L auto-analyse de Freud et la découverte de la psychanalyse
430 pages
Français

Vous pourrez modifier la taille du texte de cet ouvrage

L'auto-analyse de Freud et la découverte de la psychanalyse

-

430 pages
Français

Vous pourrez modifier la taille du texte de cet ouvrage

Description

Entre 1895 et 1901, Freud découvre la « psycho-analyse » par deux démarches : l'interprétation systématique de ses propres rêves ; une correspondance passionnelle et intellectuelle avec son ami W. Fliess. Ayant réussi à dater la plupart des rêves de Freud, Didier Anzieu reconstitue un journal de bord de la traversée de l'inconscient par Freud ayant abouti à l'élaboration des notions psychanalytiques premières : structure ternaire de l'appareil psychique, homologie du rêve nocturne et du symptôme névrotique, importance des fantasmes sexuels de l'enfance, complexes d'Œdipe et de castration. Le lecteur peut ainsi suivre les étapes et les modalités d'un processus psychique créateur.

Sujets

Informations

Publié par
Nombre de lectures 15
EAN13 9782130737209
Langue Français
Poids de l'ouvrage 2 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0225€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Didier Anzieu
L’auto-analyse de Freud et la découverte de la psychanalyse
1998
Copyright
© Presses Universitaires de France, Paris, 2015 ISBN numérique : 9782130737209 ISBN papier : 9782130420842 Cette œuvre est protégée par le droit d’auteur et strictement réservée à l’usage privé du client. Toute reproduction ou diffusion au profit de tiers, à titre gratuit ou onéreux, de tout ou partie de cette œuvre est strictement interdite et constitue une contrefaçon prévue par les articles L 335-2 et suivants du Code de la propriété intellectuelle. L’éditeur se réserve le droit de poursuivre toute atteinte à ses droits de propriété intellectuelle devant les juridictions civiles ou pénales.
Présentation
Entre 1895 et 1901, Freud découvre la « psycho-analyse » par deux démarches : l’interprétation systématique de ses propres rêves une correspondance passionnelle et intellectuelle avec son ami W. Fliess. Ayant réussi à dater la plupart des rêves de Freud, Didier Anzieu reconstitue un journal de bord de la traversée de l’inconscient par Freud ayant abouti à l’élaboration des notions psychanalytiques premières : structure ternaire de l’appareil psychique, homologie du rêve nocturne et du symptôme névrotique, importance des fantasmes sexuels de l’enfance, complexes d’Œdipe et de castration. Le lecteur peut ainsi suivre les étapes et les modalités d’un processus psychique créateur. L'auteur Didier Anzieu L’auteur, Didier Anzieu, était psychanalyste et professeur de psychologie à l’université de Paris X-Nanterre. Il a présidé la Société française de psychothérapie de groupe de 1975 à 1978 et a été vice-président de l’Association psychanalytique de Paris.
Table des matières
Préface à la troisième édition iste des abréviations Cartes géographiques: l’Europe en 1880 et les séjours de Freud I. Freud avant 1895 1 - L’enfance d’un créateur 2 - La crise du milieu de la vie 3 - Situation intellectuelle de Freud en juillet 1895 2. a découverte du sens des rêves 1 - Intérêt de Freud pour le rêve 2 - Le rêve de l’« Injection faite à Irma » (24 juillet 1895) 3 - Du rêve sur Irma à la mort du père de Freud (juillet 1895 - octobre 1896) 3. a découverte du complexe d’Œdipe 1 - La notion d’« appareil psychique » 2 - Tentatives de fusion entre la théorie des périodes de Fliess et la théorie des névroses et des perversions de Freud 3 - Les rêves de Rome (janvier 1897) 4 - Prélude à l’auto-analyse systématique (février-mai 1897) 5 - L’auto-analyse intensive (juin-novembre 1897) 4. a découverte du fantasme de scène primitive et la première version du livre sur les rêves 1 - Première tentative de dégagement de Freud par rapport à Fliess (décembre 1897 -février 1898) 2 - Mise en chantier du livre sur les rêves (février-juillet 1898) 3 - Rêves contemporains de la première version 4 - Les grands rêves de l’été 1898 5. a découverte de l’angoisse de castration et la seconde version du livre sur les rêves 1 - Deux rêves autobiographiques déguisés (août 1898 ?) 2 - Premières analyses d’oublis de noms propres 3 - L’élaboration de l’angoisse de mort 4 - Découverte de la condensation de mots (automne 1898) 5 - L’affrontement à la différence des sexes 6 - Nouvelle progression théorique (janvier-mai 1899) 7 - Rédaction de la seconde version du livre sur les rêves (mai-septembre 1899) 6. ’auto-analyse occasionnelle et la continuation de l’œuvre
