L intelligence émotionnelle
234 pages
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L'intelligence émotionnelle , livre ebook

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Description

L'homme se spécifie par sa capacité à gérer et exprimer ses émotions. Il y apporte son intelligence en s'efforçant d'obtenir des comportements pertinents. L'exercice n'est pas aisé et ce livre entend décrire les mécanismes de fonctionnement avec l'éclairage de toutes les disciplines : sciences humaines et médicales. Il en résulte un parcours étonnant qui donne au lecteur une vision très large en partant des aspects concrets de la vie quotidienne personnelle et professionnelle. L'auteur s'est donné comme objectif de permettre au lecteur d'optimiser sa capacité d'initiative au quotidien.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 01 avril 2016
Nombre de lectures 95
EAN13 9782140005558
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0005€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Couverture
4e de couverture
Titre
Didier GAILLIEGUE






L’intelligence émotionnelle

Une alliée pour votre vie personnelle et professionnelle
Copyright


























© L’H ARMATTAN , 2016
5-7, rue de l’École-Polytechnique, 75005 Paris
www.harmattan.fr
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr
EAN Epub : 978-2-336-75791-9
PREFACE
Didier Gailliegue entreprend toute chose avec passion, animé du souci constant de tout explorer, d’aller au fond des choses et dans le but de proposer aux autres le fruit de ses réflexions afin qu’ils en tirent, pour eux-mêmes, le maximum de profit.
Dans cet ouvrage, il ouvre une brèche quant à notre place dans le monde en tant qu’individu. Partir dans l’Espace, et en revenir, c’est apprendre que nous ne sommes rien dans l’Univers, mais en même temps découvrir l’importance de notre propre personne, en tant qu’être humain dans la vie quotidienne. Et ce sont là deux choses qui ne sont pas faciles à concilier.
Il nous faut donc, en ces temps troublés dans nos pays occidentaux, à l’heure où il semblerait bien que nous soyons à la fin d’une époque et d’une civilisation, à la fois ne pas oublier sa propre dimension personnelle mais aussi l’intégrer au monde de la manière la plus harmonieuse possible, afin de pouvoir affronter ces changements qui se mettent en place.
Ce ne sera pas une bataille facile, car nous sommes nés après 1945 et nous nous sommes déshabitués des temps réellement difficiles. Mais cet ouvrage nous permet à la fois de prendre conscience de notre place en tant qu’individu, de mieux cerner nos attentes et la manière dont on peut se satisfaire soi dans le monde économique et de l’entreprise. Ce monde, nous y évoluons chaque jour, tout en n’oubliant jamais cette quête permanente du bonheur que nous a inculquée le XXI ème siècle.
« Mens sana in corpore sano » dit-on, comme s’il s’agissait d’une évidence. Oui, bien entendu, mais il nous faut aussi mettre en perspective et en relation tout ce dont nous sommes constitués et que la société moderne nous a révélé. Nous sommes un corps avec des émotions, ces émotions passent par notre cerveau – qui lui n’est pas une simple partie de notre corps. Nous sommes aussi un esprit doté d’intelligence. Or, cette intelligence, il nous faut savoir la développer dans le bon sens, la bonne direction, avec nos bons sens, nos bonnes sensations, nos bonnes émotions. Et lorsque l’on parvient, à force de travail sur soi, à mettre tout ceci en adéquation, à créer une saine alchimie, tout cela produit une bien meilleure efficacité pour sa vie personnelle et pour le monde du travail, quelle qu’y soit notre position.
Le livre de Didier Gailliegue ne vous donnera pas de recettes miracles. Car, il n’en existe pas. Chaque homme a sa vie – et parfois celle des autres – entre ses mains, et chaque homme décide d’en faire quelque chose de positif, de négatif ou le plus neutre possible. Certains d’entre nous cherchent toutefois à s’améliorer sans cesse, ce sont ceux-ci qui ouvriront ce livre. Ce que l’on peut leur promettre, c’est qu’en progressant dans le questionnement de soi, ils trouveront quelques réponses, aidés par Didier Gailliegue et, qu’à leur tour, ils pourront en faire profiter les autres, comme Didier Gailliegue !


Bonne et saine lecture à tous…


Patrick Baudry
Astronaute et Ambassadeur de Bonne Volonté de l’UNESCO
Conférencier sur les thèmes du Leadership, du travail en équipe, de la gestion du risque et du management des équipes.
PREAMBULE
Si vous avez pris la peine d’ouvrir ce livre, c’est qu’il y a une ou plusieurs raisons. Les motivations peuvent être différentes :
– ou vous souhaitez donner une nouvelle impulsion à votre devenir personnel et professionnel,
– ou encore, vous êtes un professionnel de la gestion des compétences en entreprise en tant que dirigeant, manager, responsable des ressources humaines, des relations sociales,
– vous êtes peut-être un consultant formateur soucieux d’optimiser son programme d’intervention,
– autre cas possible, votre activité concerne le médical ou le paramédical,
– enfin, comme beaucoup, vous vous interrogez avec une curiosité positive sur cette composante de chaque individu dans un contexte sociétal bouleversé dans ses valeurs par des évolutions dont il faut bien admettre qu’elles sont de plus en plus difficilement maîtrisées,
– moins agréable mais, dans ce cas, très utile, vous venez de subir un accident de la vie sur le plan familial, professionnel, médical.
Autre aspect, vos situations respectives sont très variées en âge, expériences, sexe, en situation professionnelle et statut familial. Vous êtes étudiant et parfaitement fondé à perfectionner vos connaissances afin d’accroître vos chances d’une insertion professionnelle réussie. Ou alors, vous êtes parvenu à ce qu’on appelle la « maturité » avec un souci de meilleur « self-control ». Vous pouvez aussi avoir atteint la séniorité avec un objectif d’analyser votre passé et de mieux réussir la dernière partie à jouer dans votre vie.
Avec mon entourage professionnel et personnel, nous avons longuement réfléchi sur ce sujet. Le piège est classique : à vouloir satisfaire tout le monde, le risque est de générer de multiples insatisfactions et frustrations. Sans compter le fait qu’on ne compte plus le nombre d’ouvrages et de formations traitant du sujet.
La vie est une succession de choix : il fallait en faire un et l’assumer. Nous avons souhaité trouver les moyens de satisfaire chacune et chacun d’entre vous avec la conviction d’avoir les moyens d’y parvenir.
En effet, l’approche retenue a des spécificités susceptibles de permettre à chaque lecteur un apport complémentaire quelque soient ses connaissances, ses expériences, son profil, sa problématique :
– la vision générale intègre de nombreuses disciplines qu’il s’agisse du management, de la psychologie, du médical et ceci avec une prise en compte des aspects philosophiques et des valeurs,
– l’approche se veut la plus simple possible, ce qui n’exclut pas un travail en profondeur afin de provoquer des prises de conscience rapides et motivantes,
– nous y reviendrons, une des caractéristiques de l’apprentissage d’une meilleure maîtrise de cette compétence qu’est l’intelligence émotionnelle, est la nécessité de la vivre pour l’apprendre. Cela suppose la mise à disposition d’outils encadrés par une méthodologie pertinente accessible à toutes et à tous,
– votre liberté de pensée, vos valeurs impliquent un dispositif « à la carte » vous autorisant à une réponse personnelle quant à votre développement individuel,
– un soin particulier a été apporté aux références documentaires, repères biographiques dans le but de vous permettre de continuer en toute indépendance ce parcours essentiel.

La suite vous appartient en ayant présent à l’esprit qu’il ne vous suffit pas de comprendre mais d’agir sur vos pensées et vos comportements.
Première partie Le théâtre d’opération
Notre vie est une pièce de théâtre interactive. Le scénario s’enrichit au fur et à mesure des représentations.
Vous êtes un acteur avec plusieurs rôles :
– les activités professionnelles conduisent à des scenarii bien spécifiques,
– La vie familiale comprend aussi de multiples rôles : celui de parent, de conjoint, de frère ou sœur, d’oncle ou de tante, de cousin,
– En dehors du travail et de la famille, une autre pièce peut se jouer dans le cadre d’activités culturelles, sportives, associatives,
– Votre vie privée est peut-être aussi un scénario en soliste avec, dans ce cas, des interlocuteurs ayant des comportements en correspondance.
Les décors changent en fonction du scénario car l’environnement professionnel n’a rien à voir avec celui que vous pratiquez en famille ou dans vos activités en société.
Généralement, il y a de nombreux autres acteurs car les rôles sont nombreux et mettent en rapport et en dialogue les acteurs entre eux.
Vous savez également qu’un spectacle n’a pas de raison d’être sans les spectateurs dont les réactions et comportements exercent une influence directe.
