Culture populaire et politique culturelle au Mexique (1920-2006)
298 pages
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La politique culturelle mexicaine visant la culture populaire est ici étudiée depuis la création de l'Etat postrévolutionnaire (1920) jusqu'à la présidence de Vicence Fox (2000-2006). Cet ouvrage analyse comment la "culture populaire" s'est constituée en objet de politique publique, et le rôle joué par les acteurs politiques et scientifiques dans la définition et la redéfinition de la culture populaire.

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Publié par
Date de parution 01 janvier 2012
Nombre de lectures 21
EAN13 9782296478435
Langue Français
Poids de l'ouvrage 3 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0005€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Culture populaire et politique culturelle au Mexique (1920-2006)
© L'HARMATTAN, 2011 5-7, rue de l'École-Polytechnique ; 75005 Parishttp://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-296-56293-6 EAN : 9782296562936
César Guevara González
Culture populaire et politique culturelle au Mexique (1920-2006)
Préface d'Olivier IHL
L’HARMATTAN
Sommaire
Préface ..................................................................................................................... 9Introduction .......................................................................................................... 13
PREMIÈRE PARTIE .......................................................................................... 35L’ÉTAT POSTRÉVOLUTIONNAIRE ET LA GENÈSE DE LA « NOUVELLE » POLITIQUE CULTURELLE MEXICAINE ..................... 35
DEUXIÈME PARTIE.......................................................................................... 85LA LÉGITIMATION SAVANTE DE LA POLITIQUE CULTURELLE....... 85CHAPITREI ...............................................................................................................................85LA JUSTIFICATION SCIENTIFIQUE DE LA POLITIQUE CULTURELLE...................................85CHAPITREII............................................................................................................................117ÉDUCATION ET CULTURE,UN ANTAGONISME NON RÉSOLU..........................................117CHAPITREIII ..........................................................................................................................125L’INSTITUTIONNALISATION DE LANTHROPOLOGIE DURANT LE CARDÉNISME,..........125LEDÉPARTEMENT DES AFFAIRES INDIGÈNES(DAI) .......................................................125CHAPITREIV ..........................................................................................................................131DE LÀ LINDIGÉNISME INTÉGRATIONNISTE INDIGÉNISME MULTICULTUREL............131CHAPITREV ............................................................................................................................161LADGCP :LÉMERGENCE DUNE NOUVELLE CATÉGORIE DINTERVENTION PUBLIQUE................................................................................................................................161
TROISIÈME PARTIE ........................................................................................201VERS UN NOUVEAU MODÈLE DE GESTION CULTURELLE................201INTRODUCTION......................................................................................................................201CHAPITREVI ..........................................................................................................................203LA CRÉATION DUCONACULTA............................................................................................203CHAPITREVII.........................................................................................................................237LECONACULTA DANS LE CONTEXTE DE LA«TRANSITION DÉMOCRATIQUE»............237
CONCLUSION .................................................................................................. 265INDEX DES SIGLES ET DES ACRONYMES.............................................................................275BIBLIOGRAPHIE......................................................................................................................277REMERCIEMENTS...................................................................................................................293
Table de matières................................................................................................ 2957
Préface
Comprendre comment la culture populaire est devenue une catégorie d’intervention publique dans le Mexique de 1920 à 2006 : tel est l’enjeu principal du livre que César Guevara González propose à la sagacité de ses lecteurs. Issu d’un travail de doctorat conduit à Sciences Po Grenoble, travail considérable en trois volumes intitulé « La mise en forme et la transformation d’un champ de l’action publique : sociohistoire de la culture populaire au Mexique », il a pour ambition de restituer la politique culturelle « aux enjeux politiques qui ont émaillé l’histoire du système mexicain ». Une façon de faire enfin droit aux conflits des forces sociales et groupes d’intérêts qui s’en sont réclamés, que le régime politique soit nationaliste-révolutionnaire dans sa version « cardeniste » ou « echeverriste » ou néo-libéral dans sa version « foxiste ». La chronologie suivie par cette passionnante étude le montre : trois « référentiels » de la culture populaire peuvent être, au terme de ce parcours, clairement différenciés. Le premier, « indigéniste et intégrationniste », resta en vigueur pendant une longue période (1920-1970) avant de céder la place à un nouveau style d’action publique, désigné comme celui de « l’anthropologie critique ». Depuis une vingtaine d’années, c’est le référentiel de la « gestion culturelle » qui lui a succédé, avec son vocabulaire spécifique, ses savoirs spécialisés, ses figures fondatrices. L’avènement du Conseil National pour la Culture et les Arts (CONACULTA ou encore CNCA) le fait comprendre puisqu’il lie étroitement les transformations dans et de la politique culturelle mexicaine à celles observables dans la trajectoire administrative de l’Etat mexicain, voire à celles que révèle le relatif déclin du PRI. Méthodologiquement, César Guevara González aborde son objet au moyen d’une analyse serrée de textes « académiques », institutionnels et politiques, mais aussi en interrogeant les usages de ces sources par un certain nombre d’entretiens. C’est ainsi qu’est mise en évidence l’importance des logiques politiques, intellectuelles et sociales à l’origine des changements de la « culture populaire ». Plus précisément, l’apport principal de ce travail est de montrer sous quelles conditions le nationalisme culturel au Mexique a pu être « déplacé » par des normes politiques mais aussi par des engagements intellectuels extrêmement puissants. Une « défaite » ou au moins un retrait qui doit beaucoup aux missions d’expertise, aux échanges et « rencontres » entre savants, administrateurs et politiques, aux luttes journalistiques, militantes, scientifiques pour l’imposition de nouveaux paradigmes. Signe que les idées circulent, s’imposent, s’estompent au gré des rapports de force et des langages étatiques qui traversent l’appareil exécutif, et déjà quant à l’insertion nationale des populations indigènes.
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S’inspirant des travaux récents développés en termes de sociologie historique des sciences du gouvernement, le livre de M. César Guevara González apporte un éclairage neuf sur la trajectoire politique de la construction nationale mexicaine. De manière plus générale, il intéressera les spécialistes de l’histoire sociale des savoirs scientifiques et de leurs usages politiques ou administratifs. Car il éclaire la progressive transformation d’une revendication de scientificité, en l’occurrence celle de l’anthropologie indigéniste mexicaine, en un ensemble de pratiques de gouvernement. Leur orientation ? Justifier la politique culturelle mise en œuvre. Plus encore, lui donner comme vocation d’intégrer les populations « indigènes » dans la communauté imaginaire mexicaine. L’institutionnalisation de cette sorte d’anthropologie d’État rend compte des formes prises par ces savoirs tout comme elle explique le statut de ceux qui les produisent et reproduisent. De ce point de vue, des parallèles stimulants pourraient être ouverts avec l’œuvre de e Paul Broca au sein de la Société d’anthropologie de Paris à la fin du XIX siècle. On pense également à la réinvention de la culture atacamienne entreprise par Gustave Le Paige dans le nord du Chili dans les années 1960, pour ne rien dire du rôle d’un Martin Gusinde dans la reconnaissance de la culture selk’nam en e Terre de feu au début du XX siècle. Une légitimation savante dont Manuel Gamio s’est fait au Mexique le porte-drapeau en promouvant « l’industrie domestique artisanale » ; ou en recensant les objets « utiles », « déficients » ou « nocifs » qu’autorise sa classification si controversée des différentes ethnies préhispaniques. On songe aussi à la maison d’édition de l’État mexicain créée en 1934 par Daniel Cosío Villegas : elle a rapidement débordé son modeste but initial, aider les étudiants de l'École Nationale d'Économie pour commercialiser et promouvoir « les œuvres de la culture nationale » (par exemple, en 1944, à travers le lancement d’une collection d’anthropologie). Pour le dire autrement, la « culture populaire » a fait l’objet de batailles, de définitions concurrentielles, de luttes de catégories. Loin d’être une donnée immédiate de la conscience, elle fut disputée et discutée, construite en un mot. La culture populaire, en particulier sous le visage disciplinaire de l’anthropologie culturelle, fut longtemps saisie par l’État : politisée, scientificisée, bureaucratisée, elle fut mise au service d’une conscience nationale apte à contrôler sinon à intégrer la question indigène. L’étude des espaces institutionnels, creuset de cette obsession étatique, mais aussi des multiples liens entre les groupes d’intellectuels, associations, revues, laboratoires, est éclairante : depuis l’Ateneo de la Juventud, le DAI, le PRONASOL, le DGCP, la CONACULTA, comme l’est tout autant celle des militants scientifiques Manuel Gamio, Guillermo Bonfil Batalla, Arturo Warman, tant d’autres encore auquel l’auteur consacre de belles pages. Qui en douterait en refermant ce livre ? La notion de culture populaire recouvre des réalités fort hétérogènes, des réalités qui se déforment et se réforment au gré des soutiens institutionnels comme des concurrences nouées entre groupes
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