Adolescents surdoués mode d emploi
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Description


Pour un ado bien dans ses baskets à l'école et à la maison !



Un adolescent surdoué est un jeune au potentiel exceptionnel qui a besoin d'un environnement adapté pour s'épanouir. Forte de son expérience de directrice d'école pour enfants à haut potentiel, Laurence Lalande vous aide à comprendre les caractéristiques de votre enfant surdoué pour qu'il vive mieux cette période délicate qu'est l'adolescence.



Elle vous donne les clés indispensables pour l'aider dans ses apprentissages scolaires. Apprendre à apprendre est la base pour qu'il prenne confiance en lui et s'autonomise. En lui renvoyant une image positive et en posant un cadre sécurisant, vous l'accompagnerez sur le chemin de l'estime de soi et vous l'aiderez à mieux vivre pour qu'il devienne un adulte fier de ses capacités et bien dans sa peau.



Riche en témoignages de parents et de jeunes surdoués, cet ouvrage regorge d'outils pratiques et de bons conseils pour instaurer avec votre enfant un dialogue empreint de bienveillance et de respect mutuel.




  • Etre surdoué à l'adolescence


  • Quand l'ado surdoué est en crise


  • L'ado et l'école : le désamour


  • Créer un environnement stable et sécurisant


  • Entre bienveillance et autorité : trouver la juste mesure


  • Et plus tard...

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 02 novembre 2017
Nombre de lectures 42
EAN13 9782212596700
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0030€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait



Un adolescent surdoué est un jeune au potentiel exceptionnel qui a besoin d'un environnement adapté pour s'épanouir. Forte de son expérience de directrice d'école pour enfants à haut potentiel, Laurence Lalande vous aide à comprendre les caractéristiques de votre enfant surdoué pour qu'il vive mieux cette période délicate qu'est l'adolescence.



Elle vous donne les clés indispensables pour l'aider dans ses apprentissages scolaires. Apprendre à apprendre est la base pour qu'il prenne confiance en lui et s'autonomise. En lui renvoyant une image positive et en posant un cadre sécurisant, vous l'accompagnerez sur le chemin de l'estime de soi et vous l'aiderez à mieux vivre pour qu'il devienne un adulte fier de ses capacités et bien dans sa peau.



Riche en témoignages de parents et de jeunes surdoués, cet ouvrage regorge d'outils pratiques et de bons conseils pour instaurer avec votre enfant un dialogue empreint de bienveillance et de respect mutuel.




  • Etre surdoué à l'adolescence


  • Quand l'ado surdoué est en crise


  • L'ado et l'école : le désamour


  • Créer un environnement stable et sécurisant


  • Entre bienveillance et autorité : trouver la juste mesure


  • Et plus tard...

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Pour un ado bien dans ses baskets à l’école et à la maison !
Un adolescent surdoué est un jeune au potentiel exceptionnel qui a besoin d’un environnement adapté pour s’épanouir. Forte de son expérience de directrice d’école pour enfants à haut potentiel, Laurence Lalande vous aide à comprendre les caractéristiques de votre enfant surdoué pour qu’il vive mieux cette période délicate qu’est l’adolescence.
Elle vous donne les clés indispensables pour l’aider dans ses apprentissages scolaires. Apprendre à apprendre est la base pour qu’il prenne confiance en lui et s’autonomise. En lui renvoyant une image positive et en posant un cadre sécurisant, vous l’accompagnerez sur le chemin de l’estime de soi et vous l’aiderez à mieux vivre pour qu’il devienne un adulte fier de ses capacités et bien dans sa peau.
Riche en témoignages de parents et de jeunes surdoués, cet ouvrage regorge d’outils pratiques et de bons conseils pour instaurer avec votre enfant un dialogue empreint de bienveillance et de respect mutuel.

