GILETS JAUNES
48 pages
Français

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Description

Ni analyse politique, ni analyse sociologique, ce livre est le témoin d'un ressenti en présence de la situation des Gilets Jaunes. Il livre un instant d'humeur avec ses imprécisions et ses provocations.
Ce matin samedi 1er décembre 2018 alors que la pluie commence à ternir le ciel je m’installe devant mon poste de télévision pour voir comment s’annonce la journée notamment sur les Champs Élysées. Les Gilets Jaunes sont peu nombreux, face à un mur de grilles, de fourgons de polices et de policiers caparaçonnés comme l’étaient jadis les chevaux dans les tournois ou les chevaliers sur les champs de bataille, qui barrent l’avenue à l’exception d’un trottoir où seuls quelques policiers au coude à coude filtrent les personnes qui souhaitent se rendre sur l’avenue. Le ministre de l’Intérieur avait décidé de laisser un accès aux Champs Élysées pour ne pas pénaliser le commerce, permettre aux touristes et promeneurs d’accéder à la prestigieuse avenue ; pourtant chacun se doutait bien que touristes et promeneurs seraient remarquablement peu nombreux ce jour-là. Quel touriste s’aventurerait sur l’avenue en voyant, dès son arrivée, une telle armada ? Quelle personne irait se promener ou faire des courses dans les magasins de luxe des « Champs » en ayant eu connaissance de l’appel à manifester, d’autant plus que ce n’est pas chez les bourgeois qu’on trouve les gens les plus courageux ? Alors, ne faut-il pas voir dans cette organisation de « la sécurité des personnes » une stratégie qui visait à susciter les troubles pour finalement discréditer le mouvement des Gilets Jaunes ? Si l’intention n’y était pas, le résultat fut bien celui-ci, notamment lorsqu’on voit la façon dont les deux principales chaînes de télévision en continu (et en boucle) ont traité l’information ce jour-là. Pour BFM rien n’existait à part Paris et la violence, rares furent les reportages en Province ; la Province fut plus présente sur France Info. Mais, sur l’une comme sur l’autre chaîne, les revendications des Gilets Jaunes disparaissaient sous la narration de la violence. Les représentants de syndicats de policiers et les experts de la sécurité (aucun étant connu par un quelconque travail de recherche) ont bénéficié d’une tribune bien supérieure à celle des sociologues et des politologues quand les Gilets Jaunes et les quidams étaient engloutis dans les culs de basse-fosse du théâtre médiatique. Cette façon de traiter l’information à propos d’un mouvement social qui en est à sa troisième semaine, interroge autant l’éthique que l’honnêteté de ces médias ; j’en parlerai plus loin. Ça interroge d’autant plus quand on entend les analyses des « experts en sécurité » comme Eric Delbecque ou Driss Aït Youssef qui, bien qu’ayant les capacités voire des compétences pour l’analyse des mouvements sociaux, font porter l’essentiel de leurs analyses sur le fait sécuritaire, leur honnêteté n’est pas en cause, ce qui l’est c’est le choix éthique dont ils ne peuvent pas se départir même si leur analyse répond à une commande de BFM qu’ils ont acceptée. Je serai plus sévère avec le comportement journalistique du spécialiste « justice police » de BFM Dominique Rizet qui exposait samedi soir que les Gilets Jaunes voulant forcer le barrage de police avaient provoqué la réaction de force de ces derniers. Moi, à 8 h45 je voyais sur mon écran des Gilets Jaunes qui faisaient face aux policiers, on voyait bien qu’ils semblaient lancer des mots, sans doute peu aimables, en direction de policier mais il n’apparaissait aucune tentative pour forcer le barrage. Parmi les manifestants une personne se détachait non pas parce qu’elle aurait menacé le barrage mais plus simplement pour deux raisons : la personne portait deux sacs à dos (un sur le dos, l’autre sur la poitrine) et elle semblait ivre. À 8 h50 les policiers ont décidé de l’interpeller et s’en saisissant avec brutalité l’amenèrent de l’autre côté du barrage. Les Gilets Jaunes ont alors tenté de « récupérer » cette personne avant que les policiers ne l’aient trop éloignée. En vain, ce jeune homme visiblement saoul, a été tiré sur le sol puis plaqué au sol par 5 molosses. Les manifestants ont alors crié leur colère et se sont rapprochés du barrage ; sans doute les policiers ont-ils été pris de panique et ont chargé. Monsieur Rizet a menti, ce ne sont pas les manifestants qui voulant « défoncer » le barrage qui ont provoqué des heurts, ce sont les policiers qui ont perdu leur sang-froid et qui ont chargé. Mais Monsieur Rizet en tant que colonel de gendarmerie de réserve se sent plus porté par un mouvement de solidarité corporatiste que par une éthique du métier de journaliste. Cette volonté, à moins que ce soit de la bêtise primaire, de désinformer nous l’avons retrouvé maintes et maintes fois sur ces chaînes, jusqu’à ce dimanche (2 décembre) lorsqu’à 13 h15 une journaliste de France Info nous présente une revue de la presse étrangère en annonçant que les journaux étrangers auraient des propos très durs à l’égard des Gilets Jaunes puis elle nous montre les Unes et des extraits de JT et là rien de péjoratif à l’égard des Gilets Jaunes, seules des évocations des violences et des remarques sur les difficultés que rencontre Monsieur Macron ; seul, peut-être, le journal espagnol El Païs pourrait paraître péjoratif à l’égard des Gilets Jaunes en décrivant une « manifestation aux contours mal définis et qui s’inscrit dans la longue histoire de contestation sociale et de vocation pour la protestation urbaine. » Mais globalement, même dans le Wall Street Journal rien de méchant à l’égard des manifestants français, plutôt de la moquerie envers monsieur Macron ; voilà comment le journal 20 Minutes titre sa revue de la presse internationale : « Gilets jaunes » : « La presse étrangère raille Emmanuel Macron. » 

