Mais Sa Parole demeure éternellement
110 pages
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Description

Nous pouvons lire la Bible durant toute notre vie, sans jamais y trouver de quoi nourrir notre foi. Cela peut laisser une telle soif non étanchée que le risque est là de finir par ne plus ouvrir la Bible que par devoir, par habitude… ou plus du tout. Mais si nous l’ouvrons en préparant notre cœur à entendre La Parole RHEMA, alors la foi sera nourrie et la lecture deviendra un temps de joie, de communion avec un Dieu qui parle, qui nous parle ! Les messages de ce recueil sont nés de ces précieux moments de communion avec Dieu. C'est la prière de l'auteur qu’ils puissent faire (re-) découvrir au lecteur que notre Dieu est un Dieu qui parle, qui nous parle et dont la Parole est, aujourd’hui encore, pertinente et porteuse de vie ! « Je me réjouis de ta parole comme celui qui a trouvé un grand butin » (Psaume 119,162) Claude ROUVIERE, originaire de Cévennes est née en 1962 à Nîmes. Elle a fait ses études supérieures de Lettres Classiques et Histoire Ancienne (classes préparatoires au lycée Joffre à Montpellier et Université Paris-Sorbonne 1980-84) et obtenu un CAPES de Lettres Classiques (1985). En 1983 elle s'est mariée avec Jean-Luc ROUVIERE, docteur en physique, chercheur au CEA à Grenoble. Ils ont 4 enfants. Après son baptême, elle a eu par la suite l’occasion de fréquenter différentes églises et de vivre aussi deux périodes sans église, durant lesquelles elle s'est encore affermie dans un dialogue quotidien avec le Père. En 2002 son pasteur lui a proposé de prêcher dans son l’assemblée. La porte était ouverte pour un appel reçu 22 ans plus tôt. Ce recueil contient vingt messages adressés à l’Eglise qui doute et qui baisse les bras, vingt messages pour lui redonner le désir et la joie d’être encore et à nouveau le sel de la terre et la lumière du monde !

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 01 janvier 2010
Nombre de lectures 0
EAN13 9782918629078
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,05€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Mais Sa Parole
demeure éternellement…
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Claude Véronique Rouvière
 
 
 
© 2010, Claude Véronique Rouvière
 
Aucun extrait de cette publication ne peut être reproduit ni transmis sous une forme quelconque, que ce soit par des moyens électroniques ou mécaniques, y compris la photocopie, l'enregistrement ou tout stockage ou report de données sans la permission écrite de l'éditeur.
 
Sauf indications contraires, les textes cités sont tirés de la Nouvelle Bible Segond.
 
Publié par Editions l'Oasis, année 2010.
Ce livre a été publié sous la division 'auto publication' des Editions l'Oasis. Les Editions l'Oasis déclinent toute responsabilité concernant d'éventuelles erreurs, aussi bien typographiques que grammaticales, et ne sont pas forcément en accord avec certains détails du contenu des livres publiés sous cette forme.
 
Dépôt légal: 3e trimestre 2010.
Couverture fait par Damien Baslé: www.damienbasle.com
 
Imprimé en France

Rte d'Oupia, 34210 Olonzac, France
tél (33) (0) 468 32 93 55
fax (33) (0) 468 91 38 63
email: editionsoasis@wanadoo.fr * www.editionsoasis.com
 
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Boutique en ligne sécurisée sur www.editionsoasis.com.
 
 
Table des matières
Dieu parle
Ecouter et… entendre
Des pierres du Jourdain
Faisons lui totalement confiance et osons le suivre!
Y a-t-il rien qui soit étonnant
de la part du Seigneur?
L’autorité de la parole de Dieu
« L’autorité d’un homme est de peu d’importance
Et passe en un moment;
Mais cette vérité que le Ciel nous dispense
Dure éternellement » Pierre Corneille
Un homme selon le cœur de Dieu
Le simple esclave
What you do in life echoes in eternity
Quitter son père et sa mère…
« Car j’ai jugé bon, parmi vous, de ne rien savoir d’autre que Jésus-Christ, Jésus-Christ crucifié »
L’Evangile selon Moïse
ou le salut par grâce dans le désert.
« Seigneur Dieu, c’est toi qui sais ».
Le poisson de Jonas
Jonathan attaque le poste des Philistins
Jésus vint
Le premier amour
Le Seigneur est mon rocher et mon libérateur
Donnez gloire au Seigneur!
Retour à Dieu
J’ai gravi la montagne jusqu’au sommet
SOMMAIRE


Dieu parle
 
 
«  Ainsi la foi vient de ce qu'on entend,
et ce qu'on entend vient de la parole du Christ. »
Romains 10,17 (traduction Segond)
 
 
Le sens de ce passage pourtant très connu ne nous apparaît pas avec évidence à la première lecture: nous entendons tant de choses qui ne viennent pas de la parole de Dieu!
Si la traduction de ce verset est complexe c’est que le texte grec comporte une finesse de vocabulaire qui n’existe pas dans notre langue. En grec, il y a deux mots pour dire « parole »: LOGOS, le plus employé et RHEMA, celui qui se trouve dans ce verset.
Pour exprimer la différence entre les deux, je pourrais dire que LOGOS signifie une parole générale d’enseignement, une parole savante, doctrinale. Nous retrouvons cette racine dans les mots géo-logie, bio-logie, théo-logie…
RHEMA, par contre, fait référence à une parole simple, directe, quotidienne, qui s’adresse personnellement et directement à moi.
D’ailleurs, cette dualité apparaît clairement dans les termes employés pour parler de la Bible: nous disons « les Ecritures » (référence à la parole LOGOS) ou « la Parole » (référence à la parole RHEMA)
Maintenant, si nous paraphrasons ce verset en tenant compte de ces éclaircissements, nous pouvons comprendre que « la foi vient de ce que j’entends à travers la parole de Christ quand je la ressens comme s’adressant à moi directement, quand elle me percute dans mon questionnement d’aujourd’hui, dans mon besoin le plus profond »
 