Une œuvre théâtrale idéale assure une harmonie totale entre l’acteur, son physique, le rôle, le décor, les dialogues, ceci afin de satisfaire le public.
Mais voilà, l’idéal n’existe pas et les acteurs que nous sommes peuvent se trouver confronter à des décors inadaptés, à un scénario non motivant, à un rôle ne correspondant pas à nos possibilités et spécificités physiques ou psychologiques et surtout à d’autres acteurs non souhaités qui n’assurent pas leur rôle convenablement par rapport à ce que vous comprenez du vôtre.
Cette métaphore* a pour but de vous faire comprendre que notre vie se déroule dans des environnements multiples ayant des finalités propres et que les facteurs sont très nombreux à survenir sur le chemin. Il n’est pas aisé de conserver la maîtrise sur nos moyens, sur notre environnement pour garantir le bon déroulement du parcours à assurer afin de parvenir à nos objectifs. Encore faut-il que ces derniers soient clairement définis.
Il n’y a rien d’anormal à rechercher un sens, une finalité à notre rôle et, si cela est acquis, de s’efforcer à obtenir la meilleure maîtrise possible des moyens pour parvenir à destination. Vaste problème car nous venons de voir que nous ne sommes pas seuls à jouer d’autant plus que les autres acteurs sont nombreux, les décors multiples, qu’il y a plusieurs pièces à jouer devant des publics indispensables mais souvent exigeants.
Comme le disait Philippe NOIRET, « le voyage de la vie est suffisamment court pour s’efforcer de le faire en 1 ère classe ».
Face à la complexité provoquée par tous les facteurs intervenants, il faut mettre de l’ordre, comprendre le fonctionnement afin de détecter ce qui est maîtrisable. Or, la compréhension n’existe que par la perception de qui est à analyser et cette perception est plus ou moins impactée par nos sentiments. Un sentiment étant une émotion consciente, le pas menant à l’émotion est franchi et l’intelligence conduisant à la compréhension, l’association « intelligence émotionnelle » est désormais présente dans votre esprit.
Notre éducation a porté presque exclusivement sur le savoir. La sélection conduisant aux premiers positionnements professionnels s’opère beaucoup plus sur la capacité à « ressortir » des connaissances plus ou moins bien raisonnées que sur la façon de gérer nos comportements par rapport à ces dernières. Malheureusement la priorité au cours de notre formation initiale a été donnée au savoir plutôt qu’au savoir-faire. Il suffit de constater la place de second choix donnée à l’apprentissage. L’apprentissage a été la voie proposée aux élèves ne parvenant pas à réussir aux épreuves de sélection intellectuelles.
Heureusement, les entreprises industrielles et artisanales ont obligé le système éducatif à se préoccuper plus activement du savoir-faire qui est le seul à produire une valeur ajoutée dans une activité qui doit répondre à une production de biens ou de services. Un philosophe de l’antiquité avait déjà constaté qu’une connaissance non exploitable s’assimile à un arbre sans fruit.
Mais force est de constater qu’un bon savoir associé à un savoir-faire efficace ne suffit plus pour obtenir la performance managériale et encore moins pour permettre à chacune et chacun d’entre nous d’obtenir équilibre et l’harmonie. Il manque le maillon stratégique du « savoir être » : les connaissances et l’expérience ne suffisent pas. La maîtrise de nos perceptions et de nos comportements déterminent la qualité du résultat final. C’est à ce niveau qu’intervient l’intelligence émotionnelle. Désormais, cela n’échappe plus aux penseurs du management. On peut leur en être reconnaissant pour les entreprises même s’il est un peu attristant d’avoir été obligé d’attendre cette évolution managériale des années 1990 pour se rendre compte que les retombées de ces études sur l’intelligence émotionnelle sont encore bien plus déterminantes sur notre vie personnelle. Restons positifs, l’essentiel était d’y parvenir et le lecteur trouvera une explication au choix effectué quant au large spectre retenu pour les destinataires de ce livre. Vos motivations sont très différentes mais la compréhension et la maîtrise de l’intelligence émotionnelle donne des réponses à de nombreux problèmes que pose la conduite d’une vie sous ses aspects personnels ou professionnels.
Pour piloter un avion en toute sécurité et l’amener à destination, mieux vaut comprendre comment il fonctionne et dans quel environnement il évolue. C’est l’objectif de cette première partie en ce qui concerne l’intelligence émotionnelle. Cette étape est un préalable aux méthodes et applications concrètes que nous souhaitons mettre à votre disposition.
Chapitre 1 L’intelligence émotionnelle : de quoi s’agit-il ?
C’est classique, un peu fastidieux mais incontournable. Il est indispensable de se mettre d’accord sur le contenu du sujet et de partager une définition qui aura l’avantage de décrire convenablement l’objet de cette étude.
On ne sera pas étonné d’obtenir du LAROUSSE une définition simple, opérationnelle et synthétique :
– L’intelligence émotionnelle, c’est la capacité à vivre ses émotions avec intelligence.
Tout est dit mais vous conviendrez que cela mérite des développements et explications complémentaires.
L’émotion
Finalement, qu’est-ce qu’une émotion ? Un phénomène psychophysiologique complexe constituant une réponse à des stimuli internes et externes. Merci de ne pas confondre l’émotion et les résultats issus de nos émotions. Autrement dit ne pas mélanger la cause et ses effets.
Comme d’habitude, la définition d’un phénomène psychologique n’est pas chose facile : les énoncés ne couvrent souvent qu’un des aspects et les spécialistes entrent dans des querelles provoquant doute et confusion pour ceux qui désirent aller à l’essentiel.
Nous allons donc demeurer pragmatiques car une définition trop stricte déterminerait des frontières alors que les recherches sur ce sujet sont loin d’être finalisées. Inutile de dresser des barrières susceptibles d’être franchies mais important de partir d’une base simple permettant d’initier le voyage vers une meilleure maîtrise.
Une émotion est donc une réaction physique et psychologique à une situation générée par une stimulation interne ou externe.
Un bon éclairage conduit aussi à éviter des confusions : une émotion n’est pas une sensation, cette dernière étant issue d’une perception sensorielle. Autre différentiation à faire : la distinction entre l’émotion et le sentiment. En effet, c’est l’émotion qui conduit au sentiment qui est une émotion consciente. Nous y reviendrons.
Vous avez compris que l’émotion est à la fois une réponse à une stimulation et un fait générateur de réactions et comportements nombreux et complexes. Une dernière précision : la distinction de l’émotion « instinctive » et de l’émotion « cognitive » faisant intervenir le cortex préfrontal du cerveau sera utile dans la méthodologie d’apprentissage.
L’intelligence
Des milliers de pages ont été écrites sur le sujet. Le latin, même si son apprentissage n’est plus « tendance », semble-t-il, donne en un mot une excellente définition. Dérivé du mot intellegentia signifiant la faculté de comprendre. Notre intelligence est une capacité à analyser et à raisonner. C’est un centre de traitement des informations situé dans le lobe préfrontal du cerveau impactant de nombreuses autres zones du cerveau. Il n’est pas nécessaire, pour l’instant, d’aller plus loin.
L’intelligence émotionnelle
L’association des deux mots nous place au cœur du sujet. Il y a une faculté commune entre l’intelligence au sens mental et l’émotion : les deux nous permettent une adaptation aux situations et aux relations avec autrui. La similitude s’arrête là.
On mesure l’intelligence mentale avec le QI et l’intelligence émotionnelle avec le QE, preuve qu’il ne s’agit pas de la même chose. Vous êtes un responsable au sein d’une entreprise ? Il est important de passer d’une attitude de manager (qui n’est qu’un simple accompagnateur) à celle d’un leader (qui est celui qui développe). Daniel GOLEMAN a statistiquement mesuré que la performance du « chef » dépend à 80 % de sa compétence émotionnelle.
Notre capacité à utiliser nos émotions est donc deux fois plus importante pour parvenir à l’excellence que l’intellect.
L’expression « intelligence émotionnelle » a été utilisée pour la première fois en 1990 par Peter SALOVEY et John MAYER. Ces deux chercheurs ont poursuivi leurs recherches et demeurent les maîtres à penser de la discipline. Le premier est un psychologue social, Président de l’université de YALE, le second est un psychologue de l’université du NEW HAMPSHIRE.
Par simplification, nous retiendrons que l’intelligence émotionnelle vient compléter l’intelligence mentale (QI) et se mesure par le QE, quotient émotionnel. Il s’agit donc d’une compétence comportementale et avant d’en comprendre le fonctionnement, il est indispensable de savoir quelles en sont ses composantes.