Laurence Lalande a élaboré une pédagogie adaptée au fonctionnement cognitif des enfants surdoués. Elle a créé deux écoles dédiées aux élèves intellectuellement précoces, de la maternelle à la 3 e . Elle est l’auteur de Au secours, mon enfant est précoce ! et de Réconcilier l’enfant surdoué avec l’école , chez le même éditeur.
Éditions Eyrolles 61, boulevard Saint-Germain 75240 Paris cedex 05
www.editions-eyrolles.com
La collection Apprendre autrement propose des livres pour apprendre de façon ludique, créative et avec plaisir.
Du même auteur :
Au secours, mon enfant est précoce !
Réconcilier l’enfant surdoué avec l’école
Dans la même collection :
Apprendre autrement avec la pédagogie positive , Audrey Akoun et Isabelle Pailleau
50 activités pour aider votre enfant à grandir heureux , Elisabeth Couzon, Angeline Desprez
Le coaching scolaire , Matthieu Grimpret
30 jours pour trouver ma voie et vivre mes rêves , Isabelle Servant
Objectif Mémoire , Hélène Weber
Chouette, c’est l’heure des devoirs ! , Charles Caplette
Illustrations originales : Giovanni Jouzeau
Mise en pages : Caroline Verret
Enrichissement de la maquette réalisé par Filf.
© 2017, Groupe Eyrolles
Tous droits réservés.
En application de la loi du 11 mars 1957, il est interdit de reproduire intégralement ou partiellement le présent ouvrage, sur quelque support que ce soit, sans autorisation de l’éditeur ou du Centre français d’exploitation du droit de copie, 20, rue des Grands-Augustins, 75006 Paris.
ISBN : 978-2-212-56797-7
Laurence Lalande
ADOLESCENTS SURDOUÉS
MODE D’EMPLOI
À Jules, à Tom
À tous les enfants de l’école La Loupiote et du collège Léonard de Vinci de Sainte Maxime dans le Var
AVANT-PROPOS
En 2003, avec Martine Tellier, mon amie et collaboratrice de longue date, j’ai ouvert la première école en France qui accueille exclusivement des enfants à haut potentiel. Depuis 2010, une nouvelle structure scolaire, La Loupiote et son collège Léonard de Vinci dans le sud de la France, a pu voir le jour. De la maternelle à l’entrée au lycée, là encore, j’accompagne ces enfants surdoués, entourée d’une équipe éducative performante. Ensemble, nous avons pensé et mis en place une pédagogie réellement adaptée aux particularités cognitives des enfants intellectuellement précoces. Quel bonheur de voir leurs visages enfin s’illuminer : ils retrouvent le sourire, et leurs parents aussi !
Ces écoles, souvent médiatisées, restent un modèle de pratiques adaptées aux différents profils des élèves surdoués. C’est grâce à cette expérience unique que j’aborde dans ce livre le thème difficile de l’adolescent surdoué. Il est urgent de reconnaître ces enfants dont le potentiel exceptionnel les empêche, paradoxalement, de réussir. Il est essentiel de mettre un mot sur leur souffrance et de stopper toute interprétation qui nuirait à leur image. Avant toute chose, l’essentiel est de leur renvoyer une image positive. Il faut apprendre à diagnostiquer et à comprendre leurs caractéristiques pour leur apporter l’aide nécessaire à leur épanouissement.
SOMMAIRE
Avant-propos
Introduction
1. ÊTRE SURDOUÉ À L’ADOLESCENCE
L’adolescence, une période clé
Qu’est-ce qui différencie les jeunes surdoués des autres ados ?
2. QUAND L’ADO SURDOUÉ EST EN CRISE
Les caractéristiques psychologiques de l’ado surdoué
Des relations sociales problématiques
L’ado surdoué en crise dans la cellule familiale
Les symptômes qui doivent alerter
3. L’ADO ET L’ÉCOLE : LE DÉSAMOUR
Quand les résultats chutent
Les causes du décrochage scolaire
Apprendre à apprendre
4. CRÉER UN ENVIRONNEMENT STABLE ET SÉCURISANT
Savoir préserver l’intimité de l’adolescent
Veiller sur son sommeil
5. ENTRE BIENVEILLANCE ET AUTORITÉ : TROUVER LA JUSTE MESURE
Les trois profils d’ados types
Les principes qui fondent l’autorité
Aider les ados à développer leur esprit critique
6. ET PLUS TARD…
Quand les rêves d’enfants s’estompent
Le choix de l’orientation : une étape clé
Des ados surdoués devenus des adultes épanouis
Conclusion
Adresses et liens utiles
INTRODUCTION
L’adolescence est réputée pour être une période difficile à traverser, tant pour l’adolescent que pour ses parents. L’enfant qui devient adolescent remet en question l’autorité parentale, teste les limites de son entourage et souhaite vivre de nouvelles expériences, en flirtant parfois avec les interdits. Ainsi, il se sent exister en tant qu’individu et s’affranchit peu à peu des desiderata parentaux pour laisser s’exprimer son individualité et sa personnalité d’adulte.
Dans le cas d’un adolescent surdoué, le malaise peut être accru, car ce jeune ressent trop souvent le monde qui l’entoure comme hostile. Différent des autres, il peut se sentir rejeté par les autres adolescents qui, eux, cherchent à s’intégrer au groupe pour mieux trouver leur identité. L’adolescent surdoué s’interroge avec une grande lucidité sur son avenir. Ayant soif de comprendre et de décrypter le monde, il n’a rien perdu de son regard acéré, et s’il le juge aujourd’hui, c’est pour mieux se l’approprier et devenir à son tour un citoyen du monde à part entière.
En grandissant, l’enfant surdoué est tantôt soumis aux exigences de la normalité, tantôt rebelle à toute autorité. Pas facile d’être parent d’un adolescent qui s’oppose ! Les parents se retrouvent à osciller entre permissivité et autoritarisme. Ils culpabilisent beaucoup, ils cherchent, ils tâtonnent, ils élaborent de nouvelles règles pour mieux gérer la crise d’adolescence que traverse leur enfant… Désemparés, certains parents en arrivent même à baisser les bras : ils renoncent, épuisés par un quotidien devenu trop pesant. Ils n’arrivent plus à trouver de solutions pour retrouver une relation pacifiée avec leur enfant. Quel parent n’a pas, un jour, craqué face à un adolescent qui lui-même se cherche, se découvre ou s’interroge ? Quel parent n’a pas été tenté d’abandonner la partie et d’opter pour un « laisser-faire » face à ce jeune qui le défie et le provoque ? Quel parent n’a pas remis en question ses compétences en matière d’éducation, confronté à un adolescent qu’il ne comprend plus ?
Pourtant, il convient de ne surtout pas baisser les bras ni de céder à la fatalité. Face à un adolescent surdoué, il est important avant tout de bien comprendre comment il apprend et fonctionne du point de vue cognitif et émotionnel, afin de mieux s’adapter à ses besoins fondamentaux.
Dans ce livre, nous tenterons d’apporter notre éclairage pour aider les familles à traverser cette période délicate de la vie qu’est l’adolescence. Si la bienveillance est nécessaire pour accompagner un adolescent dans la quête de son évolution, comprendre ce que signifie « être surdoué » est indispensable pour mieux le connaître et lui permettre de se réaliser lui-même sans renoncer à sa véritable personnalité, ingrédient incontournable pour réussir sa vie tant sur un plan affectif, social que professionnel. Nous détaillerons dans cet ouvrage les principaux critères qui permettent de définir qu’un enfant est surdoué, nous apprendrons comment gérer la crise avec un ado en fonction de ses traits psychologiques, nous poursuivrons en abordant les problèmes qu’il peut rencontrer à l’école et les solutions possibles, enfin nous définirons ce qu’est un cadre de vie épanouissant pour un ado et essaierons de trouver la bonne voie vers une autorité juste et saine.
1
ÊTRE SURDOUÉ À L’ADOLESCENCE
L’adolescence, une période clé
C’est l’adolescence qui va forger la personnalité du jeune et le préparer à devenir un adulte responsable de sa vie et de ses actes. Ce passage de l’enfance vers l’âge adulte n’est pas sans conséquences sur son devenir. C’est une période transitoire de l’existence, riche d’expériences et de tentatives d’accomplissement, qui vont peu à peu définir la personnalité du jeune et construire son individualité. Cette quête permanente de son identité, gage de sa construction, peut conduire à la réussite, mais aussi à l’échec et à la déstabilisation psychologique.
La puberté, qui intervient au début de l’adolescence, modifie le jeune physiologiquement, mais aussi morphologiquement et psychologiquement. Le commencement de la puberté peut varier selon que l’on se trouve dans des régions tempérées ou dans des régions tropicales, méditerranéennes ou nordiques. Dans notre pays, elle démarre vers l’âge de 10 ans chez les filles et de 12 ans chez les garçons. Cette période de transition est impactée par de nombreux changements physiques chez le jeune, qui voit au travers de cette transformation un abandon du petit enfant qu’il était. Il va devoir faire face à un nouvel individu. Il ne se reconnaît pas lui-même et pourtant il doit maintenant vivre avec et s’adapter.
Le jeune surdoué n’échappe pas à ces perturbations, qu’elles soient physiologiques ou morphologiques. Je mets à part volontairement le plan psychologique, parce que c’est bien là – et ce sera l’objet principal de ce livre – que va se poser le problème pour ces jeunes qui souffrent d’une non-reconnaissance de ce qu’ils sont et vont devoir affronter l’adolescence en posant un regard sceptique sur ce monde qui les entoure sans avoir acquis les moyens de s’en protéger. Pourtant, ils ont besoin de vivre sereinement cette période pour se construire de manière épanouissante. L’absence d’un accompagnement bienveillant compromet leur équilibre déjà fragilisé par une hypersensibilité envahissante et conduit parfois à des pathologies physiologiques, allant même parfois jusqu’à induire des carences morphologiques. Certains, par peur d’un devenir incertain, préféreront ne pas grandir, ce qui se traduira par un retard de croissance.
On pressent déjà que ce passage de l’enfance vers l’âge adulte ne peut se faire sans quelques difficultés pour le jeune comme pour ses parents. De par sa nature, la crise d’adolescence incite les jeunes à se soustraire à toute forme d’autorité et contraint les parents à une certaine remise en question de leurs principes éducatifs.