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 27 décembre 2018
Nombre de lectures 1
EAN13 9782950112958
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0250€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Extrait

Gilets Jaunes,
Et en même temps.

Jean-Jacques LATOUILLE

autoédition 2018
ISBN:978-2-9501129-5-8
Cet ebook a été réalisé avec IGGY FACTORY. Pour plus d'informations rendez-vous sur le site : www.iggybook.com
Le début.
 

 
 

Ce matin samedi 1 er décembre 2018 alors que la pluie commence à ternir le ciel je m’installe devant mon poste de télévision pour voir comment s’annonce la journée notamment sur les Champs Élysées. Les Gilets Jaunes sont peu nombreux, face à un mur de grilles, de fourgons de polices et de policiers caparaçonnés comme l’étaient jadis les chevaux dans les tournois ou les chevaliers sur les champs de bataille, qui barrent l’avenue à l’exception d’un trottoir où seuls quelques policiers au coude à coude filtrent les personnes qui souhaitent se rendre sur l’avenue. Le ministre de l’Intérieur avait décidé de laisser un accès aux Champs Élysées pour ne pas pénaliser le commerce, permettre aux touristes et promeneurs d’accéder à la prestigieuse avenue ; pourtant chacun se doutait bien que touristes et promeneurs seraient remarquablement peu nombreux ce jour-là. Quel touriste s’aventurerait sur l’avenue en voyant, dès son arrivée, une telle armada ? Quelle personne irait se promener ou faire des courses dans les magasins de luxe des « Champs » en ayant eu connaissance de l’appel à manifester, d’autant plus que ce n’est pas chez les bourgeois qu’on trouve les gens les plus courageux ? Alors, ne faut-il pas voir dans cette organisation de « la sécurité des personnes » une stratégie qui visait à susciter les troubles pour finalement discréditer le mouvement des Gilets Jaunes ? Si l’intention n’y était pas, le résultat fut bien celui-ci, notamment lorsqu’on voit la façon dont les deux principales chaînes de télévision en continu (et en boucle) ont traité l’information ce jour-là. Pour BFM rien n’existait à part Paris et la violence, rares furent les reportages en Province ; la Province fut plus présente sur France Info. Mais, sur l’une comme sur l’autre chaîne, les revendications des Gilets Jaunes disparaissaient sous la narration de la violence. Les représentants de syndicats de policiers et les experts de la sécurité (aucun étant connu par un quelconque travail de recherche) ont bénéficié d’une tribune bien supérieure à celle des sociologues et des politologues quand les Gilets Jaunes et les quidams étaient engloutis dans les culs de basse-fosse du théâtre médiatique. Cette façon de traiter l’information à propos d’un mouvement social qui en est à sa troisième semaine, interroge autant l’éthique que l’honnêteté de ces médias ; j’en parlerai plus loin. Ça interroge d’autant plus quand on entend les analyses des « experts en sécurité » comme Eric Delbecque ou Driss Aït Youssef qui, bien qu’ayant les capacités voire des compétences pour l’analyse des mouvements sociaux, font porter l’essentiel de leurs analyses sur le fait sécuritaire, leur honnêteté n’est pas en cause, ce qui l’est c’est le choix éthique dont ils ne peuvent pas se départir même si leur analyse répond à une commande de BFM qu’ils ont acceptée. Je serai plus sévère avec le comportement journalistique du spécialiste « justice police » de BFM Dominique Rizet qui exposait samedi soir que les Gilets Jaunes voulant forcer le barrage de police avaient provoqué la réaction de force de ces derniers. Moi, à 8 h45 je voyais sur mon écran des Gilets Jaunes qui faisaient face aux policiers, on voyait bien qu’ils semblaient lancer des mots, sans doute peu aimables, en direction de policier mais il n’apparaissait aucune tentative pour forcer le barrage. Parmi les manifestants une personne se détachait non pas parce qu’elle aurait menacé le barrage mais plus simplement pour deux raisons : la personne portait deux sacs à dos (un sur le dos, l’autre sur la poitrine) et elle semblait ivre. À 8 h50 les policiers ont décidé de l’interpeller et s’en saisissant avec brutalité l’amenèrent de l’autre côté du barrage. Les Gilets Jaunes ont alors tenté de « récupérer » cette personne avant que les policiers ne l’aient trop