Les bons gestes de l’apiculteur
175 pages
Français

Vous pourrez modifier la taille du texte de cet ouvrage

Les bons gestes de l’apiculteur

-

Obtenez un accès à la bibliothèque pour le consulter en ligne
En savoir plus
175 pages
Français

Vous pourrez modifier la taille du texte de cet ouvrage

Obtenez un accès à la bibliothèque pour le consulter en ligne
En savoir plus

Description

Cet ouvrage donne toutes les informations nécessaires à l'apiculteur débutant pour construire facilement son rucher : ce qu'il faut savoir sur l'abeille et le fonctionnement de la colonie et, geste par geste, photo après photo, toutes les techniques apicoles de base (de l'installation du rucher à la visite d'automne, en passant par la récolte et l'extraction du miel...).

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 30 janvier 2013
Nombre de lectures 29
EAN13 9782815302654
Langue Français
Poids de l'ouvrage 4 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0075€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

L’éditeur remercie chaleureusement pour leur collaboration Félix Gil et Jean Lacube, apiculteurs chevronnés qui ont à cœur de faire partager leur passion pour les abeilles.
Il tient également à remercier le Professeur Chermette de lui avoir ouvert les portes du rucher de l’École nationale vétérinaire d’Alfort.
Avant-propos
Sensibilisés par les médias à la situation préoccupante que subissent aujourd’hui les abeilles et conscients des enjeux qu’elles représentent pour la production agricole comme pour la biodiversité, de plus en plus de personnes, se passionnent pour cet insecte, soutiennent le combat des apiculteurs et, dans les villes comme dans les campagnes, installent des ruches.
À condition toutefois de disposer d’un espace suffisant et de ne pas être allergique aux piqûres, entretenir quelques colonies d’abeilles pour produire son propre miel est à la portée de tous et apporte infiniment de bonheur.
C’est un vrai plaisir en effet d’observer, à la planche d’envol, les abeilles épouser le cours des saisons.
Dès les premiers beaux jours, elles rapportent les premiers pollens.
Au fil du printemps, les populations se développent, les faux bourdons apparaissent, les premiers essaims s’envolent et, avec la profusion de fleurs, les hausses se garnissent de beaux rayons de miel blond…
C’est alors le temps de la récolte et le plaisir de déguster entre amis le miel de son rucher.
À l’automne, les derniers pollens sont rapportés à la ruche.
Et en hiver les abeilles demeurent cloîtrées pour affronter les longues périodes de frimas.
Contrairement aux animaux dits de compagnie qui nécessitent des soins quotidiens, les abeilles, totalement autonomes, n’ont pas besoin de l’homme pour vivre…
Mais confrontées au varroa et à la dégradation de l’environnement, pour être en mesure de produire du miel, certaines visites et certaines manipulations sont indispensables et doivent être effectuées en temps et en heure.
À cet effet, une formation approfondie dans un rucher-école est indispensable et permet d’éviter bien des déboires.
Cet ouvrage parfaitement illustré présente une méthode simple d’apiculture. Les faits et gestes sont présentés de manière didactique et doivent permettre au néophyte d’entretenir son rucher avec efficacité et rigueur.
Je remercie deux amis, Félix Gil et Jean Lacube, de nous avoir invités à partager leur travail au quotidien.
Grâce à ces conseils d’hommes de terrain, vos colonies seront belles et produiront de beaux rayons de miel.

Henri Clément

Le monde des abeilles
LA COLONIE D'ABEILLES : UN MONDE FASCINANT

L es insectes constituent le groupe zoologique le plus important de notre planète. Les abeilles, comme les fourmis ou les guêpes, appartiennent à l’ordre le plus évolué, celui des hyménoptères, qui est composé de sept familles et rassemble plus de cent mille espèces. Les premières abeilles sont apparues en même temps que les plantes à fleurs, avec lesquelles elles ont tissé une relation fructueuse et indissociable. C’était il y a plus de cent millions d’années, bien avant l’homme…