Chapitre 2 Les composantes de l’intelligence émotionnelle
A ce stade, nous allons tenter d’éviter une querelle d’experts. Il est exact que la théorie globale de l’intelligence émotionnelle proposée par Peter SALOVEY et John MEYER en 1990 s’est construite à partir de 5 compétences fondamentales. Cela dit, nous rejoindrons le choix d’Anja von KANITZ qui en propose 6 afin de permettre un apprentissage reposant sur des applications ayant chacune des spécificités propres. Cela sera plus commode lorsque vous serez sur la voie de l’apprentissage. Autre avantage également en termes de cohérence avec les domaines d’application concernant le management et la conquête du leadership. Nous y reviendrons.
Dans l’immédiat, vous devez posséder des repères simples permettant de classer les problèmes en fonction du type de solution à apporter.
Les trois premières composantes vous concernent directement et les trois suivantes prennent en compte vos interlocuteurs privés ou professionnels.
Première composante : La reconnaissance et la compréhension de ses sentiments
Vous avez compris qu’il s’agit de votre conscience émotionnelle. C’est, bien évidemment, une compétence « clef » sans laquelle aucun développement n’est envisageable. Une émotion sans conscience élimine tout espoir de maîtrise des situations donc, d’initiative.
Il ne s’agit pas seulement d’être conscient mais de comprendre la cause et le contexte. Dans ce parcours, la pauvreté du langage peut constituer un obstacle car, on en a fait une chanson, « il faut trouver les mots pour le dire ». La qualité d’une description et d’une analyse passe forcément par une verbalisation. Rassurez-vous, cela s’apprend et il n’est jamais trop tard pour acquérir cette qualité.
Les émotions sont toujours présentes tout au long de notre vie qu’il s’agisse d’une pensée, d’une sensation physique ou d’un comportement. Là où les choses se compliquent, c’est dans l’interaction de ces trois facteurs. L’un influe sur l’autre et vice-versa.
Je sens que vous êtes en train de douter sur votre capacité à mettre les mots justes sur les émotions que vous vivez. Cette réaction est tout à fait naturelle lorsque vous êtes en début de parcours. Des aides à la description vous seront données et, si cela peut vous rassurer, l’analyse des effets d’une émotion sur les pensées, les sensations physiques, les comportements permettent de retrouver le chemin.
Dans l’immédiat, contentons-nous de mémoriser cette première composante déterminante pour les autres.
Deuxième composante : La capacité d’influencer et de maîtriser ses sentiments
Une fois identifié, votre sentiment doit pouvoir être influencé par vos soins et maîtrisé. La passion n’est pas la raison. Dans tous les cas, il peut y avoir un intérêt à influencer un sentiment dans un sens ou dans l’autre. On dit à juste titre que la colère est mauvaise conseillère, sans compter les dégâts qu’elle provoque sur notre organisme. Mieux vaut la maîtriser. A l’inverse, comme le disait SOCRATE : « rien de grand ne se fait sans passion ». Bien des situations conduisent à savoir stimuler un sentiment. Les managers s’efforcent de motiver leurs équipes lorsqu’un sentiment de lassitude s’installe. Rien de tel que de transformer une contrainte en opportunité de plaisir en passant d’un sentiment de manque d’envie à un sentiment de motivation. La visualisation de l’esthétique d’une pelouse tondue peut transformer une corvée en motivation qui vous fera utiliser avec gaieté le matériel adéquat et y passer le temps nécessaire.
Tous les médecins s’accordent sur le lien entre la capacité à dominer ses sentiments et la bonne santé physique. La science est là pour le prouver.
Les leaders d’entreprises connaissent les dégâts économiques issus du management d’un chef colérique : la peur des salariés diminue la productivité, entrave l’esprit de créativité donc d’innovation.
Pour vous et pour votre entourage privé et professionnel, cette composante revêt un caractère stratégique, vous l’avez compris.
Troisième composante : La faculté d’éprouver et d’exprimer ses sentiments
Prendre conscience d’un sentiment, le gérer ne sert à rien si on ne se donne pas les moyens de l’exploiter. Exprimer pour soi un sentiment de façon fiable permet d’assurer un comportement basé sur une information pertinente. Grande utilité vis-à-vis des autres qui vous considèrent non pas en fonction de ce que vous faites mais de ce qu’ils en perçoivent.
Nous avons déjà noté l’importance de la verbalisation mais c’est loin d’être le seul facteur. Une approche scientifique a permis de déterminer des ordres de grandeur sur l’impact des différents vecteurs de notre expression :
– 7 % avec les mots et le discours,
– 38 % par le ton,
– 55 % par la physiologie du comportement, ce que l’on appelle le langage muet.
Faites-moi grâce de la marge d’erreur, les tendances lourdes sont là. Cet aspect de l’intelligence émotionnelle est si important qu’il représente un savoir-faire spécifique. Mes recherches m’ont conduit à rencontrer une spécialiste des techniques d’expression des émotions. Carmela VALENTE a développé des formations en réponse à cette préoccupation et elle ne compte plus les chefs d’entreprises ou simples particuliers ayant suivi ses méthodes. C’est un savoir-faire spécifique. Les comédiens et acteurs sont là pour en témoigner.
La cohérence entre vos propos, ce que vous dîtes, et votre pensée réelle peut se mesurer à l’aide des signaux non-verbaux. Il est évident que notre concentration se porte plus sur ce que l’on dit que sur la gestion de son attitude posturale. Une trentaine de muscles faciaux traduisent des sentiments et ils ne sont pas toujours facilement contrôlables. Même remarque pour les postures de notre corps. Elles demandent des connaissances plus profondes mais peuvent cependant être un levier d’expression direct pas toujours contrôlé. Or, instinctivement, on accorde plus d’importance à ce que le corps exprime qu’aux mots exprimés.
Savoir éprouver un sentiment n’est pas une faculté spontanée et les supports d’expression de nos sentiments sont multiples et, reconnaissons-le, assez difficiles à maîtriser. Nous ne sommes pas toujours conscients de nos expressions faciales, de nos attitudes posturales et la fiabilité entre l’émission du sentiment et son expression est loin d’être garantie.
Afin de vous permettre une mise en ordre, la liste des principales catégories de sentiments est nécessaire. Comme d’habitude, une polémique est toujours possible sur la classification. L’important est de donner à chacune et chacun d’entre vous des informations structurantes. C’est en ce sens que vous est proposé le schéma suivant identifier les principaux sentiments :
– La colère,
– La tristesse,
– La peur,
– La joie,
– La surprise,
– La répulsion,
– L’intérêt.
Cette liste permettra de dégager les principaux types de sentiments et servira d’accueil à toutes les nuances nécessaires pour décrypter plus finement vos « états d’âme » et ceux de vos interlocuteurs.
Quatrième composante : Reconnaître et comprendre les sentiments des autres
La capacité à percevoir et interpréter les sentiments des autres est très différente d’un individu à l’autre. Se mettre dans la vision de l’autre n’a rien d’un réflexe et nécessite de l’ empathie * dont il n’est pas besoin de souligner l’importance et l’utilité. Avant de savoir traduire, il faut commencer par « capter » en se mettant à la place de son interlocuteur ou de l’individu que vous observez.
Les spécialistes distinguent actuellement l’empathie émotionnelle et l’empathie cognitive. La première désigne la capacité à détecter les états affectifs d’autrui, la seconde la faculté de traduire les états mentaux.
L’empathie se distingue de la sympathie* par le fait que l’empathie émotionnelle n’est pas partagée et ne s’oriente pas vers le bien-être de l’autre. On pourrait dire qu’il s’agit d’une capacité « froide ».
Pour reprendre la métaphore de la pièce de théâtre, la quatrième composante de l’intelligence émotionnelle est assimilable à un système de détection permettant de situer l’autre acteur. Très utile pour s’assurer de la pertinence de son propre rôle.
Cinquième composante : Influencer et contrôler les sentiments des autres
C’est une forme de l’intelligence sociale qui ne peut fonctionner convenablement sans les autres composantes de l’intelligence émotionnelle. Cela suppose :
– De bien connaître et de bien gérer ses propres sentiments,
– De savoir détecter, analyser, comprendre les sentiments des autres et leurs causes,
– D’accepter (ce qui ne signifie pas approuver) les sentiments de son interlocuteur,
– De proposer des solutions car l’influence doit être positive dans la perception d’autrui.
Il vous faut donc apprendre à considérer les choses d’un autre point de vue que le vôtre. Pas si simple car notre programmation inconsciente résultant de notre éducation et de nos valeurs peut faire barrage. Nos perceptions font souvent l’objet de beaucoup de subjectivité. On retrouve l’importance de la maîtrise de la première composante : pour identifier les sentiments des autres, il faut commencer par en être capable pour soi.
Une condition préalable est d’avoir un intérêt sincère pour l’autre en se mettant le plus complétement possible à sa place dans ses références et ses valeurs. Cela vous encouragera probablement à développer votre empathie.
C’est l’occasion de constater que l’intelligence sociale ne peut fonctionner sans l’intelligence émotionnelle.
