La retraite en vue? : En route vers de nouveaux défis et aventures!
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Description

Après «Cap sur la retraite. 25 points de repère pour franchir les transitions» (Flammarion Québec, 2020), Marie-Paule Dessaint revient vous proposer un ouvrage pour savourer pleinement votre retraite, éviter ses pièges et surmonter les difficultés de cette délicate transition de vie. Elle vous y propose une réflexion sur les valeurs qui guident vos comportements et les besoins qui pilotent vos vies: la certitude, la sécurité, les défis, la reconnaissance, l'appartenance, le progrès ou encore la contribution. À partir de cet examen de vie et de trente questionnaires répartis en huit secteurs d'activité, vous sélectionnerez vos projets et vos activités, puis vous bâtirez un plan d'action en faisant le point sur les obstacles qui vous empêchent trop souvent de mener vos projets à terme. L'objectif de ce cheminement? Vous permettre de continuer à donner à votre existence tout le sens qu'elle mérite, sur le plan personnel comme spirituel.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 07 octobre 2021
Nombre de lectures 0
EAN13 9782981530967
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0700€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Table des matières Couverture Page de titre Copyright Préface de Martine Lemonde - La retraite ? Un voyage d’exploration et le chapitre 5 pour le réussir Préambule - Un bilan de vie à utiliser en toutes circonstances Introduction - Une nouvelle proposition de la vie à saisir 1. Les besoins : un manque à combler dans l’action - Des guides, du début à la fin de la vie 2. Au cœur de l’action : des valeurs, des désirs et du sens - Pourquoi faisons-nous ce que nous faisons ? 3. Vivre, apprendre, créer, rire et s’amuser : le sens personnel - S’occuper de soi pour mieux contribuer et participer 4. Travailler, aider, protéger et sauver la planète : le sens spirituel - Au service des autres… 5. Choisir, agir et lever les obstacles au changement - Je fais ce que je suis Conclusion : Savourer encore la vie devant soi… - Parce que tout part toujours de soi Notes sur l’auteure
La retraite en vue ? Couverture Page de titre Copyright Préface de Martine Lemonde - La retraite ? Un voyage d’exploration et le chapitre 5 pour le réussir Notes sur l’auteure
La retraite en vue ? Couverture 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 34 35 36 37 38 39 40 41 42 43 44 45 46 47 48 49 50 51 52 53 54 55 56 57 58 59 60 61 62 63 64 65 66 67 68 69 70 71 72 73 74 75 76 77 78 79 80 81 82 83 84 85 86 87 88 89 90 91 92 93 94 95 96 97 98 99 100 101 102 103 104 105 106 107 108 109 110 111 112 113 114 115 116 117 118 119 120 121 122 123 124 125 126 127 128 129 130 131 132 133 134 135 136 137 138 139 140 141 142 143 144 145 146 147 148 149 150 151 152 153 154 155 156 157 158 159 160 161 162 163 164 165 166 167 168 169 170 171 172 173 174 175 176 177 178 179 180 181 182 183 184 185 186 187 188 189 190 191 192 193 194 195 196 197 198 199 200 201 202 203 204 205 206 207 208 209 210 211 212 213 214 215 216 217 218 219 220 221 222 223 224 225 226 227 228 229 230 231 232 233 234 235 236 237 238 239 240 241 242 243 244 245 246 247 248 249 250 251 252 253 254 255 256 257 258 259 260 261 262 263 264 265 266 267 268 269 270 271 272 273 274 275 276 277 278 279 280 281 282 283 284 285 286 287 288 289 290 291 292
La retraite en vue ?
En route vers de nouveaux défis et aventures
Marie-Paule Dessaint, Ph.D.
La retraite en vue ?
En route vers de nouveaux défis et aventures
Illustration de la couverture : Roberto Rizzo, 123RF
© Auteure et éditrice : Marie-Paule Dessaint
Éditions des transitions de vie
mariepauledessaint.com
Tous droits réservés pour tous pays et toutes les langues
ISBN version papier : 978-2-9815309-4-3
ISBN version numérique epdf : 978-29815309-9-8
ISBN version numérique epub : 978-29815309-6-7
Dépôt légal édition papier : BAnQ : 1 er trimestre 2021
Dépôt légal édition numérique : 4 e trimestre 2021
Édition papier pour la France : www.librinova.com
Imprimé au Canada
Rire souvent et sans restriction ; s’assurer le respect des gens intelligents et l’affection des enfants ; tirer profit des critiques de bonne foi et supporter les trahisons des amis supposés ; apprécier la beauté ; voir chez les autres ce qu’ils ont de meilleur ; laisser derrière soi quelque chose de bon, un enfant en bonne santé, un coin de paradis ou une société en progrès ; savoir qu’un être humain au moins respire mieux parce que vous êtes passé en ce monde ; voilà ce que j’appelle réussir sa vie.
R ALPH W ALDO E MERSON
Du même auteur
La conception de cours. Guide de planification et de rédaction, Les presses de l’Université du Québec, 1995.
Bien vivre, mieux vieillir. Guide pratique pour rester jeune, Les Éditions de l’Homme, 1997.
Guide des études à distance à l’Université Laval, Direction de la formation continue, 1999.
Une retraite heureuse ? Ça dépend de vous ! Flammarion Québec, 2005. Édition française : Petit guide de la retraite heureuse, Eyrolles pratique, 2005.
La mémoire. L’entretenir et la développer, Le Dauphin Blanc, 2008.
Pour un sommeil heureux. Toutes les stratégies pour apprivoiser le sommeil, Le Dauphin Blanc, 2010.
Cap sur la retraite. 25 points de repère pour franchir les transitions, Flammarion Québec, 2020 [2011].
Quoi faire à la retraite. 8 secteurs d’activités, Broquet, 2012.
Relire sa vie. 21 récits pour vous guider, Flammarion Québec, 2014.
101 questions essentielles pour s’interroger sur le sens de la vie, Performance éditions, 2018.
Le cerveau. Comment entretenir votre mémoire et votre intelligence, Broquet, 2019.
Qui suis-je ? Et l’autre ? 73 tests pour le découvrir, Transitions de vie, 2021. Édition française : Bookelis, 2020.
Rajeunir sa mémoire après 50 ans. principes et stratégies à la portée de tous, Le Dauphin Blanc, 2021.
À toute ma famille Dessaint et Renault et à vous toutes et tous que je rencontre parfois dans le grand terrain de jeu et d’aventure de la retraite où tout peut encore être possible.
Préface de Martine Lemonde
La retraite ? Un voyage d’exploration et le chapitre 5 pour le réussir
J e viens de terminer la lecture de La retraite en vue ? En route vers de nouveaux défis et aventures ! Je m’empresse de rédiger ces quelques lignes, car je veux les écrire alors que je suis encore imprégnée des puissantes leçons que j’en tire.
À 52 ans, j’évalue le chemin que j’ai parcouru et je réalise que les années à venir vont me faire vivre une transition importante. Cette étape de ma vie sera probablement aussi marquante que celle de mon adolescence et, croyez-moi, elle fut forte en émotions ! J’envisage donc l’avenir avec curiosité et positivisme, car je me sens mieux équipée pour faire face à la vie qu’à l’adolescence. Je suis quand même habitée par quelques peurs et quelques appréhensions. Je me demande qui je serai si je ne suis pas la professionnelle que je suis actuellement. Est-ce que je trouverai le temps long ? Aurai-je assez d’argent pour « occuper » mon temps comme je le souhaite ? Et puis, il y a le « après ». Ma vision actuelle des choses changera sûrement ; la retraite marque une étape, soit celle qui vient juste avant la vieillesse et la mort. Je n’ai pas peur de l’acte de mourir, mais de la fin de la vie que j’aime tant. Alors qu’à 20 ans, j’avais l’impression que je ne mourrai jamais, je me surprends parfois à me demander à quoi le grand voyage ressemble. Et puis la partie sage de mon cerveau me rappelle de vivre ici et maintenant.
