Deuk Wolof
32 pages
Français

Vous pourrez modifier la taille du texte de cet ouvrage

Deuk Wolof , livre ebook

-

Obtenez un accès à la bibliothèque pour le consulter en ligne
En savoir plus
32 pages
Français

Vous pourrez modifier la taille du texte de cet ouvrage

Obtenez un accès à la bibliothèque pour le consulter en ligne
En savoir plus

Description

Deuk Wolof, un village qui voit l’arrivée de voisins non souhaités, une épreuve que ses habitants doivent surmonter et gérer.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 05 août 2020
Nombre de lectures 23
EAN13 9782312075143
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0012€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Deuk Wolof
Mamadou Baïdy Diop
Deuk Wolof
LES ÉDITIONS DU NET
126, rue du Landy 93400 St Ouen
© Les Éditions du Net, 2020
ISBN : 978-2-312-07514-3
À Deuk Wolof, un village exemplaire d’éducation, de fraternité et de savoir vivre, règnent la paix et le respect.
Salif, un jeune du quartier de Diamegueune, très actif, et qui passe la majeure partie de son temps à travailler, vient de rentrer de ses occupations en saluant tout le monde.
« Bonjour, dit Salif, que la paix soit avec vous tous.
– Bonjour à toi aussi, répondent les autres.
– Et la journée, dit Abdoulaye (père de Salif).
– Bien, dit Salif, Dieu merci.
– Reviens vite pour le déjeuner, dit Absatou (mère de Salif), on n’attend que toi. »
L’après-midi, Salif repart à ses activités, laissant ses parents, ses sœurs (Nogaye et Nabou) à la maison. Avec l’élevage ainsi que la vente de légumes et fruits, son petit business se déroule à merveille ; le soir, Salif s’occupe de son poulailler, de la santé des poules et poussins….
Le soir, c’est l’heure des retrouvailles, Salif et ses amies, Modou , Ibra et Thiam prennent leur temps à discuter ; plus tard dans la nuit, ils rentrent chez eux.
Un peu plus loin de Deuk wolof se trouve un village nommé Watch Dal peuplé de délinquants, de malfaiteurs de toutes sortes et d’autres sans occupation précises, et dont le seul mérite est de vivre dans une communauté. En remontant à la source, de cette mauvaise société soixante années plus tôt, Dof Dal qui s’appelait autrefois Ibrahima, vivait parmi des gens biens ; mais il avait tendance à choisir une très mauvaise fréquentation : des gens mal éduqués et qui s’exprimaient dans un langage vulgaire. Et comme le dit le proverbe : Dis-moi qui tu hantes, je te dirais qui tu es ; Ibrahima avait fini par virer du mauvais côté.
Un jour, alors qu’un homme revenait de la banque à la fin du mois, Ibrahima et ses amis avaient deviné que c’était un salarié, et le groupe suivit ce dernier jusqu’à un endroit isolé ; Mor , le plus coriace l’attaqua en premier avec un gourdin. Ce dernier qui avait reçu le bâton en pleine tête, s’affala à terre tout en continuant d’encaisser des coups qui l’affaiblissaient. Ibrahima qui ressentait une très grande honte ordonnait à tout le monde de s’arrêter. Mais l’homme commençait à observer Ibrahima d’un air bizarre et dit :
« “Ibrahima” oh mon dieu qu’est ce qui t’es arrivé ? C’est moi ton oncle Moussa. »
Sans hésiter, Ibrahima l’achevait sous l’œil d’un témoin qui criait à cet instant. Sans retourner chez eux, Ibrahima et son groupe s’enfuyaient pour retrouver leurs amis. Deux de leurs amis discutaient sous un arbre, tandis que deux autres s’amusaient à taquiner des filles. Gor et Thioutch qui s’étaient retrouvés sur la place publique comprenaient à première vue que la présence de leurs amis n’était pas normale ; par contre, Mor et Badou qui causaient avec des filles ne comprenaient pas qu’ils étaient impliqués dans une situation grave. Mais Ibrahima qui n’était pas dans son assiette leur fit comprendre qu’il était temps de lever le camp. Chaque jour, ils erraient au hasard et leurs crimes augmentaient au fur et à mesure. Et ils finirent par adopter des pseudonymes. Ibrahima était devenu Dof Dal ; Badou : Bandi dal ; Masse : Ma Dal ; Cheikh : Kheuch Dal ; Demba : Dembis