Ainsi, tu peux lire la Bible durant toute ta vie, en connaître toutes les versions, toutes les subtilités de traduction, sans jamais y trouver de quoi nourrir ta foi. Cela s’appelle de la culture biblique. C’est très intéressant mais ce n’est pas suffisant et cela peut te laisser une grande amertume dans le cœur, une telle soif non étanchée que tu finiras par ne plus ouvrir la Bible que par devoir, par habitude… ou plus du tout.
Mais si tu l’ouvres en préparant ton cœur à entendre La Parole RHEMA, alors ta foi sera nourrie et ta lecture deviendra un temps de joie, de communion avec un Dieu qui parle, qui te parle!
Cela n’est en rien destiné à une élite spirituelle: c’est ce que Dieu nous propose à chacun! Ne nous contentons donc pas de lire Les Ecritures qui nous racontent l’histoire du peuple de Dieu mais ouvrons notre cœur et notre esprit à La Parole et, comme les disciples demandaient simplement à Jésus de leur expliquer les paraboles, demandons à Dieu: « Père, je ne veux pas simplement re-lire une histoire que je connais déjà mais, à travers ce que je vais lire parle-moi de Toi et de moi, interpelle-moi, bouleverse-moi, fais-moi grandir dans ma façon de voir et de penser, révèle-moi ton message d’aujourd’hui qui va façonner mon cœur, montre-moi le chemin que tu as tracé pour moi… »
N’oublie pas de noter ce que tu as entendu dans un carnet ou dans les marges de ta Bible car ce sera comme si tu ajoutais dans le tiroir de ton cœur une nouvelle lettre d’amour du Seigneur, une lettre que tu pourras relire et grâce à laquelle tu pourras te fortifier et retrouver l’assurance lorsque la fatigue, le découragement, le doute, viendront t’assaillir.
 
Les messages de ce recueil sont nés de ces précieux moments de communion avec Dieu. Je prie qu’ils puissent te rappeler ou te faire découvrir que notre Dieu est un Dieu qui parle, qui nous parle et dont la Parole est, aujourd’hui encore, pertinente et porteuse de vie!
 
 
« Je me réjouis de ta parole
comme celui qui a trouvé un grand butin »
(Psaume 119,162)

Ecouter et… entendre
 
 
Au cours de l’ultime soirée qu’il passe avec ses disciples, Jésus leur révèle clairement tout ce qui va se passer dans les jours à venir; il leur précise le sens et le but de sa mort qui va accomplir toutes les promesses de Dieu au peuple d’Israël... mais aucun ne reçoit son message.
«  22 Pendant qu'ils mangeaient, il prit du pain; après avoir prononcé la bénédiction, il le rompit et le leur donna en disant: Prenez; c'est mon corps. 23 Il prit ensuite une coupe; après avoir rendu grâce, il la leur donna, et ils en burent tous. 24 Il leur dit alors: C'est mon sang, le sang de l'alliance, qui est répandu pour une multitude. 25 Amen, je vous le dis, je ne boirai plus du produit de la vigne jusqu'au jour où je le boirai, nouveau, dans le royaume de Dieu.
26 Après avoir chanté, ils sortirent vers le mont des Oliviers. 27 Jésus leur dit: Il y aura pour vous tous une cause de chute, car il est écrit:
Je frapperai le berger, et les moutons seront dispersés.
28 Mais après mon réveil, je vous précéderai en Galilée. 29 Pierre lui dit: Quand cela serait pour tous une cause de chute, cela ne le serait pas pour moi. 30 Jésus lui répond: Amen, je te le dis, aujourd'hui, cette nuit même, avant qu'un coq ait chanté deux fois, toi, tu m'auras renié par trois fois. 31 Mais lui n'en protestait que davantage: Quand il me faudrait mourir avec toi, je ne te renierais pas! Et tous en disaient autant ». (Marc 14, 22-31)
 
Tout d’abord, Jésus Il annonce cette mort: son corps brisé « Prenez; c’est mon corps », et son sang versé « C’est mon sang  ». Mais à travers cette citation de Zacharie (13,7) « Je frapperai le berger » il rappelle que c’est bien le projet de Dieu. Il précise le but de cette mort: « le sang de l’alliance qui est répandu pour une multitude » . Dans l’esprit d’un Juif, les mots sang répandu et alliance font très clairement référence aux sacrifices. Ce sacrifice unique va remplacer une fois pour toute tous les sacrifices et ouvrir une alliance nouvelle, définitive cette fois, pour le salut du monde. Il annonce en effet qu’il attendra ses amis dans le Royaume du Père dont ce sacrifice ouvre les portes. Matthieu 26,29, précise en rapportant les même événements: « Je ne boirai plus du fruit de la vigne jusqu’au jour où je le boirai nouveau, avec vous, dans le Royaume de Dieu »
Mais Jésus ne se contente pas d’annoncer ce message spirituel, il annonce aussi à ses disciples comment ils vont vivre cette situation de crise et il prend soin de les préparer à ces moments difficiles. Jésus est fils de Dieu, son message est spirituel mais ce passage (comme de nombreux autres) nous rappelle qu’il se préoccupe de notre vie quotidienne, de nos soucis, de nos angoisses…
D’abord, il précise à ses disciples qu’ils vont être désemparés: « Je frapperai le berger et les brebis seront dispersées »
Mais aussitôt, pour les rassurer, il leur annonce sa résurrection: « Mais après que je serai ressuscité » et une nouvelle rencontre: « Je vous précéderai en Galilée » .
En quelques phrases, Jésus leur dit tout ce qu’ils ont besoin de savoir pour pouvoir affronter dans l’espérance et la foi ces journées terribles qui les attendent: il leur a annoncé aussi bien l’épreuve que la délivrance.
Pourtant, ILS N’ONT RIEN ENTENDU. Jésus parle mais personne ne l’entend. Pas de questions, alors qu’il y en aurait tant à poser. Pas de réponses non plus, sinon celle, absurde, aveugle, de Pierre, pour nier les paroles du Maître.
Jésus leur dit des choses essentielles mais aucun ne réagit, ou réagit totalement à côté du problème: Luc (22,24) nous rappelle leur discussion à ce moment-là pour savoir qui serait le plus grand d’entre eux dans son Royaume…
Bien sûr, nous pouvons être abasourdis par une telle surdité… mais la question que nous pouvons nous poser est: « Est-ce que moi j’entends ce que Jésus me dit? »
Je vous propose d’analyser les différentes raisons qui empêchent les disciples d’entendre Jésus… il y a de fortes chances pour que ce soient les mêmes qui nous empêchent aussi de l’entendre aujourd’hui.
 