Qu’est-ce que la retraite ? De quoi prend-on sa retraite ?
Avec son livre, Marie-Paule Dessaint m’a fait vivre un voyage d’exploration des futurs possibles. J’utilise le mot voyage, car j’ai le sentiment d’avoir exploré et visité différentes émotions. Je me suis posé beaucoup de questions, entre autres : Qu’est-ce que la retraite ? On prend sa retraite de quoi ?
Les définitions du mot retraite proposées par les dictionnaires ne m’enchantent pas trop. On y parle de « se retirer de la vie active », « d’abandonner ses fonctions », etc. Et moi, je souhaite prendre ma retraite de quoi ? En lisant ce livre, j’ai laissé émerger, puis j’ai accueilli les centaines d’idées provenant de cette démarche réflexive.
Cette retraite que je n’arrivais pas à définir ou à imaginer commence à se dessiner. C’est comme si j’avais agencé les morceaux d’un casse-tête dont je ne connaissais pas l’image et que celle-ci se dévoilait tranquillement.
Ce livre m’a amenée à réfléchir à qui je suis, à ce qui donne un sens à ma vie maintenant, à ce que je veux et ne veux pas vivre. J’ai pensé à l’environnement dans lequel je souhaite vivre, j’ai discuté avec mon conjoint de sa propre vision de sa retraite, de la façon dont il veut la vivre et ce que cela signifie pour notre vie à deux…
J’ai appris des choses, j’ai découvert des activités et des ressources que je ne connaissais pas. J’ai confirmé que je voulais continuer à m’engager dans des activités professionnelles, mais aussi adopter une routine pour prendre soin de mon corps et de mon esprit.
Il y a encore des choses que je ne sais pas : à quel âge voudrai-je travailler moins d’heures par semaine ? Combien d’heures voudrai-je consacrer à mes activités professionnelles ? Seront-elles rémunérées ? Comment mes semaines seront-elles aménagées entre le repos, les loisirs, ma vie affective et sociale et toutes mes autres activités ?
Un guide indispensable pour ce long voyage : le chapitre 5
J’ai maintenant un plan, que je suivrai ou non. J’ai compris en lisant le chapitre 5 qu’il s’agit davantage d’un guide de voyage que d’une recette à suivre. Je vous assure que le seul fait d’avoir un plan est beaucoup plus « confortable » que le vide et le flou ressentis avant cette lecture. Le chapitre 5 renferme des enseignements de grande importance : il est primordial de partir de soi, de sa réalité, de ses possibles, et de dresser la liste de plusieurs projets à essayer, de faire un plan qui détermine un point de départ et qui facilite le passage à l’action et surtout, de réaliser ce processus souvent et régulièrement. Je le répète : ces divers plans d’action sont des guides de voyages et non une recette à suivre.
L’auteure nous propose non pas de « tomber à la retraite » et de laisser la vie (ou les autres) décider de notre avenir, mais plutôt de nous découvrir et de passer à l’action pour donner un sens à notre vie et pour rester en santé physique et psychologique le plus longtemps possible. Elle nous accompagne dans cette démarche réflexive organisée autour de thèmes spécifiques qui fait émerger les futurs possibles pour chacun de nous. Elle s’adresse aux personnes qui, comme moi, commencent à faire le point sur leur relation au travail, mais aussi à celles qui ont déjà réduit ou cessé leurs activités professionnelles ou qui ressentent le besoin de faire le point sur cette étape de leur vie. L’ouvrage sera bien utile également aux spécialistes qui accompagnent ces futurs retraités et les retraités dans cette nouvelle transition de vie.
Gribouiller sans ménagement…
Mon exemplaire de cet ouvrage est rempli de gribouillis, de mots qui expriment tantôt des émotions, tantôt des projets, des questions, des peurs, des idées au hasard, des attentes. On dirait presque un journal intime dans lequel je me suis donné tous les droits. Je vous invite à maltraiter, vous aussi, votre livre.
Je souhaite que, dès la première lecture, il soit déjà envieilli, qu’il ramollisse à force d’être manipulé et que ses coins des pages soient retournés. Je souhaite que votre livre soit parsemé de taches d’encre, de mots et de phrases qui auront été propulsés avec la même vitalité que celle qui fait cracher sa lave au volcan. Vous aurez alors pleinement profité du message de Marie-Paule. Vous aurez consacré du temps et de l’énergie à vous construire un futur qui vous ressemble.
Je vous invite à vous engager dans la lecture de ce livre à partir d’une posture d’ouverture et de curiosité. Laissez-vous guider par les différentes activités proposées et accueillez ce qui émerge. Pliez-vous au jeu sérieusement. Surtout, oui, je me répète, revisitez le chapitre 5 souvent et régulièrement. Ce livre devrait vous suivre pendant plusieurs années.
Bon voyage !
Martine Lemonde, CO organisationnelle, CRIA, ACC
Présidente-directrice générale
Coaching de Gestion ( www.coaching.qc.ca )
Préambule
Un bilan de vie à utiliser en toutes circonstances
D ans sa préface, Martine Lemonde vous a avoué qu’elle aimait gribouiller ses livres sans ménagement et même les maltraiter (avec amour, bien sûr !) ! Elle n’est pas la seule ! Je vous invite à en faire autant, car c’est ainsi que beaucoup d’entre nous réfléchissent et trouvent des pistes de réflexion et d’action dans le changement.
Cependant, pour ce livre, je vous conseille de vous munir d’un carnet de notes dans lequel vous inscrirez au fur et à mesure vos réponses aux questionnaires ainsi que vos commentaires, chaque fois que je vous demande de réfléchir sur un thème en particulier. Ou de les consigner dans un petit fichier informatique dont vous pourrez modifier le contenu à votre guise.
Je suggère cette façon de procéder pour cinq raisons :
Si vous souhaitez compléter vos réponses et y apporter des modifications, vous pourrez facilement les retrouver sans avoir à parcourir à nouveau toutes les pages du livre.
Cela vous facilitera la tâche au moment de faire la synthèse, au chapitre 5 . Vous aurez en effet déjà rassemblé l’essentiel de votre bilan de vie et de vos projets de retraite.
Vous conserverez ce bilan longtemps après avoir lu ce livre. Il vous sera d’ailleurs bien utile chaque fois que vous aurez une décision à prendre dans n’importe quel autre domaine de votre vie.
Si vous avez préféré vous procurer ce livre en version électronique (ebook), vous n’avez évidemment pas beaucoup d’autre option pour conserver vos réponses et vos réflexions.
Il y a aussi un avantage très terre à terre à procéder ainsi. Sans de multiples lignes et espaces pour inscrire vos réponses et vos réflexions, le livre papier est moins dense, et donc moins cher.
Vous ne trouverez pas de bibliographie à la fin de ce livre, car j’ai ajouté directement dans le texte les références des livres, des articles et des magazines que j’ai consultés pour rédiger chacun des chapitres.