L’essaim : une colonie remarquablement bien structurée
Selon la saison, un essaim d’abeilles compte entre 10 000 (en hiver) et plus de 50 000 individus (au printemps et en début d’été).
Constitué d’une seule reine entourée de milliers d’ouvrières, le groupe s’enrichit de la présence de quelques centaines de mâles durant les mois de printemps pour assurer la fécondation des reines vierges qui pérenniseront la colonie.
Dans cette société, selon son âge et sa morphologie, chaque individu doit participer à la vie de la communauté. Isolé, qu’il soit reine, ouvrière ou faux bourdon, il est condamné à périr.
La reine
La reine constitue le noyau et l’âme de la ruche. Pouvant vivre quatre à cinq ans – même si aujourd’hui, confrontée à la dégradation de l’environnement, sa durée de vie s’amenuise –, la reine mesure environ 25 mm de long et est reconnaissable à son abdomen plus volumineux et allongé.
Elle passe son temps à pondre, jusqu’à près de 2 000 œufs par jour en pleine saison. Elle est toujours entourée d’une cour formée de plusieurs ouvrières dévouées à sa personne. Celles-ci lui apportent sa nourriture et procèdent à sa toilette. La reine arpente les rayons et, après avoir plongé sa tête dans une alvéole pour en vérifier la propreté, elle y glisse son abdomen et dépose un œuf, avant de passer à la suivante.
Garante du dynamisme de la colonie
La qualité d’une colonie dépend de la valeur de sa reine. Si elle est féconde et développe une ponte importante et resserrée, la ruche sera populeuse et donnera une importante production de miel. En revanche, une mauvaise reine, peu pondeuse, fera végéter la colonie et réduira à néant tout espoir de belles récoltes. En outre, si une reine est agressive ou peu nettoyeuse, elle transmettra ses gènes défavorables à toute sa descendance.
Le seul moyen de changer ces caractères consiste à remplacer la reine par une jeune, très prolifique et fort douce. Certains apiculteurs se spécialisent dans l’élevage de reines et un commerce conséquent se développe maintenant en France et dans le monde. Il faut penser à réserver ses reines longtemps à l’avance !
La fécondation
Au cours de sa longue vie, une reine ne sort de la ruche qu’une seule fois, lors de son vol de fécondation. Par une belle journée ensoleillée, la jeune reine encore vierge s’envole et aussitôt une escouade de mâles, les faux bourdons, guidés par des substances volatiles ou « phéromones », s’empressent de l’accompagner.
La fécondation a lieu à plusieurs dizaines de mètres de hauteur, dans un tourbillon ailé. La compétition est grande entre prétendants. Leur sort n’est pourtant pas enviable. Dès la fécondation, l’heureux élu y laisse ses attributs mâles et une partie de son système digestif, ce qui entraîne sa chute et sa mort.
Après le premier accouplement, les faux bourdons doivent dégager le passage obstrué par leur prédécesseur avant de pouvoir, à leur tour, féconder la reine. Et périr aussitôt…
Au cours de son vol nuptial, la reine remplit ainsi sa spermathèque de millions de spermatozoïdes, grâce à ses relations successives avec quatre à six mâles, voire plus.

La reine est toujours entourée d’une cour d’ouvrières qui l’assistent en permanence.
La ponte
Trois jours après la fécondation, la reine commence rapidement à effectuer la seule tâche, pourtant déterminante, de son existence : la ponte. Elle produira de quelques centaines à près de 2 000 œufs par jour, selon les saisons.
Les œufs fécondés par plusieurs spermatozoïdes donneront naissance à des ouvrières ; les œufs non fécondés, à des faux bourdons. Ce phénomène dénommé parthénogenèse désigne l’apparition de générations sans fécondation : l’œuf transite des ovaires de la reine directement dans son vagin, sans recevoir de sperme.
Les ouvrières ont donc toutes une seule mère, mais peuvent avoir des pères différents. Dans une ruche, cohabitent ainsi plusieurs fratries.
Lorsque la spermathèque est vide, la reine ne pond plus d’œufs d’ouvrières mais uniquement de mâles. Devenue « bourdonneuse », elle met en danger l’avenir de la colonie. Il est grand temps qu’une nouvelle reine fraîchement fécondée la remplace.
De l’œuf à l’insecte
Dressé au fond de sa cellule, l’œuf blanchâtre laisse éclore une larve moins de 72 heures plus tard. Nourrie avec de la gelée royale, partiellement pour une ouvrière, mais intégralement pour une future reine, celle-ci va se développer à une vitesse extraordinaire pour occuper en moins de quatre jours la totalité de l’alvéole.
Dès lors, la larve ne nécessitant plus de soins, les ouvrières obstruent la cellule avec une fine pellicule de cire, « l’opercule ». Ainsi protégée, la larve se métamorphose en nymphe. À ce stade se dessinent d’abord la tête, le thorax et l’abdomen, puis les ailes, les pattes, les yeux…
Vingt et un jours après la ponte de l’œuf, l’ouvrière déchiquette l’opercule par ses propres moyens, s’extirpe de la cellule et accomplit ses premiers pas. Toutefois, elle devra encore se nourrir de pollen durant quelques jours pour parachever sa croissance.
Le faux bourdon, lui, pondu dans des cellules un peu plus larges, doit patienter vingt-quatre jours.
Les œufs donnant naissance à des reines sont déposés dans des alvéoles spécifiques, verticales, en forme de doigt et facilement reconnaissables, suspendues le plus souvent sur le pourtour du couvain. La reine naît au bout de seize jours et sa première activité consiste à éliminer ses concurrentes en les transperçant de son dard rétractable.