La première de ces raisons me paraît être l’habitude.
Lorsque Jésus distribue la Cène et annonce « Prenez, c’est mon corps », « C’est mon sang » , les disciples devraient être stupéfaits. Jésus leur donne du pain en disant que c’est son corps, du vin en disant que c’est son sang et il le leur fait manger et boire! Passe encore pour le pain… mais le vin! Comment ont-ils pu entendre, sans réagir « c’est mon sang », « buvez », eux qui connaissaient parfaitement l’interdit majeur de la loi mosaïque sur la consommation du sang!
              Manger le corps, boire le sang de Jésus! N’y aurait-il pas des questions à poser? Non. Ils mangent et ils boivent… comme chaque fois à l’occasion de la fête. Depuis plus de mille ans, les Juifs mangent le pain sans levain à l’occasion de la Pâque.
Aucun des disciples ne voit que Jésus vient donner son véritable sens à cette tradition. Ils vivent une soirée de fête, entre amis, comme tous les ans. Pourtant cette Pâque est unique dans l’histoire de l’humanité.
Les paroles de Jésus ne sont-elles pas assez claires pour être comprises? Mais il est là pour les éclairer, si le besoin s’en faisait sentir. Et il insiste, et il revient… il fait tout son possible pour être entendu.
Et nous, quand nous venons au culte, y voyons-nous plus qu’une habitude? Percevons-nous ce que Jésus vient donner de sens à notre rassemblement pour en faire plus qu’une rencontre entre amis? Quand nous mangeons le pain et buvons le vin, est-ce l’habitude qui prend le dessus ou sommes-nous bouleversés par le sens que la mort de Jésus a donné à ces éléments?
Et lorsque nous fêtons Noël, et Pâques, le message de Jésus nous atteint-il encore?
Et quand nous ouvrons la Bible, si nous l’ouvrons encore, sa Parole est-elle toujours nouvelle et percutante pour nous ou bien est-ce que l’habitude nous murmure: « mais je connais cette histoire! »
Oui, je connais cette histoire… comme les disciples connaissaient le sens de la Pâque. Je la connais, depuis ma plus tendre enfance, peut-être… mais est-ce que je vis avec?
Quand Jésus dit: « je frapperai le berger et les brebis seront dispersées » les disciples n’ignorent pas qu’il s’agit d’une parole prophétique donnée par Dieu à Zacharie mais ils ne réalisent pas que c’est d’eux qu’elle parle.
Nous connaissons la parole de Dieu, (trop bien parfois, même, pour qu’elle nous surprenne encore) mais entendons-nous quand elle parle de nous? L’acceptons-nous dans son sens général ou l’accueillons-nous comme une Parole qui parle de nous, qui parle pour nous, pour moi, pour toi, personnellement, une parole qui nous concerne au premier degré et pas seulement dans un sens historique?
Si tant de choses sont devenues des habitudes pour nous, il est temps de réagir…
 
La deuxième raison qui nous empêche d’entendre ce que Dieu a à nous dire, c’est notre aveuglement humain.
Pierre incarne cela parfaitement mais ne soyons pas trop durs avec lui… nous lui ressemblons beaucoup.
Pierre est si sûr de lui, qu’il n’accepte pas de pouvoir faillir comme les autres: « Quand cela serait pour tous une cause de chute, cela ne le serait pas pour moi » . L’orgueil du MOI, voilà qui nous empêche d’entendre Dieu nous interpeller. Quand nous lisons sa Parole, quand nous entendons des prédications, nous trouvons tout cela juste… pour les autres. Mais MOI, je n’ai pas besoin de ces avertissements; je suis au-dessus de ces mises en garde.
Quand Dieu appelle à la repentance, c’est pour les autres, pas pour MOI. Quand Dieu interroge sur l’engagement et sur la foi, sur l’inquiétude, sur la confiance, sur l’orgueil, sur la soumission, sur l’abandon, sur la guérison…bien sûr que c’est bon pour les autres mais pas pour MOI.
Et quand Jésus insiste « En vérité, je te le dis, aujourd’hui, cette nuit même, avant que le coq ait chanté deux fois, toi, tu m’auras renié par trois fois » comment le croire?
« Mais lui n’en protestait que davantage: quand il me faudrait mourir avec toi, je ne te renierai pas ».
Il n’y a pas de commentaires à faire, nous connaissons la suite. Bien sûr que Pierre, malgré sa confiance en lui, a renié Jésus. Et nous aurions tous fait la même chose. Car, à partir du moment où nous sommes sûrs de notre propre force, nous oublions d’être vigilants et nous tombons dans le premier piège que l’Ennemi met devant nos pieds…
Il faut être très humble, regarder par terre (la racine latine de humble est humus qui signifie terre), pour voir les pièges que l’Ennemi creuse sous nos pas
« Ainsi donc, que celui qui pense être debout prenne garde de tomber » disait Paul au Corinthiens (1, Cor 10,12).
Est-ce que nous les entendons encore toutes ces paroles d’avertissement? Dieu ne nous met pas en garde pour rien. Lui connaît les dangers. S’il nous met en garde c’est que le risque existe, c’est que le risque est certain.
Si nous n’entendons plus les paroles d’avertissement de Dieu, si notre cœur n’en est pas préoccupé ou si nous connaissons des personnes qui sont bien plus concernées que nous par ces mises en garde… alors il est temps de réagir
La troisième raison qui nous empêche d’entendre ce que Dieu a à nous dire, c’est que nous sommes prisonniers d’un système de pensée.
Pourquoi les disciples n’entendent-ils pas ce que Jésus leur dit sur sa mort? Parce que, pour eux, le Christ est un Messie de gloire, victorieux et puissant: « Parole de l’Eternel à mon Seigneur: Assieds toi à ma droite, jusqu’à ce que je fasse de tes ennemis ton marchepied. L’Eternel étendra de Sion le sceptre de ta puissance: Domine au milieu de tes ennemis!.. L’Eternel l’a juré, tu es sacrificateur pour toujours selon l’ordre de Melchisedec » (Psaume 110)
Ils ne peuvent pas l’imaginer un instant cloué à la croix.
Pourtant les prophètes avaient bien annoncé aussi ce Messie souffrant:
« Méprisé et abandonné des hommes, homme de douleur et habitué à la souffrance… En fait, ce sont nos souffrances qu’il a portées, c’est de nos douleurs qu’il s’était chargé; et nous, nous le pensions atteint d’un fléau, frappé par Dieu et affligé. Or, il était transpercé à cause de nos transgressions, écrasé à cause de nos fautes; le châtiment qui nous vaut la paix est tombé sur lui, et c’est par ses meurtrissures que nous avons été guéris… maltraité, affligé, il n’a pas ouvert la bouche… On a mis sa tombe parmi celle des méchants, son sépulcre avec celui du riche, bien qu’il n’ait pas commis de violence… Le Seigneur a voulu l’écraser par la souffrance…et la volonté du Seigneur se réalisera par lui… mon serviteur le juste apportera la justice à la multitude et il se chargera de leurs fautes. » (Esaïe 53) 
Tout était écrit concernant la mort de Jésus…
 