Les répertoires des huit secteurs d’activités proposent des idées et des mots clés de domaines d’activités et de projets auxquels on ne pense pas toujours, qui peuvent ouvrir la voie à des découvertes intéressantes, voire passionnantes. Ils permettent de retracer facilement en ligne les sites, les organisations, les associations et les endroits où ces activités se déroulent. Ils sont complétés par quelques sites Web incontournables.
Ce livre est accessible dans toute la francophonie, il est donc impossible d’y répertorier toutes les activités, les associations et les organismes de tous les pays et de toutes les villes qui la composent. Dans la mesure du possible, j’ai proposé des sites internationaux, mais puisque je vis au Québec et y donne principalement mes conférences, j’ai parfois fait un détour par ce qu’il s’y passe.
J’ai cependant créé une page Facebook portant le même titre que ce livre. Je vous invite à y inscrire les organisations et les activités de votre ville, de votre pays pour chacun des huit secteurs. Je les ajouterai aussi sur mon site Web ( mariepauledessaint.com ). Vous pouvez également m’écrire à mariedessaint@yahoo.ca .
Tous les sites ont été vérifiés et mis à jour en septembre 2020. Bien que je n’aie choisi que des organisations reconnues qui risquent peu de disparaître et qui existent depuis au moins 10 ans, il se peut qu’avec le temps ce soit le cas, surtout après la terrible année 2020 que nous avons vécue, rudement éprouvée par la pandémie de la COVID-19. Tout bouge, tout évolue, tout change et le retour à l’équilibre peut être long. Heureusement, tout peut aussi être vérifié en temps réel sur Internet.
Bien avant cette crise, diverses études ont montré que les personnes âgées de plus de 65 ans sont en général plus heureuses que leurs cadets. En effet, l’indice du bonheur commence à décroitre après 18 ans pour ne remonter qu’après 50 ans et atteindre son sommet vers 65 ans et redescendre après 75 ans. La pandémie a affecté lourdement les moins de 40 ans, et plus particulièrement les 18-24 ans, mais peu les 65-74 ans. Comment, en effet, peut-on être heureux quand notre avenir, notre liberté, nos projets et nos rêves semblent bloqués alors que nous sommes en pleine construction de notre vie ? Quand les relations de couple et familiales de plusieurs se sont détériorées et ont même éclaté ? Quand l’insécurité, financière et personnelle, empoisonne notre quotidien ?
Il ne faudra jamais oublier ce que tant de gens – personnes seules, âgées, handicapées, malades, travailleurs, parents, enfants, couples – ont subi durant l’année 2020. Les nouveaux retraités sont donc bien placés pour faire changer les choses, en mieux, pour toutes les générations. Beaucoup disposent en effet des ressources pour y parvenir : la liberté, le temps, l’expérience, l’expertise, les compétences, les connaissances et des valeurs hautement humaines telles que la compassion, la tolérance, la générosité et l’entraide. Souhaitons que la crise de 2020 les aide surtout à réaliser que la retraite peut satisfaire ces besoins qui ne meurent jamais : évoluer, contribuer, se connecter aux autres, trouver un sens à la vie.
Je termine avec ce commentaire de Carl Gustav Jung qui s’applique autant à la pandémie qui vient de frapper le monde qu’à ce que chacun de nous vit lorsqu’il prend sa retraite.
Les crises, les bouleversements et la maladie ne surgissent pas par hasard. Ils nous servent d’indicateurs pour rectifier une trajectoire, explorer de nouvelles orientations, expérimenter un autre chemin de vie.
Je vous invite à savourer pleinement votre retraite et, surtout, votre vie. Puisse ce livre y contribuer.
Marie-Paule Dessaint, décembre 2020
Introduction
Une nouvelle proposition de la vie à saisir
Il y a si longtemps que je pense à la retraite comme à une délivrance ! Maintenant que j’y suis, je ne sais pas trop comment je vais réussir à réorganiser ma vie. J’ai peur de me retrouver seule du jour au lendemain, en plus de me sentir inutile. Je me demande si mes revenus seront suffisants pour bien vivre. Je comprends aussi que si je veux profiter de toute cette liberté qui m’est offerte aujourd’hui, je dois y mettre du mien et agir, car personne ne le fera pour moi.
M ARIE H.
L a retraite est une importante transition de vie remplie de délices et d’opportunités, mais aussi de risques et de pièges bien cachés. J’aime dire qu’elle est une nouvelle proposition de la vie. Débarrassés des contraintes, des exigences et des irritants du travail, nous pouvons partir avec le sentiment du devoir accompli, notre baluchon bien rempli de nos compétences, de nos connaissances, de nos expériences, de nos qualités et de nos valeurs prêtes à servir à de nouveaux défis et à de nouvelles aventures. Même si la santé et l’énergie ne sont pas toujours au rendez-vous, rien ne nous empêche de nous épanouir, de nous réaliser et de continuer à donner un sens à notre vie.
Pour nous en convaincre, il suffit de consulter les centaines d’idées de projets et d’activités que je propose dans cet ouvrage. Ceux-ci sont divisés en huit grands secteurs qui touchent la santé, l’acquisition de connaissances, la créativité, le plaisir et la joie de vivre, le travail, l’aide et la protection que nous offrons autour de nous et, bien sûr aussi, la contribution à la survie de la planète qui en a tant besoin ! Nous devrions choisir nos projets et nos activités de retraite dans chacun de ces secteurs.
Après un temps de repos bien mérité, la plupart des retraités ressentent le besoin de se redéployer. Ils veulent se sentir encore utiles (sans être utilisés !) et être actifs dans les limites de leurs capacités, de leurs envies, de leurs besoins et de leurs sources d’intérêt. Plusieurs ne savent cependant pas bien par où commencer ou, au contraire, s’éparpillent beaucoup trop, bien souvent parce qu’ils n’ont pas suffisamment eu le temps de se préoccuper de leur propre bien-être et de tous leurs besoins pendant leur vie professionnelle. Ce livre pourra les accompagner et les inspirer tout au long du développement de leurs nouveaux projets.
J’anime des cours et des conférences sur la préparation psychologique et sociale à la retraite. Je reçois aussi des gens en consultation privée. Je me suis spécialisée dans les transitions de vie, notamment celles du milieu de la vie (45-60 ans), de la retraite et de l’après-retraite, mais aussi dans l’entretien de la mémoire et de l’intelligence, une importante préoccupation au cours du vieillissement. J’accompagne également ceux qui souhaitent écrire l’histoire de leur vie, afin de la publier ou de l’offrir à leur famille puisque cela fait partie du vieillissement réussi : laisser quelque chose derrière soi ou faire un résumé-bilan de sa vie pour mieux se comprendre et en tirer des enseignements avant d’entamer les prochains chapitres.
J’ai écrit cet ouvrage à l’intention des participants à mes formations, publiques et privées, et des travailleurs qui se préparent à faire le grand saut, mais qui n’ont pas reçu une telle formation pourtant essentielle. Je pense aussi à ceux qui, après un certain temps à la retraite, souhaitent redonner un nouvel élan et un nouveau sens à leur vie.
