 85 33
Fax : 01 40 46 06 46
Face à l’Institut du Monde Arabe
Site Web : www.orient-lib.com
E-mail : orient-lib@orient-lib.com
Librairie Albouraq
91, rue Jean-Pierre Timbaud
75011 Paris
Tel : 01 48 05 04 27
Fax : 09 70 62 89 94
E-mail : librairie11@albouraq.com
Site Web : www.albouraq.com
Tous droits de reproduction, d’adaptation ou de traduction, par quelque procédé que ce soit, réservés pour tous les pays à l’Éditeur.
1435-2014
EAN 9782841619955
A BÛ H ÂMID
A L -G HAZÂLÎ
LIVRE DES SECRETS DE LA PURIFICATION
(kitâb asrâr al-tahâra)
Traduction et notes à partir de la version arabe: Idris De Vos
Nous sommes heureux de présenter aux Lecteurs un nouvel extrait de la somme Revivification des sciences de la religion , de l’imam Abû Hâmid al-Ghazâlî. Il s’agit de la traduction complète du livre II de la section des Adorations du tome I, intitulé Les secrets de la purification ( kitâb asrâr al-tahâra ).
Préludant aux adorations physiques, la purification trouve naturellement sa place au début de cet ouvrage, juste après le Livre de la science. L’intention de pureté intérieure ayant son prolongement dans les actions, la propreté physique est davantage qu’une préoccupation subsidiaire ou même une louable habitude, elle un des prolongements de l’orientation intérieure et un signe de sa validité ; Elle est, ainsi que l’a dit le Prophète : « Une part de la foi. »
Au nom de Dieu, le Très Miséricordieux, le Tout Miséricordieux.
Louange à Dieu qui en Sa bienveillance emploie Ses serviteurs au culte de la purification. Lui qui répand Ses lumières et Ses grâces subtiles dans leur cœur pour en nettoyer le for intérieur ; qui met à leur disposition l’eau, cet élément insaisissable est subtil, pour nettoyer leur être extérieur.
Puisse le Seigneur appeler Sa grâce sur le Prophète Muhammad, lui dont la lumière de guidance rayonne universellement, ainsi que sur sa famille pure entre toutes. Et fasse le Très-Haut que la bénédiction de cette grâce nous soit salutaire au jour de la crainte, et dresse un rempart protecteur entre nous et tout malheur.
Le Prophète, Dieu lui consente la grâce et le salut, a dit : « La religion est fondée sur la pureté. » et : « La purification est la clé de la prière. » Le Très-Haut a dit quant à Lui : « En son sein se trouvent des hommes qui aiment se purifier. Or, Dieu aime ceux qui se purifient. » 1
Le Prophète – Dieu lui consente la grâce et le salut – a dit par ailleurs : « La purification est la moitié de la foi. » Et le Très-Haut a dit : « Dieu ne veut pas vous rendre les choses malaisées. Il veut simplement vous purifier. » 2
Les gens de discernement comprennent de la lettre de ces textes que la plus importante chose consiste à purifier leur for intérieur. Car la parole du Prophète, Dieu lui consente la grâce et le salut : « La purification est la moitié de la foi » ne peut raisonnablement évoquer la seule purification extérieure consistant à se passer de l’eau sur le corps, tout en demeurant affecté intérieurement d’impuretés et de souillures. Tant s’en faut !
La purification se fait ainsi sur quatre niveaux :
Le premier consiste à purifier le corps sali par des actions impures, des souillures et des déjections.
Le deuxième consiste à purifier les membres de leurs méfaits et de leurs péchés.
Le troisième consiste à purifier le cœur de ses tares et de ses travers détestables.
Le quatrième consiste à purifier le for intérieur de tout ce qui n’est pas le Très-Haut. Cette dernière purification est celle des prophètes – puissent les grâces de Dieu se répandre sur eux – et des véridiques.
A chaque niveau, la purification représente la moitié du travail à accomplir.