Les ouvrières
Au cours de leur existence très brève en été (pas plus de quatre semaines) et bien plus longue l’hiver pour affronter la saison froide (quelques mois), les abeilles participent toutes aux diverses tâches indispensables au bon fonctionnement de la colonie, à tour de rôle et en fonction de leur âge.

L’ouvrière est vraiment un insecte doué de capacités prodigieuses…
Femmes de ménage
À leur naissance et durant quatre à cinq jours, les jeunes abeilles nettoient les cellules avec une attention extrême car la reine ne pond que si la propreté est absolue.
Nourrices
Entre le sixième et le quinzième jour, au cours de plusieurs centaines de visites quotidiennes, les nourrices apportent à chaque larve une nourriture adaptée (en qualité et en quantité) à son stade de développement. Elles se relaient également auprès de la reine et l’entourent de mille soins.
Architectes et maçonnes
Dix jours après la naissance, les glandes cirières des abeilles se développent. Au printemps et jusqu’au début de l’été, l’abeille cirière rejoint la cohorte de maçonnes chargées de bâtir les rayons. Cette tâche exige une main-d’œuvre très importante car l’élaboration d’une seule cellule nécessite six heures de travail… Véritable chef-d’œuvre architectural, la forme hexagonale évite une perte d’espace, assure une solidité à toute épreuve et empêche, grâce à une inclinaison appropriée, de laisser s’écouler le précieux nectar.
Manutentionnaires et magasinières
Vers le quinzième jour, les ouvrières participent au grand nettoyage de la ruche et expulsent différents débris plus ou moins volumineux tels que pollen abîmé, larves mortes, résidus de cire, etc.
Parallèlement, elles réceptionnent le nectar et le pollen apportés par les butineuses. Les grains de pollen sont stockés dans les cellules, tassés à l’aide de la tête et le nectar malaxé puis échangé entre butineuses afin d’abaisser son taux d’humidité et le transformer en miel.
Ventileuses
Tout au long de l’année, la ruche est ventilée afin de créer un courant d’air et diminuer le taux d’hygrométrie, le niveau de CO 2 et la température.
En été, lorsque la chaleur devient éprouvante et dépasse les 35 °C, les abeilles agitent leurs ailes et font refluer l’air chaud vers l’extérieur. Lorsque cette méthode s’avère inopérante, elles forment une « barbe » en se regroupant à l’extérieur de la ruche et en s’agrippant les unes aux autres, comme elles le font lors de l’essaimage.
En hiver, au contraire, en consommant du miel et en faisant vibrer leurs muscles thoraciques, elles maintiennent une température minimale au sein de la grappe qu’elles ont créée et se resserrent les unes contre les autres.