Oui, le Christ est un Messie de gloire, victorieux et puissant mais sa victoire passe par la croix aussi incroyable que cela puisse paraître. Pour Dieu, la victoire sur la mort passe par la croix, la victoire sur le péché passe par la croix, la victoire sur Satan passe par la croix.
Bien souvent, ce sont nos certitudes sur Dieu qui nous empêchent de L’entendre. Et nous avons tous des certitudes sur Dieu, qui sont à la fois vraies et caricaturales, comme la vision du Messie qu’avaient les disciples était vraie et en même temps incomplète.
Oui, Dieu est bon, mais cela ne doit pas nous empêcher d’entendre qu’il est juste. Oui, Dieu est juste et saint, mais cela ne doit pas nous empêcher d’entendre qu’il est compatissant et plein d’amour. Oui, Dieu est grand, mais il est aussi proche de notre humanité. Oui, Dieu s’est incarné en Jésus pour se rapprocher de nous mais il demeure le Tout-Puissant et ne sera jamais notre ‘pote’. Si nous nous bloquons sur une caractéristique –même tout à fait juste- de Dieu, nous refusons d’entendre tout ce qui ne va pas dans le même sens.
Si nous sommes prisonniers d’un système de pensée qui nous empêche d’entendre la nouveauté permanente de la parole de Dieu, il est temps d’agir….
 
Enfin, la dernière raison qui peut nous empêcher d’entendre Dieu c’est que nous ne voulons pas entendre.
Ce que Jésus dit aux disciples est tellement dur qu’ils préfèrent ne pas le laisser pénétrer dans leur cœur. Ils n’en veulent pas et, consciemment ou inconsciemment, ils dressent une barrière entre eux et cette parole, une barrière de protection.
Cela peut se comprendre. Mais en refusant d’accueillir cette parole, ils se privent aussi de son pouvoir de protection et de consolation.
Le plan de Dieu ne change pas parce que je ne suis pas d’accord: pouvons-nous imaginer Jésus renonçant à Golgotha pour ne pas peiner ses disciples, pour leur éviter les affres de ces terribles journées d’angoisse et de larmes? Le plan de Dieu est parfois difficile et bien sûr que l’Evangile est une folie, Paul ne cesse de le répéter: « En effet, la parole de la croix est une folie… Or, nous, nous proclamons un Christ crucifié, cause de chute pour les Juifs et folie pour les non-Juifs » (1 Cor 1,18-21) mais Dieu l’a choisi parce qu’il est le seul possible: « Car la folie de Dieu est plus sage que les humains »
En refusant la parole de Dieu je me prive de sa consolation et de son soutien; en refusant la folie de l’Evangile, je me prive de la folle joie du salut. Car la parole de Dieu est double (« une épée à deux tranchants ») elle avertit et protège en même temps, elle corrige et console. Et si je refuse l’avertissement et la correction, je me prive de la protection et de la consolation…
Si nous n’acceptons pas l’autorité de la parole de Dieu, simplement parce qu’elle est LA parole de Dieu, il est temps d’agir…
 
Connaître et écouter la parole de Dieu, c’est une chose. Les disciples connaissaient la Parole, la Thora et les livres prophétiques; ils avaient écouté Jésus pendant trois ans, ils l’avaient VU faire les miracles qui donnaient autorité à sa parole. Et pourtant, arrivés au terme du voyage, qu’avaient-ils réellement entendu?
Ce n’est qu’après qu’ils ont compris tout cela, quand Jésus ressuscité leur est apparu:
« Puis il leur dit: c’est là ce que je vous disais lorsque j’étais encore avec vous; il fallait que s’accomplisse tout ce qui est écrit à mon sujet dans la loi de moïse, dans les Prophètes et dans les Psaumes. Alors, il leur ouvrit l’intelligence pour comprendre les Ecritures. Et il leur dit: Ainsi, il est écrit que le Christ souffrirait, qu’il se relèverait d’entre les morts le troisième jour et que le changement radical pour le pardon des péchés serait proclamé en son nom à toutes les nations, à commencer par Jérusalem. Vous en êtes témoins. Moi, j’envoie sur vous ce que mon Père a promis; vous, restez dans la ville jusqu’à ce que vous soyez revêtus de la puissance d’en haut. » (Luc 24,44-48)
 
Tout est dit… Jésus leur rappelle que la parole de Dieu s’accomplit, qu’elle soit acceptée ou non, qu’elle soit entendue ou non. Ce qui est écrit, tout ce qui est écrit sera accompli.
Notre rôle n’est pas de censurer la parole de Dieu, notre rôle est d’être des TEMOINS de cette parole de vérité. Et, pour être témoins, depuis la Pentecôte, nous disposons de cet Esprit saint que le Père avait promis et qu’Il a envoyé sur ses disciples. C’est sans doute là ce qui fait la différence entre nous, les disciples d’aujourd’hui, et les apôtres le soir de la Pâque: nous disposons du Saint-Esprit pour nous éclairer, pour nous aider à comprendre la Parole afin d’en être témoins. Mais comment serons-nous témoins de cette parole, si nous ne l’entendons pas nous-mêmes?
Dieu désire que nous acceptions d’entendre sa Parole, pas seulement de l’écouter. Dieu désire que nous accueillions sa Parole, toute sa Parole même, et surtout quand elle nous percute et nous trouble: c’est elle qui, éclairée par l’Esprit saint nous façonne pour devenir des témoins
 
Le Christ répète sept fois dans les chapitres 2 et 3 de l’Apocalypse:
« Que celui qui a des oreilles entende ce que l’Esprit dit aux Eglises »
Nous avons des oreilles, nous avons la Parole, nous avons l’Esprit saint et nous sommes l’Eglise…
Qu’est-ce qui empêche aujourd’hui la parole de Dieu de te percuter?
Qu’est-ce qui l’empêche d’atteindre ton cœur et de te projeter dans le projet de Dieu?
Qu’est-ce qui fait que, comme les disciples durant cette terrible nuit, tu te protèges de toutes les manières possibles contre cette Parole pour l’empêcher de te submerger?
Qu’est ce que tu refuses dans le projet de Dieu?
Qu’est ce que tu refuses d’entendre sur ce qui se passe dans ton cœur, dans ta vie?
Pourquoi refuses-tu l’avenir auquel le Seigneur t’appelle?
 