Y a-t-il une différence entre enfant précoce et enfant surdoué ?
Tout d’abord, faisons un point sur le sens des mots. On emploie communément les expressions « enfant surdoué » et « enfant précoce » et certains parents m’ont posé la question pour connaître la différence entre les deux. Dans le langage courant, il n’y a pas de différence. Pourtant, il est important de faire un point pour éviter toute interprétation qui nuirait à la lecture de ce livre.
Tous les parents peuvent être confrontés un jour ou l’autre à la précocité de leur enfant. Il arrive que certains marchent dès l’âge de 9 mois, alors que d’autres sont plus tardifs et font leurs premiers pas vers l’âge de 15 mois.
Certains parlent très tôt, quand d’autres prennent tout leur temps pour prononcer quelques mots – voire, dans le cas de certains enfants surdoués, quelques phrases bien construites. Einstein est sur ce point un bon exemple puisqu’il ne parla que vers l’âge de 6 ans. Bien que très en retard au niveau du langage – il faut reconnaître qu’il y avait de quoi s’inquiéter – pourtant, il fut un vrai génie et il marque encore notre époque par sa prodigieuse intelligence.
Un enfant précoce est donc un enfant qui se détache de la norme, telle qu’on la conçoit en référence à son âge, mais rien n’indique qu’il soit pour autant surdoué si l’on ne parle pas de son efficience intellectuelle. L’enfant précoce existe bien, mais il n’est pas forcément surdoué. Dans le cas d’un enfant surdoué, nous devrions en fait parler d’un enfant « intellectuellement précoce » pour faire référence à son intelligence. Seuls des tests d’intelligence tels que le WISC confirment le surdouement et nous pouvons alors véritablement parler d’enfant surdoué.
En fait, l’expression « enfant précoce » est plus facile à utiliser dans le langage courant, car elle est moins connotée que « surdoué ». En effet, même si dire d’un enfant qu’il est surdoué peut être flatteur, cela reste difficile à porter pour un jeune et peut influer sur la compréhension de ce qu’est réellement un enfant surdoué.
Qu’est-ce qui différencie les jeunes surdoués des autres ados ?
Des recherches scientifiques l’affirment, le cerveau des personnes à haut potentiel est différent ! Non pas qu’il soit plus gros comme on le présumait jadis, mais, qualitativement, il est mieux organisé. L’imagerie cérébrale le montre, physiologiquement, il diffère des autres. On le sait aussi, la fulgurance du traitement de l’information qui prédomine chez le sujet à haut potentiel est due à la qualité de la myéline qui gaine les neurones. De ce fait, la vitesse neuronale est presque 10 fois supérieure à la normale. Mais ce n’est pas tout. Le cortex préfrontal qui intervient dans la réalisation des tâches d’intelligence se distingue lui aussi. Alors que chez l’enfant surdoué le cortex préfrontal s’épaissit entre 7 et 11 ans puis s’amincit au début de l’adolescence, chez un jeune du même âge au QI moyen, c’est pratiquement l’inverse ! C’est ainsi que le cortex préfrontal plus épais de l’enfant surdoué favorise le stockage des données et que la myélinisation accélère le traitement de l’information. D’où la forte capacité des enfants à haut potentiel à réussir brillamment.
Sur le plan cognitif, être surdoué, c’est fonctionner autrement. Les sciences cognitives ont prouvé que la pensée abstraite et l’analyse se font principalement dans la partie droite du cerveau. Communément on dit qu’un surdoué pense avec son cerveau droit. Ses fonctions cognitives doublées d’une vitesse neuronale 7 à 10 fois supérieure à la norme, lui permettent de réaliser des prouesses sans même qu’il s’en rende compte.
Un oiseau rare ? Non, pas vraiment. Même avec seulement 2,3 % de la population retenus pour calquer avec précision à la courbe de Gauss, nombreux sont ceux qui ont un profil caractéristique de surdoué (voir encadré page suivante). Malheureusement, trop peu sont détectés et reconnus dans leurs différences, qui les marginalisent jusqu’à leur faire développer des pathologies inhérentes à leur fonctionnement cognitif particulier. Des enfants pourtant brillants au primaire connaissent l’échec scolaire au collège. Ils sont nombreux à s’orienter vers une filière professionnelle, parce que catégorisés trop nuls pour réussir au lycée et obtenir le baccalauréat, sésame essentiel pour entrer dans les grandes écoles.