Je propose une démarche pas-à-pas qui commence par préciser certaines composantes fondamentales de l’identité et de la personnalité : besoins, valeurs, désirs et sens à la vie… Dans ce livre, j’utilise principalement le terme personnalité même si certains de ses éléments relèvent de notre identité. L’identité est formée de notre origine ethnique, géographique, historique, culturelle, religieuse, éducative, ainsi que des valeurs, croyances et règles morales que nous partageons avec les gens de cette communauté (notre groupe social). La personnalité, c’est l’image que nous montrons aux autres. C’est l’ensemble de nos comportements, de nos attitudes et de nos émotions. Le mot personnalité fait référence à la persona, qui désigne le masque de théâtre que portaient les acteurs dans la Grèce antique. Il y avait différents masques, mais un seul était utilisé à la fois. Ainsi agissons-nous un peu au quotidien dans nos interactions avec les autres et dans des décisions qui influencent le cours de notre vie. C’est sur ce socle solide, stable et sécuritaire qu’il est bon de prendre appui au moment de nous élancer dans l’action.
Une fois cette introspection terminée, je suggère de choisir deux activités ou projets à concrétiser, puis d’élaborer des objectifs et un plan d’action pour les mener à terme. Au cinquième chapitre, j’explique comment débusquer puis lever les obstacles, souvent inconscients, qui tentent de bloquer le chemin vers leur accomplissement. J’aime les traiter de saboteurs !
C’est le sixième livre que j’écris sur le thème de la retraite. Contrairement aux autres, celui-ci met l’accent sur les activités et les projets qui nous permettent de continuer à donner du sens à notre vie et à combler nos besoins fondamentaux malgré la sortie du marché du travail et le vieillissement qui s’amorce. Il complète mon autre livre, Cap sur la retraite. 25 points de repère pour franchir les transitions , et reprend quelques extraits de Quoi faire à la retraite. 8 secteurs d’activités.
Pour continuer à donner du sens à notre vie une fois à la retraite, nous avons des besoins qui excèdent les activités de loisir. Qui rêve de jouer au golf, de partir en croisière, d’être en vacances sur une plage au soleil ou sur les sentiers de randonnée à longueur d’année, à part ceux qui sont encore au travail ! L’équilibre doit être atteint entre les loisirs, la protection de notre santé, notre bien-être, les liens que nous tissons avec autrui et l’engagement dans des activités altruistes et socialement utiles. Mais cela ne doit pas se faire n’importe comment et à n’importe quel prix. Surtout pas en nous lançant à corps perdu dans un tourbillon d’activités où nous risquons de nous perdre et de ne plus nous reconnaître. Je le dis et le répète :
Avant de vous engager dans l’action, prenez le temps de faire connaissance avec vous-même (savoir d’où vous venez) et d’explorer toutes les possibilités qui vous sont offertes. Fixez-vous ensuite des objectifs (savoir où vous voulez aller), puis mettez au point un plan d’action (décider comment vous voulez y aller) et agissez ! Cela non seulement vous évitera bien des déceptions, mais surtout donnera bien plus de saveur à votre vie.
Autant de types de retraites que de retraités et plusieurs retraites pour une même personne !
Le concept de retraite a bien évolué depuis les dernières décennies. Les gens vivent plus longtemps et ils y entrent pour la plupart en assez bonne forme physique. Ils ont du temps devant eux, une bonne vingtaine d’années et bien davantage pour certains. Ces retraités ne veulent pas passer leur temps à regarder les jours passer en attendant la fin de leur vie.
C’est pourquoi, la soixantaine dépassée, ils sont de plus en plus nombreux à investir (assiéger) carrément le grand terrain de jeu de la retraite où tout est encore possible. La plupart souhaitent y être actifs, autant dans les loisirs que dans les domaines où ils se sentent utiles et compétents : économie, politique, enseignement, environnement, arts, travail social et humanitaire…
J’aime dire que la retraite est une fabuleuse proposition de la vie. À nous de la saisir et d’en faire notre propre chef-d’œuvre, dans les limites de nos capacités et des balises de notre personnalité, tout en relevant encore quelques défis.
Chacun arrive en effet à la retraite avec un bagage de connaissances, d’expériences et de compétences qui lui est propre, un niveau d’intérêt et d’énergie physique et psychique variable, ainsi que des conditions matérielles et financières bien différentes. Notre passé a aussi façonné notre personnalité. Ce qui fait carrément exulter monsieur Untel peut se révéler un véritable supplice pour madame Unetelle. Des désirs et des caprices ont pu se transformer en faux besoins. Certains choix de vie de madame (ou de monsieur, bien sûr) ont pu lui être dictés par d’autres sans qu’elle en soit vraiment consciente, par exemple par ses proches ou par les spécialistes du marketing des séniors qui ne veulent… que son bien. Il arrive aussi que certains retraités veuillent aménager leur vie comme ces gens qui semblent si heureux (en apparence), alors que cela ne leur convient pas vraiment. D’autres vont accepter tout ce qui se présente par peur du vide, ou pour ne pas se sentir mal à l’aise de toucher leur rente de retraite en ne pensant qu’à eux. Certains finiront par s’épuiser à s’amuser, comme ils se sont bien souvent épuisés à travailler, alors que d’autres tomberont dans des pièges qui leur feront perdre temps, argent, illusions et parfois aussi santé et amour, au singulier ou au pluriel.
Un bilan de vie complet, comme celui que je suggère dans cet ouvrage, évite bon nombre de ces écueils. Il est indispensable de savoir qui nous sommes fondamentalement pour déterminer des objectifs à traduire en projets et en activités. Je propose de recadrer positivement le passé, de conserver ce qui peut être utile et de vérifier aussi ce qui reste à faire. Ce bilan débouche généralement sur la confirmation (ou la découverte) de ce qui donne vraiment un sens à notre vie et par conséquent sur les moyens pour y parvenir.
Si chaque personne est unique et n’arrive pas à la retraite avec des atouts identiques, toutes franchissent cependant à peu près les mêmes étapes, les mêmes transitions : idéalisation, questionnements, inquiétudes, remises en question, recherche de sens puis, pour la majorité, retour à l’équilibre, c’est-à-dire l’adaptation. Au risque de généraliser un peu, je vous soumets rapidement ces étapes telles que je les comprends.
La plupart des travailleurs commencent à préparer leur départ environ quatre à cinq ans avant d’y arriver ; parfois bien avant ou carrément à la dernière minute ou… pas du tout. Ils ont hâte de se joindre à tous ces retraités en apparence si heureux et si épanouis. Ils parlent et rêvent de repos, de farniente, de vie plus calme et de temps rien que pour eux. Ils veulent prendre aussi du bon temps avec leur partenaire de vie et leur famille et réveiller leurs projets mis en veilleuse. Plusieurs s’inquiètent cependant à propos de leurs finances, de leur santé et de leur relation de couple. Ils craignent de se sentir inutiles et isolés. Ils sont étonnés lorsqu’ils croisent ces retraités qui s’en sortent plutôt mal, alors que leur carrière avait été très active et passionnante. Ils sont étonnés encore lorsqu’ils se rendent compte que plusieurs sont financièrement « coincés », en mauvaise santé, inactifs et pas toujours de bonne humeur. Ce n’est pas l’image qu’ils avaient de la retraite et ils ne veulent pas leur ressembler. Quelques-uns refusent de quitter leur travail, bien qu’ils aient largement dépassé l’âge du départ. Ils envisagent la retraite avec crainte et même avec horreur, un peu comme s’il s’agissait d’une déchéance, voire d’une petite mort. D’autres travaillent pour continuer à se réaliser, pour apprendre et, de plus en plus souvent, pour boucler leur budget.