Soyons sans crainte et accueillons l’Esprit saint, acceptons qu’il nous éclaire la Parole, recevons-la afin de pouvoir être les témoins de lumière que Dieu désire, ici, et partout où Il choisira de nous envoyer.

Des pierres du Jourdain
 
 
Après avoir quitté l’Egypte et erré 40 ans dans le désert, le peuple d’Israël, conduit par Josué, arrive au bord du Jourdain. Comment continuer la route?
Cet épisode n’est pas seulement le témoignage historique de l’entrée du peuple d’Israël dans la Terre promise à Abraham; il nous rappelle aussi que rien n’arrête le projet de Dieu, pas même un fleuve en crue et il nous encourage, aujourd’hui encore car il est l’expression symbolique de la traversée d’une épreuve.
 
1 Josué se leva de bon matin. Partis de Shittim, ils arrivèrent au Jourdain, lui et tous les Israélites, et ils passèrent la nuit là avant la traversée. 2 Au bout de trois jours, les secrétaires parcoururent le camp 3 et donnèrent cet ordre au peuple: Lorsque vous verrez le coffre de l'alliance du SEIGNEUR, votre Dieu, porté par les prêtres-lévites, vous partirez du lieu où vous êtes et vous le suivrez. 4 Mais il y aura entre vous et lui une distance d'environ deux mille coudées: n'en approchez pas. Ainsi vous saurez par quel chemin vous devez aller, car vous n'êtes jamais passés par ce chemin auparavant. 5 Josué dit au peuple: Consacrez-vous, car demain le SEIGNEUR fera des choses étonnantes parmi vous. 6 Josué dit aux prêtres: Portez le coffre de l'alliance et passez devant le peuple. Ils portèrent le coffre de l'alliance et marchèrent devant le peuple.
7 Le SEIGNEUR dit à Josué: Aujourd'hui, je commence à te rendre grand aux yeux de tout Israël, afin qu'ils sachent que je serai avec toi comme j'ai été avec Moïse. 8 Toi, donne cet ordre aux prêtres qui portent le coffre de l'alliance: Quand vous arriverez au bord des eaux du Jourdain, vous vous tiendrez dans le Jourdain. 9 Puis Josué dit aux Israélites: Approchez ici et écoutez les paroles du SEIGNEUR, votre Dieu. 10 Josué dit: A ceci vous saurez que le Dieu vivant est parmi vous et qu'il dépossédera bien devant vous les Cananéens, les Hittites, les Hivvites, les Perizzites, les Guirgashites, les Amorites et les Jébusites. 11 Le coffre de l'alliance du Seigneur de toute la terre passe le Jourdain devant vous. 12 Maintenant, prenez douze hommes parmi les tribus d'Israël, un homme par tribu. 13 Dès que les prêtres qui portent le coffre du SEIGNEUR (YHWH), le Seigneur de toute la terre, poseront les pieds dans les eaux du Jourdain, les eaux du Jourdain seront coupées en amont, et elles s'arrêteront en une seule masse.
14 Lorsque le peuple partit de ses tentes pour passer le Jourdain, les prêtres qui portaient le coffre de l'alliance allèrent devant le peuple. 15 Dès que ceux qui portaient le Coffre arrivèrent au Jourdain et que les prêtres qui portaient le Coffre plongèrent les pieds dans l'eau, au bord — le Jourdain déborde sur toutes ses rives tout le temps de la moisson — 16 les eaux d'amont s'arrêtèrent et s'élevèrent en une seule masse à une très grande distance, à Adam, la ville qui est à côté de Tsartân, et celles qui descendent vers la mer de la plaine aride, la mer du Sel, furent complètement coupées. Le peuple traversa en face de Jéricho. 17 Les prêtres qui portaient le coffre de l'alliance du SEIGNEUR se tinrent immobiles sur la terre ferme, au milieu du Jourdain — tout Israël passait sur la terre ferme — jusqu'à ce que toute la nation eût achevé de passer le Jourdain.
1 Lorsque toute la nation eut achevé de passer le Jourdain, le SEIGNEUR dit à Josué: 2 Prenez douze hommes parmi le peuple, un homme de chaque tribu. 3 Donnez-leur cet ordre: Enlevez d'ici, du milieu du Jourdain, de l'endroit où les prêtres se sont tenus immobiles, douze pierres que vous ferez passer avec vous et que vous déposerez au campement où vous passerez la nuit.
4 Josué appela les douze hommes qu'il avait fait désigner parmi les Israélites, un homme de chaque tribu. 5 Josué leur dit: Passez devant le coffre du SEIGNEUR, votre Dieu, vers le milieu du Jourdain, et que chacun de vous charge une pierre sur son épaule, selon le nombre des tribus des Israélites, 6 afin que cela soit un signe parmi vous. Lorsque vos fils vous demanderont demain: « Que sont ces pierres pour vous? », 7 vous leur direz: « C'est que les eaux du Jourdain ont été coupées devant le coffre de l'alliance du SEIGNEUR. Lorsqu'il a passé le Jourdain, les eaux du Jourdain ont été coupées. » Ces pierres seront pour toujours un rappel pour les Israélites.
8 Les Israélites firent ce que Josué avait ordonné. Ils enlevèrent douze pierres du milieu du Jourdain, comme le SEIGNEUR l'avait dit à Josué, selon le nombre des tribus des Israélites. Ils les firent passer avec eux au campement et les y déposèrent. 9 Josué dressa douze pierres au milieu du Jourdain, à l'endroit où s'étaient tenus les prêtres qui portaient le coffre de l'alliance, et elles sont là jusqu'à ce jour. 10 Les prêtres qui portaient le Coffre se tinrent au milieu du Jourdain jusqu'à ce que soit entièrement exécutée la parole que le SEIGNEUR avait ordonné à Josué de dire au peuple, exactement comme Moïse l'avait ordonné à Josué. Et le peuple se hâta de passer. 11 Lorsque tout le peuple eut achevé de passer, le coffre du SEIGNEUR et les prêtres passèrent devant le peuple. 12 Les fils de Ruben, les fils de Gad et la demi-tribu de Manassé passèrent en ordre de bataille devant les Israélites, comme Moïse le leur avait dit; 13 environ quarante mille hommes armés passèrent devant le SEIGNEUR pour le combat, en direction des plaines arides de Jéricho.
14 Ce jour-là, le SEIGNEUR rendit Josué grand aux yeux de tout Israël; ils le craignirent comme ils avaient craint Moïse, tous les jours de sa vie.
15 Le SEIGNEUR dit à Josué: 16 Ordonne aux prêtres qui portent le coffre du Témoignage de remonter du Jourdain. 17 Alors Josué donna cet ordre aux prêtres: Remontez du Jourdain! 18 Lorsque les prêtres qui portaient le coffre de l'alliance du SEIGNEUR remontèrent du milieu du Jourdain, au moment où ils levèrent les pieds pour se diriger vers la terre ferme, les eaux du Jourdain revinrent à leur place et coulèrent comme auparavant, par-dessus toutes ses rives.
19 Le peuple remonta du Jourdain le dixième jour du premier mois; ils campèrent au Guilgal, à la limite est de Jéricho.
20 Ces douze pierres qu'ils avaient prises du Jourdain, Josué les dressa au Guilgal.
21 Il dit aux Israélites: Lorsque, demain, vos fils demanderont à leurs pères: « Que signifient ces pierres? », 22 vous le ferez savoir à vos fils en disant: « C'est sur la terre ferme qu'Israël a passé ce Jourdain. » 23 Car le SEIGNEUR, votre Dieu, a mis à sec devant vous les eaux du Jourdain jusqu'à ce que vous soyez passés, comme le SEIGNEUR, votre Dieu, l'avait fait à la mer des Joncs, qu'il a mise à sec devant nous jusqu'à ce que nous soyons passés. 24 C'est afin que tous les peuples de la terre sachent que la main du SEIGNEUR est une main forte, et afin que vous craigniez toujours le SEIGNEUR, votre Dieu. ( Josué 3 – 4)
 