Nous devons également prendre en compte un paramètre qui semble paradoxal mais s’explique assez facilement : il est bien plus facile d’exercer une influence négative qu’une influence positive. Soyons sincères : il est très facile d’énerver un collègue par une attitude ou un propos dont nous connaissons à l’avance le résultat. Il suffit d’une seule information et nul besoin d’effectuer une analyse nuancée et approfondie. Par contre, mettre en action autrui positivement demande une inspection profonde de nombreuses données ainsi qu’une communication nuancée.
La méthodologie d’apprentissage exposée en deuxième partie vous donnera un certain nombre de clefs d’utilisation aisées à mettre en œuvre. Il suffit d’avoir conscience des éléments à prendre en compte pour obtenir une maîtrise de la démarche.
Sixième composante : Avoir la maîtrise de ses attitudes par rapport à ses propres sentiments
Les émotions filtrent nos perceptions et provoquent ce que certains spécialistes appellent des distorsions mentales. Une perception déformée va obligatoirement engendrer une réponse inadaptée.
Le premier impact provient de nos sentiments vis-à-vis de l’interlocuteur concerné. La sympathie conduira à une meilleure attention, une meilleure compréhension et plus de tolérance. A l’inverse, si nous sommes en face d’une personne vis-à-vis de laquelle nous avons peu de considération, voire de l’antipathie, nous serons moins à l’écoute, moins tolérant avec une difficulté à mettre en œuvre une attitude empathique. En fonction des sentiments que nous allons éprouver, la maîtrise pour avoir une attitude pertinente sera plus ou moins bonne.
Inutile d’insister sur l’effet du niveau d’intelligence émotionnelle d’autrui qui vous mettra (ou non) en phase pour échanger et recevoir des stimulations plus ou moins favorables.
Premières conclusions
Ce parcours de description des composantes de l’intelligence émotionnelle est déjà riche de conséquences. Bien sûr, je vous entends : « je connaissais déjà cela, c’est assez évident ». Certes, vous avez déjà eu l’occasion de réfléchir sur le sujet (heureusement !) sinon vous ne seriez pas en train de lire ce livre.
Ceci dit :
– Comprendre un phénomène ne garantit pas votre capacité à le maîtriser,
– Souvent, nous ne prenons pas la peine d’analyser les conséquences d’une évidence comprise rapidement,
– Le passage de la compréhension à l’action n’est pas toujours aisé.
Il est donc important d’avoir présent à l’esprit que la maîtrise de l’intelligence émotionnelle suppose de la vivre .
Nos pensées et nos décisions sont très fortement impactées par nos émotions qui, elles-mêmes, génèrent nos humeurs. Qu’il s’agisse d’une relation amicale, conjugale ou professionnelle, la performance de nos actions suppose une évaluation correcte (donc objective) des faits. Le traitement des données perçues étant fortement influencées par le filtrage émotionnel, la maîtrise de ces six composantes s’impose. D’autant plus que l’inconscient ne manque pas de nous jouer régulièrement de vilains tours.
Cela doit vous permettre de comprendre pourquoi nous avons attaché beaucoup d’importance à l’approche scientifique et médicale pour optimiser votre apprentissage. Pour dominer un processus, mieux vaut comprendre le fonctionnement général. Nous verrons que dans notre cerveau, l’hippocampe* conditionne fortement nos modes de pensée. Avoir connaissance de cet aspect, c’est prendre conscience et la prise de conscience constitue la base de tout apprentissage.
Chapitre 3 Evaluer son intelligence émotionnelle
Un préalable : l’examen de soi
L’exercice n’est pas facile mais il faut d’abord apprendre à s’autoévaluer, connaître ses ressources, ses facultés en correspondance avec les composantes de l’intelligence émotionnelle, ses limites intérieures.
Il est en effet très utile de commencer par sa propre vision. Les écarts que vous constaterez entre vos résultats sur chacune des composantes et la restitution d’un test de « QE » seront révélateurs sur ce que nous pouvons appeler votre réalité et la distorsion que vous en faites.
Par rapport aux 6 composantes, faites un graphe de 6 lignes d’une échelle de -10 à + 10. Il vous faudra une bonne dose d’humour sur vous-même avec une prise de recul en vous regardant comme s’il s’agissait d’un autre.
Le résultat chiffré importe peu. Contentez-vous des grandes tendances.
Le test de QI
Vous allez sans doute être surpris mais je ne suis pas convaincu que cette étape soit indispensable. Vos facultés mentales sont ce qu’elles sont. Ce n’est pas notre préoccupation par rapport à la démarche que vous souhaitez faire sur l’intelligence émotionnelle.
Ne soyons pas dogmatiques : si cela vous amuse, ne vous en privez pas mais ayez présent à l’esprit :
1)
Que vos capacités mentales peuvent donner de meilleurs résultats avec l’apprentissage mais que le potentiel est donné de la naissance à l’adolescence. Ensuite, la performance s’améliore par l’expérience mais la faculté intellectuelle ne s’améliore pas en tant que telle. Ce n’est absolument pas le cas de l’intelligence émotionnelle dont la potentialité peut grandir jusqu’à notre mort. L’approche médicale des chapitres suivants vous apprendra que le cerveau est capable par l’émotion et la répétition de générer des circuits neuronaux spécifiques qui aboutiront à l’accroissement de ce type d’intelligence,
2)
Que les résultats des tests de quotient intellectuel s’améliorent au fur et à mesure des passations. Il suffit de mémoriser les chaînes logiques comprises dans les QCM (questions à choix multiples) pour améliorer le score final. J’ai en mémoire une expérience de consultant. Un responsable régional de l’URSSAF devait passer un test de QI pour pouvoir prétendre à une évolution de carrière. Cet organisme, dans les années 90, avait décrété que le QI serait un des critères de sélection. Mon client étant généreux, il a associé à sa démarche ses deux principaux collaborateurs. Il m’a donc commandé une prestation de coaching avec obligation d’améliorer le score final d’au moins 10 % après 2 jours de training. Les résultats se passent de commentaires : les trois « formés » ont amélioré le score de 25 à 30 % par simple apprentissage. L’histoire ne dit pas quelle a été la suite de leur carrière…
Pour rester objectif, il est certain qu’un QI élevé donnera des chances supplémentaires de réussite sur le plan professionnel mais vous verrez que c’est bien le QE qui détermine l’intelligence de la vie qu’il s’agisse de la sphère privée ou de la sphère professionnelle. Autrement dit, le QI est une condition nécessaire mais loin d’être suffisante.
Enfin, il serait malhonnête de déconseiller la prise en compte de vos facultés mentales dans le bilan global des potentialités de votre personne. Il est évident que cela compte.
Les tests de personnalité
C’est un point de passage obligé. Le test de personnalité décrit les comportements généraux d’une personne :
– La relation/communication avec autrui,
– La capacité d’analyse et de concentration,
– L’émotivité,
– Le potentiel en logique et raisonnement,
– L’extraversion,
– L’introversion,
– Le leadership et le goût du risque,
– L’attitude sécuritaire.
A défaut de permettre un apprentissage, ce type de test a l’avantage de faire prendre conscience de son profil général et, surtout, de vous indiquer les environnements qui vous seront favorables ou défavorables dans vos activités. Donc, une grande utilité au plan professionnel et quant à l’indication sur les comportements qui méritent votre attention.
Les tests de Q.E
Nos fondateurs de la théorie de l’intelligence émotionnelle, à savoir SALOVEY et MEYER déjà cités ont vite compris l’intérêt d’une mesure de cette compétence comportementale. Nous sommes en 1990. Mais c’est Daniel GOLEMAN qui a popularisé le test de QE et a travaillé sur un test de référence en collaboration avec Isabel BRIGGS MYERS, Co-créatrice avec sa mère du célèbre test de personnalité MBTI*.
Les tests de QE se trouvent facilement de nos jours et, comme d’habitude, ils sont plus ou moins professionnels. Afin de vous aider sans vous contraindre à des dépenses tout de même significatives (les tests de QE sérieux nécessitent un coaching pour l’interprétation), vous trouverez en annexe 1 un test QE facile à mettre en œuvre et… gratuit. Il s’agit de celui proposé par Anja von KANITZ dans son livre « L’intelligence émotionnelle ». Ce test vous donnera une première photographie de votre niveau et des points appelant un apprentissage.
Si vous décidez de suivre une formation d’apprentissage à l’intelligence émotionnelle, un programme sérieux vous proposera un test plus évolué mais surtout mettra à votre disposition une restitution effectuée par un professionnel.
Sur ce point, nous sommes formels : votre apprentissage doit se fonder sur les résultats d’un test de QE, aussi simple soit-il.
