Sauvés dans l espérance
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Description

« SPE SALVI facti sumus » - dans l’espérance nous avons tous été sauvés, dit saint Paul aux Romains et à nous aussi (Rm 8, 24). Selon la foi chrétienne, la « rédemption », le salut, n’est pas un simple donné de fait. La rédemption nous est offerte en ce sens que nous a été donnée l’espérance, une espérance fiable, en vertu de laquelle nous pouvons affronter notre présent : le présent, même un présent pénible, peut être vécu et accepté s’il conduit vers un terme et si nous pouvons être sûrs de ce terme, si ce terme est si grand qu’il peut justifier les efforts du chemin. Maintenant, une question s’impose immédiatement : mais de quel genre d’espérance s’agit-il pour pouvoir justifier l’affirmation selon laquelle, à partir d’elle, et simplement parce qu’elle existe, nous sommes rachetés ? Et de quel genre de certitude est-il question ?
Benedictus PP XVI

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Informations

Publié par
Date de parution 31 mars 2011
Nombre de lectures 3
EAN13 9782718908342
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0026€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

BENOÎT XVI
SAUVÉS DANS L'ESPÉRANCE SPE SALVI
Préface par LE CARDINAL ANDRÉ VINGT-TROIS Président de la Conférence des évêques de France

Documents d'Église
2007
Dans la même collection «Documents d'Église», dirigée par le Père Antoine Hérouard, Secrétaire général de la Conférence des évêques de France