Quelques turbulences en vue avant le retour à l’équilibre
À moins que leur situation financière et familiale ou encore leur santé ne soient très précaires et ralentissent leurs ardeurs, les deux ou trois premières années de la retraite sont, pour la plupart des gens, des années faciles, idéales et idéalisées. Le temps est venu de penser à soi, d’essayer de nouvelles choses, de rattraper les occasions perdues, de s’amuser, mais parfois aussi de chercher à combler le grand vide laissé par la fin des responsabilités professionnelles. Bref, tout est permis et l’on se rend heureux. On l’a bien mérité ! Vive la liberté !
Commence alors à souffler le vent, léger ou puissant, du doute et de la déception, quelques semaines, quelques mois ou quelques années plus tard. Une simple brise ou un ouragan provoqueront des turbulences jusqu’à ce que tout revienne à la normale dans la majorité des cas. Mille et une questions, bien légitimes, envahiront les pensées.
Pourquoi me laisser ainsi déborder par tous ces projets, au point de m’épuiser et d’en oublier l’essentiel ? Est-ce que tout cela me convient et me plaît vraiment ? Qui a pris la décision ? Pourquoi donc n’ai-je plus envie de continuer à m’engager dans des activités dont je rêvais du temps où je travaillais ? Qu’est-ce qui fait que je me sens parfois si mal en compagnie des autres ? Que faire et comment m’épanouir au-delà des loisirs et de la consommation ? Où tout cela va-t-il me mener ? Quel sens donner dorénavant à mon existence ? Comment profiter au maximum de la retraite, alors que ma santé et mes finances, et parfois aussi mon entourage ne suivent pas ? Que sera ma vie au fur et à mesure que je deviendrai de plus en plus vieux ? De quoi ai-je vraiment besoin pour être heureux et m’épanouir en compagnie de ceux que j’aime ?
Cette période de doutes et de remises en question est tout à fait normale et même très saine. Elle signale cependant qu’il est temps de réagir en commençant par redéfinir ce qui compte pour soi, puis d’agir. Si la plupart des gens retombent rapidement sur leurs pieds, les choses sont beaucoup plus difficiles pour d’autres qui ont perdu toute motivation, faute de trouver un sens à ce qu’ils font. S’ils ne se ressaisissent pas, l’ennui risque de céder la place à la déprime, à la dépression, aux problèmes de santé et aux excès de tous ordres. Mais rien n’est perdu, loin de là, même s’il leur faudra parfois se faire accompagner.
Après 75 ans, la grande majorité des aînés ont atteint un bon degré de maturité et de sagesse. Leurs préoccupations et leurs sources d’intérêt sont davantage axées sur la transmission de tout ce qu’ils ont construit et acquis ainsi que sur le maintien de leur intégrité. L’intégrité, c’est se sentir entier, vivant, cohérent, présent et digne malgré les pertes et les renoncements du vieillissement. C’est aussi la certitude d’avoir bien réussi sa vie dans toutes ses dimensions et en accord avec ses valeurs et ses convictions. Ces aînés se retirent peu à peu dans leurs terres intérieures, comme j’aime appeler cette période de plus grande introspection. Ils envisagent la fin de leur vie avec plus de lucidité. Ils s’y préparent aussi. Même si leurs forces commencent à décliner et si les tracas de santé sont de plus en plus présents, cela ne les empêche pas, en parallèle, de continuer tout ce qu’ils ont entrepris, de se lancer de nouveaux défis et même de faire encore quelques folies.
En fait, bien que ces données varient un peu d’une étude à l’autre, on peut dire que de 12 à 15 % des retraités éprouvent des difficultés à s’adapter à cette importante transition de vie, alors que pour 30 % d’entre eux, elle constitue une menace ou un danger (ce qui ne les empêche pas de bien s’adapter par la suite). Pour 80 %, l’adaptation se fera assez bien, surtout s’ils se sont bien préparés et ont pu participer à un stage de préparation à la retraite.
Ce commentaire, entendu pendant une de mes conférences, illustre bien mon propos.
Pendant les quinze premières années de notre retraite, nous avons donné vie à un de nos rêves, même si nous avions un peu peur de manquer d’argent : nous avons sillonné les États-Unis et le Canada, en véhicule motorisé (VR), l’Europe aussi. Nous avons parcouru le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle à deux reprises et réalisé bien d’autres exploits encore. Aujourd’hui, à 76 ans, nous nous sommes posés dans un petit appartement, en bord de mer. Nous avons la tête pleine de souvenirs, mais aussi de nouveaux projets plus adaptés à notre âge. La vie continue !
À plus de 80 ans, il est temps de faire un dernier bilan afin de déterminer ce qui reste à faire : apprendre encore, acquérir de nouvelles habiletés, nouer de nouvelles amitiés, faire la paix avec le passé et les conflits relationnels, aider les plus jeunes à se réaliser, voyager… Nous connaissons tous des gens de cet âge, bien plus en forme, de corps et d’esprit, que des « petits jeunes » de 65 ans inactifs. Des octogénaires sautent en parachute, soulèvent des poids et des haltères, courent le marathon, jouent au théâtre, deviennent chefs d’entreprise, animent des formations, écrivent des romans ou des essais au succès mondial, font du bénévolat à l’international de la politique et aspirent même à diriger leur pays. Leur nombre ne cesse d’augmenter.
À cet âge, il est temps aussi de lâcher prise et de se délester, notamment de l’obligation d’être actif à tout prix, d’être performant, d’accumuler pouvoirs et possessions, de plaire, de séduire, de porter des masques (ou du maquillage social) pour donner une meilleure image de soi (bonheur et réussite à tout prix) ou encore de supporter des relations tendues, conflictuelles et toxiques.
Si, dans cet ouvrage, je ne m’adresse pas particulièrement aux personnes de plus de 75 ans, ce n’est pas par indifférence, bien au contraire, mais parce que leurs sources d’intérêt sont en général plus sages et moins éclatées que celles de leurs cadets qui arrivent à la retraite. Tout ce qui touche la santé, la spiritualité, la créativité, les connaissances et l’écriture, l’entraide ou la transmission de leurs expériences et de leurs compétences aux plus jeunes pourrait toutefois les intéresser. C’est le cas également des retraités en situation de handicap qui sont aussi soutenus et encadrés par de nombreuses associations. Pour l’exercice et le sport, des équipements bien adaptés leur permettent de se dépasser et, ainsi, de maintenir leurs forces physiques et mentales, en plus d’être bien entourés. Ce n’est évidemment pas facile d’être actifs à la hauteur de nos envies et de nos ambitions quand notre corps refuse de nous suivre parfaitement. Beaucoup de renoncements sont nécessaires. Par leur courage et leur détermination, plusieurs nous montrent à tous une impressionnante leçon de vie, y compris à certains retraités en excellente condition physique. Même si leurs activités sont réduites, ils réussissent souvent à donner à leur vie tout le sens qu’elle mérite, par des chemins moins fréquentés…
Du pain sur la planche pour les nouveaux retraités
Du pain sur la planche ! J’aime cette expression, car elle a deux sens : jouir d’une certaine aisance qui assure l’avenir, mais aussi avoir du travail en réserve et de quoi s’occuper plus ou moins longtemps. Je trouve qu’elle correspond bien à un grand nombre de retraités d’aujourd’hui, surtout ceux qui disposent de temps et de ressources matérielles et intellectuelles suffisantes pour se mettre à la tâche afin d’améliorer les conditions de vie de tous. Les plus jeunes générations, celle des X et celle des Y (les millénariaux), tout comme celle des aînés qui les précèdent, notamment la génération silencieuse – probablement les Darwinistes désengagés décrits par Michael Adams –, souvent oubliée, a bien besoin d’eux pour changer les choses pendant qu’il est encore temps, comme je l’explique ci-dessous. Au fil de la lecture, vous constaterez que les voies pour y parvenir sont extrêmement variées.