Le but ultime de l’action relative au for intérieur consiste à faire apparaître au serviteur la majesté et l’immensité de Dieu. Et la connaissance de Dieu véritable ne saurait s’établir dans les tréfonds du cœur tant que les réalités autres que Dieu n’en sont pas soustraites. C’est pourquoi le Très-Haut a dit : « Dis : « Dieu »et laisse-les à leurs vaines disputes. » 3 Parce que les préoccupations de ce monde et l’aspiration à Dieu se mêlent dans le cœur, or « Dieu n’a placé deux cœurs dans le flanc d’aucun homme. » 4
Le but ultime de l’action relative au cœur consiste à le doter des vertus et à l’imprégner des dogmes qu’enseigne la révélation. Ce qui n’est pas possible tant que l’individu ne le débarrasse pas des impuretés que sont les croyances malsaines et les travers détestables. Le purifier est donc la moitié de cette action et la première à entreprendre.
De la même manière, purifier les membres des transgressions représente une première moitié de la foi et employer ces membres à l’accomplissement des rites en représente la seconde moitié.
Ce sont là les différents niveaux de la foi. Ces niveaux sont hiérarchisés et le serviteur ne saurait atteindre les niveaux les plus hauts sans franchir au préalable les plus bas. Il ne saurait donc purifier son for intérieur, en le libérant des vices et en le revêtant des vertus, sans avoir achevé de purifier son cœur en le libérant également des vices et en le revêtant des vertus. Et il ne saurait parvenir à cela, tant qu’il n’a pas affranchi ses membres des transgressions pour les employer aux observances. Plus l’objectif est estimable et noble, plus il est ardu de l’atteindre. Et la longueur du chemin et le nombre des obstacles vont croissant en proportion. Ne crois donc pas que l’espoir seul peut mettre le but à la portée de l’aspirant et ne crois pas que celui-ci s’offre sans difficulté.
Les gens à qui les voiles dissimulent ces différences de niveaux ne comprennent que le premier degré de la purification. C’est-à-dire ce degré qui en est l’ultime enveloppe apparente, à l’extrémité inverse de la moelle. Ils concentrent donc toute leur attention sur celle-ci et en approfondissent les diverses applications, si bien qu’ils passent tout leur temps à lessiver leurs vêtements, à nettoyer leurs selles et à se toiletter avec zèle, consommant pour cela beaucoup d’eau. Les suggestions malignes et les idées illusoires leur laissent penser que la purification louable et requise se résume à cela. Ils ignorent en outre ce que fut l’orientation de nos prédécesseurs en la matière. Il se trouve que ces derniers concentraient toute leur attention et leur réflexion sur la nécessité de se purifier le cœur, et faisaient peu de cas des apparences. C’est si vrai que ‘Umar – Dieu soit satisfait de lui – en dépit de son haut rang, fit son ablution avec les eaux d’une jarre appartenant à une chrétienne. Certains de nos prédécesseurs ne se lavaient pas même les mains après avoir mangé des aliments gras. Ils s’essuyaient les doigts sur la plante des pieds et ils condamnaient le savon 5 en lequel ils voyaient une innovation condamnable. Ils priaient à même le sol dans les mosquées et ils se déplaçaient nus pieds dans les rues. Ceux parmi eux qui plaçaient entre eux et le sol une couche pour dormir étaient seulement les plus âgés et ils se contentaient de pierre pour nettoyer leurs selles.
Abû Hurayra, et d’autres hommes parmi les gens du banc 6 , rapportent ce qui suit : « Lorsque le muezzin invitait les fidèles à se lever pour prier alors que nous étions en train de manger de la viande rôtie, nous plongions nos doigts dans le sol et frottions nos mains avec la terre. Puis nous entamions la prière. »
‘Umar – Dieu soit satisfait de lui – a dit : « Nous ne connaissions pas le savon à l’époque du Prophète – grâce et paix lui soient consenties. Nos seules serviettes étaient le creux de nos pieds. Lorsque nous mangions de la graisse, c’est là que nous essuyions nos mains. »
On dit que les premières innovations apparues après l’Envoyé de Dieu - grâce et paix lui soient consenties – étaient au nombre de quatre : les tamis, le savon, les tables et la réplétion.