- Cathéchisme de l'Église catholique. Abrégé , (2005)
- Compendium de la doctrine sociale de l'Église , (2005)
- Dieu est amour («Deus caritas est») , (2006)
- Le Sacrement de l'amour («Sacramentum caritatis») , (2007)
Copyright de l'édition papier
Imprimé en France Traduction française officielle Pour l'édition originale © Libreria Editrice Vaticana, 2007 Cité du Vatican Pour l'édition française © Bayard Éditions/Centurion, Fleurus-Mame et Les Éditions du Cerf, 2007 ISBN 978-2-227-47770-4 (Bayard Éditions/Centurion - 3, rue Bayard 75393 Paris Cedex 08) ISBN 978-2-7289-1295-5 (Fleurus-Mame - 15-27, rue Moussorgski - 75018 Paris) ISBN 978-2-204-08631-8 (Éditions du Cerf - 29, bld La Tour-Maubourg 75340 Paris Cedex 07) Pour l'édition suisse © Éditions Saint-Augustin , 2007 (Case postale 51 CH-1890 Saint-Maurice) ISBN 978-2-88011-446-6 ISSN 0983-9062
Cette version électronique
a été réalisée avec le même texte que l'édition papier indiquée ci-desssus par Normandie Roto Impression en Février 2011.
ISBN 978-2-7189-0834-2
PRÉFACE Hymne à l'espérance
La deuxième encyclique du Pape Benoît XVI est une hymne à l'espérance. Elle vient rejoindre l'humanité de notre temps dans ses attentes comme dans ses déceptions, et même ses désespoirs. La lecture attentive de ce très beau texte aidera sans doute les chrétiens à retrouver le sens profond de l'espérance qui leur est offerte. Plus largement, elle ouvrira une brèche dans la chape de plomb sous laquelle tant d'hommes et de femmes de notre temps se sentent écrasés sans recours. Il est si facile de voir ce qui ne va pas, d'analyser ce qui se défait dans nos sociétés et chez les autres.
L'espérance n'est pas seulement une tournure d'esprit ou une attitude, ce que nous nommons habituellement « optimisme » et qui ne va pas sans une certaine note de naïveté et d'aveuglement. Telle n'est pas l'espérance chrétienne : elle, elle est le fruit de la Promesse réalisée par la mort et la résurrection du Christ. Loin de s'illusionner sur la réalité, l'espérance chrétienne est l'affirmation d'une certitude quant au bonheur auquel Dieu nous appelle et qu'il nous donne déjà de connaître à travers les épreuves de ce temps et jusqu'à la mort incluse.
C'est pourquoi ce qui définit l'espérance chrétienne n'est pas seulement une manière de penser. C'est plutôt le contenu d'un message historiquement connu : l'amour de Dieu est plus fort que la mort. Historiquement, il a été plus fort que la mort en la personne de Jésus de Nazareth. Historiquement, il a été plus fort que la mort à travers la vie des générations de chrétiens depuis deux mille ans. Aujourd'hui encore, il est plus fort que la mort pour quiconque veut bien accueillir la Bonne Nouvelle de la Promesse.
Benoît XVI développe sa présentation de l'espérance en affirmant ce contenu historique de la promesse du bonheur face au tragique de la condition humaine confrontée à la souffrance et à la mort et aux efforts des philosophes pour dégager une réponse devant l'inéluctable. Comment l'espérance chrétienne apporte-t-elle un signal original dans ce concert universel ? Comment nous indique-t-elle un chemin de confiance ? Le sacrifice du Christ et l'envoi en mission de l'Église nous donnent-ils autre chose qu'une illusion supplémentaire ? Plus simplement et plus radicalement encore, le Pape demande non sans audace : « La foi chrétienne est-elle aussi pour nous aujourd'hui une espérance qui transforme et soutient notre vie ? » (n o 10.)
Pour répondre à ces questions, Benoît XVI ouvre le dialogue avec les ressources humaines de l'espérance : la raison et la liberté. L'humanité contemporaine a développé différents systèmes pour donner corps à la conviction que le salut de l'homme n'est plus à attendre du ciel. Désormais, c'est l'humanité elle-même qui est vue comme l'artisan de son salut. Telle est la nouvelle croyance qui s'est répandue à partir de la mise en œuvre radicale des potentialités de la raison. Ainsi, dans les deux derniers siècles, s'est développée une promesse de salut par la science et le progrès qui relègue dans les affabulations les promesses d'un salut à venir.
Le travail de la raison qui a généré le développement scientifique a donné des fruits magnifiques, c'est vrai. Le Pape le souligne : nos générations en sont les bénéficiaires. Mais nous oublions trop facilement les ombres de ce tableau. Ces fruits ne sont pas encore équitablement partagés à travers le monde, loin s'en faut. Ils ne sont pas non plus tous bénéfiques. L'histoire moderne nous a appris qu'ils pouvaient être facteurs de mort autant que de vie. Benoît XVI n'hésite pas à nourrir sa réflexion de ce que la philosophie, notamment allemande, a pu mettre au jour dans les décennies de la fin du xx e siècle quant à l'ambiguïté du progrès. Enfin, il vaut la peine de se demander si la liberté profonde des êtres humains a progressé au rythme des réalisations techniques et des emballements qu'elles suscitent.
Devant les injustices croissantes d'un monde industrialisé au prix de la souffrance d'une multitude asservie aux conditions inhumaines de la production, certains, dont Marx est le plus connu, ont tenté d'élaborer un moyen de salut pour tous à partir de la révolution sociale. Érigé en véritable religion nouvelle, le matérialisme scientifique a sans doute été moins fidèle à la raison qu'il le promettait. Il a surtout généré un asservissement des personnes à des dictatures sanglantes dont toutes ne sont pas encore épuisées. Finalement ce messianisme politique n'a servi ni la raison ni la liberté.
L'espérance chrétienne, elle, interprète l'histoire humaine en la soumettant à la lumière d'une réalité qui dépasse notre propre expérience : la réalité de Dieu. Peut-il y avoir une véritable intelligence de l'histoire sans se référer à une transcendance qui « est le fondement et le but de notre liberté » ? (n o 23.) Cette référence, c'est l'absolu de l'amour qui nous est manifesté dans le don que Jésus fait de sa vie. Avec lui, c'est la transcendance absolue qui devient une réalité immanente à notre monde. Croire en lui, ce n'est pas fuir les contraintes de l'histoire humaine, c'est s'y immerger totalement dans le don de soi-même.
L'espérance chrétienne, c'est l'appel le plus fort à l'exercice de notre responsabilité humaine, à notre intelligence et à notre liberté. De cette responsabilité nous aurons à rendre compte devant Dieu : ce sera le jugement exercé sur notre engagement dans le service de l'amour. L'annonce de ce jugement n'est pas une menace mais une nouvelle espérance : Dieu nous prend assez au sérieux pour croire à notre liberté et à notre responsabilité.
Puisque l'espérance chrétienne renforce notre confiance dans l'amour de Dieu, elle nous pousse à nous impliquer davantage dans la réalité de notre temps présent. Elle nous conduit à prier avec confiance, non seulement pour nous-mêmes, mais encore pour tous les hommes soumis aux tribulations et aux souffrances de ce monde. Elle nous incite à agir résolument pour transformer ce monde et y faire progresser les exigences de la justice et de la paix, sans lesquelles l'annonce du bonheur promis ne saurait être crédible. Cet engagement au service de nos frères à la suite du Christ nous encourage aussi à assumer la souffrance dans notre vie, assumer notre souffrance en communion avec la souffrance du Christ.
« Nous avons besoin des espérances – des plus petites et des plus grandes – qui, au jour le jour, nous maintiennent en chemin. Mais sans la grande espérance, qui doit dépasser tout le reste, elles ne suffisent pas. Cette grande espérance ne peut être que Dieu seul, qui embrasse l'univers et qui peut nous proposer et nous donner ce que, seuls, nous ne pouvons atteindre. » (n o 31.)
CARDINAL ANDRÉ VINGT-TROIS, Archevêque de Paris, Président de la Conférence des évêques de France.
LETTRE ENCYCLIQUE SPE SALVI DU SOUVERAIN PONTIFE BENOÎT XVI AUX ÉVÊQUES AUX PRÊTRES ET AUX DIACRES AUX PERSONNES CONSACRÉES ET À TOUS LES FIDÈLES LAÏCS SUR L'ESPÉRANCE CHRÉTIENNE LIBRERIA EDITRICE VATICANA CITÉ DU VATICAN
INTRODUCTION
1. « SPE SALVI facti sumus » – dans l'espérance nous avons tous été sauvés, dit saint Paul aux Romains et à nous aussi ( Rm 8, 24). Selon la foi chrétienne, la « rédemption », le salut, n'est pas un simple donné de fait. La rédemption nous est offerte en ce sens que nous a été donnée l'espérance, une espérance fiable, en vertu de laquelle nous pouvons affronter notre présent : le présent, même un présent pénible, peut être vécu et accepté s'il conduit vers un terme et si nous pouvons être sûrs de ce terme, si ce terme est si grand qu'il peut justifier les efforts du chemin. Maintenant, une question s'impose immédiatement : mais de quel genre d'espérance s'agit-il pour pouvoir justifier l'affirmation selon laquelle, à partir d'elle, et simplement parce qu'elle existe, nous sommes rachetés ? Et de quel genre de certitude est-il question ?
[La foi est espérance]