Sous la conduite de Josué, le peuple arrive enfin en vue de la terre promise. Bien que ce soit le chemin prévu par Dieu, il aboutit devant un obstacle infranchissable et c’est un premier point à noter: nous avons tendance, quand nous sommes arrêtés, à penser que nous ne sommes pas sur le bon chemin. Il semble que ce ne soit pas toujours le cas. Le chemin de Dieu conduit parfois au bord du Jourdain. Le chemin de Dieu conduit parfois à quelque chose d’infranchissable « le Jourdain déborde sur toutes ses rives au temps de la moisson » . Pourtant, c’est bien le chemin de Dieu… « Le Seigneur nous a livré tout le pays » (Josué 2,24)
Et le peuple campe là, au bord du fleuve. Pour combien de temps? « Ils passèrent la nuit là, avant la traversée » (3,1) On pourrait croire qu’ils vont partir au matin. Pourtant, le texte nous dit qu’ils sont restés trois jours avant de recevoir des consignes. Trois jours… C’est le temps que Christ a passé dans le tombeau. Trois jours… C’est le temps de Dieu.
Personne ne leur a dit: « vous allez rester ici trois jours puis vous traverserez ». Ils restent trois jours PUIS on vient leur dire que c’est le moment de traverser. Là encore, nous avons des choses à entendre. Face à la difficulté, face à l’épreuve, nous voudrions toujours savoir combien de temps cela va durer. Nous voyons ici que Dieu procède différemment: le peuple s’arrête, campe, sans savoir combien de temps cela va durer et c’est lorsque ce temps d’attente prend fin qu’il reçoit cette annonce: « maintenant, on lève le camp ».
Je voudrais tant savoir combien de temps cela va durer, quand est-ce que cela va finir… Je n’en saurai sans doute rien jusqu’à ce que Dieu me dise: « maintenant, l’attente est terminée ». Devant le Jourdain, il est impossible d’avancer sans le feu vert de Dieu.
 
C’est bien Dieu, en effet, qui donne le signal du départ et c’est lui qui marche devant: « Lorsque vous verrez le coffre de l’alliance du Seigneur, votre Dieu, porté par les lévites, vous partirez du lieu où vous êtes et vous le suivrez » (3,3) Vous le SUIVREZ.
Dieu marche devant mais à une certaine distance: « Il y aura entre vous et lui une distance d’environ 2 000 coudées, n’en approchez pas » . Dieu marche devant mais, malgré sa présence et sa sollicitude, il demeure le Dieu saint, dont nous devons respecter la sainteté.
« Consacrez vous, car demain le Seigneur fera des choses étonnantes parmi vous » Suivre le Seigneur, c’est se mettre à part pour lui, c’est préparer son cœur. Dieu vient faire des choses étonnantes parmi nous: sommes-nous prêts? Sommes-nous consacrés?
Dieu marche devant et montre le chemin « ainsi vous saurez par quel chemin vous devez aller, car vous n’êtes jamais passés par ce chemin auparavant » (3,4) Inutile de nous affoler devant un chemin inconnu: Dieu connaît l’itinéraire. Dieu révèle le chemin pas à pas , pendant qu’on le SUIT. L’itinéraire ce sont les pas du Seigneur, cela nous évite de contester, de refaire le plan… Notons aussi que le fleuve ne s’ouvre pas avant que les lévites posent le pied dans l’eau: il faut faire CONFIANCE à Dieu . C’est quand j’avance que Dieu agit, déblaie le chemin au fur et à mesure…. La promesse est faite («  les eaux s’arrêteront en une seule masse  ») mais il faut faire notre part! Le premier pas est un pas de foi!
 