La courbe de Gauss
Si les résultats aux tests de QI sont représentés sur une courbe en forme de cloche, dite « courbe de Gauss », c’est parce qu’ils sont justement étalonnés à cet effet ! Il est défini par avance qu’un grand nombre d’individus, représentant 70 % de la population, répondront aux questions et seront dans la moyenne. En effet, si une grande majorité de la population répond à environ trois quarts des questions posées, une minorité ne répondra qu’à un quart seulement et une autre minorité à presque toutes les questions. Aux extrémités, il reste très peu de personnes car, au moment de l’étalonnage, on s’assure que seulement 2,3 % d’une population donnée sont en dessous de 70, et que 2,3 % sont au-dessus de 130 de QI ; ces derniers seront alors considérés comme surdoués ! Cela concerne environ 400 000 enfants scolarisés.
Personnellement, j’évalue au-delà de 5 % la population dite « surdouée ». Bien sûr, il s’agit d’une approximation très personnelle, puisque aucun chiffre n’est disponible en dehors des normes internationales imposées. Pourtant, il n’est pas rare de lire des comptes rendus de tests de QI qui annoncent une efficience intellectuelle et parle de surdouement, alors qu’un seul et unique chiffre officialise cette affirmation, les autres étant bien au-dessous du chiffre de référence de 130. J’en conclus donc que nombreux sont les psychologues qui, au-delà des normes imposées, accordent à leurs patients le droit d’être reconnus dans leurs différences, et c’est tant mieux ! Il me paraît important de reconnaître les capacités intellectuelles exceptionnelles d’un enfant pour lui éviter de se faire remarquer ou de se faire exclure d’un groupe parce qu’incompris des autres, de ses pairs.