Toute l’attention des anciens se portait sur la purification de leur être intérieur. À tel point que certains ont dit qu’il était préférable de prier avec les sandales. Ils se fondaient sur le fait qu’un jour, l’Envoyé de Dieu - grâce et paix lui soient consenties – retira ses sandales à la demande de Gabriel – grâce lui soit consentie. Celui-ci l’avait informé qu’elles étaient sales. Voyant que les gens l’imitaient et enlevaient leurs sandales, il leur demanda : « Pourquoi enlevez-vous vos sandales ? »
An-Nakha‘î a dit au sujet de ceux qui retirent leurs sandales : « J’aurais aimé qu’un nécessiteux vienne et prennent leurs sandales pour condamner cette habitude. »
Relativement à ces choses, ils n’étaient donc pas rigoristes. Ils s’asseyaient en tailleur après avoir marché pieds nus dans la rue, puis ils priaient à même le sol dans les mosquées. Ils mangeaient de la farine de blé et d’orge alors que les mouches s’y plongeaient et urinaient dedans. Ils ne se révulsaient pas de la sueur des chameaux et des chevaux alors que ceux-ci se roulaient dans la fange. Et nul récit ne témoigne que l’un d’eux a posé une question sur un point de détail relatif à la façon de se débarrasser d’impuretés quelconques.
Les anciens étaient donc souples en la matière. Mais aujourd’hui, un certain nombre de gens leur ayant succédé se comportent bien différemment. Ils qualifient le maniérisme de propreté et prétendent que c’est le fondement de la religion. Ils emploient tout leur temps à se toiletter comme une coiffeuse attife la mariée ! Mais à l’intérieur d’eux-mêmes, c’est une désolation ! Ils sont infestés des souillures de l’orgueil, de la suffisance, de l’ignorance, de l’ostentation et de l’hypocrisie. Et ils n’y voient pas de mal ou de sujet d’étonnement. Si par malheur un fidèle utilise de simples pierres pour s’essuyer les selles, s’il marche pieds nus, s’il prie sur la terre ou sur le sol d’une mosquée dépourvue de tapis, s’il marche sur les nattes sans avoir chaussé de bottines de cuir, s’il fait ses ablutions avec les eaux du récipient d’un vieillard ou d’un homme peu soigneux, ils lui font vivre le jour du jugement ! Ils l’accablent d’invectives ; ils le qualifient de crasseux ; ils l’excluent de leur communauté et répugnent à manger avec lui ou à le côtoyer. En somme, ils qualifient de saleté le mépris des apparences, bien que cela fasse partie de la foi, tout en qualifiant le maniérisme de propreté. Vois comme ils changent la vertu en vice et le vice en vertu ! Et vois comme ils effacent l’apparence de la religion aussi bien que sa réalité intérieure et sa connaissance.
D’aucuns demanderont : cette manière instaurée par les soufis de négliger l’apparence vestimentaire et la toilette est-elle louable ou blâmable selon toi ?
Je m’abstiendrais bien de répondre à une telle question sans donner de précision. Mon propos est simplement de mettre en cause le toilettage excessif, l’affectation, l’accumulation de récipients et d’ustensiles, l’usage de bottines de cuir, l’habitude de se couvrir le visage pour se protéger de la poussière, et tous les usages de cette nature. Si on considère ces soins en eux-mêmes, il apparaît qu’ils sont parfaitement licites. Mais, selon les circonstances et les intentions, ils peuvent être louables ou condamnables.
La raison pour laquelle ils sont licites en eux-mêmes n’échappera à personne. Car l’individu dispose comme il l’entend de ses biens dument gagnés, de son corps et de ses vêtements. Dans la mesure où il ne gaspille pas et ne commet pas d’excès.