Abeilles d’été et abeilles d’hiver

Les abeilles nées au printemps vivent moins de quatre semaines.
Aussitôt nées, dotées de muscles puissants et dépourvues de masse graisseuse, elles enchaînent les tâches sans jamais interrompre leur labeur.
En revanche, au tout début de l’automne, lorsque après les premières pluies quelques plantes reprennent vie et que les lierres fleurissent, on observe une recrudescence de ponte et la naissance d’abeilles à la morphologie sensiblement différente.
Ce sont les abeilles d’hiver. Dotées d’une masse graisseuse plus développée, ces abeilles vont pouvoir vivre plusieurs mois et assurer la pérennité de la colonie. Aussi est-il essentiel de favoriser la ponte de la reine en septembre.
Les gardiennes
Entre le quinzième et le vingtième jour, les ouvrières doivent surveiller l’entrée de la ruche. Elles ont pour mission de ne laisser entrer que leurs congénères (qu’elles reconnaissent à leur odeur) et repoussent avec véhémence les indésirables, pour la plupart pillardes, venues des autres ruches. Elles attaquent tous les autres agresseurs comme les guêpes, les fourmis, les mulots… En cas de grave incident, alertés par des phéromones spécifiques, d’importants renforts ne tardent pas à pointer leurs redoutables dards… Mais, face à un prédateur comme le frelon d’Asie ( Vespa velutina ), les abeilles demeurent impuissantes.
Les butineuses
Presque parvenues au terme de leur vie, les ouvrières deviennent butineuses et peuvent sortir de la ruche. Elles découvrent l’environnement et prélèvent eau, nectar, pollen et propolis, pour nourrir et entretenir la colonie.
Si la quantité récoltée par une seule abeille peut paraître dérisoire, le produit du travail de milliers de butineuses est très important et seul le surplus, non nécessaire à la vie de la ruche, est prélevé par l’apiculteur.
Épuisée, l’abeille succombe lors d’un ultime vol.
Une brève vie de faux bourdon
Au nombre de quelques milliers, les faux bourdons font leur apparition au printemps, lorsque la colonie s’est fortement développée et que de jeunes reines commencent à naître. Leur rôle unique consiste, en effet, à assurer la fécondation de ces dernières.

Le faux bourdon mène une vie de coq en pâte, le temps d’un printemps.
Facilement reconnaissables à leur taille, plus imposante que celle des ouvrières, et à leur vol lourd et bruyant, ils sont trapus, poilus, de couleur sombre et dotés de gros yeux resserrés. Ne possédant pas de dard, ils ne peuvent pas piquer ; vous pouvez donc les prendre dans la main sans avoir aucune crainte.
La fécondation
Bons vivants, très peu fidèles à leur colonie d’origine, les faux bourdons vagabondent de ruche en ruche sans assurer la moindre activité de butinage ni tâche ménagère. Ils se contentent de consommer pollen et nectar apportés par les abeilles et attendent l’envol d’une reine vierge pour tenter de la féconder.
Seuls quelques rares individus parviennent à s’accoupler. Au cours de cet acte, une partie vitale composée des organes génitaux de l’insecte est arrachée, entraînant sa mort immédiate. Lorsque la mauvaise saison s’avance, les ouvrières, sentant venir la disette, se montrent intraitables et les massacrent sans pitié.

La danse des abeilles

Grâce à des danses très spécifiques effectuées au sein de la ruche par des butineuses de retour de mission, les abeilles communiquent entre elles pour indiquer où se situent les sources de nourriture, à quelle distance, la nature et l’ampleur du butin, ainsi que le nombre d’ouvrières à détacher pour le récupérer.
Si la butineuse tourne en rond, alternativement dans le sens des aiguilles d’une montre puis en sens inverse, la source se situe à moins de 100 m. Plus les rotations sont rapides, plus le butin est jugé intéressant. Si la butineuse effectue la danse dite « frétillante » ou « en huit », la source de pollen ou de nectar est éloignée de plus de 100 m. En formant un angle par rapport au soleil, l’axe central indique la direction.
Pour cette découverte majeure, le biologiste viennois Karl von Frisch reçut en 1973 le prix Nobel de physiologie et de médecine.
Mieux connaître les abeilles

C omme tout insecte, l’abeille est constituée d’une tête, d’un thorax et d’un abdomen. À la fois simple et sophistiquée, fragile mais aussi très résistante car elle existe sur notre planète depuis plus de quatre-vingt neuf millions d’années, l’abeille est dotée de capacités exceptionnelles.

La tête
De forme triangulaire, pointée vers le bas, la tête des abeilles comporte un appareil visuel très développé, un appareil buccal fort efficace et des antennes indispensables à la communication avec leurs congénères.