Critères d’identification d’un jeune surdoué A su lire avant le CP. A une excellente mémoire. A un grand intérêt pour les livres et les encyclopédies. A beaucoup de vocabulaire. A beaucoup d’humour. Préfère travailler seul. Est en tête de classe sans effort. A des difficultés d’écriture. Est souvent seul, n’a pas beaucoup d’amis. A des camarades plus âgés. Aime dialoguer avec les adultes. Juge les personnes. Pose beaucoup de questions. Veut tout comprendre. S’intéresse à l’origine de la Terre, à l’univers, à la vie, à la mort… Change souvent de hobbies. N’aime pas la routine. Ne supporte pas l’injustice. A beaucoup d’empathie. Aime les jeux compliqués.
Bien sûr, tous les enfants ne présentent pas toutes les caractéristiques citées, mais si au moins cinq de celles-ci correspondent à ce qu’était votre jeune enfant, alors il y a de fortes chances que chez votre adolescent se cache un jeune surdoué. Le quotient intellectuel (QI)
Le QI est un score relatif qui donne pour un individu un positionnement dans un groupe d’âge identique ; il compare le fonctionnement intellectuel d’un enfant ou d’un adulte par rapport à un autre du même âge. Ce n’est pas un outil qui « mesure » l’intelligence, mais un outil qui évalue un potentiel intellectuel. Le QI est l’expression statistique de ce potentiel.
La mesure du QI doit être complétée par un bilan psychologique précis. Un peu comme un mode d’emploi, il constitue un document essentiel pour définir l’intelligence détectée comme haut potentiel et il apporte des informations stratégiques pour accompagner et comprendre l’enfant ou l’adolescent dans ses démarches cognitives parfois très particulières.
Le QI obtenu lors de l’analyse des tests d’intelligence est généralement assez stable tout au long de la vie. Toutefois, les résultats peuvent parfois être surévalués, tout comme ils peuvent être minorés par certains paramètres comme le stress, la fatigue, la peur de l’échec.
Les personnes ayant un QI hors norme (au-dessus de 130) présentent un mode de fonctionnement différent de la très grande majorité de la population, ce qui peut les handicaper lourdement tant sur un plan scolaire, professionnel que social.
En effet, il est totalement infondé de penser qu’un élève ayant un haut potentiel intellectuel brillera tout au long de son parcours scolaire et réussira ses études supérieures. Loin de là ! Avoir un haut potentiel intellectuel est un atout majeur certes. Encore faut-il que celui-ci puisse se développer et s’épanouir harmonieusement afin que l’individu qui en est doté puisse jouir de la vie en toutes circonstances.
Le quotient émotionnel (QE) quant à lui mesure la capacité à comprendre et à maîtriser ses émotions. À l’inverse du quotient intellectuel, le QE n’est pas stable tout au long d’une vie et n’est pas mesurable par des tests. Mais il arrive parfois que les émotions bloquent le sujet et l’empêchent de réussir les tests ; leurs résultats risquent donc fort d’être hétérogènes, ce qui ne permettra pas d’établir précisément le QI.
Personnellement, lorsque je lis des tests, si je note que l’un des indices atteint un score de plus de 130, je m’interroge alors sur l’hétérogénéité des tests qui met en évidence soit un mal-être sur le plan psychologique, soit une difficulté d’apprentissage due à un dysfonctionnement cognitif qu’il va falloir prendre en charge. De l’intérêt de faire tester votre enfant
Beaucoup de parents hésitent à faire tester leur enfant ou n’en voient pas vraiment l’utilité. Or, il faut absolument mettre un terme au questionnement et éviter de tourner en rond. Pour tous les parents qui rencontrent des complications avec leur enfant et qui se posent des questions sur ce sujet, il est bon de se rassurer et de savoir s’il s’agit bien d’un potentiel intellectuel élevé ou d’une difficulté qui prendrait sa source ailleurs. Dans les cas de troubles d’apprentissage liés au surdouement, la prise en charge doit correspondre au fonctionnement cognitif de l’enfant. Être surdoué ne doit pas devenir une pathologie, il faut bien reconnaître les signes et apprendre à traiter les complications en adéquation avec la personnalité du jeune. Les tests de QI disponibles
Sorti en 2016, le WISC V est utilisé pour tester l’intelligence des enfants de 6 à 16 ans et 9 mois. Cinq grandes composantes évaluent les différentes aptitudes intellectuelles essentielles aux processus d’apprentissage : l’indice de compréhension verbale (ICV), l’indice visuo-spacial (IVS), l’indice de raisonnement fluide (IRF), l’indice de vitesse de traitement (IVT), l’indice de mémoire de travail (IMT).
Ces cinq indices sont calculés à partir de subtests principaux auxquels peuvent s’ajouter des subtests complémentaires destinés à enrichir la compréhension du fonctionnement intellectuel de l’enfant et de l’adolescent.
Les tests d’intelligence évoluent et changent tous les dix ans pour éviter ce que l’on appelle « l’effet Flynn ». Selon le professeur James R. Flynn, dans les pays où l’on a pris l’habitude d’utiliser ces tests, le QI progresse en moyenne de 3 points par décennie. Si on ne réactualisait pas les données et si on gardait le même étalonnage, alors les enfants surefficients d’il y a cent ans seraient aujourd’hui dans la moyenne !
Mais mesurer l’intelligence ne suffit pas, il faut analyser et interpréter les tests pour aider le jeune à surmonter certaines difficultés, surtout lorsque ceux-ci montrent une hétérogénéité, preuve d’un dysfonctionnement cognitif. Au travers des tests de QI, on peut dépister différents troubles tels que la dyslexie, la dyscalculie, etc., mais aussi des développements comportementaux qui peuvent poser des problèmes lors des apprentissages scolaires comme l’anxiété, l’hypersensibilité envahissante, etc.

