Témoignage médité d un prêtre
134 pages
Français

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Témoignage médité d'un prêtre , livre ebook

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Description

Roger Peter, prêtre du diocèse de Nanterre, ancien HEC, ancien formateur pour les relations humaines et le développement personnel, a découvert au cours de l’exercice de ses 52 ans de sacerdoce combien l’expérience qu’il avait acquise au cours de ses activités professionnelles lui avait été utile.
Chercher et trouver Dieu en chaque rencontre commençait par chercher et trouver la juste relation comme accompagnateur, comme serviteur de la Parole tant dans l’homélie que dans la célébration des prières eucharistiques et enfin comme détenteur d’une autorité qu’il avait à servir.
Il invite le lecteur à partager ce qu’il a découvert du lien profond qui existe entre la relation à ses frères et sœurs et la relation à son Seigneur.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 30 mai 2018
Nombre de lectures 5
EAN13 9782363158611
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0300€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Témoignage médité d un prêtre
Des relations humaines à l exercice du ministère

Roger Peter

Roger Peter 2018
ISBN:9782363158611
Cet ebook a été réalisé avec IGGY FACTORY. Pour plus d'informations rendez-vous sur le site : www.iggybook.com
Table des matières

Introduction
Chapitre 1 :La présence dans l’écoute
Chapitre 2 :L’accompagnement spirituel
Chapitre 3 :âL'expression orale
Chapitre 4 :L’expression religieuse ; célébrer
Chapitre 5 : Les différents statuts de l'autorité et l'autorité de la personne
Chapitre 6 : L'autorité de l'Église et dans l'Église
Chapitre 7 :Quelques activités de « management » pastoral
Conclusion
Bibliographie
Biographie
Introduction
 