Des heures et des heures de travail à bâtir des rayons… les ouvrières paraissent infatigables.
La vision de l’abeille
Deux yeux dotés de milliers de facettes procurent à l’abeille une vision panoramique proche de 360°, mais d’une netteté approximative. Les abeilles n’ont pas du tout la même vision du monde que nous et, par exemple, ne voient pas le rouge. Aussi est-il conseillé de ne pas employer cette couleur pour la peinture des ruches. Si celles-ci sont de couleurs différentes, les abeilles les retrouveront plus facilement.
Enfin, trois petits yeux simples appelés « ocelles », disposés en triangle au sommet de la tête, optimisent le dispositif. Ils offrent la capacité d’enregistrer les variations d’intensité de lumière et dès lors de communiquer des informations essentielles comme le lever du soleil, la tombée de la nuit, l’apparition de nuages annonçant les orages…
L’appareil buccal
De part et d’autre de la bouche de l’abeille sont fixées de solides mandibules mues par des muscles puissants. Ces pinces constituent un outil irremplaçable qui permet de serrer, de découper, de trancher, de malaxer… et donc de travailler la cire, de construire les rayons, de prélever la propolis sur les bourgeons des arbres, de manger le pollen, de nettoyer la ruche, etc.
La trompe
Rétractile, la trompe est constituée de nombreux éléments dont la langue qui, garnie de poils microscopiques, permet à l’abeille de pomper et d’absorber nectar, miel et eau.
Selon les races d’abeilles, la langue est plus ou moins longue, variant de 5,50 à 7 mm. Cette précison n’est pas anodine car selon l’ampleur de la langue, les différentes fleurs sont accessibles ou non, notamment certaines variétés de trèfle très mellifères, si les butineuses peuvent en prélever le nectar.

L’abeille possède une langue aspirante particulièrement efficace.
Le cerveau
Véritable ordinateur relié à l’ensemble des différentes parties du corps, le cerveau gère la vision, le système nerveux, l’activité de très nombreuses glandes. Toutes les fonctions qui devront être assumées par l’abeille au cours de sa vie y sont déjà programmées.
Le thorax
Formé de trois segments soudés, le thorax est la partie du corps qui assure la locomotion de l’abeille, composée de trois paires de pattes pour marcher et de deux paires d’ailes pour voler, ainsi que de muscles puissants pour les actionner.
Les pattes
Grâce aux ventouses et aux crochets microscopiques de leurs pattes, les abeilles peuvent non seulement se déplacer mais aussi se fixer sur n’importe quel support et dans toutes les positions imaginables. Elles utilisent leurs pattes pour rassembler les grains de pollen disséminés sur tout leur corps et constituer des pelotes pouvant peser 75 mg – soit les trois quarts de leur propre poids – qu’elles emmagasinent dans une corbeille placée sur leurs pattes arrière.
Elles se servent aussi de leurs pattes pour fabriquer la cire et nettoyer la ruche.
Enfin, celles-ci leur permettent de s’agripper les unes aux autres pour constituer un essaim ou former une grappe en hiver destinée à se protéger du froid.

L’abeille peut s’accrocher dans n’importe quelle position.
Les ailes
Les deux paires d’ailes, rigidifiées par des nervures, sont actionnées par des muscles puissants qui leur permettent de battre entre quatre cents et cinq cents fois par seconde – une performance exceptionnelle ! Une abeille peut voler de 30 km/h en vitesse de croisière à 60 km/h en vitesse de pointe, sur un rayon d’environ 3 km autour de la ruche. Cette distance peut exceptionnellement s’accroître jusqu’à 8, voire 10 km.
Volant entre 10 et 30 m au-dessus du sol, la butineuse peut parcourir jusqu’à une centaine de kilomètres par jour.
Sophistication suprême : vingt-quatre crochets microscopiques assemblent les ailes antérieures et postérieures pour n’en faire qu’une durant le vol de manière à augmenter les performances. À l’atterrissage, ces crochets se rétractent pour permettre à chaque aile de retrouver son indépendance et sa maniabilité.
L’abdomen
Constitué de sept anneaux fixés entre eux par des membranes souples qui lui assurent une flexibilité rare, l’abdomen, relié au thorax par un pétiole court et très fin, peut ainsi se mouvoir dans tous les sens. Il renferme le jabot, le tube digestif et les systèmes circulatoire et respiratoire.
Chez l’ouvrière, il contient différentes glandes ainsi que le dard ; chez la reine, l’appareil sexuel femelle et chez le faux bourdon, l’appareil sexuel mâle.