Tordre le cou à certains clichés…
L’image du surdoué, communément galvaudée, est aussi celle de celui qui sait tout. Ce cliché est dommageable pour l’adolescent qui ne cesse de devoir être, mais surtout de devoir paraître. Non, un jeune surdoué ne sait pas tout ! Si sa curiosité est grande et qu’il apprend beaucoup par lui-même, il ne détient pas non plus un savoir sans s’y être préalablement initié. Toutefois, l’idée qu’on se fait de lui lui colle à la peau et il a souvent bien du mal à s’en défaire.
Alors, sous le coup d’une certaine pression de son environnement, il donne le change. Son verbal particulièrement développé et sa facilité à comprendre ou à imaginer font le reste. Il se mêle des conversations, il monopolise la parole, il aime avoir le dernier mot. Il donne l’impression de tout savoir et, si petit il surfe sur cette vague qui le porte vers une certaine reconnaissance de ses proches, adolescent il se sent affublé d’un manteau bien trop lourd à porter et bien mal taillé qui va beaucoup le handicaper.
Très souvent, derrière cette façade se cache une personnalité bien différente, pleine de doutes et de complexes. Pour se rassurer, dans sa quête de reconnaissance, il compense sa peur par une logorrhée anxiolytique. Il masque ainsi son manque de confiance en lui, s’exprime de manière défensive et débite un flux de paroles qu’il a bien du mal à canaliser comme pour remplir un grand vide intérieur. Des comportements spécifiques Un semblant de crise d’adolescence précoce
Quand il s’agit d’enfants précoces, beaucoup de parents confient qu’ils n’en peuvent plus, que leur enfant n’est pas un enfant comme les autres et que malgré son âge enfantin, ils sont déjà confrontés à un comportement d’adolescent. Il est difficile pour eux d’aborder ce sujet, car ils ont l’impression de ne pas savoir éduquer leur progéniture. Ils mettent facilement en doute leurs capacités à gérer les difficultés qu’ils rencontrent.