1 - Rédaction de la « Psychopathologie de la vie quotidienne » (novembre 1899-février 1901) 2 - Fin du traitement de E… et mise en question du « transfert » sur Fliess (décembre 1899 - août 1900) 3 - Composition d’un second livre sur les rêves : « Über den Traum » (octobre-décembre 1900) 4 - Fin de la correspondance avec Fliess (octobre 1900 - mars 1902) 5 - Lʼauto-analyse dans la suite de la vie et de lʼœuvre de Freud 7. Conclusions Freud en 1902 Pouvoir et limites de l’auto-analyse Particularités du travail psychique créateur chez Freud Annexe Bibliographie Index des noms propres
Préface à la troisième édition
oici la troisième version de ce livre. La première parut en un volume en 1959 Vsous le titre L’auto-analyse, son rôle dans la découverte de la psychanalyse par Freud, sa fonction en psychanalyse.Elle comprenait une « Préface » de Daniel Lagache, à qui je dois mon changement d’orientation de la philosophie vers la psychanalyse et le choix du thème de l’auto-analyse pour en faire ma thèse principale, finalement dirigée par Juliette Pavez-Boutonier, en vue de l’obtention du doctorat ès Lettres et Sciences humaines à la Sorbonne. La seconde version, bénéfice de deux années sabbatiques dont je suis redevable à l’Université de Paris X-Nanterre, a été publiée en deux volumes en 1975 sous le titre L’auto-analyse de Freud et la découverte de la psychanalyse.L’ancien premier chapitre sur Freud s’y trouvait considérablement développé. Les deux autres anciens chapitres, sur « L’auto-analyse depuis Freud » et sur « Auto-analyse et psychanalyse », étaient supprimés. De nombreux documents aromes enrichissaient mais aussi alourdissaient l’ouvrage. La présente troisième version, ramenée à la dimension plus commode d’un seul volume, est davantage centrée sur ce qui constitue la singularité de la découverte de la psychanalyse et, par contrecoup, l’originalité de ce livre : l’auto-analyse de ses rêves et autres productions inconscientes, effectuée par Freud entre 1895 et 1902. En conséquence, j’ai retiré de la version précédente : le chapitre I : « Freud jusqu’en 1895 » ; la section I (« Structure deDie Traumdeutung») du chapitre VI : « Le travail de l’œuvre » ; les annexes 2 (« Chronologie générale des événements et des œuvres, 1850-1907 »), 3 (« Table chronologique des rêves et autres documents auto-analytiques de Freud, 1895-1902 »), 4 (« Tables alphabétiques ») ; ainsi que la Bibliographie des écrits de S. Freud », maintenant bien connue et dont l’état quasi définitif est fourni par la Standard Edition ;enfin l’iconographie. Par contre, la « Biographie du jeune Freud jusqu’en 1902 », résumée année par année, a été étoffée. Le lecteur s’y reportera avec fruit au fur et à mesure de sa lecture, voire commencera celle-ci par ce document, s’il n’est pas assez familier des multiples publications accumulées sur la vie de Freud. Cette « Biographie » est à compléter par la consultation des cartes géographiques et des tableaux des concepts nouveaux utilisés par Freud respectivement en 1895 et en 1902, c’est-à-dire au début et au terme de son auto-analyse systématique, cartes et tableaux conservés de la seconde version et reproduits ci-après. Le déchiffrement de la vie de Freud, ce qu’il en a dit, ce qu’il en a caché, les rapports complexes de celle-ci avec son œuvre, considérée parfois comme une perlaboration défensive ou comme un exercice de théorie-fiction à partir d’un roman familial privé, n’arrêtent pas de travailler ses continuateurs, ses commentateurs, ses objecteurs : mesure de la vitalité, de la fécondité de cette œuvre, mais aussi écran sur lequel s’inscrivent les inévitables projections du lecteur. Je n’aurai pas l’outrecuidance de m’en juger exempt. Mais je tiens à me dissocier de deux tendances bien prolixes ces dernières années, l’une reprochant à Freud l’abandon
de la théorie de la séduction, l’autre de s’être abandonné aux séductions de la théorie. À travers les trois versions de mon livre, ce qui a mobilisé mon intérêt et mon énergie, c’est l’opportunité de reconstituer le plus exactement possible le travail psychique créateur qui a produit la découverte de la psychanalyse ; ce, grâce à une exceptionnelle abondance et à une grande proximité avec l’inconscient des documents mis à notre disposition par le créateur lui-même, parfois volontairement et parfois à son insu. J’ai veillé à m’en tenir aux documents existants plutôt que fabuler sur ceux qui manquent. Mon travail a consisté à rapprocher les fragments d’un même rêve disséminés en des lieux