Dal ; Papis : Papis Dal(d’habitude il n’a jamais été sérieux dans sa vie) ; Gor : Gor Dal ; Thioutch : Mbeur Dal ; Mor : Neub Dal et son compagnon de la même espèce Moussa : Mous Dal. De faite ce clan se nommait les Dal. Ainsi, ils avaient finie par atterrir dans un lieu retiré où ils avaient établi leur fief et qu’ils nommaient Watch Dal. Petit à petit, des gens les rejoignaient de sorte que Watch Dal devint un véritable village. Malheureusement, beaucoup d’entre eux n’eurent pas la chance d’y assister, car un braquage à mains armées leur avait couté la vie. Ce fut un coup dur pour la bande des Dal : parmi les morts, il y avait Ma Dal, Dembis Dal, Papis Dal, Gor Dal et Thioutch Dal.
Lors du marché hebdomadaire du mercredi situé entre Diamegueune et Lambay de nombreuses personnes se rencontrent. C’est aussi le jour préféré des Dal , mais ils n’y font rien de bon. Salif ne rate jamais cette occasion et s’en sort bien avec ses produits ; malheureusement les jeunes Dal n’épargnent personne. Les habitants de Deuk Wolof ne connaissant pas ces Dal , en sont souvent les victimes. Deux jours après le marché, certains préparent la nuit du vendredi et le jour, ils se mettent à lire le coran et prépare la prière…. Après la prière, les enfants reçoivent des offrandes.
Le soir, Salif discute avec ses amis ; parfois ils parlent des jeunes Dal mais les termes qu’ils utilisent montrent qu’ils ne les connaissent pas bien : « Ces gosses doivent faire attention, ils ne donnent pas l’impression d’être bien éduqué », « ça risque de finir mal pour eux s’ils continuent ainsi ». Vers vingt-trois heures, le silence marque sa présence et le groupe ne voit qu’une seule chose c’est aller se reposer ; et il ne tarde pas à le faire. Nogaye et Nabou ont chacune leurs tours pour cuisiner ; cette fois c’est à Nogaye d’aller au marché et d’assaisonner un bon plat. Comme elle est intelligente, elle est la seule personne qui a de mauvais pressentiments sur les Dal.
Un jour, Salif trouve sa boutique cambriolée, tous ses produits endommagés. Le spectacle était écœurant : beaucoup de marchandises volées ; heureusement il a l’habitude d’emporter chez lui sa recette. La seule question que tout le monde se pose est : qui a pu faire un tel désastre. Nogaye, très soupçonneuse, accuse les Dal qu’elle voit souvent au marché ; mais les autres la croient parano. Salif voulant maitriser sa colère tente de s’isoler ; ce qui est impossible car tout le monde est au courant de ce qui s’était passé. Quelques instants après, Thiam et Modou le rejoignent dans sa chambre ; les autres ont tardivement reçu la nouvelle. Le lendemain, Salif trouve sa place réorganisée grâce à l’effort de ses amis : certainement un travail nocturne. Il ne pouvait que les remercier de ce geste généreux. Les semaines suivantes, Salif se ressaisit. Il a même pu remplir sa boutique de nouvelles marchandises et renforcer sa porte par des chaines et des cadenas. Rien de surprenant, les jeunes Dal se baladaient avec les produits de Salif et avaient l’air tellement heureux : quoi de plus naturel pour eux.
Ibra qui accompagne sa mère Astou passe près de la place de Salif et le salut. À son retour, il rejoint Salif et la discussion commence :
« Ça va ? Demande Ibra.
– Bien, dit Salif. Comment va ton père ; j’avais entendu qu’il était malade ?
– Ce n’est rien, il se porte bien ! Répond Ibra.
– Tant mieux, dit Salif.
– Bon j’y vais, j’ai un travail qui m’attend. Dit Ibra.
– Merci d’être passé. Dit Salif.
– De rien, c’est la moindre des choses, conclut Ibra. »
Il quitte Salif sur le champ et s’en va à son boulot de menuiserie. Pendant ce temps, Nder aide son père Biram qui nettoie son enclos de bétail. Sa petite sœur Oumou les rejoint avec de l’eau fraiche ; son père lui demande aussitôt :
« Est -ce Fanta qui t’a envoyée ? Demande Biram .
– Oui c’est maman, répond Oumou. Vu la façon dont vous travaillez j’ai dit à maman que vous devez avoir soif.
– C’est bien ma fille, dit Biram, tu es mon amie.