Sandrine, maman d’Evan, 9 ans, QI 131
“Je ne sais plus comment gérer ses crises. Mon mari a fini par baisser les bras et je suis souvent seule à réagir. Quand je menace de le mettre en pension, il me répond : « Fais-le ! De toute façon, tu ne m’aimes pas et lui [le père] non plus et peut-être que vous ne m’avez jamais aimé ! » Si ce n’est pas une crise d’adolescence, alors qu’est-ce que ce sera quand il aura l’âge de la puberté…”
Bien sûr que non, il ne s’agit pas d’une crise d’adolescence. Sauf cas exceptionnel, il n’y a pas d’adolescence précoce. Surdoué ou non, l’adolescence commence par la puberté. Sous l’influence des hormones, l’enfant voit son corps changer et il ressent fortement toutes ces transformations qui peuvent influer sur son comportement. Ce mécanisme n’intervient qu’au moment où physiologiquement le métabolisme de l’organisme est prêt, c’est-à-dire vers 10-12 ans selon qu’il s’agit d’une fille ou d’un garçon. Dans le cas de l’enfant surdoué, ce sont sa pensée, son raisonnement et son caractère qui vont influencer l’interprétation d’une crise d’adolescence précoce. Son avance intellectuelle ne doit pas être confondue avec une émancipation qui lui ouvrirait des droits qu’on ne peut pas accorder à un jeune collégien.