Le 360° ou le regard des autres
La passation de ce type de test est plus contraignante, nécessite (c’est un paradoxe mais, là aussi, en aucun cas une contradiction) une bonne dose d’intelligence émotionnelle pour réagir et agir avec le recul nécessaire.
Le principe est simple : vos supérieurs hiérarchiques, vos collatéraux, vos collaborateurs donnent une vision de votre personnalité et de vos comportements dans l’environnement professionnel. Pour pimenter le tout, on ajoute quelques autres évaluateurs de la sphère privée. Même s’il existe un écart entre votre réalité et ce que les autres en perçoivent, les résultats sont forcément fiabilisés.
Quelques précautions
Inutile d’insister sur la richesse du croisement entre les résultats d’un QI, d’un QE, d’un test de personnalité, d’un test 360°. Vous allez commencer à y voir clair mais il faut s’y préparer.
Avant de rentrer dans un processus d’évaluation, il y a logiquement un certain nombre de précautions à prendre et d’attitudes à observer. En cette matière, rien n’est dramatique mais tout est sérieux puisqu’il s’agit de vous et d’un ensemble de données qui vont avoir une influence sur la perception de votre vécu :
– Il faut être motivé pour se lancer dans la démarche. Être motivé, ce n’est pas avoir une simple curiosité. Il s’agit de l’effectuer avec un ou plusieurs objectifs bien définis qui doivent déterminer par la suite un plan d’action visant à améliorer la maîtrise d’un ou plusieurs aspects de votre vie.
– La période de passation doit être « normale » , ce qui exclut les moments de maladie impactant votre équilibre général (à moins d’un contrôle de la situation), les situations sentimentales douloureuses (décès d’un proche, rupture.).
– La répartition dans le temps des passations ne doit pas s’étaler sur une période trop longue car le vécu quotidien nous fait évoluer constamment. A noter toutefois que l’influence est différente sur le type de test : le QI est assez stable, le 360° peut bouger assez vite puisqu’il est impacter par les réactions à votre égard de nombreux interlocuteurs, les tests de personnalité et le QE se situant entre ces deux extrêmes. Si un évènement marquant survient au cours des passations, n’hésitez pas à interrompre les opérations mais, si possible, ce check-up ne devrait pas se dérouler sur plus de deux mois.
– La prise de recul et le sens de la relativité sont indispensables. Nous ne sommes pas dans une mesure d’une précision scientifique mais avec des « thermomètres » dont la fiabilité se situe dans un ordre de grandeur allant de 70 à 80 %. Mieux vaut se contenter de prendre en compte les grandes tendances. Un bon recruteur vous dira qu’il prend en compte la répétition des signaux à partir de plusieurs instruments d’évaluation.
– S’efforcer de ranger « l’ego » au placard. Soyons lucides, cet aspect est sans doute le plus difficile à canaliser. On aimerait tellement se voir mieux que l’on est. Consolez-vous, votre potentialité est telle que vous pouvez sans problème garder votre estime de vous : évoluer est une affaire de persévérance.
– Faites-vous assister par un praticien (je n’ai pas dit expert ou spécialiste) qui vous aidera à comprendre, à relativiser et à poser les bases des actions correctrices.
– Refuser le déni sur vous-même . Les erreurs de pensées empêchent de procéder à des évaluations pertinentes. Un chapitre de ce livre est consacré aux thérapies comportementales et cognitives. Une méthode simple vous aidera à vous débarrasser des pensées toxiques. La méthode est simple et efficace mais son résultat dépend de votre volonté.
Les résultats de vos investigations ne seront ni bons, ni mauvais. Nous avons tous des faiblesses mais aussi des potentialités extraordinaires. A cet instant, nous sommes tels que nous sommes : il faut savoir l’accepter et se dire que l’avenir nous donnera de nombreuses occasions de nous étonner de nous-même. Un de mes collaborateurs alors que j’avais été surpris de ma performance sur un objectif professionnel me dit avec un sourire ironique : « Chef, dans la vie, il ne faut s’étonner de rien surtout pas de soi-même ». Quarante ans après, je m’en souviens et l’intéressé se reconnaîtra.
Pour terminer sur les évaluations, vous vous interrogez peut-être sur la fréquence à réserver aux opérations de bilans et d’évaluations. Le bon sens sera le meilleur guide. Un changement important dans votre situation ou votre environnement peut conduire à revoir la copie. D’une façon générale, effectuer une mesure tous les 24 ou 36 mois suffira amplement et permettra de mesurer les évolutions durables. Par contre, il sera fort utile de « relire » régulièrement les restitutions pour ne pas perdre la mémoire de vos axes de progrès.

« L’humour sur soi est une forme d’intelligence positive »
Chapitre 4 Précisions sur l’approche retenue
La vie est une succession de choix et j’ai longuement réfléchi sur les itinéraires à choisir pour vous donner une vision à la fois complète mais simple de toutes les disciplines qui sont à prendre en compte dans la vision du fonctionnement de l’intelligence émotionnelle.
Vous l’avez compris, une première option consiste à décider de vous faire comprendre les bases du fonctionnement de cette intelligence qui a mené l’humanité sur les voies de la supériorité à l’intérieur du monde au sein duquel nous vivons. C’est bien connu, qu’il s’agisse d’une automobile ou d’un avion, la maîtrise s’améliore en corrélation avec la connaissance du fonctionnement de la machine. Question de performance et de sécurité.
Il sera impossible d’être exhaustif : les matières sont très nombreuses et pour chacune d’entre elles des chercheurs ont consacré leur vie entière sans pour autant finaliser. Cela dit, ils ont permis des avancées significatives permettant à des millions de personnes d’améliorer leur bien-être et leur développement personnel.
Vouloir comprendre un maximum de choses ne signifie pas pour autant de barrer la route à la création et à l’expression de la voie intérieure qui génère des idées et des expressions spontanées qui peuvent conduire à des accroissements de notre champ de conscience. En conséquence, il ne faut pas se réfugier sur l’exclusion ou la contradiction mais, au contraire, laisser libre cours à la complémentarité. L’intelligence émotionnelle a un fonctionnement et des paramètres qu’il est utile de connaître. Rien de contradictoire avec la création et l’intuition.
J’avoue avoir été interpellé sur cet aspect au cours d’une discussion avec Carmela VALENTE. A juste titre, elle prend en compte le phénomène de la création artistique : CHOPIN a composé ses valses par la création (et du travail) sans se préoccuper de la façon dont les mélodies lui venaient à l’esprit. Idem pour les comédiens et… les managers ! Le fait de parvenir à une meilleure compréhension et à une meilleure performance n’est absolument pas contradictoire avec l’expression créative, bien au contraire.
Les exemples ne manquent pas. Un ingénieur sera hors course face à l’artisan qui va donner sa réalité à un objet par sa capacité créative. Notre polytechnicien possède un amas de connaissance et une puissance mentale mais il lui sera difficile de lutter contre l’imaginaire de notre artisan. Autre exemple vécu personnellement : ma conjointe a été un professeur de danse classique. En tant que spectateur, j’ai toujours été fasciné par sa capacité à « créer » une chorégraphie à partir d’une musique. Peu importait la compréhension du fonctionnement permettant une création entre l’émotion musicale et sa traduction en expression corporelle. Mais, comme le dit Carmela, il y a forcément du travail technique sur la mise en œuvre de l’expression artistique. Histoire de rappeler que rien de « grand » ne se fait sans efforts. A bon entendeur…
Pour être positif, l’association de la réflexion que vous construisez en lisant ce livre avec, en plus, un travail sur vous-même quant à l’aspect créatif et artistique de l’expression de vos émotions est une première marche sur la voie de l’excellence. L’addition des deux démarches est largement supérieure à la somme arithmétique. En conséquence, nos formations donnent logiquement une place de choix à la création dans l’expression de l’intelligence émotionnelle.
Revenons à notre parcours : le parti pris est de vous expliquer le fonctionnement de l’intelligence émotionnelle à partir des connaissances actuelles afin de vous permettre un apprentissage plus efficace. Vous avez en mémoire ses composantes et peut-être êtes-vous en possession de votre évaluation. Si ce n’est pas le cas, rien ne vous empêche de poursuivre la lecture.
Si nous considérons l’intelligence émotionnelle comme un des moteurs de notre comportement, ce qui est franchement réducteur mais permet de clarifier la suite, ce moteur fonctionne dans un environnement : notre corps. Le moteur de votre voiture se situe dans un environnement (température, oxygène, alimentation en carburant, organes de transmission, lubrification…) plus ou moins favorable à son rendement. La comparaison est valable pour votre intelligence émotionnelle. L’état général de notre corps optimise ou, au contraire, dégrade l’efficacité de cette intelligence. Il sera donc utile de rappeler la nécessité d’héberger convenablement cet outil oh combien précieux. Certains aspects constitueront de simples rappels de bon sens, d’autres vous surprendront sans doute un peu.