Sous le titre « un miracle naturel? » j’ai trouvé un commentaire expliquant que le cours du Jourdain a déjà été interrompu a deux reprises pendant plusieurs heures (en 1267 et en 1927) par des effondrements de dunes. Mais qu’est ce qui fait le miracle? Le fait que le cours du Jourdain puisse être interrompu ou le fait qu’il le soit précisément au moment où Israël est là pour traverser? En effet, si je me mets au bord du Jourdain en attendant un « miracle naturel » je peux y rester …660 ans (c’est le temps entre les deux dernières interruptions connues) sans pouvoir traverser! Le miracle ce n’est pas tant la nature du fait en soi que le moment où Dieu intervient. Sachons aussi voir ces « miracles naturels » que Dieu a faits dans nos vies!
Ensuite, c’est la traversée à pied sec: comme celle qui a passé la Mer Rouge, la nouvelle génération doit traverser pour entrer dans le pays de la promesse. Le salut passe par un franchissement impossible.
Notre salut aussi passe par un franchissement impossible: nous regarder comme pêcheurs et dignes de mort aux yeux de Dieu, accepter que le sacrifice de Christ nous lave et nous ouvre les portes du Royaume de Dieu. Humainement, une traversée avec Dieu ne peut se faire sans crainte, sans imaginer que la vague peut revenir et tout emporter comme elle a emporté les soldats égyptiens. Le chemin de Dieu est un chemin impossible à franchir sans la main de Dieu. Et une crainte « raisonnable » nous permet de voir que seule la main de Dieu nous protège.
Le texte insiste: les sacrificateurs se tinrent « immobiles sur la terre ferme / au milieu du Jourdain »: le chemin de Dieu c’est la terre ferme au milieu du danger, au milieu de l’épreuve. Mais FERME (Dieu est un « rocher »). Pendant le passage, l’Arche de l’Eternel ne bouge pas: le peuple passe devant elle et met les pieds sur la terre promise! Dieu n’est plus devant , il protège le passage! Il faut au peuple le courage de passer, le courage d’avancer jusqu’à la rive promise! Et l’Arche reste au milieu du fleuve « Jusqu’à ce que toute la nation eût achevé de passer » : cela peut sembler insignifiant mais Dieu prend soin de chacun, il prend le temps pour chacun, pas seulement pour les plus rapides… il est le bon berger, Celui qui attend les faibles et les fatigués.
On pourrait croire l’histoire terminée: le peuple a traversé, c’est le temps d’un nouvel épisode. Pourtant, suivent dix versets qui nous parlent des douze pierres commémoratives. Dix versets c’est beaucoup pour quelque chose qui ne serait pas très important. Je vous propose donc de déchiffrer maintenant l’histoire des douze pierres.
 
D’abord, il y a douze pierres et pas une seule grosse pierre. Une pierre par tribu, pas une pierre pour tout le peuple. Le peuple de Dieu est composé de familles différentes, avec des individualités différentes, des localisations différentes: Dieu se soucie de chacun. Nous conservons une individualité même quand nous appartenons à son peuple. Ces pierres sont ramassées au milieu du fleuve, c’est à dire, là où il est IMPOSSIBLE de les ramasser puisqu’elles sont couvertes par des mètres d’eau. Elles doivent être prises devant le coffre de l’alliance , là où les lévites se sont tenus: elle témoignent de la présence de Dieu tout autant que du passage du peuple. Mais à quoi serviront-elles?
Dieu donne une explication très précise: elles seront un témoignage pour les générations futures, pour tous ceux qui le demanderont, pour tous ceux qui passeront devant, « pour toujours » . Ces douze pierres seront donc dans la durée un témoignage de la puissance de Dieu.
Ce monument, ce ne sont pas les hommes qui sont passés qui ont décidé de le construire en signe de reconnaissance: c’est un ordre de Dieu. Le témoignage ne serait donc pas un choix que je fais pour faire plaisir à Dieu: c’est Sa volonté, Son attente…
Notons aussi que ces pierres sont ramassées APRES la traversée et non PENDANT parce que ce n’est qu’après l’épreuve qu’on peut témoigner. Pendant on la vit , même si on est regardé et que cela peut interpeller ceux qui regardent. C’est APRES seulement que la chose prend sa cohérence. Ce n’est qu’après qu’on peut en parler et voir par où Dieu nous a fait passer.
Regardons ce « témoignage type » que Dieu propose à son peuple: « C’est que les eaux du Jourdain ont été coupées devant le coffre de l’alliance du Seigneur. Lorsqu’il a passé le Jourdain, les eaux du Jourdain ont été coupées » (4,7) Il n’y a pas de JE, pas de MOI dans ce témoignage: seulement Dieu face aux eaux du Jourdain! C’est cela le témoignage: Dieu face au problème; moi, j’ai pu simplement passer. C’est Dieu le sujet, c’est Dieu qui agit! Un témoignage qui rend gloire à Dieu ne dit pas: « c’est par là que Je suis passé » mais « c’est Dieu qui m’a ouvert ce chemin ».
 
Remarquons aussi qu’il y a deux tas de douze pierres: le premier dressé par les représentants des tribus dans le camps, et un deuxième construit par Josué au milieu du fleuve (4,9 ) « Josué dressa douze pierres au milieu du Jourdain, à l’endroit où s’étaient tenus les lévites qui portaient le coffre de l’alliance et elles sont là jusqu’à ce jour » . N’est-elle pas surprenante la construction de ce monument commémoratif en un lieu où il est impossible de le voir? Mais Josué, successeur de Moïse, inscrit ce témoignage à un autre niveau que le visible: au niveau spirituel.
Il en est ainsi de tous les actes de Dieu: ils ont un sens direct pour ceux qui les vivent et ceux qui les voient mais ils ont aussi un sens spirituel. Le fait que Dieu ait ouvert le Jourdain devant son peuple est une réalité qui n’a pas seulement un sens historique (les pierres dans le camp) pour nous mais ce miracle a encore un sens spirituel vivace (les pierres dans le fleuve): il nous interpelle sur notre foi.
Quand mes enfants étaient petits, un jour que nous lisions ensemble le passage de la Mer Rouge, l’un d’eux m’a posé cette question: « c’est vrai, Dieu a fait ça? » C’étaient les pierres dans le camp, j’ai facilement répondu « oui ». Puis il a ajouté: « et il peut le refaire? » Cette fois, cela touchait aux pierres dans le Jourdain et il m’a fallu quelques instants pour oser répondre « oui, il peut le refaire »… mais cela a changé ma vie spirituelle et, désormais, je n’ai plus aucune hésitation: bien sûr, il peut le refaire et il peut le refaire pour MOI!
Le texte ramène ensuite notre attention sur les sacrificateurs qui portaient l’Arche et se sont tenus «  au milieu du Jourdain jusqu’à ce que soit entièrement exécutée la parole que le Seigneur avait dite » (4,10) Tenir JUSQU’AU bout, ne pas s’arrêter avant la fin. Les serviteurs de Dieu ne se reposent pas, même s’ils sont fatigués: ils sont restés debout en portant le coffre qui était lourd, toute la journée, sans doute au soleil… mais ils y sont restés non seulement jusqu’à ce que le peuple soit passé mais encore jusqu’à ce que les monument commémoratifs soient construits. Nous SOMMES aussi des sacrificateurs: restons debout, jusqu’au bout, sans faiblir afin de permettre à un peuple nombreux d’atteindre le rivage promis…
 