différents de l’œuvre de Freud, à recouper le texte des rêves avec les récits d’événements anciens ou contemporains rapportés dans la correspondance ou mis à jour par les biographes, et ainsi à dater tous ces rêves, ainsi que la plupart des autres documents auto-analytiques. J’ai pu alors les étudier dans l’ordre chronologique et les envisager comme des émergences — tantôt ponts, tantôt écueils — jalonnant un processus de crise personnelle, de rupture épistémologique et de dépassement conceptuel novateur, pour aboutir à la triple fondation de la psychanalyse comme pratique, comme savoir et comme méthode de formation. Les documents auto-analytiques freudiens disponibles se répartissent ainsi : -53 rêves jusqu’en 1902, soit 43 cités dans Die Traumdeutung,4 dansden Über Traum(« Piscine », « Trottoir roulant », « Chapeau haut de forme en verre », « Table d’hôte ») et 6 qui se trouvent seulement dans les lettres à Fliess (« Crâne de mouton », « Être en sixième », « Hella », « Maison en moellons », « Conférence mal préparée », « Voyage à Berlin »[1];il convient d’ajouter 2 rêveries éveillées citées dansde la vie quotidienne Psychopathologie (« Arrêter un cheval emballé », « Vengeance lors de la rencontre “fortuite” de parents mécontents de ses soins »); -48 souvenirs d’enfance, souvenirs-écrans, lapsus, oublis ou actes manqués, jusqu’en 1907, soit 43 cités dansPsychopathologie de la vie quotidienne,3 dans les seules lettres à Fliess (« Oubli de Julius Mosen », « Souvenirs d’enfance de la seconde année », « Souvenir de sa phobie en gare de Breslau »), un dans l’article sur « Les souvenirs-écrans » (« Prairie verte aux fleurs jaunes arrachées à Pauline ») et un cité à la fois dans cet article, dans les lettres à Fliess et dans la réédition de Die Traumdeutungde 1919 («Blessure au visage avec cicatrice durable », survenue perdant la troisième armée mais n’ayant pas laissé de souvenir conscient). J’ai réussi à dater les rêves importants de façon précise pour la plupart et de façon approximative pour quelques-uns. Seuls quelques rêves mineurs restent impossibles à dater (« Convocation du Comité social-démocrate », « Faire attendre une femme », « Homme sur un rocher, dans le style de Bocklin », « Mère et fille aperçues dans la rue », « Oraison funèbre pour un jeune médecin »). Autant que faire se peut, j’ai tenu compte des informations nouvelles, publiées depuis 1975, sur la vie et l’œuvre du jeune Freud, en particulier de l’édition désormais complète, grâce à Masson, des lettres à Fliess. Mais l’abondance est telle quelle me laisse incertain de n’avoir rien omis. Le lecteur voudra bien excuser ces manques. J’ai notamment renoncé à toute approche sociologique de la pensée et de la vie de Freud,
e replacées dans le contexte viennois à la fin du XIX siècle. La littérature est maintenant abondante sur ce sujet. Citons C. E. Schorske (1961), Vienne, fin de siècle ;W. M. Johnston (1962), L’esprit viennois ;le n° 39-40 de la revue Critique(1975) surVienne, début d’un siècle ;L. Flem (1986), La vie quotidienne de Freud et de ses patients.On peut aussi consulter l’ouvrage de A. Hirschmüller (1978) sur la vie et l’œuvre de Breuer, celui de P. L. Vitz (1988) sur l’inconscient chrétien de Freud. Je renvoie aussi à mon article qui ébauche l’étude de l’influence de la langue et de la culture germaniques sur la découverte de la psychanalyse (D. Anzieu, 1987). Signalons les deux biographies les plus récentes de Freud qui sont : Ronald Clark, Freud, the man and the cause,New York, Random House (1980) ; et Peter Gay, Freud. A life for our time,New York, Norton (1988). Sur les rapports de Freud et Fliess, on consultera : Peter Swales, Wilhelm Fliess : Freud’s other,New York, Random House (1988) où l’auteur reprend notamment son article de 1982 sur « Freud, Fliess and fratricide : the role of Fliess in Freud’s conception of paranoia » dans lequel il montre que Fliess, lors de la rencontre dramatique d’Achensee à l’été 1900, aurait cru que Freud avait prémédité le tuer. L’ouvrage collectif dirigé par J. E. Gedo et G. M. Pollock, Freud, the fusion of science and humanism,New York, International U. Press (1976) contient plusieurs contributions originales sur l’auto-analyse de Freud.
Notes du chapitre [ 1 ]Ces trois derniers rêves ne figurent pas dans l’édition de 1975 du présent ouvrage. La publication enfin complète des lettres à Fliess (1985) les a révélés.
  • Accueil Accueil
  • Univers Univers
  • Ebooks Ebooks
  • Livres audio Livres audio
  • Presse Presse
  • BD BD
  • Documents Documents