La foi est espérance.
2. Avant de nous consacrer à ces questions, aujourd'hui particulièrement fréquentes, nous devons écouter encore un peu plus attentivement le témoignage de la Bible sur l'espérance. De fait « espérance » est un mot central de la foi biblique – au point que, dans certains passages, les mots « foi » et « espérance » semblent interchangeables. Ainsi, la Lettre aux Hébreux lie étroitement à la « plénitude de la foi » (10, 22) « l'indéfectible profession de l'espérance » (10, 23). De même, lorsque la Première Épître de Pierre exhorte les chrétiens à être toujours prêts à rendre une réponse à propos du logos – le sens et la raison – de leur espérance (cf. 3, 15), « espérance » est équivalent de « foi ». Ce qui a été déterminant pour la conscience des premiers chrétiens, à savoir le fait d'avoir reçu comme don une espérance crédible, se manifeste aussi là où est mise en regard l'existence chrétienne avec la vie avant la foi, ou avec la situation des membres des autres religions. Paul rappelle aux Éphésiens que, avant leur rencontre avec le Christ, ils étaient « sans espérance et sans Dieu dans le monde » (cf. Ep 2, 12). Naturellement, il sait qu'ils avaient eu des dieux, qu'ils avaient eu une religion, mais leurs dieux s'étaient révélés discutables et, de leurs mythes contradictoires, n'émanait aucune espérance. Malgré les dieux, ils étaient « sans Dieu » et, par conséquent, ils se trouvaient dans un monde obscur, devant un avenir sombre. « In nihil ab nihilo quam cito recidimus » (Du rien dans le rien, combien souvent nous retombons 1 ), dit une épitaphe de l'époque – paroles dans lesquelles apparaît sans ambiguïté ce à quoi Paul fait référence. C'est dans le même sens qu'il dit aux Thessaloniciens : vous ne devez pas être « abattus comme les autres, qui n'ont pas d'espérance » ( 1 Th 4, 13). Ici aussi, apparaît comme élément caractéristique des chrétiens le fait qu'ils ont un avenir : ce n'est pas qu'ils sachent dans les détails ce qui les attend, mais ils savent de manière générale que leur vie ne finit pas dans le néant. C'est seulement lorsque l'avenir est assuré en tant que réalité positive que le présent devient aussi vivable. Ainsi, nous pouvons maintenant dire : le christianisme n'était pas seulement une « bonne nouvelle » – la communication d'un contenu jusqu'à présent ignoré. Dans notre langage, nous dirions : le message chrétien n'était pas seulement « informatif », mais « performatif ». Cela signifie que l'Évangile n'est pas uniquement une communication d'éléments que l'on peut connaître, mais une communication qui produit des faits et qui change la vie. La porte obscure du temps, de l'avenir, a été ouverte toute grande. Celui qui a l'espérance vit différemment ; une vie nouvelle lui a déjà été donnée.