En s’engageant ainsi, les retraités contribueront non seulement à améliorer les conditions de vie de tous, mais ils se sentiront aussi utiles en transmettant le fruit des expériences et des connaissances accumulées durant leur vie professionnelle et personnelle. Pour certains, ce sera l’occasion de sortir de leur cocon familial (trop) confortable ou de la solitude et, parfois même, de l’isolement. Pour mener à bien tous leurs projets, ils n’ont d’autre choix que de se maintenir en bonne forme physique, mentale et intellectuelle et de continuer à créer, à apprendre et à se perfectionner. Voilà un beau programme et une belle mission de retraite et de vie en perspective !
Notre planète se porte plutôt mal et nous sommes en crise, à peu près sur tous les fronts. Nous devons agir, individuellement et collectivement, au plus vite, pour tenter de rétablir l’équilibre et trouver une meilleure qualité de vie. Pour préciser le sens du mot crise, tel que je le comprends, c’est-à-dire « prendre une décision sans plus tarder dès l’apparition d’un problème », j’aime citer le psychanalyste et psychologue du développement germano-américain Erik H. Erikson : « Le mot crise, du reste, n’est ainsi employé que dans son contexte évolutif, non point pour désigner une menace de catastrophe, mais un tournant, une période cruciale de vulnérabilité accrue et de potentialités accentuées. » (source : Adolescence et crise. La quête de l’identité, Flammarion, coll. Champs, essais, 2011 [1972], p. 8.)
Quel que soit l’endroit où nous vivons, travaillons ou voyageons, nous ne sommes plus vraiment en sécurité et en paix. Tous les jours, nous entendons parler de terrorisme, de crises politiques, de guerres et d’émeutes dans plusieurs pays, de violence commise envers les enfants, les femmes, les aînés et les animaux, ainsi que de meurtres gratuits, y compris dans les écoles et les familles. Nous sommes attristés par l’éclatement des familles, la solitude et l’isolement de bien des gens — surtout des personnes âgées — et, de plus en plus, par la détresse psychologique, la dépression et le suicide. À tout cela s’ajoutent le cynisme, la compétition féroce, l’épuisement au travail, les fraudes financières et les risques de cyberattaques. Nous ne pouvons que déplorer également l’affaiblissement de ces valeurs hautement humaines qui sont pourtant le ciment des relations : solidarité, coopération, entraide, compassion, civisme, politesse et courtoisie.
Bien pire que tout encore, notre quotidien est bercé par les annonces de tsunamis, d’ouragans, d’éruptions volcaniques, d’incendies, d’accidents nucléaires, de tremblements de terre, d’inondations, de pénurie d’eau, de crises alimentaires, d’épidémies et de pandémies qui bouleverseront à tout jamais nos vies respectives. Pire que tout ? À entendre les spécialistes, si des mesures draconiennes ne sont pas prises à l’échelle mondiale, c’est notre survie qui est carrément menacée d’ici quelques décennies alors que nous aurons atteint le point de non-retour. Nous le verrons au huitième secteur d’activités, nous nous en approchons malheureusement bien plus rapidement que prévu par notre négligence individuelle, collective et politique et malgré toutes les mises en garde que l’on nous sert depuis longtemps. Je me souviens, par exemple, qu’en 1992, un groupe de 1700 scientifiques avait encore une fois sonné l’alarme en affirmant : « Nous devons foncièrement changer notre gestion de la planète et de la vie qu’elle porte afin d’éviter une vaste extension de la misère humaine et un saccage irréversible de notre habitat mondial. » Et ce ne sont pas les seuls à nous rappeler à l’ordre. L’année 2020 nous en a donné la preuve !
D’accord ! Il y a bien du pain sur la planche pour tous, mais encore faut-il être disposé à sortir de sa zone de confort et d’habitudes pour entrer dans sa zone d’action et de croissance. Par conséquent, les premières questions à se poser avant de se lancer dans l’action sont tout simplement :
Ai-je vraiment envie et besoin de faire ceci ou cela ? Quels efforts suis-je prêt à déployer ? Jusqu’où suis-je prêt à aller ? Que vais-je accepter d’abandonner ou de reléguer à l’arrière-plan, ne serait-ce qu’un certain temps, pour atteindre ces nouveaux objectifs ?
Au cours de mes ateliers ou de mes conférences, il m’arrive d’entendre un tel commentaire :
Suis-je vraiment obligé d’être actif à tout prix pour réussir ma retraite ? Pour avoir le droit d’exister ? En entendant votre slogan « Le bonheur est dans l’action », j’ai l’impression que je dois me sentir coupable si je préfère rester chez moi à ne rien faire de trop contraignant et à me satisfaire de certaines de mes habitudes auxquelles je tiens par-dessus tout. N’ai-je pas le droit de me laisser vivre, tout simplement ? Je l’ai bien mérité, non, après tant d’années consacrées à ma famille, à mon travail, à me soucier du bien-être des autres avant le mien !
Rien ni personne ne vous oblige à être actif, loin de là. Vous forcer à agir lorsque vous n’êtes pas prêt ou que vous n’en avez pas toutes les capacités, ni la force, ni l’intérêt ne peut qu’éveiller un sentiment d’incompétence et d’impuissance. Mais pourquoi ne le seriez-vous pas, juste un peu plus, pour toutes les raisons que j’ai évoquées plus haut ? Rien ne vous oblige non plus à surcharger vos journées et à vous épuiser comme le font certains retraités qui n’ont pas encore réussi à sortir du tourbillon du travail. Bien des travailleurs n’arrivent pas à la retraite les mains vides ! Ils ont accumulé tout un bagage de connaissances, de compétences et d’expériences qu’ils peuvent rapatrier dans leurs propres projets ou mettre au service des autres. Ils sont aussi bien au fait des enjeux sociaux, économiques et politiques actuels. Plusieurs ont bien des projets en tête et en chantier.
J’aime parfois rapporter cette citation de Pascal Bruckner tirée de son livre Une brève éternité (Grasset, 2019, p. 42) qui ne plaît cependant pas toujours à tout le monde :
La constitution de toute une classe d’âge en classe de loisir, renfermée sur le seul consumérisme, est une catastrophe, réalisée au nom des meilleures intentions, dans nos sociétés, après la Seconde Guerre mondiale. […] : garder ou retrouver une activité, c’est replacer les personnes dans le lien, dans le service aux autres, en refaire des acteurs au plein sens du terme. C’est en finir avec le préjugé des aînés comme classe parasite dont on attend avec impatience qu’ils s’éclipsent pour laisser la place aux plus verts.
Il n’est pas toujours facile d’atteindre l’équilibre, mais cela est possible si chacun prend la peine de bien déterminer ses besoins et de traquer certaines habitudes qui l’empêchent peut-être de sortir de son cocon confortable et sécuritaire afin de les transformer en carburant pour l’action. De toute façon, la valeur d’une personne ne se révèle pas uniquement dans ses réalisations et ses exploits, mais aussi, et peut-être surtout, dans le bien qu’elle répand tout simplement autour d’elle au quotidien.