éloignée. En vain, ce jeune homme visiblement saoul, a été tiré sur le sol puis plaqué au sol par 5 molosses. Les manifestants ont alors crié leur colère et se sont rapprochés du barrage ; sans doute les policiers ont-ils été pris de panique et ont chargé. Monsieur Rizet a menti, ce ne sont pas les manifestants qui voulant « défoncer » le barrage qui ont provoqué des heurts, ce sont les policiers qui ont perdu leur sang-froid et qui ont chargé. Mais Monsieur Rizet en tant que colonel de gendarmerie de réserve se sent plus porté par un mouvement de solidarité corporatiste que par une éthique du métier de journaliste. Cette volonté, à moins que ce soit de la bêtise primaire, de désinformer nous l’avons retrouvé maintes et maintes fois sur ces chaînes, jusqu’à ce dimanche (2 décembre) lorsqu’à 13 h15 une journaliste de France Info nous présente une revue de la presse étrangère en annonçant que les journaux étrangers auraient des propos très durs à l’égard des Gilets Jaunes puis elle nous montre les Unes et des extraits de JT et là rien de péjoratif à l’égard des Gilets Jaunes, seules des évocations des violences et des remarques sur les difficultés que rencontre Monsieur Macron ; seul, peut-être, le journal espagnol El Païs pourrait paraître péjoratif à l’égard des Gilets Jaunes en décrivant une « manifestation aux contours mal définis et qui s’inscrit dans la longue histoire de contestation sociale et de vocation pour la protestation urbaine. » Mais globalement, même dans le Wall Street Journal rien de méchant à l’égard des manifestants français, plutôt de la moquerie envers monsieur Macron ; voilà comment le journal 20 Minutes titre sa revue de la presse internationale : « Gilets jaunes » : « La presse étrangère raille Emmanuel Macron. »
Au-delà de ce qui pourrait être le résultat malencontreux de bêtise ou d’inexpérience, nonobstant les journalistes blanchis sous le harnais, on mesure bien combien ils peuvent être sinon les créateurs d’une information visant à discréditer le mouvement des Gilets Jaunes du moins le relais d’une stratégie gouvernementale comme l’a fait, à 13 h20, le journaliste de France Info dont la façon d’annoncer l’accident de voiture à Arles laissait clairement penser que le barrage installé par les Gilets Jaunes est responsable de l’accident ; mais ne reprenait-il pas là l’information donnée par le procureur de la République. Voici ce qu’on peut lire sur le site de cette chaîne : « Un automobiliste est mort en marge d’un barrage tenu par des « gilets jaunes », dans un accident de la route, dans la nuit du samedi 1er au dimanche 2 décembre, à Arles (Bouches-du-Rhône). L’accident s’est produit sur une zone où se trouvait un bouchon provoqué par un barrage, a expliqué le procureur de Tarascon, dimanche. « Une fourgonnette a percuté de plein fouet un poids lourd », qui se trouvait à l’arrêt, « avant d’être à son tour percutée par un autre véhicule », a expliqué le magistrat. « Cet accident est directement lié à un barrage de “gilets jaunes” qui a provoqué un gigantesque embouteillage de 10 km », a-t-il estimé. » Jamais ni le journaliste et moins encore le procureur n’ont évoqué la vitesse à laquelle roulait cet automobiliste, car la cause de l’accident c’est bien dans la « conduite » de l’automobiliste qu’il faut la chercher, qui parmi les lecteurs a l’habitude de foncer sur un obstacle inerte sur la route ?
Que le gouvernement et surtout le ministre de l’Intérieur dont l’intégrité morale ne semble pas être la qualité première (on se rappellera la multitude d’affaires judiciaires impliquant les ministres, les conseillers ministériels et « présidentiels » et les députés LREM et l’affaire Benalla) soient portés à la désinformation c’est sans doute de bonne guerre même si ça fait tache pour un monde politique qui se voulait « Nouveau », mais que ça atteigne et infuse chez les journalistes, c’est plus inquiétant pour la démocratie qui est alors privée d’un contre-pouvoir essentiel. Si le général de Gaulle qui parlait « de la coalition hostile des stylographes » critiquait souvent une presse dont il disait à propos de l’affaire Ben Barka : « Une grande partie de la presse, travaillée par le ferment de l’opposition politique, s’est lancé

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