Mais ils peuvent devenir condamnables si l’individu en fait l’essence de la religion. S’il en fait l’interprétation de la parole du Prophète – grâce et paix lui soient consenties : « La religion se fonde sur la propreté. » Au point de condamner ceux qui n’y attachent pas d’importance, à la façon des anciens. Ils peuvent également le devenir si l’intention de l’individu est de se donner une belle apparence pour impressionner ses semblables. C’est le propre de l’ostentation proscrite. Ils sont donc condamnables sous ces deux rapports.
A l’inverse, ces soins peuvent être louables s’ils sont motivés par la seule intention de bien faire, si l’individu ne cherche pas à se mettre en valeur et s’il ne condamne pas ceux qui négligent de faire comme lui. Cela pose en outre comme condition de ne pas l’empêcher d’accomplir ses prières au début du temps prescrit et de ne pas le détourner d’une action plus méritoire, d’une occasion de s’instruire ou d’une quelconque activité plus estimable. Si les soins en question sont dispensés dans le respect de ces conditions, ils sont donc licites et peuvent participer à rapprocher de Dieu par l’intention qui les motive. Mais seuls les gens désœuvrés peuvent sans peine s’y employer. C’est-à-dire ces gens qui ne feraient que dormir ou parler de choses qui ne les concernent pas s’ils n’étaient pas occupés à leur toilette. Dans ce cas, il vaut mieux qu’ils consacrent de leur temps à cette activité. Parce que veiller à se purifier renouvelle le souvenir du Très-Haut et des adorations. Rien ne s’oppose donc à une purification aussi soignée, dans la mesure où elle n’entraine pas une action condamnable ou un excès.
Quant aux gens affairés aux sciences et aux œuvres de piété, ils ne doivent pratiquer ces soins qu’avec parcimonie. S’ils en font davantage, ce n’est pas à leur crédit. Ils perdent en outre leur temps, ce temps qui est la perle la plus précieuse qui soit pour ceux qui savent en tirer profit.
Rien d’étonnant à cette différence de statut : les bonnes actions des gens vertueux sont les mauvaises actions des gens rapprochés. L’homme désœuvré ne doit donc pas négliger sa toilette. Il ne doit pas non plus condamner les soufis et prétendre suivre l’exemple des compagnons. Parce que l’exemple des compagnons consistait à se préoccuper de choses plus importantes. On demanda à Dâwud at-Tâ’î : « Pourquoi ne peignes-tu pas ta barbe ? » Il répondit : « Il faudrait que je n’aie rien d’autre à faire ! »
Pour cette raison, il me semble que ni le savant, ni l’étudiant, ni l’homme occupé aux œuvres de piété ne doivent perdre leur temps à laver leurs vêtements pour éviter de porter un habit foulé, s’imaginant que la négligence véritable se situe dans la modicité des habits.
Au premier siècle [de l’islam], les croyants priaient dans une fourrure foulée. Et on ne faisait pas de différence entre la fourrure foulée et la fourrure tannée 7 en matière de propreté. Les fidèles se contentaient d’éviter les impuretés s’ils les constataient et ils ne cherchaient pas à examiner des situations improbables. Ils préféraient se pencher sur les subtilités de l’ostentation et de l’iniquité. Un jour que Sufyân ath-Thawrî marchait avec un ami, celui-ci porta son regard sur une porte de maison imposante et richement décorée. Il lui dit : « Ne fait pas cela. Si les gens ne la regardaient pas, son propriétaire ne se livrerait pas à un tel excès. Celui qui la regarde participe à son action. »
Nos prédécesseurs apprêtaient ainsi le hammam de leur pensée, afin de percevoir des subtilités de cet ordre et ne s’affairaient pas à étudier d’hypothétiques situations d’impureté extérieure.
Si un savant trouve un homme du peuple disposé à s’occuper du nettoyage de ses vêtements et le prépose à cette tâche, c’est encore mieux. Car ces soins sont préférables à la négligence et l’homme concerné en tirera également bénéfice, car en s’affairant

  • Accueil Accueil
  • Univers Univers
  • Ebooks Ebooks
  • Livres audio Livres audio
  • Presse Presse
  • BD BD
  • Documents Documents