À chacun sa retraite
Les Darwinistes désengagés, les Rebelles autonomes, les Créatifs culturels et les autres…
Dans mes cours et conférences, je m’adresse à des publics très variés : des ouvriers qui se sont carrément épuisés physiquement à la tâche, des chefs d’entreprise (eux aussi épuisés, souvent), du personnel de soutien, des intellectuels, des professionnels du domaine de la santé (médecins, pharmaciens, dentistes…), des avocats, des travailleurs autonomes, des fonctionnaires du gouvernement et des artistes. Je m’adresse aussi à des mères de famille restées actives à la maison afin d’éduquer leurs enfants, mais qui craignent parfois de se retrouver toute la journée avec leur conjoint nouvellement retraité.
Alors, dès le début de mon intervention, j’insiste sur le fait que personne n’a à se sentir mal à l’aise, ou même coupable, de ne pas être actif à la retraite (ou si peu) ou de l’être trop, surtout les premières années. Comme je l’ai déjà évoqué, il existe pratiquement autant de types de retraites que de retraités et chaque personne vivra plusieurs retraites, au fil des années.
Pour appuyer mon propos, et faire sourire un peu mon auditoire, je présente cette étude du chercheur, professeur et auteur Michael Adams, fondateur de l’Institut Environics pour la recherche par sondage ( www.environicsinstitute.org ) dont les résultats sont publiés dans son livre Stayin’Alive (Penguin Group Canada, 2010). Les baby-boomers y sont séparés en quatre grandes tribus d’après leurs valeurs et leur façon d’aborder la vie, puis la retraite. Bien qu’elle date de 2010 et concerne surtout les Canadiens, cette étude est, à mon avis, toujours d’actualité, et suffisamment universelle pour s’appliquer aux retraités d’autres pays industrialisés et développés. Elle invite aussi les plus jeunes à ne pas mettre tous les retraités, tous les baby-boomers, « dans le même panier ».
J’y reconnais les principales caractéristiques de chacune de ces tribus chez les futurs retraités, mais se limiter ainsi à quatre catégories (tribus) me semble un peu réducteur. L’auteur écrit d’ailleurs que nous ne pouvons ignorer les différences culturelles, sociales, psychologiques et génétiques qui font de chacun de nous une personne totalement unique. D’aucuns accordent la priorité aux mêmes besoins et aux mêmes valeurs, et ont forcément les mêmes rêves, ambitions et aspirations. En découvrant les caractéristiques des quatre tribus, vous pourriez d’ailleurs vous reconnaître dans deux d’entre elles sans toutes les partager. Une fois à la retraite, vous pourriez aussi décider de changer de tribu, pour un certain temps, ou pour toujours. Comme le précise l’auteur : « demography is not destiny » !
En repérant la vôtre, n’oubliez pas que toutes les tribus ont leur place. Imaginez un instant comment serait le monde s’il n’était peuplé que de Darwinistes désengagés ou, à l’opposé, de Rebelles autonomes, ou encore si nous avions tous, sans exception, les mêmes intérêts et les mêmes valeurs ! Nos vies respectives seraient mortellement ennuyeuses. D’ailleurs, ce que l’on entend souvent de péjoratif à propos des baby-boomers concerne surtout la tribu des Rebelles autonomes qui est si peu nombreuse. Elle mérite pourtant bien sa place par ses actions, ses engagements sociaux et ses contributions, surtout si on la compare à celle des Darwinistes désengagés.
Cependant, si les Darwinistes désengagés semblent portés principalement sur leur propre bien-être, c’est probablement parce que ces derniers, incluant les Communautaristes anxieux, n’ont pas été habitués à se faire entendre, à se défendre et à revendiquer leurs droits à de meilleures conditions de vie. Dans leur jeunesse et leur vie active, beaucoup d’entre eux ont été étouffés et marqués par des tabous, des convenances, des croyances et des pressions (quoi faire, quoi ne pas faire, en quoi et en qui croire…) auxquels ils sont restés soumis et fidèles pour la plupart. Ce n’est plus le cas des plus jeunes qui sont un peu laissés à l’abandon, sans mode d’emploi, relativement aux nouvelles normes qui leur sont imposées, notamment le succès à n’importe quel prix, le culte du « moi » et du « m’as-tu-vu », la comparaison et la compétition…
Par la même occasion, cette étude de Michael Adams montre à quel point la plupart des baby-boomers retraités se soucient de l’environnement, alors que bien des jeunes leur reprochent tous les maux possibles, dont ceux de la planète et l’éclatement des coûts en santé. Ce n’est pourtant pas vraiment le cas. Nous pourrions d’ailleurs dresser une longue liste de tous les avantages et de tous les bénéfices, que tout le monde tient pour acquis aujourd’hui, dont ils sont à l’origine. En voici quelques-uns : les progrès fulgurants de la médecine et de la chirurgie et ceux des technologies et de l’économie, la reconnaissance des libertés individuelles, la réduction des stéréotypes masculins et féminins, une plus grande justice sociale et, bien sûr aussi, davantage de bien-être au quotidien. Grâce aux générations qui les ont précédés, leurs jeunes détracteurs profitent de tous ces droits et privilèges sans même s’interroger sur leur origine, en plus de jouir d’une espérance de vie exceptionnelle.
L’étude de Michael Adams a également porté sur d’autres générations de tribus aux noms tout aussi particuliers. Dans la génération d’avant-guerre, on trouve, entre autres, des Traditionalistes rationnels, des Traditionalistes extrovertis et des Modernistes cosmopolites. Dans la génération X, on trouve des Hédonistes sociaux, des Matérialistes amateurs d’émotions fortes et des Postmatérialistes autonomes !
Les Darwinistes désengagés (48 %)
Les Darwinistes désengagés constituent la « majorité silencieuse », formée surtout de cols bleus habitant les grands centres urbains, en général peu scolarisés, repliés sur leurs propres intérêts et sur la recherche de stabilité et de sécurité.
Les Darwinistes désengagés ont travaillé fort pour se tailler une place au soleil. La moitié d’entre eux envisagent alors la retraite comme une période de repos bien méritée après tant d’années de dur labeur, tandis que les autres souhaitent quand même s’engager dans des activités et des projets, mais en assumant beaucoup moins de responsabilités.
Respectueux des lois et des institutions, peu flexibles, peu ouverts à la nouveauté et très attachés aux traditions, ils sont nostalgiques. Ils se sentent plus proches de la génération qui les a précédés que de la leur. On se doute qu’ils n’ont pas participé à toutes les manifestations de la fin des années 1960 ni contribué aux changements amorcés à cette époque. Ils les réprouvent d’ailleurs en bonne partie, particulièrement, pour plusieurs, ce qui concerne l’égalité entre les sexes et l’intérêt pour les autres cultures.
Les Enthousiastes branchés (21 %)
Créatifs, actifs, ouverts sur le monde, la modernité et la diversité, les Enthousiastes branchés sont surtout des travailleurs autonomes, professionnels et commerçants habitant et travaillant dans les grandes villes. Apprendre est important pour eux, surtout au contact des autres. Ils préfèrent voyager « vert » ou ne plus voyager du tout afin de moins polluer.
À la retraite, la majorité d’entre eux (81 %) travaillent pour rester alertes mentalement et se réaliser encore. Ils suivent des cours, font de l’exercice et développent leur spiritualité. Ce sont des consommateurs éthiques (tourisme solidaire, commerce équitable, finances éthiques…). Dans le cas des placements, par exemple, ils choisissent des entreprises qui favorisent le développement durable, en menant des politiques pour la défense de l’environnement, ou qui sont socialement responsables : ressources humaines, clients, fournisseurs. Ils s’inquiètent beaucoup du sort de la planète et de l’état dans lequel ils vont la laisser à leurs enfants.