3. Maintenant se pose la question suivante : en quoi consiste cette espérance qui, comme espérance, est « rédemption » ? En fait : le cœur même de la réponse est donné dans le passage de la Lettre aux Éphésiens cité précédemment : avant leur rencontre avec le Christ, les Éphésiens étaient sans espérance parce qu'ils étaient « sans Dieu dans le monde ». Parvenir à la connaissance de Dieu, le vrai Dieu, cela signifie recevoir l'espérance. Pour nous qui vivons depuis toujours avec le concept chrétien de Dieu et qui nous y sommes habitués, la possession de l'espérance, qui provient de la rencontre réelle avec ce Dieu, n'est presque plus perceptible. L'exemple d'une sainte de notre temps peut en quelque manière nous aider à comprendre ce que signifie rencontrer ce Dieu, pour la première fois et réellement. Je pense à l'Africaine Joséphine Bakhita, canonisée par le Pape Jean-Paul II. Elle était née vers 1869 – elle ne savait pas elle-même la date exacte – dans le Darfour, au Soudan. À l'âge de neuf ans, elle fut enlevée par des trafiquants d'esclaves, battue jusqu'au sang et vendue cinq fois sur des marchés soudanais. En dernier lieu, comme esclave, elle se retrouva au service de la mère et de la femme d'un général, et elle fut chaque jour battue jusqu'au sang ; il en résulta qu'elle en garda pour toute sa vie 144 cicatrices. Enfin, en 1882, elle fut vendue à un marchand italien pour le consul italien Callisto Legnani qui, face à l'avancée des mahdistes, revint en Italie. Là, après avoir été jusqu'à ce moment la propriété de « maîtres » aussi terribles, Bakhita connut un « Maître » totalement différent – dans le dialecte vénitien, qu'elle avait alors appris, elle appelait « Paron » le Dieu vivant, le Dieu de Jésus Christ. Jusqu'alors, elle n'avait connu que des maîtres qui la méprisaient et qui la maltraitaient, ou qui, dans le meilleur des cas, la considéraient comme une esclave utile. Cependant, à présent, elle entendait dire qu'il existait un « Paron » au-dessus de tous les maîtres, le Seigneur des seigneurs, et que ce Seigneur était bon, la bonté en personne. Elle apprit que ce Seigneur la connaissait, elle aussi, qu'il l'avait créée, elle aussi – plus encore qu'il l'aimait. Elle aussi était aimée, et précisément par le « Paron » suprême, face auquel tous les autres maîtres ne sont, eux-mêmes, que de misérables serviteurs. Elle était connue et aimée, et elle était attendue. Plus encore, ce Maître avait lui-même personnellement dû affronter le destin d'être battu et maintenant il l'attendait « à la droite de Dieu le Père ». Désormais, elle avait une « espérance » – non seulement la petite espérance de trouver des maîtres moins cruels, mais la grande espérance : je suis définitivement aimée et quel que soit ce qui m'arrive, je suis attendue par cet Amour. Et ainsi ma vie est bonne. Par la connaissance de cette espérance, elle était « rachetée », elle ne se sentait plus une esclave, mais une fille de Dieu libre. Elle comprenait ce que Paul entendait lorsqu'il rappelait aux Éphésiens qu'avant ils étaient sans espérance et sans Dieu dans le monde – sans espérance parce que sans Dieu. Aussi, lorsqu'on voulut la renvoyer au Soudan, Bakhita refusa-t-elle ; elle n'était pas disposée à être de nouveau séparée de son « Paron ». Le 9 janvier 1890, elle fut baptisée et confirmée, et elle fit sa première communion des mains du Patriarche de Venise. Le 8 décembre 1896, à Vérone, elle prononça ses vœux dans la Congrégation des Sœurs canossiennes et, dès lors – en plus de ses travaux à la sacristie et à la porterie du couvent –, elle chercha surtout dans ses différents voyages en Italie à appeler à la mission : la libération qu'elle avait obtenue à travers la rencontre avec le Dieu de Jésus Christ, elle se sentait le devoir de l'étendre, elle devait la donner aussi aux autres, au plus grand nombre de personnes possible. L'espérance, qui était née pour elle et qui l'avait « rachetée », elle ne pouvait pas la garder pour elle ; cette espérance devait rejoindre beaucoup de personnes, elle devait rejoindre tout le monde.
Le concept d'espérance fondée sur la foi, dans le Nouveau Testament et dans l'Église primitive.
4. Avant d'affronter la question de savoir si la rencontre avec le Dieu qui, dans le Christ, nous a montré son Visage et qui a ouvert son Cœur peut être aussi pour nous non seulement de type « informatif », mais aussi « performatif », à savoir si elle peut transformer notre vie de manière que nous nous sentions rachetés par l'espérance que cette rencontre exprime, revenons encore à l'Église primitive.

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