– En tout cas ce n’est pas trop tôt, dit Nder, J’ai tellement soif ; tu vas avoir un bracelet Oumou !
– Merci, dit Oumou.
– Soit sans crainte, dit Nder, je te le promets. ».
Vers quatorze heures, toute la ville est redevenue calme ; le moindre bruit se faisait entendre de loin : parfois le bruit des oiseaux, le vent qui souffle ou les animaux domestiques. Pendant ce temps, certains sont en train de déjeuner, d’autres de faire la sieste et d’autres de prier. Parfois le bruit du vent résonnait aux oreilles comme si dans l’atmosphère, il y’avait des esprits qui communiquaient entre eux. On l’appelle ce moment en wolof « Dig Diollor » : un moment étrange mais agréable.
La demi sœur de Modou , Soukeyna qui habite à habite à Lambay (le second quartier de Deuk Wolof ), fait du commerce de poissons secs. Elle est l’aînée de Modou : sa mère, Amina et celle de Modou , Fatou , partagent le même mari Madiaw Thiam qui fait tout pour éviter les problèmes de famille. Soukeyna vend ses produits à l’entrée de la ville qui se trouve être le passage des Dal . Awa Ndoye , la mère de Thiam a tendance à passer près de la place de Soukeyna pour vendre ses crèmes glacées. Son mari Ibra Thiam frère de Madiaw est en même temps l’homonyme d’Ibra et l’ami d’enfance de Maguette . Ce que Awa Ndoye ne parvient pas à vendre, elle le remet à Soukeyna qu’elle connaît à peine. Thiam , le fils d’Awa Ndoye a eu la chance de fréquenter l’école. Nogaye , elle aussi est une diplômée sans emploi mais elle n’est pas restée les bras croisés. Le lendemain, Awa Ndoye récupère les trois quarts de son argent et laisse un quart à Nogaye comme signe de reconnaissance.
***
Les Dal ne cessent de fréquenter Deuk Wolof, car apparemment c’est paisible comme endroit mais eux n’aiment pas les endroits calmes. Parmi eux, quatre gaillards en observant Soukeyna qu’ils reconnaissent murmurent en la regardant froidement d’un air étrange. Soukeyna est d’une beauté rare : de beaux yeux, une taille bien proportionnée, des lèvres charnues et des dents d’une blancheur de lait. Le lendemain, quelques temps après le départ de Awa Ndoye, les quatre gaillards entrent dans la ville et s’approchent de Soukeyna, l’un deux faisant semblant d’acheter la taquine :
« Dites femme ravissante une telle beauté est rare, dit Mong Dal.
– Vous vous moquez ? J’aurais eu un mari si c’était le cas, dit Soukeyna flatté.
– Tu n’as personne ? Un être comme toi doté de charme, dit Dramé Dal l’air surpris, les gens peuvent être vraiment bêtes.
– Personne ne t’aime ? Demande Mong Dal étonné.
– Si Salif, l’ami de mon demi-frère Modou qui habite à Diamegueune, répond Soukeyna d’un air triste, malheureusement je suis plus âgée que lui.
– L’âge a de l’importance à ce point ? Demande Tierno Dal un gars qui n’a jamais voulu être un hors la loi, mais qui fréquente les Dal par manque de choix. »
Tierno Dal n’étant pas une trop mauvaises personne craint un malheur et décide de leur faire lever le camp.
« Bon à la prochaine demoiselle, dit Tierno Dal, on y va les gars.
– Ou ? Demande Mong Dal.
– Tu ne sais pas ? Demande Tierno Dal énervé.
– Vous vous regardez ? Demande Soukeyna étonnée et souriante, partir ou attendre encore un peu, cela vaut-il une dispute ? »
À la vue d’un petit monde, les trois Dal regardent Tierno Dal avec un air de découragement et savent qu’ils ne peuvent pas maitriser leurs pulsions diaboliques et pourront vraiment faire une folie. Tierno Dal les connaissant bien, murmure aux oreilles de Soukeyna leurs mauvaises intentions tout en lui ordonnant de quitter les lieux au plus vite. Vu l’action de Tierno Dal, Dramé Dal ne pouvant plus le supporter sort un couteau et le poignarde : un spectacle affreux avec le cri horrible de ce dernier qui s’accroupit pendant que les deux autres Dal se mettent à la poursuite de Soukeyna qui affolée, prend le mauvais chemin.

  • Accueil Accueil
  • Univers Univers
  • Ebooks Ebooks
  • Livres audio Livres audio
  • Presse Presse
  • BD BD
  • Documents Documents