Les Rebelles autonomes (19 %)
Même s’ils sont relativement peu nombreux, les Rebelles autonomes sont loin d’être silencieux. C’est en quelque sorte la minorité bavarde qui cherche à se faire entendre par tous les moyens. On y trouve autant d’hommes que de femmes, particulièrement des employés du secteur public. Leur niveau de scolarité et leur salaire sont assez élevés. Beaucoup sont divorcés et remariés et le quart d’entre eux vivent seuls. Ce sont des contestataires.
Ils rejettent l’autorité, en plus d’être très critiques à l’endroit des institutions. L’égalité et les droits des hommes et des femmes sont importants pour eux, tout comme ceux des plus jeunes, des gais et de toutes les ethnies. Ils se sentent concernés par l’environnement et la consommation éthique. Ils ont besoin de reconnaissance sociale. Même en couple, leur indépendance, leur autonomie et leur épanouissement personnel priment sur le reste, parfois au détriment de leur devoir.
Une fois à la retraite, ils continuent à revendiquer, à se faire entendre et à rejeter l’autorité. Ils veulent aussi remettre à jour leurs idéaux de jeunesse. Ils voyagent, à pied (randonnée d’aventure ou trekking ) et parfois pendant plusieurs mois. Plus ils vieillissent, plus ils refusent les conventions et les contraintes sociales et institutionnelles, les traditions et toute forme d’autorité. Je me demande d’ailleurs comment ils vont réagir s’ils perdent leur autonomie au point d’être obligés de vivre dans une maison de retraite. Je prédis qu’il y aura là de l’action s’ils n’obtiennent pas tous les services auxquels ils croient avoir droit ! Dans leur cas, et dans celui d’autres boomers actifs, le terme retraite, qui fait davantage penser à un repli de vaincus sur un terrain de bataille qu’à un nouveau combat, ne leur convient plus vraiment. Il faudrait en inventer un autre, rien que pour eux !
Les Communautaristes anxieux (12 %)
On appelle parfois les Communautaires anxieux les partisans anxieux de la mise en commun. Beaucoup de femmes (61 %) parmi les baby-boomers les plus âgés font partie de cette tribu dont la scolarité et le salaire se situent en dessous de la moyenne. Ils trouvent bonheur, contentement, satisfaction et sécurité dans les liens qu’ils tissent avec les autres. Ils ont d’ailleurs consacré leur vie à se mettre à leur service et à tenter de les rendre heureux, bien avant eux-mêmes.
Ils préfèrent la vie de couple au célibat. Ils sont très attachés aux apparences, au statut, à la reconnaissance sociale, à leur communauté, aux institutions et aux traditions. Ils font tout parfaitement, depuis l’achat de la bonne voiture jusqu’au choix du bon quartier où habiter et des lieux de leurs vacances. Leur valeur principale est la flexibilité et l’adaptation aux attentes de leur groupe social. La violence leur fait peur et ils s’inquiètent beaucoup pour leur sécurité physique et financière.
À la retraite, ils s’occupent, parfois jusqu’à épuisement, de leurs petits-enfants, de leurs parents âgés, de leur partenaire de vie, de leur fratrie, des autres et de Dieu aussi. Ils craignent que leur vie de couple, alors synonyme de « ensemble jour et nuit », ne leur crée quelques difficultés. Ils aimeraient d’ailleurs disposer de temps juste pour eux, pour leurs propres projets, mais ils ne savent pas comment s’y prendre.
À vous, maintenant, de déterminer à quelle tribu vous pensez appartenir. Le chiffre 1 indique que vous ne vous identifiez pas du tout à une tribu en particulier, et le chiffre 10, que vous vous y retrouvez totalement.
Inscrivez votre choix dans votre carnet de notes. Dans les prochains chapitres, bien d’autres questionnaires et tests d’évaluation viendront préciser votre identité (profil) de retraité.
Quelle est ma tribu ?
Darwiniste désengagé
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10
Enthousiaste branché
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10
Rebelle autonome
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10
Communautariste anxieux
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10
Les trois caractéristiques de la tribu dans lesquelles je me reconnais tout à fait et celles d’une autre tribu dans laquelle je me reconnais aussi, en partie.
Inscrivez vos réponses dans votre carnet de notes.
Des acteurs du changement : les Créatifs culturels
Si vous avez découvert que vous faites surtout partie des Enthousiastes branchés ou des Rebelles autonomes, vous allez probablement vous reconnaître aussi dans les Leaders du XXI e siècle, ces acteurs du changement que sont les Créatifs culturels.
Vous remarquerez également que vous êtes loin d’être seul. Leur nom est traduit de l’américain Cultural Creatives dont le sens est plus proche de « créateurs de culture ». Il ne s’agit donc pas d’un groupe d’artistes, comme beaucoup de personnes le croient, mais de catalyseurs et d’acteurs du changement.
Le texte et le questionnaire qui suivent touchent des domaines qui vous tiennent alors certainement à cœur : l’écologie et le développement durable, la place des femmes, la distinction entre « être », « avoir » et « paraître », le développement personnel, l’enjeu sociétal et l’ouverture culturelle. En y regardant d’un peu plus près, vous remarquerez les liens avec les huit secteurs d’activités qui forment le cœur de cet ouvrage ainsi qu’avec le type de personnalité Z, l’Éveilleur dont il est question au sixième secteur d’activités (Travailler).
Les Créatifs culturels sont en train de transformer le XXI e siècle. Tout ce qu’ils font est étroitement lié à leurs valeurs et aux causes qu’ils défendent, contrairement à ceux, personnes ou organisations, qui le manifestent publiquement, tout en adoptant parfois des comportements totalement opposés, une fois éloignés des projecteurs. C’est le cas, par exemple, de certaines entreprises qui commanditent des projets sportifs ou des activités pour les enfants, mais qui continuent à fabriquer des produits qui nuisent à la santé des gens. Très soucieux de la répercussion de chacune de leurs actions dans leur propre milieu et à l’échelle de la planète, les Créatifs culturels veulent réduire le plus possible leur dépendance aux modes de consommation industrialisés, défendre les libertés individuelles, mettre l’accent sur le développement personnel et spirituel ainsi que sur l’ouverture aux autres cultures. Ils valorisent les relations humaines et refusent de sacrifier leur vie familiale et sociale au profit de leur travail, du succès, de la réussite, du pouvoir personnel, de la sécurité matérielle et de la prospérité financière.
Les Créatifs culturels ont été révélés au monde, et à eux-mêmes aussi d’ailleurs, par deux États-Uniens, le sociologue Paul H. Ray et la psychologue Sherry Ruth Anderson, à la suite d’une enquête menée pendant 13 ans. Les résultats de leur étude ont été publiés en 2000, dans The Cultural Creatives : How 50 Million People Are Changing the World, traduit par L’émergence des Créatifs culturels. Enquête sur les acteurs d’un changement de société (Yves Michel, 2002). S’ils représentaient alors 24 % des États-Uniens, un nouveau sondage national mené par les mêmes auteurs a montré qu’ils étaient 80 millions en 2008, soit 34,9 % de la population. Parmi eux figurent des gens de tous les âges (incluant des moins de 25 ans) et de tous les groupes sociopolitiques et ethniques, avec toutefois un peu plus de représentants des milieux éduqués et aisés ainsi que de la gent féminine.

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