Ensuite, pour comprendre les fonctionnalités, il faudra parcourir l’essentiel de quelques disciplines. Certaines relèvent des sciences humaines, d’autres sont scientifiques. Conscient du fait que les connaissances et niveaux de compréhension de chaque lecteur sont hétérogènes, on fera en sorte que chacune et chacun puisse tirer de ces descriptions un minimum de plaisir soit par prises de connaissances nouvelles, soit par clarification et mise en ordre des anciennes. Sachez que bien des passages pourraient justifier à soi seul un livre supplémentaire. Il s’agira donc de synthèses et les passionnés disposeront en annexe des références documentaires nécessaires aux approfondissements.
La première partie se terminera par une description du fonctionnement de l’intelligence émotionnelle avec le niveau de connaissance disponible à ce jour car les recherches se poursuivent et nous sommes encore loin du compte final.
Cela fait, vous pourrez, à l’aide de la deuxième partie, vous lancer dans la voie de l’apprentissage et de l’optimisation de votre potentiel en la matière qui ne manquera pas de vous surprendre.
Encore un peu de patience vous est donc nécessaire, mais l’enjeu en vaut la peine.
Chapitre 5 Un environnement à soigner : votre corps
Vous le savez bien : lorsque vous avez une migraine, un mal de dent, une digestion difficile, votre humeur est modifiée. Les autres perceptions sont impactées et vos émotions ne sont plus les mêmes. Ce cas est un peu simpliste car la douleur ou l’indisposition sont révélatrices de la cause.
Il y a aussi des parasites plus insidieux, moins identifiables qui génèrent une perte de maîtrise de nos émotions ou, pire, produisent des sentiments négatifs. Les raisons peuvent être plus ou moins graves allant de la simple erreur d’hygiène de vie à la maladie.
Il serait fastidieux de dresser une liste et elle serait de toute façon incomplète. Il est cependant utile de s’attarder sur quelques causes relevant de mauvaises habitudes susceptibles d’être corrigées.
Le sommeil
C’est un grand classique. Le manque de sommeil est facilement corrigible mais souvent ignoré. Et pourtant les conséquences d’une mauvaise qualité ou d’une quantité insuffisante peuvent être catastrophiques avec une influence directe sur le fonctionnement de notre intelligence émotionnelle.
Pendant votre sommeil, vos cellules musculaires et nerveuses se rechargent en énergie. La mémoire travaille en triant les informations à conserver. Les défenses immunitaires sont en action à pleine puissance. C’est aussi le moment où le pancréas fabrique l’insuline qui régule le taux de sucre dans le sang. On ajoutera la fonction d’élimination des déchets et toxines de tous ordres.
De récentes découvertes ont mis en évidence des automatismes de nettoyage biologique du cerveau : les cellules du cerveau s’écartent et laissent la circulation à un fluide de nettoyage.
Ce n’est pas fini : durant votre sommeil, entre 2H et 4H du matin, les cellules de la peau se régénèrent trois fois plus vite que durant notre veille. Cette cure quotidienne et nocturne d’oxygénation procure des traits harmonieux et un teint rempli de fraîcheur.
Mais nous retiendrons surtout que le sommeil, par toutes ses actions biologiques intervient sur la gestion des émotions et du stress* accumulé durant nos activités de la journée. Il n’est pas nécessaire d’être chercheur pour constater que le manque de sommeil nous met les nerfs à fleur de peau et provoque des réactions que nous avons plus de mal à contrôler.
Le sommeil impacte donc notre corps, notre cerveau, nos émotions. Cela justifie que sa gestion quotidienne constitue la condition préalable à tout apprentissage portant sur le développement de votre intelligence émotionnelle.
L’alimentation
On a coutume de dire que l’on devient ce que l’on mange. Les données scientifiques et médicales ne font que confirmer ce propos. Il suffit de savoir que la muqueuse intestinale se reconstitue toutes les 48H 1 pour comprendre que notre nourriture a des effets rapides sur le fonctionnement général de notre organisme.
C’est un paradoxe de notre époque : qu’il s’agisse de santé ou du retardement du vieillissement, on traite plus les effets que les causes. Il suffirait simplement d’associer le bon sens de nos ancêtres avec les progrès incontestables de la biologie et de la médecine pour vivre mieux et plus longtemps. Le traitement des effets permet d’allonger la durée de vie mais on omet de dire que les années de vie en mauvaise santé s’accroissent en proportion.
On sait que l’obésité multiplie par 2,6 le risque de cancer du pancréas 2 et que le sucre est un accélérateur du vieillissement. Dans le même ordre d’idées, il est prouvé que 30 % de calories en moins, c’est 20 % de vie en plus. Nous n’avons jamais vu autant de personnes obèses (particulièrement chez les jeunes) et les produits sucrés n’ont jamais été aussi nombreux. Au cours de votre vie, vous allez absorber environ 30 tonnes d’aliments. Cela mérite un minimum d’attention. Mais quel rapport avec l’intelligence émotionnelle ? Simplement le fait que votre intelligence émotionnelle a besoin d’un corps sain pour s’exprimer convenablement.
L’activité physique
Effectivement, nous sommes encore dans la banalité. Il y a longtemps qu’un minimum d’exercice quotidien est préconisé. La nouveauté, c’est la mesure scientifique des effets d’un exercice quotidien de 30 minutes 3 . Ils sont nombreux :
– L’inactivité physique (comme l’inactivité intellectuelle d’ailleurs) accélère le vieillissement,
– Une activité physique régulière renforce les défenses immunitaires,
– Un minimum d’exercice permet de lutter contre l’anxiété et la dépression, les risques de cancers diminuent de 40 %,
– Les mouvements musculaires renforcent l’ADN* et diminue le nombre de mauvaises copies dans la reproduction cellulaire,
– La graisse est brûlée et remplacée par du muscle, votre silhouette s’améliore et vous gagnez en estime de vous, ce qui est essentiel pour le bien-être émotionnel,
– C’est désormais scientifiquement démontré, la pratique régulière d’un sport peut agir au cœur de nos cellules jusqu’aux chromosomes.
Je pourrais encore allonger la liste mais c’est inutile car il s’agit simplement de démontrer que la recherche médicale démontre désormais les multiples bénéfices à retirer d’une simple activité physique de 30 mn par jour. C’est finalement peu pour parvenir à obtenir un corps en bon état de fonctionnement et éviter ainsi une pollution diminuant notre potentiel d’intelligence émotionnelle.
La méditation*
Je ressens votre étonnement et vos interrogations. « Veut-il par des chemins détournés nous amener à des notions relevant de la scientologie* ou de pratiques religieuses, voire sectaires ? ». Rien de tout cela si ce n’est le droit de chacune et chacun de vivre comme il l’entend. Nous retiendrons le terme uniquement au sens de la pratique mentale consistant à porter son attention sur un seul point de référence en se débranchant de toute stimulation externe. Il s’agit donc de la définition relevant de la psychologie : action de penser avec une grande concentration d’esprit pour approfondir sa réflexion et non de l’exercice spirituel préparant à la contemplation. Encore un domaine où les avancées des neurosciences ne manquent pas de surprendre. Un article du journal « Les Echos » 4 vient récemment de faire le point sur cette question. Signe des temps, les études les plus avancées et les plus significatives viennent des Etats-Unis.
Les nouveautés sont parfois étonnantes : la méditation ralentit le vieillissement cellulaire du cerveau, permet de mieux gérer ses émotions, évite les rechutes pour les dépressifs, améliore l’attention et la vigilance cérébrale, renforce les cellules de l’hippocampe qui joue un rôle essentiel dans la mémorisation. Ce n’est pas tout : des études récentes suggèrent que la méditation intervient aussi sur la santé cardiovasculaire, la tension artérielle, l’immunité et même notre génome.
Depuis longtemps les TCC* (thérapies comportementales et cognitives) prenaient en compte la méditation dans les préconisations. Tout cela se recoupe avec les spectaculaires avancées dans le domaine de la biologie cellulaire, notamment l’Epigénétique*.
Vous commencez à comprendre pourquoi j’ai tenu à mettre dans votre champ de vision les aspects de la science médicale pour optimiser l’évolution de votre intelligence émotionnelle. N’étant pas médecin, je me suis assuré le concours d’un médecin et d’une ostéopathe, occasion de remercier le Dr Véronique HALLOT et Noëlle MERLE pour le travail de validation et l’éclairage donné à mes interrogations. Au passage, on notera que le bon état de notre véhicule corporel suppose aussi de se pencher sur les moyens d’équilibrer notre mental dont l’influence sur le fonctionnement cellulaire n’est plus à prouver.