Avec ses différents moyens de communication et d’orientation, l’abeille est en constant éveil.
Le jabot
Situé en amont de l’estomac, le jabot forme une poche dans laquelle est transporté tout ce qui concourt à l’alimentation de la ruche, comme le nectar et l’eau, à l’exception du pollen. Très extensible, il peut peser jusqu’à 60 mg bien rempli et occuper la majeure partie de l’abdomen. Pour pouvoir voler et travailler, l’abeille a besoin d’énergie et doit donc manger. Aussi un petit clapet, en s’ouvrant, permet-il de faire transiter l’apport nécessaire directement dans l’estomac avant de se refermer aussitôt. Hygiène et propreté sont toujours de rigueur chez l’abeille.
L’appareil digestif
Afin de ne pas souiller son habitat qui doit toujours rester propre, parfois confrontée à plusieurs jours de claustration en raison des intempéries hivernales, l’abeille dispose d’une ampoule rectale située à l’extrémité de l’intestin grêle dans laquelle elle emmagasine urine et excréments.
Cette ampoule est vidée dès qu’elle peut effectuer un vol de propreté au cours d’une journée plus chaude et ensoleillée.
Attention, lorsque la planche d’envol ou la tête des cadres sont maculés de fientes, vos abeilles sont atteintes d’une maladie, la nosémose, qui peut s’avérer dramatique.
L’appareil respiratoire
La respiration est assurée par des trachées qui acheminent l’air vers l’ensemble du corps et des organes. En certains endroits de la tête, du thorax et de l’abdomen, ces trachées s’élargissent pour former de véritables réservoirs d’air. Les mouvements des segments de l’abdomen régulent la respiration.
Le système circulatoire
Comme l’abeille ne possède pas de colonne vertébrale, son squelette, comme pour tous les insectes, est tout simplement son enveloppe extérieure, rigide et étanche. À l’intérieur, les organes baignent dans un liquide incolore, nommé hémolymphe, riche de nombreuses substances : sels minéraux, protéines, enzymes, acides gras, acides aminés. Ce liquide diffusé dans tous le corps joue le rôle de sang.
Les varroas, ces acariens qui colonisent les ruches, se nourrissent de cette hémolymphe.

Les piqûres
Être apiculteur, c’est être exposé à des piqûres, plus ou moins fréquentes.

Chacun, selon son organisme et l’endroit atteint, réagit plus ou moins vivement. Pour les plus chanceux, il s’agira d’une douleur momentanée suivie d’un léger rougeoiement de la partie piquée. Beaucoup ressentiront toutefois une douleur vive, et une enflure plus ou moins volumineuse pourra perdurer de quelques heures à plusieurs jours.
En revanche, si la piqûre engendre des maux de tête, des vomissements, des vertiges ou une sensation d’étouffement, alertez sans tarder les services d’urgence. Dans certains cas, fort heureusement très rares, deux ou trois piqûres peuvent entraîner la mort.


Les ouvrières nettoient avec attention chaque cellule avant d’y déposer du pollen ou du nectar, ou que la reine y ponde des œufs.