Enfin, l’Arche de Dieu passe à nouveau devant le peuple vers une autre situation infranchissable: Jéricho!
Même sur la terre promise, il y a des situations infranchissables: il y en aura jusqu’à la fin! Inutile de s’interroger: « qu’est ce que j’ai fait pour mériter ça? ». J’ai mérité la mort et pourtant je suis vivant et pardonné et si je me trouve devant des situations infranchissables, Dieu les franchit devant moi et avec moi jusqu’à son Royaume: c’est comme cela qu’il faut voir la route!
Le Jourdain, Jéricho ne sont pas des épreuves liées à la culpabilité d’Israël (contrairement aux 40 ans dans le désert), il s’agit tout simplement du chemin de Dieu qui doit servir de témoignage. Ne nous rendons pas plus « importants » que nous ne sommes et cessons de toujours voir l’épreuve comme CONTRE nous; elle est POUR nous et POUR la gloire de Dieu la plupart du temps.
En effet, Dieu pouvait faire passer Israël par un chemin où il n’aurait pas eu à traverser le fleuve: Canaan n’est pas une île. En moins d’une semaine de marche les Hébreux auraient pu aller d’Egypte en Canaan, sans traverser la Mer Rouge, sans avoir à franchir le Jourdain, simplement en suivant la côte de la Méditerranée. Mais ils ont accompli tout un périple qui ressemble à l’errance d’un peuple perdu, sans carte. Ce n’était pourtant pas le cas puisque Dieu était DEVANT! (sous la forme d’une colonne de feu ou d’une colonne de fumée). Dieu voulait-il seulement éprouver leur foi? Peut être, mais pas seulement.
Si le peuple d’Israël n’était pas passé par la Mer Rouge, l’armée de Pharaon l’aurait rattrapé… La Mer Rouge a servi à arrêter les ennemis. Oui, l’épreuve a aussi un but de purification et de libération! Je passe AVEC Dieu, l’ennemi, lui, ne passe pas!
La traversée du Jourdain aussi a un double sens. Pour le peuple, le passage à travers le fleuve signifie que la punition dans le désert est terminée; elle symbolise le pardon et la libération. Pour les Cananéens c’est une surprise menaçante: le peuple arrive à un endroit où on ne l’attend pas… puisqu’il est impossible de traverser, surtout en cette période!
OUI, Le chemin de Dieu peut paraître compliqué, difficile, incompréhensible… mais c’est le MEILLEUR!
Dieu a CHOISI le chemin qui devait traverser le désert et le Jourdain pour que son peuple n’oublie jamais que c’était Lui-même qui avait ouvert la porte du pays promis et pas Israël qui l’avait conquis par ses propres forces! C’est la même chose pour Jéricho: la ville était imprenable… sauf avec l’aide et les moyens de Dieu.
Nous sommes orgueilleux, nous avons tôt fait de penser que nous avons conquis nous mêmes ce que nous avons. Mais le chemin de Dieu nous conduit face à l’impossible pour que nous n’oubliions jamais que c’est LUI qui est devant, que sans LUI nous ne pouvons pas avancer, que c’est LUI qui EST le chemin, que c’est LUI qui est la vérité, que c’est LUI qui est la vie!
Faisons lui totalement confiance et osons le suivre!

Y a-t-il rien qui soit étonnant
de la part du Seigneur?
 
 
L’histoire d’Abraham, de sa rencontre avec Dieu et de son départ d’Ur vers Canaan, jusqu’à sa mort à 175 ans est riche de multiples rencontres avec Dieu. Mais cette proximité avec Dieu n’en fait pas pour autant une histoire facile. C’est un long apprentissage de la foi, non seulement en ce Dieu si présent, mais aussi de la foi en ses promesses les plus invraisemblables.
Je vous propose de parcourir le déroulement du projet de Dieu à travers Abraham jusqu’à son accomplissement mais en le lisant à la fois comme l’histoire personnelle d’Abram et de Saraï mais aussi comme l’histoire de notre trouble face aux délais de Dieu.
 
« Le Seigneur dit à Abram: va-t-en de ton pays, du lieu de tes origines et de la maison de ton père, vers le pays que je te montrerai. Je ferai de toi une grande nation et je te bénirai » (Genèse 12,1-2). Dieu expose son projet à Abram pour la première fois. Abram y adhère, obéit et quitte son pays mais…reste sans descendance, comme si Dieu avait oublié une part de sa promesse. Mais Dieu peut-il oublier ses promesses?
Dans un nouvelle rencontre avec Dieu, des années plus tard, Abram semble pourtant en avoir pris son parti; il s’est même trouvé un héritier: « Je m’en vais sans enfants, l’héritier de ma maison c’est Eliezer de Damas. Tu ne m’as pas donné de descendance  »… (Genèse 15,3). Dieu ne donne pas d’explications, ne se justifie pas, il se contente de répéter son projet: «  Ce n’est pas lui qui sera ton héritier, mais bien celui qui sortira de toi  ». Dieu n’a pas oublié sa promesse et elle demeure identique.
Il faut donc un descendant. Abram et Saraï trouvent alors une solution qui va –à leurs yeux- dans le sens du projet de Dieu: « Saraï dit à Abram: puisque le Seigneur m’a empêchée d’avoir des enfants, va avec ma servante; peut-être aurai-je un fils par elle » (Genèse 16,2). On sent l’amertume dans les mots de Saraï (gardons en mémoire qu’Abram a 85 ans et Saraï 75): puisque le Seigneur m’a empêchée d’avoir des enfants… Puisque le Seigneur n’agit pas, prenons les choses en main.

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