1 JANECEK (Hervé), Santé et Longévité, Paris, GUY TREDANIEL EDITEUR, 2011, 194 p.
2 SALDMANN (Frédéric), Prenez votre santé en main , Paris, ALBIN MICHEL, 2015, 280 p.
3 SALDMANN (Frédéric), Prenez votre santé en main , Paris, ALBIN MICHEL, 2015, 280 p.
4 MOLGA (Paul), La méditation validée par les neurosciences, Les ECHOS, lundi 7 septembre 2015.
Chapitre 6 Cellules et ADN* : Descriptions
Puisque vous avez compris l’intérêt d’approfondir le parcours descriptif et fonctionnel sans pour autant sortir du sujet, poursuivons l’excursion en examinant plus en détail le fonctionnement cellulaire et celui de votre ADN. Vous constaterez que l’intelligence émotionnelle est toujours dans l’horizon.
De nombreuses analyses proviennent de lectures des publications d’éminents chercheurs, en particulier celles du Dr JANECEK 5 et du Dr LIPTON 6 dont je ne peux que recommander la lecture si vous souhaitez approfondir. Comme moi, vous serez fascinés par l’univers de l’infiniment petit, de son intelligence, de sa structure qui vérifie bien l’affirmation que « ce qui est grand est comme ce qui est petit ». Véritablement interpellant.
La source de vie : La cellule
Tout commence par cette unité fonctionnelle qu’est la cellule. Chacune est entourée d’une membrane qui contient une charge électrique positive sur sa partie externe et négative sur sa partie interne. A l’intérieur, se trouve le noyau qui contient l’ADN. Ce dernier constitue la base de données et renferme toutes les informations nécessaires à la vie et notamment celles concernant la reproduction de la cellule.
Six types de tissus cellulaires composent notre corps à ses trois étages : l’étage cérébral, l’étage thoracique et l’étage abdominal. Le modèle fonctionnel de la cellule est identique à celui du corps tout entier qui comprend environ 50 milliards de cellules… Il n’existe aucune fonction du corps qui ne soit existante préalablement dans chaque cellule. En effet, dans les 4 fonctions principales qui nous permettent de vivre, le schéma est le même :
– Information, coordination, mémoire : ADN → cerveau,
– Production et transport d’énergie : Mitochondrie* → cœur, artères et veines,
– Structuration interne, anabolisme*, défense : Réticulum* et organites cytoplasmiques → tissu conjonctif et lymphoïde*, moelle osseuse,
– Frontière externe et protection : Membranes extérieures → peau et muqueuses.
Le cerveau, siège de l’intelligence émotionnelle, est fragile. Ses cellules respirent 10 fois plus que celles des autres tissus et il se trouve donc bien plus exposé aux allergènes et aux différentes pollutions.
Cette fragilité est compensée par une vie très active : le nombre de connexions entre les neurones, les synapses*, grandit sans cesse. Histoire de rappeler que l’expérience compense les pertes de capacités. Les cellules souches* de l’hippocampe* renouvellent le stock de neurones et, dans cette zone cruciale pour l’apprentissage, de nouveaux réseaux cellulaires se tissent en permanence. Comme quoi il n’y a pas d’âge pour apprendre.
Je ne vais pas vous imposer une étude approfondie du fonctionnement cellulaire bien que ce parcours ne manquerait certainement pas de vous intéresser. A ce stade, vous devez simplement retenir que l’organisation de votre corps est structurée, performante, très vivante avec une zone stratégique mais délicate qu’est le cerveau qui commande électriquement le reste du corps. C’est là que réside votre intelligence émotionnelle qui envoie des consignes à tous les niveaux de votre corps jusqu’à la moindre cellule. La puissance de la pensée n’est donc pas un mythe. Les cellules nous enseignent le fonctionnement de la vie et, par là même, la manière de la vivre pleinement.
L’ADN
Encore un petit effort pour se pencher sur l’ADN. Nous allons survoler les principaux résultats issus d’une discipline récente et extrêmement active qu’est l’Epigénétique.
Il est naturel de se poser la question suivante : qu’est-ce que je peux changer en moi ? Mon capital génétique va-t-il prédéterminer ma vie ? Sur quoi ai-je l’initiative avec mon corps, mes pensées, mes comportements qui sont peut-être programmés d’avance. Plus globalement, mon intelligence émotionnelle me permet-elle d’influencer mes comportements, ma place face à mes collègues, la qualité de ma relation avec mon conjointe ou ma conjointe, la force des consignes éducatives que je transmets à mes enfants, ma santé ?
Il faut bien admettre que jusqu’à une période récente, la place accordée au déterminisme de DARWIN était la règle et même un dogme. Or, l’épigénétique* ouvre le chemin de l’espoir dans la mesure où il efface une majeure partie du déterminisme. La fatalité n’existe pas et nous avons une grande part d’initiative pour conduire la suite de notre vie. Une précision cependant : rien d’efficace ne se fait sans un minimum d’effort. L’important est d’être certain que si vous voulez, vous pouvez.
Nous venons de comprendre que les cellules nous enseignent le fonctionnement des mécanismes de la vie mais aussi la manière de la vivre pleinement. Le Docteur Bruce LIPTON a passé une grande partie de sa vie sur des recherches qui, à partir de la cellule, lui ont permis de comprendre l’intelligence de la vie au sens le plus général du terme.
Très courageusement, il affirme que nous devons ramener un minimum de spiritualité dans notre vie si nous voulons améliorer notre santé physique et mentale. A partir de ses recherches, il a la profonde conviction qu’il est nécessaire d’associer la spiritualité à la science. Interpellant tout de même pour bon nombre d’entre nous !
Son idée a été de comparer les cellules à des êtres humains miniatures. Comme nous l’avons précédemment évoqué, il n’existe pas dans notre corps une fonction qui ne soit présente dans chaque cellule de notre corps.
Plus un organisme est conscient de son environnement, meilleures sont ses chances de survie. La réorganisation du travail, lorsque les cellules se groupent entre elles, permet à chacune de fonctionner avec une moindre dépense d’énergie. Il y a en quelque sorte une économie d’échelle.
Revenons à l’ADN : l’ADN est une macromolécule (une très grande molécule) qui est présente dans toutes les cellules. Elle contient toute l’information génétique permettant le développement et le fonctionnement des êtres vivants. Elle représente avec l’ARN* l’un des 4 types de grandes molécules, les 3 autres étant les polysaccharides (sucres complexes), les lipides (graisses), les protéines.
A la fin des années 1980, la communauté scientifique mondiale avait décidé de répertorier tous les gènes présents dans le corps humain. A cette occasion, on a découvert qu’il n’y avait pas suffisamment de gènes pour expliquer la complexité de la vie. Il fallait donc trouver une explication supplémentaire à la complexité des humains qui comptent à peu près le même nombre de gènes que les rongeurs (!).
Les épis généticiens ont établi que les protéines des chromosomes ont un rôle aussi crucial que l’ADN dans l’hérédité. Ils ont établi que l’activité des gènes est contrôlé par la présence ou l’absence de protéines qui, elles-mêmes, sont contrôlées par les signaux de l’environnement. Ils ont détruit le dogme consistant à croire que l’ADN, sous prétexte qu’il gère sa propre reproduction, régit tout.
En réalité, les protéines qui sont des messagers entre les cellules, changent de forme en s’associant à d’autres protéines complémentaires. C’est cet engrenage qui explique la complexité du développement de la vie. Ainsi, l’épigénèse a pu établir que l’alimentation, le stress, les émotions peuvent modifier les gènes sans toutefois changer la matrice de base.
Il apparaît ainsi que le vrai secret de la vie ne réside pas dans la fameuse double hélice de l’ADN, mais dans la compréhension des mécanismes de la membrane cellulaire qui est comparable à une puce informatique traitant les informations de l’environnement qui finissent par déterminer le comportement de la cellule toute entière. L’interaction avec l’environnement est donc plus importante que le code génétique. Les conséquences sont de taille : beaucoup plus que d’être les victimes de nos gènes, nous sommes les pilotes de notre destinée puisqu’il nous appartient de gérer notre environnement physique et mental. D’où l’importance de notre système nerveux qui conduit nos perceptions et détermine les réactions appropriées (ou non).
Ce qu’il faut retenir
Les plus curieux pourront utilement lire les publications du Docteur LIPTON. Même si vous êtes sur le point d’aborder un univers de découvertes susceptibles d’impacter la conscience que vous pouvez avoir de la vie, il nous appartient de rester dans le sujet, à savoir la compréhension et la maîtrise de l’intelligence émotionnelle.
Il est désormais prouvé que la pensée affecte directement la façon dont le cerveau contrôle la physiologie car elle peut activer ou inhiber la production cellulaire de protéine. Rien d’étonnant à ce que les pensées consomment autant d’énergie qu’un marathon, ce que nous avons pu constater avec la dépense d’énergie des cellules du cerveau qui (rappel) ont besoin de 10 fois plus d’oxygène que les autres.