Les glandes
L’abeille possède de nombreuses glandes qui répondent à des besoins spécifiques.
Les glandes cirières
Les glandes cirières des jeunes abeilles s’activent au printemps quand la demande en cire augmente. Au moment de la fabrication des rayons et des opercules, elles sécrètent un liquide gras qui se solidifie en se déposant sur des sortes de miroirs placés sous l’abdomen.
Avec ses pattes arrière, l’abeille décroche ces écailles de cire, les malaxe avec ses mandibules et les passe à ses congénères, qui les acheminent en faisant la chaîne jusqu’au rayon en construction où ces particules sont assemblées.
Les glandes de Nassanov
Lorsque les glandes de Nassanov s’activent, elles dégagent des effluves, imperceptibles par l’homme mais perceptibles sur plusieurs mètres à la ronde par les abeilles d’une même colonie, qui leur permettent de se reconnaître et de se rassembler immédiatement.
La tête tendue vers l’avant, l’abdomen dressé, vrombissant des ailes pour diffuser l’odeur, les abeilles battent le rappel. Les apiculteurs connaissent bien ce phénomène : quand il se produit les abeilles sont calmes et faciles à visiter.
Les glandes à venin
Sécrété par des glandes spécifiques, le venin est emmagasiné dans un réservoir. Lorsque l’abeille pique, son abdomen se cambre et libère le dard qui, propulsé par des muscles puissants, va pénétrer profondément dans le corps étranger. Armé de « barbillons », il ne peut être retiré par l’abeille et celle-ci, une partie de son abdomen arraché, périra inévitablement. Animé de contractions successives, le dard continue alors à s’enfoncer et à répandre son venin.
L’appareil sexuel femelle de la reine
Deux ovaires de grandes dimensions occupent la cavité abdominale de la reine. Les œufs transitent par le canal oviducte, passent devant la spermathèque, où ils reçoivent une infime quantité de sperme si l’œuf est destiné à devenir reine ou ouvrière, avant de rejoindre le vagin.
L’appareil sexuel mâle
Afin d’assurer la fraîcheur et la vitalité de millions de spermatozoïdes produits par deux petits testicules, deux glandes volumineuses sécrètent un mucus protecteur. Mucus et spermatozoïdes transitent par l’endophallus, qui se déploie à l’extérieur de l’abdomen des faux bourdons lors de l’accouplement avec la reine.
Installer son rucher

P our installer des ruches, il convient de disposer d’un terrain approprié susceptible de les accueillir. Le choix de l’emplacement est primordial car il conditionne largement la réussite de l’entreprise. Une fois cette étape franchie, l’apiculteur choisira des vêtements de protection et les outils nécessaires lui permettant d’entretenir son rucher en toute sérénité.
Enfin, après avoir choisi le type de ruche qu’il souhaite exploiter et avoir réglé les formalités administratives obligatoires, il pourra acheter ses premiers essaims.

L’environnement botanique
Les abeilles se nourrissent en prélevant du pollen et du nectar sur les fleurs et en récoltant parfois du miellat, une substance sucrée que déposent certains pucerons sur les végétaux.
De la richesse de cet environnement et de la régularité des apports dépendent la subsistance de la colonie et, au-delà, l’ampleur et la nature de la récolte qui constitue un excédent de la ruche. Aussi est-il important de procéder à une estimation, même approximative, du potentiel apicole de votre environnement botanique en sachant que les abeilles prélèvent leur butin sur un rayon d’environ 3 kilomètres.
Les plantes mellifères selon les saisons
Tous les végétaux, arbres et arbustes ne sont pas mellifères. Certains génèrent beaucoup de pollen et pas de nectar, comme le noisetier ; pour d’autres, la lavande par exemple, c’est l’inverse ; enfin quelques-uns, les plus enrichissants, offrent les deux.
En fin d’hiver
Dès les premiers beaux jours, les butineuses doivent pouvoir prélever des pollens qui stimuleront la ponte de la reine et donc le redémarrage de la colonie. La présence de buis, noisetier, prunellier, saule, romarin ou amandier est très favorable.


Un environnement qui permet aux abeilles de trouver de la nourriture en début et en fin de saison apicole aide les colonies à prospérer.
Au printemps
Au printemps, la colonie se développe et a donc besoin d’apports importants de pollen et de nectar. Une belle diversité s’avère également fort bénéfique car la qualité nutritionnelle des pollens est très variable selon leur origine florale. Aubépine, colza, érable, marronnier, pissenlit, arbres fruitiers, thym, bruyère blanche, font la joie de nos chères abeilles.

Les fleurs de pommiers sont très attractives pour les abeilles.
À la fin du printemps et au début de l’été
La colonie est alors en pleine activité. C’est le moment des récoltes une fois les réserves d’hiver assurées. Selon l’environnement, il sera possible de récolter un miel toutes fleurs ou un miel monofloral.

  • Accueil Accueil
  • Univers Univers
  • Ebooks Ebooks
  • Livres audio Livres audio
  • Presse Presse
  • BD BD
  • Documents Documents