Edwige, maman d’Axel, 8 ans et demi, QI 142
« Je n’en peux plus, quoi que nous fassions, quoi que nous disions, il s’oppose et il s’entête ! Impossible de lui faire entendre raison. J’ai l’impression que, chaque fois, il nous provoque, qu’il crée des conflits inutiles juste pour mesurer notre résistance et nous mettre hors de nous. »
Nous verrons plus loin quels sont les premiers signes et comment les analyser pour parer une crise éventuelle. En attendant, rappelons-nous qu’un enfant précoce est un enfant doté d’un fort potentiel intellectuel. Il joue avec les mots qu’il sait utiliser pour justifier, revendiquer et s’opposer. Son intelligence lui permet rapidement de réfléchir, d’analyser et d’agir, voire de manipuler pour contraindre son interlocuteur et aboutir à ses fins séance tenante. Il sait pousser les limites au-delà du raisonnable, mais attention, car lorsqu’elles sont franchies ce dérapage que vous redoutez tant n’est pas loin. Ne baissez pas les bras, sachez vous repositionner face à votre enfant. Il vous teste et votre autorité est mise à mal, alors c’est le moment de vous imposer, car il est encore un enfant. Une maturité intellectuelle hors du commun
La maturité de l’enfant précoce est un aspect particulier de sa personnalité qu’il faut bien comprendre pour lui assurer une prise en charge efficace et l’aider à bien grandir. Chez les plus grands comme chez les plus jeunes, on parle souvent d’immaturité sans mesurer à quel point ce mot à lui seul nous écarte de la compréhension du sujet. Or, nous ne pourrons l’aider si nous ne comprenons pas l’essentiel.
Un individu surdoué est tout sauf immature ! Il sent et ressent tout. Il voit et entend tout. Son sixième sens est en éveil et sa perception du monde le fragilise. Elle est son talon d’Achille, son point sensible. Une faiblesse peut-être, mais pas une immaturité. Son hypersensibilité exacerbée l’empêche de rester serein. Il analyse, il déduit, il comprend, il s’inquiète. Ce qu’il a analysé, déduit ou compris est teinté d’émotions. Sa joie, mais surtout sa tristesse, l’envahissent. Alors, s’il est petit, il pleure et s’en remet aux plus grands. S’il est ado, il crie, il s’insurge ou il rage. Il exprime son incapacité d’agir dans un monde qui le dépasse et qu’il ne maîtrise toujours pas, même si ses capacités intellectuelles lui permettent de percevoir une vérité vers laquelle il tend jour après jour et qui fera de lui prochainement un adulte accompli.
Au travers de ses perceptions, de ses idées plus ou moins bien arrêtées, et de tout ce qu’il peut ressentir, sa maturité intellectuelle est réelle même si son comportement d’adolescent n’est pas toujours en accord avec son potentiel cognitif.
Citons l’histoire de ce très jeune enfant qui, en matern

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