 
Il s’agit d’une partie de mon histoire personnelle.
L’idée de cet ouvrage est partie d’un échange avec des amis que j’avais rencontrés il y a déjà bien longtemps lors de mon travail professionnel d’animateur et de formateur de groupes pour les relations humaines. Ces amis ne faisaient donc pas partie du sérail des « cathos ». Je leur avais expliqué une prise de conscience récente par laquelle j’avais compris combien mes acquis professionnels avaient été précieux pour mes engagements et mes activités de prêtre. De là était sortie la vague idée de mettre cela par écrit, jusqu’à l’instant où une de mes amies m’avait lancé : « Chiche ? » Un défi à relever, et c’était parti ! Enfin, presque, car il me fallut encore un long temps avant de me lancer dans le travail d’écriture.
Il fallait suivre un chemin particulier : ni un manuel de relations humaines à l’usage des amateurs ni un livre de spiritualité pour la mise en pratique du sacerdoce. J’avais à rendre compte d’une expérience personnelle qui ne se voulait pas normative, mais qui rassemblait chez le même homme un « chemin d’humanité » [1]  et un chemin personnel d’exercice du ministère sacerdotal, le tout prenant sa dimension la plus profonde grâce à mon chemin personnel de foi. Donc, le témoignage d’une vie.
Je puis dire avec bonheur que ma foi a profité de toutes mes expériences de vie. Mais sans des habitudes de prière personnelles, que se serait-il passé ? J’avais choisi de prendre un chemin risqué : être au plus près des personnes dans leurs vies et leurs évolutions parfois bien difficiles, sans m’attacher à personne, mais en m’efforçant de les aimer toutes. Il fallait savoir accueillir au plus près, savoir relancer quand l’exigence s’en faisait sentir, savoir être toujours face aux groupes et non immergé dedans…. Ce furent de grandes aventures que je n’aurais jamais imaginées avant de les traverser. Toutefois les itinéraires de prêtres ne sont-ils pas tous risqués à partir du moment où l’homme ordonné prêtre veut parcourir au plus près la route de ses frères et sœurs humains ? Il fut un temps pas si lointain, où l’Église s’efforçait de protéger ses prêtres par la soutane, par leur genre de vie qui faisait qu’il était un être tout à fait à part, quasiment d’un autre monde, tant pour les bonnes gens que pour lui-même. Je crois que s’il m’avait fallu vivre autrement qu’en contact direct avec les gens, et sans la pesante protection d’un titre et d’un vêtement, ma personne aurait étouffé, car elle se serait sentie enfermée dans l’institution Église, particulièrement dans le regard que l’on portait sur elle.
Il faut dire que je me suis aussi formé sans le savoir. Ma première grande aventure fut après trois années sans histoires de vicaire à Rueil-Malmaison, une année d’affrontements très durs, les plus durs de ma vie, avec deux autres prêtres présents à l’aumônerie des lycées et collèges de Saint-Cloud où j’avais été nommé. J’ai compris plus tard pourquoi l’aumônier en titre avait quitté son ministère au milieu de l’année, ce qui ne se fait jamais, et pourquoi il avait choisi de se mettre au travail comme prêtre ouvrier. Pour les affrontements que j’ai alors connus, même avec le recul de 48 ans, j’en trouve toujours les mêmes causes. Il y avait un flou autour de ma nomination. Étais-je l’aumônier en titre ou non ? Cette question était déjà la source d’une lutte pour le pouvoir qui venait aggraver l’autre cause de nos affrontements : nous avions deux conceptions différentes de ce que pouvait être une aumônerie de lycée, de la place de l’aumônier, et même de l’Église. Personnellement, j’en avais une conception pas trop réfléchie, mais qui m’apparaissait évidente. Elle comportait deux objectifs étroitement liés : former de jeunes adolescents à la foi chrétienne à partir de leurs premières bases s’ils en avaient eu, et en même temps les aider à consolider leur noyau personnel au contact d’adultes ouverts et responsables. En fait, pour les deux prêtres qui m’accueillaient, si l’on peut dire, il s’agissait en quelque sorte de tout reconstruire à neuf. L’aumônerie était un terrain à partir duquel ils voulaient transformer l’Église, mais… à leur idée ! Dans ce but, on devait commencer par lancer les personnalités en formation, collégiens et lycéens, dans une liberté sans limites. Nous étions un an après mai 68. Plus grave, la foi au Christ n’était pas niée ouvertement, mais elle me semblait oubliée, ou provisoirement mise de côté.
Je me rappellerai toujours ma première visite à la chapelle qui donnait dans le hall d’entrée. Elle avait été transformée en débarras ! Une de mes premières actions fut de célébrer la messe seul, ce fut très rare dans ma vie, et de réinstaller le Saint Sacrement. Ces deux prêtres qui étaient aussi deux frères dans le sacerdoce quittèrent le ministère au bout d’un an de ma présence à Saint Cloud. L’un d’eux se maria, l’autre fortement manipulateur et très profondément toxique, se suicida plus tard dans la solitude complète. Au cours de notre année de vie ensemble, cet homme avait réussi à me mettre très fortement en question sans que je comprenne bien pourquoi ni comment. Je crois qu’il vivait pour sa part un genre d’angoisse de mort qu’il réussissait peu à peu à m’instiller par des analyses sauvages [2] . Je dois avouer qu’à force de subir des attaques frontales et les mises en cause dans notre huis clos, nous habitions tous les trois dans la maison de l’aumônerie, je ne m’en serais pas sorti seul sans l’écoute extérieure de l’homme avec lequel je devais 4 ans plus tard travailler professionnellement, et surtout la prière puissante d’une petite femme apparemment si fragile, mais profondément si forte : Marthe Robin. Avec elle, ce fut spectaculaire : moins de quinze jours après ma demande de prière envoyée par courrier au foyer de Charité de Châteauneuf de Galaure, alors que j’étais terriblement secoué, un beau matin, je me suis retrouvé tranquille, dans la paix. Le rapport de forces avait basculé. Ce fut leur tour de ne plus avoir la capacité de supporter ma présence.
Quand on sort d’une expérience aussi violente, on se retrouve à la fois avec des blessures, des forces nouvelles, un grand appétit de vivre et le goût renouvelé de la foi, ce qui correspondait tout à fait aux jeunes que j’avais à rencontrer et qui me faisaient l’effet en ces temps qui suivirent mai 68, où tout était remis en question, d’une bande de « chevaux échappés ». Comme m’a dit l’un d’entre eux beaucoup plus tard, il frisait alors la soixantaine : « Qu’est-ce qu’on t’en a fait voir !… Mais on avait pour toi un respect absolu ! » Et une autre, sa contemporaine : « Roger, je ne sais pas si tu nous as transmis la foi, mais il y a une chose que tu as réussie, nous nous ressentons toujours faire partie de ce groupe ».
Après quatre ans d’aumônerie qui m’avaient quand même bousculé, il fut question d’une nouvelle nomination. On me demanda ce que j’aimerais faire, qu’est-ce qui m’épanouirait, et je fus vraiment étonné de cette nouvelle pratique dans l’Église ; d’habitude on ne prenait pas tant de gants. Enfin, après a

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