Nous savons qu’une émotion consciente est un sentiment et que le sentiment conduit à la pensée qui, elle-même, provoque les actions du comportement. C’est une façon de rappeler que cette excursion dans la biologie cellulaire fait partie intégrante du sujet. Il ne s’agit pas du seul domaine à étudier.
5 JANECEK (Hervé), Santé et Longévité, Paris, GUY TREDANIEL EDITEUR, 2011, 194 p.
6 LIPTON (Bruce H), Biologie des croyances, Paris, ARIANE, 2006, 255 p
Chapitre 7 Un peu de neurologie
Entre notre cerveau où siègent nos émotions et les cellules qui constituent le socle de notre vie, le système nerveux est une brique essentielle à comprendre dans son fonctionnement.
Les trois cerveaux
Même si cette présentation est controversée, elle a l’avantage de clarifier le schéma fonctionnel. La théorie du cerveau « tri unique » a été introduite par un certain Paul D. MACLEAN en 1969. Ainsi, chaque individu dispose :
– D’un cerveau reptilien qui assure les besoins fondamentaux et les comportements primitifs. Il assure notamment la régulation de la respiration, le rythme cardiaque, la tension artérielle, la température, les « échanges hydriques »* et gazeux. C’est le gardien des réflexes, des instincts de conservation en générant la satisfaction des besoins primaires tels que l’alimentation, le sommeil, la reproduction. Son rôle dans notre auto défense est illustrée par la morsure du serpent d’où le qualificatif de reptilien dont on reconnaîtra qu’il n’est pas très sympathique. Il aurait 400 millions d’années dans la temporalité de l’évolution,
– D’un cerveau limbique qui serait apparu avec les premiers mammifères. L’illustration en annexe 2 le situe au centre du crâne. Il comprend de nombreux sous-ensemble dont l’amygdale* et l’hippocampe dont nous verrons plus loin les rôles essentiels. C’est là que siègent la mémoire, les émotions. Il gère aussi les réactions en correspondance avec les situations, dont les conséquences du stress,
– D’un cerveau propre au genre humain, le néocortex . Il représente la 3ième et dernière phase d’évolution et daterait de 3,6 millions d’années (date d’apparition des australopithèques africains). Il permet, entre autres, le raisonnement logique, le langage, l’anticipation des actes. C’est le centre de nos capacités intellectuelles et le lieu d’hébergement de nos pensées.
Les annexes 2 et 3 vous permettent de prendre connaissance de ce que l’on appelle génériquement le cerveau. Cela vous permettra de situer les principales zones : cortex, amygdale, hippocampe. L’ annexe 4 situe la formation réticulaire. Enfin, l’ annexe 5 vous éclairera sur la localisation de certaines fonctions.
Le livre ne suffirait pas à expliquer le fonctionnement général de votre cerveau. Cet organe qui pèse environ 1,4 kg est d’une incroyable complexité. Non seulement, il assure le fonctionnement de l’ensemble de notre corps mais il héberge nos idées, nos pensées, nos comportements avec une capacité de mémorisation extraordinaire.
A retenir
J’ai pour habitude de faire une analogie sur le fonctionnement de ces trois cerveaux qui sont très interactifs. Vous pouvez comparer ces trois cerveaux à trois ordinateurs portables. Ils ont chacun un calculateur, une mémoire, un système d’exploitation (logiciel de fonctionnement). Ces trois ordinateurs sont mis en réseau et s’échangent des informations avec, en fonctionnement normal, un leader qui est le néocortex. Toutefois, le cerveau limbique peut être impacté fortement par une réaction de l’amygdale. Dans ce cas, il adresse des messages neurologiques qui peuvent neutraliser le fonctionnement des deux autres cerveaux. Autrement dit, cet ordinateur peut « polluer » le réseau et faire dysfonctionner les deux autres. Plus simplement, nos émotions mal maîtrisées peuvent faire dépendre notre comportement uniquement du cerveau limbique. C’est la réaction « passionnelle » qui est rarement pertinente. Le néocortex est inopérant (donc le comportement n’est plus raisonné) et, pire, l’hippocampe où siègent nos valeurs conscientes et inconscientes n’a plus son mot à dire. Cerise sur le gâteau, le cerveau reptilien est désorganisé provoquant, selon le type de situation, des désordres physiologiques de tous ordres que votre corps mettra plusieurs heures à éliminer.
Donc, le cerveau limbique peut devenir extrêmement puissant pour le meilleur et pour le pire jusqu’à faire perdre l’intelligence à nos émotions.
Les neurones
Au cours de la vie, le nombre de neurones se réduit mais le stock permet un renouvellement permanent. Par contre, le nombre des synapses (c’est-à-dire les connexions entre les neurones) augmente sans cesse. Vous noterez aussi que les cellules-souches* de l’hippocampe renouvelle en permanence le stock de neurones dans cette zone stratégique pour l’apprentissage. Ainsi, les circuits électriques du cerveau peuvent se reconstituer en permanence et à tout âge. Notamment, à force de répétition, des circuits peuvent s’établir entre le système limbique* et le cortex préfrontal. C’est le phénomène du musicien qui finit par mémoriser et jouer sa partition inconsciemment et peut ainsi se consacrer à l’intelligence de l’interprétation.
Avant d’approfondir le fonctionnement général du cerveau, je vous propose de nous attarder un peu sur les neurones et surtout la communication entre eux avec les neurotransmetteurs. Cette étape me semble indispensable pour comprendre le positionnement de l’intelligence émotionnelle et de ses effets.
Les messages voyagent d’un neurone à l’autre à l’aide des neurotransmetteurs qui sont des composés chimiques libérés par les neurones. A chaque neurotransmetteur correspond un récepteur spécifique. La molécule a donc ainsi un passage unique et, donc, sélectif. L’ annexe 6 vous offre une description de ce système de transmission. Dernière précision : l’influx nerveux (électrique) met de 1 à 3 millièmes de seconde pour passer d’une cellule à l’autre.
Après le mécanisme, le fonctionnement général
Vous avez compris que notre mécanique biologique est d’une grande précision mais vous allez être étonné par la performance de cette machine.
Chaque seconde, environ 2 milliards de données (mais oui !) entrent dans l’organisme par l’intermédiaire des 5 sens. Mais pour préserver notre santé et maintenir l’équilibre et la pertinence de notre comportement, un réseau de neurones fait barrage pour qu’un minimum d’informations parvienne au cerveau. C’est le rôle de la formation réticulaire que d’effectuer la sélection (cf. annexe 4 ). Elle ne laisse pénétrer que les données répondant à au moins un des critères suivants :
– La survie,
– La nouveauté,
– Un contenu émotionnel potentiel élevé.
Par exemple, le processus de création d’un souvenir est le suivant :
1) La formation réticulaire sélectionne une information,
2) Elle envoie la donnée au noyau amygdalien,
3) Le noyau amygdalien charge la donnée d’une émotion,
4) L’information est transférée dans l’hippocampe,
5) Dans l’hippocampe s’effectue une comparaison avec les informations stockées à long terme,
6) Cette information est présentée au cortex pour analyse,
7) Si elle présente une nouveauté ou une valeur ajoutée, un stockage s’effectue dans la mémoire à long terme.
Il faut savoir que l’hippocampe contient des rangées de cellules qui se remplissent le jour et se vident la nuit, d’où l’importance du sommeil qui permet ce nettoyage inconscient.
Vos croyances et vos valeurs constituent des filtres inconscients qui décident, ou non, de laisser entrer les données. Bien évidemment, ces croyances n’ont rien à voir avec les croyances religieuses : il s’agit du cumul de vos expériences qui influent votre comportement. Ces croyances peuvent avoir un caractère positif vous permettant de vous assumer mais elles peuvent également être négatives et vous conduire à fuir vos responsabilités.
L’influence d’autrui sur vos croyances est effective : professeurs, parents, supérieurs hiérarchiques, conjoint, amis… peuvent vous inculquer des croyances et vous déposséder d’une part d’initiative personnelle. Inutile de souligner l’impact de l’éducation qui arrive en premier pour imprégner le cerveau.
Quant aux valeurs, elles aussi agissent sur le filtre de la formation réticulaire et génèrent vos actions. Elles peuvent conduire au plaisir ou vous en éloigner. La création des valeurs tout au long de votre vie conduit à une différenciation des conséquences selon l’âge. Globalement, étant entendu que nous ne sommes pas à une année près :
– De la naissance à 7 ans : c’est l’apprentissage inconscient auprès des parents. On appelle cela l’empreinte ,
– De à 8 à 13 ans : vous apprenez consciemment ou inconsciemment en copiant. C’est le modelage,
– De 14 à 21 ans : vous apprenez les valeurs qui conditionnent les rapports avec les autres.

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